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L’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un ordre de chevalerie, placé sous l’autorité directe du Pape et dirigé par un Cardinal Grand Maître, qui œuvre pour aider la communauté chrétienne de Terre Sainte dépendant du Patriarcat latin de Jérusalem, et répartie aujourd’hui sur les territoires de Jérusalem, d’Israël, de Palestine, de Jordanie et de Chypre.
Sa devise est « Deus lo vult » (Dieu le veut).
L’Ordre comporte actuellement environ 30.000 membres présents dans plus de trente-cinq pays.
Les membres prennent un double engagement :
- Soutenir spirituellement et matériellement (écoles, cliniques, orphelinats, …) les chrétiens de Terre sainte
- Approfondir ensemble leur foi
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Nos dernières nouvelles
Au début de l'année 2026, le 1er janvier, Sa Béatitude le cardinal Pierbattista Pizzaballa, Patriarche latin de Jérusalem, a présidé la messe solennelle de la fête de Marie, Mère de Dieu, et de la 59e Journée mondiale de la paix en la pro-cathédrale du Patriarcat latin à Jérusalem. La messe était concélébrée par Mgr William Shomali, vicaire général du Patriarcat latin, Mgr Adolfo Tito Yllana, nonce apostolique en Terre Sainte, Mgr Bolous Marcuzzo et Mgr Ilario Antoniazzi, ainsi que plusieurs prêtres. Le Consul d'Espagne, des représentants des Consulats français et italien, ainsi que de nombreux Chevaliers et Dames de l'Ordre du Saint-Sépulcre, des religieuses et des fidèles de Jérusalem assistaient à la célébration. La Journée mondiale de la paix, célébrée chaque année le 1er janvier, est une journée liturgique annuelle instituée par le pape Paul VI en 1967, consacrée à la prière et à la réflexion sur les moyens de construire la paix dans le monde. « V ers une paix « non armée et désarmée » » est le thème choisi par le pape Léon XIV pour la 59e Journée mondiale de la paix de cette année, qui fait écho aux récentes violences observées dans le monde entier, affirmant que la paix véritable ne vient pas de la violence, mais de Dieu qui nous aime tous inconditionnellement, à travers la paix du Christ ressuscité. « Theotókos », la révélation d'une méthode divine Dans sa réflexion sur la solennité de Marie, Mère de Dieu, et la Journée mondiale de la paix, le cardinal Pizzaballa a souligné dans son que ces deux célébrations sont indissociables, affirmant que « Marie est la source de la paix car elle a mis au monde son Prince, Celui qui est notre paix ». Il a expliqué que commencer la nouvelle année avec Marie signifie choisir « non pas le calcul, mais l'acceptation ; non pas la peur, mais la confiance », en suivant l'humble « oui » par lequel Dieu est entré dans l'histoire humaine. Commentant l'Évangile, le Patriarche a souligné l'attitude intérieure de Marie qui « garde précieusement et médite », la présentant comme le fondement d'une paix authentique dans un monde marqué par la précipitation, le bruit et la violence. « Marie nous enseigne qu'il n'y a pas de paix extérieure sans cette patience intérieure, sans cette « gestation » spirituelle des événements à la lumière de Dieu », a-t-il déclaré. Faisant référence au titre Theotókos, Mère de Dieu, proclamé par le Concile d'Éphèse, il a noté qu'il s'agit de « la révélation d'une méthode divine », décrivant la Mère de Dieu comme « le lieu théologique où nous comprenons comment Dieu souhaite agir ». « La paix , » a-t-il expliqué, « ne descend pas d'en haut comme un miracle magique qui annule les contradictions ; elle germe lentement, comme une graine, dans le sol fertile d'un cœur qui dit « me voici », qui devient espace, qui se rend disponible ». - Cardinal Pizzaballa. Méditant la bénédiction sacerdotale tirée du Livre des Nombres, le Patriarche a affirmé que la paix n'est « pas l'absence de problèmes ou de conflits », mais « l a présence du visage de Dieu », qui, en Jésus, rencontre notre humanité et brille dans nos ténèbres. Il a invité les fidèles à devenir, comme Marie, des « reflets », des « gardiens » et des « médiateurs » de la lumière de Dieu, dans un monde marqué par les blessures, les peurs et un profond désir d'espoir. « Même dans ce nouveau continent numérique, la méthode reste mariale ». Étendant cet appel aux réalités contemporaines, le cardinal Pizzaballa a rappelé aux fidèles que « la technologie est toujours une extension du cœur humain ». Il a exhorté les fidèles à devenir des « artisans de paix » même dans le monde numérique, en sauvegardant la dignité humaine et en servant la vérité avec charité. Faisant référence à la guerre récente, il a noté que les espaces numériques sont souvent devenus des instruments de manipulation, de division, de surveillance oppressive et de nouvelle solitude, mais que les chrétiens sont appelés à les transformer en lieux de rencontre, de communication responsable et de construction de la paix, en utilisant chaque mot partagé et chaque choix fait en ligne comme un acte éthique au service du bien commun. Un chemin marial pour la nouvelle année En conclusion de son homélie, le cardinal Pizzaballa a invité les fidèles à adopter trois attitudes essentielles, « chérir, méditer et accueillir », comme antidote à la violence et méthode concrète pour construire la paix. Placant la nouvelle année sous la protection maternelle de Marie, Mère de Dieu, il a prié pour que le visage de Dieu rayonne sur toutes les familles et toutes les communautés, sur la Terre Sainte blessée mais bien-aimée, et sur un monde en quête d'espoir, invoquant « une paix qui naît du cœur de Dieu, passe par le cœur d'une Mère et est confiée à nos mains et à notre cœur d'enfant ». À la fin de la messe, Sa Béatitude a salué tous les fidèles au Diwan du Patriarcat latin, leur souhaitant une bonne et heureuse année ! Source: Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org Photo : © Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
À quatre kilomètres de la Basilique de la Nativité se trouve le Champ des Bergers, lieu de prière qui rappelle l’apparition des anges aux bergers, à qui fut annoncée la naissance du Messie, Sauveur du monde. Avec Frère Marcelo Cichinelli, responsable du projet des chapelles, nous découvrirons les perspectives et les développements à venir du site, conçus pour accueillir au mieux les visiteurs et la communauté locale. Fr. MARCELO CICHINELLI, ofm Responsable du Projet – Champ des Bergers Nous nous trouvons dans ce lieu connu sous le nom de Champ des Bergers. Son nom original est « Sanctuaire de l’Annonce de l’Ange aux Bergers ». Dans des lieux comme celui-ci, il y a encore aujourd’hui des bergers et des troupeaux, mais il n’y a plus les grottes qui se trouvaient autrefois sur ces montagnes et dans ces vallées, utilisées pour se protéger du froid tout en gardant les troupeaux à tour de rôle. C’est dans l’un de ces lieux, dans l’un de ces pâturages que, la nuit du premier Noël, l’Ange apparut à ces petits bergers vivant hors des murs de la ville. Autrefois, comme aujourd’hui, il y avait de grandes villes : à cet époque, c’était Jérusalem, et ces bergers se trouvaient en dehors des principaux centres habités, en périphérie. L’Ange choisit précisément les plus humbles d’entre eux, les plus petits, pour annoncer la naissance du Sauveur. En 2015, un groupe de frères, conscient de la nécessité d’accueillir les visiteurs dans de meilleures conditions et de protéger les ruines d’un ancien monastère du VIᵉ siècle, a lancé un projet de construction de nouvelles chapelles et de réorganisation des espaces. Les premières chapelles réalisées furent celle d’Espagne, dédiée à l’Immaculée Conception ; celle de Croatie, consacrée à Saint Jérôme et à Saint Nicolas Tavelić, martyr en Terre Sainte ; et enfin celle de Palestine, offerte par des familles locales et alignée avec les autres chapelles. L’idée de l’ensemble du complexe, explique Frère Marcelo, est que la partie inférieure évoque les grottes visibles en face, tandis que la partie supérieure rappelle les tentes des bergers. Fr. MARCELO CICHINELLI, ofm Responsable du Projet – Champ des Bergers Au départ, un architecte espagnol avait proposé la première idée, en collaboration avec le groupe de frères vivant à Bethléem. Par la suite, une autre équipe d’architectes espagnols a offert un projet plus précis et concret. Lors de la phase finale de réalisation, le travail a été confié à des architectes et ingénieurs palestiniens locaux, qui ont mis tout leur cœur dans ce projet, œuvre de toute une vie pour eux : créer un sanctuaire significatif. Ce sont eux qui ont achevé la dernière étape des travaux et qui continueront de jouer un rôle central dans les prochains aménagements. Pour la rampe reliant les chapelles inférieures aux supérieures, il est prévu d’inscrire les notes du « Gloria in excelsis Deo » en latin et dans une soixantaine de langues, permettant à tous ceux qui le souhaitent de participer au projet, une possibilité encore ouverte. Ce parcours a également été conçu pour faciliter la visite des personnes en situation de handicap. Fr. MARCELO CICHINELLI, ofm Responsable du Projet – Champ des Bergers Derrière nous, sur ce mur qui aujourd’hui semble vide, un grand don de la Divine Providence a inspiré ce projet et continue de le guider. Le 6 juin 2023, le Pape François a eu entre les mains un dessin que nous avions conçu pour réaliser ici une grande mosaïque, dédiée aux bergers d’aujourd’hui. L’œuvre, qui a beaucoup plu au Pape François, est en cours de réalisation en Argentine, grâce aux donateurs et au soutien de leur Ambassade. De nombreux pays contribuent au projet : l’Italie pour l’étude des niveaux, la France pour la réhabilitation des fouilles archéologiques, et bien d’autres encore qui continuent de collaborer. Parallèlement, les chapelles de Corée (dédiée au prophète Amos), du Mexique, de Porto Rico, du Portugal et de Colombie sont également en cours de construction. Étant donné qu’il s’agit d’un sanctuaire consacré à la veillée, il est prévu de le maintenir ouvert toute la nuit, permettant aux pèlerins de s’y arrêter et de revivre, à l’instar des bergers, la mémoire de cet événement extraordinaire qui a changé l’histoire du monde. Fr. MARCELO CICHINELLI, ofm Responsable du Projet – Champ des Bergers Cette esplanade sera aménagée pour accueillir des concerts, parcequ’il s’agit du sanctuaire du « Gloria in Excelsis Deo ». C’est ainsi le deuxième lieu de pèlerinage le plus important de Palestine, après Bethléem. En janvier 2026, tous les projets de l’archidiocèse de Cracovie et de son commissariat en Pologne reprendront, après avoir été suspendus à cause du début de la guerre. Un grand merci également aux États-Unis et à la Franciscan Foundation for the Holy Land, qui ont construit le centre d’accueil des pèlerins, qui disposera bientôt d’une salle audiovisuelle pour les visiteurs et les pèlerins. Fr. MARCELO CICHINELLI, ofm Responsable du Projet – Champ des Bergers La tradition des frères de Terre Sainte consiste à entretenir les sanctuaires, à les préserver, à construire des lieux pour accueillir les pèlerins et à veiller à ce qu’ils restent autour des chrétiens, comme des pierres vivantes, des pierres de mémoire. Tout cela permet aussi de mieux louer Dieu et de rendre le culte plus vivant dans ce lieu où l’Armée du Ciel proclama « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux », annonçant ce premier Noël que nous célébrons chaque fois que nous venons ici. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Entretien avec le cardinal Pierbattista Pizzaballa Éminence, la situation de conflit en Terre Sainte semble presque perpétuelle. Dans ce contexte, comment continuer à croire que la paix puisse advenir un jour sans paraître idéaliste ou naïf ? Comment la parabole de Jésus, « le bon grain et l'ivraie poussent ensemble » (Matthieu 13, 24-30), peut-elle nous aider à œuvrer pour la paix, sachant que le conflit est quasi intrinsèque, inhérent aux interactions humaines, en Terre Sainte ? La présence du mal, la zizanie, ne prendra fin qu'avec la seconde venue du Christ. Nous aimerions tous que le mal soit vaincu au plus vite, qu'il disparaisse de notre vie. Il n'en est rien. Nous le savons, mais nous devons sans cesse réapprendre à vivre avec la douloureuse conscience que le pouvoir du mal continuera d'être présent dans la vie du monde et dans la nôtre. C'est un mystère, aussi dur et difficile soit-il, qui fait partie de notre réalité terrestre. Ce n'est pas de la résignation. Au contraire, c'est une prise de conscience des dynamiques de la vie dans le monde, sans fuite d'aucune sorte, mais sans peur non plus, sans les partager mais sans les cacher non plus. Il ne faut donc pas confondre la paix avec la disparition du mal, la fin des guerres et de tout ce que le mal, Satan, instille dans le cœur des hommes. Nous voulons tous que cette situation de guerre et ses conséquences sur la vie de nos communautés prennent fin au plus vite, et nous devons faire tout notre possible pour y parvenir, mais nous ne devons pas nous faire d'illusions. La fin de la guerre ne marquerait toutefois pas la fin des hostilités et de la douleur qu'elles causeraient. Le désir de vengeance et la colère continueraient d’animer le cœur de nombreuses personnes. Le mal qui semble régner dans le cœur de bien des gens ne s’arrêtera pas, il sera toujours à l'œuvre, je dirais même, créatif. Nous devrons faire face encore longtemps aux conséquences de cette guerre sur la vie des gens. Mais dans ce contexte précisément, croire en la paix signifie ne pas servir le pouvoir du mal, mais continuer de faire croître la semence du Royaume de Dieu, c'est-à-dire semer une graine de vie dans le monde. Dans ce contexte de mort et de destruction, nous voulons rester confiants, nous unir aux nombreuses personnes qui ont encore le courage de désirer le bien, et créer avec elles des conditions de guérison et de vie. Le mal continuera de s'exprimer, mais nous serons le lieu, la présence que le mal ne peut vaincre : la semence de vie, justement. Parmi tous les noms bibliques attribués à Jérusalem, quels sont ceux qui vous inspirent le plus au regard de la situation actuelle ? Pouvez-vous les commenter pour nous dans la perspective d’une invincible espérance ? Deux noms me touchent particulièrement dans le contexte actuel : « Ville de la Paix » (c'est l'une des significations étymologiques de Yerushalayim) et « Épouse » (ou « Fiancée »), surtout telle qu'elle est décrite dans l'Apocalypse , comme l'Épouse de l'Agneau. « Ville de la paix » : aujourd'hui, ce nom semble être un oxymore douloureux, une contradictio in terminis. Cependant, ce nom reste une prophétie, une vocation qui n'est pas encore accomplie. Il nous rappelle que la paix n'est pas seulement l'absence de guerre, mais aussi la plénitude de la vie, la réconciliation, la justice. Malgré les déchirures, ce nom fait vivre l'espérance que Dieu n'a pas renoncé à son projet pour cette ville. « Épouse » : dans l'Apocalypse , Jérusalem est également présentée comme une épouse « parée pour son mari » (Ap 21,2). Cette image évoque l'intimité, l'alliance et la beauté voulues par Dieu. Aujourd'hui, Jérusalem est déchirée, divisée, blessée, mais l'image de l'épouse rappelle que sa véritable identité lui vient d'en haut, qu'elle est aimée et attendue. Cette vision permet de ne pas réduire Jérusalem à ses conflits actuels, mais de la voir avec les yeux de la foi, comme une réalité en devenir, appelée à la communion. Ces noms insufflent une espérance invincible, car ils dépassent la réalité visible pour tendre vers la promesse de Dieu. Ils invitent à œuvrer, même dans les ténèbres, afin que ces noms deviennent peu à peu une réalité vivante. La Jérusalem nouvelle dont parle le livre de l’Apocalypse est présentée comme l’Épouse de l’Agneau (Ap 21,9). Peut-on déjà discerner des signes de la Jérusalem nouvelle qui descend du Ciel dans la Jérusalem déchirée d’aujourd’hui, où les communautés ne communiquent presque plus les unes avec les autres ? Quels sont ces signes eschatologiques et, plus largement, comment peut-on par nos actions hâter la venue de la Jérusalem nouvelle au cœur de ce monde aux prises avec le mal et la violence ? Même modestement, on peut en effet discerner des signes de la Jérusalem nouvelle, l'Épouse de l'Agneau, dans la Jérusalem déchirée d'aujourd'hui, avec : la présence de « guérisseurs blessés » : il y a des personnes – croyants de différentes communautés, travailleurs humanitaires, artisans du dialogue – qui, bien que blessées par le conflit, continuent de tisser des liens, de soigner, d’écouter. Ces personnes vivent déjà un type de relation inspiré par la Jérusalem nouvelle, un type de relation dans lequel on ne se laisse pas façonner par la haine, mais par un amour et une espérance tenaces ; des lieux de « rencontre fragile » : malgré la méfiance, il existe encore des espaces (églises, initiatives locales, universités) où se tiennent des rencontres interreligieuses ou intercommunautaires. Ces lieux sont comme les murmures de la ville ouverte décrite dans l'Apocalypse, où les portes ne sont pas fermées ; le courage prophétique de certains chefs religieux : lorsque des voix – même isolées – rejettent le langage de la haine, appellent à la compassion pour toutes les victimes, à la justice pour tous, elles témoignent de cette lumière de l'Agneau qui éclaire la ville. Comment pouvons-nous, par nos actions, accélérer l'avènement de la Jérusalem nouvelle au cœur de ce monde affligé par le mal et la violence ? En étant des « artisans de paix » dans la vie quotidienne, dans nos paroles et dans nos gestes. En pratiquant l'écoute prophétique : en écoutant non seulement notre propre communauté, mais aussi la souffrance et les aspirations de l'autre. En investissant dans l'éducation à la paix dès le plus jeune âge afin de briser les cycles de violence. L’apprentissage d’un nouveau langage pour parler de la paix en Terre Sainte pourrait passer par quels moyens, selon vous ? Il faudrait passer d'un langage exclusif à un langage inclusif : au lieu d'utiliser uniquement les mots issus de son propre récit, rechercher un vocabulaire qui reconnaisse les réalités et les blessures des deux parties, sans les nier. Refuser un langage déshumanisant et œuvrer pour un langage qui soit inclusif, qui reconnaisse la souffrance de l'autre. Purifier la mémoire : cela signifie reconnaître les souffrances infligées et subies, les nommer avec vérité, mais sans laisser le dernier mot à la rancœur. Un langage de paix doit intégrer la vérité, la justice et le pardon – non pas comme des alternatives, mais comme des dimensions complémentaires. Former les chefs religieux et les médias : ils ont un rôle crucial à jouer pour orienter le discours public vers l'espérance, et non vers la peur ou la haine. Pratiquer un langage incarné : au-delà des discours, il s'agit de mots qui créeraient de la proximité, qui réconforteraient, qui ouvriraient des horizons. Face aux images de souffrance, il faut répondre par des mots et des images d'espérance. Favoriser les espaces de dialogue narratif, où Israéliens et Palestiniens puissent partager leurs récits, non pas pour convaincre, mais pour se faire entendre. Cela permettra de dépasser les stéréotypes et de recréer de l'empathie. Quel est votre secret pour tenir bon au milieu des drames que vit votre peuple à Gaza et en Cisjordanie occupée ? Je ne parlerais pas de secret, mais plutôt d'enracinement. Ce qui permet de résister, c'est avant tout la fidélité quotidienne : rester là, physiquement et spirituellement, sans fuir la réalité, mais sans se laisser submerger par elle non plus. La Terre Sainte oblige à une foi dépouillée. On ne peut pas se réfugier dans l'abstraction : chaque jour, on est confronté à la souffrance concrète, face à des visages, des noms, des histoires. Cela demande une prière sobre, parfois silencieuse, qui ne cherche pas à expliquer Dieu, mais à se tenir devant Lui. Il y a aussi la certitude que l'Église n'est pas appelée à « réussir » selon les critères du monde, mais à rester. Résister, c'est accepter de ne pas avoir de solution immédiate, mais c'est aussi refuser le désespoir. En fin de compte, c'est le peuple lui-même – sa dignité, sa capacité de résistance, sa foi humble – qui soutient le pasteur, et non l'inverse. Des agences qui aident ponctuellement la Terre Sainte profitent parfois de cela pour se faire de la publicité. L’Ordre du Saint-Sépulcre, dont vous êtes le Grand Prieur, agit de façon très discrète à travers le soutien régulier apporté au Patriarcat latin par ses 30 000 membres, répartis sur tous les continents. Diriez-vous que l’Ordre du Saint-Sépulcre et le Patriarcat latin forment une même famille ? Comment ce lien profond, j’oserais dire « viscéral », se manifeste-t-il dans la vie du diocèse de Jérusalem dont vous avez la charge ? Oui, on peut vraiment parler d'une famille, voire d'un lien organique. L'Ordre du Saint-Sépulcre ne se place pas aux côtés du Patriarcat comme un bienfaiteur extérieur ; il partage sa vie, ses fragilités et sa mission. Ce lien se manifeste surtout à travers la fidélité dans le temps. Le soutien de l'Ordre n'est ni occasionnel ni conditionné par l'urgence médiatique : il est régulier, discret, enraciné dans une profonde communion ecclésiale. Concrètement, cela signifie soutenir l'essentiel : les écoles, les paroisses, la formation des séminaristes, la présence pastorale là où cela serait humainement impossible. Mais plus encore, l'Ordre offre au Patriarcat quelque chose de précieux : le sentiment de ne pas être seul, d'avoir une mission universelle. Cette solidarité silencieuse est une forme de charité qui s'inspire beaucoup de l'Évangile. Tout le monde veut « aider » la Terre Sainte, mais ne faudrait-il pas changer de regard, une fois pour toutes, et comprendre que nous avons d’abord et avant tout à accueillir, à recevoir humblement, un trésor de la part de l’Église Mère de Jérusalem ? Comment peut-on favoriser ce changement de regard à votre avis et quel est ce trésor, où est-il ? Ce changement de perspective est en effet fondamental. La Terre Sainte n'est pas seulement un lieu à soutenir, ni un problème à résoudre : c'est une source. L'Église de Jérusalem n'est pas seulement une Église « pauvre » en moyens, c'est une Église riche d'une mémoire vivante de l'Évangile. Le trésor se trouve dans une foi incarnée, marquée par la patience, la coexistence, la croix acceptée sans idéologie. C'est une Église qui vit l'Évangile sans protection, souvent sans reconnaissance, mais avec une grande authenticité. Favoriser ce changement de perspective suppose avant tout d'écouter : écouter les communautés locales, leurs récits, leurs blessures, leur espérance. Il faut passer d'une logique de projet à une logique de communion. Recevoir de Jérusalem signifie accepter que la foi chrétienne naisse dans la fragilité, qu'elle ne se confonde jamais avec le pouvoir, et qu'elle se transmette surtout à travers la fidélité dans l'épreuve. C'est là, au fond, le véritable trésor. Propos recueillis par François Vayne Source: Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org Photo : © Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Le 11 janvier 2026 , une messe pontificale a marqué l’ouverture de Gudula26, avec un an de festivités pour célébrer dignement les 800 ans de la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule. Pour cette occasion, S.E.R. le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, présida la célébration comme représentant de Sa Sainteté Léon XIV. L'assistance très nombreuse était rehaussée de la présence de leurs Majestés le Roi Philippe et la Reine Mathilde, ainsi que de nombreuses personnalités. Notre Lieutenance était présente en masse suite à l'invitation du Doyen de la cathédrale, l'abbé Benoît Lobet, membre de notre Lieutenance. Dans le climat anxiogène que le monde vit aujourd'hui, le Légat du Pape souligna que " le christianisme n’offre pas de solutions techniques, mais propose des critères humains essentiels :" il rappelle que la dignité de la personne précède tout calcul, que la justice grandit en incluant et non en séparant, que la paix naît de la reconnaissance de l’autre et non de l’équilibre des peurs. Il s’agit d’une proposition sobre, mais décisive, qui ne cherche pas à s’imposer, mais à éclairer les consciences. Damien de Laminne de Bex Lieutenant pour la Belgique Source: Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique Photo : © Lieutenance de la Belgique © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique