Nouvelles de la Terre Sainte
Au cœur de la Vieille Ville, Sa Béatitude le Cardinal Pierbattista Pizzaballa a présidé la Vigile pascale dans une Basilique partagée entre les différentes confessions chrétiennes : chacune y dispose de son autel, de ses horaires et de sa prière. Une coexistence fragile, mais encadrée par des siècles d’accords. Bénédiction du feu nouveau, chant du Gloria, proclamation de l’Alléluia : les gestes sont les mêmes dans toutes les Églises du monde. Pourtant, ici, cette célébration — la première à être célébrée, en raison du fuseau horaire comme du Statu Quo qui la régit — prend une résonance particulière. Dans son homélie, le Patriarche a souligné que la Parole de Dieu résonne plus fort que tous les silences. Même à huis clos et au milieu du fracas de la guerre, la foi demeure. La pierre peut paraître infranchissable, mais devant le tombeau vide, elle a été roulée. Tel est le premier message de Pâques : Dieu commence à faire renaître la vie même dans l’obscurité, dans le silence et le tombeau fermé. Mais à Jérusalem, Pâques ne se vit pas seulement dans les lieux historiques. Elle se vit aussi dans les paroisses de quartier, au cœur des familles et dans la voix de ceux qui y vivent au quotidien. Samedi après-midi, des centaines de fidèles ont participé à la Vigile pascale, proclamant : « Il est vraiment ressuscité ! Alléluia ! ». Dans les paroisses de Jérusalem et de Beit Hanina, les chrétiens locaux ont manifesté la joie que seul un Dieu vivant peut donner. Dans la paroisse Saint-Sauveur, le groupe liturgique de la Custodie — les frères franciscains qui gardent les Lieux Saints depuis huit siècles — a installé un autel dédié au Christ ressuscité. Les peintures de l’artiste espagnol Raúl Berzosa illustrent la Passion ; au centre, le Christ apparaît victorieux de la mort. De même, les communautés locales, qui traversent des moments de souffrance, renforcent leur foi dans l’espérance de la Résurrection. À soixante kilomètres de Jérusalem, la guerre se fait plus proche. À Tel-Aviv, la célébration pascale n’a pas pu avoir lieu dans une église. Les chrétiens de langue hébraïque, avec leurs familles, ont célébré Pâques dans des abris. La célébration a été présidée par le père Piotr Velasco, responsable pastoral de la communauté. Dans la Ville Sainte, un autre lieu qui fait mémoire : le jardin de Gethsémani, où Jésus passa sa dernière nuit avant la croix. Là, les frères de la Custodie ont célébré l’ensemble du Triduum pascal, présidé par frère Francesco Ielpo, avec la participation des communautés religieuses locales. Aux premières heures du Dimanche de Pâques, se vit le moment le plus intime : un petit groupe retourne au Saint-Sépulcre, alors que la ville dort encore. Frère Giuseppe Gaffurini explique que cette tradition est unique et ne se perpétue qu’au Saint-Sépulcre. Fr. GIUSEPPE GAFFURINI, ofm Président de la communauté du Saint-Sépulcre « Selon la tradition, la Vierge Marie visita le tombeau cinq fois le Samedi Saint. Les cinq colonnes byzantines commémorent cet événement. Ce soir, le pèlerinage en Terre Sainte se transforme en une course vers le tombeau. Nous nous unissons à la dévotion des femmes qui, malgré la lourde pierre qui le scellait, ont persévéré et ont trouvé la tombe déjà ouverte. La dévotion du Samedi Saint transforme la Passion du Vendredi Saint en Résurrection du Dimanche de Pâques. Par nos prières, nous accomplissons cette transition de la Passion à la Résurrection. » Frère João Paulo, de la communauté du Saint-Sépulcre, a été notre caméraman et notre porte-parole lorsque nous ne pouvions pas entrer. Fr. JOÃO PAULO DOS SANTOS, ofm Communauté du Saint-Sépulcre « Nous sommes ici pour servir, pour aider les pèlerins et faire connaître la Terre Sainte. Nous remercions les frères qui ont célébré et accompagné toutes les liturgies et activités au Saint-Sépulcre. » Fr. MANUEL TCHINCOCOLO RAMOS, ofm Communauté du Saint-Sépulcre « Continuez à prier pour nous, même en ce moment difficile. Nous poursuivons avec gratitude, en vivant ce moment comme Saint François nous l’a enseigné .» Le Dimanche, la messe la plus attendue de l’année a été célébré par le Patriarche devant l’Édicule, la petite chapelle qui abrite le tombeau du Christ. Dans son homélie, le cardinal Pizzaballa a souligné comment l’Évangile nous met immédiatement en mouvement. Encore dans l’obscurité, Marie-Madeleine arrive au tombeau et découvre la pierre roulée. Elle court l’annoncer aux apôtres. Pierre et Jean se précipitent et voient les signes : les bandelettes, le Suaire, tout soigneusement disposé. Pâques ne promet pas une vie « facile », mais une vie ouverte. Et pour l’ouvrir, Dieu a parfois besoin de nous dépouiller de certaines certitudes. Frère Francesco Ielpo a, quant à lui, présidé la Messe de Pâques dans l’église Saint-Sauveur et, dans son homélie, il a mis en lumière les verbes de mouvement dans l’Évangile, soulignant que la foi en la Résurrection naît d’une relation vivante avec le Christ : « La foi en la Résurrection est un don, et pour la recevoir, nous devons entrer dans la logique de l’amour ». Jean, le disciple bien-aimé, ne marche pas seul, mais attend Pierre, montrant l’importance de la communion, tandis que l’amour et la communion deviennent des repères essentiels du chemin pascal. La même aube se lève sur le nord du pays. À Nazareth, la ville où Jésus a grandi, un autre chœur s’élève, une autre voix résonne. Dans la Basilique de l’Annonciation, le silence qui suivit la mort du Christ a été rompu par le chant des fidèles : « Voici le jour que le Seigneur a fait : exultons et réjouissons-nous en Lui ! ». Lors de la messe de la Résurrection, présidée par S.E. Mgr Rafiq Nahra, Vicaire Patriarcal Latin, les lectures du Samedi Saint ont rappelé la présence constante du Christ dans la vie de chaque homme, symbolisée par la lumière du Cierge pascal qui ne s’éteint jamais. MERVAT ASHKAR Chanteuse – Chœur de la Basilique de l’Annonciation « Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Dans le chœur de la Basilique de l’Annonciation de Nazareth, nous avons eu la grande grâce de servir lors de la messe et de la liturgie du Seigneur Jésus, en traversant le Samedi Saint et en célébrant le Dimanche de Pâques. Nous nous sommes rassemblés, malgré toutes les circonstances effrayantes qui nous entourent : la guerre, la destruction, la famine, la douleur et la maladie. Et pourtant, le Christ vient : le Fils de Nazareth, le Fils de Galilée — et nous sommes fiers d’appartenir à cette ville sainte — pour nous dire : ‘ Ne crains pas, petit troupeau, j’ai vaincu le monde ’. Personnellement, je traverse une période très difficile, accompagnant ma mère dans sa souffrance et sa maladie. Mais nous élevons cette douleur pour qu’elle s’unisse à la souffrance du Christ et que nous puissions nous réjouir avec Lui dans la gloire de sa Résurrection. Celui qui souffre avec le Christ ressuscite aussi avec Lui dans sa gloire. » Jérusalem, Tel Aviv, Nazareth : des lieux différents, mais une même question plane dans l’air — que veut dire croire à la Résurrection quand le monde autour de vous semble refuser toute espérance ? Peut-être que Mervat en sait plus que quiconque. Sa mère est malade. La guerre continue. Et pourtant, elle chante. Parce que ceux qui ont vécu le Vendredi Saint — dit-elle — savent déjà comment ça se termine. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Le 31 mars, une conférence de presse conjointe s’est déroulée au Patriarcat Latin de Jérusalem, en présence de Sa Béatitude le Cardinal Pierbattista Pizzaballa, Patriarche Latin de Jérusalem, et du Custode de Terre Sainte, le frère Francesco Ielpo. Ce dernier a affirmé que l’incident survenu lors du Dimanche des Rameaux n’a pas affecté les droits historiques des Églises, soulignant clairement que « le Statu Quo est un droit acquis et non négociable » Il a également assuré que la Basilique du Saint-Sépulcre restera ouverte à la prière, comme elle l’est sans interruption depuis sept siècles. Fr. FRANCESCO IELPO, ofm Custode de Terre Sainte « Il est important de rappeler que le Custode de Terre Sainte représente l’autorité supérieure du Saint-Sépulcre et qu’à ce titre, il n’a pas besoin d’autorisation de la police pour y accéder. Il ne s’agit pas d’un privilège, mais de la reconnaissance d’un droit acquis depuis longtemps. Il est également important de rappeler que des milliards de fidèles dans le monde entier regardent vers Jérusalem et vers les prières célébrées dans les Lieux Saints. Le gouvernement israélien doit en tenir compte et être conscient de la responsabilité qui lui incombe envers le monde chrétien, afin de garantir à tout moment — et malgré les difficultés — le déroulement des prières et de trouver des solutions appropriées en coordination avec nous .» De son côté, le Patriarche Latin a déclaré que les autorités israéliennes avaient initialement ignoré les célébrations liturgiques dans la Basilique du Saint-Sépulcre. Les réactions internationales et les interventions diplomatiques ont toutefois contribué à réaffirmer avec force la centralité de ces rites et à imposer le respect de leur déroulement dans l’un des lieux les plus sacrés du christianisme, en raison de son importance spirituelle pour des millions de fidèles à travers le monde. S.B. Card. PIERBATTISTA PIZZABALLA Patriarche Latin de Jérusalem « Nous ne voulons pas aggraver la situation. Nous souhaitons souligner que nous regrettons ce qui s’est passé, mais, je le répète, c’est une occasion de regarder vers l’avenir et d’améliorer la coordination. Nous respectons les restrictions imposées par le Commandement du Front Intérieur et nous l’avons déjà démontré : nous avons annulé toutes les célébrations et les rassemblements, y compris les offices du Dimanche des Rameaux. Pendant le Carême, en outre, tous les Lieux Saints sont restés fermés, sans célébrations, ce qui est difficile à accepter pour nous sur le plan religieux. Cependant, il y a des choses qui ne peuvent pas être annulées : personne, pas même le Pape, n’a l’autorité d’annuler la Liturgie de Pâques. Nous cherchons à trouver un équilibre entre le respect des directives, d’une part, et la nécessité, d’autre part, d’accomplir ce qui n’est pas seulement un droit, mais aussi un devoir : célébrer dans la Basilique du Saint-Sépulcre .» La conférence de presse s’est conclue par une déclaration conjointe confirmant que les célébrations liturgiques de Pâques se tiendront conformément aux procédures établies et aux directives du Commandement du Front Intérieur, sans rassemblements. Elles seront également retransmises en direct aux fidèles via le Christian Media Center et les plateformes officielles, garantissant ainsi la continuité des prières et leur accessibilité à tous les fidèles. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Réflexions depuis la Terre Sainte Depuis plus d’un mois, la Terre Sainte vit la période la plus difficile et la plus dangereuse de notre histoire. Une vie quotidienne souvent interrompue par le son de multiples sirènes nous dirigeant vers les abris, suivies du bruit des missiles, des intercepteurs et des avions de combat volant juste au-dessus de nos têtes, puis des explosions, certaines à distance, d’autres si proches que les bâtiments tremblent. Alors commencent les spéculations, avec une ruée vers les réseaux sociaux et les écrans de télévision pour en savoir plus sur les impacts, l’ampleur des dégâts et, plus important encore, sur la sécurité de ceux que nous aimons. La question la plus fréquente dans nos esprits est de savoir où va cette guerre et quel en sera le résultat. À en juger par l’exemple récent de Gaza, on peut craindre qu’au bout du compte, de nombreuses régions du Moyen-Orient ne finissent par lui ressembler. L’humanité (si ce mot figure encore dans le dictionnaire) aurait dû considérer que l’ampleur des destructions et des pertes humaines à Gaza était une honte pour le monde entier, qui avait laissé cela se produire sous ses yeux, et non un exemple à reproduire fièrement ailleurs ! C’est certainement un monde blessé, et nous avons tous beaucoup de travail, guerre ou non, pour ramener l’humanité dans ce monde. Depuis le premier jour de la guerre, il était très clair qu’il s’agirait d’un conflit long et difficile, qui poserait d’immenses défis à travers le monde. Forts de notre longue expérience des guerres, des intifadas, des crises et de tout ce qui se situe entre les deux, nous avons malheureusement acquis une certaine expérience de ce que nous devons faire en tant que travailleurs de l’Église. La vie difficile en Terre Sainte nous a appris que la Semaine Sainte est chaque semaine, et que nous devons être à la hauteur chaque semaine. Notre personnel a fait preuve d’un véritable héroïsme en retrouvant sa pleine capacité de fonctionnement en moins d’une semaine après le début de la guerre. Ils ont pleinement compris que, s’ils ne se rendaient pas à leur bureau et se contentaient de travailler à distance depuis leur domicile, des centaines, voire des milliers de personnes qui dépendent du soutien pastoral, éducatif et humanitaire du Patriarcat latin seraient privées de services essentiels. Le courage et l’esprit de dévouement dont ils ont fait preuve sont vraiment admirables. Pour de nombreux jeunes parents, cela signifiait laisser leurs enfants suivre des cours en ligne à la maison, prendre le risque de se rendre au travail alors que les sirènes pouvaient retentir, et faire face au traumatisme d’être interrompus plusieurs fois par jour par des alertes et des explosions. Pour moi, cela reflète non seulement le dévouement et l’engagement de notre personnel, mais aussi leur compréhension profonde de ce que signifie être un employé de l’Église en temps de crise : penser aux autres et prendre soin d’eux avant de se replier sur soi-même. Nous sommes donc très fiers de pouvoir dire que le travail s’est poursuivi sans interruption malgré ces circonstances difficiles. La Vieille Ville, en raison de sa nature historique et de sa complexité architecturale, ne bénéficie pas des avantages des quartiers plus modernes de Jérusalem et manque d’abris publics. Elle a donc été soumise à des restrictions plus sévères que toute autre zone. L’activité commerciale s’est complètement arrêtée, avec la fermeture de tous les commerces depuis le début de la guerre, à l’exception des magasins alimentaires et des pharmacies. Les lieux saints des trois religions ont été strictement fermés, notamment l’église du Saint-Sépulcre, la mosquée Al-Aqsa et l’esplanade du Mur occidental. Malheureusement, tout cela s’est produit pendant des périodes religieuses majeures pour tous : la fin du mois sacré du Ramadan, la Pâque juive et Pâques. Les fidèles n’avaient aucun lieu où se rendre pour prier et se recueillir. Les tensions ont augmenté dans un climat de frustration, et des incidents ont eu lieu, notamment lorsque des agents de police de bas rang ont empêché Sa Béatitude le cardinal Pizzaballa et le Custode de Terre Sainte, le père Francesco Lelpo, de se rendre à l’église du Saint-Sépulcre le dimanche des Rameaux. Cet incident a suscité une vague de soutien venue du monde entier, y compris de très hauts responsables. La situation a rapidement été maîtrisée par les autorités supérieures, et un accord a été trouvé sur la manière de poursuivre les célébrations liturgiques pendant la Semaine Sainte, tout en respectant les consignes d’urgence. Si cet épisode montre quelque chose, c’est que nous ne sommes pas seuls : le monde se soucie de nous, de nos affaires et de la préservation des lieux saints, afin qu’ils demeurent des phares d’espérance, des lieux vers lesquels le monde entier se tourne et élève ses prières, dans les moments ordinaires comme extraordinaires. Ce fut une leçon rapide sur l’histoire, la signification, le respect, la coordination et la communication. Une nouvelle leçon sur l’importance pour tous de comprendre le rôle de Jérusalem pour toutes les confessions, la nécessité de respecter la tradition et l’espace propre à chaque religion, et un rappel clair que Jérusalem doit être une ville ouverte et partagée, accessible à tous. Aucun droit exclusif ne sera accepté par les fidèles des différentes religions à travers le monde. La Semaine Sainte à Jérusalem sera bien triste sans les dizaines de milliers de pèlerins parcourant les ruelles étroites de la Vieille Ville, parlant des dizaines de langues et chantant leurs prières en chemin. Cependant, nous ne devons jamais oublier la véritable signification de cette période pour toutes les grandes religions. Le Ramadan, la Pâque juive et Pâques sont des moments où chacun est invité à revenir à l’essentiel. Dans chaque tradition, on prie pour la paix et le bien commun, on fait des sacrifices pour ceux qui sont moins favorisés, et on agit pour rendre ce monde meilleur. Pendant cette période, nous cherchons une vie nouvelle et un nouveau commencement. Aussi durs que soient les événements de la Semaine Sainte dans la vie de notre Sauveur, Pâques représente une fin et un nouveau départ marqués par l’espérance. Malgré la dureté des conditions de guerre dans lesquelles nous vivons et l’incertitude à laquelle nous sommes confrontés, Pâques apporte un sentiment d’espérance : il reste encore du bien dans ce monde. Joyeuses Pâques à tous nos amis et soutiens à travers le monde. Grâce à votre soutien moral et financier, ainsi qu’à vos prières constantes, vous nous donnez de l’espérance et nous encouragez à continuer à marcher sur les traces de notre Seigneur. Nous ne vous décevrons pas ! Sami El-Yousef Directeur général Source: Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org Photo : © Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Le 23 mars, la Custodie de Terre Sainte a célébré l’ouverture du VIIIe centenaire du Transitus de Saint François (1226-2026) dans l’église Saint-Sauveur, à Jérusalem, avec une célébration présidée par le frère Francesco Ielpo, Custode de Terre Sainte. Étaient présents Sa Béatitude le Cardinal Pierbattista Pizzaballa, Patriarche Latin de Jérusalem, ainsi que Son Excellence le nouveau Nonce Apostolique en Israël et Délégué Apostolique à Jérusalem et en Palestine, Mgr Giorgio Lingua. Une soirée intense de prière et de chants, au cours de laquelle les frères mineurs se sont réunis pour célébrer le Transitus, c’est-à-dire la Pâque de Saint François d’Assise. À l’écoute de la Parole de Dieu et du Testament du Saint, qui participa avec joie à la souffrance du Christ et exulte désormais dans la gloire, ils ont imploré lumière, foi et amour pour l’Église et pour tous les frères. Empêché de se rendre en Terre Sainte, le Ministre Général, frère Massimo Fusarelli, a envoyé un message à tous les frères de la Custodie, rappelant que l’héritage de Saint François est un feu entretenir : traverser les frontières, vivre en fraternité, travailler dans la joie, assumer la condition de « mineurs » et chanter l’espérance comme une louange d’action de grâce au Dieu Créateur. Le Cardinal Pizzaballa a adressé des paroles aux personnes présentes, rappelant la force de la petitesse et de l’amour qui se donne jusqu’au bout. Le chemin Pascal consiste à mourir à soi- même, en renonçant à la logique du monde pour accueillir la vie nouvelle dans le Christ. L’année 2026 marque le huitième centenaire de la mort de Saint François. Par décret du 10 janvier 2026, le Pape Léon XIV a proclamé une Année spéciale de Saint François, du 10 janvier 2026 au 10 janvier 2027. Durant cette période, il est possible d’obtenir l’indulgence plénière en visitant une église franciscaine ou un lieu de culte dédié au Saint. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
À Beer-sheva, dans le sud d’Israël, Gregory vit depuis plusieurs mois dans la seule paroisse locale destinée aux chrétiens de langue hébraïque, aux côtés du prêtre polonais, le père Roman Kaminski. Musicien, il apporte sa contribution à la communauté et partage le quotidien de la paroisse. GREGORY RAYMER Volontaire – Paroisse de Beer-Sheva « C’est ma deuxième visite en Israël. Dès mon arrivée, j’ai demandé où je pouvais faire du bénévolat, et la personne à qui je me suis adressé m’a répondu : «Nous allons t’emmener à Beer-sheva, où tu pourras faire du bénévolat dans la paroisse locale, vivre avec le prêtre et t’occuper de la maison et de tout ce qui est nécessaire ». Originaire d’un pays où la foi catholique est en déclin, Gregory raconte sa conversion et explique avoir trouvé dans le bénévolat un moyen d’approfondir sa foi. GREGORY RAYMER Volontaire – Paroisse de Beer-Sheva « Je me suis éloigné du christianisme institutionnel pendant longtemps. J’avais besoin de repartir à zéro dans ma relation avec Dieu et avec l’Église, et je le voulais sincèrement. Ce n’est cependant qu’après qu’Il m’a rejoint et guidé vers une nouvelle étape de notre relation que j’ai pensé : « Je crois que je suis prêt à vivre à nouveau ma foi chrétienne publiquement. » En ces jours de guerre, voir tant de destruction l’a profondément bouleversé. Cela a été très difficile, mais il a puisé sa force auprès des jeunes volontaires présents, qui, avec calme et sérénité, lui ont montré quoi faire et comment apporter leur aide. À Jérusalem, Charlie était arrivé pour une période de repos après son service militaire. Mais la guerre l’a poussé à transformer son temps libre en un engagement concret, incarnant l’amour des Chevaliers du Saint-Sépulcre pour la Terre de Jésus et venant en aide à ceux qui en avaient le plus besoin. Cav. CHARLIE BRUSCO Ordre Équestre du Saint-Sépulcre – New York « Avec la guerre en cours, la situation peut sembler effrayante, mais les habitants la vivent au quotidien. Ils vivent dans un conflit permanent et, en tant qu’Américain, je ne pouvais pas complètement me mettre à leur place, mais je voulais essayer : c’est pour cela que je suis ici. Je sentais que Dieu me demandait, dans mon cœur, de rester en Terre Sainte .» Un choix à contre-courant, vécu entre peur et foi. Cav. CHARLIE BRUSCO Ordre Équestre du Saint-Sépulcre – New York « La plupart des églises sont fermées et, avec toutes les activités bloquées dans la Vieille Ville, j’ai décidé de consacrer mon temps à la prière personnelle, à la prière pour la paix et au service de la communauté locale. Actuellement, je fais du bénévolat à l’hôpital français Saint Louis, juste à côté de l’Institut Notre Dame, où il manque de volontaires et de personnes pour aider. » Cecilia, quant à elle, jeune femme d’Ancône (en Italie), travaille dans la communication du Terra Sancta Museum Art & History. Diplômée en langues et littératures étrangères, avec une préférence pour l’arabe, elle en est à sa deuxième expérience de bénévolat. Bien consciente de la richesse et de la complexité de ce lieu, la guerre a inévitablement impacté son travail. Cependant, pour elle, l’art demeure le moyen par lequel la vie cherche toujours à triompher. CECILIA FRATERNALE Responsable de la communication – Terra Sancta Museum Art & History «Nous continuons à travailler, car cela permet aussi de garder un peu l’esprit occupé et de ne pas penser uniquement au fait que nous sommes en guerre » En Terre Sainte, elle a noué de nombreuses amitiés et perçoit, à travers ses relations avec les habitants, l’impact de la guerre sur la vie quotidienne. CECILIA FRATERNALE Responsable de la communication – Terra Sancta Museum Art & History « Ils sont très abattus, très tristes, et il y a un certain niveau de dépression, je ne veux pas le nier. Il est très difficile de voir un avenir quand, de temps en temps, la guerre recommence et tout s’arrête, ralentissant à nouveau la vie quotidienne. » À elle aussi, on a donné la possibilité de quitter immédiatement le pays. CECILIA FRATERNALE Responsable de la communication – Terra Sancta Museum Art & History « Quand je suis arrivée ici, j’ai retrouvé un sens à mon existence. La guerre fait peur, bien sûr, mais qui aime, aime tout et aime jusqu’au bout .» Dans une terre meurtrie, où le conflit rythme le quotidien, la présence de volontaires venus du monde entier se fait signe concret d’espérance. Un service silencieux, fait de prière, de travail et de présence. Car, ici aussi, la paix demeure la plus grande espérance. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Le site de Kursi est l’un des principaux lieux chrétiens situés sur la rive orientale du Lac de Galilée. Il est associé à l’un des miracles les plus importants de la vie de Jésus-Christ : la libération d’un homme possédé par des esprits mauvais, lesquels entrèrent dans un troupeau de porcs qui se précipita dans le lac et s’y noya. Ce miracle revêt une signification particulière, car il s’est déroulé dans une région habitée par des païens, les Géraséniens, l’un des peuples cananéens. NASSIM MAZIG Directeur du site archéologique de Kursi « À la fin du miracle — et c’est ce qui montre l’importance de ce lieu — Jésus dit à l’homme : « Retourne chez toi et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi » (Lc 8,39). Cela signifie que l’on se trouve face au premier apôtre envoyé au monde, aux nations, déjà à l’époque où Jésus exerçait son ministère autour du lac de Galilée .» Les évangélistes Marc et Luc situent ce lieu dans le territoire des Géraséniens, tandis que Matthieu l’identifie comme celui des Gadaréniens (Mt 8,28). NASSIM MAZIG Directeur du site archéologique de Kursi « La description la plus juste est celle rapportée dans l’Évangile de Matthieu, car il est le seul parmi les évangélistes à avoir vécu ici. » Dès les premiers siècles du christianisme, une communauté chrétienne s’est établie en ce lieu, bien avant que le christianisme ne devienne religion officielle. NASSIM MAZIG Directeur du site archéologique de Kursi « Quand les chrétiens gouvernaient cette région à l’époque byzantine, ils choisirent de construire ici le plus grand monastère de l’époque. Il fut édifié par les empereurs et non par une communauté particulière, ce qui montre qu’il avait un caractère officiel. » Le monastère comprenait une grande Basilique au sol décoré de mosaïques, et son atrium abritait un puits, rappelant le lieu du miracle. HAGAY DVIR Directeur des produits touristiques à l’Autorité des Parcs et de la Nature « Ici, dans l’une des salles proches de l’autel, une cuve baptismale a été découverte, accompagnée d’une inscription indiquant que la construction remonte au VIᵉ siècle. Nous savons que la plupart des sources écrites ont disparu, en raison d’un événement violent survenu au VIIᵉ siècle : l’invasion perse de 614 .» L’Évangile rapporte que les esprits impurs entrèrent dans les porcs, qui se précipitèrent du haut de l’escarpement vers la mer. Au sommet de cette escarpement, c’est-à-dire sur la pente abrupte, se trouvent les vestiges d’une autre petite église byzantine, construite à l’endroit même où le miracle eut lieu. NASSIM MAZIG Directeur du site archéologique de Kursi « Nous devons comprendre que la distance entre le bas de l’escarpement et le Lac de Tibériade est d’environ 250 mètres. Savez-vous pourquoi je le souligne ? Parce que dans l’Évangile de Marc, au chapitre 5, il est question de deux mille porcs. Il est impossible de faire tenir deux mille porcs dans un espace de dix mètres, ni même de cinquante ou cent mètres : il faut une zone bien plus vaste, et c’est précisément ce que nous avons ici. Ce n’est pas un hasard si, lorsque le niveau du Lac de Tibériade a baissé à une certaine époque, de nombreux ossements de porcs ont été trouvés non loin d’ici. » Dès les premiers siècles du christianisme, le site de Kursi est devenu un lieu de pèlerinage pour ceux qui souhaitaient visiter l’endroit lié à ce miracle. NAAMA MANSFELD Directrice du Centre du Golan pour l’éducation et l’information auprès de l’Autorité des parcs et de la nature « Quand les pèlerins arrivaient à Kursi, les moines du monastère leur offraient tout ce dont ils avaient besoin. Il y avait là le grand monastère, un puits d’eau et même un bain où ils pouvaient se reposer. Les vestiges de ce bain sont encore visibles aujourd’hui .» Le miracle de Jésus à Kursi continue de transmettre un message spirituel fort à l’humanité : la capacité du Christ à libérer l’homme des forces du mal et à lui rendre une vie nouvelle. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Jérusalem : Ville Sainte pour des millions de fidèles à travers le monde. Un lieu où la foi chrétienne puise ses racines les plus profondes, en particulier durant la Semaine Sainte, cœur du temps du Carême. Le Patriarcat Latin de Jérusalem a annoncé qu’en raison de la guerre et de l’instabilité dans la région, il ne sera pas possible de célébrer les fêtes traditionnelles dans les Lieux Saints comme d’habitude. Dans une déclaration officielle, le Cardinal Pierbattista Pizzaballa a expliqué que la situation est en constante évolution, rendant impossible l’établissement d’un calendrier définitif pour les prochains jours. Parmi les décisions déjà confirmées figure l’annulation de la procession du Dimanche des Rameaux, qui rassemble chaque année des milliers de fidèles sur le Mont des Oliviers, en direction de la Ville Sainte. La Messe Chrismale a également été reportée, dans l’attente de conditions plus sûres pour sa célébration. Malgré les restrictions, les églises restent ouvertes. Prêtres et communautés continuent de soutenir la vie spirituelle, en encourageant la prière et la participation des fidèles au Mystère Pascal. L’impossibilité de célébrer ensemble est ressentie comme une blessure profonde, une de plus parmi les nombreuses souffrances engendrées par le conflit. Mais dans ce contexte, le message est clair : ne pas perdre l’espérance. Le Patriarche invite les fidèles à s’unir spirituellement le 28 mars, en priant le rosaire pour la paix — chacun dans son propre lieu, mais avec des cœurs unis. Car le message de Pâques demeure. Même face à l’obscurité, la lumière ne s’éteint pas. Et depuis Jérusalem, une certitude continue de résonner dans le monde : la vie est plus forte que la mort. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Le Bible Lands Museum de Jérusalem a inauguré, le 19 février, une exposition intitulée « Le sixième jour après la guerre », une expression empruntée à un ouvrage d’un auteur tchèque qui symbolise le retour à la routine et à la normalité après une période de conflit. L’exposition propose un regard sur la guerre dans l’Antiquité à travers différentes sources historiques. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « L’exposition se compose de trois sections principales, chacune visant non seulement à raconter une histoire historique ou littéraire, mais aussi à la relier à une question plus large. Par exemple, la première section de l’exposition, consacrée à la bataille de Qadesh, aborde la question de ce qui constitue une victoire et de qui la détermine. » Les sculptures égyptiennes évoquent la victoire du pharaon égyptien Ramsès II sur les Hittites lors de la bataille de Qadesh, au XIIIᵉ siècle avant J.-C., dans l’actuelle Qadesh, en Syrie. Les documents hittites révèlent toutefois une réalité différente. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « Ces documents précisent que, s’il y eut un vainqueur dans la bataille de Qadesh, ce furent les Hittites, car après la bataille l’armée hittite réussit à atteindre la région de Damas, située au sud de Qadesh. » La deuxième section de l’exposition aborde la politique d’exil menée par les rois assyriens à travers une inscription provenant du palais de Sennachérib, roi d’Assyrie. L’œuvre représente quatre prisonniers, peut-être originaires du royaume de Juda, dans une attitude suppliante, avec un soldat assyrien marchant derrière eux. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « La question est la suivante : que s’est-il passé durant la campagne de Sennachérib ? Le roi Ézéchias s’est-il rebellé contre Sennachérib en s’alliant avec d’autres rois ? La Bible ne fait mention d’aucun autre roi. » On remarque que cette inscription est passée de main en main avant d’atteindre le musée de Jérusalem, comme pour refléter l’histoire de l’exil des prisonniers qu’elle raconte. L’exposition se concentre ensuite sur la guerre de Troie. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « Selon la tradition grecque, cette guerre est presque mythique, car les dieux y jouent un rôle important. » Le récit constitue ici une source culturelle offrant une perception différente de la guerre : il montre la manière dont une société se raconte à elle-même l’histoire d’un conflit. La guerre fit de nombreuses victimes des deux côtés, et chacun pleura amèrement la perte douloureuse et la dévastation qu’elle engendra. Ce point est également souligné dans cette section. Pax Romana : la dernière section de l’exposition est consacrée à la paix romaine. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « Dans le monde romain, on trouve aussi des symboles de paix. Le rameau d’olivier était associé à la déesse romaine de la paix, Pax. La colombe, dans l’Antiquité, était le symbole de diverses divinités de l’amour. Grâce à cette image et au récit biblique du déluge et de Noé, dans lequel il envoya une colombe qui revint avec un rameau d’olivier, la colombe portant un rameau d’olivier est devenue, à partir du IIᵉ siècle après J.-C., un symbole de paix dans le monde chrétien .» Un autre symbole de paix est associé au dieu grec Hermès : un bâton ailé avec deux serpents enroulés autour. Cette image rappelle le bâton de Moïse et le serpent d’airain comme symboles de guérison. Cette section comprend également une épée brisée ou pliée, qui rappelle la prophétie d’Isaïe : « Ils forgeront leurs épées en socs de charrue et leurs lances en faucilles » (Isaïe 2,4), bien que la signification soit différente. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « Ces épées reflètent une pratique qui existait aussi bien en Canaan qu’en Grèce au deuxième millénaire avant J.-C., selon laquelle, lorsqu’un guerrier mourait, ses armes étaient déposées avec lui dans la tombe, parfois même pliées. » Après la signature du traité de paix entre les deux pays, Israël a offert à l’Égypte une réplique de l’une de ces épées, portant une inscription datant de 3 300 ans : « Cette épée est repliée afin qu’elle ne soit pas utilisée pour la guerre. » Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition «Nous sommes confrontés à des problèmes que les gens affrontaient déjà il y a trois mille ans : des mouvements de population à grande échelle et des vagues migratoires, qu’il ne faut pas comprendre littéralement comme des expulsions, mais plutôt comme des flux migratoires. Et bien sûr, il y a aussi la question du deuil. À la fin, toute guerre se détache de ses causes : des personnes sont tuées des deux côtés, et il ne reste que la douleur pour les morts et l’espoir que, finalement, la paix l’emporte.» Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique