Nouvelles de la Terre Sainte
La ville d’Hébron abrite l’un des plus importants lieux de pèlerinage et de spiritualité de la Terre Sainte : l’église du Chêne de Mambré, également connue sous le nom de Monastère de la Sainte-Trinité, qui dépend de la Mission Orthodoxe Russe. Selon la tradition, c’est ici que le prophète Abraham séjourna et accueillit les anges venus lui annoncer la naissance de sa descendance. Depuis l’édification de l’église et du monastère au XIXᵉ siècle, ce site constitue un témoignage vivant de l’ancienneté de la présence chrétienne et de la coexistence des chrétiens et des musulmans en Terre Sainte. VICTOR KUDJIMIAK Responsable politique de la Représentation Russe en Palestine « C’est ici que l’histoire a commencé, l’histoire de notre père Abraham. C’est ici qu’est née une figure sacrée pour toutes les religions monothéistes. Le site du Chêne de Mambré est un lieu saint pour nous ainsi que pour nos amis appartenant aux autres religions. C’est pourquoi nous venons ici prier pour toute l’humanité, depuis la Palestine, qui aspire à la paix, à la prospérité et au bien-être pour tous. » Dr RAFIQ AL-JAABAR Vice-gouverneur d’Hébron « L’église du Chêne de Mambré est l’un des principaux monuments historiques et religieux du Gouvernorat d’Hébron. Nous, en tant que ville musulmane, sommes honorés et heureux d’avoir cette église dans notre ville. Sa présence revêt une grande importance religieuse et reflète la coexistence entre chrétiens et musulmans dans une ville comme Hébron. Nous attachons une grande importance à la présence de nos frères chrétiens ainsi qu’à leur visite des lieux saints, en particulier de l’église du Chêne de Mambré. » Cinquante jours après Pâques, à l'occasion de la Pentecôte, l'église célèbre sa fête patronale. Les chrétiens de la région s'y retrouvent pour la messe, les prières et les célébrations liturgiques, réaffirmant leur attachement à ce lieu de foi et à leur héritage spirituel. YURI ALEXANDER Conseiller du Patriarcat Russe auprès de l’Autorité Nationale Palestinienne « Le Saint-Esprit est venu ici avec le Père et le Fils, et il a visité Abraham en ce lieu. Cette église a été construite en 1880 par l’archimandrite Antonin Kapoustine, qui était alors supérieur du monastère et chef de la Mission Spirituelle Russe en Palestine. Nous avons célébré cette fête avec une grande joie, et le chef de la mission a exprimé son bonheur de voir non seulement des pèlerins étrangers, mais aussi un grand nombre de pèlerins locaux. » Le patriarche Abraham demeure une figure de référence commune au christianisme, à l'islam et au judaïsme tant d’un point de vue historique que spirituel. Il incarne le dialogue entre les religions, les valeurs de paix et la recherche de ce qui unit les êtres humains sur les plans moral et spirituel dans le monde d’aujourd’hui. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Au Musée des Terres de la Bible, l’exposition « Judée et Rome » plonge les visiteurs dans les dernières années de la Judée avant la destruction du Second Temple. Parmi les objets exposés figurent des monnaies et des sarcophages datant de l’époque de la naissance du christianisme. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « Les objets que nous présentons commencent en réalité avec les monnaies romaines de la fin de la période du Second Temple, y compris celles datant de l’époque de Jésus de Nazareth. Ces pièces portent d’un côté l’effigie de l’empereur ainsi que l’indication de l’année du règne de Tibère César ; je crois qu’il s’agit de la dix-septième année de son règne, période durant laquelle Ponce Pilate gouvernait la Judée. De l’autre côté figurent trois épis de blé ou un bâton sacerdotal romain appelé lituus. » L’exposition permet également d’observer l’influence de l’art romain sur l’art chrétien. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « Nous avons ici une mosaïque représentant un paon, considéré dans le monde romain comme un symbole de la résurrection, puisqu’il perd ses plumes à chaque saison avant de les retrouver. C’est pour cette raison que l’on retrouve également le paon dans les mosaïques des églises et des synagogues de l’époque byzantine. » L’exposition présente également des sarcophages datant de l’époque où le christianisme est devenu la religion officielle de l’Empire Byzantin. Parmi eux, l’un se distingue par le monogramme du Christ (Chi-Rho) surmontant une croix inscrite dans une couronne triomphale romaine, ainsi que par ses représentations de scènes et de miracles tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « De l’Ancien Testament, nous voyons l’expulsion d’Adam et Ève du Paradis, symbole du péché originel, ainsi que le sacrifice d’Isaac par Abraham, interprété dans la tradition chrétienne comme une préfiguration du sacrifice futur de Jésus, Fils de Dieu. » « Le Nouveau Testament est quant à lui illustré par plusieurs scènes, parmi lesquelles l’entrée de Jésus à Jérusalem, le chant du coq, le miracle de la multiplication des pains et des poissons, les noces de Cana avec la transformation de l’eau en vin, la guérison de la femme hémorroïsse et la résurrection du fils de la veuve de Naïn. » Un autre sarcophage est orné de scènes tirées du Livre de Jonas, représentant les marins jetant le prophète à la mer, où il est englouti par un grand poisson. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition «Le prophète Jonas est le prophète biblique envoyé pour annoncer le message de Dieu aux nations, c’est-à-dire aux peuples qui n’appartenaient pas à Israël. Selon l’une des interprétations les plus répandues, c’est précisément pour cette raison qu’il résista d’abord à sa mission. Finalement, il fut contraint de l’accomplir et d’appeler les habitants de Ninive à la conversion ; ceux-ci se repentirent et obtinrent le pardon de leurs péchés. Cet épisode annonce en réalité l’Évangile de Jésus, destiné non seulement aux Juifs, mais à tous les peuples.» Parmi les objets exposés figure également un calice de l’époque byzantine utilisé pour la célébration de la liturgie. Dr YIGAL BLOCH Commissaire de l’exposition « Sur ce calice figure une inscription en grec portant le mot Hagios (« Saint »), tiré d’un hymne liturgique inspiré du chapitre 6 du Livre d’Isaïe : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur des armées ; toute la terre est remplie de sa gloire. » Dans la tradition chrétienne, ce texte est interprété comme une référence à la Très Sainte Trinité .» Au cœur du musée, les vestiges archéologiques de l’époque du Second Temple et des origines du christianisme deviennent les témoins silencieux d’une histoire où passé et présent se rencontrent, laissant à chacun le soin de s’interroger sur la foi et la coexistence. Source: Site Web Christian Media Center Photo: Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Chaque 13 juin, la Custodie de Terre Sainte célèbre avec une grande solennité la fête de Saint Antoine de Padoue, patron et protecteur de la Custodie depuis 1920. Les célébrations ont débuté à Jérusalem vendredi avec les vêpres, avant de se poursuivre samedi par une messe solennelle présidée par le Custode de Terre Sainte, le père Francesco Ielpo, en présence de nombreuses autorités religieuses et de fidèles locaux. Fr. FRANCESCO IELPO, ofm Custode de Terre Sainte « Antoine nous enseigne précisément cela. Lui aussi, à l’exemple du Christ, s’est toujours fait médiateur, pont entre les personnes, homme capable de parler un langage nouveau, celui de l’Évangile, un langage qui ne s’oppose à personne mais qui entre dans le conflit pour servir de médiateur entre les parties et favoriser la réconciliation. » La Terre Sainte traverse aujourd’hui une période de fermeture, de conflit et de méfiance, mais les paroles de Saint Antoine résonnent avec force et proximité : construire des ponts et diffuser la paix. Fr. FRANCESCO IELPO, ofm Custode de Terre Sainte « Aujourd’hui, c’est plus difficile que jamais, car le langage de l’Évangile est difficile, tout comme le langage de la réconciliation et de la paix ; il est même difficile aujourd’hui de parler simplement de dialogue. Nous invoquons Saint Antoine précisément pour cela : afin qu’il nous donne cette capacité, comme il l’a été pour la ville de Padoue, d’être nous aussi un signe de cette communion possible entre les personnes. » La fête s’est poursuivie dans l’après-midi à l’église Saint-Antoine de Jaffa. Les scouts ont ouvert la cérémonie par une procession jusqu’à la paroisse, suivie d’une célébration présidée par le Père Custode et animée par des chants venus des quatre coins du monde. Pour sa première visite à la paroisse, le Custode a souligné le rôle de la communauté dans le sillage de Saint Antoine. Il a béni les enfants portant son nom, puis a béni le pain, symbole de vie et de communion. Dans une église comble, les fidèles ont célébré cette fête entre musique, couleurs et recueillement, en mémoire de l’un des saints les plus populaires à travers le monde. Fr. MARIO HADCHITI, ofm Curé de la Paroisse Saint-Antoine – Jaffa «Les habitants, les enfants comme les adultes, sont vraiment dans la joie, et c’est cela le message de Saint Antoine. Il a souffert, il s’est sacrifié, il est tombé amoureux de Jésus pour transmettre cette joie à tous. Et puis, avec Saint Antoine et la tradition du pain des pauvres, il y a ce petit signe qui montre que Dieu se partage avec tous. Dieu est pour tous : pour le petit comme pour le grand, pour le pauvre comme pour le riche ; tous peuvent s’en réjouir. Depuis Jaffa, nous vous souhaitons paix et tout bien. Que Saint Antoine vive avec nous qui sommes présents ici et nous accompagne dans la foi, l’amour et l’humilité, au service du peuple de Dieu ." Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Le Secrétariat général de la Jeunesse chrétienne de Palestine a organisé à l’Église gréco-catholique de Beit Sahour un camp destiné aux jeunes travailleurs, intitulé « Wake Up Call ». Cette initiative a rassemblé de nombreux jeunes dans un climat de réflexion, de dialogue et d’activités interactives, avec pour objectif de renforcer leur sens des responsabilités et de l’appartenance, tout en les encourageant à relever les défis de la vie avec une foi vivante et une vision renouvelée. FATEN SAEED Secrétaire générale de la Jeunesse chrétienne de Palestine. « La Jeunesse chrétienne de Palestine est comme une maison qui accueille tous les jeunes de nos paroisses et leur offre un espace sûr. À travers des rencontres réunissant des participants issus de différentes communautés paroissiales, notre objectif n’est pas seulement d’organiser des rassemblements, mais aussi de renforcer les liens entre eux, de consolider leur relation avec Dieu et de former des personnes conscientes, enracinées, préparées et capables d’assumer des rôles de leadership et responsabilités. » Fr. GEORGE HADDAD, OFM Vice-assistant Spirituel de la Jeunesse chrétienne de Palestine « Les jeunes travailleurs de la Jeunesse chrétienne de Palestine se réunissent ici à Beit Sahour pour leur premier camp d’été, avec le désir de vivre et de rechercher une parole nouvelle ainsi qu’une joie nouvelle dans leur rencontre avec Jésus. N’ayez pas peur, ne doutez pas, mais recherchez toujours la persévérance, la persévérance en Jésus-Christ. C’est le thème qui a accompagné ce camp pendant ces deux journées, nous aidant à surmonter nos peurs. Aujourd’hui, le monde parle sans cesse de peur et de chiffres. Mais pour Jésus, la personne n’est pas un simple numéro : pour Lui, chaque être humain est un monde à part entière.» Le camp était centré sur le thème de la peur, considérée comme l’un des principaux défis auxquels les jeunes sont confrontés dans leur parcours humain et spirituel. Les participants ont été invités à se libérer de leurs peurs et à faire confiance à la présence de Dieu dans leur vie, en s’appuyant sur cette promesse du Christ : « N’aie pas peur, car je suis avec toi . » ANGELA SALEM Bethléem « Cette année, le thème était « Wake Up Call », un appel à faire face à la peur dans notre vie et à poursuivre notre chemin malgré les difficultés et les incertitudes du quotidien. La présence chrétienne sur cette terre est profondément enracinée. Même si elle représente aujourd’hui une minorité, elle se distingue par une grande diversité, représentée notamment par les jeunes venus de différentes villes palestiniennes. Cette présence demeure une richesse précieuse et un élément essentiel pour la Terre Sainte. » MAHDI KARZEM Haïfa « À mon avis, des camps comme celui-ci sont très importants pour notre communauté chrétienne et pour les jeunes, en particulier pour les jeunes travailleurs déjà engagés dans la vie active. Souvent absorbés par leur travail et les exigences du quotidien, ils risquent de s’éloigner de Dieu. Une expérience comme celle-ci constitue une occasion de se rapprocher à nouveau de Lui, de consacrer du temps à la prière et à soi-même, de réfléchir à sa propre vie et d’approfondir toujours davantage sa relation avec Dieu. De plus, nous avons ici l’opportunité de rencontrer de nouvelles personnes et de découvrir de nouvelles perspectives qui peuvent nous aider à avancer sur notre chemin. » Dans une réalité de plus en plus marquée par l’anxiété et la peur, les jeunes demeurent des acteurs essentiels du changement lorsqu’ils croient en leurs capacités et s’appuient sur l’espérance. Fr. GEORGE HADDAD, OFM Vice-assistant Spirituel de la Jeunesse chrétienne de Palestine « Nous nous réunissons aujourd’hui pour rappeler aux jeunes que chacun de nous est important. Chacun de nous porte en lui-même un message qui lui est propre et occupe une place particulière dans le cœur de Jésus. Partons d’ici et retournons dans nos communautés, nos maisons et nos familles en portant avec nous ce message. » À la fin du camp, la flamme de la rencontre ne s’est pas éteinte ; elle est restée vivante dans le cœur des participants, repartis avec une foi renouvelée, convaincus que la peur ne peut l’emporter sur l’espérance et déterminés à contribuer à la construction d’un avenir meilleur et plus lumineux. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Le 4 juin 2026, l’Université hébraïque de Jérusalem a accueilli la conférence « Les Juifs en relation avec les chrétiens et le christianisme ». L’événement a réuni plus de 100 participants, parmi lesquels des professeurs d’université, des bénévoles et de nombreux chrétiens issus de diverses congrégations et communautés. Le professeur Denis Charbit, de l’Université ouverte, a rappelé la récente agression d’une religieuse qui marchait près du mont Sion : DENIS CHARBIT Université ouverte « J’ai voulu dédier cette conférence à deux personnes. D’abord, à la religieuse qui a été agressée — afin qu’elle sache que notre cœur est avec elle et qu’elle n’est pas seule. Et aussi à celui qui est venu à son secours. Tout le monde a vu la vidéo : lorsque l’agresseur revient pour la frapper de nouveau, certaines personnes s’approchent puis poursuivent leur chemin ; mais il y en a eu un qui a dit : ‘face à une réalité comme celle-ci, je ne peux pas rester indifférent.’ À cet homme, dont nous ne connaissons pas le nom, je remettrais une médaille. » La professeure Karma Ben Johanan, du Département de religion comparée et du Centre pour l’étude du christianisme, a abordé la mémoire des hostilités historiques encore présentes tant dans la culture chrétienne que juive. KARMA BEN JOHANAN Université hébraïque – Dép. de religion comparée et Centre pour l’étude du christianisme « C’est une histoire dans laquelle il y a eu beaucoup de conflits, mais il y a quelque chose dans la possibilité de se rencontrer à nouveau et de porter ensemble cette histoire — sans renoncer à notre identité et à notre tradition, tout en étant capables de la reprendre avec ses blessures et de nous approcher de l’autre avec respect. De nombreuses Églises l’ont fait au cours des dernières décennies, et les Juifs de la diaspora plus encore. Maintenant, c’est à nous, en tant que Juifs israéliens, de faire de même. » Le père dominicain Olivier Catel, de l’École biblique et étudiant à l’Université hébraïque, où il achèvera bientôt son doctorat sur le Talmud, a partagé son expérience d’étudiant chrétien dans un milieu à majorité juive : P. OLIVIER CATEL, op École biblique et archéologique française de Jérusalem « J’ai toujours été très chaleureusement accueilli ici à l’Université hébraïque, dans des échanges qui m’ont permis de mieux comprendre le judaïsme et de nouer des liens d’amitié. Pouvoir dire, en hébreu et en tant que chrétien, comment je vis sur cette terre et comment ensemble nous pouvons trouver des solutions pour avancer, est le fruit de ces années d’étude. Plus je connais le judaïsme dans son développement historique, plus je comprends profondément mon propre christianisme — non pas par opposition, mais à travers une sorte de connaturalité entre les deux traditions. » Bénévole depuis 2023, Alicia a décidé d’offrir ce service par sensibilité à la question des minorités : ALICIA NUDELMAN ZIMET Bénévole « Je suis née en Argentine et j’étais une minorité — j’ai grandi profondément aimée et respectée. J’ai senti que c’était mon devoir d’être ici et de dire que Jérusalem doit être un lieu ouvert à tous. Nous nous relions les uns aux autres, nous sommes amis, nous vivons ensemble. C’est de cela qu’il s’agit : être des êtres humains, se rencontrer, apprendre à se connaître. » L’organisation est née début 2023, lorsque la réalité déjà délicate du Quartier chrétien et de la Vieille Ville s’est aggravée. Depuis lors, un groupe de citoyens juifs israéliens dirigé par Yiscah Harani — spécialiste du christianisme — a fondé le RFDC, un organisme non partisan qui considère l’agression contre la communauté chrétienne comme une violation directe des valeurs fondatrices de l’État d’Israël. Pour Harani, ce préjudice frappe les “vases communicants” de la vie en Terre Sainte, car le respect mutuel et la tolérance sont les pierres angulaires sans lesquelles nous ne pouvons vivre ici en paix. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Alors qu’une brise légère caressait les visages des participants réunis en prière au pied des murailles illuminées de Jérusalem, près de la porte de Jaffa, la voix commune des juifs, des chrétiens et des musulmans — sur la terre des prophètes et du Christ — semblait s’élever vers le ciel et parvenir plus près de Dieu. La rencontre du 13 mai a été organisée par plusieurs organisations de la société civile, en collaboration avec la Communauté de Sion, afin de réaffirmer l’importance du respect mutuel et de la défense de la dignité humaine. Rabbin NERIA RAFAEL KNAFO Directeur général de la Communauté de Sion à Jérusalem « Notre objectif, ce soir, est d’affirmer que Jérusalem est une ville qui appartient à nous tous : une ville à célébrer et à vivre dans la joie. Grâce aux liens créés entre musulmans, chrétiens, juifs, laïcs et les différents peuples venus ici, nous devons apprendre à partager Jérusalem plutôt qu’à la diviser. » Il a également été décidé que, cette année, les prises de parole durant la rencontre seraient réservées exclusivement aux femmes. Le rabbin Neria, directeur général de la Communauté de Sion, en a expliqué les raisons : Rabbin NERIA RAFAEL KNAFO Directeur général de la Communauté de Sion à Jérusalem « Il y a quelques jours, malheureusement, un grave incident s’est produit dans la Vieille Ville : un homme juif a poussé à terre une religieuse chrétienne. C’est pourquoi les femmes des différentes communautés religieuses ont affirmé qu’il était temps de faire entendre leur voix et de s’engager pour la protection des femmes croyantes à Jérusalem, quelle que soit leur religion.» La modératrice de la rencontre, la rabbine Tamar Elad-Appelbaum, a affirmé que Jérusalem n’est pas seulement un nom, mais un engagement concret. Elle a rappelé que « lorsque, il y a deux mille ans, le respect mutuel a disparu et que la haine gratuite s’est propagée jusque dans le Temple du Seigneur, le Temple a été détruit ». Elle a également rapporté les paroles prononcées par la religieuse agressée : « Priez pour celui qui m’a agressée, afin que nous soyons tous dignes d’habiter dans la maison du Seigneur. » Elle a enfin souligné que les blessures de la religieuse ne sont pas visibles uniquement sur son visage, mais aussi sur les visages de chacun d’entre nous. HAJJEH IBTISAM MAHAMID Fureidis « La religion est avant tout un comportement, qu’il s’agisse d’une personne juive, chrétienne ou musulmane. » Sœur Marie Madeleine, de la congrégation bénédictine, a déclaré dans son intervention que Jérusalem est une mère. Évoquant l’expression « Là, celui-ci est né », tirée du Psaume 87, elle a expliqué que même les peuples considérés comme ennemis y sont présentés comme des enfants de Jérusalem, comme si la ville disait à chacun : « Ici, il y a une place pour toi, je veux que tu vives. » Selon elle, c’est précisément cet esprit qui s’est manifesté à Jérusalem il y a quelques jours lors de l’agression de la religieuse : un homme est intervenu pour la défendre, animé par le désir de protéger la vie et la dignité d’autrui. Les participants à la rencontre brandissaient des drapeaux représentant l’ancienne carte du monde en forme de trèfle, datant de l’époque où l’on pensait que seuls trois continents existaient, avec Jérusalem en son centre. Prières et chants se sont élevés en plusieurs langues, portant des messages d’amour, d’espérance et de paix dans une ville qui demeure un symbole spirituel et humain pour le monde entier. Fr. FRANCESCO RAVAIOLI, ofm. «Cette rencontre est très importante, surtout ici à Jérusalem, car elle crée une opportunité pour tous les croyants chrétiens, juifs et musulmans de dialoguer et d’être des témoins de paix.» Parmi les chants des fidèles et les prières échangées sous les murailles de la Ville Sainte, l’espérance s’est élevé que la paix ne soit pas un rêve inaccessible, mais un choix concret, pouvant commencer par une parole de respect, un geste courageux et une prière sincère. Une prière capable d’unir les croyants de toutes les religions autour de la dignité humaine, de l’amour et de la coexistence. Rabbin NERIA RAFAEL KNAFO Directeur général de la Communauté de Sion à Jérusalem «Le concept de paix et de coexistence dans la Bible est clair dès le Livre de la Genèse : Dieu, béni soit Son nom, a créé l’être humain à son image. Dieu nous a donc rappelé que nous venons tous de Lui et que nous avons tous été créés à son image. Je crois que la paix régnera à Jérusalem et que ce que nous voyons ici ce soir est un exemple de ce qu’elle pourra être. Nous nous sommes réunis ici ce soir, personnes de toutes les religions, pour prier ensemble et témoigner que, lorsque la paix véritable viendra avec l’aide de Dieu, elle aura précisément ce visage.» Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Le 18 mai, des centaines de personnes venues de différentes régions d’Israël et de la Palestine ont participé à la Marche Interreligieuse organisée par le Forum pour les Droits Humains. Une initiative qui réaffirme avant tout le caractère sacré de la vie, au-delà des convictions religieuses de chacun. ADAM RABI « Cette marche est très importante. Nous l’organisons depuis plus de cinq ans. Au début, nous n’étions que quelques-uns, maintenant nous sommes plus nombreux. Nous espérons être encore plus nombreux à l’avenir ! C’est essentiel, car Jérusalem est un lieu pour toutes les religions. » Rabbin AMICHAI LAOLAVI Président du Conseil de l’organisation « Rabbins pour les Droits Humains ». « Notre objectif est d’affirmer qu’au nom des valeurs juives, au nom du Divin, nous ne faisons qu’un et nous devons partager ensemble notre maison et cette terre. Nous croyons sincèrement qu’il existe beaucoup d’autres personnes comme nous, qui désirent la paix, la coexistence, le respect mutuel et la volonté de surmonter le traumatisme que nous traversons afin d’ouvrir une autre voie. » Avec une énergie toute particulière, ce groupe de Jérusalem illustre la joie et la capacité de chacun à entrer en relation avec l’autre. Azulay parle ainsi d’une ouverture du cœur et de la volonté d’écrire un nouveau récit fondé sur l’amour. AZULAY « Jérusalem devrait être une ville d’amour, de lien et sacrée pour l’humanité. Nous voulons guérir le cœur pour que le corps puisse lui aussi être en bonne santé. C’est ce qui nous pousse à continuer à essayer de raconter une histoire d’amour, même lorsque la réalité est bien différente. » Mor Sela, directeur du Mouvement pour la Paix, travaille au sein de cette organisation qui rassemble Israéliens et Palestiniens, avec pour objectif de démontrer que les êtres humains sont capables de se mettre à la place de l’autre et de comprendre sa douleur et ses difficultés. Si les problèmes politiques et sociaux restent nombreux, le travail d’écoute et de soutien envers les personnes les plus touchées par la violence et les restrictions se poursuit. MOR SELA Directeur du Mouvement pour la Paix Sulh « Nous ne pouvons pas faire grand-chose, mais au moins nous allons vers eux, nous leur parlons et nous les écoutons. C’est très important. Pour montrer qu’en face, il y a aussi un être humain qui se soucie d’eux et qui veut construire la paix. » DAVID MOATTY Participant « Je pense que c’est une excellente initiative de réunir des personnes de religions et d’opinions différentes qui, ensemble, ont l’énergie nécessaire pour rendre le monde meilleur. » DANIELLE MAMAM Communauté catholique de langue hébraïque – Jérusalem « C’est la troisième fois que je participe à cette initiative, car je pense qu’il est essentiel, aujourd’hui, de parler de paix, de justice et de cette humanité qui semble tant manquer en ces temps difficiles. Voir ce type de rassemblement nous fait du bien et nourrit l’espoir qu’un changement reste possible. » P. LOUIS MARIE Abou Gosh – Abbé « Nous sommes tous ici, et c’est très important, parce que la vie humaine est aussi en jeu. Chacun de nous est un être humain, créé à l’image de Dieu, et c’est ce qui compte le plus. C’est pourquoi nous devons respecter les autres et accueillir leur histoire et leur religion, car nous sommes tous enfants de Dieu. » Un signe discret dans les rues de Jérusalem, qui ne fait pas abstraction de la douleur, mais rappelle qu’il est encore possible de choisir la vie, l’humanité et la paix. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Les jeunes de Terre Sainte vivent une réalité qui se durcit de jour en jour : restrictions de circulation, barrières métalliques séparant les villages des villes, le tout sur fond de guerre permanente et d’une situation politique sans perspective claire. JOHNNY AL-HATHWA Beit Jala « Le permis de travail a été suspendu et le travail s’est arrêté. Tout s’est arrêté, tout a été fermé. Le tourisme a été complètement ravagé. La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est l’émigration, parce que je ne voyais pas d’autre solution. » FOUAD AL-BANDAK Bethléem « J’ai terminé mes études en gestion touristique pendant la guerre et je savais déjà à ce moment-là que ce ne serait pas facile de trouver du travail à cause de la situation que nous vivons. Mon père aussi est guide touristique et il ne travaille plus depuis deux ans. Aujourd’hui, ma mère est la seule à faire vivre la famille, parce qu’elle travaille comme infirmière à l’hôpital de la Caritas. » Face à cette réalité difficile, le Patriarcat Latin de Jérusalem a réagi en lançant la deuxième édition du projet « Afaq », en collaboration avec l’Institut pour le Partenariat Communautaire de l’Université de Bethléem, afin d’ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes et de renforcer leurs capacités de résilience ainsi que leurs possibilités de rester sur leur terre. SAMI EL-YOUSEF Directeur général du Patriarcat Latin de Jérusalem « Dès le début de la guerre, il est apparu clairement que le chômage avait augmenté de manière significative, surtout dans les régions de Bethléem et de Jérusalem, directement touchées par la situation politique et par l’arrêt du tourisme, dont dépendent de nombreuses familles, en particulier dans ces zones. À cela s’ajoutent la suspension et le retrait des permis de travail à Jérusalem, ainsi que l’incapacité de l’Autorité Nationale Palestinienne à verser les salaires et à honorer ses engagements. Si l’on prend tous ces facteurs en compte, on constate que le chômage a explosé, atteignant dans certaines régions jusqu’à 70 % .» Le projet prévoit un soutien aux petites activités économiques à travers des aides financières sous forme d’achat d’équipements et de matériel, ainsi que la création d’emplois temporaires destinés à de jeunes diplômés sans travail. Il offre également des emplois journaliers aux personnes ayant perdu leur activité dans le secteur du tourisme et dans d’autres secteurs touchés par la crise. Le projet propose en outre des bourses de formation professionnelle pour ceux qui souhaitent apprendre des métiers et acquérir des compétences susceptibles de les aider à intégrer le marché du travail ou à lancer leur propre activité. NISREEN MANSOUR Coordinatrice du projet Afaq « Toutes ces actions du projet « Afaq » ont pour objectif d’aider les personnes les plus en difficulté et les plus durement touchées par la situation actuelle, afin qu’elles puissent améliorer leurs conditions de vie et vivre dignement. L’objectif est aussi de décourager l’idée de l’émigration, qui commence à se répandre dans une grande partie de la société comme si c’était la seule solution possible face aux conditions difficiles que nous traversons .» JOHNNY AL-HATHWA Beit Jala « Grâce à Dieu, aujourd’hui j’ai réussi à passer d’un petit kiosque à un véritable restaurant. Je remercie d’abord le Seigneur, puis le projet « Afaq », qui a soutenu les jeunes. Ils m’ont aidé à acheter du matériel de cuisine, comme des installations au gaz, un grill et un réfrigérateur — des équipements dont le restaurant avait vraiment besoin. Si j’avais dû les acheter moi-même, honnêtement, je n’y serais jamais arrivé. Cela a été un immense pas en avant, passant de quelque chose de petit à quelque chose de grand. » Dans une terre épuisée par les crises et les guerres, les petites histoires de réussite demeurent un puissant signe d’espérance. À travers les perspectives qu’il offre pour une vie digne, le projet « Afaq » peut constituer une première étape pour préserver la présence chrétienne et renforcer l’attachement à la terre du Christ. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique