Nouvelles de la Terre Sainte
Après une période difficile pour les élèves, marquée par la guerre, la fermeture des écoles et l’interruption des cours, les établissements ont rouvert leurs portes pour tenter de rétablir la normalité. Fr. ABDEL MASIH FAHIM, ofm Directeur – Terra Sancta School – Ramla « À travers ces expériences et les jours passés par les élèves chez eux, un message important est ressorti : celui de la paix. La paix ne signifie pas seulement vivre libres, sans peur ni souffrance, mais aussi savoir vivre avec les autres. Et elle commence par la paix intérieure. » Le retour à l’enseignement a constitué une étape importante vers le rétablissement de la stabilité psychologique et éducative des élèves, malgré les défis auxquels ont été confrontés les enseignants et les directions d’établissement. Fr. ABDEL MASIH FAHIM, ofm Directeur – Terra Sancta School – Ramla « Des assistants sociaux et des conseillers scolaires accompagnent les élèves dans leur parcours. À la reprise des cours, des efforts ont été faits pour articuler la période précédant la guerre avec les programmes éducatifs à venir. Toutes les opportunités seront saisies afin de combler les lacunes et d’apporter le soutien pédagogique et éducatif nécessaire. » Parmi les stratégies mises en place pour compenser les pertes éducatives des élèves figure également le développement de compétences en recherche à l’aide de l’intelligence artificielle (IA), une initiative approuvée par le ministère de l’Éducation. Les élèves apprennent ainsi à sélectionner les contenus essentiels et à écarter les informations secondaires. Il convient de rappeler que le corps enseignant est resté en contact quotidien avec les élèves durant la période de guerre, assurant la continuité pédagogique à distance et apportant également un soutien psychologique. Fr. ABDEL MASIH FAHIM, ofm Directeur – Terra Sancta School – Ramla « Une fois, nous avons invité les enfants de maternelle, avec l’aide de leurs familles, à passer quelques heures de détente et à changer d’air dans un parc public. » Le retour des élèves sur les bancs de l’école a dissipé toute trace des souvenirs de la guerre et des sirènes d’alerte, laissant place à une joie visible sur leurs visages. NISREEN ZAAROUR Directrice de l’école primaire Terra Santa – Ramla « Les élèves étaient ravis de revenir, heureux d’être en classe et impatients de se reparler et de se retrouver. » MARIANA GHATTAS Élève du secondaire – Terra Sancta School – Ramla «Mon émotion est indescriptible. Nous avons longtemps attendu ce moment pour retourner à l’école, surtout parce que c’est notre dernière année. Nous voulions revenir parce que l’école, l’environnement et les enseignants nous manquaient. La vie normale nous manquait. Nous voulons nous voir en face à face, et non plus à travers des écrans.» La nostalgie des élèves ne s’est pas limitée au simple retour sur les bancs de l’école. MARIANA GHATTAS Élève du secondaire – Terra Santa School – Ramla «Ce qui nous a le plus manqué, c’est de voir la paix se répandre dans notre pays, et nous prions pour que la paix et la fraternité puissent durer.» Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
La guerre n’a pas arrêté les voleurs de vestiges archéologiques. Entre le bruit des sirènes et l’interception des missiles, deux suspects ont été pris en flagrant délit alors qu’ils menaient des fouilles illégales sur le site archéologique de Khirbet Harmish, dans le nord d’Israël. NIR DISTELFELD Unité de prévention du vol d’antiquités – Autorité israélienne des antiquités « Nous avons localisé cette pièce protégée et y sommes entrés avec la police, les deux suspects arrêtés et quelques civils présents dans la zone. Après deux minutes, nous avons entendu une forte explosion dans le ciel et la pièce protégée a failli céder sous la déflagration. Au poste de contrôle de Hizma, au nord de Jérusalem, la police israélienne a saisi, à l’intérieur d’une voiture palestinienne, un lot de pièces anciennes, principalement d’époque juive et datant de différentes périodes historiques ..» Dans une grotte sur les pentes orientales du mont des Oliviers, à Jérusalem, lors d’une opération de lutte contre le vol d’antiquités, un atelier de fabrication de vases en pierre a également été découvert. Dr EITAN KLEIN Vice-directeur de l’Unité de prévention du vol d’antiquités « Nous connaissons ce type de vases en pierre qui datent de la période du Second Temple, c’est-à-dire de l’époque de Jésus et des apôtres. Ces objets sont particuliers parce qu’à cette époque, les Juifs étaient très attentifs aux lois de pureté et d’impureté. Il existe un récit selon lequel Jésus est arrivé au village de Cana, où se trouvaient des récipients qui ne transmettaient pas d’impureté. Ces découvertes constituent donc une sorte de témoignage qui nous ramène à l’époque de Jésus.» Sur le site, des bains rituels de purification ont également été découverts, destinés à préparer les pèlerins à l’entrée du Temple. Il semble que ces vases en pierre leur étaient précisément vendus. Dr EITAN KLEIN Vice-directeur de l’Unité de prévention du vol d’antiquités « Après s’être purifiés, s’ils voulaient manger ou boire avec des récipients en terre cuite, ils pouvaient se contaminer à nouveau, retournant à l’état d’impureté. En revanche, s’ils buvaient dans des vases en pierre, ils restaient purs .» Ces vestiges archéologiques sont exposés au public dans le cadre d’une nouvelle exposition intitulée « Le passé criminel », au sein des bâtiments nationaux des Antiquités de la Terre d’Israël. L’exposition ne présente pas seulement des objets volés, mais aussi des objets falsifiés. Dr AMIR GANOR Directeur de l’Unité de prévention du vol d’antiquités «Ce que vous voyez derrière moi, cette lampe en bronze avec la représentation d’une menorah, a été fabriquée en Jordanie et vendue pour une somme importante à un citoyen israélien qui se trouvait en voyage là-bas. Il a ensuite tenté de la faire passer clandestinement de la Jordanie vers Israël.» Le docteur Ganor a ensuite poursuivi en évoquant les phénomènes de falsification : Dr AMIR GANOR Directeur de l’Unité de prévention du vol d’antiquités « En Jordanie, il existe un manuscrit connu sous le nom de Rouleau de cuivre, exposé au musée d’Amman. Ce document est gravé sur des plaques de cuivre et indique les endroits où des trésors auraient été cachés dans la région. À partir de là, une industrie de falsification de ces plaques métalliques s’est développée en Jordanie. » L’exposition comprend également des vestiges archéologiques authentiques, datant de l’époque byzantine et d’autres périodes, saisis alors qu’ils étaient sur le point d’être exportés illégalement hors du pays. Les voleurs d’antiquités ne dérobent pas seulement des pierres ou des objets historiques, ils privent aussi les peuples de leur mémoire et de leur identité. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Construire la nouvelle génération de Leaders Chrétiens La Mission Pontificale à Jérusalem a restauré le siège des Scouts catholiques arabes dans la Vieille Ville, en réhabilitant ses infrastructures dans le but de renforcer la résilience des habitants de Jérusalem et d’élargir les services offerts à un plus grand nombre de membres de la société. Le projet est financé conjointement par le PNUD et la KfW, contribuant à soutenir les habitants de la ville et à renforcer leur capacité à faire face aux défis quotidiens. RODOLF SAADEH Mission Pontificale à Jérusalem « L’année 2025 a été exigeante à bien des égards. Cependant, malgré tous les obstacles, nous avons réussi à achever et inaugurer le Centre des Scouts catholiques arabes au cœur de la Vieille Ville de Jérusalem. Après près de trois ans de planification, de collecte de fonds et de réalisation, ce projet tant attendu a enfin vu le jour. Aujourd’hui, le centre est un espace vital où les membres des Scouts et toute la communauté peuvent se rencontrer et profiter des nouvelles installations. » CAROLINE PETERS-SANCHEZ Chef de projet Deutsche Bank KfW « C’est un projet très important pour les habitants de Jérusalem-Est : il offre des espaces communs et sécurisés, en particulier pour les personnes âgées et les enfants, favorisant la connexion sociale. Nous espérons que, grâce à notre financement, les gens pourront se rencontrer et trouver un environnement sûr. » Ce projet représente une étape essentielle dans le soutien au mouvement scout à Jérusalem, notamment parce que le groupe des Scouts catholiques arabes est l’un des plus importants de la ville. Ses membres contribuent à l’organisation et au soutien de la majorité des activités ecclésiales et sociales dans la Vieille Ville, jouant un rôle actif dans le service à la communauté et le renforcement du sentiment d’appartenance et du bénévolat. ELIAS HABASH Scouts catholiques arabes – Jérusalem « Le groupe des Scouts catholiques arabes représente aujourd’hui le seul refuge sûr pour nos jeunes, garçons et filles, dans la Vieille Ville. Ici, ils apprennent la responsabilité, la discipline, les valeurs éducatives et accompagnent l’Église dans toutes ses activités. » JOSEPH HAZBOUN Directeur régional de la Mission Pontificale à Jérusalem « Nous, à la Mission Pontificale CNEWA à Jérusalem, accordons une grande attention à la préparation et à la formation de la nouvelle génération de Leaders Chrétiens. Nous croyons que les Scouts sont le meilleur outil pour identifier et accompagner de nouveaux leaders. Pour cette raison, nous cherchons à investir autant que possible dans les programmes, les camps d’été et les activités scoutes. » Le scoutisme chrétien est une mission pastorale de l’Église à travers les laïcs et constitue un outil précieux pour annoncer le Royaume de Dieu. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
https://www.youtube.com/watch?v=Tz3pJ5bhtas&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fwww.lpj.org%2F Message du Directeur général, M. Sami El-Yousef: La guerre a éclaté samedi, il y a environ douze jours, et elle s’est distinguée par la rapidité avec laquelle la situation a évolué. Tout à coup, les sirènes ont retenti, tout est devenu confus et l’on nous a demandé de nous rendre dans les abris. Des roquettes et des avions survolaient nos têtes, et la situation a pris une tournure extrêmement dramatique en très peu de temps. Il est toutefois important de souligner que dès mercredi, environ cinquante membres du personnel travaillaient déjà ici au siège, à Jérusalem, dans la Vieille Ville. Et dès vendredi, une centaine de membres de notre personnel se sont présentés au travail, alors même qu’un état d’urgence avait été déclaré et qu’il était demandé à la population de rester chez elle autant que possible et d’éviter de se trouver à l’extérieur. Si cela dit quelque chose du travail héroïque du personnel du Patriarcat latin, c’est avant tout un témoignage de leur dévouement et de leur profonde compréhension de leur mission et de leur présence ici en tant qu’employés de l’Église. Ils sont conscients que, s’ils restent chez eux et tentent de travailler à distance, cela aurait de nombreuses conséquences : leurs services seraient interrompus, les employés ne recevraient pas leurs salaires à temps, le travail pastoral serait perturbé et l’action humanitaire dont dépendent des milliers de personnes ne pourrait pas être assurée dans les délais nécessaires. Pour la plupart d’entre eux, venir travailler a été une décision consciente et réfléchie : rester à leur poste malgré toutes les difficultés, malgré les risques, malgré la peur, loin de leurs proches, alors même que leurs enfants suivent parfois leur scolarité en ligne ou que leurs familles vivent elles aussi dans l’incertitude. C’est pour nous tous, ici au Patriarcat latin de Jérusalem, un témoignage fort : " nous sommes ici pour servir, nous sommes ici pour rester. La guerre ne nous empêchera pas de continuer à fournir ces services aux milliers de personnes qui comptent sur nous. Nous continuerons d’être présents pour assurer la continuité de notre mission et faire en sorte que notre travail ne soit pas interrompu, en particulier en temps de guerre, lorsque tant de personnes souffrent." Ainsi, l’Église se tient fièrement debout face à la crise, comme elle l’a fait lors de toutes les crises précédentes. Nous sommes fiers de l’ensemble du personnel présent ici à Jérusalem, ainsi que dans tous les diocèses des différents pays où nous sommes engagés. C’est aussi l’occasion d’adresser un profond merci à tous les membres de notre personnel pour leur dévouement sans limite, leur engagement dans leur travail et leur volonté constante de servir. Nous sommes ici pour servir, et nous continuerons à le faire. Source: Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org Photo : © Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
À environ 100 kilomètres de Jérusalem, Beer-Sheva est une ville d’environ 200 000 habitants. Le père Piotr Zelazco, Vicaire patriarcal latin pour les catholiques de langue hébraïque, a rendu visite à une famille de la communauté qui a vécu des moments de peur et d’angoisse après la chute d’un missile dans la région. Mariana appartient à l’unique communauté catholique de la ville, la paroisse Saint-Abraham, présente dans la région depuis plus de huit ans. Elle raconte avoir traversé de nombreux conflits, mais c’est la première fois qu’un missile frappe son quartier. Pendant plusieurs jours, elle et ses enfants n’ont pas réussi à dormir : une expérience qui provoque un traumatisme profond appelé à durer dans le temps. MARIANA Paroisse Saint-Abraham – Beer-Sheva « Nous avons prié et remercié Dieu d’être restés en sécurité, parce que nous étions dans l’abri. Ce n’est pas facile de vivre des moments comme ceux-ci. Chaque fois que j’y repense, je remercie Dieu de nous avoir sauvés. Merci, Seigneur, pour ta protection. Le missile est tombé tout près : nous aurions pu mourir. Mais nous sommes ici pour témoigner que Dieu est vivant et qu’il accomplit des miracles. » Les appartements qui entourent la place ont été endommagés, tout comme les voitures stationnées dans la zone. Sur le lieu de l’impact, un agent de sécurité nous montre les fragments de l’explosif. P. PIOTR ZELAZKO Vicaire Patriarcal pour les catholiques de Langue Hébraïque « J’ai été choqué de voir ce qui s’est passé à Beer Sheva, au cœur d’une zone densément peuplée. Le missile est tombé dans la cour de l’école à midi. Le miracle, c’est que les enfants n’étaient pas à l’école à cause de la fête de Pourim. C’est très triste de voir qu’une de nos familles a eu son appartement détruit. Nous essayons de les aider, mais surtout nous prions pour eux : pour les enfants en particulier, c’est un traumatisme énorme. Même si c’est un grand miracle que personne ne soit mort, nous sommes encore sous le choc. » Malgré la peur, les chrétiens de la communauté se sont réunis pour participer à la Messe. Peu avant la célébration, toutefois, les sirènes ont de nouveau retenti dans la ville et tous ont dû attendre dans l’abri antiaérien jusqu’à ce que la situation redevienne sûre. Ce n’est qu’alors que la communauté a pu vivre, dans la foi et l’espérance, le partage du pain eucharistique et la fraternité. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Au cœur de la Vieille Ville, Sa Béatitude le Cardinal Pierbattista Pizzaballa a présidé la Vigile pascale dans une Basilique partagée entre les différentes confessions chrétiennes : chacune y dispose de son autel, de ses horaires et de sa prière. Une coexistence fragile, mais encadrée par des siècles d’accords. Bénédiction du feu nouveau, chant du Gloria, proclamation de l’Alléluia : les gestes sont les mêmes dans toutes les Églises du monde. Pourtant, ici, cette célébration — la première à être célébrée, en raison du fuseau horaire comme du Statu Quo qui la régit — prend une résonance particulière. Dans son homélie, le Patriarche a souligné que la Parole de Dieu résonne plus fort que tous les silences. Même à huis clos et au milieu du fracas de la guerre, la foi demeure. La pierre peut paraître infranchissable, mais devant le tombeau vide, elle a été roulée. Tel est le premier message de Pâques : Dieu commence à faire renaître la vie même dans l’obscurité, dans le silence et le tombeau fermé. Mais à Jérusalem, Pâques ne se vit pas seulement dans les lieux historiques. Elle se vit aussi dans les paroisses de quartier, au cœur des familles et dans la voix de ceux qui y vivent au quotidien. Samedi après-midi, des centaines de fidèles ont participé à la Vigile pascale, proclamant : « Il est vraiment ressuscité ! Alléluia ! ». Dans les paroisses de Jérusalem et de Beit Hanina, les chrétiens locaux ont manifesté la joie que seul un Dieu vivant peut donner. Dans la paroisse Saint-Sauveur, le groupe liturgique de la Custodie — les frères franciscains qui gardent les Lieux Saints depuis huit siècles — a installé un autel dédié au Christ ressuscité. Les peintures de l’artiste espagnol Raúl Berzosa illustrent la Passion ; au centre, le Christ apparaît victorieux de la mort. De même, les communautés locales, qui traversent des moments de souffrance, renforcent leur foi dans l’espérance de la Résurrection. À soixante kilomètres de Jérusalem, la guerre se fait plus proche. À Tel-Aviv, la célébration pascale n’a pas pu avoir lieu dans une église. Les chrétiens de langue hébraïque, avec leurs familles, ont célébré Pâques dans des abris. La célébration a été présidée par le père Piotr Velasco, responsable pastoral de la communauté. Dans la Ville Sainte, un autre lieu qui fait mémoire : le jardin de Gethsémani, où Jésus passa sa dernière nuit avant la croix. Là, les frères de la Custodie ont célébré l’ensemble du Triduum pascal, présidé par frère Francesco Ielpo, avec la participation des communautés religieuses locales. Aux premières heures du Dimanche de Pâques, se vit le moment le plus intime : un petit groupe retourne au Saint-Sépulcre, alors que la ville dort encore. Frère Giuseppe Gaffurini explique que cette tradition est unique et ne se perpétue qu’au Saint-Sépulcre. Fr. GIUSEPPE GAFFURINI, ofm Président de la communauté du Saint-Sépulcre « Selon la tradition, la Vierge Marie visita le tombeau cinq fois le Samedi Saint. Les cinq colonnes byzantines commémorent cet événement. Ce soir, le pèlerinage en Terre Sainte se transforme en une course vers le tombeau. Nous nous unissons à la dévotion des femmes qui, malgré la lourde pierre qui le scellait, ont persévéré et ont trouvé la tombe déjà ouverte. La dévotion du Samedi Saint transforme la Passion du Vendredi Saint en Résurrection du Dimanche de Pâques. Par nos prières, nous accomplissons cette transition de la Passion à la Résurrection. » Frère João Paulo, de la communauté du Saint-Sépulcre, a été notre caméraman et notre porte-parole lorsque nous ne pouvions pas entrer. Fr. JOÃO PAULO DOS SANTOS, ofm Communauté du Saint-Sépulcre « Nous sommes ici pour servir, pour aider les pèlerins et faire connaître la Terre Sainte. Nous remercions les frères qui ont célébré et accompagné toutes les liturgies et activités au Saint-Sépulcre. » Fr. MANUEL TCHINCOCOLO RAMOS, ofm Communauté du Saint-Sépulcre « Continuez à prier pour nous, même en ce moment difficile. Nous poursuivons avec gratitude, en vivant ce moment comme Saint François nous l’a enseigné .» Le Dimanche, la messe la plus attendue de l’année a été célébré par le Patriarche devant l’Édicule, la petite chapelle qui abrite le tombeau du Christ. Dans son homélie, le cardinal Pizzaballa a souligné comment l’Évangile nous met immédiatement en mouvement. Encore dans l’obscurité, Marie-Madeleine arrive au tombeau et découvre la pierre roulée. Elle court l’annoncer aux apôtres. Pierre et Jean se précipitent et voient les signes : les bandelettes, le Suaire, tout soigneusement disposé. Pâques ne promet pas une vie « facile », mais une vie ouverte. Et pour l’ouvrir, Dieu a parfois besoin de nous dépouiller de certaines certitudes. Frère Francesco Ielpo a, quant à lui, présidé la Messe de Pâques dans l’église Saint-Sauveur et, dans son homélie, il a mis en lumière les verbes de mouvement dans l’Évangile, soulignant que la foi en la Résurrection naît d’une relation vivante avec le Christ : « La foi en la Résurrection est un don, et pour la recevoir, nous devons entrer dans la logique de l’amour ». Jean, le disciple bien-aimé, ne marche pas seul, mais attend Pierre, montrant l’importance de la communion, tandis que l’amour et la communion deviennent des repères essentiels du chemin pascal. La même aube se lève sur le nord du pays. À Nazareth, la ville où Jésus a grandi, un autre chœur s’élève, une autre voix résonne. Dans la Basilique de l’Annonciation, le silence qui suivit la mort du Christ a été rompu par le chant des fidèles : « Voici le jour que le Seigneur a fait : exultons et réjouissons-nous en Lui ! ». Lors de la messe de la Résurrection, présidée par S.E. Mgr Rafiq Nahra, Vicaire Patriarcal Latin, les lectures du Samedi Saint ont rappelé la présence constante du Christ dans la vie de chaque homme, symbolisée par la lumière du Cierge pascal qui ne s’éteint jamais. MERVAT ASHKAR Chanteuse – Chœur de la Basilique de l’Annonciation « Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Dans le chœur de la Basilique de l’Annonciation de Nazareth, nous avons eu la grande grâce de servir lors de la messe et de la liturgie du Seigneur Jésus, en traversant le Samedi Saint et en célébrant le Dimanche de Pâques. Nous nous sommes rassemblés, malgré toutes les circonstances effrayantes qui nous entourent : la guerre, la destruction, la famine, la douleur et la maladie. Et pourtant, le Christ vient : le Fils de Nazareth, le Fils de Galilée — et nous sommes fiers d’appartenir à cette ville sainte — pour nous dire : ‘ Ne crains pas, petit troupeau, j’ai vaincu le monde ’. Personnellement, je traverse une période très difficile, accompagnant ma mère dans sa souffrance et sa maladie. Mais nous élevons cette douleur pour qu’elle s’unisse à la souffrance du Christ et que nous puissions nous réjouir avec Lui dans la gloire de sa Résurrection. Celui qui souffre avec le Christ ressuscite aussi avec Lui dans sa gloire. » Jérusalem, Tel Aviv, Nazareth : des lieux différents, mais une même question plane dans l’air — que veut dire croire à la Résurrection quand le monde autour de vous semble refuser toute espérance ? Peut-être que Mervat en sait plus que quiconque. Sa mère est malade. La guerre continue. Et pourtant, elle chante. Parce que ceux qui ont vécu le Vendredi Saint — dit-elle — savent déjà comment ça se termine. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Le 31 mars, une conférence de presse conjointe s’est déroulée au Patriarcat Latin de Jérusalem, en présence de Sa Béatitude le Cardinal Pierbattista Pizzaballa, Patriarche Latin de Jérusalem, et du Custode de Terre Sainte, le frère Francesco Ielpo. Ce dernier a affirmé que l’incident survenu lors du Dimanche des Rameaux n’a pas affecté les droits historiques des Églises, soulignant clairement que « le Statu Quo est un droit acquis et non négociable » Il a également assuré que la Basilique du Saint-Sépulcre restera ouverte à la prière, comme elle l’est sans interruption depuis sept siècles. Fr. FRANCESCO IELPO, ofm Custode de Terre Sainte « Il est important de rappeler que le Custode de Terre Sainte représente l’autorité supérieure du Saint-Sépulcre et qu’à ce titre, il n’a pas besoin d’autorisation de la police pour y accéder. Il ne s’agit pas d’un privilège, mais de la reconnaissance d’un droit acquis depuis longtemps. Il est également important de rappeler que des milliards de fidèles dans le monde entier regardent vers Jérusalem et vers les prières célébrées dans les Lieux Saints. Le gouvernement israélien doit en tenir compte et être conscient de la responsabilité qui lui incombe envers le monde chrétien, afin de garantir à tout moment — et malgré les difficultés — le déroulement des prières et de trouver des solutions appropriées en coordination avec nous .» De son côté, le Patriarche Latin a déclaré que les autorités israéliennes avaient initialement ignoré les célébrations liturgiques dans la Basilique du Saint-Sépulcre. Les réactions internationales et les interventions diplomatiques ont toutefois contribué à réaffirmer avec force la centralité de ces rites et à imposer le respect de leur déroulement dans l’un des lieux les plus sacrés du christianisme, en raison de son importance spirituelle pour des millions de fidèles à travers le monde. S.B. Card. PIERBATTISTA PIZZABALLA Patriarche Latin de Jérusalem « Nous ne voulons pas aggraver la situation. Nous souhaitons souligner que nous regrettons ce qui s’est passé, mais, je le répète, c’est une occasion de regarder vers l’avenir et d’améliorer la coordination. Nous respectons les restrictions imposées par le Commandement du Front Intérieur et nous l’avons déjà démontré : nous avons annulé toutes les célébrations et les rassemblements, y compris les offices du Dimanche des Rameaux. Pendant le Carême, en outre, tous les Lieux Saints sont restés fermés, sans célébrations, ce qui est difficile à accepter pour nous sur le plan religieux. Cependant, il y a des choses qui ne peuvent pas être annulées : personne, pas même le Pape, n’a l’autorité d’annuler la Liturgie de Pâques. Nous cherchons à trouver un équilibre entre le respect des directives, d’une part, et la nécessité, d’autre part, d’accomplir ce qui n’est pas seulement un droit, mais aussi un devoir : célébrer dans la Basilique du Saint-Sépulcre .» La conférence de presse s’est conclue par une déclaration conjointe confirmant que les célébrations liturgiques de Pâques se tiendront conformément aux procédures établies et aux directives du Commandement du Front Intérieur, sans rassemblements. Elles seront également retransmises en direct aux fidèles via le Christian Media Center et les plateformes officielles, garantissant ainsi la continuité des prières et leur accessibilité à tous les fidèles. Source: Site Web Christian Media Center Photo: © Christian Media Center Video: © Christian Media Center © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique
Réflexions depuis la Terre Sainte Depuis plus d’un mois, la Terre Sainte vit la période la plus difficile et la plus dangereuse de notre histoire. Une vie quotidienne souvent interrompue par le son de multiples sirènes nous dirigeant vers les abris, suivies du bruit des missiles, des intercepteurs et des avions de combat volant juste au-dessus de nos têtes, puis des explosions, certaines à distance, d’autres si proches que les bâtiments tremblent. Alors commencent les spéculations, avec une ruée vers les réseaux sociaux et les écrans de télévision pour en savoir plus sur les impacts, l’ampleur des dégâts et, plus important encore, sur la sécurité de ceux que nous aimons. La question la plus fréquente dans nos esprits est de savoir où va cette guerre et quel en sera le résultat. À en juger par l’exemple récent de Gaza, on peut craindre qu’au bout du compte, de nombreuses régions du Moyen-Orient ne finissent par lui ressembler. L’humanité (si ce mot figure encore dans le dictionnaire) aurait dû considérer que l’ampleur des destructions et des pertes humaines à Gaza était une honte pour le monde entier, qui avait laissé cela se produire sous ses yeux, et non un exemple à reproduire fièrement ailleurs ! C’est certainement un monde blessé, et nous avons tous beaucoup de travail, guerre ou non, pour ramener l’humanité dans ce monde. Depuis le premier jour de la guerre, il était très clair qu’il s’agirait d’un conflit long et difficile, qui poserait d’immenses défis à travers le monde. Forts de notre longue expérience des guerres, des intifadas, des crises et de tout ce qui se situe entre les deux, nous avons malheureusement acquis une certaine expérience de ce que nous devons faire en tant que travailleurs de l’Église. La vie difficile en Terre Sainte nous a appris que la Semaine Sainte est chaque semaine, et que nous devons être à la hauteur chaque semaine. Notre personnel a fait preuve d’un véritable héroïsme en retrouvant sa pleine capacité de fonctionnement en moins d’une semaine après le début de la guerre. Ils ont pleinement compris que, s’ils ne se rendaient pas à leur bureau et se contentaient de travailler à distance depuis leur domicile, des centaines, voire des milliers de personnes qui dépendent du soutien pastoral, éducatif et humanitaire du Patriarcat latin seraient privées de services essentiels. Le courage et l’esprit de dévouement dont ils ont fait preuve sont vraiment admirables. Pour de nombreux jeunes parents, cela signifiait laisser leurs enfants suivre des cours en ligne à la maison, prendre le risque de se rendre au travail alors que les sirènes pouvaient retentir, et faire face au traumatisme d’être interrompus plusieurs fois par jour par des alertes et des explosions. Pour moi, cela reflète non seulement le dévouement et l’engagement de notre personnel, mais aussi leur compréhension profonde de ce que signifie être un employé de l’Église en temps de crise : penser aux autres et prendre soin d’eux avant de se replier sur soi-même. Nous sommes donc très fiers de pouvoir dire que le travail s’est poursuivi sans interruption malgré ces circonstances difficiles. La Vieille Ville, en raison de sa nature historique et de sa complexité architecturale, ne bénéficie pas des avantages des quartiers plus modernes de Jérusalem et manque d’abris publics. Elle a donc été soumise à des restrictions plus sévères que toute autre zone. L’activité commerciale s’est complètement arrêtée, avec la fermeture de tous les commerces depuis le début de la guerre, à l’exception des magasins alimentaires et des pharmacies. Les lieux saints des trois religions ont été strictement fermés, notamment l’église du Saint-Sépulcre, la mosquée Al-Aqsa et l’esplanade du Mur occidental. Malheureusement, tout cela s’est produit pendant des périodes religieuses majeures pour tous : la fin du mois sacré du Ramadan, la Pâque juive et Pâques. Les fidèles n’avaient aucun lieu où se rendre pour prier et se recueillir. Les tensions ont augmenté dans un climat de frustration, et des incidents ont eu lieu, notamment lorsque des agents de police de bas rang ont empêché Sa Béatitude le cardinal Pizzaballa et le Custode de Terre Sainte, le père Francesco Lelpo, de se rendre à l’église du Saint-Sépulcre le dimanche des Rameaux. Cet incident a suscité une vague de soutien venue du monde entier, y compris de très hauts responsables. La situation a rapidement été maîtrisée par les autorités supérieures, et un accord a été trouvé sur la manière de poursuivre les célébrations liturgiques pendant la Semaine Sainte, tout en respectant les consignes d’urgence. Si cet épisode montre quelque chose, c’est que nous ne sommes pas seuls : le monde se soucie de nous, de nos affaires et de la préservation des lieux saints, afin qu’ils demeurent des phares d’espérance, des lieux vers lesquels le monde entier se tourne et élève ses prières, dans les moments ordinaires comme extraordinaires. Ce fut une leçon rapide sur l’histoire, la signification, le respect, la coordination et la communication. Une nouvelle leçon sur l’importance pour tous de comprendre le rôle de Jérusalem pour toutes les confessions, la nécessité de respecter la tradition et l’espace propre à chaque religion, et un rappel clair que Jérusalem doit être une ville ouverte et partagée, accessible à tous. Aucun droit exclusif ne sera accepté par les fidèles des différentes religions à travers le monde. La Semaine Sainte à Jérusalem sera bien triste sans les dizaines de milliers de pèlerins parcourant les ruelles étroites de la Vieille Ville, parlant des dizaines de langues et chantant leurs prières en chemin. Cependant, nous ne devons jamais oublier la véritable signification de cette période pour toutes les grandes religions. Le Ramadan, la Pâque juive et Pâques sont des moments où chacun est invité à revenir à l’essentiel. Dans chaque tradition, on prie pour la paix et le bien commun, on fait des sacrifices pour ceux qui sont moins favorisés, et on agit pour rendre ce monde meilleur. Pendant cette période, nous cherchons une vie nouvelle et un nouveau commencement. Aussi durs que soient les événements de la Semaine Sainte dans la vie de notre Sauveur, Pâques représente une fin et un nouveau départ marqués par l’espérance. Malgré la dureté des conditions de guerre dans lesquelles nous vivons et l’incertitude à laquelle nous sommes confrontés, Pâques apporte un sentiment d’espérance : il reste encore du bien dans ce monde. Joyeuses Pâques à tous nos amis et soutiens à travers le monde. Grâce à votre soutien moral et financier, ainsi qu’à vos prières constantes, vous nous donnez de l’espérance et nous encouragez à continuer à marcher sur les traces de notre Seigneur. Nous ne vous décevrons pas ! Sami El-Yousef Directeur général Source: Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org Photo : © Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org © Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem – Lieutenance de la Belgique