Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique - Ridderorde van het Heilig Graf–Landscommanderij België
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Nouvelles de Terre sainte



Jérusalem : « Une conjonction dramatique de plusieurs éléments »

 

1er juin 2021 2021 par LdS

Le père dominicain Jean-Jacques Pérennès, directeur de l’École biblique de Jérusalem, revient sur le climat de tension extrême et les violences qui secouent ces jours-ci la Ville sainte.

Depuis plusieurs jours, Jérusalem est le théâtre d’une nouvelle flambée de violence. Ce lundi, de nouveaux affrontements ont éclaté sur l’esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’islam entre des Palestiniens et la police israéliennes. L’une des causes de ces tensions est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, menacées d’expulsion au profit de colons juifs. Ceux-ci estiment qu’une loi leur permet d’habiter dans cette partie palestinienne de la ville sainte. Un enjeu symbolique et démographique sur lequel jouent depuis des années les associations de colons et associations d’extrême droite. Une audience de la Cour suprême israélienne dans cette affaire prévue ce lundi 10 mai a été reportée.

Pour le père dominicain Jean-Jacques Pérennès, directeur de l’École biblique de Jérusalem, cette nouvelle flambée de violence est une source de tristesse. Située dans la vieille ville, cette prestigieuse institution « est aux premières loges, on entend les tirs de grenades assourdissantes », raconte-t-il. Le religieux a dû interdire à ses étudiants de descendre dans la rue, en raison de la tension extrême qui y règne : « Il n’y a pas eu ce niveau de violence depuis assez longtemps ».

Des tensions qui pourraient durer

Le père Pérennès évoque un « cocktail explosif » de raisons qui ont conduit à ces nouveaux affrontements. Outre la question des expulsions des familles palestiniennes, s’ajoute aussi le calendrier : ce lundi marque en effet pour les juifs les plus religieux « la Journée de Jérusalem », qui relate la reprise de la ville sainte aux mains des armées arabes suite à la guerre des 6 jours de 1967. S’ajoute à cela la période du mois saint de ramadan pour les musulmans.

Selon le père Pérennès, ce climat de tension extrême pourrait durer encore quelques jours, tant rien ne semble fait pour calmer les esprits. À ce titre, le dominicain regrette que la communauté internationale n’ait pas suffisamment pris position sur la question de l’expropriation des familles palestiniennes, qui a attisé les tensions, soulignant qu’il est important de faire respecter le droit international.

Si les affrontements aux abords de la mosquée Al Aqsa ont cessé à la mi-journée, le climat reste toujours très tendu. Une « marche de Jérusalem » à laquelle devront participer des milliers d’Israéliens est en effet prévue en soirée dans la Vieille ville quadrillée par les policiers qui ont demandé aux Palestiniens de ne pas sortir de chez eux pour éviter des violences. Une manifestation à laquelle doivent participer des colons et des juifs d’extrême droite et qui n’a pas été interdite malgré les risques de débordement, regrette le père Pérennès.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel - Cité du Vatican

Source : Vatican News

Photo : ©️ Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org



 


La violence est “une blessure à l’âme” de Jérusalem

 

1er juin 2021 2021 par LdS

Dimanche, l’archevêque latin de Jérusalem a réagi à l’embrasement de la Ville sainte, qui gagne désormais la bande de Gaza. Jérusalem, cœur des trois religions abrahamiques, doit être respectée dans sa vocation de ville de paix et de fraternité, ouverte à tous les croyants, rappelle Mgr Pizzaballa.

Le Patriarcat latin de Jérusalem s’associe aux sentiments de tristesse et de vive inquiétude exprimés par les chefs d’Églises, et condamne le blocage de l’accès à la mosquée Al-Aqsa ainsi que l’expulsion forcée de plusieurs familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah, qu’il qualifie de « violation inacceptable du plus fondamental des droits humains : celui d’avoir un toit ». « C’est une question de justice pour les habitants de la ville d’avoir le droit de vivre, prier et de travailler, chacun/chacune selon sa propre dignité, dignité accordée à l’humanité par Dieu lui-même. »

La question de Sheikh Jarrah « exacerbe les tensions dans tout Jérusalem, s’alarme le patriarcat. Le problème aujourd’hui ne se résume pas à un conflit immobilier d’ordre privé. C’est d’avantage une action menée par une idéologie extrémiste qui dénie à une personne le droit de vivre dans sa propre maison », souligne-t-il en référence à certains groupes de colons, à qui profitent les expulsions et expropriations de Sheikh Jarrah.

Quant à l’accès à l’Esplanade des Mosquées refusée aux croyants musulmans pendant le mois de Ramadan, le Patriarcat latin de Jérusalem évoque des « démonstrations de force » qui « blessent l’esprit et l’âme de la Ville Sainte, dont la vocation est d’être ouverte et accueillante, un abri pour tous les croyants, égaux en droits et en devoirs ».

Jérusalem appartient à tous les croyants

Les Églises de Jérusalem ont toujours dénoncé fermement toute prétention exclusive sur Jérusalem, rappelant qu’elle est une « ville sacrée pour les trois grandes religions monothéistes », ainsi qu’une cité « où le peuple palestinien, chrétiens et musulmans, ont le même droit de construire un avenir fondé sur la liberté, l’égalité et la paix », conformément aux résolutions onusiennes et au Droit international.

A cet égard, le Patriarcat demande le respect du Status Quo pour tous les Lieux saints, y compris le complexe de la mosquée d’Al-Aqsa. « L’autorité qui contrôle la ville doit protéger le caractère spécifique de la ville de Jérusalem, appelée à être le cœur des religions abrahamiques, un lieu de prières et de rencontres, ouvert à tous et où tous les croyants et citoyens, quelle que soit leur appartenance ou leur religion, se sentiront chez eux et verront leurs droits protégés et garantis », insiste le communiqué, publié dimanche.

« Notre Église a affirmé clairement que la paix réclame la justice. Ainsi, tant que les droits de chacun, Israéliens et Palestiniens, ne seront pas respectés et garantis, il n’y aura pas de justice et donc pas de paix dans cette cité. Il est de notre devoir de ne pas ignorer l’injustice ou toute atteinte à la dignité humaine, quels que soient leurs auteurs », affirme encore le Patriarcat qui conclut en lançant un appel à la communauté internationale, aux Églises et à toutes les personnes de bonne volonté pour « mettre fin à ces provocations et continuer à prier pour la paix à Jérusalem ».

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques de la Lieutenance



 


En prière pour les bienfaiteurs de la Terre Sainte et pour le monde entier

 

25 mai 2021 2021 par LdS

Alors que l’esprit de la Résurrection souffle encore sur la Ville Sainte, Fr. Francesco Patton, Custode de Terre Sainte, a présidé en ce mardi de la troisième semaine de Pâques, une messe dans le Lieu le plus saint de toute la chrétienté, le Saint-Sépulcre, ce lieu où Jésus, par sa mort et sa résurrection, a vaincu le péché et la mort.

La Sainte Messe a été célébrée à l’intérieur de l’édicule du Saint-Sépulcre, dans la chapelle de l’ange, à l’endroit où, selon le récit de l’évangéliste Matthieu, « l’ange était assis sur la pierre qui fermait le tombeau et apparut aux femmes pour leur annoncer la Résurrection ».

Le Custode a rappelé comment : « dans cette basilique du Saint-Sépulcre, les franciscains gardent le lieu physique de la réconciliation entre Dieu et les hommes ». Il a ensuite commenté les deux enseignements fondamentaux des lectures du jour rappelant que : « Jésus est le Pain de vie et donne la vie au monde ». Et que, « le martyre d’Etienne nous aide à comprendre que dans le témoignage du disciple s’actualise le témoignage de Jésus, le Maître ».

La consécration eut lieu juste au-dessus du Tombeau où le corps de Jésus a été déposé. Cette eucharistie était toute particulière car célébrée à l’intention des bienfaiteurs de la Terre Sainte.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Le sens de cette célébration est de prier pour tous les bienfaiteurs de la Terre Sainte. Sans leur soutien, il nous serait impossible de mener à bien cette mission au bénéfice de la communauté locale et des pèlerins, lorsque ceux-ci pourront revenir ici. Nous nous sentons redevables envers tous les bienfaiteurs. Nous ressentons comme un devoir de gratitude que de célébrer ici, en ce Lieu le plus saint de toute la chrétienté, pour ceux qui nous aident et nous soutiennent financièrement. Ils nous permettent de poursuivre la mission que l’Église nous a confiée. »

Le Custode de Terre Sainte et tous les frères franciscains portent aussi dans leur prière les pays qui souffrent encore de la pandémie.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Il est de notre devoir de prier pour l’humanité en souffrance. D’une manière ou d’une autre, ici à Jérusalem, nous pouvons dire que nous entrons dans une phase de rétablissement, de résurrection et de sortie de la pandémie. Mais nous savons qu’il y a des pays qui souffrent encore beaucoup, des pays comme le Brésil et l’Inde qui sont terriblement impactés comme tant d’autres, un peu partout dans le monde. Prier pour les malades ici, sur le Lieu-même de la Résurrection, a une valeur particulière car cela éclaire, par la force de la foi et la vertu de l’espérance, ce chemin que certains pays parcourent encore pour sortir de la pandémie. »

Le Custode a également prié pour le retour des pèlerins et des chrétiens du monde entier.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Cette expérience de prière et de célébration à l’intérieur du Tombeau de Jésus aide les chrétiens du monde entier à comprendre la valeur non seulement de Pâques mais de la célébration eucharistique qui est toujours un mémorial de Pâques. »

Source : Christian Media Center

Photo : archive du Lieutenance



 


Les chrétiens d’Egypte appuient Al-Sissi pour la reconstruction de Gaza

 

25 mai 2021 2021 par LdS

Le président Abdel Fattah Al-Sissi a annoncé l’octroi d’une aide de 500 millions de dollars pour la reconstruction de la bande de Gaza, actuellement au cœur d’une flambée de violences entre l’armée israélienne et le Hamas. Les patriarches et évêques d’Égypte apportent leur plein soutien à cette initiative.

La présidence égyptienne en a fait l’annonce via son compte Facebook : elle allouera une somme de 500 millions de dollars au profit de la reconstruction du territoire palestinien voisin, à laquelle contribueront également des entreprises égyptiennes spécialisées. L’initiative a aussitôt reçu le soutien de l’Église copte orthodoxe qui salue une aide bienvenue et concrète « à nos frères et sœurs palestiniens, dans l’épreuve humanitaire qu’ils traversent ». Tawadros II, le patriarche de cette Église orientale -la plus importante, numériquement, du Moyen-Orient- décrit même cette marque de solidarité comme une « confirmation du rôle historique de l’Égypte en faveur des peuples arabes frères ».

Dans une déclaration publiée au nom du Conseil des patriarches et des évêques catholiques d’Égypte -un organe présidé par le patriarche copte catholique Ibrahim Isaac Sidrak-, les dirigeants des communautés catholiques présentes sur le sol égyptien ont tenu à exprimer leur appréciation de la décision du président Al-Sissi, déplorant l’effusion de sang qui se déroule « dans l’État jumeau de Palestine », et confiant à Dieu la reprise du dialogue et des négociations pour faire taire les armes.

Une assistance humanitaire vitale pour la population de la Bande de Gaza

L’Égypte, par l’intermédiaire de son fonds social “Tahya Misr”, s’apprête à envoyer dans la bande de Gaza un convoi humanitaire composé de plus de cent conteneurs portant l’inscription “nous sommes des partenaires pour l’humanité”. Un compte bancaire a été ouvert dans toutes les banques égyptiennes afin de collecter des fonds pour la reconstruction de Gaza et permettre l’envoi de médicaments à sa population. Les autorités du Caire sont également impliquées sur le front diplomatique pour obtenir un cessez-le-feu des deux parties. « Il n’y a aucun moyen de mettre fin au cercle vicieux de la violence et à la situation instable dans les territoires palestiniens, à part celui d’une solution radicale, juste et globale à la question palestinienne qui conduirait à la création d’un État palestinien », a fait savoir le porte-parole de la présidence.

Mardi 18 mai, après des rencontres et des entretiens entre le président Emmanuel Macron, le président Al-Sissi -qui était en visite à Paris- et le roi Abdallah II, la France, l’Égypte et le Royaume de Jordanie ont déposé une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU appelant à un cessez-le-feu dans le conflit entre Israël et Gaza. Le texte a été bloqué par les États-Unis.

Source : Vatican News

Photo : © Volkskrant



 


L’appel des religieux d’Assise pour la fin des violences en Terre sainte

 

20 mai 2021 2021 par LdS

Plusieurs responsables religieux et civils de la cité de saint François, dont l’évêque Mgr Domenico Sorrentino, ainsi que le gardien de la Basilique de saint François, frère Marco Moroni, se sont adressés dans une lettre au Secrétaire général des Nations unies, au président et Premier ministre israéliens ainsi qu’au président palestinien, afin que la paix règne sur la terre du Christ.

« Tous Frères, la Terre Sainte brûle ! Nous vous en supplions, arrêtez cet enfer » écrivent, en citant le cri du frère Ibrahim Faltas de Jérusalem, l’évêque d’Assise, Mgr Domenico Sorrentino, la maire d’Assise Stefania Proietti, le gardien de la Basilique papale de Saint-François et du Sacré Couvent, frère Marco Moroni, ainsi que le gardien de la basilique de la Portioncule à Sainte-Marie-des-Anges, frère Massimo Travascio.

« Nous vous implorons de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour arrêter ce qui se passe, et que vous vivez aussi personnellement », ajoutent les signataires de la missive.

Assise, jumelée avec Bethléem

À Jérusalem, en Israël, en Palestine, vit une mosaïque de personnes sur un même territoire. Sur cette terre, que des milliards de personnes dans le monde considèrent comme sainte, le sang ne peut continuer à être versé, le sang innocent, le sang des civils et des femmes, le sang des enfants. Cet appel, qui vient d’Assise, ville de sainte Claire et de saint François, qui « a toujours cherché à favoriser le dialogue entre Israël et la Palestine », jumelée avec Bethléem depuis 1989 et d’où le Pape François a signé l’encyclique Fratelli Tutti, le 3 octobre 2020, rappelle l’enseignement laissé par saint François « que nous sommes tous des personnes, nous sommes des êtres humains, nous sommes des frères et des sœurs » ; et qu’en « Israël et en Palestine, à Jérusalem et dans la bande de Gaza, il n’y a que des hommes, des femmes et des enfants, et pour cette seule raison, ils ont tous les mêmes droits. »

« Ils ont tous le droit de vivre, aucun d’entre eux ne peut mourir de la violence aveugle et scandaleuse à laquelle nous assistons (...). Aucun d’entre eux n’est coupable de cicatrices anciennes. Vous devez arrêter le massacre des innocents ! », s’indignent encore les religieux d’Assise.

François, saint de la paix et du dialogue

Les signataires de la lettre ajoutent que « la ville de saint François, le saint de la paix et du dialogue, la ville-message du Pape François, ne peut rester indifférente à tant de souffrances générées par la guerre qui déflagre en Terre Sainte » et que, comme nous le lisons dans Fratelli Tutti, « si nous voulons un authentique développement humain intégral pour tous, nous devons poursuivre sans nous lasser l’engagement d’éviter la guerre entre les nations et entre les peuples ».

Cette lettre demande ainsi au Secrétaire général des Nations unies « d’assurer la primauté incontestée du droit et le recours inlassable à la négociation, et à l’arbitrage, proposés par la Charte des Nations-Unies », et rappelle que « les Nations unies ont un rôle, une tâche précise, une responsabilité devant le monde et devant les civils et ces enfants innocents qui ont perdu la vie et tous ceux qui la risquent en ce moment ».

Un cri pour le salut de la Terre sainte

« En tant que communauté internationale, vous avez le devoir le plus sérieux de faire tous les efforts possibles pour arrêter le feu entre le Hamas et Israël," déclarent Mgr Sorrentino, la maire d’Assise et les gardiens des basiliques franciscaines qui s’adressent également aux présidents Reuven Rivlin, Mahmoud Abbas et au Premier ministre Netanyahu, en espérant un dialogue et une réconciliation.

« Nous vous adressons de toutes nos forces cet appel sincère : faites-vous artisans de la paix ! Nous vous supplions de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour arrêter la violence ! D’Assise, aujourd’hui, s’élève un cri pour le salut de la Terre sainte et de tous ses peuples, au-delà de toute distinction de religion et de culture, qui recueille l’aspiration d’une Ville qui n’est pas la nôtre mais celle du monde, la Ville séraphique du saint du dialogue et de la paix : plus de guerre, seule la paix est sainte ! »

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques personnelles lds



 


Le Pape François appelle à la fin des violences à Jérusalem

 

14 mai 2021 2021 par LdS

S’exprimant après la prière du Regina Cæli de ce dimanche 9 mai, le Saint-Père a fait part de sa préoccupation face aux heurts qui secouent depuis quelques jours la ville de Jérusalem. « Ça suffit avec les affrontements », a-t-il lancé.

« Je suis avec une inquiétude particulière les événements qui se déroulent à Jérusalem », a déclaré le Pape depuis la fenêtre du Palais apostolique, ce dimanche 9 mai 2021. « Je prie pour qu’elle soit un lieu de rencontre et non d’affrontements violents, un lieu de prière et de paix. J’invite chacun à rechercher des solutions communes afin que l’identité multireligieuse et multiculturelle de la Ville Sainte soit respectée et que la fraternité prévale », a-t-il poursuivi, avant de mettre en garde : « la violence n’engendre que la violence. Ça suffit avec les affrontements ».

Flambée de violences depuis une semaine

Un appel lancé alors que de nouveaux heurts se sont déroulés samedi soir entre policiers israéliens et manifestants palestiniens, faisant plus de 90 blessés dans différents quartiers de Jérusalem-Est, comme l’ont annoncé les secouristes du Croissant-Rouge palestinien. Suite à ces violences, une roquette a été tirée depuis la bande de Gaza vers Israël, qui a immédiatement répliqué en bombardant des positions du mouvement islamiste Hamas dans l’enclave palestinienne. Vendredi soir, des accrochages sur l’esplanade des Mosquées avaient fait 205 blessés côté palestinien et 18 dans les rangs de la police israélienne.

À Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis 1967, les tensions sont très vives dans le quartier de Cheikh Jarrah où des manifestations ont lieu tous les soirs depuis une semaine pour protester contre une possible éviction de familles palestiniennes au profit de colons israéliens.

Les derniers affrontements entre policiers israéliens et fidèles sur l’esplanade des Mosquées remontent quant à eux à août 2019. Ils avaient fait des dizaines de blessés palestiniens, le jour d’importantes commémorations juive et musulmane.

Source : Vatican News

Photo : © IPA



 


Une étude confirme l’importance des institutions chrétiennes dans la société palestinienne

 

14 mai 2021 2021 par LdS

Une étude, financée par le Collège des arts et de la culture de l’Université Dar Al-Kalima et la Mission pontificale de Palestine, montre combien les institutions chrétiennes – écoles, hôpitaux- contribuent à structurer la société palestinienne, à laquelle ils apportent une aide inestimable.

Il existe 296 institutions chrétiennes à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza et elles offrent un emploi à pas moins de 9 098 personnes, dont 5 017 chrétiens et 4 081 musulmans. Les données récoltées par l’étude montrent également que 416 millions de dollars sont dépensés chaque année par ces mêmes institutions dans des domaines vitaux tels que les soins médicaux, les services sociaux, la formation professionnelle et l’aide au développement.

Sur les six hôpitaux de Jérusalem, quatre sont affiliés à des Églises et traitent 330 000 personnes par an ; ils fournissent des services de haute qualité, notamment d’hémodialyse et d’oncologie pédiatrique, des opérations cardiaques complexes, des services de santé maternelle, des banques de sang, des soins oculaires et des soins spécifiques pour les personnes handicapées. L’étude, qui a duré cinq mois, visait à explorer la manière dont la présence chrétienne en Terre Sainte se déploie à travers ses diverses organisations opérant dans la région. Malgré la diminution du nombre de chrétiens due à l’émigration, le développement et le travail promu par les institutions chrétiennes ont augmenté, apportant un soutien nécessaire et vital au peuple palestinien, indépendamment des orientations politiques et religieuses.

Une bonne intégration dans le tissu social palestinien

Au cours de la conférence de presse de présentation, le révérend Mitri Al-Raheb, pasteur luthérien, fondateur et président du Collège universitaire des arts et de la culture Dar Al-Kalima, a insisté sur la visibilité des institutions ecclésiastiques, sur leur rôle et leur pleine intégration dans le tissu social palestinien. Joseph Hazboun, directeur régional de la Mission pontificale de Palestine, a affirmé recevoir les résultats de cette étude comme un encouragement à s’investir davantage, en particulier auprès des jeunes.

« Nous apprécions grandement ce qui est fait par les institutions ecclésiastiques chrétiennes en Palestine », a renchéri pour sa part Samer Salameh, sous-secrétaire du ministère palestinien du Travail. Ce rôle « est le résultat de l’enracinement et de l’incarnation de ces Églises dans la société palestinienne et de leur contribution effective à la construction de la patrie ». L’intention est de consolider la relation et le partenariat entre le gouvernement et les institutions chrétiennes en leur qualité d’institutions de la société civile palestinienne qui s’efforcent de fournir des services, a ajouté le sous-secrétaire, qui a exprimé la volonté du gouvernement de faciliter et de soutenir leur travail.

Source : Vatican News Service – TC

Photo : archives photographiques personnelles lds



 


Homélie du Patriarche Pierbattista Pizzaballa pour Pâques 2021

 

7 avril 2021 2021 par LdS

Le dimanche 4 avril, Mgr Pierbattista Pizzaballa a prononcé l’homélie ci-dessous à l’occasion de la célébration de Pâques à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

"Nous voici à nouveau réunis pour conclure cette semaine de prière et de célébration. Une fois de plus, nous sommes venus ici au tombeau pour proclamer avec force et joie que le Christ est ressuscité, que la mort n’a plus de pouvoir sur lui et sur chacun de nous."

Chers frères et sœurs,

Le Christ est ressuscité, alléluia !

Nous voici à nouveau réunis pour conclure cette semaine de prière et de célébration. Une fois de plus, nous sommes venus ici au tombeau pour proclamer avec force et joie que le Christ est ressuscité, que la mort n’a plus de pouvoir sur lui et sur chacun de nous.

La célébration a commencé par le chant de l’antienne : "Je suis ressuscité et je suis toujours avec toi, alléluia". C’est le cri de joie de l’Église après les jours de douleur et de souffrance de la passion, de la mort et de la sépulture du Seigneur. Ces mots, tirés du psaume 139, sont placés sur les lèvres de Jésus, qui est sorti glorieux de ce tombeau après que le Père l’ait ressuscité des morts. Mais ce sont aussi des paroles qui peuvent être répétées par chacun d’entre nous réunis dans ce lieu très saint, parce que dans le Christ ressuscité nous renaissons du péché et de la mort à la grâce et à la vie, et parce que nous savons que le Christ est ressuscité des morts et qu’il ne mourra plus jamais. La mort n’a plus de pouvoir sur lui (Rm 6, 9). En ce jour créé par le Seigneur (Ps 118, 24), premier jour de la semaine, nous sommes réunis pour témoigner de l’événement de la Résurrection et pour proclamer que le Christ ressuscité restera toujours avec nous.

L’Évangile de Pâques est rempli de verbes significatifs, mais un seul l’emporte sur tous : voir. Il s’agit de voir à Pâques... Marie a vu la pierre renversée (20 :1), Pierre a vu les linges (20 :5), Jean a vu le tombeau vide…. (20 :4). Ils ne trouvent pas le corps, mais ils voient…. Et la vision s’approfondit de plus en plus jusqu’à ce qu’ils s’écrient : "Nous avons vu le Seigneur !" (20,25).

"Et il vit et crut…" (20,8). Il a cru : croire est une manière de voir profondément, de reconnaître que l’absence du corps de Jésus ne parle pas d’un vol, mais d’une vie nouvelle qui s’est produite ; il voit un vide, et il croit que ce vide est en fait une plénitude.
Et c’est ce que chacun de nous est appelé à faire aujourd’hui : entrer dans les lieux de la mort, et se tenir là, au bord du tombeau, pour voir et croire que si la mort continue à faire peur, en réalité elle n’a plus de pouvoir.

Nous sommes des personnes appelées à demeurer sur le seuil du tombeau, comme pour garder ouverte une frontière, un passage, pour vivre continuellement ce mouvement de la mort à la vie.

Voir que les signes de la mort sont encore présents, en nous et hors de nous, mais croire en cette grande et absolue nouveauté, d’un "plus fort" venu au monde pour vaincre cet ennemi que l’homme, seul, n’aurait jamais pu affronter.

Ici, je crois que Pâques, c’est cela, avant tout cela : non pas des corps retrouvés mais des yeux qui s’ouvrent... Pâques est un regard plus qu’une découverte, c’est un nouveau regard plus qu’une découverte des choses d’avant, des choses de toujours.

Au cours de l’année écoulée, dans une grande partie du monde, nous avons surtout compté les fléaux, les malades, les morts et, probablement, nous sommes tous un peu comme Marie de Magdala : tentés de revenir en arrière, de retrouver les corps que nous avons perdus, les occasions manquées, les fêtes reportées, la vie qui semblait nous échapper. Nous rêvons tous d’un retour à la normalité, mais cela peut ressembler à la recherche d’un cadavre, d’un monde et d’une vie malade, marquée par la mort.

En ce lieu, ici même, au contraire ; la voix mystérieuse du Ressuscité résonne, guidant notre recherche et rouvrant nos yeux, les rendant capables de voir dans le vide. Et ainsi, nous qui voudrions retrouver ce que nous avons perdu, nous nous redécouvrons capables de voir la grande nouveauté de la Pâque, si nous écoutons cette Voix, qui nous parle d’un avenir inconnu mais possible, qui nous renvoie non pas en arrière, mais vers le Père et vers nos frères (cf. Mt 28,10), qui nous pousse à partir et à ne pas revenir.

Pâques, c’est parier sur l’impossible de Dieu plutôt que sur le possible des hommes. Pâques, c’est voir le vide, regarder les signes de la passion et y voir les prémisses et la promesse d’une Vie nouvelle et extraordinaire, non pas parce que nous sommes des rêveurs mais parce que nous croyons en Dieu, Seigneur de l’impossible.

Je crois que ce monde fatigué, blessé, épuisé par la pandémie et par tant de situations de peur, de mort et de douleur, usé par trop de recherches vaines, qui trouve de moins en moins ce qu’il cherche, a de plus en plus besoin d’une Église aux yeux ouverts, au regard de Pâques, qui sait discerner les traces de la Vie même parmi les signes de la mort. Ici, avec le Christ, l’Église peut et doit se lever, l’Eglise appelée par son nom par le Seigneur, qui court annoncer avec joie qu’elle a vu le Seigneur dans les nombreux visages et dans les nombreuses histoires de beauté, de bonté et de sainteté qui ont consolé et réconforté son chemin.

À partir de Pâques, l’Église peut et doit se renouveler , humblement fière de la victoire de son Seigneur, oser proposer à tous la joie de l’Évangile, pour redessiner un monde et de nouvelles relations de justice et de fraternité. Le Christ n’est pas un cadavre, sa parole n’est pas une lettre morte, son royaume n’est pas un rêve brisé, son commandement n’est pas périmé : il est la vie, notre vie, la vie de l’Église et du monde. Il est la vérité, notre vérité, la vérité de l’Église souvent écartée par les puissants, mais la pierre angulaire de tout édifice qui veut défier les tempêtes. Il est le chemin, notre chemin, le chemin de l’Église, qui passe certes par le calvaire mais arrive infailliblement à la plénitude de la joie. Avec toute l’Église, nous voulons vivre cette Vie, proclamer cette vérité, marcher sur ce Chemin. Nous devons avoir le courage d’être des disciples de l’impossible, capables de voir le monde avec un regard racheté par la rencontre avec le Ressuscité, et de croire avec la foi solide de ceux qui ont fait l’expérience de la rencontre avec la Vie. Rien n’est impossible pour ceux qui ont la foi.

C’est ce que j’ai envie de dire à cette Église qui est la nôtre : courage ! Rien n’est impossible, cessons de nous replier sur nos blessures, de chercher les vivants parmi les morts, de regarder notre passé, ce que nous étions, ce que nous avons perdu. Nous n’y trouverons pas le Ressuscité, ce n’est pas notre Pâques !

Nous entendrons résonner dans nos rues la salutation typique de ces jours-ci : le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Qu’il ne s’agisse pas seulement d’une salutation, mais de notre annonce en tant que peuple, en tant qu’Église qui sait témoigner avec conviction et certitude que toute mort, toute douleur, tout labeur, toute larme peut se transformer en vie. Et qu’il y a de l’espoir. Il y a toujours de l’espoir.

Je souhaite donc à chacun de nous, à notre Église et à notre ville de vivre toujours dans la lumière du Ressuscité qui donne la joie et la vie à qui veut la recevoir.
Joyeuses Pâques !

†Pierbattista Pizzaballa
Patriarche latin de Jérusalem

Source : Site Web Patriarchat Latin de Jérusalem

Photo : archives personnelles de Luk De Staercke



 


Le peuple libanais a besoin de la caresse du Pape

 

7 avril 2021 2021 par LdS

La promesse d’une visite au Pays des Cèdres faite par le pape François lors de son vol de retour d’Irak a suscité l’émotion et l’espoir des Libanais, rapporte le père Jad Chlouk, dont la cathédrale Saint-Georges a été détruite en août dernier dans l’explosion du port de Beyrouth. Ce dernier s’inquiète de la fuite des jeunes chrétiens : « C’est une hémorragie qui ne s’arrêtera pas ».

La nouvelle a eu un retentissement impressionnant sur les réseaux sociaux. Un vent d’espérance souffle sur le Liban depuis que le Pape François, à bord de l’avion qui le ramenait lundi 8 mars de son voyage en Irak, a réaffirmé son intention d’effectuer une visite apostolique au Pays du Cèdre, une terre « souffrante et en crise de vie ». Le Saint-Père avait déjà formulé ce vœu le 24 décembre dernier dans une lettre adressée au cardinal Béchara Boutros Raï, patriarche d’Antioche des Maronites, et écrite à l’adresse de tout le peuple libanais.

L’espoir de tout un peuple

Lundi, de nombreuses personnes ont écrit « immédiatement » sur les réseaux sociaux qu’ils attendaient « avec trépidation » le Pape François, a déclaré le père Jad Chlouk, curé de la cathédrale maronite de Saint-Georges à Beyrouth, une église aujourd’hui dévastée. Elle est située à seulement six cents mètres de la puissante explosion qui, le 4 août dernier, a détruit le port de la capitale libanaise.

L’attente, explique le prêtre maronite « n’est pas seulement celle de l’Église hiérarchique mais celle de tout le peuple », « nous avons besoin de pouvoir toucher l’espoir avec nos mains, de pouvoir savoir qu’il y a quelqu’un qui nous soutient ».

« Tout comme le Saint-Père s’est rendu en Irak pour renforcer le peuple et l’encourager à une véritable réconciliation, il entend faire un voyage similaire pour que le Liban puisse également réconcilier ses différences », analyse le curé de la cathédrale Saint-Georges.

Un pays en crise de vie

Le père confirme l’intuition du Pape François selon laquelle le Liban est « en crise de vie », et risque de perdre de nombreuses communautés chrétiennes comme, par exemple, les syriaques, les greco-catholiques, les grecs orthodoxes, les latins.

Le père Jad Chlouk affirme que le Liban subit une forte hémorragie de jeunes chrétiens qui quittent le pays à la recherche d’une situation meilleure, plus stable et plus pacifique. « Chaque semaine, chacun de nous dit au revoir à au moins deux amis. Et c’est difficile pour nous. Mais les personnes de plus de 50 ans fuient également, partant pour recommencer à zéro. Une perte qui ne s’arrête pas mais qui, effectivement, s’accentue de plus en plus ».

Pourtant, dans leur cœur, « ils ne veulent pas quitter le pays, malgré les difficultés économiques, sociales et politiques », assure le prêtre maronite. Dans l’âme des chrétiens libanais, le désespoir se mêle à l’espoir, et la visite du Pape pourra, selon lui, leur donner la force de mener à nouveau leur mission. « C’est ce pourquoi nous l’attendons ».

Source : Vatican News – Federico Piana – Cité du Vatican

Photo : archives photographiques de la Lieutenance



 


Mgr Pizzaballa : s’inspirer des saintes femmes pour annoncer l’espérance de la Résurrection

 

7 avril 2021 2021 par LdS

L’annonce de la Résurrection a déjà retenti dans la Basilique du Saint Sépulcre. Dans l’homélie de la veillée pascale célébrée ce samedi matin, le patriarche latin de Jérusalem est revenu en particulier sur la figure des saintes femmes, premières annonciatrices de la résurrection de Jésus.

En raison du Statu Quo en vigueur dans le Lieu saint, la Vigile pascale est toujours célébrée le matin du Samedi Saint. La célébration a donc eu lieu ce 3 avril 2021 en présence de fidèles, contrairement à l’année dernière. Toujours aucun pèlerin en revanche, à cause des restrictions anti-Covid en vigueur, ni de fidèle de Cisjordanie ou de Gaza.

Dans son homélie, le patriarche latin, qui a présidé la messe, a proposé une réflexion sur les saintes femmes myrrhophores, qui se rendent au tombeau du Christ au matin de Pâques pour oindre son corps d’onguents et de parfums, selon les coutumes funéraires juives. « Elles ont la capacité de supporter leur douleur (…), n’hésitent pas à dépenser de l’argent, à acheter ce qui est nécessaire pour honorer Jésus, non pas un échec, mais un bien-aimé », a souligné l’archevêque. Leur amour pour Lui ne s’est pas éteint avec sa mort, leur lien avec le Maître va au-delà des rêves humains d’un nouveau royaume. Le véritable amour est gratuit, il ne dépend pas des circonstances et ne connaît pas la mort ».

De ces femmes et de leur attitude -elles qui se rendent en hâte pour honorer le Christ-, nous devons apprendre « à dépenser vraiment notre vie pour l’amour du Christ, à regarder la croix comme la mesure de cet amour qui nous a rachetés et ce tombeau vide comme l’annonce de la vie éternelle pour nous tous ».

La Résurrection n’est pas une théorie, elle est une expérience à vivre, a fait remarquer le patriarche latin pour qui il est plus que jamais besoin « de témoins qui montrent les signes du Ressuscité parmi nous, qui annoncent de manière crédible que le monde n’est plus au pouvoir de la mort ». « Les témoins d’aujourd’hui sont ceux qui, malgré l’adversité, la douleur, la solitude, la maladie et l’injustice, passent leur vie à créer des opportunités de justice, d’amour et d’accueil. Ce sont ceux qui savent pardonner, parce qu’ils se sentent déjà pardonnés. Ce sont ceux qui, dans le silence de chaque jour, donnent leur vie pour leurs propres enfants et ceux des autres (..) et qui s’en occupent avec amour et passion, sans se soucier d’eux-mêmes ». Et c’est l’Église qui est le premier témoin, car elle est « le lieu où le Ressuscité nous parle à travers les sacrements et l’annonce de la Parole » ; aussi ne doit-elle pas craindre la solitude et l’incompréhension pour manifester le Ressuscité « avec sérénité, une parole sûre et claire, un témoignage libre et passionné ».

Et d’ajouter que la rencontre avec le Christ ressuscité ne s’effectue pas en restant enfermé dans nos cénacles mais en allant au sépulcre, conscient que le témoignage le plus nécessaire est celui de l’espérance. « Ne nous replions pas sur nous-mêmes et ne nous enfermons pas dans nos peurs. Ne laissons pas la mort et ses sujets nous effrayer (...) La Résurrection est l’annonce d’une nouvelle joie qui fait irruption dans le monde, qui ne peut rester enfermée dans ce Lieu, mais qui, d’ici, doit encore atteindre tout le monde », a conclu Mgr Pizzaballa.

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques de la Lieutenance



 


A Jérusalem, un chemin de croix virtuel pour le Carême

 

6 mars 2021 2021 par LdS

« Hic- Sur le chemin de la Croix » : c’est le nom du projet lancé par la Custodie de Terre Sainte en ce temps marqué par la crise sanitaire et les restrictions qui en découlent.

La Terre Sainte demeurant inaccessible aux pèlerins à cause des restrictions liées à la pandémie, ils pourront, grâce à cette initiative, parcourir virtuellement la Via Dolorosa de Jérusalem, et suivre pas à pas le chemin emprunté par le Christ portant sa Croix depuis le lieu de sa flagellation jusqu’à celui de sa crucifixion, explique une note publiée par la Custodie.

Une courte vidéo sera consacrée à chaque station du chemin de croix, avec des images de la Ville sainte où se sont déroulés les épisodes narrés par les Évangiles. Les religieux de la Custodie livreront ensuite une méditation, chacun dans sa langue maternelle et en lien avec les différents sanctuaires de la région. Au total, treize vidéos seront disponibles, une pour chaque station du Chemin de croix, commentées en autant de langues, comme un « témoignage du fait que les frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte constituent une fraternité internationale ».

Les vidéos seront diffusées tous les mardis et vendredis de Carême via les pages Facebook, Twitter et Instagram de la Custodie. Le chemin de croix virtuel se terminera le 30 mars, Mardi Saint, pour faire place aux célébrations du Triduum pascal et de Pâques.

Source : Vatican News Service – IP

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


Palestine : l’arrêt des pèlerinages est une catastrophe économique

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

Bethléem – L’industrie du tourisme et des pèlerinages est un des piliers de l’économie palestinienne. Tony Khashram, président de l’association des opérateurs du tourisme en Palestine, explique les conséquences de l’arrêt imposé depuis mars par la fermeture des frontières du fait de la pandémie de Covid-19. La communauté chrétienne est particulièrement affectée.

Le tourisme et les pèlerinages sont à l’arrêt depuis le mois de mars. Quelles sont les conséquences financières pour cette industrie-phare de la Palestine ?

À la fin du mois d’août, les pertes du tourisme en Palestine ont dépassé les 320 millions de dollars. Cet argent ce sont les salaires de tous les acteurs du tourisme. Dans notre réseau, le plus grand rassemblement d’entreprises privées de tourisme, toutes les réservations ont été annulées. Cela veut dire que tous les fournisseurs de services, les hôtels, les transports, les commerces, les restaurants, les guides n’ont plus aucun revenu depuis fin février.

Ces chiffres sont ceux de la Palestine, un pays de moins de six millions d’habitants, où le tourisme est l’un des piliers principaux de l’économie. La crise que nous traversons actuellement est catastrophique. La pire que le tourisme palestinien ait connue de toute son histoire.

Durant les intifada, le tourisme et les pèlerinages avaient déjà été gravement affectés. Pourquoi dites-vous que la crise actuelle est la pire de l’histoire ?

Parce que pendant les années d’intifada le tourisme et le pèlerinage ne se sont pas arrêtés complètement. Au début de l’an 2000 par exemple, lors de la deuxième intifada, il y a eu une chute de presque 90% du tourisme. Mais dans les mois suivants, les groupes ont repris même en petit nombre. Les acteurs du tourisme arrivaient à survivre. L’aéroport était resté ouvert et il y a toujours eu du trafic aérien et des voyageurs.

Avec la crise actuelle, nous avons connu une chute de 100% de l’activité du jour au lendemain, sans reprise jusqu’à maintenant. C’est comme si l’on disait à tous les avocats du pays un bon matin qu’ils doivent arrêter de travailler, ou aux boulangers qu’ils ne peuvent plus du tout faire de pain.

La nouveauté aussi c’est que les intifada ne touchaient que la Terre Sainte. Dans le reste du monde le tourisme continuait, et nous n’avions qu’à raccrocher le mouvement. Cette fois-ci, c’est le monde entier qui s’est arrêté, et il faudra beaucoup plus de temps pour reprendre le rythme, l’habitude même de voyager.

Vous avez déclaré au journal Al-Hayat, en juin dernier, que la crise frappe le tourisme en Palestine dans une période de croissance. Cela a-t-il un impact particulier ?

Le tourisme en Palestine a connu une croissance importante depuis 2017. En 2019 cette croissance était arrivée au sommet. Le secteur a bénéficié d’importants investissements. Des hôtels et des maisons d’accueil ont ouvert dans toutes les régions, comptant des dizaines de milliers de chambres. Beaucoup de gens ont demandé des crédits aux banques à long terme pour y investir, et les banques en ont avancé sans réserve.

La survenue de la crise à ce moment du développement est un coup très dur porté aux investisseurs. Surtout pour ceux qui ont investi dans des projets petits et moyens, comme les maisons d’accueil et les boutiques de souvenirs. À Bethléem par exemple, des centaines de commerçants ont acheté des tonnes de souvenirs, locaux ou importés, destinés aux pèlerins. Certains ont acheté cette marchandise à crédit. Beaucoup de familles ont transformé une partie de leur maison familiale en chambre d’hôtes en s’endettant.

Le pèlerinage est essentiel au soutien de la présence chrétienne en Palestine et il faut appeler à sa reprise dès que possible

Vous parliez de Bethléem, la communauté chrétienne est-elle particulièrement touchée par la crise ?

Autour de 70 % des chrétiens en Palestine travaillent dans le tourisme, à temps plein ou partiellement. La plupart des agences de tourisme sont des entreprises familiales, ainsi que les commerces liés aux pèlerinages. Le pèlerinage soutient vraiment la présence chrétienne en Terre Sainte. Mes deux fils, par exemple, sont adultes et travaillent avec moi dans notre agence. Si le tourisme ne reprend pas assez tôt, ils partiront à l’étranger chercher de nouvelles opportunités. C’est le cas dans beaucoup de familles.

Mais ce qui est encore plus important, c’est que les chrétiens de Palestine sont ceux qui accueillent les pèlerins en tant que chrétiens locaux. Si les chrétiens disparaissent du secteur, les pèlerins ne rencontreront à l’avenir que des églises vides, des pierres mortes.

Que faudrait-il faire, selon vous, pour sauver le tourisme en Palestine ?

Il faut préparer un plan intégral de commercialisation post-crise, pour attirer des touristes du monde entier chez nous, et il faut commencer à construire ce plan dès maintenant. Le secteur privé ne peut pas le faire tout seul. Le gouvernement palestinien doit intervenir et diriger cet effort. Il s’agit de promouvoir le pays comme une destination touristique, et c’est le rôle du secteur public, du ministère du tourisme.

C’est une urgence nationale, car le tourisme est un pilier de l’économie palestinienne. Si nous ne préparons pas l’après-crise dès maintenant, le tourisme qui arrivera quand les frontières rouvriront sera récupéré par les agences israéliennes, qui profitent du contrôle israélien sur le territoire, les Lieux saints et les sites.

Quel rôle peuvent jouer les Églises dans cet effort ?

Les Églises ont la capacité d’encourager les pèlerins à visiter la Terre Sainte, et elles peuvent le faire dès maintenant. Le pape peut lancer un appel au pèlerinage en Terre Sainte dès que possible, et ça aurait un effet au niveau des Églises locales. Les diocèses, principaux organisateurs des pèlerinages, qui ont des liens directs avec les paroisses en Terre Sainte, concentreraient leurs efforts pour relancer le pèlerinage, et cela encouragerait les voyages vers la Palestine. Doucement, cet effet pourra influencer et aider à relancer les autres secteurs du tourisme.

Mais les Églises locales en Terre Sainte peuvent aussi jouer un rôle. Les différents patriarcats, les évêques, la Custodie de Terre Sainte, peuvent encourager les pèlerins à voyager en lançant un appel à venir en soutien aux pierres vivantes que sont les chrétiens de Terre Sainte. Un appel similaire à celui que les Églises ont fait suite à la deuxième intifada.

Quand pensez-vous que le tourisme en Palestine reprendra son cours, et comment ?

Les conditions actuelles, surtout depuis le début de la deuxième vague du virus, indiquent que la fin n’est pas proche. Le tourisme ne reprendra pas sa croissance avant juin 2021. Il faudra jusqu’à septembre, dans le meilleur des cas, pour que le tourisme en Palestine récupère 25% de la force qu’il avait en 2019. Ça serait suffisant pour sauver le secteur, mais il faudra attendre. Nous sommes dans un moment difficile, mais je suis optimiste. Le tourisme ne peut pas mourir.

Source : Terre Sainte.net – 12 octobre 2020



 


L’archevêque Pizzaballa remercie l’Ordre du Saint-Sépulcre pour son soutien et sa solidarité - 6 octobre 2020

 

14 mai 2021 2021 par LdS

Au cours de ces quatre années de service au diocèse latin de Jérusalem, dans le Patriarcat latin, j’ai pu constater personnellement le rôle des Chevaliers et Dames du Saint-Sépulcre pour cette Église, non seulement dans le cadre des activités éducatives et pastorales, mais en général pour la vie du diocèse dans son ensemble.

Il y a quatre ans, à un moment particulièrement difficile pour le Patriarcat, les Chevaliers et les Dames - par le biais du Grand Magistère - ont montré leur solidarité et leur proximité en encourageant et aussi en soutenant concrètement les processus de révision et de contrôle de la vie administrative du diocèse, qui étaient devenus urgents et nécessaires.

Au cours de ces quatre années, à travers des pèlerinages et des initiatives sur leurs territoires respectifs, les différentes Lieutenances ont nourri leurs liens avec les différentes réalités du Patriarcat latin, non seulement en paroles mais aussi avec des faits concrets.

Tout cela s’est confirmé au cours de cette dernière année marquée par la pandémie COVID-19 et au cours de laquelle le Patriarcat s’est retrouvé face à une nouvelle urgence, tout comme nous avions cru que notre situation s’améliorait. En effet, à la suite des mesures décidées par les différents gouvernements pour faire face à la pandémie, une grande partie de notre population s’est trouvée confrontée à une réduction drastique des salaires et à une situation économique générale encore plus fragile que d’habitude.

Grâce au soutien du Grand Maître avec le Grand Magistère, notre appel aux Chevaliers et aux Dames a eu une réponse qui a dépassé de loin nos attentes et qui nous a donné le souffle nécessaire pour gérer cette urgence avec plus de sérénité. Nous avons tous été étonnés et rendus humbles par la réponse immédiate et son ampleur.

2020 a également été l’année qui, malgré les nombreuses urgences, a néanmoins marqué la fin d’un chemin fatiguant de restructuration et de résolution de situations préexistantes difficiles. L’importante dette que le Patriarcat devait à la fondation Saint-Jean-Baptiste, liée à l’Université de Madaba, a été entièrement remboursée. Cela a permis de réduire de près de 60 % les dettes globales qui pesaient sur l’administration du Patriarcat. Cela a été possible grâce à l’abandon douloureux de certains biens, qui n’étaient cependant pas essentiels pour le Patriarcat. Nous disposons maintenant d’un plan structuré pour conclure bientôt les engagements restants également.

Il reste beaucoup à faire, mais nous sommes maintenant au bout d’un chemin positif pour la vie du diocèse de Jérusalem.

Je tiens à remercier le Grand Maître, tant l’actuel que son prédécesseur, pour leur soutien et leurs encouragements ; à travers eux, nos remerciements s’adressent à tout l’Ordre des Chevaliers et des Dames du Saint-Sépulcre, sans qui tout ce que nous avons accompli jusqu’à présent aurait été impossible.

Merci d’être, pour cette petite mais importante Église, le signe concret et tangible de la Divine Providence !

+ Pierbattista

Source : Custodia Terrae Sanctae

Traduction : P. Albert Évrard



 


Quel est le profil des religieux de Terre Sainte ?

 

11 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Le 2 février est traditionnellement le jour de la vie consacrée. Beaucoup de communautés profitent de cette journée pour renouveler leurs vœux. L’occasion est bonne pour dresser un rapide tableau des religieux et religieuses de Terre Sainte.

Quel supérieur de congrégation, quelle fondatrice, quel père abbé n’a pas rêvé d’implanter une fondation en Terre Sainte ou à Jérusalem, pour pouvoir prier auprès des Lieux Saints, et les protéger en les faisant vivre ?

L’Eglise catholique de Terre Sainte est enrichie par la présence de nombreux ordres et congrégations venus témoigner et servir l’Eglise Mère de Jérusalem. Selon leurs charismes propres, ils reçoivent et remplissent des missions de prière, de témoignage, de charité, d’éducation et de fraternité.

Les premiers arrivés après l’invasion musulmane du début du IIe millénaire sont les Franciscains. La Custodie de Terre Sainte, fondée en 1217, est la plus grande communauté présente en Terre Sainte. Outre la garde de la plupart des Lieux Saints, ils vivent répartis dans 31 couvents et possèdent des écoles, des instituts de formation et plusieurs paroisses. Ils sont également présents à Chypre dans trois paroisses sur quatre, et en Jordanie, notamment à Amman ou sur le Mont Nébo.

Il y a aujourd’hui 30 ordres religieux et congrégations d’hommes qui tiennent des couvents répartis sur toute la Terre Sainte. D’origines très diverses, ils assurent des missions de prière dans des monastères, ou de soutien dans des écoles, des hôpitaux, des universités ou des programmes sociaux. Parmi les plus nombreux, on compte les Salésiens, les Frères de La Salle, les Bénédictins de la Dormition, les Dominicains à l’Ecole Biblique, les Trappistes de Latroun, les Missionnaires du Verbe Incarné présents à Gaza, les Carmes à Haïfa depuis 1631 ou encore les Pères Blancs.

Il y a aussi 73 ordres et congrégations religieuses de femmes en Terre Sainte. La plus importante est la Congrégation des Sœurs du Rosaire, fondée en 1880 par la Bienheureuse et bientôt sainte Marie-Alphonsine Ghattas. Les sœurs sont présentes dans plusieurs écoles et institutions, et dans certaines paroisses latines.

La première congrégation arrivée est cependant celle de 1848 : les sœurs de Saint Joseph de l’Apparition. Aujourd’hui encore, elles gèrent de nombreuses écoles et hôpitaux en assurant également une présence dans les paroisses et dans une maison de retraite.

La Terre Sainte compte aussi d’autres congrégations : les Carmélites à Bethléem dans le monastère de la Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié, les Sœurs Franciscaines du Cœur Immaculé de Marie, les Sœurs de Sainte Dorothée, les Moniales de Bethléem à Bet Gemal et à Deir Rafat, les Franciscaines Missionnaires de Marie, les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, les Sœurs de Notre-Dame de Sion, les Petites Sœurs de Jésus, les Comboniennes, les Missionnaires de la Charité de Mère Teresa, les Sœurs de Sainte Brigitte, les Franciscaines du Sacré-Cœur et Adoratrices du Très Saint Sacrement ou les sœurs du Verbe Incarné.

A ces ordres et congrégations, s’ajoutent aussi 20 instituts de vie consacrée en Terre Sainte.

Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org



 


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