Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique - Ridderorde van het Heilig Graf–Landscommanderij België
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Nouvelles de Terre sainte



Les chefs des Églises de Jérusalem en appellent à la communauté internationale

 

1er juin 2021 par LdS

Alors que le chaos règne depuis plusieurs jours sur l’esplanade des mosquées dans la ville trois fois sainte, les patriarches et chefs des Églises de Jérusalem exhortent à cesser les violences et appellent à l’intervention de la communauté internationale.

« Nous sommes profondément découragés et préoccupés », ont écrit dimanche 9 mai les patriarches et des chefs des Églises de Jérusalem, à propos des violences à Jérusalem-Est. « Ces développements inquiétants, que ce soit à la mosquée Al Aqsa ou à Sheikh Jarrah, violent le caractère sacré du peuple de Jérusalem et de Jérusalem en tant que ville de la paix. Les actions portant atteinte à la sécurité des fidèles et à la dignité des Palestiniens qui font l’objet d’une expulsion sont inacceptables. », peut-on lire dans le communiqué publié en langue anglaise et arabe sur le site du Patriarcat Latin de Jérusalem.

Le caractère spécial de la ville trois fois sainte oblige « toutes les parties à préserver la situation déjà sensible » à Jérusalem, continuent les prélats, ajoutant que « la tension croissante, soutenue principalement par des groupes radicaux d’extrême-droite, met en danger la réalité déjà fragile de Jérusalem et de ses environs. » « Nous appelons la communauté internationale et toutes les personnes de bonne volonté à intervenir afin de mettre un terme à ces actions provocatrices, ainsi qu’à continuer à prier pour la paix de Jérusalem », conclut le communiqué.

Violences depuis plusieurs jours

Depuis plusieurs jours Jérusalem est le théâtre d’une nouvelle flambée de violence. Ce lundi, de nouveaux affrontements ont éclaté sur l’esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’islam, entre des Palestiniens et la police israéliennes. L’une des causes de ces tensions est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, menacées d’expulsion au profit de colons juifs. Ceux-ci estiment qu’une loi leur permet d’habiter dans cette partie palestinienne de la ville sainte.

L’enjeu symbolique et démographique mobilise depuis des années les associations de colons et associations d’extrême-droite, engagées dans de nombreuses procédures judiciaires pour étendre leurs terrains. Une audience de la Cour suprême israélienne dans cette affaire, prévue ce lundi 10 mai, a été reportée. Cette date coïncide également avec « la Journée de Jérusalem », qui relate la reprise de la ville sainte aux mains des armées arabes suite à la guerre des Six jours de 1967.

Source : Vatican News

Photo : ©️ Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org



 


Jérusalem : « Une conjonction dramatique de plusieurs éléments »

 

1er juin 2021 par LdS

Le père dominicain Jean-Jacques Pérennès, directeur de l’École biblique de Jérusalem, revient sur le climat de tension extrême et les violences qui secouent ces jours-ci la Ville sainte.

Depuis plusieurs jours, Jérusalem est le théâtre d’une nouvelle flambée de violence. Ce lundi, de nouveaux affrontements ont éclaté sur l’esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’islam entre des Palestiniens et la police israéliennes. L’une des causes de ces tensions est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, menacées d’expulsion au profit de colons juifs. Ceux-ci estiment qu’une loi leur permet d’habiter dans cette partie palestinienne de la ville sainte. Un enjeu symbolique et démographique sur lequel jouent depuis des années les associations de colons et associations d’extrême droite. Une audience de la Cour suprême israélienne dans cette affaire prévue ce lundi 10 mai a été reportée.

Pour le père dominicain Jean-Jacques Pérennès, directeur de l’École biblique de Jérusalem, cette nouvelle flambée de violence est une source de tristesse. Située dans la vieille ville, cette prestigieuse institution « est aux premières loges, on entend les tirs de grenades assourdissantes », raconte-t-il. Le religieux a dû interdire à ses étudiants de descendre dans la rue, en raison de la tension extrême qui y règne : « Il n’y a pas eu ce niveau de violence depuis assez longtemps ».

Des tensions qui pourraient durer

Le père Pérennès évoque un « cocktail explosif » de raisons qui ont conduit à ces nouveaux affrontements. Outre la question des expulsions des familles palestiniennes, s’ajoute aussi le calendrier : ce lundi marque en effet pour les juifs les plus religieux « la Journée de Jérusalem », qui relate la reprise de la ville sainte aux mains des armées arabes suite à la guerre des 6 jours de 1967. S’ajoute à cela la période du mois saint de ramadan pour les musulmans.

Selon le père Pérennès, ce climat de tension extrême pourrait durer encore quelques jours, tant rien ne semble fait pour calmer les esprits. À ce titre, le dominicain regrette que la communauté internationale n’ait pas suffisamment pris position sur la question de l’expropriation des familles palestiniennes, qui a attisé les tensions, soulignant qu’il est important de faire respecter le droit international.

Si les affrontements aux abords de la mosquée Al Aqsa ont cessé à la mi-journée, le climat reste toujours très tendu. Une « marche de Jérusalem » à laquelle devront participer des milliers d’Israéliens est en effet prévue en soirée dans la Vieille ville quadrillée par les policiers qui ont demandé aux Palestiniens de ne pas sortir de chez eux pour éviter des violences. Une manifestation à laquelle doivent participer des colons et des juifs d’extrême droite et qui n’a pas été interdite malgré les risques de débordement, regrette le père Pérennès.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel - Cité du Vatican

Source : Vatican News

Photo : ©️ Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org



 


La violence est “une blessure à l’âme” de Jérusalem

 

1er juin 2021 par LdS

Dimanche, l’archevêque latin de Jérusalem a réagi à l’embrasement de la Ville sainte, qui gagne désormais la bande de Gaza. Jérusalem, cœur des trois religions abrahamiques, doit être respectée dans sa vocation de ville de paix et de fraternité, ouverte à tous les croyants, rappelle Mgr Pizzaballa.

Le Patriarcat latin de Jérusalem s’associe aux sentiments de tristesse et de vive inquiétude exprimés par les chefs d’Églises, et condamne le blocage de l’accès à la mosquée Al-Aqsa ainsi que l’expulsion forcée de plusieurs familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah, qu’il qualifie de « violation inacceptable du plus fondamental des droits humains : celui d’avoir un toit ». « C’est une question de justice pour les habitants de la ville d’avoir le droit de vivre, prier et de travailler, chacun/chacune selon sa propre dignité, dignité accordée à l’humanité par Dieu lui-même. »

La question de Sheikh Jarrah « exacerbe les tensions dans tout Jérusalem, s’alarme le patriarcat. Le problème aujourd’hui ne se résume pas à un conflit immobilier d’ordre privé. C’est d’avantage une action menée par une idéologie extrémiste qui dénie à une personne le droit de vivre dans sa propre maison », souligne-t-il en référence à certains groupes de colons, à qui profitent les expulsions et expropriations de Sheikh Jarrah.

Quant à l’accès à l’Esplanade des Mosquées refusée aux croyants musulmans pendant le mois de Ramadan, le Patriarcat latin de Jérusalem évoque des « démonstrations de force » qui « blessent l’esprit et l’âme de la Ville Sainte, dont la vocation est d’être ouverte et accueillante, un abri pour tous les croyants, égaux en droits et en devoirs ».

Jérusalem appartient à tous les croyants

Les Églises de Jérusalem ont toujours dénoncé fermement toute prétention exclusive sur Jérusalem, rappelant qu’elle est une « ville sacrée pour les trois grandes religions monothéistes », ainsi qu’une cité « où le peuple palestinien, chrétiens et musulmans, ont le même droit de construire un avenir fondé sur la liberté, l’égalité et la paix », conformément aux résolutions onusiennes et au Droit international.

A cet égard, le Patriarcat demande le respect du Status Quo pour tous les Lieux saints, y compris le complexe de la mosquée d’Al-Aqsa. « L’autorité qui contrôle la ville doit protéger le caractère spécifique de la ville de Jérusalem, appelée à être le cœur des religions abrahamiques, un lieu de prières et de rencontres, ouvert à tous et où tous les croyants et citoyens, quelle que soit leur appartenance ou leur religion, se sentiront chez eux et verront leurs droits protégés et garantis », insiste le communiqué, publié dimanche.

« Notre Église a affirmé clairement que la paix réclame la justice. Ainsi, tant que les droits de chacun, Israéliens et Palestiniens, ne seront pas respectés et garantis, il n’y aura pas de justice et donc pas de paix dans cette cité. Il est de notre devoir de ne pas ignorer l’injustice ou toute atteinte à la dignité humaine, quels que soient leurs auteurs », affirme encore le Patriarcat qui conclut en lançant un appel à la communauté internationale, aux Églises et à toutes les personnes de bonne volonté pour « mettre fin à ces provocations et continuer à prier pour la paix à Jérusalem ».

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques de la Lieutenance



 


Israël autorisera l’entrée de groupes de touristes à partir du 23 mai

 

25 mai 2021 par LdS

Lors d’une conférence de presse, la ministre israélienne du tourisme, Orit Farkash Hacohen, a annoncé la réouverture des frontières aux touristes étrangers selon un programme multiforme qui comprend également une campagne de promotion, des mesures incitatives pour encourager les vols vers Eilat et la réorganisation des événements internationaux en Israël.

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« Nous avons choisi Dubaï, Londres et New York pour lancer notre campagne publicitaire. La photo que vous voyez maintenant est une affiche de 175 mètres de long, qui a été installée à Dubaï. Le message est très simple : nous sommes vaccinés et vous êtes vaccinés. Planifiez votre voyage, bienvenue en Israël. »

Des affiches sont également apparues à Piccadilly Square à Londres et à Times Square à New York, avec le slogan :
2020, Holy Moses
2021 Come to the Holy Land

La ministre Hacohen a ajouté :

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« Il y a deux semaines, les États-Unis ont dépassé le seuil de 50 % de vaccination. Les vaccinations se poursuivent à un rythme élevé, avec des millions de vaccinations par jour, comme en Grande-Bretagne. »

Le ministère du tourisme a souligné que les frontières ne seront ouvertes dans un premier temps qu’aux 20 premiers groupes de touristes organisés, afin que les fonctionnaires israéliens puissent les suivre pendant leur séjour dans le pays. Un plus grand nombre de groupes sera autorisé à la mi-juin, tandis que le tourisme individuel pourrait reprendre à partir de juillet.

Quant à la liste des pays à partir desquels les entrées seront autorisées, la ministre Hacohen a indiqué que les agents de voyage seront informés prochainement.

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« Les agents de voyage devront présenter un document confirmant la sécurité du groupe, à savoir que tout le monde a été vacciné, ainsi que le fait qu’ils doivent subir des tests moléculaires et sérologiques à leur entrée en Israël. »

Le ministre a ajouté qu’Israël n’ouvrira ses frontières qu’aux touristes munis de vaccins approuvés par la FDA (Food and Drug Administration) américaine ou l’Union Européenne.

Cette ouverture permettra à un certain nombre de secteurs touchés par la pandémie, notamment le tourisme, de revenir à une situation quasi normale.

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« La fin des restrictions a amélioré la situation, mais tout le monde sait que sans le tourisme, un tiers des hôtels sont encore fermés et des villes comme Nazareth, Haïfa, Jérusalem, Tel Aviv et Netanya ne pourront pas se relever. »

Parmi les événements internationaux que le ministère du tourisme entend organiser figure la course cycliste "Ibrahim Convention Cycling Cup", qui se déroulera à la fois aux Émirats Arabes Unis et en Israël.

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« Il s’agit d’une course cycliste du plus haut niveau, comme le "Tour de France" et le "Tour d’Italie", où les paysages extraordinaires de notre pays seront admirés par des dizaines de millions de personnes : pensez aux cyclistes gravissant le mont Carmel ou se rassemblant autour de la vieille ville de Jérusalem. »

Alors que le ministère israélien du tourisme confirme sa volonté de procéder à ces réouvertures, le ministère de la santé recommande de reporter le programme au mois de juin, notamment en raison de la propagation de la variante indienne.

Source : Christian Media Center

Photo : archives photographiques personnelles lds



 


En prière pour les bienfaiteurs de la Terre Sainte et pour le monde entier

 

25 mai 2021 par LdS

Alors que l’esprit de la Résurrection souffle encore sur la Ville Sainte, Fr. Francesco Patton, Custode de Terre Sainte, a présidé en ce mardi de la troisième semaine de Pâques, une messe dans le Lieu le plus saint de toute la chrétienté, le Saint-Sépulcre, ce lieu où Jésus, par sa mort et sa résurrection, a vaincu le péché et la mort.

La Sainte Messe a été célébrée à l’intérieur de l’édicule du Saint-Sépulcre, dans la chapelle de l’ange, à l’endroit où, selon le récit de l’évangéliste Matthieu, « l’ange était assis sur la pierre qui fermait le tombeau et apparut aux femmes pour leur annoncer la Résurrection ».

Le Custode a rappelé comment : « dans cette basilique du Saint-Sépulcre, les franciscains gardent le lieu physique de la réconciliation entre Dieu et les hommes ». Il a ensuite commenté les deux enseignements fondamentaux des lectures du jour rappelant que : « Jésus est le Pain de vie et donne la vie au monde ». Et que, « le martyre d’Etienne nous aide à comprendre que dans le témoignage du disciple s’actualise le témoignage de Jésus, le Maître ».

La consécration eut lieu juste au-dessus du Tombeau où le corps de Jésus a été déposé. Cette eucharistie était toute particulière car célébrée à l’intention des bienfaiteurs de la Terre Sainte.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Le sens de cette célébration est de prier pour tous les bienfaiteurs de la Terre Sainte. Sans leur soutien, il nous serait impossible de mener à bien cette mission au bénéfice de la communauté locale et des pèlerins, lorsque ceux-ci pourront revenir ici. Nous nous sentons redevables envers tous les bienfaiteurs. Nous ressentons comme un devoir de gratitude que de célébrer ici, en ce Lieu le plus saint de toute la chrétienté, pour ceux qui nous aident et nous soutiennent financièrement. Ils nous permettent de poursuivre la mission que l’Église nous a confiée. »

Le Custode de Terre Sainte et tous les frères franciscains portent aussi dans leur prière les pays qui souffrent encore de la pandémie.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Il est de notre devoir de prier pour l’humanité en souffrance. D’une manière ou d’une autre, ici à Jérusalem, nous pouvons dire que nous entrons dans une phase de rétablissement, de résurrection et de sortie de la pandémie. Mais nous savons qu’il y a des pays qui souffrent encore beaucoup, des pays comme le Brésil et l’Inde qui sont terriblement impactés comme tant d’autres, un peu partout dans le monde. Prier pour les malades ici, sur le Lieu-même de la Résurrection, a une valeur particulière car cela éclaire, par la force de la foi et la vertu de l’espérance, ce chemin que certains pays parcourent encore pour sortir de la pandémie. »

Le Custode a également prié pour le retour des pèlerins et des chrétiens du monde entier.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Cette expérience de prière et de célébration à l’intérieur du Tombeau de Jésus aide les chrétiens du monde entier à comprendre la valeur non seulement de Pâques mais de la célébration eucharistique qui est toujours un mémorial de Pâques. »

Source : Christian Media Center

Photo : archive du Lieutenance



 


Les chrétiens d’Egypte appuient Al-Sissi pour la reconstruction de Gaza

 

25 mai 2021 par LdS

Le président Abdel Fattah Al-Sissi a annoncé l’octroi d’une aide de 500 millions de dollars pour la reconstruction de la bande de Gaza, actuellement au cœur d’une flambée de violences entre l’armée israélienne et le Hamas. Les patriarches et évêques d’Égypte apportent leur plein soutien à cette initiative.

La présidence égyptienne en a fait l’annonce via son compte Facebook : elle allouera une somme de 500 millions de dollars au profit de la reconstruction du territoire palestinien voisin, à laquelle contribueront également des entreprises égyptiennes spécialisées. L’initiative a aussitôt reçu le soutien de l’Église copte orthodoxe qui salue une aide bienvenue et concrète « à nos frères et sœurs palestiniens, dans l’épreuve humanitaire qu’ils traversent ». Tawadros II, le patriarche de cette Église orientale -la plus importante, numériquement, du Moyen-Orient- décrit même cette marque de solidarité comme une « confirmation du rôle historique de l’Égypte en faveur des peuples arabes frères ».

Dans une déclaration publiée au nom du Conseil des patriarches et des évêques catholiques d’Égypte -un organe présidé par le patriarche copte catholique Ibrahim Isaac Sidrak-, les dirigeants des communautés catholiques présentes sur le sol égyptien ont tenu à exprimer leur appréciation de la décision du président Al-Sissi, déplorant l’effusion de sang qui se déroule « dans l’État jumeau de Palestine », et confiant à Dieu la reprise du dialogue et des négociations pour faire taire les armes.

Une assistance humanitaire vitale pour la population de la Bande de Gaza

L’Égypte, par l’intermédiaire de son fonds social “Tahya Misr”, s’apprête à envoyer dans la bande de Gaza un convoi humanitaire composé de plus de cent conteneurs portant l’inscription “nous sommes des partenaires pour l’humanité”. Un compte bancaire a été ouvert dans toutes les banques égyptiennes afin de collecter des fonds pour la reconstruction de Gaza et permettre l’envoi de médicaments à sa population. Les autorités du Caire sont également impliquées sur le front diplomatique pour obtenir un cessez-le-feu des deux parties. « Il n’y a aucun moyen de mettre fin au cercle vicieux de la violence et à la situation instable dans les territoires palestiniens, à part celui d’une solution radicale, juste et globale à la question palestinienne qui conduirait à la création d’un État palestinien », a fait savoir le porte-parole de la présidence.

Mardi 18 mai, après des rencontres et des entretiens entre le président Emmanuel Macron, le président Al-Sissi -qui était en visite à Paris- et le roi Abdallah II, la France, l’Égypte et le Royaume de Jordanie ont déposé une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU appelant à un cessez-le-feu dans le conflit entre Israël et Gaza. Le texte a été bloqué par les États-Unis.

Source : Vatican News

Photo : © Volkskrant



 


L’appel des religieux d’Assise pour la fin des violences en Terre sainte

 

20 mai 2021 par LdS

Plusieurs responsables religieux et civils de la cité de saint François, dont l’évêque Mgr Domenico Sorrentino, ainsi que le gardien de la Basilique de saint François, frère Marco Moroni, se sont adressés dans une lettre au Secrétaire général des Nations unies, au président et Premier ministre israéliens ainsi qu’au président palestinien, afin que la paix règne sur la terre du Christ.

« Tous Frères, la Terre Sainte brûle ! Nous vous en supplions, arrêtez cet enfer » écrivent, en citant le cri du frère Ibrahim Faltas de Jérusalem, l’évêque d’Assise, Mgr Domenico Sorrentino, la maire d’Assise Stefania Proietti, le gardien de la Basilique papale de Saint-François et du Sacré Couvent, frère Marco Moroni, ainsi que le gardien de la basilique de la Portioncule à Sainte-Marie-des-Anges, frère Massimo Travascio.

« Nous vous implorons de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour arrêter ce qui se passe, et que vous vivez aussi personnellement », ajoutent les signataires de la missive.

Assise, jumelée avec Bethléem

À Jérusalem, en Israël, en Palestine, vit une mosaïque de personnes sur un même territoire. Sur cette terre, que des milliards de personnes dans le monde considèrent comme sainte, le sang ne peut continuer à être versé, le sang innocent, le sang des civils et des femmes, le sang des enfants. Cet appel, qui vient d’Assise, ville de sainte Claire et de saint François, qui « a toujours cherché à favoriser le dialogue entre Israël et la Palestine », jumelée avec Bethléem depuis 1989 et d’où le Pape François a signé l’encyclique Fratelli Tutti, le 3 octobre 2020, rappelle l’enseignement laissé par saint François « que nous sommes tous des personnes, nous sommes des êtres humains, nous sommes des frères et des sœurs » ; et qu’en « Israël et en Palestine, à Jérusalem et dans la bande de Gaza, il n’y a que des hommes, des femmes et des enfants, et pour cette seule raison, ils ont tous les mêmes droits. »

« Ils ont tous le droit de vivre, aucun d’entre eux ne peut mourir de la violence aveugle et scandaleuse à laquelle nous assistons (...). Aucun d’entre eux n’est coupable de cicatrices anciennes. Vous devez arrêter le massacre des innocents ! », s’indignent encore les religieux d’Assise.

François, saint de la paix et du dialogue

Les signataires de la lettre ajoutent que « la ville de saint François, le saint de la paix et du dialogue, la ville-message du Pape François, ne peut rester indifférente à tant de souffrances générées par la guerre qui déflagre en Terre Sainte » et que, comme nous le lisons dans Fratelli Tutti, « si nous voulons un authentique développement humain intégral pour tous, nous devons poursuivre sans nous lasser l’engagement d’éviter la guerre entre les nations et entre les peuples ».

Cette lettre demande ainsi au Secrétaire général des Nations unies « d’assurer la primauté incontestée du droit et le recours inlassable à la négociation, et à l’arbitrage, proposés par la Charte des Nations-Unies », et rappelle que « les Nations unies ont un rôle, une tâche précise, une responsabilité devant le monde et devant les civils et ces enfants innocents qui ont perdu la vie et tous ceux qui la risquent en ce moment ».

Un cri pour le salut de la Terre sainte

« En tant que communauté internationale, vous avez le devoir le plus sérieux de faire tous les efforts possibles pour arrêter le feu entre le Hamas et Israël," déclarent Mgr Sorrentino, la maire d’Assise et les gardiens des basiliques franciscaines qui s’adressent également aux présidents Reuven Rivlin, Mahmoud Abbas et au Premier ministre Netanyahu, en espérant un dialogue et une réconciliation.

« Nous vous adressons de toutes nos forces cet appel sincère : faites-vous artisans de la paix ! Nous vous supplions de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour arrêter la violence ! D’Assise, aujourd’hui, s’élève un cri pour le salut de la Terre sainte et de tous ses peuples, au-delà de toute distinction de religion et de culture, qui recueille l’aspiration d’une Ville qui n’est pas la nôtre mais celle du monde, la Ville séraphique du saint du dialogue et de la paix : plus de guerre, seule la paix est sainte ! »

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques personnelles lds



 


Proche-Orient : le Pape dénonce la mort « terrible et inacceptable » d’innocents

 

20 mai 2021 par LdS

A l’issue de la prière du Regina Caeli, depuis la fenêtre du palais apostolique, le Saint-Père est revenu sur le conflit entre Israël et la bande de Gaza. Depuis le 10 mai, 174 palestiniens ont été tués, dont 47 enfants, et dix israéliens, dont un enfant.

« Je suis avec une grande préoccupation qui est en train de survenir en Terre Sainte », a déclaré le Saint-Père d’un ton grave. « Ces jours-ci, de violents affrontements armés entre la bande de Gaza et Israël se sont installés, et ils risquent de dégénérer en une spirale de mort et de destruction ». Depuis lundi dernier, le conflit entre Israël et le mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans l’enclave palestinienne sous blocus israélien depuis plus de 10 ans, a déjà fait 184 morts, dont presque 60 enfants, et des milliers de blessés.

« De nombreuses personnes ont été blessées, et de nombreux innocents sont morts, a continué le Pape. Parmi eux se trouvent des enfants, et c’est terrible et inacceptable. Leur mort est le signe que les gens ne veulent pas construire l’avenir, mais veulent le détruire. ».

Le conflit déborde également dans plusieurs villes mixtes de l’État hébreu, où s’affrontent des juifs extrémistes, les forces de l’ordre et jeunes arabes d’Israël. « La montée de la haine et de la violence qui touche différentes villes d’Israël est une grave blessure à la fraternité et à la coexistence pacifique entre les citoyens, qui sera difficile à guérir si nous ne nous ouvrons pas immédiatement au dialogue. Je me demande : où mèneront la haine et la vengeance ? Pensons-nous vraiment que nous pouvons construire la paix en détruisant l’autre ? », s’est questionné François.

Appel au calme et prière pour les enfants

« Au nom de Dieu "qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à vivre ensemble comme des frères et des sœurs entre eux" (cf. Document sur la fraternité humaine), je lance un appel au calme et, à ceux qui en ont la responsabilité, à cesser le fracas des armes et à emprunter les chemins de la paix, également avec l’aide de la communauté internationale », a ensuite exhorté François, avant d’ajouter prier « sans cesse », « pour qu’Israéliens et Palestiniens trouvent le chemin du dialogue et du pardon, pour être de patients bâtisseurs de paix et de justice, s’ouvrant, pas à pas, à une espérance commune, à une coexistence entre frères. »

« Prions pour les victimes, en particulier les enfants », a conclu le Saint-Père.

Samedi 15 mai, dix Palestiniens, parmi lesquels huit enfants d’une même famille, ont péri dans une frappe israélienne sur un camp de réfugiés de Gaza. Un Israélien a, dans la foulée de la frappe, été tué dans la banlieue de Tel-Aviv dans l’explosion de roquettes tirées par le Hamas. Plus tard dans la même journée, un immeuble de 13 étages qui abritait notamment les équipes de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera et l’agence de presse américaine Associated Press (AP) a été pulvérisé par des frappes israéliennes.

Ces violences sont les plus meurtrières depuis la guerre de l’été 2014, et ce conflit asymétrique ne semble connaitre aucun répit. Une réunion du Conseil de Sécurité des Nations unies est prévue ce dimanche après-midi, et les États-Unis ont envoyé un émissaire sur place pour tenter de mettre en place des pourparlers. De son côté, l’Union européenne a annoncé tenir mardi une réunion de ses ministres des Affaires étrangères.

Dimanche 9 mai, François avait déjà appelé à la fin des violences à Jérusalem.

Source : Marine HenriotCité du Vatican

Photo : NRC



 


Le Pape François appelle à la fin des violences à Jérusalem

 

14 mai 2021 par LdS

S’exprimant après la prière du Regina Cæli de ce dimanche 9 mai, le Saint-Père a fait part de sa préoccupation face aux heurts qui secouent depuis quelques jours la ville de Jérusalem. « Ça suffit avec les affrontements », a-t-il lancé.

« Je suis avec une inquiétude particulière les événements qui se déroulent à Jérusalem », a déclaré le Pape depuis la fenêtre du Palais apostolique, ce dimanche 9 mai 2021. « Je prie pour qu’elle soit un lieu de rencontre et non d’affrontements violents, un lieu de prière et de paix. J’invite chacun à rechercher des solutions communes afin que l’identité multireligieuse et multiculturelle de la Ville Sainte soit respectée et que la fraternité prévale », a-t-il poursuivi, avant de mettre en garde : « la violence n’engendre que la violence. Ça suffit avec les affrontements ».

Flambée de violences depuis une semaine

Un appel lancé alors que de nouveaux heurts se sont déroulés samedi soir entre policiers israéliens et manifestants palestiniens, faisant plus de 90 blessés dans différents quartiers de Jérusalem-Est, comme l’ont annoncé les secouristes du Croissant-Rouge palestinien. Suite à ces violences, une roquette a été tirée depuis la bande de Gaza vers Israël, qui a immédiatement répliqué en bombardant des positions du mouvement islamiste Hamas dans l’enclave palestinienne. Vendredi soir, des accrochages sur l’esplanade des Mosquées avaient fait 205 blessés côté palestinien et 18 dans les rangs de la police israélienne.

À Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis 1967, les tensions sont très vives dans le quartier de Cheikh Jarrah où des manifestations ont lieu tous les soirs depuis une semaine pour protester contre une possible éviction de familles palestiniennes au profit de colons israéliens.

Les derniers affrontements entre policiers israéliens et fidèles sur l’esplanade des Mosquées remontent quant à eux à août 2019. Ils avaient fait des dizaines de blessés palestiniens, le jour d’importantes commémorations juive et musulmane.

Source : Vatican News

Photo : © IPA



 


Une étude confirme l’importance des institutions chrétiennes dans la société palestinienne

 

14 mai 2021 par LdS

Une étude, financée par le Collège des arts et de la culture de l’Université Dar Al-Kalima et la Mission pontificale de Palestine, montre combien les institutions chrétiennes – écoles, hôpitaux- contribuent à structurer la société palestinienne, à laquelle ils apportent une aide inestimable.

Il existe 296 institutions chrétiennes à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza et elles offrent un emploi à pas moins de 9 098 personnes, dont 5 017 chrétiens et 4 081 musulmans. Les données récoltées par l’étude montrent également que 416 millions de dollars sont dépensés chaque année par ces mêmes institutions dans des domaines vitaux tels que les soins médicaux, les services sociaux, la formation professionnelle et l’aide au développement.

Sur les six hôpitaux de Jérusalem, quatre sont affiliés à des Églises et traitent 330 000 personnes par an ; ils fournissent des services de haute qualité, notamment d’hémodialyse et d’oncologie pédiatrique, des opérations cardiaques complexes, des services de santé maternelle, des banques de sang, des soins oculaires et des soins spécifiques pour les personnes handicapées. L’étude, qui a duré cinq mois, visait à explorer la manière dont la présence chrétienne en Terre Sainte se déploie à travers ses diverses organisations opérant dans la région. Malgré la diminution du nombre de chrétiens due à l’émigration, le développement et le travail promu par les institutions chrétiennes ont augmenté, apportant un soutien nécessaire et vital au peuple palestinien, indépendamment des orientations politiques et religieuses.

Une bonne intégration dans le tissu social palestinien

Au cours de la conférence de presse de présentation, le révérend Mitri Al-Raheb, pasteur luthérien, fondateur et président du Collège universitaire des arts et de la culture Dar Al-Kalima, a insisté sur la visibilité des institutions ecclésiastiques, sur leur rôle et leur pleine intégration dans le tissu social palestinien. Joseph Hazboun, directeur régional de la Mission pontificale de Palestine, a affirmé recevoir les résultats de cette étude comme un encouragement à s’investir davantage, en particulier auprès des jeunes.

« Nous apprécions grandement ce qui est fait par les institutions ecclésiastiques chrétiennes en Palestine », a renchéri pour sa part Samer Salameh, sous-secrétaire du ministère palestinien du Travail. Ce rôle « est le résultat de l’enracinement et de l’incarnation de ces Églises dans la société palestinienne et de leur contribution effective à la construction de la patrie ». L’intention est de consolider la relation et le partenariat entre le gouvernement et les institutions chrétiennes en leur qualité d’institutions de la société civile palestinienne qui s’efforcent de fournir des services, a ajouté le sous-secrétaire, qui a exprimé la volonté du gouvernement de faciliter et de soutenir leur travail.

Source : Vatican News Service – TC

Photo : archives photographiques personnelles lds



 


Israël : les condoléances de l’Église catholique après le drame de Lag BaOmer

 

4 mai 2021 par LdS

Les Ordinaires catholiques de Terre Sainte ont envoyé un message au président Reuven Rivlin après la tragique bousculade survenue lors d’un rassemblement sur le mont Meron, (nord) pour la fête juive de Lag BaOmer. 44 personnes y ont perdu la vie.

Israël s’est réveillé en deuil ce vendredi, sous le choc des événements survenus la nuit dernière sur le mont Meron, dans le nord du pays. Des milliers de juifs ultra-orthodoxes y étaient rassemblés pour les célébrations de Lag BaOmer et de l’anniversaire de la mort du célèbre rabbin Shimon Bar Yohai.

Mais ce premier grand rassemblement depuis des mois de pandémie a viré au cauchemar, lorsqu’une bousculade géante -dont on ignore les causes- s’est déclenchée ; au moins 44 personnes sont mortes piétinées. Dans leur message, les Ordinaires catholiques de Terre Sainte présentent leurs condoléances au président Rivlin, ainsi qu’aux familles des victimes, assurant les dizaines de blessés de leur prière.

« C’est l’une des plus graves catastrophes de l’histoire d’Israël », a affirmé pour sa part le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui s’est rendu sur les lieux du drame, précisant qu’ « une grande partie de ceux qui ont péri n’avaient pas encore été identifiés ». Un témoin présent au moment des faits raconte : « cela s’est passé en une fraction de seconde ; les gens sont tombés, se piétinant les uns les autres. C’était un désastre… Personne n’imaginait que cela pouvait arriver ici, les réjouissances sont devenues des deuils, une grande lumière est devenue une profonde obscurité ».

Le ministre de la Sécurité intérieure a demandé une enquête indépendante sur cette catastrophe. Car la colère gronde chez certains : pourquoi les autorités ont-elles permis à plus de 100 000 personnes de se rendre sur le site alors qu’une permission pour seulement 10 000 pèlerins avait été octroyée ?

Un jour de deuil national a été proclamé en Israël, ce dimanche. Au-delà de la communauté juive orthodoxe, c’est tout le pays qui est frappé par ce drame. Des centaines d’Israéliens ont d’ailleurs donné leur sang ce vendredi matin dans plusieurs villes de l’État hébreu, comme à Tel Aviv, en signe de solidarité nationale.

Source : Vatican News



 


Homélie du Patriarche Pierbattista Pizzaballa pour Pâques 2021

 

7 avril 2021 par LdS

Le dimanche 4 avril, Mgr Pierbattista Pizzaballa a prononcé l’homélie ci-dessous à l’occasion de la célébration de Pâques à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

"Nous voici à nouveau réunis pour conclure cette semaine de prière et de célébration. Une fois de plus, nous sommes venus ici au tombeau pour proclamer avec force et joie que le Christ est ressuscité, que la mort n’a plus de pouvoir sur lui et sur chacun de nous."

Chers frères et sœurs,

Le Christ est ressuscité, alléluia !

Nous voici à nouveau réunis pour conclure cette semaine de prière et de célébration. Une fois de plus, nous sommes venus ici au tombeau pour proclamer avec force et joie que le Christ est ressuscité, que la mort n’a plus de pouvoir sur lui et sur chacun de nous.

La célébration a commencé par le chant de l’antienne : "Je suis ressuscité et je suis toujours avec toi, alléluia". C’est le cri de joie de l’Église après les jours de douleur et de souffrance de la passion, de la mort et de la sépulture du Seigneur. Ces mots, tirés du psaume 139, sont placés sur les lèvres de Jésus, qui est sorti glorieux de ce tombeau après que le Père l’ait ressuscité des morts. Mais ce sont aussi des paroles qui peuvent être répétées par chacun d’entre nous réunis dans ce lieu très saint, parce que dans le Christ ressuscité nous renaissons du péché et de la mort à la grâce et à la vie, et parce que nous savons que le Christ est ressuscité des morts et qu’il ne mourra plus jamais. La mort n’a plus de pouvoir sur lui (Rm 6, 9). En ce jour créé par le Seigneur (Ps 118, 24), premier jour de la semaine, nous sommes réunis pour témoigner de l’événement de la Résurrection et pour proclamer que le Christ ressuscité restera toujours avec nous.

L’Évangile de Pâques est rempli de verbes significatifs, mais un seul l’emporte sur tous : voir. Il s’agit de voir à Pâques... Marie a vu la pierre renversée (20 :1), Pierre a vu les linges (20 :5), Jean a vu le tombeau vide…. (20 :4). Ils ne trouvent pas le corps, mais ils voient…. Et la vision s’approfondit de plus en plus jusqu’à ce qu’ils s’écrient : "Nous avons vu le Seigneur !" (20,25).

"Et il vit et crut…" (20,8). Il a cru : croire est une manière de voir profondément, de reconnaître que l’absence du corps de Jésus ne parle pas d’un vol, mais d’une vie nouvelle qui s’est produite ; il voit un vide, et il croit que ce vide est en fait une plénitude.
Et c’est ce que chacun de nous est appelé à faire aujourd’hui : entrer dans les lieux de la mort, et se tenir là, au bord du tombeau, pour voir et croire que si la mort continue à faire peur, en réalité elle n’a plus de pouvoir.

Nous sommes des personnes appelées à demeurer sur le seuil du tombeau, comme pour garder ouverte une frontière, un passage, pour vivre continuellement ce mouvement de la mort à la vie.

Voir que les signes de la mort sont encore présents, en nous et hors de nous, mais croire en cette grande et absolue nouveauté, d’un "plus fort" venu au monde pour vaincre cet ennemi que l’homme, seul, n’aurait jamais pu affronter.

Ici, je crois que Pâques, c’est cela, avant tout cela : non pas des corps retrouvés mais des yeux qui s’ouvrent... Pâques est un regard plus qu’une découverte, c’est un nouveau regard plus qu’une découverte des choses d’avant, des choses de toujours.

Au cours de l’année écoulée, dans une grande partie du monde, nous avons surtout compté les fléaux, les malades, les morts et, probablement, nous sommes tous un peu comme Marie de Magdala : tentés de revenir en arrière, de retrouver les corps que nous avons perdus, les occasions manquées, les fêtes reportées, la vie qui semblait nous échapper. Nous rêvons tous d’un retour à la normalité, mais cela peut ressembler à la recherche d’un cadavre, d’un monde et d’une vie malade, marquée par la mort.

En ce lieu, ici même, au contraire ; la voix mystérieuse du Ressuscité résonne, guidant notre recherche et rouvrant nos yeux, les rendant capables de voir dans le vide. Et ainsi, nous qui voudrions retrouver ce que nous avons perdu, nous nous redécouvrons capables de voir la grande nouveauté de la Pâque, si nous écoutons cette Voix, qui nous parle d’un avenir inconnu mais possible, qui nous renvoie non pas en arrière, mais vers le Père et vers nos frères (cf. Mt 28,10), qui nous pousse à partir et à ne pas revenir.

Pâques, c’est parier sur l’impossible de Dieu plutôt que sur le possible des hommes. Pâques, c’est voir le vide, regarder les signes de la passion et y voir les prémisses et la promesse d’une Vie nouvelle et extraordinaire, non pas parce que nous sommes des rêveurs mais parce que nous croyons en Dieu, Seigneur de l’impossible.

Je crois que ce monde fatigué, blessé, épuisé par la pandémie et par tant de situations de peur, de mort et de douleur, usé par trop de recherches vaines, qui trouve de moins en moins ce qu’il cherche, a de plus en plus besoin d’une Église aux yeux ouverts, au regard de Pâques, qui sait discerner les traces de la Vie même parmi les signes de la mort. Ici, avec le Christ, l’Église peut et doit se lever, l’Eglise appelée par son nom par le Seigneur, qui court annoncer avec joie qu’elle a vu le Seigneur dans les nombreux visages et dans les nombreuses histoires de beauté, de bonté et de sainteté qui ont consolé et réconforté son chemin.

À partir de Pâques, l’Église peut et doit se renouveler , humblement fière de la victoire de son Seigneur, oser proposer à tous la joie de l’Évangile, pour redessiner un monde et de nouvelles relations de justice et de fraternité. Le Christ n’est pas un cadavre, sa parole n’est pas une lettre morte, son royaume n’est pas un rêve brisé, son commandement n’est pas périmé : il est la vie, notre vie, la vie de l’Église et du monde. Il est la vérité, notre vérité, la vérité de l’Église souvent écartée par les puissants, mais la pierre angulaire de tout édifice qui veut défier les tempêtes. Il est le chemin, notre chemin, le chemin de l’Église, qui passe certes par le calvaire mais arrive infailliblement à la plénitude de la joie. Avec toute l’Église, nous voulons vivre cette Vie, proclamer cette vérité, marcher sur ce Chemin. Nous devons avoir le courage d’être des disciples de l’impossible, capables de voir le monde avec un regard racheté par la rencontre avec le Ressuscité, et de croire avec la foi solide de ceux qui ont fait l’expérience de la rencontre avec la Vie. Rien n’est impossible pour ceux qui ont la foi.

C’est ce que j’ai envie de dire à cette Église qui est la nôtre : courage ! Rien n’est impossible, cessons de nous replier sur nos blessures, de chercher les vivants parmi les morts, de regarder notre passé, ce que nous étions, ce que nous avons perdu. Nous n’y trouverons pas le Ressuscité, ce n’est pas notre Pâques !

Nous entendrons résonner dans nos rues la salutation typique de ces jours-ci : le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Qu’il ne s’agisse pas seulement d’une salutation, mais de notre annonce en tant que peuple, en tant qu’Église qui sait témoigner avec conviction et certitude que toute mort, toute douleur, tout labeur, toute larme peut se transformer en vie. Et qu’il y a de l’espoir. Il y a toujours de l’espoir.

Je souhaite donc à chacun de nous, à notre Église et à notre ville de vivre toujours dans la lumière du Ressuscité qui donne la joie et la vie à qui veut la recevoir.
Joyeuses Pâques !

†Pierbattista Pizzaballa
Patriarche latin de Jérusalem

Source : Site Web Patriarchat Latin de Jérusalem

Photo : archives personnelles de Luk De Staercke



 


Le peuple libanais a besoin de la caresse du Pape

 

7 avril 2021 par LdS

La promesse d’une visite au Pays des Cèdres faite par le pape François lors de son vol de retour d’Irak a suscité l’émotion et l’espoir des Libanais, rapporte le père Jad Chlouk, dont la cathédrale Saint-Georges a été détruite en août dernier dans l’explosion du port de Beyrouth. Ce dernier s’inquiète de la fuite des jeunes chrétiens : « C’est une hémorragie qui ne s’arrêtera pas ».

La nouvelle a eu un retentissement impressionnant sur les réseaux sociaux. Un vent d’espérance souffle sur le Liban depuis que le Pape François, à bord de l’avion qui le ramenait lundi 8 mars de son voyage en Irak, a réaffirmé son intention d’effectuer une visite apostolique au Pays du Cèdre, une terre « souffrante et en crise de vie ». Le Saint-Père avait déjà formulé ce vœu le 24 décembre dernier dans une lettre adressée au cardinal Béchara Boutros Raï, patriarche d’Antioche des Maronites, et écrite à l’adresse de tout le peuple libanais.

L’espoir de tout un peuple

Lundi, de nombreuses personnes ont écrit « immédiatement » sur les réseaux sociaux qu’ils attendaient « avec trépidation » le Pape François, a déclaré le père Jad Chlouk, curé de la cathédrale maronite de Saint-Georges à Beyrouth, une église aujourd’hui dévastée. Elle est située à seulement six cents mètres de la puissante explosion qui, le 4 août dernier, a détruit le port de la capitale libanaise.

L’attente, explique le prêtre maronite « n’est pas seulement celle de l’Église hiérarchique mais celle de tout le peuple », « nous avons besoin de pouvoir toucher l’espoir avec nos mains, de pouvoir savoir qu’il y a quelqu’un qui nous soutient ».

« Tout comme le Saint-Père s’est rendu en Irak pour renforcer le peuple et l’encourager à une véritable réconciliation, il entend faire un voyage similaire pour que le Liban puisse également réconcilier ses différences », analyse le curé de la cathédrale Saint-Georges.

Un pays en crise de vie

Le père confirme l’intuition du Pape François selon laquelle le Liban est « en crise de vie », et risque de perdre de nombreuses communautés chrétiennes comme, par exemple, les syriaques, les greco-catholiques, les grecs orthodoxes, les latins.

Le père Jad Chlouk affirme que le Liban subit une forte hémorragie de jeunes chrétiens qui quittent le pays à la recherche d’une situation meilleure, plus stable et plus pacifique. « Chaque semaine, chacun de nous dit au revoir à au moins deux amis. Et c’est difficile pour nous. Mais les personnes de plus de 50 ans fuient également, partant pour recommencer à zéro. Une perte qui ne s’arrête pas mais qui, effectivement, s’accentue de plus en plus ».

Pourtant, dans leur cœur, « ils ne veulent pas quitter le pays, malgré les difficultés économiques, sociales et politiques », assure le prêtre maronite. Dans l’âme des chrétiens libanais, le désespoir se mêle à l’espoir, et la visite du Pape pourra, selon lui, leur donner la force de mener à nouveau leur mission. « C’est ce pourquoi nous l’attendons ».

Source : Vatican News – Federico Piana – Cité du Vatican

Photo : archives photographiques de la Lieutenance



 


Mgr Pizzaballa : s’inspirer des saintes femmes pour annoncer l’espérance de la Résurrection

 

7 avril 2021 par LdS

L’annonce de la Résurrection a déjà retenti dans la Basilique du Saint Sépulcre. Dans l’homélie de la veillée pascale célébrée ce samedi matin, le patriarche latin de Jérusalem est revenu en particulier sur la figure des saintes femmes, premières annonciatrices de la résurrection de Jésus.

En raison du Statu Quo en vigueur dans le Lieu saint, la Vigile pascale est toujours célébrée le matin du Samedi Saint. La célébration a donc eu lieu ce 3 avril 2021 en présence de fidèles, contrairement à l’année dernière. Toujours aucun pèlerin en revanche, à cause des restrictions anti-Covid en vigueur, ni de fidèle de Cisjordanie ou de Gaza.

Dans son homélie, le patriarche latin, qui a présidé la messe, a proposé une réflexion sur les saintes femmes myrrhophores, qui se rendent au tombeau du Christ au matin de Pâques pour oindre son corps d’onguents et de parfums, selon les coutumes funéraires juives. « Elles ont la capacité de supporter leur douleur (…), n’hésitent pas à dépenser de l’argent, à acheter ce qui est nécessaire pour honorer Jésus, non pas un échec, mais un bien-aimé », a souligné l’archevêque. Leur amour pour Lui ne s’est pas éteint avec sa mort, leur lien avec le Maître va au-delà des rêves humains d’un nouveau royaume. Le véritable amour est gratuit, il ne dépend pas des circonstances et ne connaît pas la mort ».

De ces femmes et de leur attitude -elles qui se rendent en hâte pour honorer le Christ-, nous devons apprendre « à dépenser vraiment notre vie pour l’amour du Christ, à regarder la croix comme la mesure de cet amour qui nous a rachetés et ce tombeau vide comme l’annonce de la vie éternelle pour nous tous ».

La Résurrection n’est pas une théorie, elle est une expérience à vivre, a fait remarquer le patriarche latin pour qui il est plus que jamais besoin « de témoins qui montrent les signes du Ressuscité parmi nous, qui annoncent de manière crédible que le monde n’est plus au pouvoir de la mort ». « Les témoins d’aujourd’hui sont ceux qui, malgré l’adversité, la douleur, la solitude, la maladie et l’injustice, passent leur vie à créer des opportunités de justice, d’amour et d’accueil. Ce sont ceux qui savent pardonner, parce qu’ils se sentent déjà pardonnés. Ce sont ceux qui, dans le silence de chaque jour, donnent leur vie pour leurs propres enfants et ceux des autres (..) et qui s’en occupent avec amour et passion, sans se soucier d’eux-mêmes ». Et c’est l’Église qui est le premier témoin, car elle est « le lieu où le Ressuscité nous parle à travers les sacrements et l’annonce de la Parole » ; aussi ne doit-elle pas craindre la solitude et l’incompréhension pour manifester le Ressuscité « avec sérénité, une parole sûre et claire, un témoignage libre et passionné ».

Et d’ajouter que la rencontre avec le Christ ressuscité ne s’effectue pas en restant enfermé dans nos cénacles mais en allant au sépulcre, conscient que le témoignage le plus nécessaire est celui de l’espérance. « Ne nous replions pas sur nous-mêmes et ne nous enfermons pas dans nos peurs. Ne laissons pas la mort et ses sujets nous effrayer (...) La Résurrection est l’annonce d’une nouvelle joie qui fait irruption dans le monde, qui ne peut rester enfermée dans ce Lieu, mais qui, d’ici, doit encore atteindre tout le monde », a conclu Mgr Pizzaballa.

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques de la Lieutenance



 


L’appel du père Patton pour la collecte de Terre Sainte

 

30 mars 2021 par LdS

“Aidez-nous à aider ceux qui sont dans le besoin” : c’est l’appel lancé par le père Francesco Patton, custode de Terre Sainte, dans un message vidéo, en vue de la collecte de Terre Sainte, fixée au Vendredi Saint. La terre du Christ, mise à rude épreuve par la pandémie de Covid et les restrictions qui y sont liées, a plus que jamais besoin de la générosité des fidèles du monde entier.

pour regarder la vidéo, cliquez ici

Ses paroles arrivent ce mercredi, à la veille de la solennité de l’Annonciation du Seigneur, célébrée le 25 mars. Malgré l’urgence sanitaire, le Père Patton rappelle le travail effectué sans relâche par la Custodie pour "continuer à garder les Lieux Saints de notre rédemption et la petite communauté chrétienne qui existe encore et résiste ici. Les prières pour le monde entier ont été « intensifiées au Saint-Sépulcre, à Gethsémani, à Bethléem, à Nazareth et dans les autres sanctuaires," assure-t-il, "tandis que dans les paroisses nous avons continué à nous occuper des chrétiens de langue arabe, hébraïque et grecque, des travailleurs migrants étrangers et des réfugiés".

Une grande attention a également été accordée aux jeunes : à travers les écoles de Terre Sainte, en effet, « environ 10 000 enfants et jeunes ont pu bénéficier d’une bonne éducation ». L’engagement caritatif a également été renforcé pour répondre aux « besoins essentiels des populations éprouvées non seulement par la pandémie, mais aussi par la guerre, par l’absence de soins sociaux et sanitaires ».

Mais tout cela « a un coût », qui chaque année est largement couvert par la collecte du Vendredi saint, rappelle le père Patton. D’où l’invitation adressée à tous les chrétiens : « aidez-nous également cette année, selon vos possibilités, selon la générosité de votre cœur, afin que nous puissions nous aussi aider ceux qui sont dans le besoin ». « Aidez-nous à aider, conclut-il, et que le Seigneur bénisse et récompense chacun d’entre vous ».

La collecte du Vendredi Saint pour la Terre Sainte a été développée, en particulier, sous le pontificat de saint Paul VI, avec l’exhortation apostolique Nobis in Animo sur les besoins de l’Eglise en Terre Sainte, signée le 25 mars 1974. Les fonds collectés servent à la préservation des Lieux Saints, au développement de la minorité chrétienne locale, ainsi qu’à l’assistance aux pèlerins et aux œuvres liturgiques. En 2020, première année de la pandémie, un fonds d’urgence a également été mis en place par la Congrégation pour les Églises orientales, avec la collaboration de diverses agences de la Roaco (Réunion des œuvres d’aide aux Églises orientales). Le financement a ainsi pu atteindre 303 projets dans 24 pays.

Source : Vatican News service – IP
https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-03/appel-custode-patton-collecte-terre-sainte-vendredi-saint.html

Photo : Propre archive de la Lieutenance



 


En Terre Sainte, bilan d’une année de Covid

 

6 mars 2021 par LdS

Sami El-Yousef, administrateur général du Patriarcat latin de Jérusalem, résume et raconte les longs mois de la pandémie : grâce à la générosité sans précédent des deux appels lancés en mai, des milliers de familles ont pu être soutenues. Il confie l’émotion de voir l’aide arriver des quatre coins du monde pour soutenir les frères et sœurs de Terre Sainte.

Tiziana Campisi - Cité du Vatican

C’est l’année des fermetures qui a mis les économies du monde entier à genoux ; les écoles ont été fermées, les frontières et les aéroports fermés ; les souffrances se sont multipliées de façon exponentielle et de nombreux efforts ont été déployés pour atteindre le plus grand nombre possible de personnes qui souffraient de la pandémie. C’est ainsi que Sami El-Yousef, l’administrateur général du Patriarcat latin de Jérusalem, résume l’année de la Covid-19 et les mois passés entre les réunions virtuelles et les célébrations en ligne, mois au cours desquels « les principaux programmes de soutien se sont poursuivis sans interruption et ont augmenté ».

En Terre Sainte, l’aide, la fourniture de médicaments, le soutien à l’éducation, l’assistance sociale, l’aide aux réfugiés et aux migrants et aux communautés marginalisées de Jérusalem-Est ne se sont pas arrêtés. « De plus, grâce à la générosité sans précédent face aux deux appels lancés en mai, nous avons pu soutenir des milliers de familles avec des besoins humanitaires de base et des écoles », explique Sami El-Yousef dans un article publié sur le portail du Patriarcat. « Il a été émouvant de voir l’aide arriver de tous les coins du monde pour soutenir nos frères et sœurs en Terre Sainte ».

Entre douleur et opportunité

Plus de 20 000 élèves fréquentant 44 écoles du Patriarcat latin de Jérusalem en Jordanie, en Palestine et en Israël ont été pris en charge avec dévouement par plus de 1 795 employés qui ont travaillé dur pour s’adapter à l’enseignement à distance et revenir ensuite dans les écoles sous de nouvelles formes. « Malgré de nombreuses déficiences au niveau des infrastructures, le manque d’équipement et de formation adéquate, ils ont fait un effort héroïque pour s’adapter continuellement et être au service de leurs étudiants », ajoute l’administrateur général du Patriarcat latin de Jérusalem.

Les activités pastorales se sont également poursuivies, à différents niveaux et dans le respect des règlements, bien que beaucoup aient été interrompues. Les contacts entre les prêtres et les fidèles ont été maintenus et des initiatives ont été organisées en ligne, y compris la diffusion en continu des messes.

« Il était certainement triste de voir les rues de la vieille ville de Jérusalem se vider pendant la Semaine Sainte et les célébrations de Pâques », a poursuivi Sami El-Yousef . « Maintenant que nous nous préparons pour Noël (...) la procession traditionnelle vers Bethléem, la messe de minuit et toutes les autres célébrations seront probablement limitées. Ce sera l’occasion de se concentrer sur le sens de la naissance de notre Sauveur plutôt que sur l’aspect commercial ou les initiatives communautaires ».

La nomination du patriarche Pizzaballa

Parmi les événements de l’année, Sami El-Yousef rappelle la décision du Pape François de nommer Mgr Pierbattista Pizzaballa patriarche latin de Jérusalem. « Sa nomination garantit que tout le dur labeur des quatre dernières années se poursuivra sans interruption, sans aucun retard », poursuit l’administrateur général, « afin que le Patriarcat latin du futur soit sur une base solide, financièrement et administrativement, pour relever les nombreux défis qui demeurent ». Enfin, Sami El-Yousef exprime sa gratitude aux bienfaiteurs du monde entier, et en particulier à tous ceux qui ont offert leur généreux soutien moral et financier au cours des derniers mois, ce qui a permis au Patriarcat de continuer à aider tant de personnes.

Source : Vatican News

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


Soutien et bénédiction du Pape aux Commissaires de Terre Sainte

 

6 mars 2021 par LdS

Le 14 février, les Commissaires de Terre Sainte ont fêté les 600 ans de leur institution par le Pape Martin V. Dans une lettre publiée ce vendredi, le Pape François estime que leur mission de pont entre les pays du monde et la terre où a vécu Jésus reste d’actualité. Il évoque un service précieux et espère qu’il puisse être toujours davantage une graine de fraternité.

Il y a 600 ans, l’Église reconnaissait officiellement le rôle des Commissaires de Terre Sainte. La bulle His quae pro ecclesiasticarum du Pape Martin V du 14 février 1421 est considérée comme étant leur acte de naissance.

« Après tous ces siècles, la mission des Commissaires est toujours d’actualité : soutenir, promouvoir et renforcer la mission de la Custodie de Terre Sainte en rendant possible un réseau de relations ecclésiales, spirituelles et caritatives qui ont comme point focal la terre où Jésus a vécu. » Dans une lettre manuscrite au Custode de Terre Sainte, fr. Francesco Patton, publiée ce vendredi 12 février, le Pape a réaffirmé son soutien, et bénit « ce précieux service », espérant qu’il deviendra de plus en plus « une graine de fraternité ».

Créés pour soutenir la mission sur la terre de Jésus alors sous domination ottomane depuis la prise d’Acre en 1291, ils ont été initialement confiés par les frères franciscains à quelques laïcs. Leur responsabilité était de « procurer » une aide économique à la Terre Sainte. C’est ainsi qu’est née la figure du Procureur, et plus tard celle de l’Économat, rapporte la Custodie de Terre Sainte.

67 pères commissaires

« L’histoire situe leur naissance dans une période difficile de la vie de la Custodie, dans laquelle un soutien fort à la mission en Terre Sainte était nécessaire », déclare le Frère Marcelo Ariel Cichinelli, responsable Bureau de coordination des Commissaires de Terre Sainte.

Le premier laïc connu à se voir confier par les franciscains les aumônes qu’ils reçoivent est un marchand vénitien du XIVe siècle, Ruggero Contarini. Mais au cours des siècles, les laïcs ont été remplacés par des frères franciscains. Aujourd’hui, les 67 commissaires répartis dans 51 nations sont tous des religieux nommés par leur supérieur territorial, en accord avec le Custode de Terre Sainte.

Au fil des siècles, les Commissariats de Terre Sainte se sont répandus dans le monde entier. La couronne espagnole, par exemple, a été à l’origine de la création des commissaires de Mexico, Lima, Carthagène, Quito et Buenos Aires à la fin du XVIe siècle, peu après ceux de Madrid et de l’actuel Saint-Jacques de Compostelle. Alors que c’est la couronne lusitanienne, après la fondation du Commissariat de Lisbonne, qui a soutenu la création des Commissariats généraux d’Ouro Preto, de Salvador de Bahia et de Rio de Janeiro. Au fil du temps, les économats ont assumé la fonction d’"ambassadeurs" des Lieux Saints, allant même jusqu’à organiser des pèlerinages.

La Custodie remercie Dieu et l’Église pour cette institution

Aujourd’hui, ils représentent des ponts entre la mission de la Terre Sainte et les Églises locales et leur travail est promu, non seulement par l’Ordre franciscain, mais aussi par l’Église elle-même qui les soutient également grâce à la "Collecta pro Locis Sanctis", instituée par le pape Léon XIII le 26 décembre 1887 et qui se tient chaque année le Vendredi saint.

Forte de 600 ans d’histoire, « la Custodie veut célébrer cette institution et dire merci à Dieu et à l’Église pour l’autorisation de cette institution," déclare le Frère Marcelo Ariel Cichinelli. "Nous voulons communiquer au monde que nous ne sommes pas figés dans le passé, mais que cette figure a toujours évolué en suivant les temps et en marchant à ses côtés aussi à travers les congrès des commissaires, dont le dernier ne date que de fin 2018 et le travail continu d’animation ».

Le 15 février, les pères commissaires ont célébré leurs six siècles d’existence. Le Custode de Terre Sainte a célébré une messe près de l’Édicule du Sépulcre à Jérusalem à 6h30, en mémoire de tous les bienfaiteurs et en reconnaissance du travail des Commissaires. À cette occasion, le Custode lisait le message manuscrit du Saint Père et tous les frères ont prié de façon particulière pour le Pape François et son ministère.

Source : Vatican News Service – IP

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


A Jérusalem, un chemin de croix virtuel pour le Carême

 

6 mars 2021 par LdS

« Hic- Sur le chemin de la Croix » : c’est le nom du projet lancé par la Custodie de Terre Sainte en ce temps marqué par la crise sanitaire et les restrictions qui en découlent.

La Terre Sainte demeurant inaccessible aux pèlerins à cause des restrictions liées à la pandémie, ils pourront, grâce à cette initiative, parcourir virtuellement la Via Dolorosa de Jérusalem, et suivre pas à pas le chemin emprunté par le Christ portant sa Croix depuis le lieu de sa flagellation jusqu’à celui de sa crucifixion, explique une note publiée par la Custodie.

Une courte vidéo sera consacrée à chaque station du chemin de croix, avec des images de la Ville sainte où se sont déroulés les épisodes narrés par les Évangiles. Les religieux de la Custodie livreront ensuite une méditation, chacun dans sa langue maternelle et en lien avec les différents sanctuaires de la région. Au total, treize vidéos seront disponibles, une pour chaque station du Chemin de croix, commentées en autant de langues, comme un « témoignage du fait que les frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte constituent une fraternité internationale ».

Les vidéos seront diffusées tous les mardis et vendredis de Carême via les pages Facebook, Twitter et Instagram de la Custodie. Le chemin de croix virtuel se terminera le 30 mars, Mardi Saint, pour faire place aux célébrations du Triduum pascal et de Pâques.

Source : Vatican News Service – IP

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


Entre le roi Abdallah II et Mgr Pizzaballa, un respect mutuel

 

26 janvier 2021 par LdS

Lors de sa visite en cours en Jordanie, le patriarche latin de Jérusalem a célébré la messe à Sweifeih, en banlieue de Amman, et en l’église du Baptême du Christ, sur la rive du Jourdain, pour encourager les fidèles de rite latin, nombreux dans le royaume hachémite. Mgr Pizzaballa s’est également entretenu avec le roi Abdallah II de Jordanie, qui a salué le rôle des Églises de Jérusalem pour « l’harmonie interreligieuse et de la préservation du statu quo » dans la Ville sainte.

« Le Patriarcat latin comme les autres Églises de Jérusalem jouent un rôle important pour l’unité des habitants de la ville, ce qui est la clé du maintien de l’harmonie interreligieuse et de la préservation du statu quo historique et juridique dans la Ville sainte ». C’est ce qu’a déclaré le roi Abdallah II de Jordanie, gardien hachémite des lieux saints chrétiens et islamiques de Jérusalem, lors d’une rencontre en ligne avec le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa, en visite officielle en Jordanie depuis le 7 janvier.

Lors de cet entretien, le Roi Abdallah II a tout d’abord félicité Mgr Pizzaballa pour sa récente nomination en tant que Patriarche, lui souhaitant bonne chance dans son travail. Il a ensuite réitéré son soutien au Conseil des Églises de Jérusalem, qui promeut la modération, préserve les biens, les dotations et les institutions de l’Église et s’engage à sauvegarder la présence chrétienne en Terre Sainte. Le dirigeant du Royaume hachémite a également rappelé les liens profonds de son pays avec le Pape François et le Vatican, les principes partagés de soutien à la paix et à la modération et du rejet de la violence. Il a enfin réaffirmé la responsabilité mondiale de soutenir les réfugiés et les communautés d’accueil dans le monde entier.
Pour sa part, le Patriarche latin de Jérusalem a salué l’engagement du Roi pour la sauvegarde des lieux saints chrétiens à Jérusalem, conformément à la mission qui lui a été confiée au lendemain de la 1ère guerre israélo-arabe. Mgr Pizzaballa a souligné les liens étroits entre le Patriarcat et la Jordanie et a exprimé sa satisfaction pour l’attention portée par le pays aux nécessiteux et aux réfugiés.

La visite de Mgr Pizzaballa en Jordanie s’achèvera le 21 janvier prochain. Il s’agit de sa première visite officiellement dans le Royaume hachémite en tant que 10e Patriarche latin de Jérusalem, qui comprend la Jordanie, la Palestine, la Galilée et Chypre.

Première célébration à Sweifeih

Le jour de son arrivée, le 7 janvier dernier, le nouveau Patriarche latin a célébré la messe en l’église Notre Dame de Nazareth dans le village de Sweifeih, dans la banlieue ouest de Amman. Dans son discours de bienvenue, le vicaire patriarcal latin pour la Jordanie, Mgr William Shomali, a souligné que la Jordanie est la région du diocèse de Jérusalem qui compte le plus grand nombre de fidèles de rite latin, ayant d’ailleurs plus de paroisses, d’écoles et de prêtres que le patriarcat. Mgr Shomali a également évoqué les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur le royaume, notamment sur l’éducation, l’économie et le marché du travail, « la croix est lourde mais si nous la portons bien, elle nous donnera de la force et servira de source de bénédiction pour l’Eglise ». Le patriarche émérite Mgr Fouad Twal, l’évêque auxiliaire émérite de Jérusalem, Mgr Salim Al-Sayegh, et le chargé d’affaires de la nonciature apostolique en Jordanie, Mgr Mauro Lalli ont pris part à la célébration ainsi que plusieurs prêtres, des représentants de diverses institutions éducatives et religieuses et de nombreux fidèles.

Visite sur le site du baptême de Jésus

Le 9 janvier, Mgr Pizzaballa, s’est rendu sur le site du baptême de Jésus, en territoire jordanien, et a été accueilli par le ministre du Tourisme et des Antiquités, Nayef Al-Fayez. Cette année marque le 21e anniversaire du début du pèlerinage chrétien des temps modernes sur le site du baptême de Jésus, a expliqué le directeur du Centre catholique d’études et des médias lors d’une conférence de presse. Rif’at Bader a cependant rappelé que compte tenu de l’urgence du coronavirus, les célébrations ont été autorisées à un nombre limité de personnes.

En temps de pandémie, consolider la prière familiale

Lors de la messe célébrée par Mgr Pizzaballa dans l’église du Baptême, sur la rive du Jourdain, celui-ci a rappelé dans son homélie la signification spirituelle et humaine du baptême de Jésus qui a marqué le début de sa mission publique. Il a ensuite appelé les fidèles à ne pas se décourager face aux difficultés causées par la pandémie et les a exhortés à vivre pleinement chaque jour comme Jésus-Christ. « En ces temps difficiles, nous devons consolider la prière en famille, améliorer nos relations familiales et apprendre ce que l’art de la discipline à la maison exige » a ensuite suggéré le patriarche qui a invité à se demander « chacun selon ses propres circonstances, ce que le Seigneur tout-puissant exige de nous maintenant. En d’autres termes, nous devons aussi grandir en sagesse et en grâce devant Dieu et devant le peuple ». Le patriarche a conclu son homélie en priant pour les malades et pour ceux qui travaillent à préserver la santé des citoyens, sous la direction du roi Abdullah II.
À la fin de la messe, le secrétaire général du Vicariat latin d’Amman, le père Imad Alamat, a exprimé sa reconnaissance pour tous les efforts déployés aux niveaux institutionnel, ecclésiastique, touristique et médiatique pour organiser le pèlerinage sur le site du baptême de Jésus et a remercié tout particulièrement le prince Ghazi Ben Mohammad, président du conseil d’administration du site, et son administration.

La visite de Mgr Pizzaballa se poursuivra par d’autres rencontres avec les autorités politiques, les fidèles et les représentants des Églises fraternelles, les musulmans et les représentants de la société civile.

Source : Vatican News -



 


Déclaration du Patriarchat latin de Jérusalem

 

24 octobre 2020 2020 par LdS

JÉRUSALEM – Depuis la démission du Mgr. Fouad Twal en tant que patriarche latin de Jérusalem à l’été 2016, le patriarcat restait Sede Vacante et Pierbattista Pizzaballa, Custode honoraire de la Terre sainte, a assumé la direction du Patriarcat en tant qu’administrateur apostolique. Aujourd’hui 24 octobre, Sa Sainteté le Pape François a nommé Mgr. Pizzaballa comme nouveau patriarche à Jérusalem. Ci-dessous vous pouvez lire le texte de la communication officielle du Patriarcat latin.

Jérusalem, 24 Octobre 2020

Sa Sainteté le Pape François a annoncé la nomination de l’Archevêque Pierbattista Pizzaballa comme Patriarche latin à Jérusalem après quatre années de service en tant qu’administrateur apostolique.

C’est avec joie et gratitude que la famille du Patriarcat latin à Jérusalem, Amman, Nazareth et Chypre, en particulier les évêques, les vicaires patriarcaux, les prêtres, les diacres, les séminaristes, les religieux et religieuses, les personnes consacrées, le peuple de Dieu de toutes les paroisses ainsi que les employés des institutions diocésaines, félicite le nouveau Patriarche et souhaite à sa Béatitude de réussir dans l’exercice de ses responsabilités exceptionnelles, en particulier dans ces circonstances inhabituelles. Que Sa Béatitude demeure en bonne santé et reçoive la bénédiction divine pour continuer à servir notre Église locale, tout en promouvant la paix, la justice et la réconciliation.

Les vœux peuvent être envoyés à l’adresse électronique suivante : auguri-patriarca chez lpj.org



 


À la Terra Sancta School de Bethléem, on a célébré saint François

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

Le climat de joie et de jubilation pour la fête de saint François d’Assise a dissipé les sentiments de peur et d’isolement que la pandémie du Coronavirus a apporté. À la Terra Sancta School de Bethléem, on a célébré le saint d’Assise, une occasion pour donner un peu d’espérance, de foi et de joie.

Fr. IBRAHIM FALTAS, ofm

Directeur général Terra Sancta School en Terre Sainte

« Je pense que nos enfants vivent aujourd’hui des conditions très difficiles ; ils sont enfermés chez eux à cause de la pandémie et les familles vivent entre peur et anxiété. Ce virus met à genoux tous les dirigeants, à genoux le monde entier, et quels sont ceux qui pensent à l’état psychologique de leurs fils ? »

À la célébration, samedi 3 octobre, ont participé près de 600 des 1 200 élèves, en raison des restrictions imposées dans toutes les écoles de Palestine. La célébration a vu les représentations de pièces lyriques, de poèmes et de passages tirés de la biographie de saint François, en plus de la mise en scène par des élèves de certains moments de la vie de saint François, qui ont mis en lumière ses vertus et sa simplicité.

Fr. IBRAHIM FALTAS, ofm

Directeur général Terra Sancta School en Terre Sainte

« En effet, je suis très heureux parce que tous ont collaboré, même les musulmans : la coexistence fait partie de notre mission. Le message de cette école est que tous vivent ensemble et que les différentes générations se réunissent. Même les élèves musulmans ont fait de nombreuses choses sur saint François et cela m’a étonné et beaucoup réjoui. »

La célébration de la fête de saint François à la Terra Sancta School de Bethléem a une importance particulière, en tant que cette école est considérée comme la plus ancienne du Proche-Orient : sa fondation remonte à 1598. Au cours des siècles, elle a toujours fourni aux pierres vivantes de Terre Sainte tous les services éducatifs fondamentaux pour l’Ordre franciscain, aidant ainsi à diffuser la connaissance et la foi.

Fr. IBRAHIM FALTAS, ofm

Directeur général Terra Sancta School en Terre Sainte

« Les pierres vivantes sont importantes et elles figurent en particulier au cœur de chaque franciscain et de la Custodie de Terre Sainte. C’est pourquoi, nous offrons aux gens de ce pays l’éducation, le logement et le travail, trois choses très importantes pour préserver la présence chrétienne en Terre Sainte. »

Les cœurs des élèves se sont unis dans la joie et dans l’espérance pour le jour de saint François avec la prise de conscience que des difficultés dues à la pandémie du Coronavirus peuvent surgir des germes de salut et un retour à la vie normale.

Fr. IBRAHIM FALTAS, ofm

Directeur général Terra Sancta School en Terre Sainte

« Nous demandons par l’intercession de saint François, que Dieu nous bénisse en ce jour heureux et nous protège de cette pandémie. »

Source : Christian Media Center – Octobre 2020



 


Palestine : l’arrêt des pèlerinages est une catastrophe économique

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

Bethléem – L’industrie du tourisme et des pèlerinages est un des piliers de l’économie palestinienne. Tony Khashram, président de l’association des opérateurs du tourisme en Palestine, explique les conséquences de l’arrêt imposé depuis mars par la fermeture des frontières du fait de la pandémie de Covid-19. La communauté chrétienne est particulièrement affectée.

Le tourisme et les pèlerinages sont à l’arrêt depuis le mois de mars. Quelles sont les conséquences financières pour cette industrie-phare de la Palestine ?

À la fin du mois d’août, les pertes du tourisme en Palestine ont dépassé les 320 millions de dollars. Cet argent ce sont les salaires de tous les acteurs du tourisme. Dans notre réseau, le plus grand rassemblement d’entreprises privées de tourisme, toutes les réservations ont été annulées. Cela veut dire que tous les fournisseurs de services, les hôtels, les transports, les commerces, les restaurants, les guides n’ont plus aucun revenu depuis fin février.

Ces chiffres sont ceux de la Palestine, un pays de moins de six millions d’habitants, où le tourisme est l’un des piliers principaux de l’économie. La crise que nous traversons actuellement est catastrophique. La pire que le tourisme palestinien ait connue de toute son histoire.

Durant les intifada, le tourisme et les pèlerinages avaient déjà été gravement affectés. Pourquoi dites-vous que la crise actuelle est la pire de l’histoire ?

Parce que pendant les années d’intifada le tourisme et le pèlerinage ne se sont pas arrêtés complètement. Au début de l’an 2000 par exemple, lors de la deuxième intifada, il y a eu une chute de presque 90% du tourisme. Mais dans les mois suivants, les groupes ont repris même en petit nombre. Les acteurs du tourisme arrivaient à survivre. L’aéroport était resté ouvert et il y a toujours eu du trafic aérien et des voyageurs.

Avec la crise actuelle, nous avons connu une chute de 100% de l’activité du jour au lendemain, sans reprise jusqu’à maintenant. C’est comme si l’on disait à tous les avocats du pays un bon matin qu’ils doivent arrêter de travailler, ou aux boulangers qu’ils ne peuvent plus du tout faire de pain.

La nouveauté aussi c’est que les intifada ne touchaient que la Terre Sainte. Dans le reste du monde le tourisme continuait, et nous n’avions qu’à raccrocher le mouvement. Cette fois-ci, c’est le monde entier qui s’est arrêté, et il faudra beaucoup plus de temps pour reprendre le rythme, l’habitude même de voyager.

Vous avez déclaré au journal Al-Hayat, en juin dernier, que la crise frappe le tourisme en Palestine dans une période de croissance. Cela a-t-il un impact particulier ?

Le tourisme en Palestine a connu une croissance importante depuis 2017. En 2019 cette croissance était arrivée au sommet. Le secteur a bénéficié d’importants investissements. Des hôtels et des maisons d’accueil ont ouvert dans toutes les régions, comptant des dizaines de milliers de chambres. Beaucoup de gens ont demandé des crédits aux banques à long terme pour y investir, et les banques en ont avancé sans réserve.

La survenue de la crise à ce moment du développement est un coup très dur porté aux investisseurs. Surtout pour ceux qui ont investi dans des projets petits et moyens, comme les maisons d’accueil et les boutiques de souvenirs. À Bethléem par exemple, des centaines de commerçants ont acheté des tonnes de souvenirs, locaux ou importés, destinés aux pèlerins. Certains ont acheté cette marchandise à crédit. Beaucoup de familles ont transformé une partie de leur maison familiale en chambre d’hôtes en s’endettant.

Le pèlerinage est essentiel au soutien de la présence chrétienne en Palestine et il faut appeler à sa reprise dès que possible

Vous parliez de Bethléem, la communauté chrétienne est-elle particulièrement touchée par la crise ?

Autour de 70 % des chrétiens en Palestine travaillent dans le tourisme, à temps plein ou partiellement. La plupart des agences de tourisme sont des entreprises familiales, ainsi que les commerces liés aux pèlerinages. Le pèlerinage soutient vraiment la présence chrétienne en Terre Sainte. Mes deux fils, par exemple, sont adultes et travaillent avec moi dans notre agence. Si le tourisme ne reprend pas assez tôt, ils partiront à l’étranger chercher de nouvelles opportunités. C’est le cas dans beaucoup de familles.

Mais ce qui est encore plus important, c’est que les chrétiens de Palestine sont ceux qui accueillent les pèlerins en tant que chrétiens locaux. Si les chrétiens disparaissent du secteur, les pèlerins ne rencontreront à l’avenir que des églises vides, des pierres mortes.

Que faudrait-il faire, selon vous, pour sauver le tourisme en Palestine ?

Il faut préparer un plan intégral de commercialisation post-crise, pour attirer des touristes du monde entier chez nous, et il faut commencer à construire ce plan dès maintenant. Le secteur privé ne peut pas le faire tout seul. Le gouvernement palestinien doit intervenir et diriger cet effort. Il s’agit de promouvoir le pays comme une destination touristique, et c’est le rôle du secteur public, du ministère du tourisme.

C’est une urgence nationale, car le tourisme est un pilier de l’économie palestinienne. Si nous ne préparons pas l’après-crise dès maintenant, le tourisme qui arrivera quand les frontières rouvriront sera récupéré par les agences israéliennes, qui profitent du contrôle israélien sur le territoire, les Lieux saints et les sites.

Quel rôle peuvent jouer les Églises dans cet effort ?

Les Églises ont la capacité d’encourager les pèlerins à visiter la Terre Sainte, et elles peuvent le faire dès maintenant. Le pape peut lancer un appel au pèlerinage en Terre Sainte dès que possible, et ça aurait un effet au niveau des Églises locales. Les diocèses, principaux organisateurs des pèlerinages, qui ont des liens directs avec les paroisses en Terre Sainte, concentreraient leurs efforts pour relancer le pèlerinage, et cela encouragerait les voyages vers la Palestine. Doucement, cet effet pourra influencer et aider à relancer les autres secteurs du tourisme.

Mais les Églises locales en Terre Sainte peuvent aussi jouer un rôle. Les différents patriarcats, les évêques, la Custodie de Terre Sainte, peuvent encourager les pèlerins à voyager en lançant un appel à venir en soutien aux pierres vivantes que sont les chrétiens de Terre Sainte. Un appel similaire à celui que les Églises ont fait suite à la deuxième intifada.

Quand pensez-vous que le tourisme en Palestine reprendra son cours, et comment ?

Les conditions actuelles, surtout depuis le début de la deuxième vague du virus, indiquent que la fin n’est pas proche. Le tourisme ne reprendra pas sa croissance avant juin 2021. Il faudra jusqu’à septembre, dans le meilleur des cas, pour que le tourisme en Palestine récupère 25% de la force qu’il avait en 2019. Ça serait suffisant pour sauver le secteur, mais il faudra attendre. Nous sommes dans un moment difficile, mais je suis optimiste. Le tourisme ne peut pas mourir.

Source : Terre Sainte.net – 12 octobre 2020



 


Le service social du Patriarcat latin accompagne les personnes fragilisées par la pandémie COVID-19

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

JERUSALEM – Depuis toujours, le Patriarcat Latin de Jérusalem travaille à soutenir les Pierres Vivantes de Terre Sainte, sur le plan spirituel, matériel, humain et social. Les moyens pour remplir cette mission sont aussi divers que : la construction d’églises, d’écoles, de maisons de retraite, la création d’emplois, de fond de médicaments, pour ne citer que les plus courants. Par l’intermédiaire de son service social, le Patriarcat latin s’efforce de servir les membres les plus fragiles du diocèse à Jérusalem, en Palestine, à Gaza et en Jordanie, en leur apportant assistance et soutien.

Le service social

Le service social du Patriarcat latin travaille au développement et à la mise en œuvre de divers projets et programmes qui améliorent l’état psychologique et social des familles et des personnes de Jérusalem, de Cisjordanie, de Gaza et de Jordanie. Divers moyens sont mis en œuvre pour aider, comme une assistance médicale, soit en couvrant les frais d’opérations chirurgicales et d’urgences médicales, soit en fournissant des médicaments. Le bureau offre également des bourses aux étudiants dans le besoin et peut prendre en charge certains impayés. Cette action est menée selon des règles strictes d’intégrité et de transparence, en coordination avec les institutions catholiques et les prêtres de chaque région.

COVID-19 et ses défis

La diffusion de COVID-19 a eu un impact sur la santé et la vie professionnelle de nombreuses personnes. En Terre Sainte, où la population est déjà confrontée à des difficultés économiques, politiques et sociales, la pandémie crée une nouvelle réalité avec la perte de nombreux emplois.

Dans ce contexte, le service social tente d’atténuer cette dure réalité en apportant non seulement une aide médicale et financière, mais aussi un soutien psychologique aux personnes et aux familles de Jérusalem-Est.
Mme Dima Khoury, directrice du service social, s’est entretenue avec le Bureau des médias du Patriarcat à ce sujet :

Dima : « les besoins urgents des familles – réduire rapidement la pression qu’elles subissent en raison du confinement et de la propagation du virus - nous ont amenés à lancer un nouveau projet de soutien psychologique pour tous les chrétiens de Jérusalem-Est, dans lequel Mme Ronda Amer et moi-même organisons des sessions individuelles, de groupe et/ou de couple, où les bénéficiaires parlent des difficultés auxquelles ils sont confrontés, de leurs besoins, de leurs sentiments et des défis qu’ils rencontrent. Certaines sessions ont eu lieu à l’Association St Vincent à Jérusalem, et d’autres ont été faites en ligne.

Il y a un an et demi, le Patriarcat latin, la Custodie de Terre Sainte, avec l’aide du Père Amjad Sabbara de la Paroisse Saint Sauveur de Jérusalem, ont créé le Centre familial. Il vise à développer les compétences humaines des membres de notre communauté pour les conduire à un plus grand développement personnel. Le centre offre également un soutien psychologique et social aux mères de Jérusalem, ainsi qu’un accompagnement spirituel par un prêtre de la paroisse si nécessaire. »

L’église Saint-Sauveur de Jérusalem, un modèle de soutien psychologique

Le père Amjad Sabbara, curé de l’église Saint-Sauveur de Jérusalem, a grandement contribué au succès et à la continuité de ce programme. En coopération avec le Patriarcat latin et le Centre familial, ils ont pu, grâce à leurs efforts, soutenir les Pierres vivantes de Terre Sainte.

Le père Amjad : « Après ma nomination comme curé de la paroisse en septembre 2019, de nombreuses idées et projets ont commencé à se concrétiser afin de développer certaines activités dans la paroisse. Tout d’abord, nous avons commencé par définir notre vision pour le Centre familial. Ainsi, nous avons pu proposer une aide à nos paroissiens, aui ne soient pas seulement donner ou recevoir une aide matérielle ; mais qu’ils trouvent un accompagnement global avec une écoute attentive de leurs difficultés et une assistance adaptée à celles-ci. Enfin, nous avons étudié leur situation financière et élaboré un plan pour les aider.
Ce qui met en évidence l’expérience d’harmonie entre nous, c’est le "Fond d’amour" ! Nous avons créé ce fond pour nous assurer que les familles continuent à recevoir de l’aide. Le principe est le don mensuel de familles que le curé de la paroisse reverse aux personnes dans le besoin. Depuis 5 mois maintenant, 60 familles ont contribué à ce fond.
Quand je vois les sourires sur les visages des paroissiens, je sais que notre travail est un succès. La paix et la "prospérité" se manifestent dans leurs actions qui se reflètent positivement sur leurs relations au sein de leur foyer.
Dans le cadre de notre plan d’action, d’autres activités ont été mises en œuvre, parmi lesquelles aller à la rencontre de nos paroissiens par de courtes visites ou des appels téléphoniques. Cela nous a permis de prendre conscience de leurs besoins et de leurs difficultés, auxquelles nous nous efforçons de répondre de manière adéquate. Sur le plan spirituel, en plus de la retransmission des messes dominicales, nous adressons un message hebdomadaire aux fidèles via les médias sociaux, dans lequel nous abordons leurs préoccupations et transmettons un message de solidarité.
Ce qui distingue le travail pastoral, c’est la création d’un langage commun entre les paroissiens et le curé, pour faire tomber les barrières imaginaires afin que les paroissiens voient le prêtre comme un ami à qui ils peuvent parler ouvertement. Cette relation a permis de traverser cette période difficile en douceur ; notre objectif final n’est pas seulement d’aider, mais d’accompagner. »

Source : Site Web Patriarchat Latin

Par : Rula Shomali / LPJ – 07 10 2020



 


L’archevêque Pizzaballa remercie l’Ordre du Saint-Sépulcre pour son soutien et sa solidarité - 6 octobre 2020

 

14 mai 2021 par LdS

Au cours de ces quatre années de service au diocèse latin de Jérusalem, dans le Patriarcat latin, j’ai pu constater personnellement le rôle des Chevaliers et Dames du Saint-Sépulcre pour cette Église, non seulement dans le cadre des activités éducatives et pastorales, mais en général pour la vie du diocèse dans son ensemble.

Il y a quatre ans, à un moment particulièrement difficile pour le Patriarcat, les Chevaliers et les Dames - par le biais du Grand Magistère - ont montré leur solidarité et leur proximité en encourageant et aussi en soutenant concrètement les processus de révision et de contrôle de la vie administrative du diocèse, qui étaient devenus urgents et nécessaires.

Au cours de ces quatre années, à travers des pèlerinages et des initiatives sur leurs territoires respectifs, les différentes Lieutenances ont nourri leurs liens avec les différentes réalités du Patriarcat latin, non seulement en paroles mais aussi avec des faits concrets.

Tout cela s’est confirmé au cours de cette dernière année marquée par la pandémie COVID-19 et au cours de laquelle le Patriarcat s’est retrouvé face à une nouvelle urgence, tout comme nous avions cru que notre situation s’améliorait. En effet, à la suite des mesures décidées par les différents gouvernements pour faire face à la pandémie, une grande partie de notre population s’est trouvée confrontée à une réduction drastique des salaires et à une situation économique générale encore plus fragile que d’habitude.

Grâce au soutien du Grand Maître avec le Grand Magistère, notre appel aux Chevaliers et aux Dames a eu une réponse qui a dépassé de loin nos attentes et qui nous a donné le souffle nécessaire pour gérer cette urgence avec plus de sérénité. Nous avons tous été étonnés et rendus humbles par la réponse immédiate et son ampleur.

2020 a également été l’année qui, malgré les nombreuses urgences, a néanmoins marqué la fin d’un chemin fatiguant de restructuration et de résolution de situations préexistantes difficiles. L’importante dette que le Patriarcat devait à la fondation Saint-Jean-Baptiste, liée à l’Université de Madaba, a été entièrement remboursée. Cela a permis de réduire de près de 60 % les dettes globales qui pesaient sur l’administration du Patriarcat. Cela a été possible grâce à l’abandon douloureux de certains biens, qui n’étaient cependant pas essentiels pour le Patriarcat. Nous disposons maintenant d’un plan structuré pour conclure bientôt les engagements restants également.

Il reste beaucoup à faire, mais nous sommes maintenant au bout d’un chemin positif pour la vie du diocèse de Jérusalem.

Je tiens à remercier le Grand Maître, tant l’actuel que son prédécesseur, pour leur soutien et leurs encouragements ; à travers eux, nos remerciements s’adressent à tout l’Ordre des Chevaliers et des Dames du Saint-Sépulcre, sans qui tout ce que nous avons accompli jusqu’à présent aurait été impossible.

Merci d’être, pour cette petite mais importante Église, le signe concret et tangible de la Divine Providence !

+ Pierbattista

Source : Custodia Terrae Sanctae

Traduction : P. Albert Évrard



 


Nouvelles de Terre sainte en la fête de Notre-Dame du Rosaire

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

Traditionnellement, la fête de Notre-Dame Reine de Palestine est célébrée le 7 octobre. Mais cette année, il y a une ombre particulièrement grande sur cette fête. Le COVID-19 a réduit la condition de vie déjà difficile des chrétiens de Terre Sainte à une véritable catastrophe. Notre collègue P. Christian Eeckhout nous décrit la situation.

En cette première quinzaine d’octobre, la situation de crise sanitaire politisée est vraiment pénible pour la population résidant en Terre Sainte. Car le confinement de Jérusalem, d’Israël et de la Palestine a été généralisé à cause de la pression du parti religieux juif au sein de la majorité gouvernementale actuelle de l’Etat d’Israël. Une possibilité de retour aux déplacements intérieurs est envisagée pour le 14, sinon le 18 octobre, mais pas avant. Les crèches aussi bien que les écoles ont dû fermer, ce qui met en difficulté les parents qui travaillent. Il y a bien des cours donnés « en ligne » sur internet, mais c’est d’autant plus compliqué que les yeux des enfants fatiguent. Les étudiants qui sont inscrits à l’université de Madaba ne peuvent pas s’y rendre, car le passage des frontières vers la Jordanie, aussi bien que vers l’Egypte, ne leur est pas autorisé. A Bethléem, l’université catholique donne ses cours, heureusement. La basilique de la Nativité, si bien restaurée, y est ouverte, mais le mur de séparation ne permet pas le passage avant le 15 octobre.

Plusieurs directeurs d’agences de voyage, d’imprimeries et même d’hôtels ont dû mettre ‘la clé sous le paillasson’, car les touristes et pèlerins sont empêchés de venir, puisque les visas d’entrée en l’Etat d’Israël ne sont plus accordés. Ceux qui avaient un visa de résident, mais venu à expiration par suite du confinement, ne peuvent toujours pas en recevoir un nouveau. Même si le ministre du tourisme israélien a démissionné pour protester contre cette exagération, le ministère de l’Intérieur ne rend actuellement plus de services à la population. Les agences de voyages les plus optimistes pensent au retour des pèlerins au plus tôt en février 2021 et les plus pessimistes : en juin prochain. « On les attend ! » mais pas pour Noël ! Les réalistes disent qu’à Pâques – début avril 2021 – le Saint-Sépulcre recevra à nouveau des visites et entendra chanter « Alleluia ! » La situation demeure à haut risque, car ceux qui ont quelques réserves vont devoir les utiliser cet automne, mais seront en manque financier certain avant la fin de l’année. Reste l’espérance et la volonté de vivre, avec la prière, toujours la plus forte, pour permettre une créativité innovante et une résilience persévérante. Toute suggestion sera bienvenue ! Que l’Esprit-Saint et Notre-Dame, Reine de Palestine, nous éclairent et nous soutiennent ardemment !

P. Christian op



 


Une bourse d’études pour rester en Terre Sainte

 

1er septembre 2020 2020 par LdS

JERUSALEM - Les conditions de vie particulièrement difficiles en Terre Sainte augmentent la tentation des chrétiens locaux de quitter leur patrie et de tenter leur chance sur un autre continent. Leur avenir sur le terrain dépend ou diminue avec leur niveau d’éducation. L’éducation est la clé de l’avenir et il est donc vital de continuer à offrir une éducation de haute qualité. Mais pour beaucoup, il n’est pas évident de payer les frais de scolarité et pour eux, une bourse d’études est le dernier recours pour éviter de céder à la tentation d’émigrer.

GEORGE HLEIS

« J’ai terminé l’université l’année dernière ... juste là, sur le mont des Oliviers. »

GEORGE HLEIS

« Je m’appelle George, j’ai 23 ans et je vis dans le quartier chrétien de la vieille ville de Jérusalem. »

L’objectif est clair : permettre aux chrétiens locaux d’étudier dans leur propre pays et les dissuader de partir vivre à l’étranger. Parmi les nombreuses façons dont la Custodie de Terre Sainte s’engage auprès de la population chrétienne locale, il y a ces bourses, en particulier celles destinées à financer la carrière universitaire des jeunes.

Fr. RAMZI SIDAWI

ofm Économe de la Custodie de Terre Sainte
« Dans la plupart des cas, ceux qui partent étudier à l’étranger ne reviennent pas ici. Tous nos jeunes veulent désormais étudier à l’université. Ce qui attire le plus les jeunes, ce sont bien sûr les spécialisations mais avant l’accès au marché du travail. »

Au total, ce sont 500 bourses qui sont attribuées chaque année. Elles soutiennent deux programmes différents et couvrent tout ou partie des dépenses scolaires. Le public cible est constitué d’étudiants dont le revenu familial est faible et qui maintiennent de bons résultats scolaires.

Fr. PETER VASK

ofm Custodie de Terre Sainte - Fransciscan Foundation for the Holy Land
« 95% de ces étudiants travaillent maintenant dans les secteurs juridique, médical, comptable et de l’ingénierie. Et quand nous voyons ces jeunes devenir des professionnels et être vraiment reconnaissants à la Custodie franciscaine, nos cœurs sont remplis de joie. »

GEORGE HLEIS

« Il y a beaucoup de jeunes qui n’aiment pas la situation actuelle, ils aimeraient partir à l’étranger pour trouver de meilleures opportunités. J’y ai pensé moi-même mais j’aime être dans le pays où Jésus a vécu. »

Fr. PETER VASKO

ofm Custodie de Terre Sainte - Fransciscan Foundation for the Holy Land
« Il est extrêmement important de comprendre que si nous voulons que les chrétiens restent ici, nous devons leur donner une motivation et des incitations. Et cela passe par la possibilité d’accéder à l’enseignement universitaire. »

Source : Christian Media Center – 14 août 2020



 


Le Pape François accepte la démission de Mgr Boulos Marcuzzo

 

1er septembre 2020 2020 par LdS

JERUSALEM - Le Patriarcat latin de Jérusalem a diffusé sur son site Internet l’annonce du 31 aout dernier de l’acceptation du Pape François de la démission de Mgr. Marcuzzo. Mgr. Giacinto-Boulos Marcuzzo était évêque auxiliaire de Jérusalem.

31 août 2020
Chers évêques, prêtres, religieux et fidèles,
Le Seigneur vous donne la paix !
Comme il a été annoncé le 29 août 2020, le Pape François a accepté la démission de Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo en tant qu’évêque auxiliaire pour le diocèse du Patriarcat latin de Jérusalem.
En premier lieu, nous tenons à remercier Mgr Marcuzzo et à lui exprimer notre gratitude pour son service constant, attentionné et complet à l’égard de notre diocèse, diocèse qu’il a aimé dès son jeune âge et auquel il a donné toute sa vie, y apportant sa contribution positive et précieuse, et soutenant ses activités pastorales ainsi que celles de toutes les autres Eglises catholiques de Terre Sainte.
Compte tenu des circonstances particulières du diocèse, je vous informe que Mgr Marcuzzo restera Vicaire général de celui-ci jusqu’à la nomination du nouveau Patriarche, qui ne devrait pas tarder.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne rentrée pastorale, qui nous réserve autant de défis que la rentrée précédente.
Avec tous mes vœux dans le Christ,
† Pierbattista Pizzaballa
Administrateur Apostoliqu

Par : Patriarcat latin de Jérusalem - Publié le : August 31, 2020



 


Caritas Jérusalem : porte de la miséricorde pour les personnes âgées

 

23 août 2020 2020 par LdS

Ramallah - Ce sont des moments difficiles pour quiconque en a besoin. C’est certainement le cas des vielles personnes dans les territoires palestiniens. En raison de la perte de revenus des touristes et des pèlerins, les travailleurs humanitaires locaux sont à court d’argent. C’est pourquoi des appels à l’aide sont lancés dans toutes les directions afin de ne pas laisser les populations défavorisées à elles-mêmes. Caritas Jérusalem a déjà entendu et bien compris ce cri d’alarme.

VERA SHAHEEN

Ramallah

« Pour les personnes comme moi, qui ne perçoivent pas de revenu, ces repas nous aident beaucoup. Je n’ai pas assez de revenus et je vis dans des circonstances très difficiles. »

Jésus disait : “Parce que j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli.” (Mt. 25, 35) Aujourd’hui, malgré les difficultés économiques qui affligent le monde entier, Caritas Jérusalem continue à incarner les plus hautes significations de l’amour et du don sous toutes ses formes, en prêtant attention aux derniers, les plus marginalisés par la société.

Sr BRIDGET TIGHE

Directrice exécutive Caritas Jérusalem

« Ces dernières années, nous avons institué ce centre pour les personnes âgées à Ramallah. En outre, nous travaillons à Gaza, offrant l’assistance sanitaire, des services sociaux et de nombreux autres services aux pauvres et aux exclus, sans discrimination, qu’ils soient musulmans ou chrétiens. Nous servons les pauvres. Malheureusement, depuis que le coronavirus est apparu, les personnes âgées n’ont plus pu fréquenter notre centre. Ce sont des personnes merveilleuses ; nous avons pensé à la manière dont nous pourrions les aider. Aujourd’hui, comme vous le voyez, nous préparons de la nourriture que nous leur livrerons. »

VERA SHAHEEN

Ramallah

« J’espère que la Caritas continue son travail d’aide aux personnes dans le besoin. J’espère que Dieu leur donne ce qu’ils nous offrent, aux plus pauvres et aux plus démunis. »

Le centre pour personnes âgées "Baytuna" de Ramallah a été créé en 1990. Il aide quelques 85 personnes âgées, hommes et femmes. Caritas Jérusalem s’engage à leur fournir soutien, aide, affection et soins sous toutes ses formes, parce qu’il croit que la sécurité sociale, la dignité et le soutien aux exclus, en particulier aux personnes âgées, est un objectif qui doit être atteint au sein de la société.

GRACE NASSIF

PRO Assistante sociale – Centre pour personnes âgées Baytuna

« Travailler pour un projet comme celui-ci est une grande bénédiction de Dieu. Servir les personnes âgées n’est pas un travail facile. Lorsque je travaille avec eux, je sens que j’ai affaire à ma mère ou à mon père. Le problème des personnes âgées est qu’elles sont privées d’amour et d’affection. Elles en ont désespérément besoin. »

VERA SHAHEEN

Ramallah

« Grace est ma fille. Je l’aime énormément. J’adore aussi "Umm Tawfik" et tous les employés de la Caritas. Ils nous aident beaucoup dans notre vie quotidienne. Que Dieu les aide. »

C’est une maison accueillante que la Caritas Jérusalem met à disposition des personnes âges qui ont passé leur vie à faire des sacrifices. La Caritas a contribué et continue à les soutenir, pour qu’ils ne s’ennuient pas et qu’ils ne se sentent pas seuls, en les aidant dans leur intégration dans différents aspects de leur vie. Mais les véritables anges du centre sont les employés et les bénévoles qui travaillent pour servir ceux qui sont exclus de la société. Leur joie naît d’un service qui ne se limite pas à l’aide aux personnes âgées, mais qui essuie les larmes de la solitude dans leurs yeux.

MIRAL KHOURY

Bénévole de Ramallah

« La chose la plus belle que j’aime dans mon travail ? Quand on leur donne de l’aide ou des repas, ils nous rendent la pareille en priant pour nous. Ils prient toujours Dieu pour qu’il nous protège de tout mal et nous soutienne dans notre vie. C’est la chose la plus belle qu’une personne âgée puisse faire pour moi. »

Source : Christian Media Center – juillet 30, 2020



 


Le projet de Pro Terra Sancta pour garantir de l’eau aux familles de Bethléem dans le besoin

 

23 août 2020 2020 par LdS

BETHLÉEM – La pénurie d’eau durant l’été est l’un des plus grands défis auxquels doit faire face la population palestinienne en général et le gouvernorat de Bethléem en particulier. L’association Pro Terra Sancta soutient les familles les plus pauvres en réparant et en remplaçant les réseaux d’eau locaux, en installant des panneaux solaires et des citernes en collaboration avec les Amis de la Fondation de Terre Sainte.

VINCENZO BELLOMO

Directeur Pro Terra Sancta – Bethléem

« Depuis le début de l’urgence sanitaire, en tant qu’association Pro Terra Sancta, nous nous sommes engagés à rouvrir au plus tôt les projets possibles, et parmi eux, le projet lié à l’urgence de l’eau. En plus de cinq ans, ce projet a donné l’opportunité d’avoir un meilleur accès à l’eau à plus de 90 familles de la région de Bethléem, Beit Jala et Beit Sahour, et pour nous, rouvrir le projet pendant l’urgence a représenté aussi une opportunité d’offrir une occupation. »

HUSSAM WAHAB

Amis de la Fondation de Terre Sainte

« Nous avons de nombreux projets, en particulier avec l’association Pro Terra Sancta. Cette collaboration ne s’est pas développée uniquement au sujet du projet lié à la distribution de l’eau, mais nous avons également rénové quelques maisons ensemble. Nous espérons que cette collaboration continue. À présent, nous sommes sur le toit de la maison d’une des personnes qui ont bénéficié du projet de l’eau. Un projet particulier, qui fournit des citernes à plusieurs familles. »

IRENE LOLUS

Beit Jala

« Nous souffrons beaucoup de l’interruption continue de l’approvisionnement en eau dans cette région. Ici, nous recevons de l’eau tous les 20 ou 25 jours. Ce projet nous aidera à obtenir plus d’eau, et à faire face ainsi aux besoins de nos maisons. Le pays a un besoin urgent de projets comme celui-ci. Merci d’avoir pensé à nous et merci pour ce que vous faites à travers ce projet. »

Le travail de l’association Pro Terra Sancta ne se limite pas au projet lié à l’eau, mais vise également à maintenir la présence chrétienne en Terre Sainte par le biais de projets particuliers qui soutiennent les hôpitaux, les infirmières à domicile pour les personnes âgées et les jeunes ménages.

AMER BANOURA

Beit Sahour

« Je travail à l’hôtel Casa Nova. En ce moment, je ne reçois que la moitié de mon salaire, ce qui n’est pas suffisant pour construire et aménager une maison, parce que cela coûte beaucoup. Sans l’aide de l’association Pro Terra Sancta, je ne sais pas si j’aurais été en mesure d’aménager complètement la maison et de me marier ; j’aurais dû repousser tous mes projets d’une année ou plus. Je les remercie beaucoup pour l’attention qu’ils montrent envers les jeunes ménages et parce qu’ils répondent à leurs besoins urgents de façon qu’ils puissent commencer leur nouvelle vie ensemble. »

En suivant les valeurs chrétiennes, l’Association Pro Terra Sancta désaltère les personnes dans le besoin, éclairée par l’enseignement du Maître qui donne l’eau de la vie. “Celui qui boit de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif”.

Source : Christian Media Center



 


Gaudet Mater Ecclesia : Firas Abedrabbo a été ordonné prêtre

 

28 juin 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BEIT JALA - Le diacre Firas Abedrabbo, bien connu de la Lieutenance de Belgique (et en particulier du Groupe des jeunes) notamment pour avoir été le secrétaire particulier de Mgr Pizzaballa a été ordonné prêtre ce samedi 27 juin 2020 dans son église paroissiale de Beit Jala. (Vidéo de la cérémonie)

Firas est né en Palestine, à Jérusalem, le 14 septembre 1984. Il fait partie d’une ancienne famille latine de Beit Jala.

Il a connu deux périodes distinctes au Séminaire de Beit Jala. Il est entré pour la première fois en 2002, après ses études secondaires. Il y est resté pendant quatre années. Après cela, il a rejoint les moines de l’Abbaye bénédictine de la Dormition, située sur le Mont Sion à Jérusalem, pour vivre avec eux pendant six mois.

Il a choisi de faire une longue pause pendant laquelle il a travaillé pendant un semestre à l’Alliance française de Bethléem avant d’intégrer la faculté de droit de l’université de Birzeit où il a décroché une licence en 2011. Eligible à une bourse du Consulat Général de France à Jérusalem, il a pu partir étudier deux années à Toulouse au terme desquelles il a obtenu un master de droit public.

Revenu en Palestine en 2013, il a travaillé au bureau média du Patriarcat latin pour la partie arabe du site. Pendant ces neuf années d’études et de travail, il indique " ...j’ai toujours ressenti un appel de la part de Dieu, mais je ne me sentais pas encore prêt à y répondre avec totale liberté. C’est après une retraite spirituelle passée au monastère de l’Emmanuel à Bethléem que j’ai pris la décision de rejoindre le séminaire du Patriarcat latin ..."

Ayant terminé sa formation au Séminaire patriarcal, Firas a été ordonné diacre le 15 juin 2018. Il a ensuite été au service de l’administrateur apostolique du Patriarcat latin comme secrétaire particulier.

Il a été ordonné ce samedi 27 juin 2020 dans son église de Beit Jala par Mgr Pizzaballa en la présence de de Sa Béatitude le Patriarche émérite Sabbah et de S. Exc. Mgr Leopoldo Girelli, Nonce Apostolique en Israël et Délégué Apostolique à Jerusalem et en Palestine ainsi que des vicaires généraux du Patriarcat, de prêtres et de très nombreux fidèles (parmi lesquels beaucoup de scouts). En raison des normes sanitaires, seuls des invités pouvaient participer à la joyeuse célébration polyglotte qui a dès lors été retransmise sur YouTube.

Le nouveau prêtre a choisi comme "devise" d’ordination : "S’il me manque l’amour, je ne suis rien (1 Co 13, 1).

La Lieutenance de Belgique le félicite pour son ordination et lui souhaite un ministère très heureux et très fécond !



 


Joyeuse fête de Pâques

 

30 avril 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - La Lieutenance belge de l’Ordre du Saint-Sépulcre vous souhaite une très joyeuse fête de Pâques.
Que la joie de la Résurrection resplendisse sur nos visages et dans notre vie, afin que le monde reconnaisse son unique Sauveur, croie et soit sauvé de la tristesse, du désespoir, de la haine et des divisions.



 


Division entre les patriarcats orthodoxes d’Antioche et de Jérusalem

 

8 juillet 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le monde orthodoxe connaît une nouvelle crise canonique entre patriarcats. Les motifs de la discorde sont de deux ordres : la violation par le Patriarcat de Jérusalem des frontières géographiques du Patriarcat d’Antioche et la création d’un diocèse au Qatar (le dernier découle logiquement du premier). Le Patriarcat d’Antioche fustige également son manque de coopération.

Voici la déclaration du Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche :

Vu que depuis la violation du Patriarcat de Jérusalem des frontières géographiques du Patriarcat d’Antioche et la création d’un diocèse à Qatar confié à un ‘archevêque’, l’Eglise d’Antioche a tenté de trouver une solution au problème dans un esprit de paix et sur une base de coopération et de coordination entre les Eglises Orthodoxes sœurs, afin de parvenir à une issue susceptible de mettre fin à la violation de ses droits, de garantir la pérennité du travail pastoral en cours au Qatar et d’éviter d’ébranler l’unité de l’Orthodoxie ;

Etant donné que l’Eglise d’Antioche a utilisé, depuis cette violation et jusqu’à ce jour, tous les moyens iréniques, y compris les médiations entreprises par le Patriarcat Œcuménique et d’autres Eglises sœurs, ainsi que par le Gouvernement grec, sans parvenir à une solution du problème ;

Etant donné que le Patriarcat de Jérusalem se dérobe dernièrement de l’accord conclu en présence de délégués du Patriarcat Œcuménique et du Ministère grec des Affaires Etrangères, et des promesses faites des primats d’Eglises sœurs qui ont offert leurs bons offices ;

Vu que le dit Patriarcat persiste dans la violation de nos droits et dans sa prétention d’avoir lui-même des droits sur des régions dépendantes canoniquement du Patriarcat d’Antioche, et qu’il refuse toute tentative de résolution du différend ;

En foi de quoi, Vu que toutes les initiatives de conciliation ont abouti à une impasse,

Et que tous ceux qui ont entrepris ces initiatives ont reconnu le droit inaliénable et total du Patriarcat d’Antioche sur ‘l’Arabie’, y compris tous les pays du Golfe arabique, Les Pères du Saint Synode ont pris la Résolution suivante :

  • La rupture de la communion ecclésiastique avec le Patriarcat de Jérusalem et ce jusqu’à nouvel ordre.
  • L’affirmation que toute résolution du différend doit se baser sur l’accord conclu à Athènes en juin 2013.
  • L’insistance de l’Eglise d’Antioche sur le respect du principe d’unanimité lors de toutes les rencontres panorthodoxes, tant en ce qui concerne la présence de toutes les Eglises Orthodoxes sœurs que la prise de décisions.
  • Les dispositions de la présente Résolution sont applicables dès ce jour, et il n’est plus possible à tous les clercs antiochiens de participer à aucun service liturgique présidé par des clercs du Patriarcat de Jérusalem, ou auquel ceux-ci participent.

En effet, le patriarcat d’Antioche constate donc « la rupture de la communion ecclésiastique avec le Patriarcat de Jérusalem et ce jusqu’à nouvel ordre ». De même, il constate également que ses clercs ne peuvent participer « à aucun service liturgique présidé par des clercs du Patriarcat de Jérusalem, ou auquel ceux-ci participent ».

Source : www.orthodoxie.com



 


Investitures 2015 : Homélie du Grand-Prieur

 

15 juin 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Voici le texte de l’homélie prononcée par Mgr Jean Kockerols, Grand-Prieur de la Lieutenance de Belgique, ce 13 juin 2015, au cours de la Messe d’investitures.

Homélie pour l’engagement des chevaliers de l’Ordre du S. Sépulcre

Je voudrais reprendre quelques éléments de l’engagement solennel que vous prenez ce jour.

  • Il vous est rappelé que l’engagement de chevalier est présenté comme un idéal de vie. Est-ce encore de notre temps ? Trop souvent l’idéal est dénaturé : ne rêvons pas, soyons réalistes. Vous êtes de doux rêveurs. Non, l’idéal n’est pas opposé à la réalité, ce serait trop faire plaisir à Platon. L’idéal est appelé à imprégner la réalité, à la tirer vers le haut, vers le beau, vers le vrai. Trop peu de gens aujourd’hui ont de l’idéal. Surtout quand on prend de l’âge. Accepter un idéal, ce n’est pas de la naïveté, de la candeur, c’est être audacieux, c’est avec des convictions, c’est rester jeune, au moins d’esprit. Et quand bien même on nous traite des rêveurs, nous répondrons avec John Lennon : you may say I am a dreamer, but I am not the only one  !
  • Quel est cet idéal ? Devenir Chevalier ou dame du Saint-Sépulcre « veut dire à la fois lutter pour le règne du Christ, pour l’extension de l’Église et faire œuvre de charité, avec le même esprit profond de foi et d’amour ». La formule est traditionnelle ; elle mérite d’être décortiquée, pour bien en goûter l’intensité. « Lutter pour le règne du Christ », le faisons-nous ? C’est un combat tant extérieur qu’intérieur. Il ne sert de rien de désirer que d’autres soient chrétiens, si on n’est pas entré dans le combat que le Christ puisse régner en toute chose, et donc en moi. C-à-d qu’il soit premier, soit le guide, soit l’inspirateur. « Lutter pour le règne du Christ » autour de moi, d’accord et donc en premier lieu, en lieu originel : en moi.
  • « Lutter pour l’extension de l’Eglise » : on ne se bat pas longtemps pour une association. On se bat pour une cause, on se bat pour ceux qu’on aime, sauf à être mercenaire. Jésus a bien distingué entre le bon pasteur et le mercenaire. Nous luttons pour et avec l’Eglise que nous aimons. Et nous l’aimons parce qu’elle est le Corps du Christ. Pas un club, pas une association pieuse : l’Eglise, la communauté des appelés et des sauvés. Un peu de tout, à l’instar de ceux qui à Jérusalem reçurent l’Esprit et soudain se mirent à se comprendre et donc à faire corps. « Lutter pour l’extension de l’Eglise » : parce que cette Eglise est mienne et j’en suis une pierre vivante.
  • Et enfin « faire œuvre de charité » : toujours se rappeler que vaine est la foi, si elle ne se manifeste pas par la charité, si elle ne prend pas chair dans mon quotidien. C’est à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres qu’on les reconnaîtra comme chrétiens... Immense défi. Un amour qui n’est possible que parce qu’il est enraciné dans l’amour que Dieu a pour nous. Sans cette source de l’amour de Dieu, rien n’est possible. « Faire œuvre de charité » : parce que je me rends compte, jour après jour, que je suis une « œuvre de charité » de Notre Seigneur.
  • A ma question « devenir Chevalier du Saint-Sépulcre veut dire à la fois lutter pour le règne du Christ, pour l’extension de l’Église et faire œuvre de charité, avec le même esprit profond de foi et d’amour. Êtes-vous prêts à accepter cet idéal pour votre vie ? », vous répondrez : « je suis prêt ». Prêt à accepter cet idéal. Mais aussi prêt et désireux de le mettre en œuvre, de lui donner consistance, réalité.

Tout en restant idéalistes.
Avec audace et conviction.
En luttant pour que le Christ règne en chacun de nous.
En aimant l’Eglise à laquelle le baptême nous a agrégé.
En déployant, par la foi et la charité, l’amour dont nous sommes éternellement aimés.

Amen.

+ Jean Kockerols 13.6.2015



 


Deux sœurs chez les Bédouins

 

9 juin 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Retour sur la visite de l’école maternelle d’un campement bédouin du désert de Judée avec les sœurs comboniennes : une réalité dramatique, souvent oubliée, en marge de la société.

Le rendez-vous était fixé près de la colonie de Maale Adumim, sur la route qui descend de Jérusalem à Jéricho. Sœur Azezet et Sœur Agnès sont venues en jeep, seul moyen pour circuler facilement dans le désert, pour embarquer le petit groupe formé d’Andrea et Lorenzo, tous deux frères de la Famille de la Visitation, d’Henrique Abreu, responsable des projets du Patriarcat Latin et de la nièce de sœur Azezet.

Après Maale Adumim et la colonie de Kedar, il pénètrent dans le désert de Judée près du célèbre mont Mountar, non loin du monastère de Mar Saba, là où le paysage de collines est enchanteur, et où les dunes se marient avec les vieilles pierres, les épines et les jeunes pousses sauvages. Arrivés à destination ils découvrent un amas de tentes, de cabanes, d’enclos pour les moutons : c’est là où habitent les Bédouins. Et c’est là aussi que les sœurs ont ouvert leur école maternelle.

Les familles d’ici sont originaires des sept communautés bédouines qui vivaient sur les collines à l’est de Jérusalem, région désertique dont l’unique richesse consistait en sept fontaines d’eau. C’est là que dans les années soixante, la colonie de Maale Adumim fut construite de façon illégale (derrière la Ligne Verte). Elle compte aujourd’hui plus de 50 000 habitants. Ces sept communautés bédouines furent alors chassées et commencèrent à pérégriner dans les vallées voisines. Aujourd’hui, les communautés sont dispersées sur une dizaine de camps et vivent dans des conditions matérielles, sociales et de travail, très précaires.

Il y a quelques temps, après des années de batailles juridiques, la Cour Suprême a reconnu la gravité de l’usurpation des sept fontaines appartenant à ces communautés. Malgré cette décision en leur faveur, elles restent en marge, des deux colonies qui veulent les chasser toujours plus loin, et de la société palestinienne qui les marginalise rendant leur intégration très difficile.

Il y a cinq ans, les sœurs comboniennes ont décider d’explorer cette réalité. Elles retournèrent habiter dans le village d’Azareyah, dans un appartement proche de la tombe de Lazare que le mur de séparation, terminé il y a quelques années, a séparé de leur couvent de Béthanie, quant à lui resté dans la partie de Jérusalem. Elles collaborent depuis avec les Rabbins pour les Droits de l’Homme et avec l’ONG Vent de Terre en rendant visite aux communautés bédouines les plus isolées.Commença alors un travail de patience avec de nombreuses visites pour se connaître, nouer des amitiés et ainsi découvrir les besoins de ces personnes.

Les sœurs sont depuis devenues des membres à part entière de la famille bédouine. Elles se sont concentrées sur deux aspects primordiaux : la santé et l’éducation. Une clinique mobile liée au Ministère de la Santé palestinien, se rend de village en village pour soigner les malades, vacciner les enfants et suivre les femmes enceintes. Quelques femmes bédouines sont devenues assistantes infirmières et trois d’entre elles ont été engagées par le Ministère de la Santé Palestinien pour travailler dans la clinique régulière basée à Azareyah.

En ce qui concerne l’éducation, les sœurs se sont appuyées sur les femmes des villages. Elles ont assuré la formation de quelques-unes pour en faire des maîtresses d’écoles pour leurs enfants, trois pour chaque école construite. Il y a désormais sept écoles qui accueillent environ 25 enfants chacune dans les villages de Al Muntar, Tabana, Anata, Abu Hindi, Al Jabal, Abu Nawar I et Abu Nawar II et dans lesquelles environ quarante-cinq femmes bédouines sont employées comme maîtresses. Douze nouvelles jeunes filles ont d’ailleurs fini leur formation le 31 mai 2015.

Les écoles permettent d’ouvrir ces femmes et leurs enfants à monde nouveau et inconnu : jeux, formations, cours d’apprentissage, actualités, soins personnels, hygiène, rencontres avec des personnes qualifiées… Et le dénominateur commun de cette spirale positive ce sont les sœurs. Les maitresses sont unanimes pour le dire : “Ces sœurs chrétiennes, nos amies, nous ont sauvé la vie en nous tirant vers le haut. En nous impliquant, elles ont changé notre quotidien et nous leurs en sommes très reconnaissantes !”
La visite s’est terminée par un déjeuner sous la tente du chef du village, celui que sœur Azezet et sœur Agnès appellent affectueusement Abraham, surnom que l’on comprend aisément en voyant sa belle barbe blanche et son sens de l’hospitalité.

A cette « périphérie de la périphérie » de la Terre Sainte, ces personnes victimes d’une injustice constante et cachée ont reçu beaucoup de ces sœurs comboniennes que rien n’arrêtent. Rien ne saurait les faire renoncer. Elles ont tellement de projets en tête pour apporter et améliorer leur aide à ces femmes, qu’elles ont désormais besoin de personnes, de contributions, de bienfaiteurs, et, bien sûr, de l’Eglise.

Photos, vidéos et article de Andres Bergamini pour www.lpj.org



 


Des réfugiés chrétiens irakiens visitent Jerash

 

30 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERASH – Une centaine de réfugiés chrétiens irakiens hébérgés à la paroisse de Madaba (Jordanie) ont eu la joie de visiter la vieille ville de Jerash (antique citée d’Antioche). Il s’agit d’une deuxième initiative du Bureau de Développement des Projets du Patriarcat, après la visite de Petra.

L’excursion d’une journée a permis à plus d’une centaine de chrétiens réfugiés de visiter la ville antique de Jerash en Jordanie : le site des ruines de la cité gréco-romaine de Gerasa, aussi nommée Antioche.

Cette journée est le fruit des initiatives humanitaires destinées aux réfugiés du Patriarcat latin de Jérusalem, qui se propose d’offrir à ces derniers des temps de loisirs, les aidant à revivre et à reprendre courage après ce qu’ils ont vécu en Irak et face l’incertitude de leur avenir. L’initiative a été réalisée notamment grâce au soutien des aides humanitaires du Patriarcat latin et d’un très généreux chrétien de Terre Sainte.

Le Centre Notre Dame de la Paix est également pionnier dans le domaine social et offre aux réfugiés un programme composé de trois cours : anglais, informatique et gymnastique. L’objectif est d’étendre sans plus tarder ce programme aux autres paroisses de la région qui accueillent des réfugiés irakiens, ou qui s’apprêtent à en recevoir.

Source : www.lpj.org



 


Un tronçon de l’aqueduc antique de Jérusalem découvert

 

30 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Un tronçon d’aqueduc antique de Jérusalem a été mis au jour dans le quartier est d’Umm Tuba, près de la colonie d’Har Homa, lors de la pose d’une conduite d’égout.

Un tronçon d’aqueduc antique de Jérusalem a été mis au jour dans le quartier est d’Umm Tuba, près de la colonie d’Har Homa, lors de la pose d’une conduite d’égout.

Selon Yaacov Billig, l’archéologue de l’Autorité des Antiquités d’Israël qui a dirigé des fouilles, cet aqueduc a été construit à l’époque des rois asmonéens, au IIe-Ier siècle avant J.-C. pour alimenter Jérusalem en eau. L’aqueduc part de la source d’Ein Eitam, près des Piscines de Salomon, au sud de Bethléem, et court sur environ 21 kilomètres, en pente très douce. Le segment d’aqueduc a été réenfoui après l’intervention des archéologues.

La suite de la dépêche originale en anglais sur antiquities.org.il



 


Manifestation de protestation des écoles chrétiennes contre les politiques discriminatoires

 

28 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Les écoles chrétiennes d’Israël ont organisé ce 27 mai 2015, une manifestation sans précédent pour dénoncer les politiques discriminatoires dont elles estiment faire l’objet de la part du gouvernement.

Près de 700 enseignants, parents accompagnés de leurs enfants et religieux se sont retrouvés à 11.00 locales le 27 mai sur la place se trouvant devant le palais Lev Ram, siège du Ministère de l’éducation, exposant de grandes pancartes et distribuant des tracts dans lesquels étaient résumées les raisons de cette protestation inédite.

"Il s’agit d’une manifestation pacifique et respectueuse, pour dire que nous voulons être traités comme les autres, tant du point de vue économique que de celui de la liberté d’éducation" indique à l’Agence Fides le Père Abdel Masih Fahim, Directeur du Bureau des écoles chrétiennes.

Les écoles chrétiennes en Israël sont fréquentées par 30.000 élèves dont seule la moitié est chrétienne. La majeure partie d’entre elles étaient actives dès avant la constitution de l’Etat d’Israël. En obtenant d’excellents résultats scolaires, elles forment les élèves selon les valeurs chrétiennes de l’amour du prochain, du pardon et de la tolérance, alimentant au travers de leur travail quotidien une sensibilité ouverte à la coexistence et vaccinée contre tout sectarisme.

Les écoles chrétiennes – peut-on lire dans un communiqué publié à l’occasion de la manifestation – appartiennent à la catégorie des écoles « reconnues mais non publiques » et reçoivent un financement partiel de la part du Ministère. Le reste des coûts est couvert par des frais de scolarité versés par les parents.

Depuis des années, le Ministère de l’éducation tente de réduire le budget des écoles chrétiennes - -45% au cours de ces dix dernières années – et cela a contraint ces écoles à augmenter les frais de scolarité à la charge des familles. La diminution des financements pèse surtout sur les parents de la partie de la population arabe israélienne dont le revenu moyen par famille est inférieur à la moyenne nationale.

Un comité nommé par le Bureau des écoles chrétiennes en Israël a conduit des négociations pendant huit mois avec le Ministère et ce dernier a proposé que les écoles deviennent des écoles publiques. Cette proposition est interprétée par les titulaires des écoles (Eglises, monastères etc.) comme la fin de l’entreprise éducative chrétienne basée sur des valeurs chrétiennes et comme un coup très grave porté à la minorité chrétienne en Terre Sainte. A la lumière de ces faits, les écoles chrétiennes ont interrompu les négociations.

"On tente d’imposer également dans les écoles primaires chrétiennes un système d’enseignement standard déjà adopté dans les écoles hébraïques et dans les écoles arabes gouvernementales – explique à Fides le Père Abdel Masih Fahim – système qui annihilerait la spécificité de leur approche éducative. Les enseignants eux aussi se trouvent pénalisés par rapport à leurs collègues des autres écoles, en ce qui concerne leurs droits de travailleurs".

A la manifestation de Jérusalem, ont également pris part Leurs Excellences NN.SS. William Shomali et Giacinto Boulos Marcuzzo, du Patriarcat latin de Jérusalem.

Source : Agence Fides



 


Pentecôte : "Le fruit par excellence de l’Esprit Saint est la sainteté"

 

25 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – La fête de la Pentecôte, c’est-à-dire de la diffusion de l’Esprit Saint sur la communauté des Apôtres le cinquantième jour après la résurrection de Jésus d’entre les morts a été célébrée ce dimanche 24 mai. A Jérusalem, Mgr William Shomali a présidé une Messe Solennelle dans l’Abbaye de la Dormition, sur le Mont Sion à quelques pas du Cénacle, durant laquelle il a donné le sacrement de la confirmation à trois personnes baptisées.

« Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble ». C’est ainsi que Saint Luc commence le deuxième chapitre du livre des Actes des Apôtres pour décrire l’évènement de la Pentecôte. Cinquante jours après sa victoire sur la mort, et dix jours après son Ascension dans le ciel, le Christ a envoyé, selon sa promesse, l’Esprit Saint, l’Esprit de consolation, qui donne aux croyants et à l’Eglise les dons de la sagesse, du discernement, du conseil, de la force, de la connaissance, de la crainte du Seigneur et de la piété.

La fête de la Pentecôte chrétienne trouve ses origines dans la fête juive de « shavouot », une fête en action de grâce à Dieu pour la récolte du blé, et ensuite pour la Loi donnée à Moise sur le Mont Sinaï. Dans l’Eglise, cette fête est l’occasion pour rendre grâce à Dieu pour le don de l’Esprit Saint répandu sur les apôtres et la Sainte Vierge, sur le Mont Sion, et qui nous habite depuis notre baptême et confirmation.

La tradition veut que le Patriarche Latin, ou son vicaire, préside la Messe à l’Abbaye bénédictine allemande de la Dormition, qui est un des lieux chrétiens les plus proches du Cénacle, où il est interdit de dire la Messe de manière ordinaire depuis l’expulsion des franciscains il y a cinq siècles.

Une Messe solennelle fut présidée cette année par le Vicaire Patriarcal à Jérusalem, Mgr Shomali, qui a donné également le sacrement de confirmation à trois baptisés, dont Mlle Eva Maurer Morio, volontaire au Patriarcat Latin et au Home Notre Dame des douleurs depuis presque un an.

Un grand nombre de fidèles a assisté à la célébration, qui fut un moment calme et recueilli, de communion entre piété et solennité, grâce notamment au chant grégorien qui marque la liturgie bénédictine depuis des siècles.

Dans son homélie, le Vicaire Patriarcal a évoqué les fruits de l’Esprit Saint tout en soulignant : « Le fruit par excellence de l’Esprit Saint est la sainteté, et cette année notre Eglise de Jérusalem a donné deux beaux fruits avec Sainte Marie-Alphonsine Ghattas et Sainte Mariam de Jésus crucifié Baouardy qui ont été canonisées la semaine dernière. Sainte Mariam notamment, a beaucoup à nous enseigner sur la vie dans l’Esprit. Elle n’a cessé de parler, par sa vie et son œuvre, de la docilité à l’Esprit Saint, de Son travail dans les âmes, et en a aussi encouragé la dévotion par une prière ».

Célébrer la Pentecôte sur la Sainte Montagne de Sion est un privilège pour les chrétiens locaux et les chrétiens venus en pèlerinage. La joie pouvait se lire sur les visages de tous les participants, lesquels furent ensuite invités à partager un rafraîchissement dans la cour de l’Abbaye.

Que l’Esprit Saint nous accompagne durant ce nouveau temps liturgique qui commence, le temps « ordinaire », celui de la sagesse chrétienne incarnée dans le quotidien, par la fidélité à la Loi Nouvelle, de Jésus Christ.

Firas Abedrabbo pour www.lopj.org



 


Le Patriarche Twal salue l’accord entre le Saint-Siège et l’Etat de Palestine

 

23 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Depuis la Ville éternelle où il assiste aux festivités liées aux canonisations, le Patriarche latin Twal a salué le contenu de l’accord entre le Siège apostolique et l’Etat de Palestine. Il exprime ses espérances pour la paix et la justice dans la région.

Comme nous l’avons indiqué, la commission bilatérale du Saint-Siège et de l’État de Palestine a finalement conclu ses travaux à l’issue d’une rencontre plénière ce mercredi 13 mai 2015. Le fruit de leur travail, conduit par le Sous-secrétaire pour les Rapports avec les Etats, Mgr Antoine Camilleri et l’ambassadeur palestinien Rawan Sulaiman, ministre adjoint pour les affaires étrangères, sera prochainement présenté aux autorités concernées et une date de signature sera alors définie.

Déjà depuis novembre 2012, suite au vote accordant à la Palestine le statut d’Etat Observateur non membre auprès de l’Organisation des Nations Unies, le Vatican utilise le nom d’ « Etat de Palestine » dans tous ses documents officiels, dans les différents communiqués sur le pays, comme par exemple dans le programme officiel du voyage du pape François en Terre Sainte en mai 2014. Mahmoud Abbas s’est rendu deux fois au Vatican depuis le vote de l’ONU, et a été à chaque fois reçu et officiellement nommé « président de l’Etat de Palestine ». C’est aussi sous ce titre, qu’il a été chaleureusement reçu ce samedi 16 mai par le pape François, avant d’assister le lendemain 17 mai à la canonisation de deux saintes palestiniennes Mariam Baouardy et Marie-Alphonsine Ghattas.

Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem a salué chaleureusement « les progrès accomplis pour faciliter la vie et l’œuvre de l’Eglise en Palestine ». Cet accord, a souligné également le Patriarche, « est aussi un signe d’espérance et une consolation de plus pour le peuple palestinien, une avancée supplémentaire sur le chemin de la justice, et donc de la paix. En dépit des grandes difficultés qui sont les nôtres dans la région, nous ne sommes pas seuls sur la scène internationale. Le Saint-Siège mais aussi le monde entier petit à petit est à nos côtés. Cette annonce qui est arrivée la veille de la canonisation de deux de nos filles de Palestine vient nous encourager à continuer, et à persévérer dans la foi en une paix possible pour tous en dépit des circonstances. Car la paix n’adviendra jamais pour un peuple seul. »

Et le Patriarche d’ajouter : « Nous espérons que, une fois l’accord signé, soit aussi présente la Ligue Arabe et qu’il serve de modèle pour d’autres pays. »

Le Vatican encourage la solution à deux États depuis des décennies, comme en témoignent les discours des papes, les documents officiels et l’accord conjoint sur les questions relatives à la vie quotidienne des communautés chrétiennes en Terre Sainte. Reste à voir si l’accord avec la Palestine annoncé hier aura un impact sur les longues négociations bilatérales entamées entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël qui peinent à avancer.

Si la reconnaissance de l’Etat de Palestine par le Vatican n’est pas un fait nouveau, l’annonce de ce mercredi 13 mai apporte néanmoins des éléments novateurs. L’accord diplomatique et sa prochaine signature représentent une étape supplémentaire importante en ce que le nom d’« État de Palestine » apparaît dans un document clé d’une importance vitale pour les relations entre le Saint-Siège et les Palestiniens. Un document qui touche de nombreux aspects concrets de la vie de l’Église catholique en Palestine. Comme dans tous les accords signés par le Saint-Siège avec d’autres États, a précisé Mgr Antoine Camilleri, à l’Osservatore Romano, il s’agit de « favoriser la vie et l’activité de l’Église catholique ainsi que de sa reconnaissance au niveau juridique afin de rendre plus efficace son service à la société ».

Mgr Camilleri, sans dévoiler l’accord qui n’a pas encore été rendu public, en a présenté les principaux aspects. Le préambule et le premier chapitre du texte portent sur les principes et les normes fondamentales garantissant un cadre pour une collaboration entre les deux parties. « On y exprime, par exemple, notre souhait de voir une solution à la question palestinienne, et au conflit entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre d’une solution à deux États et des résolutions de la communauté internationale ». Suit un deuxième chapitre « très élaboré et détaillé » sur la liberté religieuse et de conscience. Il y a ensuite d’autres chapitres sur différents aspects de la vie et de l’activité de l’Église dans les territoires palestiniens : sa liberté d’action, son personnel, sa juridiction, le statut des lieux de culte, la protection de ses activités sociales et caritatives et le droit de promouvoir ses moyens de communication. Un troisième chapitre est également dédié aux questions fiscales et de propriétés, explique le sous-secrétaire pour les Relations avec les États au quotidien du Saint-Siège. Ce dernier a rappelé « la valeur unique » d’un tel accord qui « traite de la présence de l’Eglise dans le pays où le Christianisme est né ».

Sources : Osservatore Romano & www.lpj.org



 


Le Saint-Siège reconnaît "l’Etat de Palestine"

 

13 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Un accord bilatéral entre le Saint-Siège et la Palestine conclu le 13 mai 2015 au Vatican reconnaît clairement “l’Etat de Palestine“. Discuté depuis une quinzaine d’années, cet accord concerne principalement l’activité de l’Eglise catholique et sa reconnaissance juridique dans les territoires palestiniens. Le Saint-Siège y réaffirme que la résolution du conflit israélo-palestinien passe par la création de deux Etats indépendants.

Après un premier accord en 2000 avec l’OLP, le Saint-Siège a signé un nouvel accord bilatéral cette fois avec « l’État de Palestine », ce mercredi 13 mai. La référence à l’État de Palestine comme il est affirmé dans l’accord est « en continuité » avec la position du Saint-Siège, a expliqué Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les rapports avec les États au Vatican.

Dans un entretien à l’Osservatore Romano, ce chef de la délégation vaticane, qui a négocié l’accord avec les autorités palestiniennes, rappelle que le Saint-Siège avait déjà accueilli favorablement la résolution de l’assemblée générale des Nations unies du 29 novembre 2012 qui reconnaissait à la Palestine un statut d’État observateur non-membre de l’ONU.

« ÉTAT INDÉPENDANT, SOUVERAIN ET DÉMOCRATIQUE »
Le Vatican espère que le nouvel accord « puisse de quelque façon aider les Palestiniens à voir établi et reconnu un État de Palestine indépendant, souverain et démocratique qui vive en paix et sécurité avec Israël et ses voisins », selon les propos de Mgr Camilleri, qui appuie la solution de deux États pour la paix entre Israël et la Palestine.

Cette position est, de fait, celle constante du Saint-Siège, comme le voyage du pape François en Terre sainte il y a un an l’avait encore illustré. Le pape avait brièvement incliné la tête devant le drapeau palestinien avant une entrevue avec le président Mahmoud Abbas, qu’il doit recevoir au Vatican samedi prochain. L’annonce de l’accord survient en effet à l’approche de la canonisation de deux Palestiniennes au cours d’une messe que célébrera le pape dimanche prochain place Saint-Pierre. Il pourrait être signé à cette occasion.

DÉCISION « DÉCEVANTE » POUR ISRAËL
L’établissement de rapports officiels entre le Saint-Siège et la Palestine fait suite aux accords d’Oslo de 1993. L’année suivante, Jean-Paul II nomma un délégué apostolique à Jérusalem et pour la Palestine, qui dispose d’un ambassadeur près le Saint-Siège.

Les relations diplomatiques avec Israël remontent également à 1994. Depuis 1999, un accord économique est en cours de négociation avec Tel-Aviv, que Mgr Camilleri estime « quasi prêt » et qui, selon lui, « peut être bientôt signé » également.

Mais dès ce 13 mai, Israël estime l’accord conclu entre le Saint-Siège et la Palestine comme une décision « décevante », « qui n’encouragera pas les Palestiniens à reprendre le chemin des négociations », selon un communiqué du ministère des affaires étrangères.

« LIBERTÉ RELIGIEUSE ET DE CONSCIENCE »
Sur le fond, l’accord bilatéral conclu avec les autorités palestiniennes donne à l’Église catholique, toujours selon Mgr Camilleri, une « liberté d’action », un statut juridique sur le territoire palestinien et y règle également les questions fiscales et de propriété.

Le Saint-Siège met en avant que cet accord conclu avec un pays à majorité musulmane, de surcroît « terre où est né le christianisme », reconnaît « la liberté religieuse et de conscience, de manière élaborée et détaillée ». Cela peut être « suivi des autres pays à majorité musulmane », espère Mgr Camilleri : « Il montre qu’une telle reconnaissance n’est pas incompatible avec le fait qu’une majorité de la population du pays appartienne à une autre religion ».

Dans l’Union européenne, huit États parmi les Vingt-huit ont à ce jour accordé le statut d’État à la Palestine : la Bulgarie, Chypre, la République tchèque, la Hongrie, Malte, la Pologne, la Roumanie et dernièrement la Suède en 2014. Les pays d’Europe de l’Est avaient procédé à cette reconnaissance avant d’adhérer à l’Union.

Sébastien Maillard (à Rome)
Source :La Croix



 


La Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié (Mariam Baouardi) : sa vie et ses miracles

 

13 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le 17 mai 2015, le Pape François procédera à la canonisation de la Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié. Le site internet du patriarcat latin diffuse un article de Firas Abedrabbo consacré à la vie et aux miracles intervenus à l’intercession de la future sainte. Nous le reproduisons in extenso.

L’Eglise se prépare à célébrer bientôt la canonisation de Mère Marie-Alphonsine Ghattas et de Sœur Marie de Jésus Crucifié (Mariam Baouardi). Elle reconnaît par là l’authenticité de leur expérience spirituelle tout en les présentant comme modèles et intercesseurs pour les fidèles. Comment l’Eglise reconnaît-elle la sainteté de ses fidèles ?

Il y a ici deux « preuves » de la sainteté de ces deux religieuses : d’abord leur vie même (une vie chrétienne vertueuse) et ensuite les grâces particulières que Dieu a répandues aux fidèles vivants, par l’intercession de ces deux filles de Terre Sainte, après leur mort. Ces grâces particulières sont appelés « miracles » par l’Eglise, et sont des cas de guérison subite, non explicables scientifiquement. Retour sur la vie et les miracles de Mariam de Jésus Crucifié. Un article précédent a été consacré à Marie-Alphonsine Ghattas.

Première preuve de la sainteté de Sœur Marie de Jésus Crucifié : son humilité et son attachement à une vie évangélique.

Nous avons parlé dans un précédent article du procès de canonisation. L’Eglise procède à des investigations sur la vie du candidat, pour savoir s’il a vécu les vertus et les commandements du Seigneur dans l’Evangile d’une façon héroïque. On examine donc sa vie, et on écoute les témoignages de ceux qui l’ont connu. Et après avoir reconnu l’œuvre de Dieu dans la vie de Mère Marie Alphonsine, nous voulons admirer Son œuvre dans la vie de Sœur Marie de Jésus Crucifié, elle qui s’estimait être « le petit rien » !
Galilée : l’enfance

Mariam Baouardy est née le 5 janvier 1846, à Ibillin, un petit village de Galilée à mi-chemin entre Nazareth et Haïfa. Ses parents, profondément croyants, portent une lourde épreuve : ils ne parviennent pas à mettre au monde d’enfant qui survive ; l’un après l’autre, douze garçons sont morts tout petits. Dans leur profonde douleur et confiance en Dieu, ils décident alors de faire un pèlerinage à pied à Bethléem pour aller prier à la crèche et demander à la Vierge Marie la grâce d’une fille. Mariam naît neuf mois plus tard. Elle est baptisée et confirmée selon la tradition gréco-catholique de sa famille. L’année suivante, un petit frère, Boulos, vient ajouter à la joie de la famille.

Mais Mariam n’a pas encore 3 ans lorsque son père meurt, puis quelques jours plus tard sa mère, emportée par la douleur. Voyant la mort arriver, son père avait pris Mariam dans ses bras, demandant à
St Joseph d’être désormais son père et de veiller sur elle. A bien des reprises cette prière sera exaucée. Boulos est adopté par une tante maternelle, habitant un village voisin, et Mariam par un oncle paternel, de condition aisée. Quelques années plus tard, celui-ci s’installera à Alexandrie en y emmenant Mariam.

De ses années d’enfance en Galilée, il restera à Mariam tout à la fois l’émerveillement devant la beauté de la Création, la lumière, les paysages où tout lui parle de Dieu (cet émerveillement se reflètera plus tard dans les hymnes jaillis spontanément de son cœur au cours de certaines extases) et le sentiment profond que tout passe. Un petit incident la marque profondément : deux petits oiseaux meurent dans ses mains alors qu’elle entreprend de les laver énergiquement ; elle doit donc les enterrer, tristement, lorsqu’elle entend intérieurement cette parole qui la marquera pour toujours : “Vois, c’est ainsi que tout passe ; mais si tu veux me donner ton cœur, je te resterai toujours.”

Alexandrie : le martyre

1858 : Mariam a 12 ans, elle est depuis quelques années à Alexandrie, quand elle apprend que son oncle veut la marier. Mais elle est décidée à se donner tout entière au Seigneur et refuse. Menaces, humiliations et mauvais traitements ne peuvent entamer sa résolution. Au bout de trois mois, elle va trouver un ancien serviteur de la maison pour tenter de transmettre une lettre à son frère resté en Galilée. En entendant le récit de ses souffrances, le serviteur qui est musulman l’exhorte à quitter les chrétiens et à embrasser sa religion. Mariam refuse. En colère, l’homme tire son cimeterre et lui tranche la gorge, puis abandonne son corps dans une ruelle sombre. Nous sommes le 8 septembre 1858.
C’est alors que le surnaturel va faire irruption dans sa vie. Elle racontera plus tard qu’elle est vraiment morte à ce moment-là, et qu’il lui a semblé entrer au Paradis, voir la Vierge, les saints et ses parents, la glorieuse Trinité… Mais son temps n’est pas encore venu, et elle se réveille dans une grotte, auprès d’une jeune femme qui ressemble à une religieuse habillée en bleu. Durant quatre semaines, celle-ci la soigne, la nourrit, l’instruit. Puis lorsqu’elle est guérie, celle qu’elle présentera plus tard comme la Vierge Marie elle-même, l’emmène dans une église et l’y laisse.
A partir de ce jour, elle va de ville en ville (Alexandrie, Jérusalem, Beyrouth, Marseille…) comme servante, choisissant de préférence des familles pauvres, les aidant, partant dès qu’elle se trouve trop honorée. Mais elle va devenir aussi de façon toute particulière témoin de cet “univers invisible” auquel nous croyons sans le voir, et qu’elle a expérimenté tout au long de sa vie.

Marseille : les Sœurs de Saint Joseph

A Marseille, Mariam est mise en contact avec les Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition. Elle a 19 ans et n’en paraît que 12 ou 13. Elle parle mal le français, est de petite santé après tout ce qu’elle a vécu, mais elle est accueillie comme postulante, et sa joie est grande de pouvoir ainsi se donner au Seigneur. Toujours prête pour les travaux les plus fatigants, elle passe la plus grande partie de son temps à la lessive ou à la cuisine. Mais chaque semaine elle revit la Passion de Jésus, reçoit les stigmates (que, dans sa simplicité elle prend pour une maladie), et toute sorte de grâces extraordinaires commencent à se manifester. Certaines sœurs en sont bien déconcertées, et au bout de 2 ans de noviciat, Mariam n’est pas admise à s’engager dans la congrégation.

Il se trouve alors qu’une sœur de St Joseph, mère Véronique, avait demandé à entrer au Carmel mais devait attendre un peu au couvent de Marseille. En attendant, elle remplaàa la maîtresse des novices malade et fait ainsi la connaissance de Mariam qu’elle comprend et apprécie, si bien qu’elle lui propose de l’emmener au Carmel avec elle.

Pau : le Carmel

Mariam y est reçue avec joie en juin 1867, et y trouvera toujours amour et compréhension au milieu de tout ce qu’elle aura à traverser. Elle prend l’habit le mois suivant et reçoit le nom de Sr Marie de Jésus Crucifié. Elle insiste pour être sœur converse, se sentant toujours plus à l’aise dans le service des autres, et ayant du mal à réciter l’Office divin en raison de son ignorance de la lecture. Sa simplicité, sa générosité lui conquièrent les cœurs. Cette parole, au sortir d’une extase, illustre son comportement : “Où est la charité, Dieu est aussi. Si vous pensez à faire le bien pour votre frère, Dieu pensera à vous. Si vous faites un trou pour votre frère, vous y tomberez ; il sera pour vous. Mais, si vous faites un ciel pour votre frère, il sera pour vous.” Elle n’est pas parfaite pour autant, et se reproche par moments ses vivacités. Don de prophétie, attaques du démon ou extases… parmi toutes les grâces divines dont elle est comblée, il y a la perception très forte de son néant en face de Dieu, et lorsqu’elle parle d’elle-même en s’appelant “le petit rien“, c’est vraiment l’expression profonde de son être. C’est ce qui lui fait pénétrer l’insondable profondeur de la miséricorde divine où elle trouve sa joie et ses délices, sa vie. “L’humilité est heureuse d’être un rien, elle ne s’attache à rien, elle ne se fatigue jamais du rien. Elle est contente, heureuse, partout heureuse, satisfaite de tout… Bienheureux les petits !” Là est la source de son abandon au cœur des grâces les plus étranges comme au cœur des événements humains les plus déconcertants.

En Inde : la fondation du Carmel de Mangalore

A l’issue de 3 ans passés au Carmel de Pau, en 1870, Mariam est envoyée avec un petit groupe pour fonder le premier monastère de carmélites en Inde, à Mangalore. Le voyage en bateau jusque-là est toute une aventure, et trois sœurs meurent avant d’arriver. Malgré tout, on peut inaugurer la vie cloîtrée à la fin de l’année, et au printemps suivant plusieurs sœurs arrivent de France en renfort. Les expériences extraordinaires de Mariam continuent sans l’empêcher pour autant d’affronter les travaux les plus lourds et les troubles toujours liés à une nouvelle fondation dont elle est d’ailleurs vraiment l’âme. Durant ses extases, tantôt on la voit avec un visage rayonnant à la cuisine ou ailleurs ; tantôt elle participe en esprit à ce qui se passe dans l’Église ; tantôt le démon semble prendre possession d’elle, lui faisant vivre de terribles tourments et combats. Elle émet ses vœux au terme de son noviciat le 21 novembre 1871, mais des incompréhensions commencent à naître autour d’elle, mettant en doute l’authenticité de ce qu’elle vit, et les tensions créées dans son entourage finissent par provoquer son renvoi au Carmel de Pau en 1872.

Retour à Pau

Là, Mariam retrouve sa vie simple de converse au milieu de l’affection de ses sœurs, et son âme se dilate. Lors de certaines extases, alors qu’elle est presque illettrée, elle improvise dans l’élan de sa reconnaissance envers Dieu des poésies d’une grande beauté, pleines de fraîcheur et d’un charme tout oriental, où la création entière chante son Créateur ; ou bien, en un clin d’œil, la voici attirée au sommet d’un arbre, sur une branche qui ne supporterait pas même un oiseau, par l’élan de son âme vers le Seigneur… Elle est alors comme un témoin de cet univers transfiguré décrit par le prophète Isaïe (le loup habitera avec l’agneau…), ou par l’auteur de l’Apocalypse (la Femme qui a pour manteau le soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles…)
“Tout le monde dort. Et Dieu, si rempli de bonté, si grand, si digne de louanges, on l’oublie ! Personne ne pense à lui ! Vois, la nature le loue ; le ciel, les étoiles, les arbres, les herbes, tout le loue ; et l’homme, qui connaît ses bienfaits, qui devrait le louer, il dort ! Allons, allons réveiller l’univers !”
Nombreux sont ceux qui viennent chercher auprès d’elle réconfort, conseils, prières, et qui repartent éclairés, fortifiés par sa rencontre.
Peu après son retour de Mangalore, elle commence à parler de la fondation d’un Carmel à Bethléem. Les obstacles sont nombreux, mais se lèvent progressivement, parfois contre toute attente. Une bienfaitrice, Berthe Dartigaux, lui sera toute dévouée. Son confesseur, le Père Estrate, de la congrégation de Bétharram, l’encourage et la soutiendra jusqu’au bout.

Bethléem, Nazareth, Emmaüs, et son entrée au Ciel

Enfin, l’autorisation est donnée par Rome de fonder un Carmel à Bethléem, et le 20 août 1875 un petit groupe de carmélites part pour la Terre Sainte. Le Seigneur lui-même guide Mariam pour le lieu et la construction. Comme elle est seule à parler l’arabe, elle est plus particulièrement chargée de suivre les travaux : “plongée dans le sable et la chaux”, elle s’attire vite la sympathie des ouvriers ; la communauté peut venir habiter le monastère dès le 21 novembre 1876, pendant que les travaux se poursuivent.

Mariam se préoccupe aussi de la fondation d’un Carmel à Nazareth, où elle se rend pour l’acquisition d’un terrain en août 1878. C’est au cours de ce voyage que lui est révélé le lieu d’Emmaüs, qu’elle fait acheter par Berthe Dartigaux pour le Carmel.

De retour à Bethléem, elle reprend la surveillance des travaux sous une chaleur étouffante. En portant à boire aux ouvriers, elle tombe dans un escalier et se brise un bras. La gangrène va s’y installer très rapidement et Mariam meurt en quelques jours, le 26 août 1878, à 32 ans. Elle fut béatifiée le 13 novembre 1983 par saint Jean-Paul II.

Deuxième preuve de la sainteté de Sœur Marie de Jésus Crucifié : deux miracles qui ont eu lieu après sa mort.

Dans l’Eglise catholique, les autorités compétentes exigent que le candidat pour la béatification et ensuite pour la canonisation fassent deux miracles après sa mort.
Par l’intercession de Sœur Marie de Jésus Crucifié, deux miracles ont effectivement eu lieu, l’un l’a fait mériter la béatification et l’autre la canonisation.

Le miracle qui précéda sa béatification en 1983

Le 13 novembre 1983, le Pape Jean Paul II béatifie à Rome Sœur Marie de Jésus Crucifié. Le miracle pour la béatification choisi fut celui de 1929 à Shefamar en Galilée (village palestinien qui se trouve à quelques kilomètres d’Ibillin). La famille grecque catholique de Jubran Aboud et Dableh Saliba a eu 7 enfants et le cinquième – Khasneh naquit en 1926 ne se nourrissait pas et était loin de progresser, comme il arrive à cet âge. Elle restait maigre et chétive. Jusqu’à l’âge de 3 ans et demi – c’est-à-dire jusqu‘à la guérison – l’enfant n’a jamais marché et pas un instant n’a pu se tenir debout. Par pauvreté les parent ne donnèrent aucun soin médical ni aucun remède à l’enfant.

A Pâques 1929 la tante de l’enfant, Mariam Saliba, alla au Carmel de Bethléem pour prier près du tombeau de Sœur Marie de Jésus Crucifié, d’où elle rapporta quelques reliques et une image de la Sainte Carmélite. L’image fut suspendue sur le mur de l’unique pièce de la maison et la famille commença dès lors à invoquer Mariam en faveur de l’infirme, avec d’autant plus de confiance qu’elle était née elle-même au village voisin d’Ibillin.

Depuis Pâques 1929 jusqu’à la guérison 20 décembre 1929, c’est-à-dire pendant 8 mois environ, les parent de l’enfant passèrent maintes fois devant l’image, quelquefois plusieurs fois par jour, en disant : « Sainte d’Ibillin, guérissez notre enfant. »

La tante de l’enfant, Mariam Saliba, ayant obtenu pour elle-même de Mariam une grâce d’amélioration de la vue, commença le vendredi 13 décembre 1929 une neuvaine à la Servante de Dieu pour demander la guérison de sa nièce. La neuvaine consistait à assister et communier à la messe quotidienne, faire le chemin de croix quotidien et quelques mortifications. Le 8ème jour de la neuvaine, avant midi, tandis que l’enfant gisait dans un coin de la chambre, paralysée, les jambes et les cuisses entièrement atrophiées, elle se leva tout à coup, sans hésitation disant toute contente à sa grand-mère : « Grand-mère, regarde, mes pieds marchent ! » Depuis le moment de la guérison l’enfant courait et s’amusait toute la journée avec les autres enfants. Les parents quant à eux furent remplis des sentiments d’admiration et de reconnaissance à Dieu.

Le miracle qui précéda sa canonisation en 2015

Le miracle qui ouvre la voie à la canonisation de la bienheureuse carmélite de Bethléem Mariam de Jésus Crucifié (1846-1878) est la guérison d’un nouveau-né d’Augusta, en Sicile, dans la province de Syracuse, le petit Emanuele Lo Zito.

Ses parents, Biagia et Luigi Lo Zito, ont vu leurs vœux exaucés quand Biagia est tombée enceinte. Mais au huitième mois de grossesse, Biagia perçut quelque chose d’anormal. Malgré les paroles rassurantes de son médecin, elle alla consulter un spécialiste : l’enfant n’avait pas grossi ces dernières semaines. De fait, le bébé souffrait, le cordon ombilical autour du cou. Une césarienne était urgente.

C’est ainsi qu’Emanuele naît le 17 avril 2009, à midi. Le petit prématuré pèse 2,6 kg. Le premier danger est écarté. Dans l’après-midi, on le porte à sa maman pour qu’elle le nourrisse. Or Biagia constate que son enfant a les pieds et les mains bleutés et qu’il pleure faiblement. L’alarme est donnée, mais la cause reste obscure. La grand-mère maternelle insiste, l’enfant est finalement transféré à l’hôpital de Catane, le 18 avril. Son état est critique. Un premier diagnostic tombe : hypertension pulmonaire. Il faut le transférer dans un nouvel hôpital : à l’hôpital Garibaldi. Le 20 avril, un autre diagnostic plus grave est annoncé à son papa : le bébé souffre d’un problème cardiaque. Le pronostic vital est engagé. On décide du transférer l’enfant dans un quatrième hôpital : l’hôpital Saint-Vincent de Taormina. Les médecins sont sans espérance avec Luigi. Devant l’imminence de l’issue fatale annoncée, il rentre chez lui chercher des vêtements pour le bébé.

En chemin, il rencontre un ami, Luigi Ingaliso, très confiant dans la bienheureuse Mariam Baouardy. La situation est tendue, la rencontre est brève, les paroles difficiles : Luigi Ingaliso promet de prier pour l’enfant. Puis il va chercher une relique de la bienheureuse qu’il conserve chez lui, sûr qu’elle peut intercéder pour la guérison d’Emanuele. Il décide de faire porter la relique à Biagia. C’est le début d’une chaîne de prière par l’intercession de Mariam qui implique la famille, le village d’Augusta, des amis et des personnes inconnues, jusqu’aux carmélites de Terre Sainte.

Le bébé est arrivé à l’hôpital de Taormina déjà agonisant. Cette fois, les médecins affinent le diagnostic : il s’agit d’une cardiopathie congénitale très complexe qui fait que les veines pulmonaires ne retournent pas au cœur, mais au système des veines hépatiques. L’opération envisagée est à haut risque pour ce minuscule patient, agonisant, et âgé de… trois jours. Mais la maman peut enfin se rendre à Taormina et elle a l’idée de toucher le corps de l’enfant avec la relique de la bienheureuse Mariam.

Un des médecins a témoigné comment il était absolument inhabituel qu’un bébé affecté d’une telle malformation puisse survivre trois jours après sa naissance, et sans aucune opération qui relie les veines pulmonaires au cœur. De plus, au moment de l’intervention, l’état clinique du bébé était désespéré : les médecins n’ont su expliquer la rapidité de la guérison et l’absence totale de séquelles. Cette guérison subite et totale a été attribuée à l’intercession de la bienheureuse Mariam de Jésus Crucifié, et le pape François a approuvé le « décret » sur le miracle de la congrégation pour les Causes des saints le 6 décembre 2014.

Sœur Mariam de Jésus Crucifié, priez pour nous !

Aménagement des textes : Firas Abedrabbo
Sources :
Dossier sur la vie de Mariam préparé par le Carmel de Bethléem et le père William-Marie Merchat, et promu par l’Œuvre d’Orient.
– Les archives du Carmel de Bethléem.
– La lettre Pastorale du Patriarche Fouad Twal à l’occasion des deux canonisations.
– Site duCarmel en France



 


Fête de "Notre Dame Femme Vaillante" à Tel Aviv

 

13 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TEL AVIV – Samedi 9 mai 2015, Mgr Marcuzzo, vicaire patriarcal pour Israël, a célébré pour la première fois la messe de la fête de Notre Dame Femme Vaillante au sud de Tel Aviv.

Mgr Marcuzzo a été invité à célébrer cette fête, inaugurée cette année par le père David Neuhaus, vicaire patriarcal pour les catholiques hébréophones et responsable de la Pastorale des Migrants, dont le centre d’activités situé au sud de Tel Aviv porte le nom de « Notre Dame Femme vaillante ».

Au début de la messe, en présence de centaines de migrants et de demandeurs d’asile, le père David a accueilli l’évêque et les nombreux invités venus pour cette occasion. La messe a été célébrée dans la joie et dans la beauté, au rythme d’hymnes entonnés dans les différentes langues des communautés de migrants du centre : Tagalog, Konkani, Sinhala, Ge’ez et Hébreu. Ce fut l’occasion de remercier Dieu pour tous ses dons pour le centre depuis son ouverture fin février 2014.

Dans son homélie, Mgr Marcuzzo a insisté sur la figure de la Femme vaillante, expression qui apparaît à la fin du livre des Proverbes. Il a souligné que, pour les chrétiens, la Femme vaillante par excellence est Marie de Nazareth, mère de Jésus. Il a dressé le profil-type de la femme valeureuse qui pourvoit aux besoins de sa famille, qui prend soin de son mari, éduque ses enfants et joue un rôle de premier plan dans la société. A la fin de son homélie, l’évêque a rappelé aux fidèles que, le dimanche 17 mai 2015, le pape François canonisera deux femmes valeureuses de Terre Sainte : la carmélite Mariam Bawardi et la fondatrice de la congrégation des Sœurs du Rosaire, Marie-Alphonsine Ghattas.

Juste après la prière finale, Mgr Marcuzzo a encensé l’icône de Notre Dame Femme de valeur, tandis que Benedetto guidait les fidèles par un hymne en hébreu à partir du texte du livre des Proverbes sur la Femme Vaillante.

A la fin de la messe, le père David a remercié les nombreux invités du corps diplomatique, des communautés religieuses de Terre Sainte, et spécialement les très nombreuses personnes qui travaillent dans le centre en tant que prêtres, religieux, séminaristes, laïcs bénévoles, ainsi que l’équipe qui vit sur place : le père Mako et les sœurs. Il a également souligné le travail important des bienfaiteurs et des organisations qui apportent leur soutien le centre.
Enfin, il a exprimé sa reconnaissance et sa gratitude à Sœur Aurélia qui, après onze années passées au service de la Terre Sainte, s’apprête à retourner aux Philippines.

Après la célébration, un délicieux repas a été préparé et servi par l’équipe du centre. Tout en mangeant, les différentes communautés et les visiteurs ont pu se rencontrer et partager. Kuchinate, un atelier pour les femmes réfugiées d’origine africaine, a été présenté dans la cour et des paniers réalisés à la main étaient en vente pour soutenir ce projet très important .

Source : www.lpj.org



 


La Bienheureuse Mère Marie-Alphonsine Daniel Ghattas : sa vie et ses miracles.

 

7 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le 17 mai 2015, le Pape François procédera à la canonisation de Mère Marie-Alphonsine Ghattas. Le site internet du patriarcat latin diffuse un article de Firas Abedrabbo consacré à la vie et aux miracles intervenus à l’intercession de la future sainte. Nous le reproduisons in extenso.

L’Eglise se prépare à célébrer bientôt la canonisation de Mère Marie-Alphonsine Ghattas et de Sœur Marie de Jésus Crucifié (Mariam Baouardi). Elle reconnaît par là l’authenticité de leur expérience spirituelle tout en les présentant comme modèles et intercesseurs pour les fidèles.

Comment l’Eglise reconnaît-elle la sainteté de ses fidèles ? Il y a ici deux « preuves » de la sainteté de ces deux religieuses : d’abord leur vie même (une vie chrétienne vertueuse) et ensuite les grâces particulières que Dieu a répandues aux fidèles vivants, par l’intercession de ces deux filles de Terre Sainte, après leur mort. Ces grâces particulières sont appelés « miracles » par l’Eglise, et sont des cas de guérison subite, non explicables scientifiquement.

Retour sur la vie et les miracles de Mère Marie-Alphonsine – un prochain article sera consacré à Mariam de Jésus Crucifié.

Première preuve de la sainteté de Mère Marie-Alphonsine Ghattas : son humilité et son attachement à une vie évangélique.

C’est la première étape dans un procès de canonisation. L’Eglise procède à des investigations sur la vie du candidat, pour savoir s’il a vécu les vertus et les commandements du Seigneur tels qu’ils sont donnés dans l’Evangile, d’une façon héroïque. On examine donc sa vie, et on écoute les témoignages de ceux qui l’ont connu.

Mère Marie-Alphonsine est née à Jérusalem le 4 octobre 1843, au sein d’une famille chrétienne très pieuse. Son père s’appelait Daniel et sa mère Catherine. La famille Ghattas est originaire de Bethléem, mais certains membres avaient quitté Bethléem, et ont vécu dans différentes villes de Palestine : à Bethléem, Beit Jala, Beit Sahour et à Jérusalem même. On ne sait pas exactement quand cette dispersion a eu lieu.

C’est donc à Jérusalem que Marie-Alphonsine a habité avec sa famille. Sa mère assistait à la messe tous le jours. Quant à son père, il aimait accueillir voisins et amis tous les soirs chez lui à la maison pour prier le Chapelet devant une statue de la Vierge Marie. C’était d’ailleurs la tradition dans de nombreuses familles chrétiennes à Jérusalem.

A sa naissance, Marie-Alphonsine reçut le nom de « Sultana » (qui veut dire « reine » en arabe), un prénom déjà lié en quelques sortes à la Vierge Reine. Puis, ses parents ont préféré lui ajouter le nom de Marie lors de son baptême.

Après des années de farouche opposition de la part de son père, Sultana, alors qu’elle avait 17 ans, reçoit au soir du 30 juin 1860 l’habit des religieuses de Saint Joseph de l’Apparition, sur le Mont Golgotha à Jérusalem. Elle reçut ce jour-là aussi son nom en religion : Marie-Alphonsine, quelle gardera pour le reste de sa vie.

Sœur Marie-Alphonsine était enflammée pour la mission, pour l’action apostolique, gardant en même temps une personnalité calme, recueillie, posée et digne. Elle était caractérisée par une humilité étonnante, évitant en toute occasion l’apparition, préférant le travail en silence, pour plaire à Dieu seul et non pas aux hommes.

A Bethléem, elle a commencé à recevoir des apparitions de la Sainte Vierge, qui lui transmet des messages importants concernant la fondation d’une congrégation locale, qui portera le nom des Sœurs du Rosaire, et qui sera réservé aux filles arabes. Ces apparitions ont duré pendant quatre ans, et c’est durant ces apparitions que la Vierge a indiqué à la voyante, le prêtre du Patriarcat Latin, le Père Yousef Tannous, qui deviendra son père spirituel et ensuite le fondateur visible de la congrégation, car l’humble servante de Dieu préférait rester dans l’ombre.

Après beaucoup de complications, de difficultés et de souffrances, Sœur Marie-Alphonsine obtient la permission du Saint Siège pour quitter la congrégation des Sœurs de Saint Joseph de l’Apparition et joindre enfin la nouvelle congrégation, en 1880. Elle reçoit l’habit de Notre Dame du Rosaire en 1883.

La Sainte a eu le soin de cacher le mystère des apparitions qu’elle a reçue. Personne n’en connaissait l’existence excepté son père spirituel. Elle a préféré le silence durant toute sa vie. Elle préférait vivre une vie d’abnégation, et le secret resta ainsi resté caché pendant 53 ans. C’est grâce à la sagesse de son père spirituel, le Père Tannous, qui lui avait demandé d’écrire ce qu’elle avait vu et entendu durant ses visions, que les sœurs, après la mort de sœur Marie-Alphonsine, on pu connaître la vérité sur la fondation de la Congrégation.

D’un côté, les ordres que donnât la Sainte Vierge durant ces visions à la simple religieuse palestinienne furent affirmés et non négociables. Mais d’un autre côté, il paraissait difficile à la sœur de tourner le dos à la congrégation de Saint Joseph qu’elle avait aimé et où elle avait servi de tout son cœur. Cependant, sa fidélité à la Vierge fut plus grande que toutes les difficultés et les peurs. Rien ne pouvait la séparer de son amour : ni la mort, ni l’éventualité d’être accusée de trahison. Car « l’Amour est plus grand que la mort ». Elle prit alors une décision : « j’ai résolu, par amour pour Marie et pour sa vénération, d’obéir à sa voix et de sacrifier ma vie dans la Congrégation du Rosaire, mettant ma confiance en l’aide que me donnera ma Mère, et croyant qu’elle marchera toujours avec moi et me soutiendra ».

Etant religieuse du Rosaire, Sœur Marie-Alphonsine servit dans plusieurs « missions » (ainsi s’appelaient à l’époque les paroisses du Patriarcat Latin en phase de fondation) : Jaffa de Nazareth (où elle a sauvé d’une façon miraculeuse et avec son Chapelet, une fillette qui était tombé dans un puit encore visible dans la paroisse aujourd’hui) ; Beit Sahour, Salt, Naplouse, Jérusalem, Zababdeh, Bethléem et Ain Karem où elle terminât sa vie, en 1927.

Quelques jours avant sa mort, alors qu’elle pressentait l’approche de sa rencontre avec son Bien-Aimé et Sa Sainte Mère, elle saisit l’occasion d’une rencontre privée avec sa sœur de sang et aussi dans la vie religieuse, Mère Anne, pour lui dire : « Après ma mort, vas là où je t’indique et tu trouveras deux carnets rédigés par mes propres mains. Prends-les et donne-les au Patriarche Barlassina ». Mère Anne trouva les deux carnets qui contenait en effet les récits des apparitions, mais scellés avec de la cire rouge. Elle les prit et les présenta à Mgr Marcus, en lui demandant d’en informer le Patriarche. Elle accomplit ainsi soigneusement la volonté de sa sœur défunte.

Ignorant la langue arabe, le Patriarche demanda à la Mère Augustine de lui traduire ces pages, puis il ordonna à la Mère Supérieure Générale de rendre les deux manuscrits originaux. C’est alors que la vérité toute entière sur la fondation de la congrégation fut dévoilée aux sœurs, qui furent saisies de stupeur face à l’ héroïque humilité de leur fondatrice ignorée.

Deuxième preuve de la sainteté de Mère Marie-Alphonsine Ghattas : deux miracles ont eu lieu après sa mort.

Dans l’Eglise catholique, les autorités compétentes exigent que chaque candidat pour la béatification et ensuite pour la canonisation fassent deux miracles après leur mort.

Par l’intercession de Mère Marie-Alphonsine, deux miracles ont effectivement eu lieu, un pour la béatification et l’autre pour la canonisation.

Le miracle qui a précédé sa béatification en 2009.

L’histoire a commencé quand deux religieuses ont visité la famille de Nathalie Zananireh, une étudiante dans leur école à Beit Hanina (banlieue nord de Jérusalem), pour prier ensemble le chapelet. C’était durant le mois de Marie, en 2003. Après la prière, les religieuses ont laissé à la famille un livre sur la vie de leur fondatrice, la servante de Dieu Mère Marie-Alphonsine.

La Mère de Nathalie a lu le livre durant quatre jours successifs, et elle a senti en elle-même quelques chose d’étonnant, surtout après à la lecture des miracles qui ont eu lieu durant la vie de Mère Marie-Alphonsine, et des apparitions de la Sainte Vierge.

La même semaine, exactement le 30 mai 2003, la mère de Nathalie était à la maison, en train de travailler et de réfléchir sur ce qu’elle avait lu, quand soudainement elle sentit en elle une peur étrange, comme l’imminence d’une catastrophe. Elle était souvent absente de chez elle le soir et jusqu’à une heure tardive car elle travaillait dans le journalisme. Elle a donc demandé à la Vierge Marie de protéger ses enfants, surtout durant son absence, et lui a demandé en particulier de faire avec elle ce qu’elle faisait autrefois avec Mère Marie-Alphonsine.

Une après-midi, après une grande hésitation, madame Zananireh décida de partir travailler. Et alors qu’elle était au travail elle reçut un appel de son mari qui lui demanda si leur fille, Nathalie, était vaccinée contre le tétanos. Leur fille avait une une blessure qui, selon son mari, n’était pas très grave. La Mère inquiète, rappelle une demi-heure après, et son fils lui répond. « Où est ton père ? », demanda-t-elle. Le fils répondu : « il est parti pour nettoyer la maison car voici ce qui est arrivé… ».

Ce jour-là les voisins célébraient l’anniversaire de leur fille dans un jardin. Nathalie était invitée. Et après avoir chanté, Nathalie dit : « je sens que la terre se casse sous nos pieds ». Ils se sont tous moqués d’elle et commencèrent à sauter sur la terre. Soudainement, la terre fut ouverte sous leurs pieds découvrant un fossé très profond de 4 mètres de profondeur, 4 mètres de largeur et 5 mètres de longueur. Onze filles tombèrent dans ce fossé, quasiment rempli par l’eau des égouts. Sa fille fut l’une des deux dernières à être sauvées après avoir passé 5 à 7 minutes sous l’eau des égouts ! « Je crois fermement que ce qui s’est passé fut un miracle », exprima la mère à son arrivée à la maison, et après avoir vu le lieu de l’accident et le fossé. Puis elle raconta à sa famille ce qu’elle avait demandé à la Vierge le matin par l’intercession de Mère Marie-Alphonsine. Elle faisait aussi le lien entre ce miracle et celui que la Sainte a fait durant sa vie à Jaffa de Nazareth, sauvant une fillette tombée dans un puits. N’a-t-elle pas demandé à la Vierge, justement, de faire avec elle ce qu’elle faisait autrefois avec Sœur Marie-Alphonsine ?!

Le miracle qui précéda sa canonisation en 2015.

Le deuxième miracle a eu lieu à Kufr Cana, deux jours avant la célébration de la béatification de Mère Marie-Alphonsine à Nazareth en 2009. Ce miracle est arrivé cette fois à un monsieur du nom d’Emile Elias, un arabe chrétien de Galilée, né le 27 mai 1977. M. Elias est un ingénieur, qui travaillait dans la confection de cartes routières. Un jour, il voulut enlever un objet qu’il utilisait sur un chantier et qui, à son insu, était connecté à un courant d’électricité. Il fut frappé par une force de 30 à 40 milles Volt. Le choc fut bien sûr trop fort et mortel et Emile tomba à terre, immobile. Selon le rapport des médecins, son cœur était déjà arrêté lorsqu’il arriva à l’hôpital, et son corps tout entier était presque bleu, en signe de mort. Il resta deux jours dans une sorte de coma.

Elias ne connaissait rien de la vie de Marie-Alphonsine, mais il apprit à son réveil deux jours plus tard, que beaucoup d’amis avaient prié pour lui en demandant l’intercession de celle qui venait d’être béatifiée ! Il échappa à une mort certaine, et il réalisa combien sa guérison fut un miracle, car son cas était désespéré.

Mère Marie-Alphonsine, priez pour nous !

Firas Abedrabbo pour www.lpj.org



 


La Communauté de Sant’Egidio donne voix aux chrétiens du Moyen-Orient

 

7 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BARI - Les 29 et 30 avril s’est tenu à Bari (Italie) un important colloque sur l’avenir des chrétiens d’Orient. A l’invitation de la Communauté de Sant’Egidio, de nombreux responsables des Églises présentes au Moyen Orient, des représentants des gouvernements concernés et des organisations internationales intéressées ont pu faire entendre leurs voix et affronter cette dure question de l’avenir de leurs communautés.

La Communauté St Egidio a organisé à Bari (Pouilles, Italie) un meeting de réflexion auquel elle avait invité tous les Patriarches orthodoxes et catholiques, des leaders religieux chrétiens du Moyen Orient, des ambassadeurs ou représentants de quelques pays intéressés, les représentants de quelques dicastères romains spécialement concernés, un certain nombre de membres de la Communauté et d’autres invités.

Cette communauté s’est engagée à poursuivre « l’Esprit d’Assise » après la rencontre des leaders religieux pour la paix en 1986. Elle organise régulièrement, dans le cadre du programme « Peuples et Religions », des meetings interreligieux et interculturels. Elle se propose parfois comme médiateur pour résoudre les conflits, ce qui lui a valu plusieurs reconnaissances et prix internationaux.
Le meeting s’est déroulé au Palais de la Ville métropolitaine de Bari les 29 et 30 avril 2015, après l’accueil de l’archevêque de Bari, Francesco Cacucci, du maire Antonio Decaro et de la Présidence de la Région. La ville de Bari a une vocation très œcuménique et, par sa géographie et son histoire, elle se considère un vrai pont entre l’Orient et l’Occident. L’archevêque de Bari, interprétant bien ce rôle et l’esprit du meeting, avait organisé dans l’église St Nicolas une soirée de prière, avec la collaboration des Dominicains, chargés de l’église et du centre œcuménique adjacent. Des dizaines de journalistes du monde entier ont couvert cette soirée et, bien sûr, tout le déroulement du meeting.

Les interventions : causes, situation, analyses, voies de solutions.
Les propos avaient globalement comme arrière fond la situation de violence qui s’est propagée depuis l’éclatement du printemps arabe et, plus particulièrement, la persécution déclarée contre les chrétiens surtout en Syrie, Iraq, Egypte, Yémen et Libye. La description de la situation très dramatique de la population a été présentée surtout par les patriarches et évêques de Syrie, d’Iraq et d’Egypte. Des analyses éclairantes des causes et des enjeux géopolitiques été présentés par les professeurs, les ambassadeurs et les diplomates. Dans ce sens les interventions du ministre Gentiloni, du diplomate français Christophe Paucelle, du Directeur P. Anton Spadaro, du Pr. Tareq Mitri ont été remarquables. Les pistes à parcourir pour chercher des voies de solutions ont été illustrées, d’une façon spéciale, par les représentants des dicastères romains, par Mgr G.B.Marcuzzo et P. P.Pizzaballa, M. Impagliazzi et A. Riccardi.

Mgr Marcuzzo a parlé, entre autres, de la situation des nombreux réfugiés syriens et iraquiens accueillis en Terre Sainte et particulièrement en Jordanie. A partir de l’équation déjà prouvée par l’expérience, « plus de paix, plus de chrétiens ; moins de paix, moins de chrétiens », il a encouragé à travailler acharnement pour contribuer à résoudre le conflit Israël-Palestine qui, s’il n’est pas la mère de tous les autres conflits du Moyen Orient, en est au moins une des causes majeures.

Conclusions générales.

Très nombreuses pourraient être les conclusions à tracer après avoir entendu toutes ces voix qui communiquent une expérience géographiquement et culturellement très étendue et sont le fruit d’une histoire si longue et profonde.
Les chrétiens ne sont pas seulement invités, mais « obligés » par les circonstances à s’unir et faire un front commun, en maintenant le dialogue et la coopération avec tous. Dans ce sens les discours du Card. Sandri et du Substitut Mgr Callagher furent clairs : priorité absolue aux négociations, être capables de reconnaître les erreurs du passé, arrêter le commerce des armes et les aides aux terroristes, aller à la racine des problèmes.

La meilleure conclusion a été celle du Pr Riccardi qui a affirmé : « Le titre de notre meeting est : « Les chrétiens au Moyen-Orient, quel avenir ? ». Nous avons pu tous ensemble réaliser une belle conquête. Après vous avoir entendu, malgré les aspects dramatiques de la situation, avec beaucoup d’espérance et forts de notre unité, nous pouvons maintenant enlever le point d’interrogation et proclamer avec foi et courage : « Oui, il y a un avenir pour les chrétiens au Moyen-Orient. »

Sources  : terrasanta.net et www.santegidio.org
Pour consulter (en italien) le texte intégral du remarquable discours prononcé par Mgr. Paul Richard Gallagher au nom du Saint-Siège, c’est ici.



 


La Terre sainte et l’Arménie unies dans le souvenir

 

28 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Commencée le 18 avril, la triste commémoration du centenaire du génocide arménien a pris fin le 24 avril 2015 par une succession d’événements en Arménie mais aussi dans la diaspora. Jérusalem, où le nombre d’Arméniens est élévé, a vécu à l’heure des commémorations, jusqu’au Saint Sépulcre où un office a été célébré.

Dans la Vieille Ville de Jérusalem, les cloches de nombreuses églises ont sonné le glas, des affiches placardées sur les murs rappellent quelques détails chronologiques du premier génocide du XXe siècle, la fleur symbole de la commémoration est affichée sans retenue.

Cette fleur aux cinq pétales – rappel que les Arméniens ont trouvé refuge sur les cinq continents – est marquée du slogan « se souvenir, ne pas oublier », un défi pour un pays marqué au fer rouge par ce massacre et qui souffre encore du déni de la Turquie qui refuse d’employer le terme de « génocide ».

Pour se souvenir, l’Eglise apostolique arménienne n’a pas lésiné sur les moyens. Alors qu’aucune canonisation n’a été célébrée depuis le XIVe siècle, le patriarche Karékine II, à la tête de l’Eglise arménienne, a canonisé le 23 avril les « fils et filles qui ont accepté le martyre des saints “pour la foi et pour la patrie“ ». Le 24 avril est déclaré jour de souvenir pour les « Saints Martyrs du Génocide ».

Dans une encyclique datée du 28 décembre 2014, le chef de l’Eglise arménienne exhortait ainsi ses fidèles : « Transformons le souvenir de nos martyrs en énergie et force dans notre vie spirituelle et nationale, et devant Dieu et tous les peuples, éclairant le chemin par notre juste cours pour guider notre chemin vers la réalisation de la justice et de nos aspirations sacrées ».

Dans l’Eglise du Calvaire et de la résurrection, une prière fervente
Dans la Ville Sainte, un programme intense de célébrations a été dressé par l’importante diaspora et le Patriarcat de l’Eglise apostolique arménienne. Prières, messes, mais aussi rassemblement devant l’Ambassade de Turquie pour faire face au gouvernement d’Ankara et à sa position de déni du génocide.
Entre deux cérémonies de commémorations, les Chefs religieux de Jérusalem se sont réunis au Saint Sépulcre, à l’entrée du tombeau laissé vide le matin de la résurrection.

Entre les chants et les prières, quelques mots ont été prononcés par les patriarches arménien, grec-orthodoxe et catholique latin. Le Patriarche arménien n’a pas manqué d’évoquer les autres confessions chrétiennes victimes du même génocide en 1915.
Dans son allocution, Mgr Fouad Twal a condamné le « révisionnisme qui se cache derrière ce déni » et la réaction « névralgique de la Turquie » face à la « sincérité du pape François, ce dernier ayant affirmé : « il est nécessaire, et même un devoir de rappeler le centenaire de cet événement tragique. . . [Et] dissimuler ou nier le mal c’est laisser une plaie ouverte continuer à saigner sans bandage ». Il a enfin invité l’assemblée à « faire mémoire aussi des nombreux chrétiens persécutés pour leur foi aujourd’hui ».

Une seule prière ce vendredi s’est élevée vers le Ciel depuis le Saint Sépulcre, réalisant ce que le pape François avait baptisé un peu moins d’un an auparavant en ce même lieu « l’œcuménisme de la souffrance, l’œcuménisme du sang ». La veille, le 23 avril, les cloches des 28 églises de Jérusalem avaient sonné à l’unisson, cent fois, en mémoire du million et demi d’arméniens tués lors du génocide. Après « cent ans de déni », dans la ferveur des priants et le souvenir des martyrs désormais canonisés, l’heure enfin de la reconnaissance et de la consolation.

Source : Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org
Photos : Nadim Asfour



 


Le cri du Patriarche Raï à l’Unesco

 

27 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

PARIS - Samedi 25 avril, Sa Béatitude Béchara Boutros Raï, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient pour les Maronites, a lancé un cri à la communauté internationale, à la tribune de l’Unesco, pour préserver les chrétiens du Moyen Orient. Retrouvez ici l’intégralité de son discours en vidéo (via KTO).


Le cri du Patriarche Raï à l’Unesco par KTOTV



 


Moyen-Orient : sauver ne serait-ce qu’une seule personne de la persécution

 

25 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NEW-YORK - "Toute action pour sauver ne serait-ce qu’une seule personne de la persécution et de toute forme d’atrocité n’est pas seulement opportune mais urgente" : c’est l’appel du Saint-Siège pour le Moyen-Orient, en ce 21 avril 2015.

Plaidoyer du Saint-Siège à l’ONU

Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, est intervenu lors du débat ouvert du Conseil de sécurité sur le « Moyen-Orient, y compris la question palestinienne », le 21 avril 2015.

« Regarder dans un silence complice les horreurs de nos frères humains persécutés, exilés, tués, brûlés et décapités, uniquement parce qu’ils professent une foi différente ou parce qu’ils appartiennent à un groupe minoritaire, ne peut jamais être une option », a-t-il déclaré.

Il a appelé notamment à la reprise des négociations entre Israël et la Palestine, à la stabilisation politique du Liban. Pour la Syrie, il a demandé d’agir contre « l’immense désastre humanitaire qu’un siège ou une bataille à Alep provoquera à coup sûr ».

Discours de Mgr Auza devant le Conseil de Sécurité

"Ma délégation désire exprimer sa profonde gratitude pour la décision de la présidence jordanienne ce mois-ci, de tenir un débat ouvert sur le « Moyen-Orient, y compris la question palestinienne ».

Le Saint-Siège est profondément préoccupé par l’absence totale de progrès des négociations entre la Palestine et Israël. Il est difficile de ne pas partager la frustration exprimée par celui qui était alors le coordinateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Robert Serry, lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité du 27 mars dernier.

Comme il a été reconnu à cette occasion, Israël a des préoccupations réelles et légitimes pour sa sécurité ; toutefois, cette sécurité ne sera pas assurée en s’isolant de ses voisins, mais en faisant partie de ceux-ci à travers une paix négociée avec les Palestiniens à travers l’application de la « Solution de deux États », qui a le soutien du Saint-Siège et de la communauté internationale en général. Le Saint-Siège joint sa voix une fois encore à celle de tous les peuples de paix pour appeler à des négociations sérieuses et concrètes qui renforceront le processus de paix.

Le Saint-Siège ne cesse pas d’encourager les dirigeants du Liban à résoudre l’impasse qui empêche l’élection du président depuis mai 2014, en laissant de côté les intérêts politiques étroits pour le plus grand bien d’un Liban unifié.

Ce vide institutionnel rend la nation plus vulnérable et fragile face à la situation générale au Moyen-Orient. La communauté internationale doit soutenir le Liban par tous les moyens pour qu’il retrouve une normalité et une stabilité institutionnelles. Elle doit aussi aider à s’occuper du très grand nombre de réfugiés sur son territoire, provoquant une situation qui risque de voir des infiltrations extrémistes parmi les malheureux réfugiés.

Le conflit en Syrie, comme l’a défini Valerie Amos dans son exposé au Conseil de sécurité le 26 mars dernier, a atteint des « niveaux de sauvagerie inouïs ». La destruction aveugle des infrastructures de base, comme les installations d’eau et d’électricité, les hôpitaux et les écoles, aggrave le sort des civils chaque jour davantage. La chute d’Idlib, à seulement 37 miles au sud-ouest d’Alep, a semé la panique parmi la population de plus d’un million de personnes à Alep. Les groupes minoritaires ethniques et religieux sont particulièrement angoissés. Le Saint-Siège demande à la communauté internationale d’empêcher l’immense désastre humanitaire qu’un siège ou une bataille à Alep provoquera à coup sûr. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher une nouvelle violation flagrante du droit humanitaire international et des droits humains fondamentaux.

Le Saint-Siège réitère, dans les termes les plus forts, sa condamnation de toutes les attaques et des abus basés sur des motifs ethniques, religieux, raciaux ou autres. Il souhaite rappeler une fois encore que la disparition du Moyen-Orient des groupes minoritaires ethniques et religieux ne serait pas seulement une tragédie religieuse, mais la perte d’un riche patrimoine qui a tant apporté aux sociétés auxquelles ils appartiennent. Le fait que ces groupes soient menacés d’extinction est cause d’angoisse et de douleur insondables.

Le mois dernier à Genève, devant le Conseil des droits humains des Nations Unies, soixante-cinq pays ont signé une Déclaration de soutien des droits humains des chrétiens et des autres communautés, en particulier au Moyen-Orient. Cette déclaration attire l’attention sur le fait que l’instabilité et le conflit au Moyen-Orient menacent sérieusement l’existence même de nombreuses communautés religieuses, en particulier les chrétiens. Il demande à tous les États de se réunir pour remédier à cette situation alarmante.

Lorsque nous évoquons ceux qui ont déjà perdu la vie, ou ceux qui ont déjà été chassés de leur maison et même de leur pays, toute action arriverait déjà trop tard. Mais à partir de maintenant, toute action pour sauver ne serait-ce qu’une seule personne de la persécution et de toute forme d’atrocité n’est pas seulement opportune mais urgente.

Le pape François demande à la communauté internationale de « ne pas rester muette et inerte devant un crime aussi inacceptable » et de « ne pas fermer les yeux sur tout cela ». Regarder dans un silence complice les horreurs de nos frères humains persécutés, exilés, tués, brûlés et décapités, uniquement parce qu’ils professent une foi différente ou parce qu’ils appartiennent à un groupe minoritaire, ne peut jamais être une option."

Source et traduction : Constance Roques pour www.Zenit.org



 


Jérusalem, mon amour

 

25 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM -Si elle accueille surtout des migrants juifs, la Terre sainte attire aussi de fervents chrétiens occidentaux, qui se sentent appelés à y vivre leur foi. Un article de Mélinée le Priol pour La Croix.

Quadragénaires à la silhouette sportive et au teint hâlé, Henrique et Carola Abreu ont longtemps vécu en Amérique latine. L’aisance de leur train de vie y était assurée par le métier d’Henrique, directeur brésilien d’une chaîne d’hôtels de luxe. Quand ils ont annoncé à leurs proches, il y a deux ans, leur départ en Palestine pour y soutenir la présence chrétienne, les réactions ont été unanimes : « Vous êtes fous, c’est le pire endroit du monde ! Et votre confort ? Et votre sécurité ? »

Qu’importe, il était temps de procéder au « grand changement ». « Nous sommes arrivés avec deux valises et le désir d’une vie plus simple, sur les pas du pape François », racontent ces membres de l’ordre du Saint-Sépulcre. Après un an à Taybeh, village chrétien de Cisjordanie, les voilà volontaires au Patriarcat latin de Jérusalem. Et pas question d’être payés : s’ils sont venus, c’est pour tout donner à l’Église.

« Appelés », « fascinés », « aimantés » : la Terre sainte exerce sur des chrétiens de toutes sensibilités une attraction inexplicable. Au Moyen Âge, déjà, on venait mourir à Jérusalem pour approcher l’épicentre de la résurrection des morts… Si les motivations ont changé aujourd’hui, cet appel reste baigné de réflexions spirituelles. Préfiguré par des indices divers, un tel départ s’inscrit souvent dans une démarche de longue haleine. Ces itinéraires ne sont pas linéaires pour autant. Jacques (1), par exemple, n’a pas toujours été un catholique pratiquant. Il y a bientôt dix ans, cet ancien professionnel du tourisme a vécu son « chemin de Damas » dans un monastère d’Israël. Il était seulement venu déposer sa fille aînée qui allait y passer un an. « En arrivant ici, j’ai été comme foudroyé, se souvient-il. J’en suis maintenant convaincu : l’Esprit Saint m’appelait à reprendre le chemin spirituel que j’avais lâché quarante ans auparavant. » Quelques mois plus tard, Jacques revenait au même monastère avec son épouse Pauline, après avoir prévenu collègues et clients qu’il ne rentrerait plus en France.

Le couple de sexagénaires habite encore là aujourd’hui, non loin de Jérusalem, rendant aux moniales des services variés. N’oubliant jamais leur privilège de vivre sur la « terre de Dieu », ces retraités dynamiques sont convaincus que le fait d’être croyants les a aidés à gagner le respect de leur voisinage – car en Terre sainte, « l’athéisme n’existe pas vraiment »…

Ses relations de proximité, Nathalie les soigne particulièrement. Si cette grande femme aux cheveux blancs s’est installée à Jérusalem il y a une petite décennie, c’était dans un esprit de réconciliation avec les juifs. Vierge consacrée, elle avait une vive conscience des souffrances que les chrétiens avaient infligées au peuple élu durant l’histoire. « Je suis venue pour dire à mes frères aînés que je les aime, explique-t-elle simplement. Les Israéliens ont l’impression que le monde entier est contre eux, et c’est parfois vrai. » Son engagement n’a rien de politique pour autant : « Je ne suis pas une sioniste américaine ! » déclare-t-elle en riant.

S’installer en Terra sainte pour y être "Présence d’amour"

S’installer en Terre sainte pour y être une « présence d’amour », voilà aussi la démarche de Frédéric Masson et Stéphanie, son épouse américaine. Ils y seront bientôt parents pour la troisième fois. Mais leur immersion, c’est dans la partie arabe de Jérusalem qu’ils l’ont vécue, habitant longtemps Porte de Damas et jeûnant parfois avec leurs amis musulmans lors du Ramadan. Ces arabophones considèrent que « l’Autre nous révèle le visage du Christ » ; or le musulman est pour eux « l’Autre par excellence ». « Il faut considérer sa foi et ses pratiques comme quelque chose de sacré, assure Frédéric avec un sourire généreux. Dieu y est présent. »

Le couple entretient aussi des liens avec le monde juif, et ne veut pas tomber dans le repli identitaire en se « retranchant » dans son Église : une ligne de crête étroite, surtout quand la guerre éclate. « On a beau avoir des portes ouvertes sur les deux mondes qui cohabitent ici, elles se referment à chaque période de tension. Les gens deviennent suspicieux, ils se demandent pour qui l’on est vraiment. » La plupart de ces chrétiens d’Occident se disent pourtant réticents à prendre parti dans le conflit, soucieux de ne pas « ajouter de la haine à la haine ».

Autre obstacle à une installation durable : la question des visas. Car Israël n’encourage guère la présence de migrants non juifs sur son territoire. Myriam Ambroselli, 28 ans, travaille au Patriarcat latin et vit ici depuis sept ans. Elle a beau s’y sentir « plus profondément » chez elle qu’en France, elle sait qu’elle devra repartir un jour. « Dans ce pays, on ne peut pas vraiment se construire un avenir quand on est étranger », déplore-t-elle.

Lorsqu’ils parviennent à rester, parfois de longues années, ces chrétiens se laissent alors gagner par la douceur de l’Orient : une chaleur, un sens de la famille et de l’entraide auxquels Jacques et Pauline sont très attachés. Depuis leur monastère en Israël, ils ont adopté les coutumes locales, notamment un rapport au temps plus souple qu’en Europe. « Ici, la vie est si simple, si tranquille ! s’enthousiasme Pauline. Et pourtant, on a la guerre… »

Croire que ce lieu "Entre Ciel et Terre" est appelé à la Paix

Ce paradoxe revient souvent dans la bouche des amoureux de la Terre sainte. Conscients de l’interminable conflit qui s’y joue, ils ne peuvent s’empêcher de croire que ce lieu « entre ciel et terre » est appelé à la paix. Thérèse Humeau ressent profondément cette paix quand elle se rend sur l’esplanade des Mosquées, pourtant fréquent épicentre des tensions à Jérusalem.

Cette quinquagénaire s’est installée ici en septembre dernier, avec son compagnon israélien. Chrétienne, elle cherche Dieu, « ou l’Éternel, ou l’Indicible »… « Et ici, par la lumière qui joue sur la pierre de Jérusalem, par la beauté du désert du Néguev, c’est comme s’Il voulait me séduire. » Rêveuse, Thérèse aime se dire qu’en remaniant les lettres de son prénom, on obtient « Eretz » (terme hébreu désignant la terre d’Israël).

Qu’ils soient venus en mission pour l’Église ou pour assurer une présence de prière et d’amour, ces chrétiens refusent souvent tout prosélytisme. « Comme Charles de Foucauld, nous ne sommes pas là pour convertir, insiste Frédéric Masson. Plutôt pour essayer de vivre à l’exemple du Christ au milieu de gens qui ne le connaissent pas… et le découvrir à travers eux. »

Mélinée le Priol pour La Croix
Photo : Jon Arnold / (c) hemis.fr



 


Une journée très spéciale pour les chrétiens irakiens réfugiés en Jordanie

 

24 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

PETRA - Quarante-six chrétiens irakiens réfugiés en Jordanie ont eu la joie de passer une journée à Petra. Une initiative destinée à offrir à ces derniers des temps de loisirs, les aidant à revivre et à reprendre courage après ce qu’ils ont vécu en Irak.

Le Centre Notre Dame de la Paix, en coopération avec Caritas, a accueilli de nombreux chrétiens ayant fui l’Irak à cause de Daesh. En tout, une centaine de personnes, dont trente-cinq enfants, ayant tout perdu, excepté leur espérance. Le Patriarcat latin les aide non seulement à vivre et à faire face à leurs besoins de première nécessité, mais aussi à envisager l’avenir en leur ouvrant de nouvelles perspectives, comme lors de cette journée de visite à Petra.

Les quarante-six chrétiens irakiens, hébergés au Centre Notre Dame de la Paix en Jordanie ont vécu une journée très spéciale, ce 18 avril dernier. Une excursion d’une journée a été organisée pour eux, incluant transport, repas, balade à cheval, visite guidée et une visite de la ville antique de Petra, patrimoine mondial de l’UNESCO.

Cette journée est le fruit des initiatives humanitaires destinées aux réfugiés du Patriarcat latin de Jérusalem, qui se propose d’offrir à ces derniers des temps de loisirs, les aidant à revivre et à reprendre courage après ce qu’ils ont vécu en Irak et face l’incertitude de leur avenir. L’initiative a été réalisée notamment grâce au généreux soutien du Grand Magistère de l’Ordre du Saint Sépulcre.

Le Centre Notre Dame de la Paix est également pionnier dans le domaine social et offre aux réfugiés un programme composé de trois cours : anglais, informatique et gymnastique. L’objectif du Bureau de Développement des Projets du Patriarcat est d’étendre sans plus tarder ce programme aux autres paroisses de la région qui accueillent des réfugiés irakiens.



 


En direction du Mont Carmel !

 

24 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

HAÏFA - Chaque année pendant le temps pascal, une procession solennelle en l’honneur de Notre-Dame du Mont Carmel a lieu. Les Saintes Ecritures exaltent la beauté du mont Carmel, où le prophète Elie a défendu la pureté de la foi d’Israël dans le Dieu vivant. C’est en ce lieu également qu’au début du XIIIe siècle est né officiellement l’Ordre du Carmel.

La procession est partie de l’église de la paroisse Saint-Joseph pour se rendre à l’église de Saint-Élie sur le Mont Carmel. Des groupes de scouts en provenance de toutes les régions ont conduit la procession avec un groupe de jeunes filles qui étaient revêtues du costume palestinien traditionnel et portaient une statue de la Vierge. La Statue de la Vierge du Mont Carmel a également été montée sur un chariot tiré par les participants.

À l’arrivée à l’église Saint-Elie, le Patriarche latin a présidé les prières et prononcé un discours émouvant sur le rôle particulier de la Vierge dans la vie des chrétiens. Il a imploré son intercession pour ramener la paix dans la région et le monde entier.

L’un des moines a expliqué que cette procession remonte à il y a près de 80 ans. Il raconta qu’à la fin de la 1ère guerre mondiale, l’armée turque ordonna aux Carmélites de quitter le couvent se situant sur le Mont Carmel dans un délai de 3 heures. Elles ont alors déplacé la statue de la Vierge, vieille de 300 ans vers l’église latine de Saint-Joseph dans le centre ville. À la fin de la guerre, les moines ont décidé de tenir une procession de cantiques en reconnaissance à la Vierge, pour obtenir leur retour au couvent ainsi que pour sa protection pour les habitants et pour la ville.

La statue de la Vierge utilisée pour la procession est une réplique authentique de la statue originale qui est conservé en lieu sûr dans l’Eglise. Cette réplique a été ciselé par le moine « Luigi Bougi ».



 


Soutenir la présence chrétienne dans la Vieille Ville de Jérusalem : un bâtiment réhabilité

 

22 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le projet "Jérusalem, Pierres de la Mémoire" soutenu par la Custodie franciscaine permet la réhabilitation de bâtiments de la Vieille Ville de Jérusalem et leur mise à disposition de familles chrétiennes dans le besoin. Le site de la Custodie nous présente un projet abouti grâce au soutien de l’Ordre du Saint-Sépulcre.

Jérusalem, Pierres de la Mémoire

La Vieille Ville de Jérusalem est classée par l’UNESCO au patrimoine mondial. Les murailles englobent une superficie de 900 000 m² divisée en quatre quartiers : chrétien, arménien, juif et musulman. Elles renferment environ 40 000 habitants. La densité de population varie d’un quartier à l’autre, mais l’ensemble du centre historique peut certainement être considéré comme surpeuplé. Les bâtiments publics et religieux (monastères, églises, mosquées, synagogues, hôtels, magasins etc.) en occupent une large partie.

Les Franciscains de la Custodie franciscaine de Terre Sainte ont possédé pendant de nombreux siècles en Vieille Ville un grand nombre de bâtiments : en plus des couvents et des églises, la Custodie conserve environ 400 unités d’habitation. Celles-ci sont mises à la disposition des familles chrétiennes les plus nécessiteuses moyennant un loyer symbolique versé à la Custodie de Terre Sainte. Cependant, la plupart des logements sont vétustes et ne sont pas en mesure d’offrir des conditions de vie saines, sûres et confortables. Il s’agit réellement d’une urgence d’hébergements qui pousse les Franciscains de la Custodie de Terre Sainte à entreprendre un vaste programme d’interventions dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Les maisons situées dans la vieille ville sont regroupées autour de cours intérieures appelées "hosh" ; ainsi les habitations sont souvent constituées de pièces attenantes sur plusieurs niveaux. A cause de la surpopulation de la vieille ville, ces "hosh" abritent beaucoup de monde dans un espace réduit. Le nombre et la taille des familles vivant dans chaque "hosh" peut conduire à des querelles et discordes entre familles, parfois même au sein d’une même famille. L’humidité et le manque de ventilation résultant de ces conditions de vie et de l’état délabré des logements sont la cause de problèmes de santé.

Pour toutes ces raisons, la qualité de vie dans ces "hosh" est en général plutôt mauvaise. De nombreux logements ayant besoin d’être rénovés afin de rétablir des conditions de vie décentes et salubres, des projets de rénovation ont été créés afin de remédier à ces problèmes et améliorer la qualité des habitations.

La Custodie de la Terre Sainte a défini un plan directeur afin que toutes les mesures possibles soient mises en oeuvre pour rénover ces appartements. L’objectif est de rétablir les conditions d’un meilleur niveau de vie, sans dénaturer l’esprit du site et en tenant compte de la culture locale. Ce projet a pour but principal d’encourager la présence de familles chrétiennes sur la terre de Jésus Christ.

Herro

Situé à la limite entre le quartier chrétien et le quartier musulman, à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem, le bâtiment nommé “Herro” donne sur le souk arabe, sur le tracé de l’antique Cardo Maximus romain qui divisait la Jérusalem antique en deux, du nord au sud.

Le complexe, propriété de la Custodie de Terre Sainte, se trouvait dans des conditions de dégradation avancée : les murs affectés par l’humidité, les poutres du grenier corrodées et risquant de s’effondrer, la toiture vitrée de la cour risquant de s’écrouler et les installations électriques et hydriques obsolètes. La nécessité de restructurer ce bâtiment pour sa propre conservation a permis de revoir entièrement la distribution des espaces, les adaptant aux besoins des habitants : deux appartements ont été élaborés, l’un très grand, pour une famille avec quatre petits enfants et l’autre plus petite, pour une personne seule.

Les travaux ont été réalisés par l’équipe d’ouvriers employés par le bureau technique custodial pour le projet “Jérusalem, pierres de la mémoire” soutenu par l’Association pro Terra Sancta. Une bonne partie des dépenses a été couverte par une donation généreuse de l’Ordre Équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem en France.

Pour de plus amples informations sur ce projet, veuillez cliquer ici



 


Rénovations de maisons à Madaba : un témoignage de solidarité chrétienne

 

21 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

MADABA – Dans la vieille ville de Madaba en Jordanie, de nombreuses familles chrétiennes vivent dans des situations précaires dans d’anciennes maisons délabrées en besoin urgent de rénovation. Le « Projet Rénovation de Maison » a fait naître une solidarité extraordinaire entre chrétiens locaux et a permis de venir en aide aux familles pauvres par la restauration complète de leur habitat. C’est leur offrir par-là de meilleures conditions de vie, mais par-dessus tout de l’espérance et de l’amour, explique dans ce témoignage Reem Sawalha, initiatrice du projet.

« Car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. » (Luc 6,38)

Reconstruire ensemble est bien plus simple que ce que l’on croit !

En tant que Chrétiens, nous connaissons chaque jour des difficultés qui nous appellent à la solidarité pour les affronter et les surmonter.
J’ai reçu une bourse d’études pour aller à l’université et étudier le design. J’ai voulu moi aussi venir en aide aux familles qui en avaient besoin, qui étaient moins chanceuses que moi et qui devaient faire face à des conditions de vie difficiles, en leur apportant mon aide.

Soyons témoins et acteurs de l’amour et de l’harmonie que le Christ Notre Seigneur nous a transmis par ces mots :
Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

Rien de tel pour raviver l’espérance tout en contribuant au bien-être de la société.

Je dirige une petite entreprise de décoration d’intérieur et j’ai la chance de réaliser de nombreux projets chez moi en Jordanie. J’ai ainsi acquis une expérience de onze ans dans le domaine du management, du consulting et de la réalisation d’intérieurs. Mon équipe était vivement intéressée par l’idée d’étendre notre expérience à d’autres projets d’amélioration de l’habitat et des idées DIY (Do It Yourself = faites-le vous-mêmes) pour la rénovation.

Au travers du Projet Rénovations de Maisons, nous nous engageons à améliorer les conditions de vie des familles chrétiennes, pour dissiper les tendances à l’immigration et ainsi, maintenir une présence chrétienne en Terre Sainte. Nous nous attachons à soutenir les familles les plus démunies et à améliorer les conditions de vies des personnes handicapées, des orphelins, des familles les plus pauvres et des personnes âgées.

Notre recherche comprend une étude faite par le Comité fraternel qui utilise de nombreuses techniques analytiques telles que :

  • L’environnement des personnes concernées
  • Leur état de santé
  • Leur situation financière.

Le prêtre de la paroisse a aidé les familles à remplir un dossier complet.

Nous avons mis en place cette méthode pour être à même d’analyser la situation des familles signalées dans le besoin, pour aller ensuite visiter leur maison. Nous pouvions ainsi réunir les fonds nécessaires à chaque réalisation de projet.

Nous avons rencontré pendant ces visites, des familles confrontées à des situations très dures, les empêchant de vivre, d’étudier ou de travailler normalement et donc d’améliorer leur situation financière. Le mauvais état de leur santé était souvent la conséquence de ces conditions de vie. Il y avait par exemple le mari d’une femme atteinte de neurodégénérescence, qui s‘était coincé un disque et souffrait à chaque mouvement. Leur fille était atteinte d’une maladie orpheline paralysante. Dans une autre maison, nous avons rencontré un père atteint de problèmes cardiaques et son fils atteint de paralysie cérébrale partielle. Dans une autre maison encore, une vieille dame seule souffrait de faiblesses dues à l’érosion de ses articulations.

Les bienfaits de ces réhabilitations de maisons sont innombrables : elles permettent à chacun de vivre dans un meilleur environnement pour sa santé, et non plus dans des conditions précaires de négligence et de pauvreté conduisant au désespoir.

Nous croyons que c’est notre mission d’apporter un soutien à ceux qui en ont besoin, nous croyons au droit de chacun de vivre dans des conditions de vie saines. Et c’est ainsi que nous avons choisi de vivre la solidarité avec l’autre.

Nous sommes à la recherche de bienfaiteurs pour soutenir ce projet humanitaire en Terre Sainte. Votre aide et votre soutien améliorent nos chances d’aller toujours plus loin.

Soyons tous ensemble réunis pour le changement. Ensemble, nous pouvons l’impossible. « La valeur ultime de la vie dépend de la conscience et du pouvoir de la contemplation » disait Aristote.

Reem Sawalha



 


Newsletter XXXVIII du Grand Magistère

 

17 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - La Newsletter du Grand Magistère pour le mois d’avril 2015 vient d’être publiée.

Nous vous invitons à consulter cette 38ème Newsletter du Grand Magistère de l’ordre en cliquant ici ou en ouvrant le fichier PDF annexé à cet article. Bonne lecture !

Sommaire

L’Ordre à l’unisson de l’Eglise universelle

  • Face aux persécutions : "ne négligeons pas la force de la prière ! "
  • Deux nouvelles saintes palestiniennes
  • Un jubilé extraordinaire de la miséricorde
  • Des membres de l’ordre parmi les nouveaux cardinaux
  • François sur les pas du bienheureux Bartolo Longo, chevalier de l’ordre
  • Le Saint Suaire, miroir de l’Evangile et icône peinte avec le sang

L’Ordre et la Terre Sainte

  • L’Eglise qui est à Jérusalem prend soin des migrants
  • Un centre chrétien des medias pour faciliter la transmission des nouvelles de la terre sainte
  • Une commission pour l’Université de Madaba

Les actes du Grand Magistère

  • Un nouveau site internet du Grand Magistère
  • Quand nous voyons les projets réalisés …
  • Mgr Scicluna, chevalier, archevêque de Malte
  • Les prochains rendez-vous du Grand Magistère

La vie des lieutenances



 


Condamnation des Chefs des Eglises suite à la profanation du cimetière de Kfar Ber’im

 

17 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

COMMUNIQUE – Le 15 avril 2015, les Chefs des Eglises chrétiennes de Jérusalem ont fermement condamné la profanation du cimetière maronite de Kfar Ber’im en Galilée, survenue la veille. Ils déplorent le manque de réactions et de mesures prises en conséquence par les autorités de la justice et de la police. Ci-dessous, le texte intégral de ce communiqué traduit de l’arabe.

"Nous avons pris connaissance ce matin des actes de profanations que des inconnus ont commis au cimetière de Kfar Bir’im, s’attaquant aux tombeaux et aux croix. Ce n’est pas la première attaque contre le cimetière de ce village vidé de ses habitants.

Hier, le président Israélien Rivlin a rendu visite aux Chefs des Eglises de Jérusalem, afin de leur présenter ses vœux à l’occasion de la fête des Pâques que nous avons célébrée récemment. Il a souligné que n’importe quelle attaque touchant aux lieux saints chrétiens ou musulmans est comparable à une attaque qui touche aux lieux saints juifs.

Nous n’avons eu cesse d’entendre des déclarations similaires ces dernières années. Cependant, les attaques se poursuivent et nous n’avons jamais constaté une prise de mesure sérieuse, ni au niveau de la poursuite de ces criminels et de leur présentation devant la justice, ni au niveau de l’éducation de tous au respect de l’autre et de ses lieux sacrés.

Alors que nous attendons de l’Etat israélien d’établir la justice envers les villages abandonnés, et surtout à Kfar Bir’im et Ekret, au moins par respect de la décision publiée par la Cour Suprême Israélienne en 1952 (!!!), nous revendiquons à l’Etat le devoir d’établir la justice et de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la répétition de ces attaques contre les lieux saints.

Le Conseil des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte, exprime sa totale solidarité avec les personnes originaires de ce village abandonné, et surtout avec les familles des morts dont les tombes ont été vandalisées la nuit dernière. Les membres du Conseil prient le Très Haut et Tout-Puissant, afin que les responsables comprennent la gravité de ces attaques, et qu’ils prennent ensuite les mesures nécessaires pour arrêter toutes ces attaques qui visent les lieux saints dans notre Terre Sainte."

Source : www.lpj.org



 


Le Président israélien, hôte surprise des vœux de Pâques

 

17 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Le 14 avril 2015, Monsieur Reuven RIVLIN, président de l’Etat d’Israël, s’est rendu au Patriarcat grec-orthodoxe en même temps que le Patriarche Twal et les autres Chefs des Eglises de Jérusalem pour adresser ses vœux de Pâques aux Chrétiens.

Une effervescence peu habituelle régnait autour du Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem pour des vœux de Pâques, qui pourtant sont répétés chaque année. Et pour cause, la visite du président de l’Etat d’Israël, Monsieur Reuven Rivlin.

Ce dernier a accompagné les Chefs des Eglises de Jérusalem – hormis le Custode et les Arméniens – pour adresser à l’Eglise grecque-orthodoxe et à son Patriarche, Théophile, une heureuse fête de Pâques. Un déplacement important de la part du président pour saluer la minorité chrétienne qui, démographiquement est petite à côté des communautés juives et musulmanes, mais qui assure une présence importante à travers l’accueil sur les Lieux saints, ou son travail dans les domaines de la santé ou de l’éducation.

Dans leurs interventions respectives, le Patriarche Théophile, le Président Rivlin et le Patriarche latin Fouad Twal, ont insisté sur l’importance de protéger les Chrétiens au même titre que les Musulmans et les Juifs. Le Patriarche Théophile a notamment remercié le président d’Israël pour ses fermes condamnations de toutes les attaques antireligieuses perpétrées les derniers mois, et de tous les fondamentalismes qui surgissent.

"De tels crimes ne doivent pas avoir lieu, a répondu M. Rivlin, ni sur le Mont Sion, ni sur le Mont des Oliviers, ni dans les synagogues, ni dans les mosquées, ni dans les églises [...] Nous vivons dans une réalité politique et religieuse complexe, a poursuivi le président, spécialement ici à Jérusalem, la cité de la paix, la cité de Dieu. […] Nos relations ont été maintenues grâce au Statu quo. Ce n’est pas une obligation officielle, c’est un signe de compréhension mutuelle entre les différentes communautés".

Ensemble, les Chrétiens ont appelé que, sous le mandat de ce président récemment élu, la paix soit enfin trouvée entre la Palestine et Israël. La conclusion du Patriarche latin, Mgr Twal, allait dans ce sens : "... Essayons de devenir, depuis Jérusalem, des bâtisseurs de la paix, et les protagonistes d’un authentique dialogue interreligieux".

Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org



 


Une pensée pour le temps pascal !

 

14 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Vous trouverez ici quelques réflexions du cardinal Edwin O’Brien, Grand Maître de l’Ordre du Saint-Sépulcre à l’occasion du temps pascal.
Ce document intitulé "Une pensée pour le temps pascal" est destiné à nous aider à réfléchir sur notre mission spirituelle et à l’approfondir, dans la lumière de la Résurrection.

Chers Chevaliers, chères Dames

Maintenant que nous sommes au temps pascal, je vous souhaite à tous une Buona Pasqua et vous offre une réflexion personnelle sur ce que ce temps signifie pour nous, surtout à la lumière de la crise dans la Terre Sainte et au Moyen-Orient.

Le changement de l’atmosphère spirituelle ne pourrait pas être plus frappant. En une nuit, en réalité. À la veille de Pâques, pour être précis. Les différents textes liturgiques du Triduum pascal racontent tout :

  • De l’échec du Vendredi Saint et du désespoir presque complet : « Il a été maltraité … comme un agneau conduit à l’abattoir … il n’ouvre pas la bouche … Arrêté, puis jugé, il a été supprimé ... retranché de la terre … On l’a enterré avec les mécréants ».
  • en passant par le vide stérile du Samedi Saint : « Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude ».
  • et enfin, la Bonne Nouvelle de Pâque : « Il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé ». Alléluia, alléluia, alléluia !

Est-ce que l’événement monumental de Pâques a produit un changement similaire dans l’esprit spirituel des catholiques croyants ? Plus précisément, parmi nous – les 30 000 femmes et hommes qui composent l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem ? Si une sorte de nouveau réveil spirituel n’a pas lieu parmi nous – du Carême à Pâques, du Vendredi Saint à la Veillée pascale dramatique et dans tous les jours du Temps pascal –, je suggérais que nous avons manqué d’une manière ou d’une autre dans notre priorité vouée de Chevaliers et de Dames, et au but principal de l’Ordre : « renforcer la pratique de la vie chrétienne parmi ses membres ... ».

Comme membres de l’Ordre, notre pratique de la vie chrétienne ne pourrait-elle pas nous suggérer d’être attentifs aux événements tragiques qui se déroulent tous les jours en Terre Sainte ? et à nos frères et soeurs souffrants qui s’y trouvent ? En effet, notre identité de Chevaliers et Dames, tout comme notre solidarité baptismale avec eux, exigerait cette attention.

Depuis qu’il est devenu notre Saint-Père, François a souvent parlé de la situation désespérée de nos frères et soeurs chrétiens en Terre Sainte et de la nécessité que tous les chrétiens du monde s’identifient à eux.

Lors de sa visite à la basilique du Saint-Sépulcre, au cours de son pèlerinage en Terre Sainte, en mai dernier, il a rappelé à tous les chrétiens que « chacun de nous, chaque baptisé dans le Christ, est spirituellement ressuscité de ce tombeau, puisque dans le Baptême nous avons tous été réellement incorporés au Premier-Né de toute la création, ensevelis ensemble avec Lui, pour être avec Lui ressuscités et pouvoir marcher dans une vie nouvelle ».

A cette occasion, côte à côte avec Sa Sainteté Bartholomée, Patriarche oecuménique de Constantinople, François a parlé d’un oecuménisme unique, auquel notre baptême nous lie avec tous les chrétiens, et en particulier avec ceux qui souffrent pour leur foi dans le Christ : « Quand des chrétiens de diverses confessions se trouvent à souffrir ensemble, les uns à côté des autres, et à s’entraider les uns les autres avec une charité fraternelle, se réalise un oecuménisme de la souffrance, se réalise l’oecuménisme du sang, qui possède une particulière efficacité non seulement pour les contextes dans lesquels il a lieu, mais aussi, en vertu de la communion des saints ».

En particulier, la décapitation de 21 frères coptes orthodoxes, ne nous parle-t-elle pas d’un oecuménisme de la souffrance et du sang ?

Le Pape semble suggérer que les grâces baptismales qui coulent du tombeau vide unissent tous les chrétiens entre eux, nous incitant et nous donnant la force de prendre part à la souffrance et à la mort de Jésus, qui continue même en ces jours dans le génocide des chrétiens de toute confession aux mains des extrémistes. Avec quelle acuité, nous qui appartenons à ce pays, sentons-nous vraiment la douleur de ces saints de notre époque ? Est-ce que nous partageons avec eux un vrai sens de solidarité baptismale et comment l’exprimons-nous ?

Et que dire des millions de réfugiés sans abri, qui attendent – trop souvent en vain – pour un signe de solidarité chrétienne envers eux. Le Jésus des évangiles n’est jamais indifférent à la souffrance des autres. Il en est bouleversé et même ému jusqu’aux larmes : n’est-ce pas une leçon pour nous ?

Sûrement, l’évocation de la souffrance de saint Paul dans sa lettre aux Colossiens est aujourd’hui très pertinente : « ... je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Église » ! Un écrivain moderne fait écho à cette pensée : « Le Christ sera en agonie jusqu’à la fin du monde ».

Cet accent mis sur le lien intime que le baptême opère avec le tombeau de la Résurrection et avec nos frères chrétiens, chassés de leurs maisons, qui souffrent la persécution et le martyre au Moyen-Orient doit avoir un impact particulier sur les membres de notre Ordre.

Au cours de l’audience de notre Ordre, il y a 18 mois, à Rome, notre Saint-Père nous a rappelé que « des liens antiques vous lient au Saint-Sépulcre, mémoire éternelle du Christ crucifié qui y a été déposé et du Christ ressuscité qui a vaincu la mort ».

Comment pourrions-nous exprimer ces liens et les consolider durant le temps pascal ?

Tout d’abord, spirituellement : nos liturgies eucharistiques, dont les lectures en ce temps pascal sont si essentielles, offrent à nos membres une précieuse occasion d’approfondir notre solidarité baptismale avec d’autres chrétiens qui partagent avec nous notre dévotion au Saint-Sépulcre. La méditation quotidienne sur les lectures de chaque jour – avec l’aide de l’Esprit Saint – va sûrement approfondir notre appréciation pour le Sacrement pascal et sa signification pour chacun d’entre nous. La participation régulière à la messe chaque semaine devrait être une caractéristique de chaque Chevalier et Dame du Sépulcre.

Plus concrètement, bien que ce ne soit pas le rôle de nos Lieutenances respectifs de recommander des mesures politiques à leurs gouvernements, ne devrions pas nous encourager les membres individuels à demander l’assistance dont les pays d’accueil ont tant besoin pour répondre aux nécessités des personnes déplacées dans leurs régions ?

Les membres doivent être conscients de l’appel que le Pape François a adressé à la communauté internationale d’utiliser de manière proportionnée et avec discernement la force militaire pour protéger les minorités religieuses et les civils. Dans l’actuelle méga-crise, les communautés devraient également envisager d’offrir des possibilités de réinstallation aux dizaines de milliers de réfugiés qui ne peuvent rentrer chez eux.
À la lumière de tout cela, nous pourrions poser une double question :

Comment nos objectifs et programmes ont-ils été rajustés à la lumière de la persécution continue au Moyen-Orient ? Faisons-nous assez pour rendre nos membres conscients de l’expansion cette catastrophe ?

Il ne s’agit pas de mettre en question les énormes contributions de nos Lieutenances et des membres individuels pour la stabilité en Terre Sainte et pour le soulagement spirituel et matériel des chrétiens dans le Patriarcat latin et au-delà. Plus que jamais, cette aide est nécessaire, et elle est toujours reçue avec une profonde gratitude.

Très souvent, quand je considère la destruction insensée des extrémistes au Moyen-Orient, mon esprit se tourne vers le Psaume 74, que nous prions régulièrement à l’office divin. Ce psaume exprime les cris désespérés des fidèles à Jérusalem, témoins de la destruction effrénée du Temple et la ville sainte elle-même par l’ennemi. Au début :
« L’ennemi dans le sanctuaire a tout saccagé ... ils brisaient les portails à coups de masse et de hache ... O Dieu, ils ont livré au feu ton sanctuaire ... ils ont dit dans leur coeur, brûlons brûlé dans le pays tous les lieux saints de Dieu ».
Puis, une demande :
« Pourquoi, Seigneur, retenir ta main ? ... Ne livre pas Israël, ton bien-aimé, à l’épervier ».
Et une lueur d’espoir :
« Pourtant, Dieu, notre roi dès l’origine, notre aide dans tout le pays ».

Mes frères et soeurs, c’est Pâques. Nous avons traversé le désespoir presque complet du Vendredi Saint et, avec la Résurrection et tombeau vide, nous aussi avons des raisons d’espérer. Saint-Paul a assuré l’Église des Éphésiens dans sa lutte, et de la même façon il nous rassure aujourd’hui :

Puisse-t-il illuminer les yeux de votre coeur pour vous faire voir … quelle extraordinaire grandeur sa puissance revêt pour nous, les croyants ... Dieu a mis ce pouvoir à l’oeuvre dans le Christ ... il l’a donné, au sommet de tout, pour tête à l’Église qui est son corps.

C’est vers ce Christ que nous devons constamment nous tourner – le Christ qui nous promet : « Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde ».

Merci, que Dieu vous bénisse tous en particulier en ces journées riches de Pâques.

Rome, le 12 avril 2015

(s)Edwin Cardinal O’Brien



 


Une "clinique mobile" pour Gaza

 

12 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

GAZA - Caritas Jérusalem disposera désormais d’une nouvelle clinique mobile destinée à fournir des services médicaux et sanitaires aux habitants de la bande de Gaza. Le protocole du projet, réalisé en partenariat avec la Banque de Palestine, a été signé ce mardi 7 avril 2015 à Ramallah.

L’idée est née de l’urgence humanitaire de la bande de Gaza qui peine à se relever de la guerre de l’été dernier. « Nous avions déjà une clinique mobile, mais elle est tombée en panne, explique le Père Raed Abusahliah, Directeur général de Caritas Jérusalem, du coup nous avons fait recours à la Banque de Palestine pour nous aider à continuer ce service à Gaza. »

L’initiative a pu être réalisée grâce notamment au soutien financier offert par la Banque de Palestine. Le protocole du projet réalisé en partenariat entre la Banque et Caritas a été signé ce mardi 7 avril 2015 par le Père Raed Abusahliah, et Hashim Sawa, Président de la Banque de Palestine, au siège de l’institut bancaire de Ramallah.

L’accord de collaboration prévoit l’achat par la banque des unités mobiles tandis que Caritas concevra et gérera les programmes d’intervention qui iront renforcer les initiatives de soutien humanitaire déjà mises en place par Caritas au profit de la population de la bande de Gaza dans le domaine alimentaire, éducatif et psychosocial.

« La clinique mobile, explique le Père Raed, mettra à disposition une équipe de six personnes, un staff complet c’est-à-dire un chauffeur, un médecin, une infirmière, un psychologue…etc, ainsi que tout équipement médical nécessaire. Elle va nous permettre d’aller rendre service dans des zones où le gouvernement ne va pas. La clinique desservira une zone où habitent 80,000 personnes, et nous permettra de soigner une cinquantaine de personnes par jour. »

Elle sera la « branche mobile » de la plus grande clinique tenue par Caritas à Gaza, qui se trouve au Camp Al-Shate’ et détient une équipe de 18 personnes. « La clinique mobile donnera la priorité aux enfants et aux femmes enceintes, offrant des premiers secours et des examens médicaux de laboratoire. Mais elle offrira également les examens nécessaires aux personnes âgées » souligne le Père Raed.

Caritas Jérusalem a déjà employé 1 million de dollars dans le cadre des interventions et programmes réalisés surtout au profit des évacués, des enfants et des personnes ayant été les plus largement touchées par la guerre de juillet-août 2014.

Myriam Ambroselli pour www.lpj.org
Source : @CaritasJLM



 


Emmaüs : Ils Le reconnurent à la fraction du pain

 

7 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

EMMAÜS - Le lendemain de la fête de Pâques, les Chrétiens de Terre sainte se réunissent avec les franciscains de la Custodie à Emmaüs (actuellement Qubeybeh), pour faire mémoire de la manifestation du Seigneur ressuscité aux deux disciples d’Emmaüs, Cléophas et Simon.

Ce lundi 6 avril, les bus de pèlerins se dirigèrent vers Emmaüs Qubeybeh pour une messe pontificale suivie par la bénédiction du pain, présidée par le père Pierbattista Pizzaballa, Custode de Terre Sainte. Aussitôt le barrage israélien passé, ce fut le changement de décor : la route sinueuse menant au sanctuaire d’Emmaüs alterne maisons en pierres blanches et oliviers plantés dans une terre rouge. Le sanctuaire se fond dans ce paysage pastoral et offre une atmosphère familiale et un cadre reposant.

La messe débuta au chant de l’alléluia. Les prières en arabes, latin, et italien permirent à l’assemblée de s’y unir. “Le Christ ne nous lâchera pas, même dans le doute !” prêcha frère Ramzi Sidawi, OFM. “Nous avons tous fait le chemin de Cléophas et Siméon, nous pouvons tous être dans le doute. Marchons avec lui, et c’est dans les Écritures et sur notre chemin quotidien dans la foi qu’il nous rejoindra !”

Après la communion, ce fut la bénédiction du pain, distribué par le Custode à chaque fidèle présent, parmi lesquels se trouvait Maya, une jeune de la paroisse de Jérusalem. “Certes, je suis une locale et l’émotion est peut-être moins fraîche que celle d’un pèlerin, confit-elle, je dois donc faire l’effort de me mettre à sa place. Les pèlerins contribuent à la foi des locaux, et notre présence les conforte. Nous nous nourrissons l’un l’autre.”

Frère Firas Hijazin, OFM expliqua que s’il devait résumer la Semaine sainte en ce lundi de Pâques ce serait en “un appel à une nouvelle humanité : le monde a besoin d’une nouvelle direction, car nous vivons des temps difficiles mais nous devons les vivre dans l’espérance, dans la prière, et la solidarité. Cette solidarité, a-t-il conclu, se manifeste avec la présence des pèlerins du monde entier, car tout chrétien est gardien de la Terre sainte. “

L’assemblée fut invitée à déjeuner et à profiter du beau temps. Certains restèrent à l’ombre, d’autres s’allongèrent sur l’herbe, d’autres encore profitèrent de la vue admirable qu’offre la terrasse sur les vallées en direction de la méditerranée.



 


Affaire Crémisan : la Cour Suprême Israélienne annule la construction du Mur

 

3 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BEIT JALA - En ce Jeudi Saint 2 avril 2015, après neuf ans de bataille juridique, la Cour Suprême Israélienne a finalement rendu son verdict final sur la vallée de Crémisan, menacée depuis 2006 par le projet de construction du Mur de Sécurité. Le Patriarcat latin salue ce verdict qui tombe en faveur des chrétiens de la région.

Un tel projet aurait eu pour conséquence l’expropriation de terres appartenant à 58 familles chrétiennes de Beit Jala, ainsi que la séparation de deux couvents salésiens.

La Cour Suprême a finalement accepté la pétition contre la construction du Mur, et par conséquent l’armée israélienne devra renoncer à un tel projet, que la Cour a jugé « nuisible à la population locale et aux monastères de la vallée », soulignant que « le tracé du mur tel que suggéré par le Ministère Israélien de la Défense, n’est pas une alternative unique qui permettrait d’assurer la sécurité tout en étant le moins nuisible possible conformément à la Loi Administrative Israélienne » (Compte-rendu de la Société Saint Yves).

La décision finale de la Cour signifie que le Mur ne sera pas construit tel que le prévoyait l’Armée Israélienne. Une belle victoire et une consolation pour tous ceux, engagés depuis 2006 dans un combat juridique des plus complexes.

Le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, s’est rendu à Crémisan cet après-midi même pour une conférence de presse, en présence des trois maires de la région, les maires de Bethléem, Beit Jala et Beit Sahour, et de plusieurs personnalités religieuses et politiques.

Sa Béatitude a souhaité remercier chaleureusement tous ceux qui se sont au fil des années engagés auprès de la communauté chrétienne de Terre Sainte, à l’échelle locale et internationale, notamment la paroisse de Beit Jala, la société Saint-Yves, la Secrétairerie d’Etat, les Conférences Episcopales des Etats-Unis et d’Europe, les Consuls de Jérusalem, les pères salésiens, les avocats engagés ainsi que les trois maires de la région qui ont rendu visite au Saint Père un mois auparavant pour plaider cette cause.

Grâce au nombre immense de ceux qui se sont engagés pour cette cause, la voix des familles de Crémisan a pu être entendue sur la scène internationale. Côté israélien, cette cause a reçu également un important soutien, notamment de la part d’avocats et même d’anciens militaires et de rabbins. Sa Béatitude a salué là « une victoire pour la justice israélienne elle-même puisqu’elle a eu le courage de prendre une pareille décision. »

Ce dernier a rappelé également « l’efficacité de la prière » et comment l’ancien curé de Beit Jala a persévéré pendant des années à célébrer, sur place, la messe chaque vendredi en présence de dizaines de paroissiens et de gens de toute religion.

Le Patriarche, en ce Jeudi Saint, premier jour du Triduum pascal, a terminé en soulignant que cette nouvelle constitue « un joyeux signe de la Résurrection » pour les chrétiens de Terre Sainte.

Sources : www.bbc.com, www.lpj.org et Radio Vatican



 


Resurrexit sicut dixit : Alléluia ! Alléluia !

 

5 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Veuillez trouver ci-joint l’homélie du patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, prononcée au cours de la messe de la Résurrection au Saint Sépulcre, le 5 avril 2015. Bonne lecture, et joyeuse fête de Pâques !

Homélie de Pâques 2015

En ce jour glorieux, nous revivons dans cette Basilique du Saint Sépulcre la joie de Pâques, celle du Christ ressuscité, vraiment ressuscité et qui « nous précède en Galilée » (Mt 28, 7).

A tous je souhaite une belle et sainte fête de la Résurrection ! Nous sommes chaque jour au Moyen Orient, témoins d’événements tragiques qui nous rendent encore contemporains du Calvaire. Mais notre joie et notre foi dans le Ressuscité, « nul ne peut nous l’enlever » (Jn 16, 22), car le Seigneur nous invite dès aujourd’hui, même au milieu des difficultés qui sont les nôtres, à goûter les prémices de sa Résurrection.
Lorsque les femmes disciples de Jésus se rendent au Tombeau pour oindre d’aromates le corps du Crucifié descendu de la Croix (Mc 16, 1-2), elles trouvent un Sépulcre ouvert et vide, et un « homme vêtu de blanc » leur disant « vous cherchez Jésus le de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici » (Mc 16, 6-7). Elles sont alors saisies par la peur et la stupéfaction avant de quitter le Tombeau pour rapporter aux disciples ce qu’elles ont vus et entendu (Mt 28, 8).

Aujourd’hui, nous sommes des milliers à chercher le visage du Christ, Sa Parole et sa Paix. Et nous peinons à Le trouver dans ce monde, comme si rien ne pouvait nous abreuver, ni les discours politiques, ni le monde économique, ni même notre entourage quelquefois. Comme les femmes au tombeau, la peur nous envahit devant ce vide. Car ce tombeau, frères et sœurs, où passent chaque jour des milliers de personnes en quête de Dieu, ne contient plus le corps du Crucifié. Dieu n’est pas forcément là où nous le cherchons. Il n’est pas dans des recoins obscurs et isolés, il est juste à côté de nous, dans notre frère, notre voisin ! Nous sommes invités, à la suite des disciples stupéfaits devant le Tombeau vide, à grandir dans notre relation avec Jésus et à devenir annonciateurs et témoins de la Bonne Nouvelle, pour comprendre enfin que nous trouverons Dieu dans nos frères, en répandant et partageant la Joie d’être sauvés. Même lorsque les ténèbres du Vendredi saint de la mort nous accablent et assombrissent nos cœurs et notre pays, croyons et chantons : le Christ est ressuscité Alléluia !

Pour cela, frères et sœurs, il nous faut vivre le premier miracle de la Résurrection, un changement radical du cœur, une conversion, à la suite du centurion romain au pied de la Croix qui réalisa : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu » (Mc 15, 39). Il y a la conversion des soldats, mais aussi celle des disciples réunis au Cénacle et enfermés dans la peur. La Résurrection les a transformés et ils sont devenus témoins, témoins heureux de souffrir pour le Christ.

Nous espérons chanter avec eux un jour notre Alléluia et partager avec eux et tous les saints, avec nos deux futures saintes palestiniennes Mariam et Marie-Alphonsine, la Gloire éternelle. Enterrons donc dans le Tombeau du Christ nos inclinations mondaines, nos incohérences, nos divisions religieuses, notre violence, nos manques de Foi et nos peurs. Nous devons nous « dépouiller du vieil homme et revêtir l’Homme Nouveau qui a été crée selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité » (Ep 4, 22), croire au Bien, croire que la Paix est possible, pour recevoir enfin « la vie en abondance » (Jn 10,10).

De ce Tombeau sont sorties la Lumière et la Paix. Et aujourd’hui, d’ici encore, de cette Terre Sainte si violentée, la Lumière et la Paix doivent jaillir à nouveau. Implorons la grâce du Seigneur pour la Terre Sainte et pour le monde entier.

Armons-nous, frères et sœurs, de Foi, de courage, et de la joie de notre rencontre avec Jésus, pour annoncer à tous nos frères sa Résurrection et sa victoire. Chrétiens, nous sommes appelés au cœur de cette région du Moyen Orient, secouée par les guerres et ensanglantée par la violence, à être des signes de contradictions, des signes d’Espérance au-delà de tout. Notre avenir dans cette région et dans ce monde est incertain voire même obscur, mais n’ayons pas peur, le Christ nous avait prévenu et Il est « avec nous, jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20).

Les politiques et la Communauté internationale ne se préoccupent que peu de notre liberté et de notre sort. Les intérêts personnels écrasent la bonne volonté de ceux qui souhaitent la paix et la justice.

Mais les martyrs contemporains ne cessent de témoigner de la Résurrection du Christ, tout comme les processions, les pierres de Jérusalem, les réfugiés irakiens et syriens, qui ont tout perdu à cause de leur Foi, les prisonniers au nom du Christ, sont des témoignages que notre Seigneur est bien vivant. A leur suite, avec les bienheureuses Mariam et Marie-Alphonsine qui intercèdent pour nous, devenons de vrais témoins.
En cette année de la consécration, chers frères et sœurs consacrés, ravivons aussi la joie de notre premier appel, revenons vers Dieu et devenons des disciples fidèles au service de notre Eglise de Jerusalem et de nos frères.

Nombreux sont ceux qui viennent en Terre Sainte pour chercher le Christ, tout en essayant de trouver ou retrouver leurs racines. Nos racines sont ici, au sein de l’Eglise-Mère, sur le Mont Golgotha et dans ce Tombeau vide. Pour cela, notre responsabilité est grande et malgré toutes les difficultés et les malheurs qui nous frappent, persévérons à garder ferme notre Espérance et vive notre joie. Le Christ vivant triomphe toujours du mal.

Chers Frères et Sœurs, chers amis malades, âgés et prisonniers,
A vous chers fidèles refugiés, qui vivez un Vendredi saint apparemment sans lendemain, à cause des injustices et de la violence,
A tous ceux qui ne peuvent goûter la joie de Pâques,
A vous qui n’avez pu arriver jusqu’à ce Saint Sépulcre pour partager avec nous cette fête,
Pour vous, j’élève ma prière dans l’Espérance que vous jouissiez de la Paix de la Résurrection. Que cette Paix emplisse votre cœur d’amour, de solidarité, par la force du Christ ressuscité qui veut nous ressusciter avec Lui (Phil 3, 10-11).
Le Seigneur est ressuscité. Allez et annoncez cette Bonne Nouvelle au monde entier.

Oui Jésus est vraiment ressuscité. Amen. Alléluia !

+Fouad Twal, Patriarche latin



 


... Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau ...

 

18 avril 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD



 


Quête du Vendredi Saint : l’URGENCE !

 

1er avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Comme de coutume chaque année, une quête en faveur de la Terre Sainte aura lieu dans toutes les églises catholiques le vendredi saint. En cette période particulièrement tragique pour le Moyen-Orient, l’Eglise invite les fidèles à manifester généreusement leur soutien aux communautés locales et au maintien des Lieux Saints.

Mgr Shomali, évêque auxiliaire de Jérusalem et de Palestine, souligne “l’urgence” particulière de la collecte 2015.

Ces derniers temps, et depuis son voyage en Terre Sainte en mai 2014, le Pape François a multiplié les gestes et les appels en faveur des chrétiens de cette région du monde, dont « la souffrance crie vers Dieu ».

Dans une lettre aux évêques du monde entier, le préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, le cardinal Leonardo Sandri, a brossé un tableau dramatique de la situation en Irak et en Syrie où le sang ne cesse de couler et où des innocents sont persécutés et tués. Les réfugiés irakiens et syriens se comptent désormais par millions. Des milliers sont réfugiés en Terre Sainte, en Jordanie, accueillis dans les paroisses et les écoles du Patriarcat latin, créant des besoins importants et urgents pour le diocèse et pour ses institutions d’accueil sur le terrain, notamment Caritas.Retour ligne automatique
Les recettes de cette collecte qui aura lieu dans le monde entier seront affectées à Jérusalem, à la Palestine et Israël, à la Jordanie, à Chypre, à la Syrie, au Liban, à l’Egypte, à l’Ethiopie et à l’Erythrée, à la Turquie, à l’Iran et à l’Irak.

Par ce geste, l’Eglise souhaite aussi appeler les chrétiens de Terre Sainte à résister dans la mesure du possible à la tentation de l’émigration, en leur montrant comment les fidèles du monde entier se montrent sensibles à leur sort. Cette quête assurer aux chrétiens des conditions de vie plus dignes et leur permettre ainsi de rester, notamment par la création d’emplois, la restauration des logements et l’aide à la scolarisation. Dans sa lettre, le cardinal Leonardo Sandri souligne ainsi que la quête pour la Terre Sainte, cette année, est plus que jamais une occasion précieuse pour devenir des pèlerins de la foi et pour la promotion du dialogue par le partage et la prière. « Le petit troupeau des Chrétiens, répandu dans tout le Moyen-Orient est appelé, écrit-il, à être artisan de paix, de réconciliation et de développement, à promouvoir le dialogue, et à construire des ponts, selon l’esprit des Béatitudes ». Le cardinal Sandri souhaite donc que cette quête reçoive un accueil généreux de la part de toutes les Eglises locales afin de répondre aux besoins spirituels et matériels de la vie ecclésiale en Terre-Sainte.

Des besoins d’autant plus urgents cette année où la région est plongée dans une escalade de violence inouïe et où l’existence même des chrétiens au Moyen Orient est en péril. “L’urgence vient du fait que le Moyen Orient passe par une épreuve sans précèdent, souligne Mgr Shomali, Vicaire patriarcal à Jérusalem et en Palestine, et que les besoins sont plus forts que jamais surtout pour les refugiés syriens et iraquiens, sans parler des églises, écoles et maisons détruites. La question c’est d’être ou de ne pas être comme avait dit Shakespeare.”

MyriamAmbroselli (www.lpj.org)



 


"Un Amour Absolu " : immersion dans le monastère de Bet Gemal

 

1er avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TELEVISION - "Un Amour Absolu", un documentaire en immersion dans le monastère de Bet Gemal, en Terre Sainte, a été choisi par Arte pour célébrer Pâques, il sera diffusé le 3 avril à 23h10 ! Il sera ensuite consultable en replay.

À Bet Gemal, un monastère isolé en Israël, la réalisatrice, Stéphanie Pillonca-Kervern, a filmé pour la première fois les Petites Soeurs de Bethléem, au sein desquelles sa cadette a pris les ordres. Une immersion sensible dans leur « vie de silence, de prière et de solitude ».

En Israël, sur une petite colline boisée de pins qui domine des terres arides, le monastère de Bet Gemal accueille la communauté des Petites Sœurs de Bethléem. Toutes ont renoncé au monde moderne, quittant pays, famille et amis pour offrir leur vie à Dieu, souvent contre la volonté de leurs proches. Prière, poterie, jardinage, peinture, étude de textes bibliques, cuisine : chacun de leurs gestes est tourné vers un Seigneur auquel elles se vouent corps et âme. Jusqu’à l’arrivée de la réalisatrice, elles n’avaient jamais été filmées.

Intériorité

« Il y a neuf ans, ma petite sœur a rejoint le monastère Notre-Dame de l’Assomption, en Terre sainte. Sa décision m’a laissée sans voix, puis j’ai fini par l’accepter. » Au fil de ses visites, la réalisatrice Stéphanie Pillonca-Kervern (Je marcherai jusqu’à la mer) est tombée amoureuse du lieu, de ses hôtes et de sa douce atmosphère. À force de temps et de patience, elle a gagné la confiance des sœurs et obtenu l’autorisation de filmer. Baigné par une lumière diaphane, le documentaire dévoile avec une infinie délicatesse les rites immuables des moniales, entre silence, solitude et joyeuse sérénité.

Au plus près des visages habités et des mains au travail, la réalisatrice nous offre une fascinante plongée dans l’intériorité de ces femmes, souvent jeunes, qui veulent croire à un monde meilleur dans une région ravagée par les conflits.

Source : ARTE



 


"Au son des tambours et des flûtes, acclamez votre Roi, le Sauveur"

 

30 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Pour entrer dans la Semaine Sainte, de nombreux chrétiens du diocèse de Jérusalem et du monde entier ont pris part à la traditionnelle procession des Rameaux. Cet événement est l’une des rares grandes manifestations publiques de Chrétiens dans la Ville Sainte.

Il n’est pas commun de bloquer à la fois le tramway et la circulation des axes qui longent les remparts de la Vieille Ville depuis la Porte des Lions jusqu’à la Porte Neuve. Mais cela arrive pourtant une fois par an, à l’occasion de la procession des Rameaux suivie de la grande parade des scouts chrétiens.

Partie de Bethphagé pour arriver à l’église Saint Anne, la procession était assez courte cette année. Selon certaines sources, il n’y avait pas plus de 15 000 personnes. La forte chute du nombre de pèlerinages, conséquence de la guerre de Gaza et des échauffourées à Jérusalem, est sans doute l’un des principaux facteurs de cette réduction d’effectifs.

Cela n’a pas empêché les paroisses, venues en nombre des territoires grâce aux nombreux permis délivrés, de célébrer en grande fête l’entrée du Sauveur à Jérusalem. Chants, danses, prières… Les Chrétiens étaient heureux de se rassembler pour témoigner de leur foi. Le soulagement de beaucoup était palpable. Le Patriarche de Jérusalem a lui-même rappelé dans une allocution que « nos peuples, en Terre Sainte et dans le Moyen Orient, vivent un Golgotha sans fin, comme si notre chemin de Croix avait commencé sans jamais cesser ». Pourtant la communauté chrétienne de Jérusalem ne cache pas sa joie ni sa foi, sous les regards intéressés et mêmes approbateurs de familles musulmanes intriguées par cette grande parade.

Comme en réponse à cette joie, le patriarche latin, Mgr Fouad Twal, a conclu la procession par ces mots : Retournons donc à nos maisons et à nos paroisses, remplis d’Espérance et de la Confiance en Notre Seigneur Jésus Christ Ressuscité d’entre les morts, qui nous disait : « n’ayez pas peur, je suis avec vous ».

Le matin, les solennités de la Semaine Sainte ont commencé par la messe au Saint Sépulcre avec une procession des Rameaux autour de l’Edicule et par la messe célébrée par le Patriarche Twal. La paroisse Saint Sauveur de Jérusalem a également célébré la solennité dans une église comble, remplie d’enfants avec leurs parents. Dans d’autres paroisses du diocèse, certains attendront la semaine prochaine pour brandir et bénir les rameaux en même temps que les Orthodoxes, c’est-à-dire une semaine plus tard cette année. A Jérusalem, l’existence du Statu quo empêche tout changement de date.

Pour lire l’homélie du Patriarche : cliquez ici
Sources : radio Vatican, www.lpj.org (Pierre Loup de Raucourt) et Christian Media Center



 


Annales 2014 de l’Ordre du Saint-Sépulcre

 

26 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME – Voici les Annales 2014 de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre. Dans de longs articles généreusement illustrés, ils reviennent abondamment sur la visite du pape François en Terre Sainte, sur la vie de l’Ordre et sur la situation des Chrétiens d’Orient. Bonne lecture !

Pour consulter les annales 2014, cliquez ici ou retrouvez les en annexe de ce message.



 


Semaine Sainte : se préparer avec le chant (audio)

 

25 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BEIT JALA – Depuis quelques années, le Séminaire du Patriarcat Latin publie une œuvre musicale unique pour la liturgie latine en arabe. Ecoutez des extraits de quelques pièces à la fin de cet article. Ils contiennent les parties fixes traditionnels des grandioses cérémonies par lesquelles l’Eglise célèbre la Passion du Christ et Sa Résurrection.

C’était à la fin de l’hiver de l’an 2006. Un groupe de séminaristes, avec l’accord et le soutien de leurs supérieurs, ont décidé de faire un cadeau pour le diocèse et les paroisses. Leur but unique était d’aider les fidèles à approfondir ce qui constitue le cœur même de leur Foi, c’est-à-dire la passion du Christ, sa mort et sa résurrection, et de célébrer cet Amour divin à travers la Sainte Liturgie, avec la dignité qui lui convient.

« Liturgie » est un mot qui vient du grec, et qui signifie littéralement : « le service du peuple ». Dans le Christianisme, ce terme signifiera le service unique que le peuple fidèle va offrir exclusivement à Dieu seul. Et ce service, que le peuple, et le prêtre en son nom, vont offrir contiennent, entre autre, les chants.

Le chant est un instrument mis entre les main des hommes avec lequel ils peuvent mieux exprimer les émotions et les sentiments qui habitent leurs cœurs. L’homme content chante, l’homme en détresse chante et l’homme amoureux chante aussi ! Loin d’être seulement des pièces de théâtre, ceux qu’on appelle les « cérémonies » liturgiques sont des « moments » que le fidèle veut consacrer à Dieu seul, en union avec toute l’Eglise, et ses frères les autres fidèles. Elle est donc autre chose que la prière personnelle, du cœur à cœur avec Dieu en cachette, mais la prière liturgique a du sens parce qu’elle trouve sa source dans la prière personnelle, et amène enfin vers elle.

La liturgie est un espace, dans un lieu et dans un temps précis, réservé à Dieu, où la communauté des croyants célèbre l’Amour de Dieu, qui se manifestait pour elle à travers la vie du Christ. Elle va donc répondre à cet amour, à travers les chants en particulier, car celui qui aime, chante – s’il ne sait pas chanter il peut au moins écouter de la musique et des chants qui raniment en lui le souvenir du bien-aimé.- Le bien-aimé, dans la liturgie, c’est Dieu lui–même.

Cela sera très beau si cet année nous nous permettrons de vivre cet expérience ! Expérience de Dieu, de la « gratuité » de la louange de Dieu, une expérience de beauté et des cérémonies liturgiques « vivantes », et non pas mortes ou qui consistent à une froide répétition qui produit l’ennui quand on coupe les cérémonies de leur fin véritable.

Nous mettons entre vos mains, quelques chants que nous avons choisis de la liturgie de la Semaine Sainte selon le rite latin en arabe !

Firas Abedrabbo (www.lpj.org)

Pour écouter des extraits : cliquez ici ! Bonne écoute.



 


Le pape François prie auprès du Bienheureux Bartolo Longo, de l’Ordre du Saint-Sépulcre

 

23 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NAPLES - Lors de sa visite à Naples, le Souverain Pontife François a visité le Sanctuaire de Pompéi et a prié devant les cendres du bienheureux Bartolo Longo, membre de l’Ordre du Saint-Sépulcre.

Le premier arrêt du voyage du Pape au cours du week-end dernier a été le Sanctuaire de Pompéi. Le Pape François s’y est arrêté pour une prière silencieuse devant l’image de Notre-Dame du Saint-Rosaire, porté à Pompéi par le Bienheureux Bartolo Longo en 1875.

Bartolo Longo

Etonnant itinéraire que celui de ce laïc, passé par l’anticléricalisme et le spiritisme avant de devenir l’ardent apôtre du Rosaire. Avocat passionné de politique, il prit en effet activement part au violent anticléricalisme qui agitait la ville de Naples, dans les années 1863. Après un passage par le spiritisme au sujet duquel il témoignera plus tard avoir subi des assauts répétés du démon, il fut conduit par un ami vers un saint prêtre dominicain.

Sa conversion radicale se traduisit par un vœu de chasteté et un dévouement total à l’apostolat. En charge d’un vaste domaine à Pompéi, il se lança dans la propagation du rosaire, mettant sur pied des cours de catéchisme, faisant placer une image de la Vierge dans chaque maison et restaurant l’église. Cette dernière est ce qui deviendra plus tard la mondialement connue basilique de la Vierge du Rosaire.

Fin 1873, la mission qu’il organisa est un triomphe. Une nouvelle ville naît, où les grâces et guérisons abondent et les dons affluent. Très actif pour la sainteté et l’éducation de cette population, Bartolo Longo créa des orphelinats, des instituts scolaires et publia une revue et des opuscules sur le rosaire qui ont un très grand succès.

Il était un membre éminent de la lieutenance napolitaine du Saint-Sépulcre. Il avait été promu au grade de chevalier de Grand Croix.

Et s’il fut béatifié en 1980 par Jean-Paul II, il était déjà considéré à sa mort comme un saint et un modèle pour les laïcs.

La prière par le Pape

Le Pape a récité la prière historique écrit par le bienheureux Bartolo Longo :

"Dame du Saint-Rosaire, Mère du Rédempteur, la femme de notre terre soulevée au-dessus des cieux, l’humble servante du Seigneur, proclamée reine du monde, des profondeurs de nos misères, nous avons recours à vous. Avec la confiance des enfants regarder votre doux visage .

Couronnée de douze étoiles, vous nous prenez pour le mystère du Père, vous brillez avec le Saint-Esprit, vous nous donnez votre Enfant divin, Jésus, notre espérance, seul salut du monde. Conforté votre Rosario, vous nous invitez à fixer son visage. Vous ouvrez son cœur, océan de joie et de tristesse, de la lumière et de la gloire, le mystère du Fils de Dieu fait homme pour nous. A vos pieds dans les traces des saints, nous nous sentons la famille de Dieu.

Mère et modèle de l’Eglise, vous conduisez et soutenir sécurisé. Faites-nous un seul cœur et une seule âme, des gens forts sur le chemin de la patrie céleste. Nous livrons nos misères, de nombreuses rues de la haine et de sang, les mille anciens et nouveaux de la pauvreté et surtout notre péché. Pour vous, nous nous confions, Mère de miséricorde, nous accorder le pardon de Dieu, nous aider à construire un monde en fonction de votre coeur.

O Rosaire béni par Marie, douce chaîne qui nous relie à Dieu, chaîne d’amour qui nous rend frères, nous ne vous laissera jamais. Vous serez dans nos mains une arme de paix et de pardon, étoile sur notre chemin. Et le baiser à vous avec le dernier souffle, nous plonger dans une vague de lumière, dans la vision de la Mère bien-aimée et le Fils de Dieu, le désir et la joie de notre cœur avec le Père et l’Esprit Saint ".

Sources : news.va ; cliquer ici.



 


Cinquième dimanche de carême de l’année B

 

22 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Pendant ce temps de Carême, nous vous proposons quelques réflexions de prêtres du Patriarcat latin ou de la Custodie franciscaine en lien avec les lectures dominicales.

Ministres et bénéficiaires d’un « Pacte Nouveau » ! (Jr 31, 31 s ; Hé 5, 7-9 ; Jn 12, 22-33)

Le pauvre Jérémie, après des jérémiades sur l’exil, conséquence des infidélités du peuple, perçoit et transmet une promesse divine : une prophétie sur une « nouvelle alliance » (Jr 31,31), toujours avec les Hébreux et, apparemment, eux seuls. Décidément, jusqu’ici au moins, Yahvé tient à son peuple qu’Il ne laisse pas tomber. Or, « eux », comme souligne la prophétie, ne se sont pas gênés de « rompre l’Alliance » (expression qui revient 20 fois dans l’Ancien Testament hébreu). Ils ont rompu, si vous voulez : « ils ont coupé » son Alliance, devenant ainsi coupables, unilatéralement ! Là, nous remarquons l’ingrate vengeance : Yahvé a unilatéralement « coupé ou entrepris une alliance כרת ברית » avec son peuple d’alors, sans le consulter, et voici le peuple qui riposte par une « coupure » vilainement unilatérale ! N’est-ce pas comme cela que nous « traitons » le Seigneur parfois ? Nous serions même capables de le blâmer pour nous avoir « gâtés », embarrassés, affligés par le poids de ses faveurs et de ses grâces !

Vous avez bien lu « une nouvelle alliance » ou Alliance.

On nous dégonfle un peu en nous signalant que Jésus n’a pas inventé cette formule, alléguant des analogies, surtout à Qumran : dans le « Document de Damas » B, col. I33-34, et le commentaire qumrânien d’Habbaquq (I Q Hab II, 3). Là aussi, le caractère restreint de cette « nouveauté » saute aux yeux : il s’agit de personnes ou de groupes « du pays de Damas », probablement métaphore pour souligner les puritains qui partent en exil (encore !), soit le paradis de la perfection. Qui dit « nouveau » implique en même temps discontinuité et continuité. A propos de « Damas », celle d’aujourd’hui, qui est dans de beaux draps, l’on pourrait citer ici un auteur Syrien, né Musulman. Il décrit le Christianisme comme « une fille rebelle du Judaïsme » (en arabe « almasyhyyah » المسيحيّة est féminin). Cette évolution-révolution par Jésus se manifeste en ce qu’elle est universelle et éternelle. Il s’agit bien non d’une mais de la nouvelle alliance, dans un sang « versé pour la multitude » πολλων, שגיא, aramaïsme pour dire « tous » (Mt 26, 26 s), y compris les détestables « goyîm », païens !

L’universalité de « l’Alliance nouvelle » et éternelle reflète en quelque sorte celle de l’amour divin, « cause de bonté dans les créatures » (St Thomas d’Aquin). Le « Dieu de Jacob » – cet ancêtre-patriarche qui a eu l’audace de combattre le Seigneur et de Le vaincre (en songe, bien sûr !), étant le Créateur « du ciel et de la terre » est le Père éternel et universel. En Christ et par lui, même les païens oseront l’appeler « notre Père », un titre et une invocation jalousement gardés par le peuple de l’Alliance antique.

Pendant vingt siècles, le monde, civilisé par Jésus et l’Evangile, écrira « la charte universelle des droits de l’homme ». Que les Nations-Unies le reconnaissent ou pas, les bases de cette charte ne se trouvent que dans « le Nouveau Testament » : pas de discrimination à cause du sexe (aujourd’hui nous sommes déroutés par les alternatives et les nuances entre « gender » etc…) ; pas davantage discrimination à cause de la religion. Et, puisque l’homme moderne a appris de Descartes et d’autres le doute systématique, et qu’il est fort capable de contester ce fait, à savoir l’influence déterminante de la Nouvelle Alliance sur les droits de l’homme et la société internationale, même non chrétienne, il suffit de lire d’autres Livres que d’autres religions considèrent saints pour voir la différence, toujours avec respect.

Une partie de la révolution : l’élévation par la croix ! (Jn 12, 32)

Le Nazaréen crucifié donne, par son exemple et ses paroles, une nouvelle idée du Messie ou plutôt approfondit et incarne des prophéties que d’aucuns auraient préféré ignorer, par exemple le Ps 22 et Isaïe 53 sur le Serviteur souffrant. Messie glorieux, oui, mais par l’humiliation ! Sauveur royal, oui, mais dans l’obéissance et la piété (Hé 5, 7-9), non dans la désobéissance et l’impiété, simultanément Messie davidique et sacerdotal (Rom. 1, 3 ; Hé 5, 1 s).

Conclusion

Prions que la souffrance et le martyre de centaines de Chrétiens contemporains « attire tout le monde » au Christ (Jn 12, 32) ! Que les « Grecs », i.e. les païens les plus sophistiqués, et les « zélés de la Loi-charia », à la Saül de Tarse, eux aussi « demandent à voir Jésus » !
Père P. Madros



 


La "sortie au Précipice", une vieille tradition qui renaît

 

22 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NAZARETH – Le dimanche 15 mars 2015, la population chrétienne de Nazareth s’est pliée à la tradition populaire de la "sortie au Précipice". Après la messe dominicale quelques centaines de fidèles, toutes générations et tous rites confondus, se sont dirigés spontanément vers la colline du Précipice qui surplombe la ville, à pied ou en voiture, vers ce qu’on appelle aujourd’hui l’amphithéâtre Pape Benoît XVI, là où le pape avait célébré la messe en 2009.

Précédée par la fanfare des scouts latins et melkites, la chorale, l’évêque Giacinto-Boulos Marcuzzo, l’évêque Riah Abu-al-Assal, les pères Amjad Sabbara et Simaan Jarayseh, une belle procession a gravi la colline de 400 m, en chantant au milieu des fleurs de printemps.

A l’arrivée, lecture fut faite de l’épisode de l’Évangile rappelé par St Luc (4,16-30) et Mgr G.B.Marcuzzo a prononcé une brève réflexion sur le vrai sens et la beauté de la foi : « Aujourd’hui encore, en Terre Sainte, comme autrefois, il y a des gens qui refusent Jésus de Nazareth, mais d’autres qui se sont ouverts à lui, à sa parole et à son amour,comme par exemple, les deux sœurs palestiniennes que l’Eglise va canoniser le 17 mai prochain, Maryam Bawardi et Marie Alphonsine Ghattas. C’est leur foi, totale et joyeuse, en Jésus qui les a sanctifiées et leur a même permis de faire des miracles ».

La sortie au précipice est une très vieille tradition populaire de Nazareth qui impliquait toute la population de la ville, même les musulmans, constituant ainsi un moment fort de convivialité sociale. Elle était célébrée le troisième lundi de carême, quand la liturgie lit l’épisode évangélique du précipice. Les familles passaient toute la journée sur le versant de la colline, les femmes cueillaient les herbes de la nature, fraîches et bien abondantes en cette saison, les préparaient pour un repas partagé ensemble. Des réserves d’herbes étaient aussi ramassées pour la maison. Au début de l’après-midi le curé franciscain assurait une bénédiction du St Sacrement dans la « grotte des ermites », en face de la grotte paléontologique de « l’homme de Qafzeh ».

Après 1948 cette tradition s’est affaiblit et dans les années 60 elle est tombée complètement en désuétude. Dans une version simplifiée et pratique, cette tradition vient d’être vivifiée, le troisième ou quatrième dimanche de carême, grâce à la collaboration pastorale des évêques, des curés et de l’Annunciation Family Club.

Une fois l’événement terminé, les familles aiment bien s’arrêter, déjeuner dans la nature et admirer le magnifique panorama qui, du sommet de la colline, s’ouvre vers les quatre points cardinaux, pour découvrir l’Hermon, le Thabor, le Carmel et la plaine d’Esdrelon.

Source : www.lpj.org



 


La Lieutenance de Belgique à Paris

 

25 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

PARIS - Dans le cadre du temps du Carême et de la Passion, la Lieutenance de Belgique a organisé une journée à Paris le vendredi 6 mars 2015, avec pour thème la vénération de la Sainte Couronne d’Épines.

La Sainte Chapelle

Sous un ciel radieux, notre première étape devait être celle de la visite de la Sainte Chapelle, chapelle palatine de la fondation royale, construite spécialement pour abriter les reliques de la passion du Christ ramenées par Baudouin Ier de sa croisade, mis en gage chez les vénitiens pour couvrir ses frais, gages remboursés par Saint-Louis.

Construite en moins de trois ans dans un gothique rayonnant, sa légèreté sans le moindre arc boutant et sans la moindre fissure après quasi huit siècles, est la preuve de la grande maîtrise des architectes du gothique ; la Cathédrale Notre-Dame était déjà en construction depuis 80 ans et sera terminée 50 ans après ce chef d’œuvre qu’est la Sainte Chapelle, inaugurée en avril 1248.

L’on y accède par la chapelle basse, réservé aux serviteurs du palais, dont la décoration date de la restauration du XIXè siècle. Deux escaliers étroits en colimaçon conduisent à la chapelle haute réservée à la royauté et à sa cour.

La très grande érudition de notre guide Sylvie capte totalement notre attention en nous offrant une exceptionnelle découverte des lieux et de la lecture des superbes vitraux dont ceux du côté nord-est viennent de bénéficier d’une restauration et d’une protection thermoformée.

Retenons de ces vitraux le choix « légendaire » et même irréel de scènes iconographiques pour être dans la Jérusalem céleste, des costumes typiques du XIIIè dans le rappel des croisades comme aussi des croix assurant la structure de certains vitraux, des références à la mère de Louis IX, Blanche de Castille, avec les nombreux châteaux dorés, omniprésents dans, en autre, un vitrail inondé de soleil.

La lecture des vitraux, de gauche à droite et de bas en haut, la grande diversité dans les formes des panneaux de soutient, les diverses scènes de martyr, appel à se sacrifier pour sa foi, notion importante dans le quotidien du roi Louis IX, …dans un festival de couleurs aux dominantes de bleus et de rouges.
20 artisans-verriers furent occupés durant 4 ans à leur réalisation.

La Sainte Chapelle, transformée en salle d’archives après la Révolution, différents panneaux des vitraux furent répartis dans différents musées, suite à la dépose d’un tiers de ceux-ci. Au milieu du XIXè siècle, importante restauration des vitraux, remonte d’une partie de ceux déposés et copie des disparus suivant les techniques et la chimie utilisée au XIIIè siècle.

Seule la rosace est plus contemporaine et date du XVè, avec ses flammes, rappel du style gothique flamboyant, et de la présence de plus de couleurs vertes.

Les reliques avaient été déplacées sur ordre de Louis XVI, sentant venir les dangers du futur, dans la Bibliothèque Nationale avant d’être confié aux Chanoines du Chapitre de la Cathédrale Notre-Dame en 1805 par Napoléon Ier.

Les Invalides

Notre consoeur Nathalie et son époux notre confrère Bertrand, nous reçoivent ensuite royalement pour un délicieux déjeuner dans le superbe cadre de leur appartement donnant sur la place Vauban, dominée par la coupole des Invalides.

Notre-Dame

Il est 3 heures quand la procession des dames et chevaliers suivie du clergé va dans la chapelle statutaire des Chevaliers du Saint Sépulcre de Jérusalem prendre possession des saintes reliques et d’ensuite devant l’autel de la Cathédrale Notre-Dame, exposer la Sainte Couronne d’Épines, un morceau de la Croix et un Clou à la vénération de plus de 2000 fidèles recueillis dans un respectueux silence.

Chants, psaumes, paroles d’accueil et bonne paroles conduisent à la longue vénération de tous ces fidèles, marqués de l’intense émotion de ce grand moment dans leur cheminement de Foi.

Les chevaliers et dames s’impliquent à bien ordonner la lente progression des deux queues formées par les fidèles pour venir embrasser la Sainte Couronne d’Épines au pied de l’autel.
La Sainte Couronne, déposée sur un coussin porté par un prêtre entouré de deux chevaliers de l’Ordre qui, à l’aide d’un tampon de coton, assurent la désinfection de l’enveloppe de la relique.

Durant une heure et demie, cette cérémonie se déroule dans un intense recueillement ponctué par l’un et l’autre chant du chantre de la Cathédrale. Et puis vient la fin de la célébration avec la procession des membres de l’Ordre composant le cortège qui reconduit les Saintes Reliques vers le coffre-fort.

Notre confrère , Mr Renaud de Villelongue, se dévouant sans compter à la Cathédrale, nous fait ensuite les honneurs du chœur dont sa déploration de style baroque et ses belles stalles, de la chapelle capitulaire et enfin du trésor de la Cathédrale.

Saint-Leu et Saint-Gilles

Et il est grand temps de rejoindre à pied l’église capitulaire St-Leu-St-Gilles pour la célébration eucharistique avec la présence des membres des deux lieutenances. C’est un beau point d’orgue à une journée vécue intensément.

Merci à S. Exc Mr Pierre Murret-Labarthe, le Lieutenant de l’Ordre en France de son accueil.

Michel Donnay de Casteau



 


Troisième dimanche de carême de l’année B

 

8 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Pendant ce temps de Carême, nous vous proposons quelques réflexions de prêtres du Patriarcat latin ou de la Custodie franciscaine en lien avec les lectures dominicales.
Nous poursuivons par le Père Madros sur le récit de la colère de Jésus face aux marchands au Temple mais aussi sur le thème malheureusement d’actualité du lien aux images et aux idoles ! (Ex 20, 1-17 ; 1 Cor 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25)

Vie spirituelle, Voix des prêtres

L’éternelle objection judéo-islamo-protestante contre les images sacrées et les statues revient, prenant comme texte-prétexte le verset d’ Exode 20, 4 : « Tu ne te feras aucune image sculptée… tu ne te prosterneras pas devant elles… ». Or, le contexte éclaire le texte et l’explique : entourés de païens idolâtres, les Hébreux sont tentés de se fabriquer des divinités ! Le seul vrai Dieu, jaloux, réagit, en interdisant toute idole. Mais ce même Dieu, au même Moïse, dans le même Livre de l’Exode (et , plus tard, à Salomon) demande de « faire » des images et des sculptures, jusque dans le lieu saint ! Voir Ex 25, 10, 16, 18, 20 ;et 37, 7 ; 1 Rois (=3 R) 6, 2328, 29, 35 ; 1 R (=3 R) 8, 6-7 ; 10, 19-20 ; le serpent d’airain (Nb 21, 7-8).

Contradiction ? Jamais de la vie ! Morale : idoles, non ; illustrations utiles pour la piété, surtout pour les enfants et les analphabètes, oui !
Saint Paul, ex rabbin s’il vous plaît, va plus loin : sans mâcher ses mots, il écrit aux Colossiens que Jésus « est l’image, grec εικων, icône , du Dieu invisible » (Col 1, 15). Donc, que les « chrétiens » ne nous tracassent plus avec l’interdiction des « images ». Alors ils trouvent à redire sur les statues ! Mais le principe de la statue est le même que celui de l’icône : la représentation, mise en bas-relief, d’une image ! Et aujourd’hui, vous avez, au moins, les trois dimensions… Aucun danger d’idolâtrie !

Les idoles contemporaines relèvent d’une tout autre nature, et sont bien plus subtiles et plus venimeuses : l’argent, la domination, la beauté, le corps, la drogue, la télé, le portable (nous ne savons pas où il va nous porter encore !)…

N’empêche que les personnes qui ont gardé cette mentalité primitive du peuple hébreu en Egypte, donnant comme fruit l’adoration d’un veau d’or, n’a aucun équivalent dans nos églises : nous n’adorons que le Seigneur ! Les images et les statues ne sont que des symboles en vénération de nos saints, en illustration de nos dogmes ! Cependant survit la prohibition du Livre de l’Exode dans un iconoclasme irrémédiable, ayant horreur de toute représentation. Nous voici en 2015, à Mossoul, en Irak, et avant en Afghanistan : des islamistes cassent des statues de Bouddha , de Nimrôd etc.

Sans s’en rendre compte, comme M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, ces personnages, de langue arabe ou afghane, de religion musulmane, appliquent la légende d’Abraham démolissant les idoles (Genèse Rabbah, 38, 19 ; Coran 21 : 59 -67 ; Tabari, I, p. 139).

Il ne faut pas manquer l’occasion ici d’interdire aux Musulmans de casser ou de déchirer les images de Jésus et de la Vierge Marie, puisque, dans la biographie de Mahomet, d’après Al –Azraqyy, « Histoire de la Mecque », et Al –Dhahabyy, il aurait ordonné de détruire toutes les images et les idoles de la Kaaba sauf « ce qu’il y avait sous sa main », à savoir une image de la Vierge portant l’Enfant. Maintenant, des « savants » contestent ces récits, alléguant que les Traditions qui les ont produits étaient « faibles », probablement une réaction antichrétienne après coup ! Nous pouvons toujours faire honnêtement état de cet épisode, tout en admettant qu’il n’est pas universellement accepté.

Pas de marchands dans la maison de Dieu !

Jésus n’y va pas de main morte ! Ce n’est pas un Christ trop bon pour être intelligent, trop faible pour être suivi ! Ce n’est pas davantage un être invertébré, efféminé, émasculé, qui laisse dire, laisse faire et ne réagit, comme l’on veut parfois de nous chrétiens, que par un sourire et un silence fort appréciés ! Jésus parle ! Il se fâche ! Il frappe, et pas métaphoriquement ! Les marchands lui tapent sur les nerfs à fleur de peau !

Une fois de plus, il nous commande d’être « avisés comme des serpents, doux comme des colombes » (Mt 10, 16). Il renverse les tables des vendeurs de colombes. Il envoie promener de la maison du Père le Mammon d’iniquité ! Il nous signale que « chrétien » ne signifie pas « crétin ».

Conclusion

Nous devons et pouvons recourir à toute violence morale pour arrêter ou neutraliser les personnes qui marchandent avec la parole de Dieu et les sacrements ! Le fouet des mots et des actions juridiques devrait les remettre en place ! Ainsi, nous pourrons tous mieux suivre le Christ « doux et humble de cœur » qui savait, de temps en temps, montrer ses muscles et châtier ceux qui profanaient la divine sainteté par leur « adoration de l’argent et de l’or », « idoles des païens » (cf Ps 115, 4).



 


En Jordanie et au Liban, la lutte pour la coexistence entre Chrétiens et Musulmans

 

8 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

AMMAN – Au cours d’un discours prononcé le 3 mars 2015, le roi Abdallah de Jordanie a réaffirmé l’importance de l’unité et de la fraternité pour permettre aux Chrétiens et aux Musulmans de vivre côte à côte. Un message important à entendre dans une région où ce principe de fraternité n’est plus entendu partout.
Pour le site du Patriarcat latin de Jérusalem, Pierre Loup de Raincourt présente les initiatives du roi Abdallah de Jordanie en faveur d’une coexistence entre Chrétiens et Musulmans.

A la tête d’un Etat touché au cœur par la mort de son pilote en janvier, le roi Abdallah s’est prononcé à nouveau sur la nécessité de permettre aux Chrétiens et aux Musulmans de vivre ensemble. « Aujourd’hui, a-t-il affirmé, tous les membres de notre société sont unis derrière notre patrie. En vivant côte à côte dans la fraternité et la solidarité comme une famille, Chrétiens et Musulmans, citoyens venus d’origines diverses, se tiennent tous prêts à répondre à l’appel du devoir ». Cette position est sans doute – et on l’espère – partagée par les autres dirigeants du Moyen Orient, dans les pays où la coexistence islamo-chrétienne est multiséculaire. Mais ce point de vue n’est pas assez exprimé et se trouve confronté à la montée de Daesh qui veut nier et détruire cette coexistence.

Le roi rappelle également que tous les moyens sont mis en œuvre dans l’éducation pour que les jeunes générations puissent travailler et acquérir les valeurs de l’ambition, de l’excellence, de l’initiative ou encore du civisme. Le souverain ajoute : « Cette entreprise doit les immuniser contre le radicalisme et la violence, qui sont contraires à nos valeurs, à notre éthique et à tout ce que nous défendons. Le caractère sacré de la vie et le respect de soi et des autres sont l’essence de nos croyances ».

Fier des initiatives de son pays, le roi Abdallah a enfin rappelé le rôle essentiel de la Jordanie dans l’accueil des réfugiés provenant des pays voisins. Accueillis dans différents camps ou différentes institutions, les nouveaux arrivants bénéficient de l’aide de l’Etat et des organisations religieuses.

Cette coexistence entre Chrétiens et Musulmans a été essentielle dans l’édification des sociétés du Moyen Orient. Si la taille des communautés est aujourd’hui très déséquilibrée, les apports de l’une à l’autre sont nécessaires pour préserver la paix. C’est dans cet esprit qu’au Liban, autre pays où les Chrétiens vivent le plus possible en harmonie avec les Musulmans, la chanteuse Tania Kassis a écrit une chanson (à écouter ici) en mêlant un Ave Maria et un appel à la prière, pour célébrer la première journée islamo-chrétienne, le 25 mars prochain, autour de la figure de la Vierge Marie qui tient également dans l’Islam une place importante.

Cette initiative originale, comme le discours du roi de Jordanie, doit être un exemple pour les autres pays de la région, un témoignage que la fraternité entre communautés n’est pas vaine, et un appel à la communauté international de veiller à la protection de cette entente.

Pierre Loup de Raucourt



 


"Certains pays sont en train de jouer avec le feu ! " Patriarche Raï des Maronites

 

8 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

INTERVIEW - Mgr Bechara Raï, le patriarche maronite libanais, était l’invité de la matinale "spéciale Beyrouth" de France Inter, le 2 mars 2015 (intégral de l’émission à retrouver ici). Au micro de Léa Salamé, il y a évoqué la situation des chrétiens d’Orient au Liban, mais aussi l’influence de "certains pays" dans l’émergence de Daech.

Morceaux choisis :

"Cette force de Daech d’où vient-elle ? Ils sont appuyés, soutenus, ils ont des liens avec des États de la région."

"Quand vous dites État islamique, vous les respectez."

"Si la communauté internationale persiste dans cette politique, cela va vider le Moyen Orient des chrétiens. De tous ces habitants. Certains pays sont en train de jouer avec le feu ! Ce n’est pas mon rôle de dire qui, mais ce jeu politique menace le monde entier. »

"Je n’ai jamais cru aux Printemps arabes. Ces manifestations populaires ont été remplacées par des mouvements intégristes"

"Au Liban, nous sommes experts dans le respect des autres religions. Nous, chrétiens d’orient, avons créé la modération islamique. Nous voulons rester ici pour véhiculer ces valeurs de modernité."

Retrouvez l’interview de Mgr Bechara Raï par Léa Salamé :



 


Mgr Ignace Joseph III Younan : "Les chrétiens ne peuvent pas assurer seuls leur avenir au Moyen-Orient"

 

8 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

INTERVIEW - Laurence Desjoyaux signe une interview de Mgr Ignace Joseph III Younan, patriarche de l’Église syriaque catholique, dans l’hebdomadaire catholique français La Vie.

Pour le patriarche de l’Église syriaque catholique, l’enlèvement de dizaines d’assyriens et la prise de plusieurs villages chrétiens dans la région du Khabour doit pousser les démocraties occidentales à se réveiller.

Quel est selon vous l’objectif de Daech dans cette région du Khabour ?

Je pense que l’objectif principal de l’État islamique est d’imposer la charia islamique poussée à l’extrême. Ses hommes cherchent donc à convertir par la force les croyants d’autres religions et plus généralement tout ceux qui n’adhèrent pas à leur vision de l’islam.

Dans cette région du Khabour où se trouvent de nombreux villages chrétiens, des troubles laissaient augurer le pire. Une partie importante de la province de Hassaké avait été envahie par les fanatiques de l’État islamique et les chrétiens avaient déjà commencé à fuir devant le danger. Au dire des témoins, pas plus du quart des habitants des deux rives de la rivière Kahbour restaient encore dans leurs villages au moment de l’offensive de l’État islamique du 23 février au petit matin.

En plus des dizaines de chrétiens enlevés par l’État islamique, y a-t-il eu des morts ?

Je ne dispose toujours pas du nombre exact de personnes tuées à la suite de la razzia de Daech. La situation est chaotique avec des déplacés qui se sont réfugiés dans plusieurs endroits. On ne sait pas comment sont traitées les personnes qui ont été enlevées. Mais on peut concevoir que ces attaques ont été meurtrières étant donnée la haine que nourissent ces fanatiques contre les minorités chrétiennes. Mgr Jacques Behnan Hindo, évêque syriaque catholique d’Hassaké, et Mgr Afrem Nathanael, évêque de l’Église assyrienne d’Orient, m’ont dit qu’ils avaient présidé la semaine dernière aux funérailles d’une douzaine de personnes décédées à la suite de l’invasion de Daech.

Comment se passe l’accueil des réfugiés de la région du Khabour dans les villes de Hassaké et Kameshli ?

La population fuyant les villages dévastés n’avait d’autre refuge que la ville de Hassaké à une quinzaine de km à l’est. Au moins deux mille personnes y ont été accueillies le 23 février dans des salles paroissiennes, des églises et des écoles privées. D’autres familles ont fui vers Kameschli au nord.

Les habitants et le clergé de ces villes se sont mobilisés pour ces réfugiés en majorité assyriens. Il n’y a aucune dissension entre les différentes confessions catholique, orthodoxe, arménienne ou assyrienne. Les deux évêques de Hassaké cités plus haut sont restés sur place. À l’image du vrai bon pasteur, ils se sont fait messagers d’amour et de justice sans aucune discrimination, faisant face au mieux aux drames que subissent leurs communautés.

Que pensez-vous de l’action de milices chrétiennes ? Est ce une solution pour les chrétiens de la région ?

Ces milices chrétiennes sont de mon point de vue un moindre mal. Selon moi, elles doivent uniquement avoir une action d’auto-défense afin de protéger les familles et les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants... Il est vrai que le manque d’armement adapté pour repousser des bandes de criminels bien équipés et le nombre relativement restreint des combattants chrétiens font hésiter bien de personnes sur le sujet, parmi lesquelles beaucoup de responsables des différentes Églises d’Orient ! Mais quelle est l’alternative ? Voudrait-on que nos communautés soient massacrées et égorgées comme des moutons ? Personnellement, je soutiens ceux qui voudront se défendre et éventuellement mourir dans l’honneur de combattre le mal et défendre les innocents...

Les villes de Hassaké et Kameshli où se sont réfugiés beaucoup de chrétiens du Khabour sont-elles sécurisées où risquent-elles à leur tour de tomber aux mains de l’Etat islamique ?

Jusqu’à maintenant Hassaké et Kameshli sont protégées. C’est ce que me dit Mgr Hindo qui refuse absolument de quitter son poste à Hassaké et d’abandonner ses fidèles. Selon lui, l’armée syrienne et les défenseurs kurdes sont visiblement présents dans la ville. Des milices chrétiennes et celles de la défense populaire assistent leurs troupes.

Quelles sont les perspectives pour les chrétiens de cette région et plus généralement au Moyen-Orient ?

Concernant la survie des chrétiens au Proche-Orient, je l’ai dit et je le répète encore : il incombe aux démocraties occidentales de se réveiller pour repousser le danger de l’islam politique, lequel s’incarne à présent sous la forme de Daech et d’autres organisations terroristes se réclamant de l’islam.

Les chrétiens ne pourront pas s’assurer eux-mêmes un avenir sûr. Ils attendent que les pays de l’Ouest soient fidèles aux principes inscrits sur leurs frontons « Liberté, Egalité et Fraternité », pour tous les peuples et tous les pays, surtout ceux du bassin méditerranéen. Je pense que l’Union européenne doit particulièrement assumer cette mission avec courage et unité, car cette Méditerranée n’est pas l’obstacle mais c’est bien une voie qui relie le Moyen-Orient à l’Europe.



 


Accord historique entre Israël et la Jordanie sur l’eau

 

28 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

AMMAN - Israël et la Jordanie ont décidé, jeudi 26 février 2015, de faire front ensemble face à la pénurie d’eau qui frappe la région de la mer Morte. Les deux pays ont signé à Amman, un accord permettant le pompage de la mer Rouge a destination du lac salé, qui s’étend sur leurs territoires et la Cisjordanie.

Selon l’agence officielle jordanienne Petra, ce texte porte sur « l’exécution de la première partie » d’une lettre d’intention conclue en décembre 2013 à Washington entre des représentants de l’Etat hébreu, du Royaume hachémite et de l’Autorité palestinienne pour tenter de sauver ce point d’eau. Il a été conclu en présence de représentants des Etats Unis et de la Banque mondiale.

FOURNIR LES PALESTINIENS
Concrétement, il s’agit de construire un système de pompage dans le golfe d’Aqaba, à la pointe nord de la mer Rouge, afin de collecter quelque 300 millions de m³ par an. Une partie doit être acheminée par l’intermédiaire de quatre conduits vers la mer Morte, ayant une très haute concentration en sel et qui risque de s’assécher d’ici 2050.

Une autre partie doit être dessalée, et distribuée en Israël et en Jordanie afin de répondre à la pénurie de ressource hydrique qui frappe la région. Le projet prévoit également de fournir aux Palestiniens 30 millions de m³ d’eau dessalée par an.

CONTRÔLE DES SCIENTIFIQUES
Un appel d’offres pour réaliser ces travaux va être lancé prochainement, pour un coût estimé à 90 millions de dollars et une durée de trois ans. Le ministre israélien de la Coopération régionale Silvan Shalom, qui est également en charge du portefeuille du développement des ressources naturelles, a estimé qu’il s’agit du « plus important projet depuis la conclusion du traité de paix avec la Jordanie » en 1994. A ses yeux, il couronne une « coopération constructive » entre les deux pays.

Partenaire de l’opération, la Banque mondiale a publié en 2012 une étude penchant vers la faisabilité du projet, mais plusieurs organisations de défense de l’environnement ont déjà mis en garde contre les possibles effets néfastes de l’arrivée d’eau de la mer Rouge sur le fragile écosystème de la mer Morte.

Dans un communiqué, l’institution a estimé que son lancement, « sous le contrôle des scientifiques », devrait permettre de mieux comprendre les conséquences d’un mélange des eaux de ces deux étendues.

Sources : Le Monde.fr avec AFP et Reuters



 


Le plateau du Golan : un enjeu stratégique

 

28 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

OPINION - Le site d’information de la Custodie de Terre sainte, Terrasanta.net, consacre un article de Giuseppe Caffulli, aux affrontements qui secouent le plateau du Golan, enjeu stratégique aux carrefour des frontières du Liban de Syrie et d’Israël.

Sur les hauteurs du plateau du Golan, coincé entre la Syrie et le Liban (la zone est occupée par Israël depuis la guerre des Six Jours en 1967), se joue une bataille aux enjeux sensibles et pas seulement pour la région mais à l’échelle mondiale.

À la mi-décembre 2014, les troupes de l’auto-proclamé Califat Islamique se sont pressées aux abords de Quneitra, ville à proximité de la zone contrôlée par Israël. Trois groupes djihadistes syriens (Shuhada al-Yarmouk, les Brigades Abou Mohammed al-Tilawi et Bayt al-Maqdis) engagés dans la lutte contre le régime de Bachar al-Assad ont juré allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique. L’importance qu’est en train de prendre ce dernier - notamment sur le plan militaire - mettrait en grave difficulté l’armée syrienne désormais prise entre deux feux.

En soutien aux troupes de Bachar al-Assad ont été déployées des forces du Hezbollah, actives depuis longtemps en Syrie et en Irak dans la lutte contre le califat islamique (sans jamais oublier leur raison d’être à savoir la lutte contre Israël).

Pour renforcer le poids militaire des troupes pro-Assad dans les hauteurs du Golan, aux cotés du Hezbollah libanais, ces derniers jours ont été marqués par l’arrivée de milices chiites d’origine afghane et pakistanaise. Selon les sources de renseignements israéliens, il s’agirait d’au moins 2000 hommes, qui s’ajoutent aux nombreux combattants du Hezbollah déjà présents à Quneitra. Parmi les Afghans, le groupe principal serait composé de Hazara ayant fuit en Iran pour échapper à la persécution des talibans. Chaque milicien recevrait pour son enrôlement environ 500 $ par mois.

Bien que luttant contre l’Etat islamique (en majorité sunnite), Israël voit dans la présence de ces milices chiites, soutenues par l’Iran, bien d’autres ambitions comme celle de ceinturer fermement le Golan entre les mains du Hezbollah et donc du régime de Téhéran. Une perspective qui est loin de laisser dormir sur leurs deux oreilles les sommets de l’armée israélienne.

Que la situation soit devenue de plus en plus complexe (et brûlante), en témoignent les infiltrations de l’État islamique en Jordanie, le débarquement en masse des troupes du Califat en Libye ou encore l’agressivité de groupes fondamentalistes dans le Sinaï, où, selon les services de renseignements Egyptiens se seraient déjà réorganisées des cellules terroristes prêtes à frapper conjointement l’Egypte et Israël. Parmi les cibles sensibles à l’ordre du jour, il y aurait le canal de Suez, mais aussi le Caire surtout après la dure réaction de l’armée du président Al-Sissi en représailles à l’assassinat de 21 chrétiens coptes à Syrte, en Libye. Sur les rives du Nil, la plus grande menace semble venir du Hamas, la formation palestinienne aujourd’hui interdite en Egypte, au sein de laquelle beaucoup ne cachent plus leur sympathie pour le Calife noir. Le mouvement, qui contrôle la bande de Gaza, semble avoir formé une nouvelle alliance avec un mouvement salafiste appelé Agnad Misr (Les Soldats de l’Egypte), qui lui même aurait fusionné avec les membres du Jihad égyptien appartenant à al-Qaïda.

Pour aggraver la situation, des nouvelles de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel en date du 10 janvier, annonçaient que le régime syrien serait en passe d’acquérir des armes nucléaires avec l’aide des milices chiites du Hezbollah et des Pasdaran iraniens, qui contrôleraient une installation secrète souterraine située à seulement deux kilomètres de la frontière libanaise, à Qusayr. Selon l’hebdomadaire allemand, citant des sources de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Bachar al Assad serait en possession de 50 tonnes d’uranium naturel qui, enrichies, pourraient être suffisantes à la construction de trois à cinq bombes atomiques. Un projet sur lequel serait entrain de travailler des ingénieurs nucléaires Nord-coréens. Simple élucubration ou propagande alarmiste ? Ce qui est sur c’est que la perspective d’une puissance nucléaire syrienne pourrait remettre en cause toutes les alliances stratégiques et créer des des scénarios qui, pour l’heure, sont encore inimaginables.

Pour le texte original, c’est ici



 


Vallée du Crémisan : lettre des évêques américains aux membres du Congrès

 

8 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

WASHINGTON - "Le Congrès Américain doit faire pression sur le gouvernement israélien pour que soient stoppées les confiscations inutiles des terres palestiniennes en Cisjordanie, une mesure qui pourrait venir en aide aux Chrétiens palestiniens de la vallée de Crémisan et renouveler l’espoir d’une solution juste au conflit" a déclaré en février 2015 le président de la Commission internationale Justice et Paix de la Conférence américaine des Evêques Catholiques (USCCB).

Le 11 février dernier, dans une lettre adressée aux présidents et aux différents membres du Comité des relations étrangères du Sénat ainsi qu’au Comité des affaires étrangères, Mgr Oscar Cantu de Las Cruces (Nouveau-Mexique), a demandé pressement à ces derniers d’intervenir auprès du gouvernement israélien pour revoir le tracé du mur de séparation prévu dans la vallée de Crémisan en Cisjordanie. « Le tracé, écrit-il dans cette lettre, ignore les droits et les besoins de la communauté locale et pourrait avoir des conséquences désastreuses. »

« Les différentes propositions de tracé du mur de séparation confisquent à chaque fois les terres agricoles de plus de 50 familles chrétiennes palestiniennes. C’est une menace envers les moyens de subsistance de la communauté chrétienne de Bethleem, alimentant encore leur désir de quitter la Terre Sainte » écrit Mgr Cantu qui lors d’un voyage en Terre Sainte en janvier dernier, a rencontré la communauté locale et les chefs des églises, prenant ainsi conscience de la situation en la voyant de ses propres yeux. « Le mur de séparation aurait des conséquences désastreuses sur le travail de l’église catholique locale en séparant un monastère salésien de son couvent, le privant de ses activités et de ses principales ressources ainsi que du contact avec la population locale. Dans une des propositions, l’école des frères Salésiens, qui accueille 450 élèves, serait entourée sur trois côtés par une barrière militaire » écrit encore Mgr Cantu.

Mgr Cantu rajoute que le cas de la vallée de Crémisan n’est qu’un des nombreux exemples de ces réalités qui paralysent le processus de paix israélo-palestinien et qui menacent la vie des habitants de la région. Il a réitéré le soutien des évêques catholiques américains à un état israélien sécurisé et reconnu, vivant en paix auprès d’un état palestinien viable et indépendant.

Lire la lettre complète (original en anglais)

Source :Conférence Américaine des Evêques Catholiques (USCCB)



 


Premier dimanche de Carême de l’année B

 

22 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Pendant ce temps de Carême, nous vous proposons quelques réflexions de prêtres du Patriarcat latin ou de la Custodie franciscaine en lien avec les lectures dominicales. Nous commençons par le Père Madros sur le thème de l’Alliance avec la nouvelle humanité (Gn 9, 6-15 ; 1 P 3, 18-22 ; Mc 1, 12-15).

Vie spirituelle, Voix des prêtres

Le récit populaire et si instructif de l’arche de Noé (Gn 9, 6-15), qui a des parallèles dans la littérature extrabiblique, paraît-il, ainsi que celui du déluge, ne sauraient relever de la légende ou de la simple piété populaire « simplette » ! Dans la mémoire de peuples divers, dans des continents différents, les souvenirs de grandes inondations restent gravés. Ce qui intéresse notre hagiographe, malgré les détails qu’il donne sur les dimensions de l’arche, c’est l’amère et triste réalité de la malice des hommes, irrémédiable sans un grand choc et un châtiment presque universel. D’après des légendes païennes orientales, le déluge a eu lieu dans un coup de tête des divinités, à bout de patience à cause du bruit des humains qui arrivait incessamment jusqu’à la demeure des dieux, les empêchant ainsi de dormir ! Noé ou Outnapishitm ou Guilgamech ou d’autres personnages : ils symbolisent le petit reste des braves personnes, à la foi pieuses, bonnes, sages et intelligentes. Oui, parfois, des athées ou des agnostiques identifient la foi à la bêtise ou à la stupidité !
L’idée magistrale – et unique dans la Bible – du mal chez les humains est d’une cinglante actualité ! L’arc-en-ciel nous tranquillise ! La promesse du Seigneur tient toujours, malgré tout le péché du monde. Quelqu’un a dit : « Seule l’inutilité du premier déluge empêche Dieu d’envoyer le second ! »

Malgré le déluge : l’alliance !

Avec Adam ; maintenant Noé ! Plus tard, avec Jésus. Saint Pierre (1 P 3, 18-22) nous explique que cette alliance « nouvelle et éternelle », selon les évangiles, se concrétise dans le baptême, arche de salut. C’est dans le sang de Jésus qu’est « coupée » la nouvelle alliance, Jésus « mis à mort selon la chair, vivifié d’après l’Esprit ». Le prince des apôtres veut dire que Jésus a été mis à mort en tant qu’homme, selon les lois de la nature humaine. Il a été non « ressuscité en esprit », expression absurde, brandie par les Témoins de Jéhovah, par exemple : en effet, l’esprit ne peut pas ressusciter puisqu’il ne meurt pas ! Lisons bien et ne nous laissons pas induire en erreur : « vivifié » en tant qu’esprit ou par l’Esprit : c’est-à-dire que l’Esprit en Lui a vivifié le corps crucifié et tué. Interprétation arbitraire inventée par nous pour éluder le problème ? Jamais de la vie ! C’est saint Paul qui nous exprime cette idée, presque littéralement, tout à fait d’accord avec son « collègue » Pierre : « Et si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (i.e. la nature divine qui l’habite) (re)donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous » (Rom 8, 11). Ce texte paulinien interdit à qui que ce soit de conclure que nous, nous ressusciterons avec nos propres corps (surtout les 144 000 qui iraient seuls au ciel) tandis que Jésus ne serait ressuscité « qu’avec un autre corps » (que celui qui a été crucifié). Donc, il ne serait pas du tout ressuscité puisque le corps crucifié n’a pas eu de résurrection (d’après ce qu’ils disent) et le soi-disant autre corps glorieux ne serait pas davantage ressuscité puisqu’il n’est pas mort !
Alliance et baptême (1 P 3, 18- 22)

Une difficulté pourrait surgir d’une mauvaise lecture de la première de saint Pierre : le baptême est « le témoignage d’une bonne conscience » ; donc pas de baptêmes d’enfants qui n’ont conscience d’aucune conscience ! Dans ce texte, l’apôtre fait allusion à la bonne conscience de Noé et de toutes les braves personnes de bonne volonté ! Certes, il ne s’agit pas dans ce texte de baptêmes d’enfants mais d’adultes. Mais ce passage ne saurait exclure ni effacer d’autres textes, à commencer par celui de Jn 3, premier discours, chronologiquement, sur le baptême chrétien : à Nicodème, Jésus le présente comme une « nouvelle naissance, d’en haut » (le grec άνωθεν), « de l’eau et de l’esprit », le plus vite possible après la naissance physiologique. En effet, les enfants non baptisés des chrétiens sont des êtres physiques, corporels seulement : « Celui qui est né de la chair est seulement chair ; celui qui est né de l’Esprit est esprit » (Jn 3, 6). Non, cher Nicodème ou Nicodèmes au pluriel, pas question de rentrer, tout grand, dans le sein de sa mère, mais, si vous voulez (et même si vous ne voulez pas !), par le baptême, devenir enfants de Dieu et, d’une autre façon, de l’Eglise, mère des peuples !

Un presbytérien américain, Scott Hahn, a découvert précisément dans l’Eglise Catholique cette alliance qui commence dans le baptême, ersatz de la circoncision (toujours d’après saint Paul, Gal 3, 27 s). Cette dernière, malgré toute l’ingéniosité des partisans de « l’Ancien Testament », reste cruellement partiale (excluant l’élément féminin) et facilement prétexte de distinction, différence, pour ne pas dire de discrimination.

La tentation de Jésus (Mc 1, 12-15)

D’une manière expéditive, saint Marc, « l’interprète de Pierre » (St. Irénée) liquide en trois mots et demi cette réalité embarrassante mais significative : « Il a été tenté par Satan », l’adversaire, celui qui accuse (d’après le mot cananéen « שטן satan »), celui qui jette le chef d’accusation ou jette tout court (d’après le grec διάβολος), sous-entendu : dans la perdition, l’abîme, la honte…
Jésus « a été tenté (éprouvé) en tout comme nous, sauf dans le péché ». Il n’a pas succombé. Il est comme nous dans notre fragilité ; il est notre modèle dans la résistance au mal !

Conclusion

Le mal et la violence nous inondent à nouveau, surtout au Moyen-Orient. La mort la plus horrible guette des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Au milieu de ce déluge, que le Seigneur nous envoie de nouveaux Noés et que le navire du baptême délivre, non seulement les chrétiens, précisément massacrés parce que chrétiens, mais aussi toute cette pauvre humanité qui a été excessivement « mortifiée dans la chair » !

Père P. Madros



 


Sur les chemins des Evangiles !

 

22 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Surfant sur l’engouement pour les marches spirituelles et culturelles, le ministère israélien du tourisme a balisé un itinéraire qui permet d’aller à pied, à vélo ou en voiture de Nazareth jusqu’au lac de Tibériade.

Les randonneurs ont laissé derrière eux la jolie église en rotonde perchée sur le mont des Béatitudes, là où Jésus a annoncé que le Royaume appartient aux pauvres, aux humbles et aux persécutés (Matthieu 5, 1-10). À leurs yeux s’offre l’une des plus belles vues sur le lac de Tibériade, enchâssé dans un écrin de collines ocres et mauves : 21 km de long et 12 de large. Situé à 210 mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée, il est traversé du nord au sud par le Jourdain qui file vers la mer Morte. De l’autre côté du lac, les hauteurs abruptes du Golan courent vers la Syrie. Maintenant, le petit groupe de marcheurs descend au milieu des manguiers et des bananiers. En bas, à gauche, au débouché du Jourdain, la petite ville de Bethsaïde dont les habitants furent les premiers à adhérer au message de Jésus, puis Capharnaüm, Tabgha où Jésus multiplia les pains et les poissons, Migdal, le Magdala de Marie-Madeleine.

MARCHES SPIRITUELLES ET CULTURELLES

Avec ses champs soigneusement cultivés, la vallée glisse doucement vers le lac appelé mer de Galilée ou de Génésareth dans le Nouveau Testament. Ce jardin luxuriant, ponctué de nombreux villages, est obtenu grâce à un puissant réseau d’arrosage qui épuise l’eau du Jourdain. Jésus, lui, évoluait au milieu de bergers, troupeaux et oliveraies.

Ce jour de décembre, les randonneurs foulent le même sol où il a réalisé l’essentiel de sa prédication et de ses miracles. Le plus souvent, Jésus habitait chez Pierre à Capharnaüm. On peut y voir les vestiges de plusieurs synagogues, dont la première où il a prêché. Sur le lac où quatre Apôtres étaient pêcheurs, des hommes lancent, aujourd’hui encore, leurs filets pour capturer ces succulents saint-pierre dont sont friands les clients des restaurants voisins. Les voyageurs, eux, apprécieront une traversée en bateau. Où marcheront sur les rives, tôt le matin.

Deux mille ans après la venue du Messie, le lac de Tibériade est un lieu prisé de villégiature. Pourtant, malgré les bouleversements économiques et géopolitiques, malgré la disparition de la plupart des villages d’autrefois, le souvenir de Jésus reste omniprésent dans les chemins et les paysages, dans l’église des Béatitudes, dans celle construite à Capharnaüm sur la maison de Pierre.

Lieu de pèlerinage pour les chrétiens, l’endroit se prête aussi aux marches spirituelles et culturelles. Des agences l’ont compris, qui en proposent, accompagnées ou pas. Sans doute pour attirer les chrétiens, le ministère du tourisme d’Israël a balisé un itinéraire (« The Gospel trail »). Les étapes sont courtes, et on peut combiner les déplacements à pied, en vélo, en voiture, en bateau, mais l’absence d’un vrai service de portage des bagages est un handicap.

VILLE TROIS FOIS SAINTES

On ira ainsi de Nazareth, où Jésus passa son enfance, au mont Thabor, avant de se diriger vers le lac de Tibériade, puis de longer de Jourdain. Là, malgré les impressionnantes protections frontalières gardées par des soldats israéliens et jordaniens, on accède au lieu où Jésus aurait été baptisé par Jean Baptiste. On reprend ensuite la route à travers un désert de Judée sec et pierreux, ponctué de camps de Bédouins misérables, pour remonter, en contournant Jéricho, vers Jérusalem.

Tout a été dit sur l’éblouissement du voyageur qui aperçoit cette ville trois fois sainte depuis une des collines. Ou lorsque, du haut des remparts de Soliman le Magnifique, il contemple ses toits. Cet éblouissement demeure, même si, désormais, clochers, minarets, synagogues voisinent avec une forêt de paraboles et de chauffe-eau solaires.

Cependant, nul ne peut oublier le conflit israélo-palestinien : le mur de huit mètres de haut construit par les Israéliens barre l’horizon. Et, en cette mi-décembre, l’accès à l’esplanade des Mosquées est momentanément interdit aux non-musulmans par la municipalité de Jérusalem évoquant des raisons de sécurité. Malgré l’ambiance souvent électrique, les quartiers des musulmans, des juifs, des chrétiens et de la communauté arménienne voisinent dans la Vieille Ville aux ruelles étroites.

Selon Frère Olivier, du monastère bénédictin d’Abou Ghosh installé dans un village arabe, « malgré les souffrances, les violences et les divisions, il y a des points de rencontre, des gestes de bonne volonté que la presse n’évoque pas assez ». À Jérusalem, tout parle de Dieu. Le mont des Oliviers, la Via Dolorosa (chemin de croix), le Saint-Sépulcre et les innombrables églises. Et aussi les mosquées et le mur des Lamentations, vestige du Mur occidental du Temple du roi Salomon.

Si l’on a un peu de temps, on verra, au Musée d’Israël, une superbe maquette de la ville au temps d’Hérode, donc de Jésus, et aussi une partie des manuscrits de la mer Morte. Puis, on déambulera pour boire un jus de grenade, manger un pain pita fourré de houmous (purée de pois chiches) et s’imprégner de l’atmosphère de cette ville extraordinaire.

Un article de Paula Boyer publié dans La Croix
Les modalités pratiques sont ici.



 


Un nouveau centre "Pape François" pour les jeunes

 

18 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BEIT JALA – Ce mardi 17 février 2015, le Patriarcat Latin de Jérusalem a célébré la bénédiction de la pierre de fondation du "Centre Pape François pour les jeunes".

La célébration fut présidée par Sa Béatitude Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, en présence de son Vicaire Mgr William Shomali, du Vicaire en Israël Mgr Boulos Marcuzzo, de l’Administrateur Général, le Père Imad Twal, du Chancelier, le Père George Ayyoub, du maire de Beit Jala M. Nicolas Khamis, ainsi que de beaucoup d’autre prêtres, ainsi que des nombreux employés du Patriarcat et amis du monde entier, de personnalités locales, sans oublier les quelques journalistes qui se sont déplacés pour couvrir cet événement important.

Le Centre sera bâtit dans la ville de Beit Jala, à 1,5 kilomètres de la Basilique de la Nativité à Bethléem. Le projet consiste à restaurer un magnifique bâtiment historique appelé autrefois « Maison Sainte Thérèse pour les Etudiantes », en y ajoutant une aile de trois étages. Des bâtiments qui couvriront en tout un espace de 3840 mètres carrés, ou 5 hectares si l’on compte les espaces extérieurs tels les jardins, les parkings pour les voitures et pour les bus.

Le but de ce projet est de construire un centre destiné à accueillir des jeunes locaux et internationaux, en leur garantissant un espace pour leurs activités et leurs réunions. Le projet prévoit également l’aménagement de 56 chambres destinées à accueillir des jeunes pèlerins à moindre coût, une salle de manger, une salle de réunions, une chapelle et d’autres espaces extérieurs (jardins et du parkings).
Le nouveau centre représentera une source considérable d’emplois pour les chrétiens de Beit Jala, de Bethléem et des alentours.

La fin des travaux est prévue pour fin 2015, de telle sorte que la maison pourrait ouvrir ses portes dès début 2016.

Source : www.lpj.org



 


Condamnation ferme du meurtre des Coptes en Libye

 

18 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

COMMUNIQUE – Dans un communiqué publié en arabe ce lundi 16 février, le Conseil des Eglises du Moyen-Orient condamne le meurtre des vingt-et-un coptes décapités en Lybie par l’organisation de l’Etat Islamique. Un crime "odieux et barbare" perpétré contre des "innocents", une "violation du Droit International", que "toutes les religions condamnent". Le communiqué lance également un appel aux gouvernements de la région et du monde entier afin que soit éradiquée l’organisation terroriste.

COMMUNIQUE

Avec une douleur profonde, nous avons reçu les nouvelles du crime odieux que des terroristes aveuglés par un fondamentalisme détestable, et guidés par l’ignorance, ont commis en tuant des innocents fidèles coptes en Lybie. Ces innocents n’ont commis aucun pêché. Ils croyaient tout simplement à l’enseignement glorieux du Christ, et au Dieu Unique et Créateur, aux sentiers de l’amour humain et à l’esprit de la paix et de la fraternité entre les hommes, selon l’exemple d’Abraham, des Prophètes et des Envoyés.
Nos langues se trouvent incapable d’exprimer la tristesse et la souffrance qui ont blessé les cœurs de tous les chrétiens, et tous les habitants du Moyen Orient, à la vue de ces crimes barbares que toutes les Religions condamnent.

Le Conseil des Eglise du Moyen Orient condamne avec force de tels crimes, en affirmant que ce que subissent les chrétiens en Orient, en Lybie et dans d’autres pays est une grande violation du Droit International et des Droits de l’homme ainsi que de tous les conventions internationales. Le Conseil voit l’arrivée d’un changement démographique dangereux, dans cette région où sont nées les religions monothéistes, surtout dans un climat où les gens innocents ne se sentent plus en sécurité mais à la merci du terrorisme.

Nous croyons au droit de chaque homme de vivre dignement là où il choisit de vivre sur cette terre que Dieu a créée, et à son droit de préserver son identité religieuse et ses droits légitimes dans son pays. Nous demandons donc aux gouvernements de la région et à tous les gens éclairés qui sont capables d’influencer leurs entourages, d’assumer leur responsabilité nationale et religieuse, et de protéger leurs compatriotes chrétiens, en renforçant leurs efforts et la coordination entre eux afin de limiter la force de ce terrorisme barbare et de l’éradiquer.

Nous prions afin que Dieu bénisse et protège nos peuples, qu’Il verse le remède de sa miséricorde et son Espérance sur le âmes de nos martyrs, en les acceptant comme des offrandes d’amour pour le Christ qui nous a dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Mt 10 : 28).



 


Deux nouvelles saintes palestiniennes pour la Terre Sainte

 

16 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

COMMUNIQUE – Ce samedi 14 février 2015, au cours du Consistoire des cardinaux réunis à Rome autour du Saint Père le pape François, la date de la canonisation des deux prochaines saintes palestiniennes a été annoncée.

C’est donc au cours d’une messe le 17 mai 2015 que Sœur Marie-Alphonsine, fondatrice des Sœurs du Rosaire, et Sœur Marie de Jésus Crucifié, fondatrice du Carmel de Bethléem, seront reconnues saintes pour l’Eglise. Nous reviendrons prochainement sur les biographies de ces grandes personnalités de la Terre Sainte

Le Patriarche latin de Jérusalem, Sa Béatitude Fouad Twal, de Rome, a fait part de “son immense joie, et de la joie de la Terre Sainte qui toute entière se réjouit de la canonisation de deux filles palestiniennes du diocèse de Jérusalem. Elles sont pour nous lumière et consolation au milieu des difficultés qui sont les nôtres.”

Le Patriarche, se réjouissant que le diocèse puisse compter sur l’exemple et la prière de ces deux disciples du Christ, remercie tous ceux qui ont œuvré à faire connaître leurs vies respectives et invite déjà tous les fidèles à se joindre aux festivités qui auront lieu à Rome et en Terre Sainte à l’occasion de ces canonisations.



 


Crémisan : Le pape reçoit les maires de Bethléem, Beit Jala et Beit Sahour

 

16 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BETHLEEM/ROME– « Ils veulent construire le mur de séparation dans la vallée de Crémisan pour ensuite exproprier les terrains qui appartiennent aux chrétiens palestiniens. Si cela a lieu, toute la zone sera suffoquée par l’étau du mur et les premiers à s’en aller seront justement les chrétiens ». Tel est le scénario présenté à l’Agence Fides par le maire de Bethléem, Vera Baboun, qui a rencontré le 11 février à Rome le Pape François.

Le maire de Bethléem, Vera Baboun, catholique palestinienne a rencontré le 11 février le Pape François au terme de l’Audience générale, avant d’être reçue par S.Em. le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat de Sa Sainteté, en compagnie des maires de Beit Jala et de Beit Sahour, MM Nicola Khamis et Hani al-Hayek, et de M. Issa Kassissieh, Ambassadeur de l’Etat de Palestine près le Saint-Siège.

La visite à Rome de la délégation des maires de ce qu’il est convenu d’appeler le « triangle chrétien » de Cisjordanie avait pour but d’exposer au Saint-Siège les effets délétères que la construction du mur de séparation dans la vallée de Crémisan pourraient avoir sur les communautés chrétiennes autochtones dans la ville et la région ou naquit Jésus. « Désormais – explique à Fides Vera Baboun – nous sommes arrivés à une limite. Nous avons montré au Cardinal Parolin les cartes et les photos que nous avions avec nous et il nous a écouté attentivement, avec beaucoup de préoccupation ».

Le mur de séparation voulu par Israël, après avoir divisé le territoire de Bethléem, menace maintenant la zone fertile de Crémisan, où se trouvent des vignobles et des oliveraies appartenant à 58 familles chrétiennes de Beit Jala, ainsi que deux couvents et une école des Salésiens. Le tracé du mur – répètent les trois maires chrétiens palestiniens – « ne répond en ce point à aucun besoin de sécurité. Il a comme seul but de séparer les familles chrétiennes de leurs terres pour les confisquer et élargir la zone à la disposition de nouvelles colonies israéliennes illégales ». Si les terrains de la vallée – qui représente le seul poumon vert de toute la zone – étaient confisqués, « il n’y aura plus d’avenir pour la survie des chrétiens. La densité de population s’élèvera au-dessus de niveaux insoutenables » indique le maire de Bethléem « et nombre seront ceux qui finiront par choisir la voie de l’exode, qui réduit depuis longtemps déjà la présence chrétienne en Terre Sainte ».

La zone de Crémisan avait reçu, le 13 janvier dernier, la visite des seize Evêques participant cette année à la visite dans les territoires palestiniens et en Israël organisée par la Holy Land Coordination (HLC), organisme qui rassemble les Evêques et représentants des Conférences épiscopales d’Europe et d’Amérique du Nord (voir Fides 14/01/2015). Au terme de leur visite, les Evêques avaient réaffirmé dans un communiqué leur engagement à lutter contre la construction du mur dans la vallée et contre la confiscation des terres palestiniennes.

Source : Agence Fides



 


Gaudet Mater Ecclesia : trois ordinations pour la Custodie

 

11 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NAZARETH - Grande joie pour l’Eglise et pour la Custodie de Terre Sainte en ce dimanche 8 février. Par l’imposition des mains, trois frères mineurs ont reçu les ordres sacrés, à Nazareth dans la Basilique de l’Annonciation.

En présence de très nombreux paroissiens, cette Messe particulièrement festive, était présidée par S.E. le cardinal Baldisseri, assisté de Mgr. Marcuzzo (évêque de Nazareth) et Mgr. Kamal Hanna Bathish (vicaire général émérite). La présence d’un prélat romain est assez inhabituelle pour une cérémonie d’ordination. Mais ce dernier participait depuis quelques jours à un important colloque à Nazareth, en vue de préparer le prochain Synode sur la famille dont il est le secrétaire général.

Trois jeunes franciscains ont donc été ordonnés, prêtre pour l’un, diacres pour les deux autres. C’est ainsi que le Frère Tomasz Dubiel, originaire de Pologne, s’est engagé pour toute sa vie dans le sacerdoce. Co-responsable du Christian Information Center et du Franciscan Pilgrim Office, le nouvel ordonné avait d’abord été séminariste diocésain, avant de rejoindre l’ordre franciscain.

Frère David Grenier et Frère Sinisa Srebrenovic ont quant à eux été ordonnés diacres. Pour le premier, cette étape est la continuation d’une année chargée (profès solennel en octobre, il doit recevoir l’ordination sacerdotale en juin). Après des études de Philosophie au Canada, il a rejoint la Custodie de Terre Sainte où il est maintenant en charge de l’Institut Magnificat (l’école de musique de la Custodie).

Pour le Frère Sinisa Srebrenovic, cette journée de fête est une forme d’accomplissement, puisque l’actuel sacristain de Nazareth restera diacre permanent. Frère mineur depuis une dizaine d’années, il avait récemment demandé à pouvoir être ordonné diacre.

Au cours d’une homélie dense, le Cardinal a souhaité souligner le lien existant entre l’Annonciation et la vocation sacerdotale : « l’Annonciation est l’histoire d’une vocation, d’un appel. A l’école de Marie, nous devons apprendre à dire "Oui, me voici" ». La famille a une importance capitale dans l’éclosion et le murissement d’une vocation. Il poursuivait : « Elles doivent continuer à offrir le contexte favorable aux vocations, en entretenant le sens de la piété, de la prière et de l’amour de l’Eglise ».

Dans une exhortation que les franciscains font déjà leur au quotidien, le prélat a supplié les ordinants de « répandre la joie ». « Annoncez et témoignez de Dieu, de sa joie ! Témoignez de la joie de la Résurrection ! Dans ce monde triste et négatif, répandez la joie du Christ ! ».

Les rites propres aux ordinations suivèrent : l’appel des candidats, la prostration (les ordinants s’allongent à même le sol en signe de consécration totale à Dieu), l’imposition des mains, la vêture (les ordonnés revêtent les habits liturgiques de leur ordre), la remise de l’Evangile pour les diacres et la consécration des mains pour le prêtre.

Les paroissiens présents ont pu gouter la « beauté de la célébration ». Même si certains ont trouvé « la Messe un peu longue ». Deux heures de célébration, de quoi ravir les Clarisses présentes à Nazareth. « Ce sont nos frères qui sont ordonnés aujourd’hui, dans cette « capitale du Oui » ». Pour certaines clarisses, cette célébration en Terre Sainte était l’une des dernières, puisque les filles de Ste Claire repartent en Europe, laissant le Couvent de Nazareth à d’autres clarisses venues d’Amérique du Sud.

Les frères, accompagnés de leurs amis et familles se sont ensuite retrouvés à la toute rénovée Casa Nova pour un déjeuner festif. La délégation du Couvent Saint Sauveur de Jérusalem a ensuite rejoint à Haïfa pour visiter la nouvelle école de la Custodie. Cédée par les Carmélites de Haïfa, la structure est gérée depuis octobre par trois franciscains. Ceux-ci ont pris plaisir à faire visiter les différents bâtiments qui accueillent de nombreux élèves chrétiens.

Nicolas Kimmel pour fr.custodia.org



 


Défendre les Chrétiens d’Orient : Question d’humanité, de justice et ... de stratégie

 

11 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

OPINION - Par Bernard Emont, Professeur de l’enseignement supérieur, spécialiste des minorités linguistiques et culturelles et Jean Samat, co-fondateur de l’Association d’apprentissage la Langue Araméenne(AALA, Val d’Oise) et conseiller municipal à Gonesse.
Publiée dans Le Monde du 9 février 2015

Ils étaient 1 400 000 sous Saddam Hussein. Ils ne sont plus que 350 000, à occuper leurs terres ancestrales, entre le Tigre et l’Euphrate (l’ancienne Mésopotamie). Plus 120 000, parqués dans le camp d’Erbil, au Kurdistan irakien, dépourvus de tout, et surtout de soutiens officiels, de quelque autorité que ce soit : hormis de la part des chefs de leur propre Eglise, en tête desquels leurs trois évêques qui ont reflué avec eux. Ce qui leur a valu quelques tentes, couvertures et caravanes…

Leur inconfort, certes, remonte à la nuit des temps. Ils descendent de cette poignée de résistants aux invasions du sud, dont ils ont jadis été victimes, préférant souvent payer tribut que de se convertir.

L’équilibre fragile dont ils ont pu bénéficier à certaines époques, - où les familles des divers groupes religieux ont su vivre, sinon en harmonie, du moins en coexistence pacifique - a été souvent balayé par les vagues fondamentalistes, ou nationalistes, qui ont ébranlé le Proche Orient : en 1915, en Turquie ; en Irak, depuis, au rythme des différentes guerres du golfe. La pression pour les forcer au départ a été particulièrement forte au début des années 1980, en 1995, en 2005...

Mais jamais plus que lors de la récente offensive de Daech en direction de Mossoul (où ils constituaient une minorité active). Ceux qui n’ont pas fui son approche ont vu la porte de leur maison marquée de la lettre « N » de l’alphabet arabe (« N »pour Nazarôen - nom traditionnellement donné aux disciples du Christ) : comme jadis pour les anciens Hébreux d’Egypte, mais en un autre siècle ( le XXIème !) et pour une autre cause ! Ils ont été méthodiquement interpelés et sommés de se convertir. Dans le cas contraire, le choix était simple : « tu pars ou on te tue ». Même les petites écoles ont été visitées, et les enfants non musulmans, enjoints à la conversion : certains, qui osèrent dire non, ont été exécutés sans pitié…

Certes la France, considérée comme leur protectrice traditionnelle, et dont ils apprennent volontiers la langue, a posé quelques gestes. Quelques familles ont pu bénéficier d’un accueil d’urgence. Ainsi se retrouvent – ils sont une vingtaine de milles, surtout originaires de Turquie, en région parisienne (autour de Sarcelles, Gonesse), ou dans celle de Pau (plusieurs centaines, principalement en provenance d’Irak). Soxiante dossiers, représentant à peu près 600 personnes, sont en attente sur le bureau du Consul de France à Erbil, capitale provisoire du Kurdistan irakien. Et certaines familles, jugées prioritaires (membres malades, handicapés, ou très âgés) reçoivent leur visa… au compte goutte ! Encore faut-il qu’elles aient trouvé une famille d’accueil (leur « garante ») en France. On est loin d’une réponse à l’urgence : et surtout d’une prise de conscience adéquate de l’ampleur du phénomène.

Car ne nous leurrons pas : il s’agit bel et bien d’un génocide, feutré et par petits paquet—ce qui le rend moins visible. Seuls demeurent ceux qui sont dépourvus de moyens. Bientôt, il ne restera plus de chrétiens au Proche Orient (c’est d’ailleurs le souhait formulé par Daech), appartenant aux premières communautés chrétiennes hors Palestine. Un peuple très original au Proche-Orient, qui possède une langue et une culture particulière (la culture et la langue araméennes) et l’un des plus anciens à avoir habité cette région, en descendance directe des Assyriens et Babyloniens.
On est étonné de voir la patrie des droits de l’homme si discrète devant l’éviction massive de tout un peuple (plus d’un million de personnes), elle qui se veut la voix des opprimés, des victimes de répressions injustes—surtout lorsqu’elles reposent sur des « délits d’opinion ». Est-elle gênée de défendre des chrétiens, auxquels la relient tant de liens divers, et dont, quoi qu’elle en dise, sa culture est imprégnée ? Craint-elle d’être accusée de favoritisme ? Il serait pourtant d’élémentaire justice d’aider ces exclus à rentrer dans leurs foyers ! Avec toutes les garanties en termes de protection : par exemple le déploiement d’une force internationale, avec l’aval du gouvernement irakien qui aurait pour rôle de garantir et de faire respecter leurs droits les plus élémentaires, surtout en matière de sécurité dans des zones définies par les grandes puissances.
Mais ce n’est pas là, seulement, question d’humanité et de justice. Il y va, pour la France, d’une véritable stratégie de protection d’elle-même et de ses valeurs. Car qui peut croire – surtout après les événements que nous venons de vivre - que ce phénomène ne nous concerne pas. Il serait folie, au nom d’une laïcité aveugle, de considérer indifférent qu’une communauté, animée par une idéologie pacifiste et non violente, disparaisse de cette partie du globe, où elle a toujours constitué un élément d’équilibre : voire un trait d’union entre ethnies très diverses. Il serait illusoire de penser que quelques mesures de police sur notre sol, de protection de nos frontières, suffiront à combattre le terrorisme, si nous lui laissons le champ libre dans ce qu’il faut bien appeler nos avant-postes.

Car si nous laissons s’installer l’injustice et la terreur dans ce coin d’Orient, qui peut penser, à l’heure du village global, que quelques centaines de kilomètres nous serviront d’abri ? Si nous nous contentons de frappes aériennes pour sécuriser quelques couloirs, qui peut croire qu’elles suffiront à poser les bases d’une paix durable, même si elles en constituent des outils provisoires ? Une telle paix ne s’obtiendra que par un complément diplomatique opiniâtre et un travail de fond auprès des populations : partie d’une stratégie bien comprise, où les armes idéologiques et le capital humain ne pèseront pas moins lourd que l’arsenal militaire et policier.

Vaincre Daech ne peut se réduire à contrer le cyclone dans sa périphérie. Il faut agir en son cœur, commencer par réparer les dommages à leur source ; permettre aux expulsés – dont les chrétiens d’Irak - de rentrer chez eux et refuser les actes d’un terrorisme quotidien qui fait de la spoliation un mode de gouvernance et de la mort la sanction de la différence ; reconstruire les digues, morales et politiques, qui ont permis, par le passé, un minimum de « vivre ensemble » - l’un des plus grand défis pour ces minorités religieuses - et empêcher toute tentation de retour à un ordre violent. Faute de quoi, non seulement il faut s’attendre à de graves résurgences, voire à l’amplification de raids dévastateurs, non seulement aura-t-on dépensé beaucoup d’argent pour rien, mais l’Humanité aura régressé de plusieurs siècles, avec des conséquences hautement imprévisibles.

(c) Le Monde : article intégral ici



 


Quel est le profil des religieux de Terre Sainte ?

 

11 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Le 2 février est traditionnellement le jour de la vie consacrée. Beaucoup de communautés profitent de cette journée pour renouveler leurs vœux. L’occasion est bonne pour dresser un rapide tableau des religieux et religieuses de Terre Sainte.

Quel supérieur de congrégation, quelle fondatrice, quel père abbé n’a pas rêvé d’implanter une fondation en Terre Sainte ou à Jérusalem, pour pouvoir prier auprès des Lieux Saints, et les protéger en les faisant vivre ?

L’Eglise catholique de Terre Sainte est enrichie par la présence de nombreux ordres et congrégations venus témoigner et servir l’Eglise Mère de Jérusalem. Selon leurs charismes propres, ils reçoivent et remplissent des missions de prière, de témoignage, de charité, d’éducation et de fraternité.

Les premiers arrivés après l’invasion musulmane du début du IIe millénaire sont les Franciscains. La Custodie de Terre Sainte, fondée en 1217, est la plus grande communauté présente en Terre Sainte. Outre la garde de la plupart des Lieux Saints, ils vivent répartis dans 31 couvents et possèdent des écoles, des instituts de formation et plusieurs paroisses. Ils sont également présents à Chypre dans trois paroisses sur quatre, et en Jordanie, notamment à Amman ou sur le Mont Nébo.

Il y a aujourd’hui 30 ordres religieux et congrégations d’hommes qui tiennent des couvents répartis sur toute la Terre Sainte. D’origines très diverses, ils assurent des missions de prière dans des monastères, ou de soutien dans des écoles, des hôpitaux, des universités ou des programmes sociaux. Parmi les plus nombreux, on compte les Salésiens, les Frères de La Salle, les Bénédictins de la Dormition, les Dominicains à l’Ecole Biblique, les Trappistes de Latroun, les Missionnaires du Verbe Incarné présents à Gaza, les Carmes à Haïfa depuis 1631 ou encore les Pères Blancs.

Il y a aussi 73 ordres et congrégations religieuses de femmes en Terre Sainte. La plus importante est la Congrégation des Sœurs du Rosaire, fondée en 1880 par la Bienheureuse et bientôt sainte Marie-Alphonsine Ghattas. Les sœurs sont présentes dans plusieurs écoles et institutions, et dans certaines paroisses latines.

La première congrégation arrivée est cependant celle de 1848 : les sœurs de Saint Joseph de l’Apparition. Aujourd’hui encore, elles gèrent de nombreuses écoles et hôpitaux en assurant également une présence dans les paroisses et dans une maison de retraite.

La Terre Sainte compte aussi d’autres congrégations : les Carmélites à Bethléem dans le monastère de la Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié, les Sœurs Franciscaines du Cœur Immaculé de Marie, les Sœurs de Sainte Dorothée, les Moniales de Bethléem à Bet Gemal et à Deir Rafat, les Franciscaines Missionnaires de Marie, les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, les Sœurs de Notre-Dame de Sion, les Petites Sœurs de Jésus, les Comboniennes, les Missionnaires de la Charité de Mère Teresa, les Sœurs de Sainte Brigitte, les Franciscaines du Sacré-Cœur et Adoratrices du Très Saint Sacrement ou les sœurs du Verbe Incarné.

A ces ordres et congrégations, s’ajoutent aussi 20 instituts de vie consacrée en Terre Sainte.

Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org



 


Yad Vashem : plus de 1000 prêtres catholiques ont risqué leur vie

 

29 janvier 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - A l’occasion de l’anniversaire de la libération d’Auschwitz ce 27 janvier 2015, retour sur la Shoah. La recherche menée dans les archives du mémorial de Yad Vashem à Jérusalem pour la période 1939-1945 a mis en lumière comment plus de 1000 prêtres catholiques en Pologne ont risqué leur vie – 30 l’ont perdue – pour sauver les juifs pendant la seconde guerre mondiale.

L’avocat nazi Hans Michael Frank, gouverneur général de Pologne pendant l’Occupation allemande, avait émis un décret le 15 octobre 1941, établissant que tous ceux qui aideraient les juifs à fuir seraient passibles de mort. Malgré la menace, des milliers de Polonais, dont de nombreux prêtres, risquèrent leur vie pour sauver les juifs des camps d’extermination d’Auschwitz, de Treblinka et d’autres camps d’extermination de Pologne.

Les recherches ont été menées sur environ 18.000 entretiens, des milliers de pages de documents provenant d’archives, de bibliothèques et de musées.

Dans l’introduction de son livre “Je rendrai leur nom éternel : les Polonais qui ont sauvé des juifs dans la zone de Treblinka” (I Will Give Them an Everlasting Name : Poles Saving Jews in the Area of Treblinka), l’historien Antony Polonsky soutient qu’entre 40.000 et 60.000 juifs furent sauvés grâce à l’assistance des Polonais.
« Le réseau d’assistance des Polonais comptait entre 160.000 et 360.000 personnes, écrit-t-il. Toutes ont risqué leur vie et celle de leurs proches pour aider et sauver les juifs ». Parmi celles-ci, beaucoup étaient des prêtres.

Ces derniers n’ont pas été épargnés par l’Occupation : sur les 16.000 prêtres que comptait la Pologne en 1939, quelque 4.000 furent emprisonnés dans les différents camps d’extermination et 2.000 furent tués dans les chambres à gaz. Dans certains diocèses comme Włocławek, Gniezno et Chelmno, environ la moitié des prêtres furent tués.

Beaucoup continuèrent à apporter de l’aide aux personnes en difficulté, en particulier à des juifs. L’assistance de l’Église catholique faisait partie d’un programme dans lequel les prêtres agissaient en secret.

Avant la seconde guerre mondiale, la Pologne comptait la plus grande communauté juive au monde. D’après le Mémorial de l’Holocauste des États-Unis, à Washington, en 1933, 9,5 millions de juifs vivaient en Europe, soit 1,7% de la population européenne et 60% de la population juive mondiale, celle-ci étant estimée à 15,3 millions. La Pologne en comptait plus de trois millions. Au cours de la guerre, trois millions de juifs et trois millions de catholiques polonais furent assassinés.

Article de Pawel Rytel-Andrianik, traduit par Constance Roques pour Zenit.org relayé par www.lpj.org



 


Pèlerinage au site du Baptême en Jordanie

 

26 janvier 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JORDANIE – Site du Baptême. Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, a présidé vendredi 16 janvier 2015, le pèlerinage traditionnel qui a amené les fidèles en Jordanie au lieu où le Christ fut baptisé par Jean le Baptiste.

C’est le 15e pèlerinage vers ce lieu saint inauguré lors du Jubilée en l’an 2000. A cette occasion, une Messe pontificale a été célébrée et présidée par Sa Béatitude Mgr Fouad Twal, Patriarche Latin de Jérusalem, accompagné de nombreux prêtres. Les fidèles sont venus en grand nombre eux aussi pour vénérer le lieu où la filiation divine de Jésus s’est manifestée. On estime que 4000 à 5000 personnes se sont déplacées, parmi eux beaucoup de chrétiens irakiens qui résident en Jordanie après avoir fui leurs villes et villages contrôlés par l’Etat Islamique.

Cette année, et à cause de la neige et du froid à Amman, le pèlerinage fut retardé d’une semaine. Mais Dieu est bon, il aime ses enfants, et il a envoyé en ce jour un magnifique soleil dans la région du site du baptême, qui a réchauffé les cœurs des fidèles.

Le cortège du Patriarche fut accompagné de beaucoup de voitures des forces de sécurité, depuis l’évêché à Amman et jusqu’au lieu du baptême. Une fois arrivé, il fut accueilli par le ministre du tourisme en Jordanie, M. Nidal Katamin, et par une grande foule de journalistes.

La surprise fut que l’accueil était préparé dans un centre qui appartient à l’Eglise Russe Orthodoxe, où le Patriarche, avec son presbyterium, se sont préparés aussi à la Messe. Le lieu du Baptême en Jordanie, tout comme en Palestine, est une zone militaire en raison des frontières. C’est pourquoi le Commandant du Secteur était aussi présent.

Le Patriarche a commencé son homélie en rappelant « qu’ici, au bord du Jourdain, le Christ fut baptisé. Ici, les pèlerins sont venus nombreux durant les siècles. C’est ici que Dieu a rencontré l’homme, à travers le baptême du Christ dans le Jourdain. Ici, Jean le Baptiste a rencontré le Sauveur, et la foule de ceux qui furent baptisés ont rencontré Jean, lui qui se considérait comme petit devant la grandeur de Dieu (…) ».

« Il y a encore des blessures ouvertes dans notre Orient, dont celle de nos frères et sœurs irakiens réfugiés en Jordanie depuis l’année dernière. Ils ont fui leur pays pour rester fidèles à leurs foi et leur baptême », a rappelé le Patriarche.

Il a enfin mentionné l’année de la Vie Consacrée, demandant aux fidèles de prier pour les personnes consacrées, et de prier aussi pour la famille, puisque cette année, au mois d’Octobre, la deuxième partie synode lui sera consacré à Rome.

A Amman, des manifestants ont défilé dans les rues en direction de l’Ambassade de France, pour protester contre les caricatures que Charlie Hebdo a récemment republiées et qui représentent Mahomet, le prophète de l’Islam. Le Patriarche en a profité pour réaffirmer devant les nombreux journalistes venus au site du baptême la position de l’Eglise par rapport à la liberté d’expression et ses limites. Car si la liberté d’expression est un droit fondamental, voire un devoir pour contribuer au bien commun, il est néanmoins important de respecter les croyances des autres, et de ne pas tomber dans l’insulte.

En ce jour, le Peuple de Dieu a rappelé son baptême, par lequel il est devenu fils de Dieu, comme le Christ, mais par adoption. Les fidèles sont rentrés ensuite chez eux, pour témoigner dans leurs vies ordinaires de ce grand mystère : le mystère de l’amour sans limite de Dieu pour tous les hommes.

Firas Abedrabbo pour www.lpj.org
Photos : www.Abouna.org



 


Du nouveau à l’Université de Madaba (Jordanie)

 

26 janvier 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

MADABA - A l’initiative du Secrétariat d’État du Saint Siège, a été créée fin 2014 une Commission ad hoc, afin d’assurer le développement optimal de l’Université Américaine de Madaba. Une initiative saluée par le Patriarche Fouad Twal.

COMMUNICATION OFFICIELLE

Sur la création d’une Commission pour L’UNIVERSITÉ AMÉRICAINE DE MADABA-JORDANIE

Le Patriarche latin de Jérusalem, Sa Béatitude Fouad Twal a accepté avec plaisir l’initiative du Secrétariat d’État du Saint Siège de créer une Commission ad hoc, afin d’assurer le développement optimal de l’Université américaine de Madaba-Jordanie et sa pleine contribution à la société dans les années à venir.

La Commission disposera d’une pleine autonomie pour accomplir ses tâches dans le respect des lois jordaniennes. Elle travaillera en étroite collaboration avec le Patriarcat latin de Jérusalem, promotrice du projet et propriétaire de l’université, et fera ses rapports directement au Secrétaire d’État.

Le Professeur Agostino Borromeo, Gouverneur Général de l’Ordre équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem, a été invité à former cette Commission et à coordonner ses travaux. La Commission a officiellement reçu son mandat du Secrétaire d’État, a commencé ses travaux en novembre 2014 et s’est rendue en Jordanie du 16 au 19 décembre 2014.

La Commission a identifié son travail dans les trois grands domaines suivants :
– La stabilité financière, la viabilité et la probité de l’Université,
– La gouvernance et les structures administratives de l’Université,
– Le planning académique de l’Université.

Pour atteindre ces trois points, la Commission a créé un Comité local d’administration, présidé par Mgr Giorgio Lingua, Nonce apostolique en Jordanie, pour suivre de près et coordonner les travaux de l’Université jusqu’en juillet 2015, période durant laquelle un ensemble de dispositions permanentes seront en place .

La poursuite de la planification aura lieu également pour garantir le développement académique de l’Université.

Jérusalem, le 15 janvier 2015



 


Nazareth : Moment historique, les clarisses mexicaines prennent la relève

 

13 janvier 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NAZARETH - Dimanche 11 janvier 2015 les nouvelles moniales clarisses mexicaines, venues refonder le monastère de Nazareth, sont arrivées. Un moment historique important pour le monastère et pour la présence chrétienne en Galilée.

Elles sont arrivées directement de Nice où elles avaient suivi ces derniers mois des cours de français et s’étaient exercées à la prière et à la pratique de la langue. Les sœurs viennent du monastère Immaculée Conception de Zacatecas (Mexique) qui, depuis des mois et même des années, envisageaient, à travers les bons offices du P. Fernando Mendoza Laguna, ofm, le délégué pro manialibus, la possibilité d’envoyer un groupe de nouvelles moniales pour renforcer et même refonder le monastère de Nazareth.

Les nouvelles sœurs ont entre 32 et 44 ans et s’appellent : Sr. Felipa Ruiz Ortega (abbesse), Sr. Cecilia Hernandez Calderon (première discrète et vicaire), Sr. Maria José Hernandez Esquivel (seconde discrète), Sr. Gemma Murillo Martinez (troisième discrète) et Sr. Monica Martinez Ortega (quatrième discrète), Sr. Maria Beatriz Castillo Menchaca, Sr. Maria Guadalupe Martinez Rodriguez et Sr. Maria Elena Gonzales Monreal.

Accueil riche en symboles

C’est le P. Donaciano Paredes Rivera, ofm, qui a accueilli les moniales à l’aéroport de Tel Aviv, tandis que Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo et toute la communauté de Nazareth les ont accueilli chaleureusement à leur arrivée au monastère. Immédiatement après, l’abbesse Mère Francoise et la vicaire Sr. Marie Epiphanie procédèrent, dans l’avant chœur, à un rite biblique, bref et éloquent. Elles lavèrent les mains aux nouvelles arrivées et, en procession, un joyeux Magnificat d’action de grâce fut chanté. Au chœur, elles ont remis à chaque sœur une branche d’olivier et un lumignon, avec le vœux « pax et bonum », et une petite croix de St Damien en leur répétant la célèbre parole du Crucifix à St François, « Répare mon église », dans le sens ici de « renforce ma communauté ». Les sœurs, en réponse, posèrent, chacune à leur tour, un caillou dans une corbeille en signe de disponibilité à apporter leur contribution à la reconstruction de la communauté.

Prenant alors la parole, Mgr Marcuzzo remercia le Seigneur et exprima une exhortation s’inspirant à l’Evangile du dimanche du baptême de Jésus et au mystère de Nazareth : « Remercions le Seigneur pour ce grand acte de communion ecclésiale et ce moment historique de renaissance de ce monastère que nous sommes en train de vivre. « Celui-ci est mon fils bien aimé, écoutez-le », avons-nous lu dans l’Evangile d’aujourd’hui. Les nouvelles sœurs mexicaines ont été aimées par le Père d’un amour spécial, ont été dociles à la voix de l’Esprit Saint, de l’Eglise et de l’Ordre, et elles ont été choisies pour une mission spéciale. Joyeuses, vivant le mystère de l’Incarnation de Nazareth, elles ont quitté leur monastère et leur pays, et dans la ville de Marie elles continuent la prière de Marie et sa mission de concevoir et de donner le Christ. »

Le lendemain, 12 janvier, Mgr Marcuzzo célébra pour elles la messe quotidienne et continua l’accompagnement pastoral et spirituel pour faire bien réussir cette passation délicate et importante. Le P. Milovitch arriva aussi et, comme supérieur délégué, fixa des réunions et précisa les pas à accomplir lors de cette première phase.

Dates et échéances

Les clarisses mexicaines sont arrivées avec le Conseil déjà élu le 6 août et ratifié par le Préfet de la Congrégation pour la Vie consacrée le 15 décembre 2014. La passation officielle des pouvoirs entre Mère Françoise de la Vierge, ancienne abbesse de Nazareth, son Conseil et Mère Filipa, nouvelle abbesse de Nazareth, et son Conseil aura lieu dimanche 18 janvier 2915 en présence et avec la bénédiction de S. B. le Patriarche Fouad Twal. Jeudi 5 février 2015, Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, Vicaire patriarcal latin pour Israël, présidera une messe au cours de laquelle la nouvelle communauté des clarisses sera présentée aux fidèles locaux.

Ces jours-ci, les nouvelles Sœurs mexicaines vont se familiariser un peu avec les lieux saints de Nazareth et, feront la semaine suivante un pèlerinage général dans toute la Terre Sainte, avant de reprendre leur vie contemplative et recommencer une nouvelle phase dans l’histoire séculaire de ce monastère de Nazareth.

Histoire et futur

Le monastère a été fondé en 1884 par des clarisses venant de Paray-le-Monial (France), lesquelles fondèrent ensuite le monastère de Jérusalem. Il est devenu célèbre grâce au séjour de trois ans (1897 – 1900) du B. Charles de Foucauld et devint même un lieu visité par de nombreux pèlerins. Dans les années 1970 le monastère quitta sa résidence au milieu de la ville de Nazareth, devenue depuis une école tenue par les Pères de Don Guanella, et s’installa dans une nouvelle construction sur la colline du trémor ou Deir al-Banat. De tradition française, ce monastère connut une bonne participation de clarisses libanaises à partir des années 1940-50 et en 2002 de clarisses africaines de la Côte d’Ivoire. Dernièrement, à cause de plusieurs décès et de l’âge avancé de la communauté, le monastère avait grand besoin de renforts et de refondation. Avant l’arrivée des clarisses mexicaines, la communauté ne comptait que 7 moniales dont une hospitalisée.

Cette refondation est le fruit de l’initiative pastorale du Patriarche Fouad Twal et des efforts généreux du P. Fernando Mendoza, ofm. Elle a été également possible grâce à un travail d’équipe assidu, prudent et courageux de Mgr G.B. Marcuzzo, vicaire patriarcal, du P. Stéphane Milovitch, ofm, supérieur délégué, de Mère Françoise de la Vierge, abbesse de Nazareth, de Mère M. Teresa de Jesus, abbesse de Zacatecas ainsi que de la présidente de la Fédération S. Damien, Sr. Elizabeth de Cormontreuil, et de la déléguée, Sr. Marie Jean Baptiste de Nice.

Heureux de la présente nouvelle, Mgr Boulos Marcuzzo s’est exprimé en ces termes : « Je pense à la réaction de Saint François qui, après une vie bien intense, répétait : « Commençons, mes frères, à servir le Seigneur Dieu, car c’est à peine si nous avons jusqu’alors accompli quelques progrès » ! C’est ça, commençons, recommençons et avançons dans la marche historique de notre Eglise Mère de Jérusalem, avec la participation de ses fils et filles. Maintenant, en particulier à Nazareth, avec la participation de l’Eglise du Mexique riche en vocations contemplatives ».

Texte du Vicariat patriarcal latin de Nazareth



 


Gaza : première étape de la Coordination Terre Sainte

 

13 janvier 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

GAZA - Une quarantaine d’évêques et de représentants de Conférences épiscopales du monde entier sont arrivés ce samedi 10 janvier pour une intense visite de cinq jours auprès de la communauté chrétienne locale. Le dimanche 11 janvier, après maintes prières et péripéties au check-point, la Coordination est entrée dans Gaza.

La 15ème réunion annuelle de la Coordination des évêques catholiques se déroule actuellement, du 10 au 15 janvier 2015. Cette année, la réunion a souhaité mettre l’accent sur la situation des chrétiens vulnérables. Une visite de solidarité. A l’invitation du patriarche Fouad Twal, la Coordination visitera Jérusalem, Gaza, la ville israélienne de Sderot, la vallée de Crémisan ainsi que d’importantes œuvres chrétiennes en Terre Sainte (le Caritas Baby Hospital, l’institut Ephata Paul VI, le foyer Niño Dios tenu par le Verbe Incarné, etc).

Comme de coutume, sont présents les évêques des Conférences épiscopales de onze pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique du Sud. Des organisations caritatives catholiques des Etats-Unis et du Canada, Pax Christi, ainsi que l’Ordre du Saint-Sépulcre sont également représentés.

Première étape du programme dimanche 11 janvier : la visite de la Bande de Gaza où vivent encore près de 2500 chrétiens dont 200 catholiques. Un territoire qui porte encore les stigmates de la guerre dévastatrice de l’été dernier. Et ce dimanche matin, traverser le check-point ne fut pas chose facile, les autorités israéliennes ayant d’abord empêché certains membres de la Coordination de pénétrer Gaza. Elles n’ont laissé passer que 10 personnes sur les 40 qui composent la délégation. Dix évêques sur douze ont d’abord été refoulés, avant de pouvoir rentrer à la tombée du jour, après une longue journée d’attente et de prière à la frontière. Finalement tous rentrés, évêques et représentants ont pu commencer enfin une visite riche en émotions et toucher de près la réalité et le quotidien des gazaouis.

La raison d’être de la Coordination a été résumée par le Patriarche Twal en trois mots : « les trois P », Pèlerinage, Prière, Projets. Il s’agit avant tout pour cette délégation internationale d’une visite-pèlerinage, rythmée par la prière et l’eucharistie quotidienne, auprès des plus nécessiteux, que ce soit la petite communauté chrétienne de Gaza, durement éprouvée par le conflit de l’été dernier, et qui fait face actuellement à des besoins de première nécessité au cœur de l’hiver, les israéliens de Sderot, exposés aux tirs de roquettes, ou les cinquante familles chrétiennes de Beit Jala menacées d’être privées de leur terres par la construction du mur de séparation.
Les Conférences épiscopales sont invitées également à la suite de cette visite à encourager les pèlerinages, à soutenir les projets visant à aider la communauté chrétienne locale, et enfin à plaider sur la scène internationale le soutien aux chrétiens du Proche Orient.

Dans son discours de bienvenue, le Patriarche Fouad Twal a remercié chaleureusement la Coordination pour son engagement et pour le soutien apporté à l’Eglise Mère de Jérusalem, un « émouvant signe de fraternité » a-t-il souligné. Il a rappelé les souffrances et les défis des chrétiens de Terre Sainte et du Moyen Orient, notamment la montée et la violence des fondamentalismes religieux, le chômage qui touche de plein fouet les jeunes, l’émigration, et enfin l’inquiétude et la désillusion des peuples quant aux politiques et aux processus de paix.

C’est à la fin du siècle dernier que le cardinal Jean-Louis Tauran a suggéré aux évêques de plusieurs pays de coordonner leur implication dans la vie des Eglises de Terre Sainte. Notamment aux évêques des pays qui ont été impliqués historiquement en Terre Sainte. Une activité qui ne se veut pas immédiatement politique, mais dont la motivation première est d’abord pastorale. La visite annuelle des Conférences épiscopales vient aussi rappeler aux autorités politiques israéliennes et palestiniennes en Terre Sainte que les catholiques du monde entier suivent attentivement la situation de leurs frères et sœurs de Terre Sainte.

Myriam Ambroselli pour www.lpj.org



 


Charlie Hebdo : réaction du Patriarche latin

 

13 janvier 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le Patriarcat Latin de Jérusalem a été très choqué en entendant la triste nouvelle de la mort de 12 français dans un attentat terroriste contre la rédaction du journal Charlie Hebdo à Paris.

Le Patriarche latin, Sa Béatitude Mgr Twal, avec tous les évêques auxiliaires, le clergé et les fidèles, en condamnant fermement cet acte terroriste, se tourne vers les victimes et leurs familles ainsi que vers le peuple et le gouvernement français en deuil.

Nous avons peur pour l’avenir, à la fois de l’Europe et du monde. Nous craignons la montée de l’islamophobie, cause et conséquence de réactions terroristes en chaîne, dans un cercle vicieux.

Nous encourageons ainsi les hommes et les femmes à s’unir pour que l’Europe ne soit pas victime de cette plaie.

Nos pensées et nos prières vous accompagnent en ces temps difficiles.

Jérusalem, le 9 janvier 2015
+ Patriarche Fouad Twal



 


Bonne année !

 

31 décembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Le Lieutenant Jean-Pierre Fierens et tous les membres de la Lieutenance de Belgique de l’Ordre du Saint-Sépulcre vous présentent des vœux choisis de bonne et heureuse année 2015.



 


Homélie de Noël 2014 de Sa Béatitude le Patriarche Twal

 

26 décembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BETHLEEM - Vous trouverez ci-dessous l’homélie de la Messe de la nuit de Noël, prononcée par le Patriarche à la Basilique de la Nativité.

(Après des mots de bienvenue au Président de la Palestine, au premier ministre, aux consuls généraux et aux fidèles, sa Béatitude poursuit avec l’homélie)

Chers frères et sœurs,

A Bethléem, les anges annoncèrent à de simples bergers cette nouvelle bouleversante : « Il vous est né aujourd’hui dans la ville de David un Sauveur qui est le Christ Seigneur » (Lc 2 : 11). Le verset nous révèle un Sauveur dont nous avons tellement besoin, et un salut qui embrasse tous les domaines de la vie, un salut qui nous fait sortir d’une situation difficile et pénible. Les malades veulent guérir, les détenus voudraient voir la lumière, les sans-emploi désirent trouver du travail, les réfugiés n’attendent que l’heure de retourner chez eux. Les persécutés à cause de leur race, couleur ou religion, désirent se libérer de l’oppression et de l’injustice, les peuples opprimés aspirent à l’indépendance. En bref, l’humanité gémit et aspire à une situation meilleure. Jésus possède les qualités d’un sauveur car il a réalisé la prophétie d’Isaïe : « les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (Mt 11, 5).

Il est vrai que l’on peut parler d’un salut économique, d’un salut politique et d’un salut social. Mais il faut surtout parler d’un salut spirituel et moral, qui est le fondement de tout progrès humain. En effet, nos péchés et transgressions sont la cause de nos souffrances et des souffrances des autres, avec toutes les répercussions sociales et politiques. Nous sommes souvent victimes de l’égoïsme, de l’orgueil, des passions, du mensonge des autres et vice versa… Le salut se trouve dans le repentir, dans la demande du pardon, dans l’obtention de ce pardon et enfin dans la conversion. Qui plus que Jésus a annoncé la miséricorde du Père et sa disponibilité à pardonner.

– Dieu veut nous guérir de nos blessures et surtout de l’arrogance humaine, source de tous les conflits et de toutes les guerres. C’est Lui qui nous a enseigné : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.… ». (Mt 23, 11-12) Le remède que l’Enfant nous apporte est celui de l’humilité et de la douceur. De ces deux vertus, jaillit une béatitude importante : « Bienheureux les doux, car ils recevront la terre en héritage » (Mt, 5,5).

– En plus de l’humilité, l’Enfant de Bethléem nous rappelle la valeur de la vie humaine, créée à l’image de Dieu et à sa ressemblance. C’est une véritable douleur de savoir que des millions d’enfants souffrent dans le monde, surtout en Syrie, en Iraq, au Soudan Sud, en Afrique Centrale, au Nigeria et en Afghanistan, sans oublier les enfants de Gaza. Ils souffrent pour des raisons absurdes alors qu’ils ont droit à la dignité, à une vie normale, à être nourris et logés dignement, à l’éducation, à une famille qui les aime et qui les soutient.

– Cet Enfant merveilleux est né au sein d’une famille unie et heureuse pour nous dire combien est importante l’institution de la famille, première cellule de la société et première école où l’on apprend à connaitre Dieu et à pratiquer les vertus. Saint Paul a décrit brièvement les vertus domestiques : « Frères, je vous encourage, (…) à mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu : en toute humilité, douceur et patience, vous supportant les uns les autres avec charité, appliquez-vous à conserver l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. » (Eph 4, 1-3). Le dernier synode sur la famille, tenu à Rome en octobre dernier, a réaffirmé l’unité et l’indissolubilité du mariage. Pourquoi ? Pour le bien du couple, de la société toute entière et surtout de l’enfant qui a droit à une croissance affective et psychologique normale.

Frères et sœurs,

Devant le Mystère du Verbe Incarné, qui a voulu habiter parmi nous, réfléchissons sur notre situation en Terre Sainte, sur laquelle est braqué aujourd’hui le regard du monde. Le bon Dieu a réuni ici les fidèles des trois religions et les appelle à vivre en harmonie. Aucune force ne saura nier une mémoire biblique, commencée par Dieu sur cette Terre. Tous ces fidèles – Juifs, musulmans et chrétiens – devraient vivre ensemble dans l’égalité et le respect mutuel. Jérusalem a une vocation universelle à la paix et au bonheur. » Appelez la paix sur Jérusalem… ! Advienne la paix dans tes murs, repos en tes palais. Pour l’amour de mes frères, laissez-moi dire paix sur toi » (Ps 122, 6-9).

Par ailleurs, cette terre sainte est devenue une terre de conflit. Nous avons vécu, il y a quatre mois, une troisième guerre consécutive sur Gaza qui a laissé des deux côtés des milliers de victimes. Pire encore, tous ces sacrifices semblent inutiles, n’ayant rien changé au fond du problème : le peuple israélien continue à vivre dans la crainte, et l’insécurité, tandis que le peuple palestinien continue à réclamer son indépendance et sa liberté, et Gaza attend d’être reconstruite pour la troisième fois. Cette guerre a approfondi la haine et la méfiance entre les deux peuples et les a faits entrer dans un cercle vicieux de violence et de représailles. Dernièrement, la violence a atteint les lieux de culte. Le tourbillon de la mort continue à tourner et à écraser !

De ce lieu, je voudrais faire deux appels. Le premier pour la reconstruction de Gaza et l’humanisation des conditions de vie de ses habitants. Le deuxième, toujours de nature humanitaire, concerne la vallée de Crémisan, menacée d’être engloutie par le tracé d’un mur qui risque de séparer de leurs terrains 58 familles palestiniennes chrétiennes de Beit Jala. Ces familles perdront l’accès direct à leurs propriétés. Au nom de la justice et de l’éthique, je demande aux responsables politiques d’empêcher ce mur.

Lors de son dernier pèlerinage, Sa Sainteté le Pape François fit une halte devant le mur entre Bethléem et Jérusalem ; il s’y inclina et pria. Le monde pourrait oublier tous les discours de Sa Sainteté pendant son séjour parmi nous, mais il ne pourra pas oublier la courte halte devant le mur. Par sa prière, Sa Sainteté a souhaité faire chuter aussi les murs immatériels, incrustés dans les cœurs et les esprits : les murs de haine, de crainte et d’arrogance.

Frères et sœurs,

En cette nuit de Noël, il ne suffit pas de parler de paix mais il faut surtout prier pour la paix. Prions pour la paix du monde entier, pour la réconciliation au Moyen Orient, pour les prisonniers politiques et les détenus, prions pour les réfugiés, accueillis dans les pays voisins, en Jordanie et au Liban. Prions pour les pauvres et les persécutés à cause de leur foi et de leur race. Prions enfin pour nos chefs politiques afin que le Seigneur leur accorde la sagesse et la force. Prions les uns pour les autres.

Bonne fête de Noël à vous tous.

† Patriarche Fouad Twal

Source : www.lpj.org



 


L’illumination de l’arbre de Noël provoque une heureuse “contagion”

 

24 décembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

GALILEE – La tache d’huile de la tradition s’est vite répandue : toutes les paroisses, de tous les rites, et même certains milieux non chrétiens ont illuminé le traditionnel arbre de noël public. Deux paroisses de Galilée nous ont envoyé des informations sur leur rite d’allumage.

Rameh

Le 9 décembre le directeur de l’Ecole patriarcale latine de Rameh, M. Jiries Mansour, en collaboration avec le curé latin, le père Samer Haddad, le curé melkite, Fr.William Abu Shqara, et le curé orthodoxe, ekonomos Georgeos Hanna, a organisé l’allumage de l’arbre de Noël devant l’école. Avaient été invités et ont participé le vicaire patriarcal latin pour Israël, Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, Mgr Ilario Antoniazzi, archevêque de Tunis, qui se trouvait, par une heureuse coïncidence, dans son ancienne paroisse, le maire de Rameh, Shawqi Abulteif – qui a beaucoup fait pour l’évolution de l’école – et beaucoup d’autres personnalités du village et du ministère de l’Instruction. Beaucoup de familles de diverses dénominations s’étaient rassemblées dans la cour de l’école et de la paroisse.

Après un programme de chants, exécutés par la chorale de l’école, de lectures bibliques et de paroles a eu lieu l’allumage de l’arbre, plutôt petit, mais très bien ornementé et entouré pareillement de beaucoup de décorations colorées et symboliques.

Jaffa de Nazareth.

La paroisse latine de Jaffa de Nazareth, le 15 décembre, a essayé de battre, cette année, quelques records. Elle a certainement dépassé ses records “personnels”. “Jamais on a vu de choses pareilles dans notre village”, répétaient les gens. Certainement aussi qu’elle n’a pas pu soutenir la confrontation avec l’arbre ou les arbres de Noël de Nazareth, quand à la hauteur. Mais, avec son arbre de 16 mètres de haut, les nombreuses décorations et la splendide illumination de toute la façade de l’église, du clocher, et de l’école avec des centaines de mètres de fil électrique la paroisse latine de Jaffa de Nazareth, animée par le curé, le père Elias Tabban, mérite un applaudissement tout à fait spécial. Tout, absolument tout, a été le fruit du volontariat et de la générosité des jeunes de la ville.

Le rite d’allumage a eu lieu dans la cour de l’Eglise, devant une grande foule de fidèles et de curieux venus de toute la région, après la prière de la neuvaine de Noël et un programme de chants effectués par les chorales de la ville, et quelques discours, dont celui du maire, Mr. Omran Kinaneh qui a, entre autres choses, décoré tous les ronds-points de la rue principale. Etaient également présents les directeurs des écoles patriarcales de Jaffa et Reneh, quelques personnalités, beaucoup de familles et, surtout, beaucoup de jeunes et d’enfants.

Haifa, Nazareth encore, Natzrat Ilit.

La municipalité de Haifa a décoré la grande avenue Ben Gourion et installé un bel arbre de Noël dans son rond-point le plus important. Le Conseil paroissial orthodoxe a illuminé, le 17 décembre, un deuxième arbre – après celui de l’Annonciation illuminé le 3 décembre – à côté de la Fontaine de la Vierge, que les membres du Conseil appellent : ‘’Le plus grand arbre de Noël au Moyen-Orient, 36 mètres’’. La municipalité de Nazareth, elle, a organisé, mais d’une manière séparée, le traditionnel Christmas Market qui va durer jusqu’au 21 décembre et qui va présenter aussi beaucoup d’initiatives folkloriques et musicales.

source et photos : www.lpj.org



 


Message de Noël 2014 de sa Béatitude Mgr Fouad Twal

 

18 décembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Sa Béatitude Mgr Fouad Twal a transmis son message de Noël par l’intermédiaire de son Vicaire à Jérusalem et en Palestine, Mgr William Shomali, lors de la conférence de presse qui s’est tenue le jeudi 18 décembre au Terra Santa College à l’occasion également de l’inauguration du nouveau Christian Media Center (CMC).

Conférence de presse – Message de Noël

Sa Béatitude Fouad Twal

Patriarche latin de Jérusalem

Le 18 décembre 2014

Chers amis, chers habitants de Terre Sainte,

Je vous souhaite à vous ainsi qu’à tous vos êtres chers, un Noël riche en bénédictions !

Chers journalistes, en vous saluant ce matin, laissez-moi vous remercier pour votre travail. Mon espérance est que vous puissiez toujours le réaliser avec sagesse et en vérité. Une fois de plus, je tiens à exprimer mon admiration et mon profond respect pour ceux d’entre vous qui ont montré un grand intérêt et qui ont fait preuve de courage en couvrant notamment la visite de Sa Sainteté le Pape François en Terre Sainte, ainsi que les tristes événements survenus à Jérusalem et en Terre Sainte ces dernières semaines.

À la fin de l’année 2014, en méditant sur ces événements, je me retrouve à penser, à certains égards, aux mots de Charles Dickens : « C’était le meilleur des temps, c’était la pire des époques, c’était l’âge de la sagesse , c’était l’âge de la folie, c’était le printemps de l’espoir, c’était l’hiver du désespoir. »
1. « Le meilleur des temps »

(I) L’un des « meilleurs temps » cette année fut le pèlerinage du Saint Père en Terre Sainte. Ce fut un succès sur le plan pastoral et œcuménique. Cette visite a donné lieu ensuite à cette magnifique rencontre de prière dans les Jardins du Vatican en présence du Président Abbas, de l’ancien Président Peres et du Patriarche Bartholomée. Même si nous n’avons pu en voir les fruits concrets, toute prière est valide et les fruits peuvent venir plus tard, comme l’olivier planté à cette occasion pourrait bien donner de nombreux fruits dans le futur.

(II) C’est toujours une grande joie et un privilège pour moi d’ordonner des hommes au sacerdoce. Cette année, neuf ont été ordonnés. Nous avons envoyé deux d’entre eux pour servir nos fidèles dans la Diaspora : aux Emirats Arabes et en Californie.

(III) Le Synode sur la famille, qui s’est tenu en octobre à Rome, nous a donné l’opportunité de nous pencher sur les nombreux défis auxquels les familles sont confrontées. Ce fut une occasion d’en appeler à une sagesse et une espérance authentique. Le Synode a réaffirmé l’unité et l’indissolubilité de l’institution du mariage.

S’il reste des progrès à faire, ce sera au niveau de la pastorale pour les couples séparés et les couples remariés. En Terre Sainte, notre principal problème se situe à un autre niveau. De nombreuses familles souffrent du manque de documents juridiques permettant au couple de pouvoir vivre ensemble lorsque le mariage a lieu entre un Palestinien et un non-Palestinien. Il est difficile, ensuite, d’obtenir un visa ou le statut de résident pour le conjoint non-palestinien. Ici, nous demandons au gouvernement israélien d’assouplir les restrictions actuelles sur la réunification des familles. Nous avons entendu la semaine dernière que plus de 593 cas de réunification familiale ont été acceptés. C’est une étape positive que nous saluons mais cela est encore bien loin d’être suffisant face à l’immensité des besoins.

(IV) Nous avons ressenti une grande joie ces derniers jours, lorsque le Saint-Père a signé un décret pour la canonisation de deux saintes palestiniennes. Elles seront officiellement canonisées à Rome l’été prochain. Un grand nombre de fidèles se rendront à Rome à cette occasion. La canonisation est l’honneur suprême accordé à un ou une fidèle qui a vécu selon sa foi, et qui constitue un modèle pour les autres fidèles qui peuvent bénéficier de son intercession. La première est Mariam Bawardi, originaire de Ibillin en Haute Galilée et fondatrice du monastère du Carmel à Bethléem. La seconde est la Bienheureuse Marie Alphonsine Ghattas, née dans la Vieille Ville de Jérusalem et co-fondatrice des Sœurs de la congrégation du Rosaire. Les deux saintes sont une source d’espérance pour l’avenir. Nous comptons sur leur intercession pour la paix en Terre Sainte.
1.« La pire des époques »

(I) Ce fut aussi « la pire des époques » cette année où nous avons été témoins d’une intensification de violences et de réactions hostiles en représailles. Cette guerre dévastatrice, dans un bain de sang à Gaza, fut ce qui nous a le plus bouleversé.

Au cours des dix dernières années, Gaza a subi trois guerres, des milliers de personnes ont été tuées, et des centaines de milliers blessées dans un lendemain de destruction et de désespoir… Grandes sont les responsabilités des dirigeants politiques – Israéliens et Palestiniens – pour trouver et faciliter une solution. Grande aussi est la responsabilité de la communauté internationale pour aider ces deux parties à s’aider elles-mêmes…

Nous condamnons la guerre à Gaza et déplorons ses conséquences dramatiques : la mort, la destruction ; et en même temps nous condamnons tout type de violence ou de vengeance à l’encontre de personnes innocentes comme l’assassinat de personnes en prière dans une synagogue et des attaques à l’encontre de mosquées. La même semaine, les Chefs Chrétiens de Terre Sainte ont visité la synagogue Har Nof pour condamner l’acte inhumain perpétré en ces lieux, et ont visité la Mosquée Al Aqsa pour demander le respect de l’ancien Statu Quo. Malheureusement, notre Ville Sainte bien-aimée Jérusalem a ruisselé de sang et de larmes. Nous ne voulons pas d’un antagonisme religieux dans cette Ville Sainte, dont la vocation est d’être la ville de la paix et de la coexistence interreligieuse.

(II) Au cours de visites pastorales dans nos paroisses, nous avons pu sentir, toucher et expérimenter la tragédie de nombreux réfugiés de Syrie et d’Irak : les familles qui ont perdu leur maison, leur travail, leurs proches et leurs parents. Il est poignant de voir ces enfants qui courent dans la poussière des camps, sans but et sans direction dans la vie. Parallèlement à la tragédie inhumaine qui se déroule au Moyen Orient dans le sang, et qui déchire la région, nous sommes tous surpris face à ces jeunes qui embrassent des idéologies radicales et partent combattre en Syrie et en Irak. D’un autre côté, nous sommes témoins d’une claire condamnation, de la part de dirigeants arabes et musulmans, de ces idéologies religieuses radicales.

III) La semaine dernière, l’Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte a publié un communiqué à propos de l’affaire de la Vallée de Crémisan. Nous espérons que la Cour Suprême israélienne laissera les 300 hectares de la Vallée de Crémisan, ainsi que les deux monastères Salésiens côté Palestinien. Aujourd’hui, nous sommes inquiets parce que les derniers développements de la récente audience penchent d’un autre côté. Nous craignons que la Cour décide que les terres appartenant au 58 familles chrétiennes Palestiennes, soient séparées de Beit Jala. Une telle décision ferait du mal à notre communauté et nous espérons que les juges sauront se laisser inspirer par des principes éthiques sans se soumettre à la pression politique.

Conclusion :

Au milieu de tous nos malheurs et de toutes nos souffrances, nous nous souvenons avec gratitude de la solidarité de nombreuses personnes, organisations et institutions, ainsi que de nombreux États, qui sont venus à notre aide sous différentes formes et de différentes manières.

La Naissance de Jésus est une promesse de miséricorde, d’amour et de paix pour d’innombrables personnes en proie aux souffrances et aux tribulations, pour tous ceux qui voient leurs vies brisées et leurs efforts entravés dans cette lutte et cette haine tumultueuse en ces jours de tempête.

A nos fidèles de Terre Sainte, à nos amis du monde entier et à nos pèlerins bien-aimés, à tous je vous souhaite un joyeux Noël et une nouvelle année pleine de paix et de bonne santé.



 


Crémisan : angoisse des Catholiques de Terre Sainte

 

9 décembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

CREMISAN - L’Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte publie un communiqué de presse ce 5 décembre 2014 sur les derniers développements de l’affaire Crémisan, dont le verdict final est “attendu d’une minute à l’autre”.

L’Assemblée rappelle comment le mur “voulu par Israël”, ne cherche pas tant à ”assurer la sécurité des frontières d’avant juin 1967, mais à “protéger les colonies construites illégalement sur des terres antérieurement confisquées dans les années soixante-dix” et permettre ainsi à ces colonies de continuer leur expansion. Les évêques s’inquiètent du grave préjudice que causerait le mur de séparation à la communauté, essentiellement chrétienne, de la commune de Beit Jala et en appellent à la communauté internationale.

Communiqué de Presse – pour publication immédiate Le 5 décembre 2014

L’AOCTS sur les derniers développements de l’affaire Crémisan : " Il est grand temps d’agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard."

"L’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre Sainte (AOCTS) observe avec anxiété les derniers développements de l’affaire de la vallée de « Crémisan » , dont le verdict final est attendu d’une minute à l’autre. La dernière audience, tenue le 30 novembre 2014 a eu lieu en vue de faire pression sur les résidents afin de choisir entre deux alternatives inacceptables, tant pour la
communauté et que pour la Congrégation salésienne. L ‘AOCTS reste ferme sur sa position pour que justice soit faite à « Crémisan » et contre la construction du mur de séparation, qui va à l’encontre du droit international. En réalité, le mur est voulu par Israël, non pas pour assurer la sécurité de ses frontières d’avant juin 1967, mais pour protéger les colonies construites illégalement sur des terres antérieurement confisquées dans les années soixante-dix et pour donner une possibilité d’expansion aux colonies de Gilo et Har Gilo. En même temps, le mur aliène les droits les plus fondamentaux et la liberté de la communauté chrétienne de Beit Jala. L’AOCTS souligne que la confiscation des terres et l’expansion des colonies ne contribuent pas à la paix dans la région et s’alarme de l’émigration continue de la communauté de « Crémisan », constituée majoritairement de chrétiens, à la suite de la construction du mur de séparation. L’AOCTS souhaite que la Haute Cour Israélienne change le tracé du mur et le déplace le long de la « ligne verte ». Les évêques sont en faveur de la construction de ponts et non de murs.
Enfin, l’AOCTS appelle la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour protéger l’intégrité de la vallée de « Crémisan » côté palestinien, et prie pour que tous ceux qui détiennent le pouvoir et l’autorité se réveillent et embrassent les valeurs de justice et de paix, fondées sur le respect mutuel et la légitimité internationale. "



 


Pour Noël, la Custodie de Terre Sainte s’offre une crèche hors du commun

 

7 décembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le public est venu nombreux, vendredi 28 novembre, assister à la bénédiction de la crèche napolitaine par le Custode de Terre sainte, frère Pierbattista Pizzaballa. Pour clore l’événement, une vingtaine de jeunes choristes de l’école de musique Magnificat ont entonné des chants traditionnels de Noël. Un avant-goût de la Nativité, à deux jours de l’entrée dans l’Avent

Nous voilà plongés dans un village des environs de Naples, au XVIIIe siècle. Autour d’un haut rocher gravitent des dizaines de personnages. Et au cœur de ce rocher, dans l’intimité d’une grange, le fils de Dieu vient de naître. Un anachronisme volontaire, comme pour rappeler l’universalité du mystère de l’incarnation.

Lors de la bénédiction de cette crèche traditionnelle napolitaine, vendredi 28 novembre, dans le hall de la Curie, Mgr Francesco Iannone a tenu des propos éclairants sur cette tradition. L’archéologue italien a participé à l’élaboration du projet aux côtés de frère Sergio, le secrétaire de la Custodie de Terre sainte. "La crèche napolitaine est toujours très riche en personnages différents les uns des autres, et cela en dit long sur le Dieu des chrétiens. (...) Il n’aime pas les hommes de manière indifférenciée, il aime chacun de nous d’un amour particulier. Pour lui, chaque homme est unique."

Des hommes, cette crèche en abrite de toutes les couleurs et de tous les milieux sociaux. Il y a le poissonnier, campé derrière son étal regorgeant de produits plus vrais que nature ; la mère allaitant son enfant, qui domine le village depuis l’élégante terrasse où elle est installée ; les musiciens noirs qui confèrent à la scène un air de fête ; le fabricant de tambourins, des cercles de bois autour du cou ; et même un mangeur de spaghettis, qui dévore goulument son repas avec les doigts ! Sans oublier les indispensables : les rois orientaux et leurs capes richement ornées, les bergers, brebis sur les épaules, et enfin sept anges ailés, surplombant la Sainte Famille réunie pour la toute première fois.

Mgr Francesco Iannone a rappelé qu’"une crèche n’est pas faite pour être écoutée comme une conférence, ni lue comme un livre, mais visitée comme les bergers lors de cette nuit de Noël : venez et voyez !" Difficile en tout cas de ne pas être ébloui par l’infinie variété des teintes et des tissus, par le goût du détail, depuis les nombreux chapeaux jusqu’à la pointe des chaussures, depuis les lampions suspendus çà-et-là à la mousse qui couvre le sol. "Je n’en ai jamais vu d’aussi belle", souffle sœur Mary, une franciscaine originaire de Malte.

Notons que le mystère de la Nativité est central dans la sensibilité franciscaine. En 1223, Saint François d’Assise aurait d’ailleurs mis sur pieds, à Greccio, en Italie, la toute première crèche vivante. "Les autres années, nous n’avions qu’une petite crèche dans l’église Saint-Sauveur, explique frère Sergio, à l’initiative du projet soutenu par l’ATS Pro Terrasancta. Mais cette fois-ci, pendant l’Avent, la Custodie veut inviter tous les chrétiens de Jérusalem à venir se recueillir ici. Cette crèche a aussi été faite pour les pauvres, ceux qui n’ont pas les moyens de s’en procurer une aussi belle."

Le travail artisanal a été réalisé en 2014, spécialement pour la Custodie de Terre Sainte, par une entreprise familiale napolitaine, Scarabattola. Preuve du savoir-faire de ces artisans : ce sont eux qui ont fourni sa crèche au roi d’Espagne. Les personnages ont été fabriqués en chaume et en fil de fer pour le corps, en terre cuite pour les membres et la tête, et en verre pour les yeux. La figurine de saint Joseph a fait l’objet d’une attention particulière : avec sa barbe mais sans moustache. Le secrétaire de la Custodie a donc exigé qu’on ajoute une moustache au personnage, pour couper court à toute confusion.



 


La guerre met en fuite les Chrétiens. L’Occident doit arrêter de l’alimenter

 

27 novembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

MILAN - Le cardinal Béchara Boutros Rai, patriarche des maronites, place beaucoup d’espoir dans le voyage du pape François en Turquie qui se déroulera du 28 au 30 novembre. Le patriarche a inauguré le 23 novembre dernier, la paroisse Santa Maria della Sanità à Milan, un lieu de culte pour les catholiques maronites de rite oriental qui vivent dans le diocèse ambrosien. A cette occasion, il a donné cette interview à Terrasanta.net.

« Je pense que le Pape François, à Istanbul, lancera un appel clair en faveur de la paix au Moyen-Orient. Je pense qu’il invitera en particulier la Turquie à collaborer afin de mettre fin à la guerre en Syrie. À l’heure actuelle, en effet, la Turquie permet le passage de son territoire vers la Syrie à des mercenaires et fondamentalistes islamiques. Cela fait plus de deux ans que les évêques grec- orthodoxe et syriaque orthodoxe d’Alep ont été enlevés à la frontière entre la Turquie et la Syrie...Nous avons besoin que la Turquie coopère et commence à jouer un autre rôle ».

La présence d’une paroisse maronite, à Milan, est un enrichissement pour les catholiques locaux. Mais elle est aussi le signe de l’émigration et de la crise dans laquelle se trouve plongé le Liban aujourd’hui...

Le pays traverse une très grave crise. Il y a longtemps le Liban était considéré comme la Suisse du Moyen-Orient. En 1975, au début de la guerre civile, un dollar s’échangeait contre deux livres libanaises. Aujourd’hui, il en faut 1500... Depuis 1948, nous portons sur nos épaules le poids d’un demi-million de réfugiés palestiniens ; la guerre en Syrie nous a apporté un demi-million de Syriens ; sans parler des milliers de chrétiens en Irak ... le total des réfugiés est maintenant égal à la moitié de la population libanaise. Pour vous donner un exemple : le nombre seul des étudiants syriens, 600 000, est supérieur à celui des étudiants libanais. Où est ce que nous les mettons ? Les structures font défaut. Tout cela se transforme en problème social, économique, politique et sécuritaire. Selon les estimations de l’ONU, un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Une situation qui encourage l’émigration.

C’est ainsi. Je visite régulièrement les diocèses libanais à l’étranger. L’année dernière, par exemple, je suis allé dans sept pays d’Amérique latine. J’ai trouvé tant de jeunes libanais. Je me demandais : mais qui est resté au Liban ? Ils sont tous ici ! Nous avons des pays qui se vident, un flux migratoire énorme. C’est terrible ! Ils ne peuvent pas rentrer, désormais ils ont leur travail et leurs enfants ici. Et qui quitte la région voit que les problèmes du Moyen-Orient ne se résolvent. Et ce parce que personne ne veut résoudre le premier problème, celui que nous pourrions définir théologiquement de « péché originel » à la crise au Moyen-Orient.

C’est à dire ?

Je fais référence au conflit israélo-palestinien, il est tel un grand four qui propage le feu de la guerre. Tant que le problème palestinien ne sera pas résolu, en permettant par exemple le retour des réfugiés, le Moyen-Orient sera en guerre. Maintenant c’est au tour de l’Irak et de la Syrie ; demain ce sera un autre pays…et puis un quatrième...le problème c’est qu’il y a derrière des intérêts économiques qui prévalent : le pétrole, le gaz, le commerce des armes.

Que peut faire l’Europe pour arrêter la guerre ?

Elle doit aider à la réconciliation en particulier entre sunnites et chiites car, aujourd’hui, la guerre règne avant tout dans le monde musulman. Ensuite, elle doit aider l’islam - mais aussi le judaïsme – car tant qu’il n’y aura pas de distinction entre la religion et l’Etat au Moyen-Orient, la paix sera loin. Enfin elle doit cesser de vendre des armes au Moyen-Orient et de financer les fondamentalistes. Le pape François qui parle d’une manière directe, a dit – se référant à la guerre en Syrie – « Il faut que le commerce des armes cesse ! ». Nous, chrétiens du Moyen-Orient, en 1400 ans de vie commune avec les musulmans, avons transmis des valeurs à même de faire croitre la modération. L’Occident, en envoyant des armes et de l’argent, a détruit ce que nous avions construit, nous, chrétiens, en quatorze siècles d’histoire. En agissant ainsi vous alimentez le fondamentalisme : mais quand le terrorisme se déchaîne, qui peut l’arrêter ?

Qui paie les conséquences de cette situation ?

Les chrétiens du Moyen-Orient. En Irak, nous avons perdu un million de chrétiens, le prix d’une démocratie qui n’a jamais vu le jour... leur fuite signifie la disparition de l’ensemble de la culture chrétienne, l’histoire du salut de l’humanité. On ne peut pas sacrifier les chrétiens du Moyen-Orient ! Nous voulons rester sur notre terre, nous voulons porter les valeurs chrétiennes à ce monde arabe. Maintenant plus que jamais, le Moyen-Orient a besoin des chrétiens parce qu’ils tiennent un autre langage que celui répandu aujourd’hui. Dans nos pays, on nous parle de guerre, de terrorisme, de tuer, de détruire ; notre langue est celle de l’Evangile de la paix, de la fraternité, de la dignité humaine, du caractère sacré de la vie. Il me semble que l’Europe n’a pas pris conscience de cela, en fait, il semble que vous en ayez honte...

Source : terrasanta.net



 


P. Neuhaus : “les Chrétiens de Terre Sainte sont appelés à la vérité”

 

27 novembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - La situation à Jérusalem est toujours très tendue et fait craindre l’éclatement d’une troisième Intifada. Au cœur de cette actualité brûlante, quelle est la vocation de l’Église en Terre Sainte ? Roberto Piermarini a interrogé le père David Neuhaus, sj, vicaire patriarcal pour les catholiques hébréophones, dans une interview pour Radio Vatican.

R – L’Eglise est très, très enracinée des deux côtés. Il y a l’Eglise antique qui parle arabe et qui doit vivre en solidarité avec le peuple palestinien dans ses moments difficiles, dans cette lutte pour l’indépendance, pour la reconnaissance : cette Eglise, cette partie de l’Eglise qui parle arabe doit être en solidarité profonde avec le peuple palestinien, mais toujours en disant la vérité et en soutenant la position chrétienne en ce qui concerne la violence et tout ce qui est illégitime dans cette lutte pour les droits, pour l’égalité. D’autre part, il y a une Eglise beaucoup plus petite, beaucoup plus faible qui vit dans la société hébraïque, qui parle hébreu, qui prie en hébreu : cette partie de l’Eglise aussi, en solidarité avec le peuple israélien, doit dire la vérité. Et la vérité est toujours la même, la vérité n’est pas ambiguë. La vérité c’est la vérité de la situation, de la souffrance, de l’oppression, de la discrimination, de l’occupation, du terrorisme, de l’usage illégitime de la violence. Et ici, cette autre partie de l’Eglise également, en solidarité profonde avec le peuple juif dans cette très belle période où les relations entre l’Eglise et le peuple juif sont excellentes, les meilleures depuis deux mille ans, cette autre partie de l’Eglise doit aussi parler de la situation avec le même langage chrétien. Et ceci, afin que nous puissions faire naître une nouvelle réalité, dans un respect mutuel parce que nous soyons tous des fidèles de la même Eglise. Je crois que c’est là une petite graine qui peut changer la situation, si nous avons la patience et la foi, parce que nous demandons toujours : « Mais que se passe-t-il en Terre Sainte ? Que pouvons-nous faire ? ». La première chose à faire est de prier, sachant que toutes choses concourent au bien, parce que Dieu est celui qui guide l’Histoire. Pour le moment, telle est la vocation de l’Eglise : utiliser la parole pour changer ce que pensent les hommes. Et ici, avec une voix qui crie justice et paix pour tous, car telles sont les valeurs de l’Eglise. Nous cherchons ceux qui, dans la communauté palestinienne et dans la communauté israélienne veulent la justice et la paix, pour travailler ensemble, pour changer notre société.

Mon père, quels furent les échos de la visite du pape François en Terre Sainte ? Quels sont les fruits ?

R—Je crois qu’il y a quelque chose de très important : le Pape a montré comment la religion peut promouvoir la justice et la paix. Ici, la religion est manipulée par nos dirigeants politiques et idéologiques, pour démontrer que Dieu est de mon coté et que Dieu lutte contre l’autre partie. Le Pape a très bien démontré ce que l’Église croit et promeut : Dieu est la Vérité et Dieu aime chacun d’entre nous. Le Pape est allé à la rencontre des deux côtés et a accompli des gestes symboliquement forts pour demander : Où est Dieu dans cette situation ? C’est là où nous cherchons le pardon que nous devons chercher la réconciliation. Telle fut la force du le message du Pape pendant et après sa visite : Où est Dieu ? Ainsi devons-nous nous retrouver, avec la certitude que nous sommes tous fils aimés de Dieu, et que Dieu n’a pas de préférence pour un fils plutôt qu’un autre. Peut-être en a-t-Il appelé certains pour qu’ils annoncent cet amour à tous. Nous sommes tous fils de Dieu et quand nous nous mettons en prière, nous devons être conscients que nous ne pouvons pas faire dire à Dieu ce qui nous plaît : « Dieu est à mes côtés dans la lutte contre mon ennemi ». Mais dans la prière nous savons que celui que je considère comme mon ennemi est mon frère. Le mot « frère » n’a cessé de revenir dans les discours du Pape en Terre Sainte. Quand il s’est adressé à Bartholomée, il l’a appelé « mon cher frère bien aimé », il n’y avait pas de division mais une fraternité. Alors même avec les musulmans, même avec les juifs, même avec les chefs palestiniens, même avec les chefs israéliens, ce mot est un mot qui peut changer au moins notre façon de penser. Ainsi, le pape a renforcé l’Église dans sa vocation de proclamer d’une voix claire ce qu’est notre vocation.

Père, comment l’Eglise voit en ce moment le futur de Jérusalem, voit-elle que Jérusalem est contestée entre israéliens et palestiniens ?

R – A propos de Jérusalem, l’Eglise pendant de longues années a évoqué une ville « hors conflit », donc une ville internationale. Et peut-être que c’est la meilleure solution pour le moment. Mais ces dernières années, l’Église a aussi pris en considération le fait que peut-être il pourrait y avoir un accord. Au début des années 90, nous avions pensé que ce moment était peut-être venu. Dans la situation actuelle, l’Église insiste sur le fait que Jérusalem soit une ville internationale tout en étant une ville dans laquelle chacun soit respecté, et où les droits et les fidèles de chaque religion soient respectés. Je crois qu’ici l’Eglise, plutôt que de s’arrêter à une conception rigide de la situation, voudrait avant tout que Jérusalem vive sa propre vocation. Nous nous souvenons encore des beaux discours mais aussi du document de Jean Paul II sur Jérusalem et sur sa vocation : nous ne pouvons pas oublier que Jérusalem est importante pour les juifs, importante pour les chrétiens, importante pour les musulmans. Dieu l’a voulu ainsi : ceci n’est pas arrivé sans la volonté de Dieu. Donc Jérusalem doit rester la ville délivrant ce message : tous sont mes fils et tous doivent pouvoir trouver à Jérusalem leur maison spirituelle et religieuse.

Source : Radio Vatican



 


La communauté belge de Jérusalem fête le Roi Philippe

 

27 novembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - La petite communauté belge catholique de Jérusalem s’est réunie ce dimanche 16 novembre à l’occasion de la fête du Roi des Belges.

Cette fête est célébrée tous les ans le 15 novembre, jour anniversaire de la mort de saint Léopold le Bon, patron du premier Roi de Belgique. Comme à l’accoutumée, les franciscains ont ouvert les portes de l’église Saint Sauveur pour accueillir les fidèles, ainsi que le Consul général de Belgique. C’est en effet une Messe dite « consulaire », puisqu’avec la France, l’Espagne et l’Italie, la Belgique est une puissance considérée comme catholique. Et à ce titre, le représentant officiel du pays assiste à la Messe dite pour son pays.

Si la Messe était célébrée par le Fr. Milovitch ofm. , supérieur du couvent Saint Sauveur, c’est le Fr. Eeckhout, dominicain, qui a prononcé l’homélie. L’occasion pour ce frère belge de prier pour que le Roi Philippe serve le pays « avec sagesse, compétence et dévouement pour assurer l’unité, la prospérité et la liberté des citoyens du royaume ». Commentant l’Evangile des talents, celui-ci a exhorté l’assemblée à devenir des « rois bons et fidèles, chacun pour la portion du peuple de Dieu qui lui est confiée sur cette terre. »

Après la Messe, l’assemblée s’est retrouvée avec les franciscains autour d’un verre de l’amitié. L’occasion pour le Consul de remercier les personnes présentes pour la « merveilleuse célébration » et la « disponibilité des franciscains ». La communauté belge (qui compte selon le diplomate « plus de deux mille inscrits, dont une grande majorité de binationaux belgo-israéliens ») vivait cette année une fête nationale particulière. « Cette année, c’est la première année du règne du Roi Philippe » raconte le Consul, M. Jans. « Le Roi a pris ses fonctions le 21 juillet dernier, la précédente Messe consulaire ne permettait donc pas de fêter une année complète de règne. C’est d’autant plus un jour de fête que nous avons cette année un gouvernement belge, installé rapidement en octobre. La monarchie se porte pour le mieux ! »

Un groupe de pèlerins présent à l’événement ne cache pas sa joie : « Nous venons de passer une semaine en Terre Sainte, et nous finissons notre pèlerinage à Jérusalem, en célébrant notre Roi ! Pour notre premier pèlerinage en Israël, nous sommes comblés. »

L’assemblée s’est ensuite dispersée, gardant en tête les mots du prédicateur : « Que notre charité soit active, imaginative, pour qu’au retour du maître nous soyons trouvés les mains pleines et non pas uniquement les mains propres. Ici la confiance fait oser et entreprendre ! »



 


Préoccupation du pape pour la montée de la tension à Jérusalem

 

20 novembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Le pape François appelle les parties impliquées dans le conflit en Terre Sainte à prendre « des décisions courageuses pour la réconciliation et la paix » : « Construire la paix est une tâche difficile, mais vivre sans paix est un tourment ».

Au terme de l’audience générale de ce mercredi matin, 19 novembre 2014, place Saint-Pierre, le pape a en effet évoqué la situation de Jérusalem lors des salutations en italien : la Ville Sainte subit une escalade de la violence, depuis l’enlèvement de trois jeunes Israéliens, le 12 juin.

Israéliens et Palestiniens sont tombés dans un cycle d’attaques et de représailles, notamment à Jérusalem-Est, qui est le théâtre d’émeutes, d’arrestations et d’actes de violences.

« Je suis avec préoccupation la montée alarmante de la tension à Jérusalem et dans d’autres zones de la Terre Sainte, avec des épisodes inacceptables de violence qui n’épargnent même pas les lieux de culte », a déclaré le pape François.

Hier, 18 novembre, un attentat contre la synagogue Kehilat-Yaakov dans le quartier d’Har Nof, à Jérusalem-Ouest, a fait cinq victimes.

Il a assuré de sa « prière particulière » pour « toutes les victimes de cette situation dramatique et pour tous ceux qui en souffrent les conséquences ».

« Du plus profond du coeur, j’adresse un appel aux parties impliquées afin que l’on mette fin à la spirale de haine et de violence et pour que soient prises des décisions courageuses pour la réconciliation et la paix. Construire la paix est une tâche difficile, mais vivre sans paix est un tourment ! », a ajouté le pape.



 


Conférence : "Chrétiens d’Orient : Quel avenir ?"

 

14 novembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - L’Institut Thomas More nous prie d’annoncer la conférence qu’il organise le 2 décembre 2014 à 18 h 30, au Château Sainte-Anne (Bruxelles) sur le thème "Chrétiens d’Orient - Quel avenir ?"

Château Sainte-Anne (Bruxelles) 2 décembre 2014 18 h 30

On recense 150 à 200 millions de chrétiens qui subissent chaque année une persécution pour le seul fait de leur foi. Dans ce contexte général déjà éprouvant, les chrétiens d’Orient subissent, en Irak et en Syrie, en particulier, des violences et
des atrocités insoutenables. Leur situation est chaque jour plus périlleuse et leur avenir, sur une terre où ils vivent depuis parfois 2 000 ans, est en jeu.

Pourquoi et comment en est-on arrivé là ? Au-delà de la solidarité immédiate qui doit jouer à plein, que faire ? Faut-il les encourager à partir et, sinon, comment envisager leur avenir sur une terre qu’ils ne veulent pas quitter ?

Pour en discuter, l’Institut Thomas More, la Lieutenance Belge de l’Ordre du Saint Sépulcre de Jérusalem et l’association des amis de Dominique Savio ont le plaisir de vous inviter à leur prochain débat autour de :

Jean-François COLOSIMO | Président du directoire des éditions du Cerf, maître de
conférences en Patrologie à l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge de Paris, auteur de "Les hommes en trop. La malédiction des chrétiens d’Orient" (Fayard, 2014)
Benjamin BLANCHARD | Cofondateur et trésorier de SOS Chrétiens d’Orient
Roueida KHOURY | Présidente de l’association Chrétiens de Syrie pour la paix

La Rencontre se déroulera au Château Sainte-Anne
Rue du Vieux Moulin, 103 - 1160 Bruxelles
Inscription obligatoire | Bulletin-réponse ci-joint
Réponse souhaitée avant le lundi 1er décembre 2014
La Rencontre sera suivie d’un cocktail (20h-21h)



 


Du roi Abdallah II au Président arménien : "les chrétiens ont aidé à construire la civilisation arabe"

 

5 novembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

AMMAN - "Les chrétiens ont contribué à l’édification de la civilisation arabe. C’est la raison pour laquelle le déplacement forcé des communautés chrétiennes autochtones dans le Moyen-Orient est un problème grave qui doit être freinée dans toutes les manières possibles". Voilà ce que le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré au Président de l’Arménie, Serge Sarkissian, le mercredi 29 Octobre, lors de sa visite officielle dans le Royaume de Jordanie. Le premier en ce qui concerne un chef de l’Etat arménien.

Ainsi que l’indiquent les moyens de communication jordaniens consultés par l’Agence Fides, au cours des rencontres avec le Président arménien et la délégation qui l’accompagne, le Roi à souligné l’engagement de la monarchie hachémite en faveur de la protection et du soutien de l’identité des communautés chrétiennes arabes. De son côté, le Président Sargsyan a réaffirmé le lien d’amitié intime qui lie les arméniens aux populations arabes, exprimant également sa gratitude à Sharif Hussein Bin Ali et aux autres responsables arabes qui accueillirent les réfugiés arméniens ayant fui l’Anatolie après le Génocide arménien.

Le 31 octobre, le Patriarche arménien de Jérusalem, Nourhan Manougian, présidera la célébration liturgique de consécration de la nouvelle église arménienne de Saint Garabed, construite sur les rives du Jourdain (voir Fides 29/10/2014). Le terrain sur lequel a été érigée l’église, non loin du lieu traditionnellement indiqué comme le site du Baptême de Jésus, a été mis à disposition de la communauté arménienne par le Roi Abdullah II.

Agence Fides 30/10/2014



 


Appel du Patriarche au calme à Jérusalem

 

3 novembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, s’alerte de l’aggravation rapide de la situation de Jérusalem. Il appelle à un retour au calme rapide et à la recherche efficace de solutions pour préserver le caractère sacré de cette ville trois fois sainte

COMMUNIQUE

"Depuis le conflit de Gaza, Jérusalem n’a pas retrouvé d’ambiance calme et sereine. Les assassinats lâches d’Israéliens ou de Palestiniens se poursuivent, touchant même parfois des hommes, des femmes et des enfants innocents. La suppression de ces vies est autant une réponse qu’un facteur de justification des nouvelles politiques de colonisation dans la partie Est de Jérusalem. Ces actions illégales et dangereuses pour la ville et la région sont une menace à grande échelle et pousse à la radicalisation de nombreux individus.

Jérusalem est une ville trois fois sainte. Aucune autre ville au monde ne peut prétendre revêtir un caractère aussi sacré. Pèlerins Juifs, Chrétiens et Musulmans y viennent pour chercher Dieu. Cette ville, symbole de la paix pour des millions de croyants à travers le monde, ne devient pour eux qu’un lieu dangereux en proie aux flammes et à la haine. C’est pourquoi, plus qu’ailleurs, il convient de rétablir la paix et la sécurité pour les habitants et les pèlerins.

Je demande à tous les aimants de Jérusalem de se mobiliser dans la prière pour redonner à cette ville sa vocation de ville sainte et de ville de paix et non de violence."

+ Fouad Twal, Patriarche de Jérusalem pour les latins, le 31 octobre 2014.



 


Et si chaque diocèse achetait une maison en Terre Sainte ?

 

26 octobre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Comment arrêter l’hémorragie des chrétiens de Terre Sainte ? Le Patriarche latin de Jérusalem n’est pas en panne d’idées. Lundi 20 octobre à Rome, Mgr Fouad Twal a profité du Consistoire sur le Moyen-Orient, convoqué par le Pape François, pour lancer une idée. Elle est concrète, accessible et ça pourrait marcher.

Interrogé par Anaïs Feuga, pour Radio France et par Romilda Ferrauto, pour Radio Vatican, Mgr Twal explique en quoi consiste son appel :

http://media02.radiovaticana.va/audio/audio2/mp3/00450197.mp3

Si chaque diocèse du monde peut acheter une maison, soit à Bethléem, soit à Jérusalem, cette maison nous allons la donner à un jeune couple chrétien qui est incapable de construire, incapable d’avoir la permission d’Israël, de manière à éviter le départ de nos chrétiens, qui est un drame, une hémorragie humaine dont chaque personne qui aime la Terre Sainte peut sentir le poids.

J’étais content de voir la première réaction du cardinal Bagnasco, le président de la conférence épiscopale italienne, qui a dit que c’est une chose pratique dont nous avons absolument besoin. Avant il y a avait le "Housing Project" mais ça coûte de 15 à 20 millions de dollars et ça demande des permissions.

C’est presque équivalent d’acheter des maisons à des chrétiens qui doivent partir à caude de la situation, et on mettra d’autres chrétiens, d’autres jeunes couples à leur place. J’espère que cet appel à tourte la chrétienté, à tous les diocèses, est faisable. Je pense que ce n’est pas une demande lourde de demander cela à tout un diocèse. Les maisons vont de 200 000 dollars à 1,5 millions. Deux diocèses peuvent se mettre en semble pour acheter une maison. Et comme ça quand un diocèse veut nous visiter en pélerinage, ils peuvent visiter leur maison qu’ils sont achetée avec leur générosité, leur effort,leur solidarité.

Je sais que beaucoup aiment la Terre Sainte, il y a une belle solidarité. J’ai reçu des lettres pour assurer de la prière et de la compassion. D’autres lettres étaient plus concrètes, avec une aide concrète.

Le problème, il est justement financier pour ces jeunes familles chrétiennes ?

Financier et lié à l’occupation ! Il y a Israël qui ne donne jamais la permission de construire de nouveaux logements. Donc si on achète une maison déja faite, ils ne peuvent rien dire.

Donc ces maisons existent dèjà ?

Oui, elles sont habitées quelquefois. Il a des maisons qui sont exposées à la vente. Il ya des chrétiens qui veulent vendre mais qui n’osent pas vendre. Il y a les juifs, les musulmans à l’affût, qui cherchent à acheter ces maisons pour s’installer au coeur même de la ville, qui s’appauvrit de l’élément chrétien. Vous pouvez imaginer ce que ça représente pour moi : voir mes fidèles à mes cotés.

Et quel est votre sentiment sur le Consistoire ? (ndlr : la réunion des cardinaux et patriarches orientaux qui s’est tenue au Vatican le lundi 20 octobre pour évoquer la situaton des chrétiens d’Orient)

Le Consistoire, nous sommes heureux de voir l’intérêt du Saint-Père. Pour la première fois dans l’Histoire, les patriarches catholiques assistent à un consistoire, et nous avons dit ce que nous pensons, j’étais heureux de voir qu’il y une réception, ils nous ont écoutés avec intérêt, c’est vrai.

Le soutien de l’Ordre du Saint-Sépulcre

Le Patriarche latin de Jérusalem était interrogé au siège de l’Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem, lors d’une réception organisé à l’occasion de la fête de la Bienheureuse Vierge Marie, Reine de Palestine, Patronne de l’Ordre.

L’Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre soutient concrètement en Terre Sainte un certain nombre de projets sélectionnés par le Patriarcat latin, au profit de la communauté chrétienne. Il a entre autres pris en charge la réfection de l’institut professionnel dirigé par les Salésiens à Bethléem et la reconstruction de l’école d’Achrafieh. L’objectif est de donner aux jeunes chrétiens des outils leur permettant de trouver un emploi sans être contraints d’émigrer.

Source : Radio Vatican
Photo : AFP



 


Moyen-Orient : la position du Saint-Siège à l’ONU

 

23 octobre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NEW-YORK - L’agence de presse du Saint-Siège, News.va, relate l’intervention de l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU, Mgr Bernardito Auza, lors du Conseil de Sécurité de l’ONU ce mardi 21 octobre 2014.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU s’est réuni ce mardi sur la situation au Moyen-Orient, incluant la question palestinienne. L’Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU Mgr Bernardito Auza est intervenu devant le Conseil de Sécurité, l’occasion de rappeler la position du Vatican à propos de la situation actuelle au Moyen-Orient.

Mgr Auza a structuré son propos en six points. D’abord, le soutien du Saint-Siège à la solution des deux Etats dans le dossier israélo-palestinien, garantissant aux Palestiniens le droit à posséder leur propre Etat « souverain et indépendant » et aux Israéliens le droit « à la paix et la sécurité ». Concernant la situation « horrible » en Syrie, le Vatican appelle urgemment à arrêter « les violations massives du droit international et des droits fondamentaux » et à « aider la communauté internationale à trouver une solution ». A propos du Liban, Mgr Auza demande à Beyrouth de « trouver une solution le plus rapidement possible à la vacance de la présidence de la République » alors que le pays du Cèdre doit faire face à l’afflux massif de réfugiés.

Eviter de nouveaux génocides

L’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU a aussi évoqué les « violations graves et abus » commis par l’Etat islamique en Irak et en Syrie. Reprenant l’appel lancé par les nonces apostoliques réunis au Vatican début octobre, Mgr Auza a exhorté les organes compétents des Nations-Unies à « prévenir de possibles nouveaux génocides et de porter assistance au nombre croissant de réfugiés ». Le Saint-Siège voit dans la lutte contre le terrorisme une occasion pour renforcer les outils juridiques internationaux de protection « contre les génocides, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique, les crimes contre l’humanité et toute forme d’agression injuste ».

Enfin, le Vatican a renouvelé son appel à tous les leaders religieux pour qu’ils jouent un rôle majeur dans la promotion du dialogue interreligieux et interculturel.

Source : news.va et Radio Vatican



 


Les chrétiens d’Orient au cœur du consistoire

 

30 octobre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Alors que le Synode de la Famille s’est achevé, le pape François a profité de la présence à Rome d’un grand nombre de cardinaux pour organiser un consistoire sur le Moyen Orient le lundi 20 octobre 2014. Outre les cardinaux, les patriarches des Eglises orientales et des diocèses latins d’Orient étaient également présents pour faire part de leurs préoccupations et évoquer des pistes pour sortir de la crise.

Le pape François ne se lasse pas d’évoquer la situation dramatique des Chrétiens du Moyen-Orient. Il l’a précisé hier devant les cardinaux, cette question « [lui] tient beaucoup à cœur ». Devant eux, le Saint Père a relancé son appel à la communauté internationale et son souci de préserver coûte que coûte la présence chrétienne au Moyen Orient : « Nous avons le désir commun de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ainsi que la volonté de favoriser la résolution des conflits à travers le dialogue, la réconciliation et l’engagement politique. En même temps, nous voudrions apporter la meilleure aide possible aux communautés chrétiennes pour les aider à rester dans la région ». Retrouvez ici son discours complet.

Brièvement, le cardinal secrétaire d’Etat, Mgr Parolin, a rappelé les discussions et conclusions de la réunion du pape avec les nonces d’Irak et Jordanie, de Syrie, du Liban, d’Egypte, d’Israël et Palestine et d’Iran qui s’est déroulée au début du mois d’octobre. Les Patriarches des Eglises catholiques orientales et des diocèses latins de ces mêmes pays ont tour à tour pris la parole pour évoquer leurs défis particuliers et leurs souffrances. Selon le père Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican, les Patriarches ont senti « un soutien et un signe de proximité de la part du pape et du collège cardinalice ».

Une synthèse livrée par l’agence spécialisée du Vatican News.va rapporte que les cardinaux se sont entendus sur l’urgence, pour les pays de la région, de redéfinir leur avenir. De nombreux conflits éclipsent les tentatives d’instaurer la paix. Il faut que Jérusalem soit reconnue comme capitale de la foi pour les trois grands monothéismes. Il devient aussi nécessaire de trouver une résolution aux conflits israélo-palestinien et syrien, et une manière de contrer l’avancée des combattants de l’Etat islamique. Un autre appel a été lancé, pour la liberté de religion comme droit fondamental et inné, notamment dans les pays qui ont une religion d’Etat, le plus souvent l’Islam.

Stopper l’exode des Chrétiens

A l’issue du consistoire, le cardinal Parolin a rappelé dans une conférence de presse que « nous ne pouvons nous résigner à penser le Moyen-Orient sans les chrétiens, qui jouent un rôle fondamental comme artisans de paix, de réconciliation et de développement ».

L’Eglise invite les Chrétiens d’Orient à rester sur leurs terres et à « trouver des conditions de vie, de sécurité, de travail, d’avenir dans la région », toujours selon les paroles du Cardinal. Cette solution est préférée à l’émigration qui touche ces communautés. Ce sont ici les offres nombreuses et généreuses de visas de la part de plusieurs Etats qui sont mises en cause, car elles risqueraient de vider peu à peu le Moyen Orient de sa présence chrétienne.

Pour inciter les Chrétiens à rester, les mêmes solutions se font entendre : poursuivre le dialogue inter-religieux pour accroître la connaissance et le respect mutuel, et favoriser ainsi la coexistence pacifique. Une mission périlleuse surtout dans certains pays de la région où chaque jour des hommes, des femmes et des enfants sont tués à cause de leur foi.

L’Eglise appelle aussi les pèlerins de tous les pays à se rendre en pèlerinage sur les terres de la Bible, de Jésus et des premiers Chrétiens pour assurer de leur soutien et de leur proximité. Enfin, le cardinal Parolin a appelé les Caritas à ne pas cesser leur travail déjà très efficace pour soutenir tous ceux, chrétiens ou non, dont la liberté est actuellement bafouée.

Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org



 


JERUSALEM - Le 36ème numéro (Octobre 2014) de...

 

21 octobre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le 36ème numéro (Octobre 2014) de la lettre d’information du Patriarcat latin "JERUSALEM" est sorti !

Cette lettre d’information résume l’actualité du Patriarcat, elle est faite pour être diffusée auprès de tous les amoureux de la Terre Sainte et de ceux qui le deviendront en la lisant !

Vous la trouverez ici ou en annexe

Pour vous abonner, cliquez ici.



 


Les chrétiens palestiniens, entre la Terre Sainte et la Diaspora

 

21 octobre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Au cœur de l’actualité brûlante de la région, les chrétiens palestiniens en Terre Sainte (Israël et Palestine), peuvent se sentir menacés, directement ou indirectement, de plusieurs côtés. Combiens sont ces chrétiens ? Pourquoi ont-ils émigrés autrefois ? Et pourquoi émigrent-t-ils aujourd’hui ? Une tentative de réponse du service de communication du Patriarcat latin.

Ce service de presse précise d’emblée que les informations ne sont pas claires et globales, il ne serait pas prudent de prétendre apporter une réponse tranchante, ou une déclaration officielle à ces questions. Mais il reste possible de revenir sur quelques faits historiques qui font l’unanimité, et de présenter prudemment des chiffres que proposent certains auteurs ou chercheurs.

Des pourcentages et des chiffres approximatifs

Sur la page du site officiel de la visite du Pape François en Terre Sainte, la Commission Média affirme qu’il y a « à peu près » entre 120.000 et 130.000 chrétiens palestiniens qui habitent en Israël (il y a aussi 190.000 chrétiens immigrés ou des chrétiens israéliens d’origine russe ou autre, mais qui n’entrent pas dans le sujet de cet article). Tandis que « à peu près » 50.000 chrétiens habitent en Palestine (38.000 en Cisjordanie, 10.000 à Jérusalem Est et 2.000 à Gaza). Cela signifie que la Terre Sainte abrite à peu près 180.000 chrétiens, qui sont arabes et palestiniens selon leur culture et leur histoire [1].

Les chrétiens palestiniens sont présents aujourd’hui dans beaucoup de pays du monde. Certains se sont installés dans des pays arabes voisins, mais d’autres ont décidé de s’installer en Europe ou même dans des pays de « l’Outre-Mer » à l’ouest.

Certains [2] estiment que le nombre des chrétiens en Terre Sainte aujourd’hui atteindrait les 500.000 personnes, mais ces statistiques semblent peu probables. L’auteur de l’article avançant ces chiffres se met d’accord néanmoins avec l’auteur d’un autre article, paru en espagnol [3], et qui estime que le nombre des chrétiens résidants au Chili seulement s’élèverait entre 300.000 et 500.000, et seraient pour les plupart des chrétiens de la région de Bethléem.

Selon cet article en espagnol, c’est le maire de la ville chrétienne de Beit Jala, M. Naël Salman, qui a visité le Chili en 2013, et qui a déclaré que 400.000 habitants de ce pays latin ont des racines dans sa ville de Beit Jala. Cela voudrait dire qu’ils sont 20 fois plus nombreux que les habitants de Beit Jala aujourd’hui !

Pourquoi les chrétiens ont-t-ils émigrés ?

En schématisant un peu, on peut distinguer deux sortes d’émigration des chrétiens palestiniens : l’une souhaitée et l’autre non-souhaitée. La première a commencé vers la fin du XIXe siècle ou début XXe, c’est-à-dire sous l’Empire Ottoman. Les raisons sont multiples, et ont pu être politiques, religieuses et/ou économiques.

En 1909, les autorités ottomanes ont aboli l’exemption du service militaire accordée jusque-là aux juifs et aux chrétiens. Beaucoup de jeunes chrétiens ont vu dans l’émigration un moyen d’échapper à la conscription, c’est-à-dire aux conflits très meurtriers menés par la Sublime Porte à l’époque. Mais où immigrer ? Vers des pays européens et vers les Amériques. Des pays chrétiens. On voit ici que les raisons politiques se croisent avec des raisons religieuses, car la minorité chrétienne étouffée sous le régime ottoman en Palestine, a trouvé dans les pays chrétiens aussi un lieu « d’exile religieux » comme l’explique cet article en espagnol précédemment cité. Mais ces pays paraissaient aussi très prometteurs au point de vue économique, et surtout l’Amérique du Sud dont les richesses furent plus facilement accessibles à ces nouveaux arrivés.

Nous savons, d’autre part, que l’émigration non souhaitée des chrétiens palestiniens a débuté en 1948, avec Al Nakbah, et la création de l’Etat d’Israël. Entre 780.000 et 800.000 palestiniens (musulmans et chrétiens), ont été obligé de quitter leurs villes et leurs villages, sans jamais pouvoir y retourner. 50.000 à 60.000 d’entre eux étaient des chrétiens. Certains estiment qu’ils représentaient 35% de la chrétienté de Terre Sainte en ce temps-là.

Pourquoi les chrétiens émigrent-t-ils aujourd’hui ?

Les chrétiens ont connu une période plus stable en Palestine, sous le Royaume Hachémite entre 1948 et 1967. Mais depuis l’occupation militaire de la Cisjordanie et de Gaza par les israéliens en 1967, l’émigration des chrétiens est devenue chose commune. Les tensions de la première Intifada, la révélation de la fragilité de l’autorité palestinienne, la deuxième Intifada, la fermeture des territoires par Israël à travers le mur et les check-points permanents ainsi que la radicalisation actuelle de l’Islam, ont épuisé les chrétiens palestiniens, et attise leur désir d’émigrer, surtout parmi les plus jeunes.

Selon le site de la visite du Pape, les chrétiens ont dû représenter à peu près 10% de la population de la Palestine en 1948. Aujourd’hui, ils ne dépassent pas le 2%. Selon l’article en Français, 56% des chrétiens palestiniens, ou d’origine palestinienne, vivraient aujourd’hui en dehors de la Terre Sainte.

L’auteur termine son article en alertant que « l’émigration affaiblit progressivement et durablement la communauté chrétienne toujours présente en Israël et en Cisjordanie ». Et que « l’hypothèse de sa disparition ou de sa marginalisation dans les années à venir n’est pas à écarter ».

Reste la question qui doit éveiller les Chefs des Eglises, les chrétiens du monde mais aussi les musulmans palestiniens : comment préserver et soutenir concrètement la présence chrétienne, pacifique, ouverte et dynamique, en Terre Sainte afin que les chrétiens ne disparaissent pas de la Terre du Christ ?

Firas Abedrabbo pour www.lpj.org

[1] Nous attirons l’attention sur le fait que le Ministre israélien de l’Intérieur encourage l’ajout du qualificatif « araméen » au mot « chrétien », pour remplacer le qualificatif « arabe » qui figure dans les cartes d’identité des chrétiens palestiniens en Israël. Cela a provoqué des vives réactions de la part de ces chrétiens et leurs chefs religieux.

[2] Cf. Un article paru en septembre 2014, en langue française : http://www.lesclesdumoyenorient.com/La-diaspora-chretienne-de.html.

[3] Cf. Un article paru en août 2014, en langue espagnole : http://elcomercio.pe/mundo/latinoamerica/pais-mas-palestinos-fuera-mundo-arabe-israel-noticia-1749810.



 


Réunion de crise des nonces apostoliques du Moyen Orient au Vatican

 

2 octobre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

VATICAN - Une réunion importante est prévue au Vatican entre le 2 et le 4 octobre 2014. Elle rassemblera les nonces apostoliques du Vatican, le pape François et plusieurs hauts membres de la Curie et de la Secrétairerie d’Etat du Vatican.

Sept nonces apostoliques sont attendus le jeudi 2 octobre 2014 au Vatican. Ils viennent des pays marqués par la crise actuelle liée à l’émergence de l’Etat islamique (EI). Ils sont les représentants du Vatican en Terre Sainte (Israël et Palestine), en Egypte, en Syrie, en Turquie, en Jordanie et en Irak, au Liban, et en Iran.

Une rencontre est prévue avec le pape François, mais l’essentiel des échanges se dérouleront en présence du Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat, du Mgr Becciu, Substitut, de Mgr Mamberti et Mgr Camilleri, respectivement Secrétaire et Sous-Secrétaire pour les Rapports avec les Etats. La présence des représentants du Saint Siège à New York et à Genève auprès de l’Organisation des Nations Unies montre aussi une volonté de la part de l’Eglise d’être au premier plan dans les réseaux diplomatiques qui s’activent pour trouver une issue à la crise.

Des rencontres avec les responsables de six grands dicastères laissent présager qu’au cœur des discussions, un bilan matériel et humain sera sans doute dressé pour tenter d’évaluer les pertes subies par les Chrétiens chassés en Irak et en Syrie. Une évaluation du nombre et de l’emplacement des Chrétiens qui sont restés et qui vivent sous la menace d’un assaut meurtrier de l’EI sera peut-être aussi établi précisément pour leur apporter le meilleur soutien possible.

C’est aussi le dialogue avec les musulmans et la prise en charge des migrants et des réfugiés qui devraient être évoqués.

A l’issue de cette réunion, les nonces seront chargés de renouveler le soutien du Saint Siège aux Chrétiens qui vivent en minorité, de chercher avec les responsables des Eglise locales les meilleurs solutions pour sortir de la crise, et éventuellement aussi se rendre auprès des gouvernements pour les appeler encore à rester forts face à la menace de l’islamisme et protéger coûte que coûte les quelques Chrétiens présents sur leurs terres depuis deux millénaires.

Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org



 


“Aimer et servir les chrétiens de Terre Sainte”

 

16 septembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Voici un entretien avec Carola et Henrique Abreu. Ils sont bénévoles au Patriarcat latin de Jérusalem depuis février 2014, et membres de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Au détour de quelques questions, un beau témoignage de foi d’un couple en mission passionnante au service de l’Eglise Mère.

1) Quand et comment êtes-vous arrivés en Terre Sainte ? Pourquoi avez-vous décidé de consacrer ce temps de votre vie à l’Eglise locale ? Quelle est votre motivation profonde ?

Nous avons déménagé à Jérusalem en février 2014, ayant accepté l’invitation de Sa Béatitude le Patriarche latin Fouad Twal et de Mgr William Shomali, à se joindre au Patriarcat dans sa mission, qui est d’aimer et de servir l’Eglise Mère et les chrétiens de Terre Sainte.

Nous avons beaucoup voyagé en Terre Sainte ces cinq dernières années, et après avoir réalisé en profondeur l’importance de la mission de l’Église catholique au Moyen-Orient, ainsi que ses besoins et défis véritables, nous avons décidé de consacrer quelques années de notre vie à faire du bénévolat au service de l’Eglise et des communautés chrétiennes. Le service des autres et l’esprit de charité ont toujours été notre principale motivation. En raison de la nature de notre vie professionnelle, nous avons dû changer plusieurs fois de pays et nous adapter à différentes cultures, mais nous avons toujours consacré une partie de notre temps à faire du bénévolat, en proposant notre aide aux institutions et aux personnes qui ont besoin de notre soutien.

En ce temps de grand besoin pour notre Église, nous avons reçu un appel spirituel important, et nous avons décidé de laisser derrière, notre pays, nos vies, nos familles, nos amis et nos biens matériels, pour le vrai bonheur, qui pour nous consiste à aimer et à servir l’Église ainsi que nos frères chrétiens les plus démunis.

2) En quoi consiste votre mission ?

Notre mission est de servir le Patriarcat latin de Jérusalem et ses projets afin d’aider à répondre aux besoins de la Terre Sainte.

En 2014, notre mission s’organise autour de trois grands axes :

a) Nous travaillons en collaboration avec le département média du Patriarcat, notamment en traduisant pour le site web des articles et documents en espagnol et en portugais.

b) Cette année, nous sommes également engagés dans les projets de la paroisse de Taybeh, en Palestine. Récemment, nous avons aidé à organiser avec succès le premier projet : le “Camp d’été œcuménique”, dans lequel nous avons eu tous les deux le privilège de parrainer et de travailler. Ce projet a bénéficié directement 264 enfants et 70 dirigeants (même pendant la guerre dans la bande de Gaza). Tous, ils ont été très heureux de ces quatre semaines intenses autant du point de vue culturel, religieux, que sportif et des loisirs. Nous avons encore deux autres projets cette année : la restauration d’une ancienne maison-musée palestinien typique (La Maison des paraboles) et le Centre des Jeunes de la paroisse ; à la fois au profit des pèlerins ainsi que les paroissiens. En plus des projets, nous travaillons également à la Maison des personnes âgées de Beit Afram, et à la paroisse avec le père Aziz Halawe, dans les activités de routine, comme l’accueil des groupes de pèlerins qui viennent à Taybeh, en partageant avec eux l’histoire du village, la situation chrétienne en Palestine et l’importance d’aider les communautés dans le besoin.

c) Dans notre temps libre, nous essayons de rendre visite aux paroisses que nous ne connaissons pas encore, les hôpitaux et les foyers pour enfants handicapés, comme les Sœurs du Verbe incarné à Bethléem, les sœurs de Mère Teresa de Calcutta à Naplouse par exemple.

3) Comment votre mission se rapporte à l’Ordre du Saint-Sépulcre ?

En tant que Chevalier et Dame de l’Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, nous portons en nous une grande mission et une importante responsabilité qui est de soutenir la Terre Sainte. L’objectif principal de l’Ordre en effet est de servir, de protéger, de maintenir et de soutenir les projets et œuvres du Patriarcat latin de Jérusalem et de la communauté chrétienne.

Nous avons voyagé à travers la Jordanie, Israël et la Palestine au cours des dernières années, et nous avons eu le privilège de visiter de nombreuses paroisses et de découvrir le grande et souvent héroïque labeur de nos prêtres, souvent confrontés à de nombreuses difficultés et défis. Tout au long de cette période, nous avons eu la joie et la grâce de soutenir certaines initiatives à Kerak et à Ader en Jordanie et Beit Sahour en Palestine.

L’appel que nous avons reçu de Dieu consiste à travailler en Terre Sainte, en mettant nos expériences professionnelles et personnelles au service de l’Église Mère.

4) La situation dans le pays est difficile et compliquée. Comment venir en aide aux chrétiens de Terre Sainte ?

Les chrétiens de Terre Sainte cette année sont confrontés à une période très difficile, de la guerre à Gaza, et la terrible persécution de nos frères et sœurs en Irak, en Syrie, et de nombreux autres endroits. Nous croyons que, dans un moment de tant de peine, de désolation et de désespoir ; la chose la plus importante est de montrer que les chrétiens ne sont pas seuls, et que nous sommes ici pour aider, soutenir et accompagner les aimer.

Nous avons commencé un petite récolte de fonds privée pour soutenir les familles de Gaza dans nos pays d’origine, et, grâce à Dieu, nous avons pu obtenir des aides. Nous continuons également à visiter régulièrement l’hôpital Saint-Joseph à Jérusalem, où quelques-uns des blessés les plus graves sont encore en traitement. La visite des patients est d’une grande importance, aussi simple que puisse paraître tendre une main secourable ou offrir une étreinte d’affection et de solidarité envers ceux qui souffrent dans un lit d’hôpital.

Nous croyons en la grande puissance de la prière et de la foi. C’est un moment où les chrétiens du monde entier doivent s’unir dans la prière pour la Terre Sainte, et en particulier pour les victimes innocentes de la guerre et de la persécution. Et en plus de la prière, il est plus nécessaire que jamais que la communauté chrétienne internationale se joigne aux efforts de l’Eglise Mère de Jérusalem pour aider les moins de 2% de chrétiens qui vivent en Terre Sainte, par la reconstruction sociale et humanitaire des lieux de vie et des projets éducatifs. Pour répondre à un unique objectif : faire vivre et soutenir l’Eglise dans le pays où notre Seigneur Jésus-Christ est né, a vécu, est mort et est ressuscité pour nous tous.

Propos recueillis par Myriam Ambroselli pour www.lpj.org



 


Reconnaissance des "araméens" : une tentative de séparer les chrétiens palestiniens ?

 

18 septembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le 16 septembre 2014, la Commission Justice et Paix des Evêques de Terre Sainte a publié un communiqué évoquant la question de la reconnaissance par l’Etat Israël des “araméens”. Un message d’une force peu commune de la part des évêques catholiques de Terre Sainte !

La Commission Justice et Paix du Conseil des Evêques Catholiques

"En ce jour, le 16 septembre 2014, des nouvelles sont arrivées annonçant que le Ministre israélien de l’Intérieur encourageait l’ajout du qualificatif « araméen » au mot « chrétien », pour remplacer le qualificatif « arabe » qui figure dans les cartes d’identité des chrétiens palestiniens en Israël.

La langue araméenne a été la langue des juifs pendant des siècles. Ce fut le cas jusqu’au retour de la langue hébraïque seulement à la fin du 19ième siècle, et jusqu’à aujourd’hui.

Les arabes, dans les pays du Levant, ont parlé à travers l’histoire et les siècles, l’araméen, le grec et l’arabe jusqu’à ce que l’arabe se stabilise. Aujourd’hui en Israël, nous sommes palestiniens arabes.

Si cette tentative de séparer les chrétiens palestiniens des autres palestiniens, consiste à vouloir défendre les chrétiens ou les protéger, selon ce que prétendent certaines autorités israéliennes, nous déclarons : rendez-nous d’abord nos maisons, nos terrains et nos villages, que vous nous avez confisqué. Deuxièmement : la meilleure protection pour nous sera de nous laisser avec notre peuple. Troisièmement : la meilleure protection pour nous sera que vous entriez sérieusement sur le chemin de la paix.

Mais si votre intention, en modifiant notre identité, est de garantir pour vous-mêmes un partenaire de paix, nous sommes déjà des partenaires de paix sans cette attaque qui vise notre identité. Tous les palestiniens sont partenaires de paix, et beaucoup disent : c’est vous qui refusez la paix. Donc si vous voulez restez en guerre, ne nous poussez pas à prendre un chemin qui n’est pas le nôtre, à savoir le chemin de la guerre, qui n’est pas un chemin de sagesse et qui est un chemin privé du bien pour vous-mêmes, pour nous-mêmes et pour toute la région. Il ne faut pas que nous, vous et toute la région vivions en guerre permanente. Si la guerre est votre choix pour rester forts, laissez-nous dans notre choix de la paix, par lequel nous travaillons pour la paix, pour nous, pour vous, pour tout notre peuple et pour toute la région.

Quant aux quelques chrétiens palestiniens en Israël qui soutiennent cette idée, à savoir la revivification des racines araméennes et l’entrée dans le service militaire, nous disons : réveillez-vous, et retournez à votre conscience, il n’est pas possible que vous fassiez du mal à votre peuple pour satisfaire vos intérêts personnels du moment. Dans votre attitude, vous ne faites du bien ni à vous-mêmes ni à Israël. Israël a besoin du chrétien à qui le Christ a dit : « Bienheureux les artisans de paix », et non pas bienheureux à celui qui se défigure et défigure son identité, et qui devient un ennemi de son peuple et un soldat pour combattre. Car tout cela ne fait pas la paix, ni pour vous ni pour Israël. Rendez service à vous-mêmes, à votre peuple et à Israël en restant dans la vérité, qui est la vérité de vous-mêmes : vous êtes palestiniens chrétiens, artisans de paix pour vous-mêmes, pour les palestiniens et pour les israéliens. La vocation du chrétien n’est pas d’entrer dans la culture araméenne ni dans la guerre, mais d’entrer dans le chemin de la paix et d’indiquer ce chemin. Cette paix bâtie sur la dignité de l’homme palestinien et juif en toute légalité.

Bienheureux les artisans de paix, car ils sont les vrais serviteurs de Dieu et de l’homme, de tout homme, palestinien et israélien, ainsi que de toute la région."



 


Le Patriarche à Jaffa-Tel Aviv : « La présence des migrants chrétiens est une richesse pour l’Eglise locale »

 

16 septembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TEL AVIV- JAFFA- Samedi 13 et dimanche 14 septembre 2014, le Patriarche Fouad Twal s’est rendu en visite pastorale auprès de la communauté chrétienne de Jaffa. Il est venu à la rencontre d’une communauté arabe chrétienne souffrante, mais aussi d’une vivante et nombreuse communauté de chrétiens immigrés.

Une visite qui s’intègre dans le grand tour de visites pastorales du Patriarche dans le diocèse, un tour commencé il y a deux ans et encore inachevé.

Le Patriarche a rencontré là une communauté arabe chrétienne souffrante et peu nombreuse qui peine à trouver ou à garder son identité au cœur de l’ébullition de la grande ville israélienne. « Beaucoup d’enfants ne parlent plus arabe et la plupart des jeunes ne vont plus à la messe » a déploré Sa Béatitude. Il a néanmoins chaleureusement salué la présence d’un groupe de jeunes chrétiens arabes venus pour la célébration.

Le Patriarche a été très touché par la communauté indienne et philippine : « Ils sont très fidèles à leur foi et à la tradition. Dans l’Eglise, eux qui vivent dans la peur d’être chassés du pays, ils ont trouvé un refuge, un abri et un lieu où se retrouver ». Plusieurs fois par semaine, cette communauté de migrants, se retrouve dans l’église ou dans le centre Notre Dame Femme de Valeur à Tel Aviv, pour des temps fraternels de rencontre, autour d’un repas typique, ou des temps de prière et d’adoration eucharistique. « Ils prient quelquefois de dix heures du soir après avoir travaillé jusqu’à deux heures du matin. Leur présence est une richesse pour l’Eglise, un témoignage pour les chrétiens locaux souvent trop pris par la politique » soulignait le Patriarche.

Ce dernier a également rencontré les autorités civiles de la Mairie et de la Police de Jaffa. Ces derniers ont affirmé faire tout leur possible pour que tous puisse vivre en paix, et ont évoqué une certaine coexistence des communautés.

Après les danses philippines et africaines, un groupe de différents diplomates d’Afrique et d’Amérique Latine est venu saluer le Patriarche. Le Patriarche les a à nouveau remercié pour le soutien et la prise de position de leurs pays pendant la guerre à Gaza.

Le Patriarche a présidé la Messe dominicale de la paroisse latine de Jaffa, Saint Antoine de Padoue, et par laquelle il a terminé sa visite pastorale. Ont concélébré la Messe à ses côtés son Vicaire en Israël, Mgr Marcuzzo, ainsi que le curé de la Paroisse, le Père Zaher Aboud OFM. Les chefs religions melkites, grecs et orthodoxes, venus à la rencontre du Patriarche, ont également assisté à la messe.

Lors de son homélie, le Patriarche a souligné combien le mystère de la croix est un mystère de joie, intimement lié à l’espérance de la Résurrection. Il a médité les caractéristiques de la première communauté chrétienne à Jérusalem. Il a appelé les fidèles à redécouvrir les valeurs qui ont marqué cette première communauté chrétienne qui persévérait dans la prière, l’enseignement des apôtres, l’amour fraternel et la fraction du pain. Il a rappelé ainsi l’importance de la « communion chrétienne », de l’unité entre les différentes communautés qui vivent quelquefois isolées les unes des autres alors qu’elles sont appelées à se découvrir et à s’enrichir mutuellement : « Nous formons une seule et même Eglise, l’Eglise de Dieu ».

Pendant la Messe, un groupe des femmes membres de la Légion de Marie, dont le principal apostolat est la prière et la visite, des malades ont pu renouveler leurs promesses.

A l’issue de la célébration, un magnifique buffet attendait les convives et le Patriarche a pris le temps de tous les saluer.

Avant de repartir dimanche soir pour Jérusalem, le Patriarche a pu rencontrer quelques membres du mouvement de la Légion de Marie et leurs deux groupes à Jaffa : Secours des Chrétiens et Cèdre du Liban. Il a ensuite rencontré les curés des différentes paroisses de la ville de Jaffa : maronites, melkites, arméniens et grecques Orthodoxes, ainsi que les Frères des écoles chrétiennes qui tiennent, justement, une école à Jaffa.

Myriam Ambroselli pour www.lpj.org



 


Israël propose un tracé alternatif pour le mur de séparation à Crémisan

 

15 septembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

CREMISAN - La Société Saint Yves a publié le 8 septembre 2014 un communiqué pour annoncer que l’Etat d’Israël propose une alternative au tracé initial du mur de séparation dans la vallée de Crémisan, à proximité de Bethléem. .

Un bras de fer est engagé depuis de nombreux mois entre l’Etat d’Israël et 50 familles de Beit Jala dont les terres agricoles – essentielles pour leur survie économique – sont menacées par le tracé du Mur. Après de nombreux recours, la Cour Suprême d’Israël a demandé à l’Etat de réfléchir à un autre itinéraire avant de statuer définitivement sur le tracé final

8 septembre 2014

Conformément à la décision de la Cour suprême :

Israël propose un tracé alternatif pour le mur de séparation à Crémisan

Le ministère israélien de la Défense a présenté à la Cour Suprême ce 4 septembre 2014 un tracé alternatif pour le mur de séparation dans la vallée de Crémisan selon lequel les deux couvents et le monastère salésien seront du côté palestinien du mur alors que les terres agricoles alentours seront du côté israélien du mur. Par conséquent, l’accès à ces terres à la fois pour les religieux ainsi que pour les propriétaires fonciers se fera par des portes agricoles. Cette suggestion récente est basée sur une décision de la Cour Suprême israélienne qui a délibéré après l’audience du 4 août 2014 à propos du tracé du mur du séparation dans la vallée de Crémisan, et durant laquelle la Cour a demandé à l’Etat d’Israël de considérer d’autres possibilités pour ce tracé afin que les deux couvents et le monastère Salésiens soient du même côté palestinien du mur.

La Société St Yves condamne toute proposition qui entrainerait une séparation entre le couvent des sœurs Salésiennes et ses terres adjacentes.



 


L’ombre d’un nouveau mur plane sur la Terre sainte

 

6 septembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

CREMISAN - Alors que l’espoir de la paix renait en Terre Sainte, Radio Vatican met en lumière un autre conflit qui se trame dans la vallée de Crémisan, au sud de Jérusalem : le projet de construction d’un nouveau mur de séparation, devant isoler Bethléem de Beit Jala. 58 familles chrétiennes pourraient se retrouver privées de leurs terrains.

Au terme d’un été de guerre, un espoir de paix en Terre Sainte est dans toutes les pensées depuis mardi soir. Après 50 jours de guerre dans la bande de Gaza et plus de 2000 morts, Israéliens et Palestiniens ont dit oui à un cessez-le-feu durable. Un préalable à la reprise des négociations sur les causes profondes du conflit.

A environ 70 km de là, autre conséquence de ce conflit. Dans la vallée de Crémisan, au sud de Jérusalem, des chrétiens se battent depuis trois ans pour empêcher la construction du mur de séparation dans cette région. Le tracé initial du mur isolerait Bethléem de Beit Jala, la principale ville de la vallée et priverait de leurs terrains 58 familles chrétiennes. Le mur séparerait aussi le couvent des moines salésiens de celui des sœurs, distant de quelques centaines de mètres. Ces dernières sont inquiètes pour l’avenir des 450 enfants qu’elles accueillent au sein de leur école.

Pour changer le tracé du mur, les Palestiniens et les chrétiens ont porté l’affaire jusqu’à la plus haute autorité judiciaire d’Israël. Le 11 août dernier, la Cour suprême israélienne a demandé à l’État hébreux que les couvents des sœurs et des frères salésiens soient du même côté palestinien du mur de séparation. Les autorités israéliennes doivent faire parvenir leur réponse aux juges avant le 4 septembre prochain.

Pour le père Ibrahim al-Shomali, prêtre palestinien, curé de la paroisse de Beit Jala de 2009 à 2014, cette décision est à 80% en leur faveur. Une décision obtenue grâce à Dieu, qui a écouté leurs prières lors des messes qu’il a concélébré ces dernières années, sous les oliviers.

De passage dans les studios de Radio Vatican, il nous a fait part sans détours, de sa vision des choses. Nous allons écouter son point de vue, partagé sans nul doute par de nombreux chrétiens palestiniens. Il répond aux questions d’Audrey Radondy



 


Messe d’ouverture de l’année académique au séminaire de Beit Jala

 

6 septembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BEIT JALA - Ce 3 septembre 2014, Mgr Shomali, Vicaire patriarcal pour Jérusalem et la Palestine, a célébré la messe d’ouverture de l’année académique du séminaire de Beit Jala. Un moment de retrouvailles et de joie pour les séminaristes après les vacances d’été, et pendant lequel l’évêque les a encouragés à reprendre l’année avec ferveur.

La grande famille du séminaire de Beit Jala est composée de vingt-six séminaristes, quatre en année propédeutique, ainsi que quarante-six petits séminaristes. La plupart sont jordaniens, un quart viennent de Palestine, auxquels s’ajoute un séminariste venu d’Israël. Six prêtres sont également au service complet du séminaire, auprès du recteur le P. Jamal Khader.

La cérémonie, célébrée par Mgr Shomali, pour lancer l’année académique était également une messe d’action de grâces. En juin dernier, le séminaire de Beit Jala a ordonné cinq prêtres pour le diocèse, tandis que le séminaire Redemptoris Mater en Galilée a ordonné quatre prêtres. En tout, neuf nouveaux jeunes prêtres pour le diocèse, de quoi rendre grâce dans un pays et une région où les chrétiens ne constituent qu’une minorité de la population.

Lors de son homélie, Mgr Shomali a évoqué, à la suite du Saint Père, la puissance de l’Esprit Saint qui est « lumière, guide, et facteur d’unité, lumière qui nous fait connaître le Christ, guide sur le chemin de la vraie vie, et ferment d’unité – une vertu essentielle pour ceux qui vivent en communauté, ici les séminaristes, les prêtres, les sœurs et le corps enseignant ».

La cérémonie enfin fut l’occasion pour les séminaristes de remercier et de faire leurs adieux à celle qui, pendant quinze ans, fut professeur de mathématiques au sein de l’établissement, Miss Lydia Boulos, dont le dévouement et le professionnalisme étaient fort appréciés.

Myriam Ambroselli pour www.lpj.org



 


La proximité du pasteur : le curé de Gaza reçu par le Pape

 

6 septembre 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Il a apporté au Pape le remerciement de ses paroissiens de Gaza, un petit troupeau d’à peine 136 âmes qui a vécu le drame du conflit soutenu par la proximité du pasteur et par la prière de toute l’Eglise. Reçu en audience par le Pape dans la matinée du vendredi 29 août, le père Jorge Hernández Zanni, religieux de l’Institut du Verbe incarné et curé de la Sainte Famille à Gaza, se fait la voix dans cet entretien à l’Osservatore Romano, de la reconnaissance des fidèles pour la proximité manifestée à leur égard en plus d’une occasion par François.

Quelles sont vos premières impressions après la rencontre avec le Pape ?

L’entretien avec François a été une grâce. Je ne m’y serais jamais attendu. Au cours des journées de guerre à Gaza, le Pape a envoyé un message par mail à la paroisse. J’ai immédiatement informé tous les fidèles de ce don. Vous n’imaginez pas le soulagement qu’ils en ont tiré, du seul fait que le Pape nous ait tous à cœur.

Quel est le contenu du message ?

Tout d’abord François nous a encouragés à aller toujours de l’avant, à apporter notre témoignage, à être “le sel de la terre”. Il a fait référence à la vision surnaturelle de la présence des chrétiens en ce lieu. N’oublions pas que sur presque deux millions d’habitants à Gaza, les chrétiens sont 1350, dont 136 catholiques et le reste orthodoxe. Une minorité importante. Et le fait que le Pape s’occupe de nous est un geste significatif.

Et qu’a représenté l’audience avec le Pape aujourd’hui ?

A présent, cette rencontre m’a donné la même certitude : le pasteur est présent parmi ses fidèles, il offre son encouragement et de sages conseils. C’est une immense grâce pour nous.

Quelle est actuellement la situation dans la Bande de Gaza ?

Grâce à Dieu un cessez-le-feu durable a été conclu, au moins pour donner la possibilité de revenir à des négociations en Egypte. Cela aussi a été une grande grâce pour nous, car les gens sont à bout. En plus des dégâts, de la peur, la situation est devenue insoutenable pour les deux parties en conflit.

En ce moment, quelle est l’œuvre accomplie par votre paroisse ?

La paroisse de la Sainte-Famille est la seule de Gaza. Au cours du conflit nous avons accueilli plus de mille deux cents personnes qui fuyaient leurs maisons. Nous avons offert un témoignage de charité. Nous avons accueilli, aidé, soutenu dans la douleur de nombreux réfugiés, en leur fournissant également des aides matérielles, grâce à la Caritas internationalis qui a toujours été proche de nous. Je dois dire que nous avons toujours eu le soutien sans condition du patriarche latin de Jérusalem. Le patriarche Twal en personne s’est occupé de nous faire parvenir les aides humanitaires et il a lui-même téléphoné plusieurs fois à notre communauté. Ceux qui ont vécu une guerre connaissent la valeur extraordinaire de ces gestes. Voilà quelle est la présence de l’Eglise : un ferme témoignage caritatif. Malheureusement, nous avons également compté trois victimes dans notre communauté chrétienne.

Combien de personnes travaillent dans la paroisse ?

Outre moi-même, qui suis le curé, il y a un autre prêtre de l’Institut du Verbe incarné, le père Mario, qui vient du Brésil, et ensuite les religieuses de trois congrégations : les sœurs de Mère Teresa, les dominicaines du Rosaire et l’Institut de la Vierge de Matará, d’Argentine. Les trois congrégations aident dans la paroisse, certaines dans l’assistance aux enfants handicapés, d’autres dans les trois écoles chrétiennes, qui sont les meilleures de Gaza. Elles sont aussi fréquentées par des musulmans et elles constituent des lieux pour favoriser un dialogue de vie entre les religions.

Quels développements imaginez-vous pour le futur processus de paix ?

Cela n’est pas simple ; en général on recommence depuis le début, que ce soit au niveau paroissial ou au niveau civil. Les personnes reviennent sur leurs pas pour chercher à continuer à vivre. Il est difficile de prévoir ce qui se passera. Je voudrais cependant remercier tous ceux qui, au cours de ces semaines de conflit, nous ont écrit, téléphoné, ont offert leurs prières et leurs souffrances pour nous. Pour nous, cela est très important. Je demande encore à tous de continuer à prier pour nous. Cela est fondamental, nous en avons besoin.

Nicola Gori [L’Osservatore Romano]



 


Le curé de Gaza reçu par le Pape au Vatican

 

29 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - De passage à Rome, où il a rencontré ce 29 août 2014 le pape François, le père Jorge Hernandez, curé de la paroisse catholique latine de Gaza, a souligné le sens de la présence chrétienne en ce lieu où la guerre a fait rage ces dernières semaines.

« La proximité du pape François a été une grande consolation pour nous tous », a affirmé le père Jorge Hernandez, curé de la paroisse latine de Gaza, à l’issue de sa rencontre de 45 minutes avec le pape François au Vatican, le 29 août 2014. Peu après la trêve conclue entre Palestiniens et Israéliens au terme de 50 jours de bombardements, cet Argentin âgé de 36 ans, prêtre de l’Institut du Verbe incarné, a assuré à I.MEDIA et Famille Chrétienne qu’il croyait en la paix au prix de « sacrifices » et remercié le pontife pour ses « encouragements ». Au cours de cette rencontre, le pape a indiqué qu’il verserait une somme d’argent pour venir en aide aux habitants de la bande de Gaza, où vivent quelque 1,5 million de personnes, dont un peu moins de 200 catholiques.

Vous avez été reçu par le pape François trois jours après l’accord marquant la fin des combats. Que représente pour vous cette attention ?

Cela a été une grâce et une bénédiction pour tous. Pas seulement à titre personnel mais pour tous ceux qui ont souffert de cette guerre, y compris avec la perte de quelques chrétiens. La proximité du pape François a été une grande consolation pour nous tous. Il nous a même appelé pour connaître la situation, nous a écrit un mail, que nous avons tout de suite traduit en arabe et publié sur Facebook pour que les paroissiens ressentent sa sollicitude. Il a tant de choses à penser, mais cela nous réconforte beaucoup qu’il s’inquiète pour Gaza, comme un véritable pasteur.

En peu de mots, que vous a dit le pape lors de votre rencontre ?

Il nous a encouragé à aller de l’avant, à continuer à témoigner de Jésus, à être le sel de la terre. Il a aussi répété à plusieurs reprises que la paix était possible mais qu’elle nécessitait des sacrifices. Et nous sommes d’accord avec lui.

Vous êtes resté pendant toute la guerre à Gaza, alors que vous auriez pu sortir de l’enclave palestinienne…

Le berger meurt pour son troupeau. Nous ne pouvions pas sortir, laisser la paroisse, les écoles. Pour nous, à savoir le prêtre qui vit avec moi et les religieuses présentes, rester a représenté une expérience de charité concrète. Le patriarche de Jérusalem a été proche de nous, les évêques aussi. Ils nous appelaient souvent, nous ne sommes pas seuls. Si nous restons à Gaza, c’est parce que la paix exige des sacrifices, comme le pape l’a souligné. Mais nous sommes convaincus qu’elle est possible. Nous restons car cette terre est celle qui a accueilli Jésus lors de sa fuite en Égypte avec ses parents. Et Jésus n’oubliera jamais que Gaza l’a accueilli. Cela fait partie de notre foi.

Quel a été le rôle de la seule paroisse catholique de Gaza pendant cette guerre, la paroisse de la Sainte-Famille ?

Outre la prière, nous avons ouvert les portes de nos écoles pour loger près de 1200 personnes, tous musulmans, qui fuyaient les bombardements. Cela a été une fois encore l’occasion pour eux de constater que nous autres, chrétiens, faisons partie de ce pays, et a fortiori pendant la guerre. Les structures du Patriarcat n’ont pas été directement touchées, mais la maison des sœurs a subi des dommages collatéraux et n’est plus habitable. Je m’apprête à retourner à Gaza car c’est bientôt la rentrée des classes, et la vie doit continuer.

Marie Malzac, pour I.MEDIA et Famille chrétienne

Photo : Osservatore romano



 


Les écoles catholiques en Israël menacées ?

 

29 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Ces deux dernières années ont été difficiles pour les écoles catholiques en Israël, surtout financièrement : le ministère a réduit de plus en plus les subventions (jusqu’à 35%) tout en limitant les cotisations des familles. Ce qui a provoqué, l’année passée, un gros déficit dans plusieurs écoles. Cette année le Bureau des Ecoles Catholiques avait décidé de faire grève le jour de la rentrée le 1er septembre 2014 mais le Ministère a réagi immédiatement.

Le ministre lui-même et le président du Comité parlementaire pour l’enseignement ont exprimé des positions très malheureuses et erronées envers les écoles catholiques. Ils avancent que les écoles catholiques pourraient devenir publiques, perdant ainsi leur spécificité. Pour conserver leur identité, ces écoles devraient alors devenir complétement libres, autosuffisantes, sans dépendre en rien du financement du ministère. Une position considérée discriminatoire par rapport à l’action du Ministère auprès des autres catégories d’écoles en Israël.

Le Bureau des Ecoles Catholiques a essayé d’organiser de nombreuses réunions à différents niveaux pour trouver des solutions. L’Assemblée des évêques catholiques de Terre Sainte (AOCTS) a envoyé diverses lettres au Ministre de l’Education pour demander une rencontre, mais, depuis deux ans, aucune réponse n’a été reçue, à l’étonnement de nombreux observateurs, surtout le Vatican.
Dans une réunion des tous les responsables des familles d’écoles, appelées G14, tenue chez les Sœurs salésiennes à Nazareth le 25 août, le BEC décida à l’unanimité, sous la présidence du directeur, P. Abdelmassih Fahim, et en présence de Mgr G.B.Marcuzzo, d’organiser un jour de grève pour toutes les écoles catholiques, justement le 1er septembre, et on convoqua les journalistes pour une conférence de presse le mercredi 27 août.

Le ministère réagit immédiatement et fixa une date de réunion pour revoir les problèmes et proposer de nouvelles solutions. Devant ce changement d’attitude positif, le BEC montra aussi sa bonne volonté et suspendit la grève. L’année scolaire commencera donc normalement, pour les écoles catholiques également, ce 1er septembre.

La conférence de presse eut lieu néanmoins le mercredi 27 août au centre pastoral St Antoine de Nazareth avec la présence de Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, du BEC au grand complet, de beaucoup de directeurs d’écoles et enseignants, et d’une quinzaine de journalistes. Le P. Elias Dhaw, nouveau coordinateur des écoles melkites, et membre du petit comité d’avocats qui prépara la conférence, lit et distribua un communiqué intitulé “ne nous empêchez pas de poursuivre notre mission” (ci-joint en anglais). Un débat très animé et constructif clôtura la conférence de presse.

Le P. Abdelmassih remercia les journalistes pour leur présence et leur dit : « Espérons que la réunion promise porte des fruits, autrement nous serons obligés de penser à une nouvelle grève dans les prochaines semaines. Il en va de l’avenir de nos écoles catholiques en Israël ».

C’est la première fois, dans toute l’histoire d’Israël, qu’on arrive à un tel point de tension entre le Ministère de l’Education et l’Eglise Catholique.

Source : Radio Vatican et www.lpj.org



 


Le Patriarche Twal en visite auprès des chrétiens d’Irak réfugiés en Jordanie

 

28 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

AMMAN - Le Patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal, s’est rendu auprès des chrétiens irakiens réfugiés en Jordanie. Il salué les efforts et les mesures officielles prises par la Jordanie pour soulager les souffrances et la persécution des chrétiens à Mossoul.

Lors d’une visite dans les centres affiliés à l’Église catholique abritant les personnes déplacées de Mossoul et d’autres villes irakiennes, Mgr Fouad Twal a déclaré : « Sa Majesté le Roi Abdullah II a toujours montré un intérêt dans la préservation de l’identité arabe chrétienne, l’an dernier notamment il a appelé à organiser une conférence pour discuter des défis auxquels sont confrontés les Arabes chrétiens. Ces jours-ci, il transmet, à travers une action admirable, son amour et sa sollicitude en ouvrant les portes du Royaume pour y recevoir nos frères et sœurs qui fuient la persécution et l’oppression. »

Le patriarche a souligné comment « lors de chaque crise, la Jordanie ouvre grand ses portes, et nous en sommes reconnaissants ». En outre, en sa qualité de président de Caritas, il a salué les efforts de Caritas pour fournir des abris, de la nourriture et des médicaments aux centaines de personnes arrivées au cours des dernières semaines à la recherche d’un havre de paix. Il a rappelé comment Caritas a été fondée en Jordanie il y a 45 ans et a toujours été au service des nécessiteux et des pauvres, et de « ceux qui frappent à la porte à la recherche de la paix ».

Mgr Fouad Twal a également visité les centres abritant les personnes ayant fui Mossoul, réfugiées dans l’Église latine de Marka, où il a été reçu par le P. Khalil Ja’ar, directeur régional de l’Association des Messagers de la Paix. Il s’est rendu aussi dans l’église catholique romaine de Mar Elias à Marj Al Hamam et a écouté un exposé du curé, le Père George Sharayha. Enfin, il a rendu visite aux réfugiés du Centre Notre-Dame de la Paix, où il a pu s’entretenir avec le directeur, le Père Alamat Ala.

Le patriarche a transmis un message de soutien et d’espoir aux familles irakiennes. « Vous avez laissé derrière vous ce qui était chers à votre cœur, mais vous adhéré à votre foi. C’est pourquoi, malgré la tristesse et le désespoir qui vous accablent, ne désespérez pas et exprimez votre action de grâces au Seigneur qui vous a donné la grâce de la sécurité dans le Royaume hachémite de Jordanie. Nous remercions les efforts de Sa Majesté le Roi et des centres humanitaires qui vous apportent ce dont vous avez besoin pour préserver vos vies précieuses. »

Le patriarche a également réitéré sa condamnation des atrocités auxquelles les citoyens irakiens en général et les chrétiens en particulier sont soumis. Il a dit que ce qui se passe montre comment l’homme peut être un loup pour son frère, tandis que l’amour au contraire, rend l’homme capable de se réconcilier avec lui-même et avec ses idées, et par conséquent avec sa religion et avec ses frères.

Mgr Fouad Twal a rappelé le message de Sa Sainteté le Pape François et celui des patriarches venus à Erbil pour exprimer leur solidarité auprès des réfugiés : « Nous allons exercer tous les efforts pour préserver une coexistence véritable, le terrorisme n’a pas de religion, et l’Islam authentique n’a rien à voir avec les actes criminels menés contre les chrétiens qui ont – à travers l’histoire – construit dignement leur patrie et leur société.

Lors de sa visite, Mgr Fouad Twal a été accompagné par Mgr Maroun Lahham, le P. Noor Al-Qis Mousa Vicaire des syriaques catholiques, M. Wael Suleiman, directeur de Caritas, ainsi que par le P.Rifaat Bader, directeur du Centre catholique d’études et de médias.

Sources : abouna.org et www.lpj.org



 


Soeur Marie-Joséphine (clarisse à Nazareth) a rejoint la Maison du Père

 

27 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NAZARETH - Les pèlerins en Terre Sainte ont chaque fois apprécié la rencontre enrichissante, et pleine d’humour, avec Soeur Marie-Joséphine (Nouhad Franjieh), des Clarisses à Nazareth. Ayant bien connu des témoins du séjour du Frère Charles à Nazareth, elle nous faisait part d’anecdotes fabuleuses. Elle s’en est allé, ayant atteint près de 97 ans, laissant un grand vide dans sa communauté.

La fête de Ste Claire a été célébrée cette année solennellement mais avec la pensée tournée vers Sœur Marie-Joséphine qui, dans le ‘St Francis Home’, juste à côté du monastère des clarisses, s’éteignait lentement et attendait sereinement « notre sœur la mort corporelle ». Elle est passée, en effet, à la vie éternelle le 14 août 2014 vers 17h, dans sa nonante-sixième année, dont septante-quatre de vie religieuse, à la présence de toutes les Sœurs qui récitaient autour d’elle les Premières Vêpres de la solennité de l’Assomption. Entendant la nouvelle de son décès beaucoup de personnes, qui avaient connu sa longue fidélité aux travaux du monastère, ont spontanément réagi en s’exclamant : « Un cèdre du Liban est tombé » !

Nouhad Franjieh, née à Zgharta (Nord du Liban), dans une famille de 9 filles et 4 garçons était arrivée à Nazareth en 1936. Elle entra au noviciat en 1938 et en 1940 elle fit sa première profession religieuse comme clarisse tourière. Elle avait une autre sœur qui est devenue religieuse de S. Joseph, Sr. Isabelle, qui avait été même maîtresse des novices de la province de Terre Sainte.

Elle a eu le temps de vivre au monastère avec les sœurs qui avaient personnellement connu le Bienheureux Charles de Foucauld. Pendant plus de septante-quatre ans elle porta la responsabilité, très délicate, critique et difficile, de toutes les multiples relations externes du monastère.

Elle tint les contacts avec les très nombreux visiteurs et pèlerins de langue français et surtout, elle a ‘enchanté’ (c’est le terme employé par les animateurs eux-mêmes) beaucoup de générations de pèlerins en leur parlant de Charles de Foucauld et de sa spiritualité de Nazareth, dont elle devint une infatigable promotrice.

"Elle nous fascinait - ont écrit des pèlerins – avec sa parole chaleureuse et convaincue, avec ses yeux pétillants de vitalité, d’un peu de malice et d’humour, et elle posait son regard plein de douceur sur chacun et sur tout l’auditoire. Elle était capable d’entrer dans les cœurs des pèlerins par sa personnalité forte, son charisme plein de foi et sa parole simple et directe".

Les funérailles, présidées par Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo et concélébrées par Mgr Barthélémy Adoukounou et une quinzaine de prêtres, se célébrèrent le 16 août dans la chapelle des clarisses comble de religieux, de religieuses et de fidèles. Elle repose désormais en paix dans le cimetière du monastère.

Mgr Marcuzzo, au cours de son homélie, parla surtout de " l’intransigeante fidélité de Sr. Joséphine à ses devoirs, de son amour inconditionné pour l’Eglise, de sa foi inébranlable, de sa forte personnalité humaine et religieuse, de son attachement au B. Charles de Foucauld et de sa passion pour la spiritualité de Nazareth ".

En la fête de Ste Claire, à l’évêque qui lui demandait "Quelle est la prière que vous aimez répétez au Seigneur le plus souvent dans cette situation " ? Sur son lit de souffrance, mais encore pleine de vitalité et presque prête à se lever pour aller accueillir un groupe, elle répondit dans un geste d’abandon au Seigneur : "La prière de notre père St François : Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la mort corporelle ".

Ella demanda expressément que pendant ses funérailles soient entonnés des chants de Pâques, la prière d’abandon du Bienheureux Charles de Foucauld et des chants à la Vierge Marie.

Merci Sœur Marie Joséphine pour tout ce que vous avez fait pour nous et pour ce que vous ferez pour nous.



 


Mobilisons-nous pour la Terre Sainte !

 

13 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Face aux drames vécus actuellement en Terre Sainte et au Moyen-Orient, l’Ordre du Saint-Sépulcre mobilise ses membres pour soutenir les populations éprouvées. Voici deux communiqués du Grand-Magistère et du Lieutenant de Belgique.

Communiqué du Grand-Magistère :

".... La Présidence du Grand Magistère, a délibéré d’envoyer € 200.000,00 au Patriarcat Latin de Jérusalem et € 50.000,00 à la Mission Pontificale pour la Palestine. Ces fonds seront utilisés à titre d’aide humanitaire pour répondre aux besoins les plus urgents causés par la situation dramatique de Gaza.

Il n’est pas difficile de prévoir que les besoins les plus importants apparaîtront à la suite d’une forme d’armistice, lorsqu’il sera nécessaire d’effectuer le travail de reconstruction : réparation des dommages aux logements des Sœurs du Verbe Incarné, à leur École Maternelle, à l’appartement de Père Georges Herandes et à l’École des Rosary Sisters. Plus généralement, tout travail qui pourrait être nécessaire en faveur des institutions chrétiennes et des familles qui ont perdu leurs maisons et leur travail."

Communiqué de la Lieutenance de Belgique :

"Compte tenu de la situation au Proche-Orient, la Lieutenance de Belgique a transféré par le canal de la Fondation belge pour la Terre Sainte, une somme de 20.000 EUR pour l’aide aux chrétiens Syriens réfugiés en Jordanie. Par ailleurs, nous avons versé 20.000 EUR début août pour l’hôpital St Joseph à Jérusalem. L’hôpital s’occupe des blessés venant de Gaza."

Aidez-nous à les aider :

Notre Fondation belge pour la Terre Sainte recueille les dons en faveur de la Terre Sainte. Elle les transmet en totalité.

Fondation Belge pour la Terre Sainte
Compte bancaire IBAN BE31 6300 1228 9555 - Code Swift (BIC) BBRUBEBB
Mention : Gaza



 


INVITATION - 31 août 2014 - Koekelberg

 

22 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Les évêques de Belgique vous invitent le dimanche 31 août, à 18 heures, à une veillée de prière qui sera organisée à la Basilique de Koekelberg, sur le thème "Chrétiens d’Orient unis aux Chrétiens d’Occident : une même foi, une même prière, une même solidarité pour la vie et la paix en Orient".

Voici un communiqué de la Lieutenance de Belgique :

"Nous avons tous été attristés pendant les vacances par les événements touchant nos frères en Terre Sainte et en Iraq.

Les Evêques de Belgique organisent le dimanche 31 août à 18.00 heures un temps de prière à la Basilique de Koekelberg sous le thème : « Chrétiens d’Orient unis aux chrétiens d’Occident : une même foi, une même prière, une même solidarité pour la vie et la paix en Orient ».

(...)

Venez très nombreux avec vos conjoints, enfants, petits-enfants, amis.

La Lieutenance a fait parvenir fin juillet un don de 20.000 EUR à Caritas Jordanie pour les réfugiés Syriens et début août un don de 20.000 EUR à l’Hôpital Saint Joseph à Jérusalem où sont soignés de nombreux blessées de Gaza."



 


Gaza : le Patriarche Fouad Twal lance un appel à la justice et à la force internationales

 

22 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Alors que le conflit entre Israël et le Hamas continue à semer la mort et la destruction à Gaza, le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, a exprimé sa consternation sur l’échec des pourparlers de trêve en Egypte.

Dans une interview pour Radio Vatican, le chef de l’Eglise de rite catholique latin en Terre Sainte a indiqué que malgré l’espoir que les pourparlers aboutissent, “il y a depuis des années le pressentiment que la situation allait se dégrader car il n’y a aucune bonne volonté politique pour parvenir à une solution qui serait bonne pour tout le monde. ”

« Qu’est-ce qu’un cessez-le-feu si les conditions qui mènent à la violence restent les mêmes ? ! Des conditions qui créent des gens désespérés, frustrés, extrémistes et en colère » souligne le patriarche. « Nous devons faire beaucoup plus pour permettre une vie normale : nous avons besoin d’une (nouvelle) culture, d’une nouvelle mentalité et de la force internationale pour remplacer Israël (pour maintenir la paix) afin de briser ce mur autour de la ville ».

« S’il y avait une vie normale (à Gaza) : s’il y avait des rues menant à l’extérieur, s’il y avait un aéroport pour voyager, s’il y avait un port, si les routes étaient ouvertes (à l’intérieur et vers l’extérieur) vers Israël, l’Egypte et la Jordanie … et si les gens pouvaient travailler, faire des affaires, vivre, vendre, voyager, étudier, aller à l’hôpital et à l’université, nous n’aurions pas d’extrémistes frustrés et désespérés ».

Interrogé pour savoir comment va la petite communauté chrétienne de Gaza au milieu de ce chaos, Mgr Fouad Twal a déclaré que la zone où l’école et le couvent sont situés n’a pas été touchée. « Ils ont ouvert leurs portes à plusieurs centaines de personnes – chrétiens et musulmans – qui vivent dans l’école actuellement, mais rien n’a été touché. Il est bon que l’Eglise soit ouverte à tous ceux qui sont dans le besoin, les musulmans, les chrétiens … Notre charité ici correspond à votre solidarité qui vient de l’étranger ».

Au cours de sa visite en Corée, le pape François a souvent évoqué la situation au Moyen-Orient et dans la bande de Gaza. « C’est un père pour nous » a déclaré Mgr Fouad Twal, « nous remercions le Saint-Père et nous lui en sommes reconnaissants. Nous avons gardé de beaux souvenirs de sa visite ici, lorsqu’il s’est arrêté sur le mur notamment (la barrière de sécurité israélienne). Cette image a fait le tour du monde, je crois que les gens ici n’ont pas oublié ce moment où il s’est arrêté contre le mur de séparation, ce moment veut tout dire. »

Des deux côtés, affirme le Patriarche, les gens sont fatigués de la guerre et veulent la paix. « Absolument ! Ici, Caritas a reçu de l’aide de tous. Deux ou trois organisations israéliennes ont participé à aider matériellement Gaza. Certes, nous ne manquons pas d’hommes et de femmes de bonne volonté pour condamner certaines politiques. »

Source : Radio Vatican



 


La préservation du Patrimoine Culturel Palestinien

 

19 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BETHLEEM - Elias et Yousef Anastas sont des architectes franco-palestiniens. Ils sont partenaires au sein d’AAU ANASTAS, et exercent entre Bethléem et Paris. Ils reviennent pour "Les Clés du Moyen-Orient" sur le patrimoine architectural palestinien et sur sa préservation. Ils ont en projet de monter un laboratoire de recherche en Palestine, apportant des réponses à des problématiques territoriales ou techniques.

Elias et Yousef Anastas sont des architectes franco-palestiniens. Ils sont partenaires au sein d’AAU ANASTAS, et exercent entre Bethléem et Paris.
Diplômé de l’école d’architecture de Paris Val de Seine, Elias collabore au sein de plusieurs ateliers parisiens, avant de gagner un concours pour la construction d’un conservatoire de musique à Bethléem. Il mène actuellement, entre autres, la conception de deux tribunaux en Palestine.
Yousef est diplômé de l’école d’architecture de Marne la Vallée. Il est actuellement chercheur au laboratoire de Princeton University aux Etats-Unis, et obtiendra son diplôme d’ingénieur des Ponts et Chaussées en octobre 2014.
Ils ont en projet de monter un laboratoire de recherche en Palestine, apportant des réponses à des problématiques territoriales ou techniques.
Ils ont en projet de monter un laboratoire de recherche en Palestine, apportant des réponses à des problématiques territoriales ou techniques.

Les territoires palestiniens regorgent de sites archéologiques et architecturaux, comment est préservé ce patrimoine et par qui ?

Le mécanisme de protection est régi principalement par le ministère du Tourisme et des Antiquités, par des organisations non gouvernementales, par le secteur privé et par des institutions internationales.

Nous aimons à croire que les sites patrimoniaux palestiniens n’ont de sens que dans le cadre historico-urbain dans lequel ils sont inscrits. C’est une vision qui nous permet de déplacer la problématique vers la préservation des modèles urbains palestiniens, c’est une démarche dont l’objectif est de penser l’intérêt du patrimoine comme une source culturelle inclusive et non exclusive. Trop souvent, le patrimoine devient un fardeau, un obstacle au développement urbain de la ville, surtout dans le contexte palestinien où l’expansion urbaine, entres autres dans le cadre du conflit, ne demande qu’a conquérir du terrain. En essayant de penser le patrimoine comme partie intégrante d’un modèle urbain historique palestinien, il s’agit de transcender le symbole exclusif, non contextuel d’un site archéologique ou architectural. Les sites archéologiques et architecturaux deviennent des sources directement impliquées dans le développement optimiste et engagé de la ville palestinienne.

Existe-t-il un cadre législatif précis pour la préservation du patrimoine culturel palestinien ?

Il n’existe pas un véritable cadre législatif pour la préservation du patrimoine. Les différents régimes qui ont gouverné le pays depuis la fin du 19eme siècle ont appliqué différentes lois.

Le mandat britannique, la Jordanie, l’Égypte et l’occupation israélienne ont tous mis en place un certain nombre de lois et législations, dont certaines sont en vigueur aujourd’hui en Cisjordanie et Gaza. Le Conseil législatif palestinien crée en 1996 a lui aussi émis plusieurs lois applicables dans les Territoires palestiniens. Cependant, les différents degrés de souveraineté de l’Autorité palestinienne dans les territoires et Gaza ( zone A, B et C), la mise en place continuelle d’ordres militaires israélien dans la zone C, l’occupation israélienne et l’application de la loi israélienne à Jérusalem Est, mettent en péril l’application de ces législations.

L’actuelle législation pour la préservation du patrimoine culturel palestinien est la loi des antiquités du mandat britannique de 1929 pour Gaza, la loi Jordanienne des antiquités de 1966 pour la Cisjordanie et la loi israélienne de 1978 pour Jérusalem Est. Les lois des antiquités de 1966 et 1929 protègent les sites qui datent d’avant 1700, ce qui laisse une grande partie du tissu urbain des centres historiques non protégés.

La préservation du patrimoine palestinien est malheureusement intrinsèquement liée à la politique. C’est l’une des principales raisons qui nous poussent à penser le patrimoine autrement, à l’intégrer dans une vision à long terme de la ville palestinienne durable. La préservation du patrimoine est un sujet important en Palestine car elle n’a pas le statut que l’on attribue, de facto, aux monuments historiques en Occident. Une étude récente a montré qu’un tiers des bâtiments du monde était des monuments classés. La définition occidentale du monument classé en fait un monument mort : il s’agit de maintenir en vie, aveuglément, un monument dans le respect le plus strict des règles de l’art. En Palestine, le rapport à l’autorité urbaine, inexistante avant l’Empire ottoman, a encore du mal à s’imposer, dans un contexte d’une consommation chaotique des territoires dont le but est la protection des terres et dont le résultat est une altération du paysage urbain et architectural palestinien.

Le modèle urbain de la ville palestinienne disparaît peu à peu car il n’est pas utilisé aujourd’hui pour ce à quoi il était destiné. Le riche héritage de l’habitat palestinien est aujourd’hui exclusivement transformé en restaurant, en centres culturels ou autres fonctions publiques. La subversion des lieux est une tendance urbaine qui ébahit les villes occidentales mais dans le cadre palestinien, cette réutilisation ne peut être exclusivement différente de sa fonction originale car elle se priverait d’une arme essentielle à un urbanisme optimiste qui puise sa force des sources locales profondes du modèle urbain palestinien. Nous ne pouvons nous permettre de geler temporellement des parties exclusives de la ville sous prétexte de les protéger, au risque de compromettre l’avenir de la ville palestinienne. C’est pourquoi, nous militons pour repenser le statut de la préservation en Palestine.

L’entrée de la Palestine à l’UNESCO comme État membre en 2011 a-t-elle permis des avancées dans la préservation du patrimoine culturel et architectural palestinien ?

La vieille ville de Bethléem est depuis peu inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est une décision qui est prise au sérieux et qui est politiquement une « victoire » pour l’État palestinien. Mais nous restons convaincus que la vieille ville de Bethléem perdrait tout autant à se transformer en musée vivant, faisant fi des typologies urbaines de l’habitat palestinien qui ne peuvent exister sans être habitées.

Avant l’instauration de l’autorité urbaine par l’Empire ottoman, les villes palestiniennes s’organisaient autour d’un noyau très dense avec des champs d’oliviers en périphérie. L’urbanisme de la ville était auto gérée par les habitants qui s’organisaient en « grandes familles ». Dès que l’autorité urbaine fut instaurée, l’organisation a changé et a échoué, faisant fuir les habitants de la vieille ville vers les faubourgs. Une tendance qui s’est accentuée avec l’arrivée du mandat britannique, du conflit israélo-palestinien, et plus récemment avec la construction du mur de séparation. Aujourd’hui, il y a une tendance au remplissage : la limite de la ville est physiquement déterminée par le mur de séparation qui pousse à une consommation des terres, par défaut le seul remède que les habitants trouvent à l’expropriation des terres.

C’est dans ce contexte que le riche modèle de la ville palestinienne se retrouve perdu et est en voie de disparition. Il existe des projets de restauration et de rénovation de certaines parties de la vieille ville mais elles ne prennent pas conscience du contexte urbain dans lequel se trouvent les villes palestiniennes. L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO de la vieille ville de Bethléem est une attribution à une partie de la ville dont le statut la prive de définir son propre destin. C’est par définition une instauration par le haut d’une vision servant la politique et que nous ne pouvons contester. C’est encore une fois, la raison pour laquelle nous nous battons pour une reconfiguration inclusive de la vieille ville palestinienne.

Quels sont les sites historiques à préserver d’urgence en Palestine ?

Il doit exister une liste des sites historiques à préserver aussi longue que l’histoire de la Palestine. Nous serions tentés de répondre que toutes les terres de Palestine sont à préserver mais c’est une réponse que vous prendriez pour politique.
La coopération internationale est fondamentale dans la préservation du patrimoine palestinien.

Quels sont les principaux projets en cours ?

Plusieurs projets importants sont en cours, dont la restauration de la toiture de la basilique de la Nativité, première action entreprise par l’Autorité palestinienne depuis l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO.

Nous travaillons actuellement sur la restauration de la Maison du Pressoir à Olives à Bethléem, bâtiment du XVIIIème siècle. Projet financé par la France, il a pour objet de créer une Maison d’Art et d’Histoire de la ville de Bethléem. La conception de cette restauration a été ramenée à l’essentiel, essayant ainsi de mettre en valeur le vécu du bâtiment à travers les siècles. Les travaux sont comme dans le cadre de tous nos projets menés en étroite collaboration avec les artisans, et sont dictés par les méthodes et savoir-faire traditionnels. Pour préserver le bâtiment, et surtout préserver sa forme urbaine et sociale, le musée s’implante dans les différentes pièces de la maison, générant un cheminement à travers son architecture. Le projet comporte également un volet archéologique ajouté au projet initial, compte tenu des trouvailles faites lors de sondages techniques dans le jardin du musée.

Le patrimoine palestinien est-il un moteur pour le développement économique et social de la Palestine ?

Le patrimoine palestinien est la base du tourisme, qui est un des piliers de l’économie locale. En Palestine, le savoir faire artisanal s’est développé parallèlement au secteur patrimonial, à en devenir, pour certain, dépendants. Aujourd’hui, le tourisme laisse « lâchement » la place à des produits d’imitation bois d’olivier fabriqués en Chine et vendus dans des salles closes et obscures, ponctuant ainsi l’urbanisme de la ville de Bethléem de curieux objets. L’enjeu est clairement la disparition de ce savoir-faire qui constitue un patrimoine culturel immatériel actif.

En 2010, nous avons fondé Local Industries (LI). LI est un combat pour redonner sens à l’artisanat palestinien. À travers cette entreprise, nous voulons revaloriser la main-d’oeuvre locale palestinienne sans pour autant la figer dans le rôle traditionnel qu’on lui impose habituellement.
Local Industries travaille de façon polyvalente avec des artisans palestiniens spécifiques : la confection du mobilier a lieu en amont et en aval.

Quels sont les enjeux de la préservation du patrimoine pour l’identité palestinienne ?

Depuis l’intensification de l’appel au béton dans la construction en Palestine, l’architecture entretient un rapport faussé à son passé. Nous avons produit une architecture qui se veut palestinienne, par sa relation à l’architecture traditionnelle, mais qui est réinterprétée de manière totalement insensible. L’architecture du paysage urbain depuis 30 ans a généré toute sorte de répliques et de mise en écho à une idée faussée de l’architecture historique. C’est à travers cette expression superficiellement arabisante qu’est référencée le patrimoine architectural. Nous pensons que l’enjeu majeur actuel de la préservation du patrimoine pour l’identité palestinienne est de le comprendre pour mieux concevoir une architecture moderne palestinienne

Propos recueillis par Ilham Younes pour Les Clefs du Moyen Orient



 


La fête de l’Assomption célébrée en Terre Sainte

 

19 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Au cœur d’une région douloureusement déchirée par les guerres et la violence, le diocèse de Jérusalem a célébré la fête de l’Assomption de la Vierge. Une fête venue raviver l’espérance et l’amour filial des fidèles pour la Reine de la Paix.

A Jérusalem

C’est au pied du Mont des oliviers que la paroisse latine de Jérusalem, et les frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte, ont célébré deux jours durant la Solennité de l’Assomption.

Les célébrations ont commencé par une veillée de prière animée par les chants de la Chorale Magnificat de la Custodie de Terre Sainte, et où l’assemblée a pu méditer, dans les jardins de Gethsémani, la vie de la Vierge à la lumière de très beaux textes.

Le lendemain, une Messe présidée par le Custode de Terre Sainte, le Père Pierbattista Pizzaballa, a été concélébrée dans la Basilique des Nations à Gethsémani. Le curé de la Paroisse, le Père Firas Hijazeen ofm, a prononcé l’homélie rappelant l’histoire du Dogme marial à l’origine de la fête.

C’est par la célébration solennelle des deuxièmes Vêpres, à la Grotte dite de la « trahison » située à quelques pas de la Basilique des Nations, que les célébrations de l’Assomption se sont conclues, et notamment par une procession au Tombeau de la Vierge, où fidèles locaux et pèlerins ont pu vénérer la pierre qui a accueilli le corps de la Vierge avant son élévation au ciel.

Le même jour, à Beit Hanina, le Vicaire Patriarcal, Mgr Shomali a présidé la Messe de l’Assomption à la paroisse Saint Jacques. Pendant la célébration, deux religieuses de la congrégation locale des sœurs de Rosaire ont prononcé leurs vœux temporels entre les mains de l’évêque auxiliaire.

A Nazareth

En ce jour béni, Nazareth aussi a pu célébrer l’Assomption de celle qui a habité ses maisons, avec son époux Joseph et son enfant Jésus. Une sœur Salésienne, irakienne, sœur Nuha Abboud, a prononcé ses vœux solennels faut de pouvoir voyager dans son pays d’origine, envahie par les Islamistes de l’IL.

Et cette année, à cause de la situation encore précaire à Gaza et de la persécution contre les chrétiens et les autres minorités en Iraq, la procession mariale de la veille aux « Shikun al-Arab », animée généralement par les scouts, et la « danse sacrée des épées contre le dragon », exécutée traditionnellement dans la cour de la Basilique après la messe et devenue un spectacle populaire attrayant, n’ont pas eu lieu. La procession a été remplacée par le chant de la « Petite Paraclèse à la Ste Vierge », un office byzantin, guidé par le P. Emile Shoufani, curé de la paroisse melkite. L’évêque Giacinto-Boulos Marcuzzo a été invité à chanter l’Evangile et à prononcer l’homélie, durant laquelle, il a souligné combien « Marie de l’Assomption est un grand signe d’espérance élevé sur le monde » surtout dans cette région déchirée.

La messe solennelle dans la Basilique de l’Annonciation a été présidée par le P. Abdo Abdo, curé carme de Haïfa, et concélébrée par une vingtaine de prêtres, surtout carmes et franciscains, dont le P. Enrique Castro, ocd, nouveau supérieur délégué de Stella Maris et le P. Bruno Varriano, ofm, gardien de Nazareth. Selon une tradition entre les deux anciens ordres, franciscain et carmes, le 16 juillet, fête de Notre Dame du Mont Carmel, est célébré à Stella maris par les franciscains, tandis que le 15 août est célébré dans la Basilique de l’Annonciation par les Carmes.

En Jordanie

En ce jour de l’Assomption, Sa Béatitude Fouad Twal, Patriarche Latin de Jérusalem s’est rendu au couvent de la Maison de la Visitation, chez les sœurs du Rosaire qui ont célébré les professions solennelles de quatre de leurs religieuses : Sr Nisreen Zrafili, de Jordanie ; Sr Nathalie Touma, de Syrie ; Sr Roula Akar, du Liban et Sr Zeinah Hourani de Jordanie.

Sources : Radio Vatican / www.lpj.org / www.custodia.org



 


Prière à la Vierge Marie pour le 15 août 2014 pour le Proche Orient

 

12 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Prière d’intercession à la Vierge Marie pour la fête de l’Assomption 2014.

Marie, notre Mère, nous nous adressons à toi en cette fête qui nous rappelle que tu es auprès du Père dans la gloire de la Résurrection.

Toi qui étais debout près de la croix de ton Fils, tu peux, mieux que quiconque, comprendre nos sœurs et nos frères humains qui souffrent et intercéder pour eux.

Nous voulons te confier aujourd’hui les chrétiens d’Irak et les autres communautés de ce pays, qui vivent un chemin de croix et qui implorent notre aide.

Nous te confions aussi les chrétiens et les autres communautés de Terre Sainte, de Syrie et de tout le Proche Orient.

Prends-les sous ta protection,

Qu’ils puissent découvrir la présence de ton Fils auprès d’eux dans leur détresse.

Intercède pour nous aussi : Que l’Esprit Saint nous aide à trouver les moyens de leur venir en aide et que nous vivions plus intensément la solidarité avec eux dans la prière.

Amen.



 


Crémisan : réponse positive mais pas définitive de la Cour suprême israélienne

 

12 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BEIT JALA – La Cour suprême israélienne a rendu, le 11 août 2014, sa décision à propos de l’itinéraire du mur dans la vallée de Crémisan. Suite à une audience le 4 août 2014, la Cour a en effet examiné les itinéraires proposés pour le tracé du mur de séparation, itinéraires menaçant de confisquer les terres et les vignes du monastère chrétien et de séparer la communauté des pères de celle des sœurs, et demande à Israël de considérer d’autres alternatives pour faire passer le mur.

La Cour a décidé qu’il revient maintenant à Israël, en tant que Défendeur, de prendre en compte différentes possibilités pour le tracé du mur, pour permettre aux deux couvents salésiens de rester côté palestinien. La Cour a donné à Israël jusqu’au 4 septembre 2014 pour apporter une réponse. La réponse de la Cour n’est donc pas encore définitive.

À cet égard, l’avocat de la Société Saint Yves (organisation catholique des droits de l’homme qui travaille sous le patronage du Patriarcat latin de Jérusalem) Zvi Avni, représentant du monastère des sœurs salésiennes, explique : « l’affaire n’est pas encore terminée, et une décision définitive n’a pas encore été donnée. Cependant, la décision de la Cour est un indicateur de l’intérêt que la Cour montre en ce qui concerne la liberté religieuse et la liberté de culte à l’égard des monastères ».

La vallée de Crémisan sera fermée pour les habitants de la région si le mur de séparation était construit selon les plans israéliens actuels. 58 familles palestiniennes seront dispersées et le couvent des sœurs sera coupé de celui des pères. Les familles vont perdre leurs terrains, et le couvent des sœurs, qui gèrent une école pour les enfants, sera situé dans une zone militaire coupée du couvent des pères.

Les associations de Droit International ont condamné la construction du mur selon un itinéraire qui le fait passer au milieu de terrains et de maisons palestiniennes, séparant les familles, et les isolant de leurs terrains agricoles. Le mur va rendre difficile l’arrivée à l’école des sœurs, et impossible, une fois annexé à Jérusalem, l’accès au monastère des pères qui depuis le 19ième siècle habitent Beit Jala et ont relations historiques et réciproques d’amitié, de fraternité et de solidarité avec les habitants de la ville majoritairement chrétienne.

Rappelons que la Cour Internationale de Justice a donné un avis consultatif, le 9 juillet 2004, selon lequel bâtir le Mur de Séparation est illégal.

Sources : www.lpj.org et l’Agence des nouvelles palestiniennes Ma’an



 


“Reflections from Palestine” : un blog chrétien à Gaza

 

12 août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

GAZA - Dina, une chrétienne de Jérusalem, vient de passer six jours à Gaza avec une équipe médicale. Dans un blog en anglais tenu par sa mère Samia Khoury, “Reflections from Palestine - A Journey of Hope“, Dina raconte son expérience ces six jours durant au milieu des ruines, des décombres et des victimes.

Pour continuer la lecture : reflectionsfrompalestine.blogspot.com



 


« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous le faites »

 

1er août 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

GAZA - Voici la dernière lettre du Père Jorge Hernandez, curé de la paroisse latine à Gaza, datée du 31 juillet 2014.

Chronique IX

GAZA 31/07/2014

« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous le faites »

Cris de désespoir, explosions de bombes, avions, rafales, va-et-vient dans les rues avec des morts sur les bras, des gens en fuite, essayant d’évacuer la zone, désorientés, sans savoir que faire ni où aller… les larmes sont devenues notre pain quotidien.

L’eau est devenue une denrée rare. Nous sommes déjà depuis quatre jours sans électricité suite à la destruction de la centrale. Les médicaments manquent dans les hôpitaux.

Ces derniers jours, les combats ont été particulièrement violents des deux côtés, et le nombre de victimes quotidiennement emportées dans cette guerre devient chaque jour plus effrayant.

Une guerre, qui à en juger aux déclarations des responsables, semble n’avoir aucune fin en vue, mais tout le contraire.

Nous allons bien. Ils n’ont pas bombardé la paroisse, comme l’on déclaré certains médias. Grâce à Dieu, nous allons de l’avant, calmes et sereins, en faisant ce que nous pouvons.

Je profite de cette lettre pour remercier personnellement tous ceux qui représentent l’Argentine auprès de l’Autorité palestinienne, l’ambassade d’Argentine en Israël, et l’Ambassade d’Argentine auprès du Saint-Siège, pour leur proximité et leur totale disponibilité à nous aider et à nous rendre tous les services qui nous peuvent être nécessaires. Le gouvernement argentin aide la paroisse à travers Caritas Jérusalem. Dans des moments comme ceux-ci, ces attitudes sont vraiment précieuses.

Je voudrais également remercier les milliers de personnes à travers le monde qui prient pour que cesse ce massacre terrible. A tous et à chacun en particulier, nous adressons nos remerciements les plus sincères, dans l’espérance que notre Seigneur Jésus les récompense selon son infinie miséricorde, puisqu’Il a dit : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous le faites ».

In Domino

P. Jorge Hernandez, IVE

via www.lpj.org



 


Le Patriarche Twal au chevet des blessés de Gaza

 

31 juillet 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – De retour à Jérusalem après trois semaines de visites aux Etats Unis, le patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal s’est précipité au chevet des blessés de la bande de Gaza accueillis dans des hôpitaux de Jérusalem, le mercredi 30 juillet 2014.

Eloigné géographiquement du conflit de la bande de Gaza depuis son commencement, Mgr Fouad Twal s’est cependant vite allarmé de la situation catastrophique en étant reçu notamment à la Maison Blanche par le chef de cabinet et conseiller du président Obama. Il confie que « [sa] peine est aggravée par le fait d’être absent alors que des hommes et des femmes de [son] patriarcat souffrent ».

A son retour, il a tenu à aller rapidement au chevet des quelques blessés accueillis dans deux hôpitaux de Jérusalem, l’hôpital Français des sœurs de Saint Joseph, et l’hôpital islamique Al-Makassed situé sur le mont des Oliviers, à défaut de pouvoir se rendre dans la bande de Gaza où la petite paroisse catholique, comme tout le reste de la population de Gaza, a besoin de soutien physique et moral pour se relever du deuil, de la guerre et de la pression sur les populations menée tant par l’armée israélienne que par le Hamas. « Autant ma désolation et ma peine sont grandes, autant ma joie est grande de voir ces témoignages de solidarité et de charité auprès des religieuses qui ont accompagné les enfants de Gaza à l’hôpital ».

Ils sont peu de blessés accueillis à Jérusalem en comparaison du très grand nombre de blessés dans la bande de Gaza qui sont, selon certaines sources, plus de 7000. Mais la plupart des personnes hospitalisées n’ont pas plus de 20 ans. Bébés, enfants et adolescents souffrent de graves traumatismes qui les handicaperont sans doute toute leur vie s’ils parviennent à s’en sortir. « C’est la conclusion d’un massacre, se désole le Patriarche. Des civils innocents, des mères avec leurs enfants, leurs bébés, qui n’ont rien à faire dans la politique ».

Touché par cette visite, par les regards perdus et éteints des familles ou des blessés, Mgr Twal pense aussi à l’avenir à travers deux questions : « Pourquoi tant de violence aveugle ? Et que feront ces blessés à la sortie de l’hôpital ? ». En effet, la plupart n’ont plus rien à Gaza, tout est détruit. Ils n’ont pas non plus de carte de séjour. Leur avenir est inconnu.

Enfin, c’est un appel à la solidarité internationale que lance le Patriarche latin de Jérusalem. De nombreuses aides avaient permis déjà de rebâtir plusieurs habitations. Désormais ces maisons sont endommagées ou détruites, le drame se répète. Alors les besoins sont grands et urgents.

Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org



 


Moyen-Orient : la Secrétairerie d’Etat envoie une note aux ambassades accréditées près le Saint-Siège

 

31 juillet 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Dans un entretien accordé à Radio Vatican, le Secrétaire pour les Rapports avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti confirme une nouvelle initiative du Saint-Siège pour relancer l’attention des gouvernements sur la situation en cours au Moyen-Orient.

La Secrétairerie d’Etat a envoyé, en ce début de semaine, une « note verbale » à toutes les ambassades accréditées près le Saint-Siège, avec le texte des derniers appels du Pape concernant la situation au Moyen-Orient. La Secrétairerie d’Etat demande à chaque ambassade de faire parvenir ce message à leurs gouvernements respectifs.

Interrogé par Debora Donnini, Mgr Dominique Mamberti, le Secrétaire pour les Rapports avec les Etats nous explique avec quel sentiment le Saint-Siège suit les événements en cours au Moyen-Orient :

Bien évidemment, la Secrétairerie d’Etat suit avec une très grande préoccupation la situation des communautés chrétiennes au Moyen-Orient. Les communautés chrétiennes souffrent injustement. Elles ont peur et de très nombreux chrétiens ont été contraints d’émigrer. En ce qui concerne la seule ville de Mossoul, quelques trente églises et monastères ont été occupés et saccagés par les extrémistes. La croix a été enlevée des édifices. Pour la première fois en tant d’années, la Sainte Messe du dimanche n’a pas pu être célébrée. Il faut rappeler qu’en Irak, comme dans d’autres pays du Moyen-Orient, les chrétiens sont présents depuis le début de l’histoire de l’Eglise et ils ont eu un rôle significatif dans le développement de la société. Les chrétiens souhaitent simplement continuer à être présents, en tant qu’artisans de paix et de réconciliation.

Que fait le Saint-Siège pour tenter de remédier à cette situation ?

Le Saint-Siège agit à différent niveaux. Tout d’abord, le Saint-Père lui-même a manifesté, à diverses occasions et de manière touchante, sa proximité aux communautés chrétiennes en particulier aux familles de Mossoul, nous invitant tous à prier pour elles. Il leur a personnellement exprimé sa proximité, en contactant certains de leurs responsables religieux dont le Patriarche de Babylone des Chaldéens et le Patriarche d’Antioche des Syriens, encourageant pasteurs et fidèles à se montrer forts dans l’espérance. Il a envoyé également un soutien d’ordre économique aux familles, via le Conseil pontifical Cor Unum, afin de venir au-devant de leurs besoins humanitaires.
Pour notre part, la Secrétairerie d’Etat, via ses propres canaux diplomatiques, continue à stimuler l’attention des autorités internationales et des gouvernements sur le sort de nos frères et nous avons envoyé hier et aujourd’hui même, une note verbale à toutes les ambassades accréditées près le Saint-Siège avec le texte des derniers appels du Pape concernant la situation plus largement du Moyen-Orient, demandant de faire parvenir ce message à leurs gouvernements respectifs.
Et c’est notre souhait le plus cher que la communauté internationale prenne à cœur la question, puisque sont en jeu des principes fondamentaux pour la dignité humaine, le respect des droits de toute personne, pour une cohabitation pacifique et harmonieuse des personnes et des peuples. L’Irak et les autres pays du Moyen-Orient sont appelés à être des modèles de coexistence entre différentes communautés, autrement ce serait une grande perte et un présage sombre pour le monde entier.

En ce qui concerne la situation au Moyen-Orient, que pensez-vous des conflits que traversent la région et en particulier l’intensification de la violence dans la bande de Gaza ?

Il s’agit d’une situation tragique et très triste à laquelle - le risque hélas existe - on risque de s’habituer et de la juger comme inévitable, ce qui ne serait pas juste. Le Saint-Père a lancé de nombreux appels pour qu’on continue à prier, invoquant le don de la paix et en accueillant l’appel qui vient de Dieu et qui consiste à casser la spirale de la haine et de la violence qui éloigne la paix.

Je voudrais rappeler que l’appel du Pape à tous ceux qui ont des responsabilités politiques au niveau local et international à n’épargner aucun effort pour faire cesser les hostilités et obtenir la paix désirée pour le bien de tous. Comme le dit le pape François lui-même, il faut plus de courage pour faire la paix que pour faire la guerre. En outre, le bien commun et le respect de chaque personne humaine devrait être placés au centre de chaque décision, et non les intérêts particuliers.

Source : Radio Vatican



 


Mgr Shomali : les évêques de Terre Sainte demandent un « cessez-le-feu immédiat » à Gaza

 

28 juillet 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Mgr Shomali, vicaire patriarcal latin à Jérusalem, dans une interview accordée à America Magazine le 24 juillet 2014 appelle à “un cessez le feu immédiat” dans la bande de Gaza et à “la reprise des négociations de paix” au nom de tous les évêques de Terre Sainte.

Après quinze jours de conflit dans la bande de Gaza où 1,8 million de Palestiniens luttent pour survivre, sans pouvoir entrer ni sortir librement en raison de sept ans de blocus, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 660 Palestiniens ont été tués, en grande majorité des civils. Près d’un tiers d’entre eux sont des enfants de moins de 18 ans (environ 50% ont moins de 12 ans) et des femmes. Au moins 4200 personnes ont été blessées, dont beaucoup grièvement. Environ 100.000 personnes ont trouvé refuge dans des écoles gérées par les Nations Unies, dont une d’entre elles a été tragiquement bombardée ce jeudi 24 juillet. Plusieurs milliers de personnes ont perdu leurs maisons, détruites par des missiles ou des bombardements, alors que la plupart de la population lutte pour survivre en raison de problèmes d’accès aux installations d’eau potable et d’assainissement, et vit souvent sans électricité. Les hôpitaux ont été touchés aussi, tuant au moins quatre personnes et blessant plus de 60 personnes.

Côté israélien, 30 militaires et deux civils ont été tués, et un soldat est reporté disparu.

Interview de Gérard O’Connell (Rome) avec Mgr Shomali, palestinien, vicaire patriarcal latin à Jérusalem, au sujet de la détérioration de la situation à Gaza. Traduction par la rédaction de www.lpj.org

Comment voyez-vous la situation actuelle de ce conflit qui fait rage à Gaza ?

Je considère que la situation de violence actuelle est un résultat immédiat de l’échec du processus de paix lancé par le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Il avait neuf mois pour écrire un cadre politique en vue de négociations futures. La date butoir est arrivée, fin avril, sans succès. Cet échec a causé beaucoup de frustration chez les palestiniens, tension et exaspération. Le meurtre des trois jeunes juifs, la détention des palestiniens qui a suivi, la mise à mort du jeune palestinien à Jérusalem et le lancement de roquettes à partir de Gaza ont été les facteurs déclencheurs d’une telle violence.

Où sont les voix en faveur de la paix ? Côté israélien ? Côté palestinien ?

Il y a des voix en faveur de la paix des deux côtés. Je considère que Mahmoud Abbas est l’un d’entre eux.

Il est contre une troisième intifada et contre l’escalade. Il a présenté ses condoléances pour les trois adolescents israéliens, et travaille au cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avec M. Sisi, le président égyptien. Côté israélien, il y a aussi des voix pour la paix : les chefs religieux de Jérusalem (juifs, musulmans, chrétiens et druzes) se sont réunis au Grand Rabbinat il y a quelques jours. Ils ont lancé un appel pour la paix, dans lequel ils ont rappelé que le sang juif et le sang palestinien sont égaux, que la vie est précieuse parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu. Mais malheureusement ces voix-là, comme celle de la gauche (politique) qui a manifesté pour la paix à Tel-Aviv et Haïfa, ne sont pas entendues au milieu des bombardements et des meurtres. Mais il y a toujours des gens qui recherchent la paix et qui prient pour la paix.

Pourquoi ce sont toujours les faucons qui l’emportent lorsque les problèmes surviennent ?

Quand les faucons sont au pouvoir, ce sont eux qui prennent les décisions, donc ce sont eux qui l’emportent. C’est le cas actuellement en Israël avec le parti de droite, et c’est le cas dans la bande de Gaza avec le Hamas aujourd’hui.

Quelle est votre espérance pour le pays ?

Je prie pour un cessez-le-feu immédiat, mais aussi pour des négociations plus sérieuses, selon les résolutions internationales (de l’ONU) et les exigences d’un solution à deux Etats.

Comment cela se passe-t-il pour la petite communauté catholique de Gaza ?

J’ai vu que le Pape leur a envoyé un message d’encouragement le 17 Juillet.
Ils ne sont que deux cents personnes. Le curé argentin, le père Jorge, est un homme courageux. Il aide les gens du mieux qu’il peut. Il a ouvert son école aux sans-abri dont les maisons ont été bombardées ces derniers jours. Les sœurs argentines à Gaza sont parties, mais les sœurs de Mère Teresa sont restées et continuent à prendre soin des enfants handicapés. Dans son e-mail au père Jorge, le Pape lui a dit combien il est proche d’eux et l’a assuré de sa prière pour lui et pour sa communauté. Je crois que c’est un très beau message de soutien que le pape se souvienne du curé de la paroisse de Gaza et de sa communauté.


Quel est le sentiment parmi les chrétiens en Terre Sainte ?

La peur et de la frustration. Ils ne peuvent pas comprendre qu’après la visite du Pape, la situation de la Terre Sainte ne se soit pas améliorée, mais n’a fait au contraire que se détériorer. Ils ne peuvent pas comprendre. Le même sentiment a été noté après la visite de Jean-Paul II en l’an 2000. Six mois plus tard, la deuxième Intifada, sanglante, a commencé. Mais nous savons aussi que c’était une conséquence logique de l’échec de Camp David la même année.

Le pape François a téléphoné aux présidents d’Israël et de la Palestine, le 18 Juillet. Quelle est l’importance de ce geste ?

C’est un beau geste du Pape, qui les considère comme ses amis et comme des hommes de paix. Nous nous attendions à un tel geste surtout après la rencontre de prière dans les Jardins du Vatican, le 8 Juin.

Je crois en l’efficacité de la prière, même si en ce moment même, nous n’en voyons pas les fruits. Mais nous devons continuer sans relâche à prier pour la paix. Les prières seules ne suffisent pas, il faut aussi que soit fourni un effort sérieux pour parvenir à un accord de paix. Nous, évêques de Terre Sainte, nous ne cessons d’appeler à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des négociations de paix.

Source : America Magazine
Traduction : www.lpj.org



 


Une présence franciscaine à Haïfa pour la rentrée scolaire de septembre

 

28 juillet 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

HAIFA - La Custodie franciscaine de Terre Sainte reprendra en septembre l’école des Carmélites de Haïfa. Les franciscains ont déjà en responsabilité quinze écoles à travers toute la Terre Sainte dans son sens géographique le plus élargi.

Les Carmélites de Haïfa ont décidé de quitter la direction de leur école créée en 1907 par la congrégation des Sœurs Carmélites de Sainte-Thérèse de Florence. L’école des Carmélites appartenant désormais à l’ANSMI (association italienne d’assistance aux missionnaires à l’étranger) ; c’est d’un commun accord que les sœurs et le président de l’association, M. Maurizio Saglietto, se sont tournés vers la Custodie de Terre Sainte pour prendre le relais. Les franciscains ont déjà en responsabilité quinze écoles à travers toute la Terre Sainte dans son sens géographique le plus élargi.

Avec 40 instituteurs et institutrices et plus de 700 élèves, l’école des Carmélites qui scolarise des enfants de la maternelle au baccalauréat jouit d’une très bonne réputation dans le paysage éducatif israélien. Le Discrétoire de la Custodie de Terre Sainte lors da dernière assemblée (juillet 2014) a accepté la main qui leur avait été tendue et a annoncé par la même l’établissement d’une nouvelle communauté franciscaine à Haïfa. C’est le frère Arturo Vasatuto, ancien directeur de l’école de Jaffa et parlant couramment arabe et hébreu, qui mettra toute son expérience au service de l’école dont il a été nommé directeur. Il sera également le supérieur du Couvent qui accueillera trois ou quatre frères. Parmi eux le frère Sergio Olmedo, ancien supérieur du sanctuaire de Saint Jean du Désert, à qui a été confié le poste d’économe, mais qui aura aussi pour mission d’offrir une animation spirituelle aux nombreux pèlerins fréquentant la cite balnéaire d’Haïfa.

S’ils n’ont pas de paroisse, les franciscains se mettront néanmoins au service des différentes paroisses présentes à Haïfa. Ainsi, c’est un frère ukrainien qui devrait rejoindre la communauté pour renforcer la pastorale auprès des fidèles de langue ukrainienne. Une grande majorité de ces fidèles sont membres de l’Église grecque-catholique ukrainienne, également catholique, mais de rite byzantin. Comme l’explique le Frère Stéphane Milovitch, discret pour le groupe de langue franco-allemande : « L’ordre franciscain est catholique et bien que les frères observent en communauté le rite romain et prient en latin ; chaque frère est libre de conserver son rite et sa langue d’origine : maronite, byzantin ou encore syriaque ». Et si les paroisses de langues arabes sont des engagements majeurs et pluriséculaires pour la Custodie de Terre Sainte, elle investit bien volontiers son énergie et l’internationalité de ses frères au service des besoins nouveaux de l’Église locale de Terre Sainte.

Source : www.custodia.org



 


Gaza : une église devient lieu de prière pour les réfugiés musulmans

 

28 juillet 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

GAZA - Compte tenu des évènements à Gaza, des musulmans ont trouvé refuge dans l’église grecque-orthodoxe Saint-Porphyre, dans le quartier du Vieux Gaza. Ils y vivent et ils y prient.

Pour Mahmoud Khalaf, un habitant de Gaza, c’est une expérience pour le moins inhabituelle de se prosterner cinq fois par jour pour la prière musulmane sous le regard d’une icône de Jésus dans une église de l’enclave palestinienne.

Mais depuis que l’armée israélienne a commencé à pilonner sa ville de Chaaf, dans le nord de ce petit territoire de quelque 360 km carrés, il n’a pas eu d’autre choix que de se réfugier dans l’église grecque-orthodoxe Saint-Porphyre, dans le quartier du Vieux Gaza.

"Ils nous laissent prier. Cela a changé la vision que j’avais des chrétiens. Je n’en connaissais pas vraiment avant, mais ils sont devenus nos frères", explique ce musulman palestinien de 27 ans.

"L’amour entre les musulmans et les chrétiens grandit ici", témoigne-t-il.

Mahmoud Khalaf triture nerveusement son chapelet mais il se dit en même temps soulagé d’avoir trouvé refuge, avec quelque 500 autres déplacés, dans cette église dont personne n’ose imaginer qu’elle pourrait être une cible.

Il commence à s’habituer à prier dans un lieu de culte d’une religion étrangère, plus encore durant le ramadan, le mois sacré de jeûne musulman qui s’achève fin juillet.

Chaque jour, il se tourne vers La Mecque, le premier lieu saint de l’islam en Arabie saoudite, récite les versets du Coran et se prosterne, comme il le ferait dans une mosquée.

Et les prêtres comme les paroissiens de Saint-Porphyre sont attentionnés pour leurs hôtes.

Fête des martyrs

"Les chrétiens ne jeûnent pas, bien sûr, mais ils évitent soigneusement de manger devant nous pendant la journée. Ils ne fument pas et ne boivent pas quand ils sont avec nous", observe Mahmoud Khalaf.

Mais il reconnaît qu’il est difficile de rester pieux quand les obus pleuvent alentour et que plus de 900 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils et pour beaucoup des enfants.

"En temps normal, je suis un musulman pratiquant, mais j’ai fumé pendant ce ramadan. Et je n’observe pas le jeûne à cause de la peur et de la tension dues à la guerre", avoue-t-il.

La semaine prochaine, la grande fête du Fitr marquera la fin du ramadan. Mais pour les familles endeuillées, pour les dizaines de milliers de déplacés et pour tous ceux qui subissent encore les bombardements, le coeur ne sera pas à la fête.

"Les chrétiens et les musulmans vont peut-être célébrer l’Aïd ensemble ici", avance Sabrine al-Ziyara, une musulmane qui travaille depuis 10 ans comme femme de ménage à Saint-Porphyre.

"Mais cette année, ce ne sera pas la fête de la fin du jeûne, ce sera la fête des martyrs", dit-elle tristement.

"Aime ton prochain"

Malgré l’atmosphère de cohabitation et de tolérance, l’église, à l’ombre du minaret de la mosquée voisine, demeure au milieu d’un champ de bataille et les tensions restent vives.

Ainsi, l’arrivée de provisions provoque presque une rixe entre les femmes et les enfants qui se précipitent pour attraper les sacs contenant du pain et de l’eau, que des volontaires de l’église tentent de distribuer de manière aussi ordonnée que possible.

Alors que les explosions résonnent non loin de là, une dispute oppose l’archevêque grec-orthodoxe Alexios et l’un des volontaires, apparemment pour savoir qui laisser entrer dans l’église.

Mardi, le cimetière adjacent a été touché par des obus et les bâtiments de la cour sont grêlés d’impacts d’éclats. Mais les bombes ne font pas de discrimination : le cimetière musulman, en face, a aussi été touché par un missile israélien.

La communauté chrétienne de Gaza compte environ 1.500 âmes, des grecs-orthodoxes pour la plupart, sur une population majoritairement musulmane de 1,8 million d’habitants. Il ne resterait plus que quelque 130 catholiques romains.

De fait, la coexistence n’est pas toujours aussi amicale. La minorité chrétienne a fait l’objet de plusieurs attaques imputées aux extrémistes islamistes et condamnés par le Hamas, qui contrôle Gaza.

Mais l’expérience de subir ensemble les bombardements, renforce les liens.

"Jésus a dit : ’Aime ton prochain’. Pas seulement ta famille, mais ton collègue, ton camarade de classe : musulman, chiite, hindou, juif", explique Tawfiq Khader, un volontaire chrétien. "Nous ouvrons nos portes à tous".

Source : La Libre Belgique & AFP



 


Le drame caché des Chrétiens d’Irak

 

24 juillet 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME – L’actualité du Moyen Orient est chargée de sang, de panique et d’exils. Un feu s’est allumé et ne s’éteint plus. Alors que le conflit entre Israël et Gaza fait la une dans la plupart des médias, une autre situation alerte l’Eglise du Moyen Orient sans attirer vraiment l’attention de la communauté internationale : celle des Chrétiens d’Irak, à Mossoul notamment, où leur vie est menacée.

« C’est une persécution directe et ouverte de la part des Jihadistes Islamiques (ISIS) en Iraq ». Le constat est clair, et signé de la main de Mgr George Casmoussa, archevêque auxiliaire patriarcal syriaque catholique en Irak. Dans une lettre rédigée depuis Rome où il a trouvé refuge, l’évêque appelle à l’aide la communauté internationale, l’ONU, les Etats arabo-musulman, le Congrès Islamique Mondial et d’autres encore à agir pour éviter « une vraie menace pour la civilisation humaine » et « pour prendre leurs responsabilités vis-à-vis des minorités religieuses et ethniques en Iraq, notamment les Chrétiens d’Iraq qui sont menacés d’extermination ou voués au départ ».

Mgr Casmoussa fait référence aux persécutions dont sont victimes les Chrétiens d’Irak depuis l’arrivée et l’installation d’un Etat islamique à Mossoul. Cette implantation brutale et violente de jihadistes islamiques est un objet d’inquiétudes croissantes mais peine à être condamnée et remise en cause par la communauté internationale ou par des mouvements de musulmans modérés.

Connue pour sa communauté chrétienne importante – de 25 000 à 35 000 personnes – Mossoul est aujourd’hui vidée de tous ses fidèles qui ont fait face à un choix pour le moins dissuasif : « L’Etat Islamique (ISIS) a décrété, avec hauts parleurs, renchéris par quelques mosquées, que les Chrétiens de Mossoul, pour survivre, devaient choisir entre trois possibilités : soit de se convertir à l’Islam, soit de payer la jiziah (impôt imposé aux non musulmans), soit de quitter la ville sans rien prendre ».

Une attente de réactions

Les membres de l’Etat islamique n’ont pas tardé à mettre leurs menaces à exécutions. Des chrétiens ont été tués, pillés, frappés. Des maisons et des églises ont été détruites, saccagées. Un couvent de dominicains et des patriarcats qui possédaient des manuscrits précieux ont été dévalisés. Les chrétiens sont en fuite. A l’étranger pour ceux qui le peuvent, notamment dans le Kurdistan voisin. D’autres ont trouvé refuge dans des familles et communautés musulmanes sunnites ou chiites de l’Irak qui les protègent parfois au péril de leur vie.

« Ces événements détruisent nos esprits avant même de détruire nos corps. Nous ne savons plus où est le vrai et où est le faux, si nous resterons dans notre pays où si nous l’abandonnerons pour émigrer… nous vivons un temps où l’on ne sait pas en s’endormant si l’on se réveillera avec les explosions, le terrorisme et l’exode », témoigne une mère de famille.

Et la réaction de la communauté internationale, tournée presque exclusivement vers la bande de Gaza et le crash de l’avion en Ukraine, se fait attendre. Le Pape François tente de lancer des appels à l’aide, suivi par plusieurs prélats des Eglises orientales. Le Dr Nabil El-Araby, secrétaire de la Ligue Arabe a également condamné les violences contre les chrétiens. « Mais on attend une réaction forte des musulmans modérés », interpelle Mgr Shomali, vicaire patriarcal de Jérusalem.

C’est d’ailleurs à ces musulmans modérés et à la communauté internationale que le Patriarche Louis Sako, patriarche chaldéen de Bagdad, a adressé une lettre dans laquelle il appelle avec force à ne pas nier et oublier les liens qui ont uni à travers les siècles les Chrétiens et les Musulmans,et dans laquelle il implore ceux qu’il appelle encore « frères » « de reconsidérer et de réfléchir à la stratégie qu’ils ont adoptée, en respectant les personnes innocentes et sans armes de toutes les nationalités, religions et confessions ».

Que cet appel soit entendu.

Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org



 


A Jérusalem, les chrétiens réunis pour implorer la paix

 

24 juillet 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le Centre Sabeel d’études théologiques a organisé le 22 juillet 2014 une soirée de prière œcuménique pour la paix en l’Eglise Saint Etienne (couvent des RP Dominicains). Plus de 240 personnes sont venues pour l’occasion et ont prié pendant plus d’une heure avec ferveur et intensité pour demander un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.

Parmi les fidèles en prière, se trouvaient le patriarche émérite S.B. Mgr Michel Sabbah, l’évêque luthérien Mgr Mounib Younan, l’évêque orthodoxe Mgr Atallah Hanna, le Vicaire patriarcal Mgr William Shomali, de nombreux prêtres et représentants des églises de Jérusalem, ainsi que des personnalités civiles et diplomatiques, notamment cinq ministres dont un ancien ministre de l’Autorité Palestinienne.

Tout au long de la prière, menée en différentes langues, des cierges ont été allumés, flammes fragiles mais brûlantes, signes d’une paix très difficile à stabiliser mais ardemment désirée par ceux qui prient.

La cérémonie a été rythmée par les chants de la chorale « Ar-Rajaa » et par seize intentions de prière, dans un climat de gravité et de ferveur, pour implorer justice, paix, consolation et stabilité à Gaza et dans la région toute entière. Des offrandes on été recueillies pour venir en aide aux familles les plus démunies de Gaza.

Dans son homélie, le Patriarche Sabbah a souligné « l’absurdité de la guerre » et a appelé au contraire à rechercher « une solution globale, compréhensive du problème ». « Il s’agit en effet d’une guerre de réaction où l’un réagit contre l’autre, mais qui ne résout rien » expliquait le patriarche émérite. Il continuait : « Nous sommes venus prier notre Père du Ciel, qui entend notre voix et qui sait tout. Il est Père de tous, Père de celui qui tue, et Père de celui qui est tué. Notre prière rappelle à tous, à ceux qui tuent et aux victimes que Dieu est et reste Amour. Ce langage ne peut être compris par les bourreaux ni par leurs victimes, ni même parfois par nous-mêmes, mais c’est l’unique langage qui nous donne le Salut ».

Myriam Ambroselli pour www.lpj.org



 


La sollicitude du Pape François pour Gaza

 

20 juillet 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Le Pape François suit de très près les évènements à Gaza. Il a récemment téléphoné aux présidents israélien et palestinien. Il a également envoyé un message aux gazaouis et a invité les chrétiens du monde entier à prier pour le Proche-Orient.

Entretien du Pape avec les présidents Peres et Abbas

Le pape François a téléphoné au président israélien Shimon Peres et au président palestinien Mahmoud Abbas ce vendredi 18 juillet, les assurant de sa prière et de celle de l’Eglise pour la paix en Terre Sainte.

"Le Saint-Père s’est entretenu téléphoniquement ce matin avec les Présidents Peres et Abbas pour leur partager sa vive préoccupation quant à la phase du conflit touchant la Bande de Gaza. Dans un climat d’hostilité croissante, de souffrances pour les peuples palestinien et israélien, la situation s’aggrave faisant de nombreuses victimes et provoquant un état d’urgence humanitaire critique", annonce le Saint-Siège.

Un communiqué indique que "comme durant son récent pèlerinage en Terre Sainte, puis lors de l’invocation pour la paix du 8 juin, le Pape François a assuré ses correspondants de son incessante prière et de celle de toute l’Eglise pour que vienne la paix dans la région".

"Il partage avec eux, hommes de paix, la conviction qu’il faut continuer à prier et à oeuvrer afin que toutes les parties en cause et tous ceux qui revêtent des responsabilités politiques régionales comme internationales fassent cesser les combats, s’engagent en faveur d’une trêve, avec pour objectif la paix et la réconciliation des coeurs", ajoute le communiqué.

Le Pape envoie un message aux catholiques de Gaza

Le pape François a adressé un message à la communauté catholique de Gaza, et au curé de l’unique paroisse, le père Jorge Hernandez, missionnaire argentin de l’Institut du Verbe incarné, rapporte Radio Vatican en français.
En ces "heures graves", le pape exprime sa "proximité spirituelle", et son "affection" à la petite communauté.
Le message a été transmis au père Mario Cornioli, prêtre à Beit Jala, en Cisjordanie, près de Bethléem. En effet, au cours d’une visite au Vatican, le P. Cornioli a fait part au pape de la "terrible angoisse" des catholiques de Gaza.

Proximité du pape

« Cher frère, j’ai reçu des nouvelles par le père Mario Cornioli : Je suis proche de vous, ainsi que des religieuses et de toute la communauté catholique », écrit notamment le pape. « Ma prière vous accompagne. Que Jésus vous bénisse, que la Sainte Vierge Marie vous protège. Je vous embrasse. Fraternellement, François », ajoute le pape.

Le P. Hernandez est curé de la paroisse de la Sainte-Famille de Gaza depuis 2012. Il est assité d’un vicaire du même institut religieux. Il est le pasteur de quelque 200 catholiques. En tout, les chrétiens de la Bande de Gaza sont environ 3 000, en majorité des chrétiens orthodoxes.

Deux écoles - primaire et secondaire -, propriété du patriarcat latin de Jérusalem, accueillent les enfants. La paroisse est aussi aidée par des Missionnaires de la charité - soeurs de Mère Teresa de Clacutta -, des Sœurs du Verbe incarné, et des Sœurs du Rosaire. Les religieuses s’occupent des malades, des personnes handicapées ou des personnes âgées, sans distinction de religion.

Ce message parvient aux catholiques de Gaza, alors que l’armée israélienne a lancé depuis jeudi soir, une offensive terrestre à Gaza pour démanteler les tunnels et l’arsenal du Hamas.

Le Pape prie pour le Proche Orient

Le Pape François a lancé un nouvel appel pour la Paix au Proche Orient, et ailleurs dans le monde, notamment en Ukraine. Un appel lancé ce dimanche midi, au terme de la prière de l’Angelus.Avec une attention tout spéciale pour les chrétiens de Mossoul en Irak, chassés de leur ville par les djihadistes.

« J’ai appris avec préoccupation les nouvelles qui arrivent des communautés chrétiennes de Mossoul en Irak, et d’autres régions du Proche-Orient, où depuis le début du christianisme elles ont vécu avec leurs concitoyens en offrant une contribution significative au bien de la société. Aujourd’hui elles sont persécutées, nos frères et soeurs sont persécutés. Ils sont chassés, ils doivent quitter leurs maisons sans pouvoir rien emporter ». « J’assure toutes ces familles et ces personnes de ma proximité et de ma prière constante », a encore déclaré le Pape. « Très chers frères et soeurs, tellement persécutés, a poursuivi le Pape en improvisant avec émotion, je sais combien vous souffrez, je sais que vous êtes dépouillés de tout. Je suis avec vous dans la foi en Celui qui a vaincu le mal ». « Vous qui êtes sur cette place, et vous qui nous suivez à la télévision, je vous invite à penser à ces communautés dans vos prières. Je vous exhorte aussi à persévérer dans la prière pour les situations de tension et de conflit qui persistent en différents endroits dans le monde, spécialement au Moyen-Orient mais aussi en Ukraine. Que le Dieu de la paix suscite en tous un authentique désir de dialogue et de réconciliation. La violence ne peut être vaincue par la violence. La violence ne peut être vaincue que par la paix. Prions en silence pour demander la paix. Tous en silence ».

Une délégation d’évêques irakiens se trouve ce weekend à Rome. Ils ont rencontré ce samedi Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats. Parmi eux Mgr Ignace Youssef III Younan, patriarche d’Antioche des Syriens, qui a exposé les derniers faits au chef de la diplomatie du Saint-Siège. Mais aussi Mgr Casmoussa, archevêque émérite de Mossoul des Chaldéens, qui se désole que la ville ait été vidée de sa communauté chrétienne après l’ultimatum des djihadistes de l’Etat islamique qui ont pris possession de nombreuses régions d’Irak.

Le grain et la zizanie

Dans sa catéchèse, le Pape est revenu sur quelques paraboles évangéliques, ces « brèves narrations qu’utilisait Jésus pour annoncer le Royaume des cieux ». Parmi celles présentes dans l’Evangile du jour, il en est une « plutôt complexe » : celle du « bon grain et de l’ivraie », qui affronte « le problème du mal dans le monde et met en avant la patience de Dieu ».

Le Souverain pontife raconte que « la scène a lieu dans un champ où le propriétaire sème le grain ». Mais une nuit arrive l’ennemi et sème l’ivraie, « un terme en hébreux qui dérive de la même racine du nom de “Satan” et rappelle le concept de division ». Les ouvriers souhaitent alors arracher la mauvaise herbe, poursuit François, mais le maître les en empêche, craignant que ne soit aussi déraciné le grain.

L’enseignement de cette parabole est double, analyse le Saint-Père. « Tout d’abord le mal qu’il y a dans le monde ne provient pas de Dieu, mais de son ennemi, le Malin. Cette ennemi est rusé : il a semé le mal au milieu du bien, afin que ce nous soit impossible de les séparer nettement. Mais à la fin Dieu pourra le faire ». Au Pape de poursuivre sur le second thème : « le contraste entre l’impatience des servants et la patiente attente du propriétaire du champ, qui représente Dieu. Parfois, nous avons grande hâte de juger, classifier, mettre de ce côté les bons, de l’autre les méchants. Dieu au contraire sait attendre. Lui regarde dans le “champ” de la vie de chaque personne avec patience et miséricorde : Il voit bien mieux que nous la saleté et le mal, mais il voit aussi les germes du bien et attend avec confiance qu’elles arrivent à maturation. Dieu est patient, Il sait attendre. »

« Le comportement du propriétaire est celui de l’espoir fondé sur la certitude que le mal n’a ni le premier ni le dernier mot, explique le Souverain Pontife. Et c’est grâce à ce patient espoir de Dieu que cette même ivraie peut finalement devenir du bon grain. » « Mais attention, prévient François : la patience évangélique n’est pas indifférente au mal ; on ne peut pas faire de confusion entre le bien et le mal. Face à l’ivraie présente dans le monde, le disciple du Seigneur est appelé à imiter la patience de Dieu, à alimenter l’espoir avec le soutien d’une indéfectible confiance dans la victoire finale du bien, autrement dit Dieu. »

Sources : Radio Vatican & VIS (Vatican Information Service).



 


Palestiniens chrétiens en Israël : une identité menacée ?

 

26 mars 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TERRE SAINTE - Mars 2014, la position du Conseil des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte sur le projet de loi de la Knesset visant à établir une distinction entre palestiniens chrétiens et musulmans, et selon laquelle les palestiniens chrétiens en Israël ne seraient pas palestiniens.

Les responsables politiques israéliens insistent de plus en plus sur le fait que les palestiniens chrétiens ne sont pas arabes et ne font pas partie du peuple palestinien. Ceci a notamment été évoqué lors de la campagne menée pour que les palestiniens chrétiens fassent leur service militaire, et plus récemment dans un projet de loi proposé par un membre de la Knesset, Yariv Levin. Ce dernier introduit une distinction entre les palestiniens chrétiens et musulmans en affirmant que les palestiniens chrétiens sont chrétiens et non palestiniens.

Nous, Chefs de l’Eglise catholique en Israël, nous tenons à préciser que ce n’est ni le droit ni le devoir des autorités civiles israéliennes de nous dire qui nous sommes. En réalité, la plupart de nos fidèles en Israël sont arabes palestiniens. Ils sont évidemment chrétiens aussi. Ils sont aussi citoyens de l’Etat d’Israël. Nous ne voyons pas de contradiction dans cette identité ainsi définie : arabes chrétiens palestiniens et également citoyens de l’Etat d’Israël.

Nous nous adressons à tous les palestiniens chrétiens, qu’ils soient en Israël, en Palestine ou à travers le monde. Ils sont, tous, où qu’ils soient, palestiniens, chrétiens et citoyens.

Il y a en effet des chrétiens en Israël, une petite minorité marginale, qui soutient cette campagne qui souhaite redéfinir notre identité. Que ce soit par intérêt, par peur, ou dans le rêve d’une pleine égalité, nous ne saurons nous prononcer. Toutefois, nous devons souligner qu’ils ne peuvent pas prétendre être les porte-paroles des palestiniens chrétiens en Israël.

Les habitants de cette terre, juifs, chrétiens, musulmans et druzes, ont vécu ici depuis des siècles sous différents gouvernements. Ensemble, chrétiens, musulmans et druzes (ainsi que certains juifs qui ont toujours vécu dans le pays) insistent sur le fait que leur identité commune et partagée, développée au fil des siècles, est palestinienne.

Cette campagne a clairement pour but de diviser les chrétiens de leurs compatriotes musulmans. Elle est également tout aussi dangereuse dans la mesure où elle menace de diviser les chrétiens entre eux.

Si la Knesset travaille au bien des citoyens d’Israël, elle se doit de fournir tous les efforts nécessaires pour adopter des lois qui mettent fin aux discriminations, qu’elles soient à l’encontre des juifs, des arabes, des chrétiens, des musulmans ou des druzes. La création d’une société qui unit tous les citoyens dans l’égalité et qui s’efforce d’œuvrer pour la justice et la paix, ne laissera plus de place à la peur pour personne. Israéliens et palestiniens, chrétiens, musulmans et druzes, peuvent vivre ensemble dans le respect mutuel et la dignité, et travailler ensemble à la construction d’un avenir meilleur.

La Commission Justice et Paix et le Conseil des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte



 


La Knesset vote la distinction entre arabes chrétiens et musulmans

 

27 février 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le texte de loi approuvé le 25 février 2014 par une grande majorité des députés à la Knesset, le parlement israélien, faisant pour la première fois la distinction entre les citoyens israéliens de confession musulmane et de confession chrétienne, ne plaît pas aux chrétiens. « C’est une décision politique et pas religieuse », a estimé Mgr William Shomali, vicaire patriarcal latin pour Jérusalem et la Palestine, destinée à préparer le terrain pour enrôler les chrétiens dans l’armée israélienne.

La nouvelle loi accorde, par exemple, au sein de la Commission nationale pour l’égalité des chances dans l’emploi, des sièges distincts à des représentants des travailleurs chrétiens et des travailleurs musulmans de la communauté arabe israélienne.

"Les chrétiens, depuis treize siècles, se considèrent comme des Arabes"

Dans une interview accordée le 26 février 2014 à Radio Vatican, Mgr Shomali affirme qu’une telle distinction est "... contre l’histoire parce que les chrétiens, depuis treize siècles, se considèrent comme des Arabes, et les musulmans les considèrent comme des Arabes".

Pour l’évêque catholique, on ne peut pas changer le cours de l’histoire en une session de la Knesset. « Ce sera contre la volonté des chrétiens eux-mêmes qui ne veulent pas devenir une entité à part, un ghetto ou une minorité à l’intérieur d’une autre minorité, c’est-à-dire qu’ils seront doublement minoritaires : en tant qu’Arabes, on ne veut pas réellement changer leur statut, et en tant que chrétiens parmi les Arabes ».

Diviser la minorité pour l’affaiblir

Mgr Shomali voit un grand danger de tenter de séparer le fait d’être chrétien du fait d’être Arabe, parce que dans les autres pays arabes, tout le monde considère les chrétiens comme des Arabes : "Cela créera une séparation terrible entre les deux communautés et ce sera la source d’une souffrance pour les chrétiens, en plus du fait qu’ils ne veulent pas ce changement. Il n’est pas opportun et il n’est pas juste de promulguer des lois si les chrétiens ne le veulent pas. On a défini le statut d’un chrétien sans consulter les chrétiens eux-mêmes, ce qui n’est pas juste en soi".

Le prélat estime que ce sont toujours les minorités qui souffrent du fanatisme religieux " ...et cela s’applique aussi à Israël, où la droite commence à être plus forte ». Si on veut abolir toute ségrégation envers les chrétiens, souligne-t-il, alors on abroge toute ségrégation envers la minorité arabe. « Dans ce cas-là, tout le monde jouira d’un même statut ! »

Préparer le terrain pour enrôler les chrétiens dans l’armée israélienne

« Certainement, c’est une décision politique et pas religieuse, a-t-il ajouté. C’est certainement une décision politique qui prépare le terrain pour enrôler les chrétiens dans l’armée. Quand on les sépare des musulmans, ce sera plus facile de faire une autre loi pour les enrôler dans l’armée d’une façon obligatoire. C’est certainement une décision politique ».

Les réactions n’ont pas manqué, notamment de la part de certains députés arabes israéliens. Le journal israélien "Haaretz" a qualifié cette nouvelle loi de "raciste".

Sources : apic / Radio Vatican / www.lpj.org



 


Hausse du nombre de chrétiens de nationalité israélienne

 

8 janvier 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ISRAËL - Le nombre de chrétiens de nationalité israélienne est passé de 158 000 en 2012 à 161 000 en 2013 selon les données publiées avant Noël par le Bureau central des statistiques d’Israël.

Il s’agit d’une augmentation de 3.000 personnes en un an, soit un peu moins de 2 %. Selon ces statistiques, 79,8 % d’entre eux sont des arabes munis d’un passeport israélien, le reste se composant de baptisés en provenance de l’ancienne Union soviétique – ayant bénéficié de la loi du retour en vertu de leur ascendance juive – et un
plus petit contingent de chrétiens de diverses nationalités.

Il ne s’agit que des chrétiens israéliens et non pas des chrétiens palestiniens vivant ou travaillant en Israël. Tous ne sont pas latins. Le pays fait figure d’exception dans un Moyen-Orient qui a tendance à se vider de ses populations chrétiennes.

Source : La Croix du 7 janvier 2014



 


Homélie de Noël 2013 du Patriarche Fouad Twal

 

24 décembre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BETHLÉEM – Vous trouverez ci-dessous l’homélie de la Messe de la nuit de Noël, prononcée par le Patriarche à la Basilique de la Nativité.

Homélie de Noël 2013

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (Lc 2,14)

Monsieur le Président, M.Mahmoud Abbas, Président de la Palestine,
Monsieur le Premier Ministre, M. Rami Al Hamadallah,
Monsieur Nasser Judeh, ministre des Affaires étrangères pour la Jordanie,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et consuls, et autres représentants des Eglises,

Chers pèlerins, Chers fidèles,

De la grotte de Bethléem, je vous présente mes meilleurs vœux de joie et de paix.

Monsieur le Président, merci d’être venu aujourd’hui pour célébrer Noël avec nous. Nous prions pour vous et pour votre mission afin de trouver une solution juste et équitable pour le conflit actuel, pour l’unité entre les palestiniens, pour la paix et la prospérité de votre pays.

Nous demandons à Dieu de vous donner la sagesse et le courage. Nous prions également pour tous les dirigeants du Moyen-Orient, plus particulièrement pour Sa Majesté le Roi Abdallah II Ben Al-Hussein, le gardien des Lieux Saints en Palestine.

Chers frères,

La nuit de Noël a été dramatique pour la Sainte Famille, qui n’a pas trouvé de place dans l’auberge (Lc 2,7). Cette nuit historique nous rappelle la longue nuit dans laquelle est plongé notre monde et notre Moyen-Orient.

Le monde vit une longue nuit de conflits, de guerres, de destruction, de peurs, de haine, de racisme et en ces jours du froid et de la neige. De ce Lieu Saint, nous nous rappelons tous les drames de l’humanité sur les cinq continents : des guerres civiles en Afrique au typhon aux Philippines, en passant par la situation difficile en Egypte et en Irak et la tragédie syrienne, sans oublier nos problèmes locaux : les prisonniers, leurs familles qui gardent toujours l’espoir de leur libération, les pauvres qui ont perdu leurs terres et leurs maisons démolies, les familles qui attendent d’être réunies, les chômeurs et tous ceux qui souffrent de la crise économique.

O Enfant de Bethléem, nous sommes fatigués. Face à cette réalité douloureuse, nous prions avec ce chant de l’Avent : « Víde Dómine afflictiónem pópuli túi … Regarde, Seigneur, l’affliction de ton peuple, Envoie, Seigneur, celui que tu dois envoyer, envoie l’Agneau (…), pour qu’il nous délivre lui-même du joug de notre captivité. »

Mais, il ne faut jamais céder au désespoir, parce que Jésus Sauveur nous annonce que la paix est possible, que la flamme de l’espérance restera vive, que la justice, la paix et la réconciliation viendront. De Bethléem est parti le message du Salut ; et c’est vers Bethléem que nous devons regarder. Car en cette nuit, se renouvèle la promesse divine, chantée par les anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » A notre tour, nous sommes invités à l’optimisme et à renouveler notre foi que cette cette Terre, patrie des trois religions monothéistes, pourra devenir un jour un havre de paix pour tous les peuples.

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (Lc 2,14)

La paix du Christ est une universelle et basée sur la justice. Elle nous fait voir en chaque personne une créature de Dieu. C’est une paix qui redonne la vie. Personne n’est autorisée à nous la voler au nom d’un Dieu qui tue et qui rend vengeance. Pour cette raison, avec les mots du Pape François, « je désire adresser un appel fort à tous ceux qui, par les armes, sèment la violence et la mort : redécouvrez votre frère en celui qu’aujourd’hui vous considérez seulement comme un ennemi à abattre, et arrêtez votre main ! Renoncez à la voie des armes et allez à la rencontre de l’autre par le dialogue, le pardon, et la réconciliation, pour reconstruire la justice, la confiance et l’espérance autour de vous ! « Dans cette optique, il apparaît clair que, dans la vie des peuples, les conflits armés constituent toujours la négation délibérée de toute entente internationale possible, en créant des divisions profondes et des blessures déchirantes qui ont besoin de nombreuses années pour se refermer. » (Message pour le 47ème journée mondiale de la paix).

Nous vivons en Terre Sainte un conflit qui ne semble pas connaître de solution à court terme et qui pèse sur les habitants de la Terre Sainte y compris les chrétiens. Cette douloureuse réalité suscite de nombreuses questions concernant notre avenir dans ce pays, et nous cause beaucoup d’inquiétude. Nous avons besoin de la réponse de la foi. La réponse n’est ni l’émigration ni le repli sur soi-même. Elle consiste à rester ici et à vivre et mourir ici. Notre Terre est Sainte et mérite notre attachement à elle car notre permanence sur cette terre est une vocation divine, une bénédiction, voire un privilège. La flamme de la foi y restera vive comme l’étoile des mages pour nous indiquer le chemin. Nous avons besoin du réconfort venant de notre foi absolue dans la Providence de Dieu : « dans toutes nos détresses, il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu. » ( 2 Cor 1 : 4-5)

La lumière de la foi peut éclairer tous les aspects de notre vie, notre présent et notre avenir. Grâce à la foi, notre vision se fait plus intense, plus profonde, plus sublime et plus vaste que l’œil humain seul ne peut atteindre. Nous voyons un peu, dans un certain sens, comme Dieu Lui-même voit ! Par conséquent, la foi est une sagesse qui nous fait prendre les bonnes décisions en temps opportun. Mais si cette lumière manque, « tout devient confus, il est impossible de distinguer le bien du mal, la route qui conduit à destination de celle qui nous fait tourner en rond, sans direction. » (Lumen Fidei,3). Ce qui renforce notre foi, c’est que Dieu est tout puissant, omniscient, fidèle et nous aime. C’est pourquoi rien ne doit nous faire peur, ni le présent, ni l’avenir, ni les troubles qui affectent notre Moyen-Orient.

O divin Enfant, qui a expérimenté la fuite en Egypte, après la menace d’Hérode qui a tué il y a 2000 ans les enfants de Bethléem, aie pitié de nos enfants, de tous les enfants du monde. Aie pitié des détenus, des pauvres, des marginalisés et des plus vulnérables. En cette nuit, prions pour les évêques et les religieuses de Syrie qui ont été enlevés. Nous prions pour leur retour et que leur dignité leur soit rendue. Rappelez-vous d’eux Seigneur ainsi que de tous les réfugiés. Donne leur un signe d’espérance en un avenir meilleur afin qu’ils puissent revenir dans leur pays et retrouver leur maison.

O divin Enfant, Dieu de bonté et de miséricorde, jette un regard de bonté sur la Terre Sainte et nos peuples qui vivent en Palestine, en Israël et Jordanie et sur tous les peuples du Moyen-Orient. Donne-leur tous la réconciliation pour qu’ils deviennent tous frères – fils d’un seul Père.

O divin Enfant, nous demandons ta paix par l’intercession de ta mère la Sainte Vierge marie, fille de notre terre. Joyeux Noël et que la bénédiction de l’enfant de Bethléem vous comble.

+ Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem



 


Message de Noël 2013 du Patriarche Fouad Twal

 

19 décembre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JÉRUSALEM - Le Patriarche a donné son message de Noël lors de la conférence de presse qui s’est tenue le mercredi 19 décembre 2013 au Patriarcat latin de Jérusalem. Il a ensuite répondu aux questions des journalistes.

Chers amis et fidèles de la Terre Sainte, la fête de Noël guide les regards du monde vers Bethléem. C’est au coeur des conflits et de la violence qui déchirent notre Moyen-Orient, que surgit la douceur du mystère de Noël. En cette période, nous ne pouvons pas oublier dans nos coeurs les habitants et les réfugiés de Syrie comme tous ceux qui souffrent dans leur chair et dans leur coeur. Je pense notamment aux migrants philippins qui habitent notre diocèse en Jordanie et en Israël, et qui ont été touchés de très près par le typhon meurtrier aux Philippines.

Amis journalistes, avec reconnaissance, nous mesurons votre disponibilité pour couvrir les actualités de la Terre Sainte afin qu’on ne l’oublie pas. Même si l’attention mondiale n’est plus sur la Terre Sainte, mais s’est déplacée vers le drame de la Syrie, il faut affirmer que le conflit israélo-palestinien reste capital dans la région et constitue un obstacle majeur à la stabilité du Moyen-Orient.

Dans cette optique, je veux dresser avec vous un point de situation sur l’année écoulée, avec son cortège d’événements heureux et difficiles. C’est aussi l’occasion d’envisager sur cette base l’année qui vient.

1. Saint-Siège

- Présent à la messe pour le début du ministère pétrinien du pape François célébrée à Rome le 19 mars, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois le Saint Père cette année. Il a dans le coeur la Terre Sainte et le Moyen-Orient. Ses déclarations nous ont prouvé que le Saint-Siège garde la même ligne concernant notre région. Devant tous les patriarches et archevêques des Eglises orientales catholiques réunis à Rome le 21 novembre dernier, le pape François nous a exprimé sa « grande préoccupation », appelant « à ne pas se résigner à un Orient sans chrétiens. »
- Concernant l’accord économique en passe d’être conclu entre Israël et le Saint-Siège, je voudrais rappeler que les Ottomans, les Britanniques, la Jordanie et Israël (pendant vingt ans), ont respecté le statu quo exemptant de taxes les Eglises. Aujourd’hui Israël veut introduire des changements. L’important est de ne pas toucher à Jérusalem-Est, dont la question est encore sur la table de discussion. Nous ne voulons en aucune sorte que ces accords aient un sens politique qui change le statut de Jérusalem-Est, occupée en 1967.

2. Vie de l’Eglise-Mère

- Notre diocèse a conclu l’Année de la foi le 17 novembre à Nazareth en présence de 7 000 fidèles et pèlerins. Nous remercions le Ministère du Tourisme israélien qui a assuré toutes les infrastructures et a aidé au succès de cet événement.
- Cet été, nous avons eu la joie de voir partir 120 jeunes de Terre Sainte aux JMJ de Rio de Janeiro.

3. Situation politique

- La situation du Moyen-Orient est de plus en plus complexe et dramatique. Les scénarios qui se sont passés en Syrie et en Irak peuvent se répéter ailleurs – comme on le voit en Egypte et en Libye. L’instabilité touche tout le monde, y compris nos fidèles qui sont tentés par l’émigration. Dans la bande de Gaza les habitants subissent les effets de l’embargo israélien et même égyptien. Pour éviter que le conflit ne s’étende comme un incendie à toute la région, il faut instaurer immédiatement en Syrie un cessez-le feu et empêcher toute entrée d’armes. Comme le problème syrien ne pourra pas être dirimé par la force des armes, nous appelons les chefs politiques de notre Région et de l’Occident à prendre leurs responsabilités pour trouver une solution politique acceptable, qui mette fin à la violence absurde et respecte la dignité des personnes.
Vous êtes tous témoins directs de la souffrance des victimes et des réfugiés syriens, surtout en cette période de froid. Le Patriarcat latin exprime sa gratitude à la Caritas Jordanie et les autres organismes humanitaires pour leur service de charité et de solidarité.
- Les pourparlers israélo-palestiniens ont repris fin juillet, après trois années d’interruption. Mais les bons efforts sont contrariés par la colonisation israélienne. Tant que ce problème ne sera pas résolu, les peuples de notre région souffriront. Le procès de Crémisan en avril 2013 sur la poursuite de la construction du Mur de séparation et la démolition d’une maison du Patriarcat latin à Jérusalem-Est – il
y a quelques semaines – sont un signe d’aggravation et n’aident en aucun cas au processus de paix. Le fait accompli avec la force ne peut pas devenir loi. Nous avons porté le cas devant le tribunal israélien.
Nous sommes heureux de savoir que le 16 décembre, les ministres européens des Affaires étrangères ont promis que l’Union européenne apporterait un soutien « sans précédent » politique, économique et de sécurité aux Israéliens et aux Palestiniens si les deux parties réussissaient à conclure les négociations de paix. C’est là un grand motif d’espoir.

4. Oecuménisme et dialogue interreligieux

- Les catholiques de Terre Sainte ont fêté (à quelques exceptions près) Pâques le 5 mai avec les orthodoxes. Unifier la date de Pâques n’est pas facile, mais c’est un premier pas vers l’unité complète et cela demande des efforts de la part de chacun.
- Lors du sommet sur « les défis des chrétiens arabes » qui fut organisé les 3 et 4 septembre à Amman, sous l’égide du Roi de Jordanie, pas moins de 70 patriarches et chefs des communautés chrétiennes de la région, ont étudié les retombées interreligieuses des Printemps arabes et ont eu le courage de demander une modification nécessaire des constitutions des pays arabes, pour que les chrétiens se sentent chez eux citoyens comme tous les autres, avec tous les devoirs et les droits
inhérents.
- Nous condamnons aussi toute forme de fondamentalisme religieux. Nous avons souffert cette année dans notre diocèse d’une augmentation des actes de vandalisme par des extrémistes, sur une vingtaine de Lieux Saints ou lieux de cultes.

5. Priorités et projets du Patriarcat

- Pour construire la paix et faire face aux courants extrémistes dans un esprit prophétique, l’Eglise catholique gère 58 écoles en Palestine, 20 en Israël et 40 en Jordanie ainsi que des universités et instituts tenus par des communautés religieuses. Le 30 mai, a eu lieu l’inauguration solennelle de l’Université américaine de Madaba, en présence du Roi de Jordanie, des membres de son Gouvernement et du Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, le cardinal Sandri, comme représentant de Saint-Siège.
- De février à mars, les clefs des 72 appartements du nouveau complexe résidentiel de Beit Safafa ont été remises aux résidents. Ce projet immobilier vise à assurer un toit à nos familles et à éviter le danger de l’émigration.

6. Agenda 2014

Parmi les événements prévus pour l’année prochaine, n’oubliez pas :
- La visite du Pape en Terre Sainte prévue en mai prochain, d’abord en Jordanie puis en Israël/Palestine ;
- La visite de nos chrétiens en Diaspora aux Etats-Unis en juillet 2014 ;
- Le Synode extraordinaire sur la famille à Rome du 5 au 19 octobre 2014, ayant comme thème : « Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation ».

7. Conclusion

Pour conclure, j’élève mes prières aux côtés de mes vicaires, des prêtres et des fidèles de Terre Sainte, afin que les chrétiens, les juifs et les musulmans trouvent ensemble dans leurs héritages spirituels des espaces communs, dans lesquels ils pourront travailler de concert, pour en finir avec l’injustice, l’oppression, l’ignorance et tous les actes mauvais qui détruisent le don de Dieu en nous – la dignité humaine.
Que l’Enfant Jésus, en cette occasion de Noël, donne la paix à tous les peuples de la région. Joyeuses fêtes. Je vous remercie.

+ Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem



 


Tempête Alexa : Appel du Patriarche pour venir en aide aux réfugiés syriens

 

19 décembre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

COMMUNIQUE – Le Patriarche latin de Jérusalem, Sa Béatitude Fouad Twal, souligne l’urgence d’assistance aux réfugiés syriens. Il appelle également à la générosité de tous pour soutenir ces populations éprouvées par un conflit qui a dépassé les 1 000 jours et par la difficulté matérielle de leur vie.

Après une période de sécheresse et le mois de novembre le plus chaud depuis 60 ans, les chefs religieux des trois grandes religions monothéistes en Terre Sainte ont appelé leurs fidèles à prier pour la pluie. Arrivée au début du mois de décembre, elle est une bénédiction pour la terre et ses habitants.

Cependant ces précipitations, du fait de leur force soudaine, comportent un risque. Une vague neigeuse s’est abattue sur le Proche-Orient ces derniers jours de l’année 2013, couvrant de neige la Jordanie, le Liban, Israël et la Palestine. La neige est tombée en grande quantité – c’est une bénédiction sur ces régions – même si cela prive parfois les populations d’électricité, d’assistance matérielle ou médicale, ou de nourriture.

Par ces temps de grand froid, une situation est alarmante : celle des réfugiés syriens qui sont, selon l’ONU, près de 2 millions dans les pays limitrophes de la Syrie. Près des trois-quarts de ces réfugiés ont trouvé asile au Liban et en Jordanie. Plus de 50 % d’entre eux ont moins de 17 ans. Tous logent dans différents camps de réfugiés dans des conditions très précaires, souvent sans électricité ni eau potable. L’arrivage massif et quotidien de Syriens empêche la construction de logements et contraint ces populations à affronter le froid sous des tentes, parfois à même le sol couvert de neige.

Source : www.lpj.org



 


Le pape François annonce sa « joie de l’Evangile »

 

27 novembre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME – Rapidement après son élection, le pape François a émis son désir d’écrire un document sur la nouvelle évangélisation. C’est sous la forme d’une exhortation apostolique que le souverain pontife s’exprime sur ce sujet, dans un texte intitulé Evangelii gaudium (« La joie de l’Evangile »), qui a été présentée officiellement à la messe de clôture de l’Année de la foi du 24 novembre 2013.

Pour donner un caractère solennel à la clôture de l’Année de la foi, le pape François a proposé à l’Eglise universelle un texte sur la nouvelle évangélisation. Il reprend notamment les travaux du synode sur la nouvelle évangélisation qui avait eu lieu en octobre 2013 au Vatican et l’ébauche d’une exhortation apostolique sur ce thème que Benoît XVI avait déjà commencé. Pour Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, cette exhortation arrive à point nommé à la fin de l’Année de la foi puisque « Croire signifie aussi faire participer les autres à la joie de la rencontre avec le Christ ».

Avant d’être présentée et publiée le mardi 26 novembre 2013, ce texte a été remis à 36 personnes au cours de la messe de clôture de l’Année de la foi. Parmi les destinataires se trouvaient des journalistes et des artistes pour rappeler que les médias et le monde de l’art sont des lieux d’expressions qui peuvent favoriser et permettre l’évangélisation grâce à leur accessibilité pour le plus grand nombre.

La feuille de route du pontificat

Dès le premier paragraphe, le pape François annonce ses ambitions : « Dans cette Exhortation je désire m’adresser aux fidèles chrétiens, pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie et indiquer des voies pour la marche de l’Église dans les prochaines années. » Deux objectifs qu’il essaie de mettre en avant depuis le début de son pontificat et qui se retrouvent désormais clairement énoncés.

Le souverain pontife suit un développement en cinq chapitres en commençant par la nécessité pour l’Eglise de se transformer et de se convertir. « J’espère, écrit-il, que toutes les communautés feront en sorte de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles sont. Ce n’est pas d’une “simple administration” dont nous avons besoin. Constituons-nous dans toutes les régions de la terre en un “état permanent de mission” ». Ce travail de transformation a déjà été entrepris par le pape François qui désire une « réforme des structures » ecclésiales pour les rendre plus missionnaires.

Il poursuit en appelant à une conversion de chacun des acteurs de l’évangélisation, notamment des acteurs pastoraux. Une violente charge est lancée contre ce que le pape appelle la « mondanité spirituelle », contre l’idolâtrie de l’argent, le pessimisme ou les conflits au sein même de l’Eglise ou entre chrétiens.

Au cœur de l’Exhortation, le Pape développe sa pensée sur l’évangélisation qui doit être pour tous et pour tous, et doit se faire avec la foi au service de la foi. Il y précise que « la première annonce ou “kérygme” a un rôle fondamental, qui doit être au centre de l’activité évangélisatrice et de tout objectif de renouveau ecclésial ». Dans ce chapitre, le Pape évoque également l’importance des homélies que le pasteur doit préparer et que les fidèles doivent écouter, puisque cela contribue aussi à la croissance spirituelle : « La prédication doit être positive, offrir toujours l’espérance et ne pas laisser les fidèles “prisonniers de la négativité” […]. L’annonce de l’Evangile elle-même doit avoir des connotations positives : “proximité, ouverture au dialogue, patience, accueil cordial qui ne condamne pas” ».

Pour l’Eglise, et pour le monde entier

Partant de cette évangélisation, le Saint Père insiste sur la dimension sociale de l’évangélisation et sur les répercussions que l’annonce de la Parole de Dieu peut avoir sur la société. Il exhorte notamment l’Eglise à avoir constamment le souci des plus pauvres, comme il n’a cessé de le rappeler depuis le début de son pontificat. « Toute communauté de l’Eglise qui oublie les pauvres, avertit-il, court aussi le risque de la dissolution ». Il appelle également à ne jamais délaisser le dialogue avec la société, avec les autres églises et autres religions. Comme son prédécesseur, il désire poursuivre le dialogue entre croyants et non-croyants pour que le monde, nourrit de la Parole de Dieu, puisse cheminer vers davantage de paix et de justice. C’est un chemin qu’il trace depuis son accession à la chair de Saint Pierre et qui montre toute sa détermination à rénover l’Eglise et ses institutions pour témoigner de la « joie de l’évangile ».

Sources : VIS/Pierre Loup de Raucourt/TD

Pour lire l’exhortation, cliquez ici.



 


“Jérusalem, où nous sommes tous nés spirituellement”

 

24 novembre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

CITE DU VATICAN – Le Saint Père a reçu jeudi 21 novembre pour la première fois tous les Patriarches et les Archevêques Majeurs des Eglises orientales catholiques. Voici la traduction intégrale de ce discours prononcé en italien.

Chers frères et sœurs,

« Le Christ est la lumière des peuples » : c’est ainsi que commence la Constitution dogmatique sur l’Église du concile œcuménique Vatican II. De l’Orient à l’Occident, toute l’Église rend ce témoignage au Fils de Dieu ; cette Église qui, comme l’exprime ensuite le même texte conciliaire, « est présent[e] à tous les peuples de la terre […] Tous les fidèles, en effet, dispersés à travers le monde, sont, dans l’Esprit Saint » (n. 13). « De la sorte, poursuit le texte en citant Jean Chrysostome, celui qui réside à Rome sait que ceux des Indes sont pour lui un membre » (Homélie sur Jean 65, 1 : PG 59, 361).

Les mémorables assises de Vatican II eurent aussi le mérite de rappeler explicitement que, dans les liturgies anciennes des Églises orientales, dans leur théologie, leur spiritualité et leur discipline canonique, « resplendit en elles la tradition qui vient des Apôtres par les Pères et qui fait partie du patrimoine indivis de toute l’Eglise et révélé par Dieu » (Décret Orientalium Ecclesiarum, 1).

Aujourd’hui, je suis vraiment heureux d’accueillir les patriarches et les archevêques majeurs, ainsi que les cardinaux, les métropolites et les évêques membres de la Congrégation pour les Églises orientales. Je remercie le cardinal Leonardo Sandri pour les salutations qu’il m’a adressées et je lui suis reconnaissant de la collaboration que je reçois de la part du dicastère et de chacun de vous.

Cette session plénière vise à se réapproprier la grâce du concile Vatican II et du magistère qui a suivi sur l’Orient chrétien. C’est en examinant le chemin parcouru qu’émergeront des orientations propres à soutenir la mission confiée par le Concile à nos frères et sœurs d’Orient, celle de « promouvoir l’unité de tous les chrétiens, notamment des chrétiens orientaux » (ibid., 24). L’Esprit-Saint les a guidés dans cette tâche sur les sentiers difficiles de l’histoire, nourrissant leur fidélité au Christ, à l’Église universelle et au Successeur de Pierre, parfois à un prix élevé, souvent jusqu’au martyre. Toute l’Eglise vous en est vraiment reconnaissante !

Inscrivant mes pas dans ceux de mes prédécesseurs, je veux réaffirmer ici qu’« il existe légitimement, au sein de la communion de l’Eglise, des Eglises particulières jouissant de leurs traditions propres – sans préjudice du primat de la Chaire de Pierre qui préside à l’assemblée universelle de la charité, garantit les légitimes diversités et veille à ce que, loin de porter préjudice à l’unité, les particularités, au contraire, lui soient profitables » (Lumen gentium, 13). Oui, la diversité authentique, la diversité légitime, celle qui est inspirée par l’Esprit, ne cause pas de tort à l’unité mais la sert ; le Concile nous dit que cette diversité est nécessaire à l’unité !

Ce matin, j’ai pu apprendre de la bouche même des patriarches et des archevêques majeurs la situation des différentes Eglises orientales : la nouvelle vitalité de celles qui ont longtemps été opprimées sous les régimes communistes ; le dynamisme missionnaire de celle qui se réfèrent à la prédication de l’apôtre Thomas ; la persévérance de celles qui vivent au Moyen-Orient, assez souvent dans la condition de « petit troupeau », dans des environnements marqués par l’hostilité, les conflits et même les persécutions cachées.

Au cours de votre réunion, vous abordez différentes problématiques concernant la vie interne des Églises orientales et la dimension de la diaspora, qui a considérablement augmenté sur tous les continents. Il faut faire tout ce qui est possible pour que les chances de conciliation puissent se réaliser, en facilitant la sollicitude pastorale dans les territoires mêmes et là où les communautés orientales se sont établies depuis longtemps, promouvant en même temps la communion et la fraternité avec les communautés de rite latin. Pour cela il pourra être bon d’imprimer une nouvelle vitalité aux organismes de consultation déjà existants entre les différentes Eglises et avec le Saint-Siège.

Ma pensée se tourne tout particulièrement vers la terre bénie sur laquelle le Christ a vécu, est mort et ressuscité. Sur elle, je l’ai senti aujourd’hui en écoutant les patriarches ici présents, la lumière de la foi ne s’est pas éteinte, elle resplendit au contraire, bien vivante. Elle est « la lumière de l’Orient » qui « a illuminé l’Église universelle, depuis qu’est apparu sur nous l’Astre d’en-haut (Lc 1,78), Jésus-Christ, notre Seigneur » (Lett. Ap. Orientale Lumen, 1). Tout catholique a donc une dette de reconnaissance envers les Eglises qui vivent dans cette région. Nous pouvons apprendre d’elles, entre autres, la patience et la persévérance de l’exercice quotidien, parfois laborieux, de l’esprit œcuménique et du dialogue interreligieux. Le contexte géographique, historique et culturel dans lequel elles vivent depuis des siècles, en effet, en a fait des interlocuteurs naturels de nombreuses autres confessions chrétiennes et d’autres religions.

Les conditions de vie des chrétiens qui, dans de nombreuses parties du Moyen-Orient, subissent de manière particulièrement pesante les conséquences des tensions et des conflits ouverts, sont source d’une grande préoccupation. La Syrie, l’Irak, l’Égypte et d’autres régions de Terre Sainte, versent parfois des larmes. L’évêque de Rome n’en prendra pas son parti tant qu’il y aura des hommes et des femmes qui, quelle que soit leur religion, seront atteints dans leur dignité, privés du nécessaire pour survivre et à qui on vole leur avenir en les réduisant à une vie de réfugiés. Aujourd’hui, avec les pasteurs des Eglises d’Orient, nous lançons un appel pour que soit respecté le droit de chacun à mener une vie digne et à professer librement sa foi. Nous ne nous résignons pas à imaginer un Moyen-Orient sans les chrétiens qui, depuis deux mille ans, y confessent le nom de Jésus et sont insérés comme des citoyens à part entière dans la vie sociale, culturelle et religieuse des nations auxquels ils appartiennent.

La douleur des plus petits et des plus faibles, ainsi que le silence des victimes, posent une question lancinante : « Où en est la nuit ? » (Is 21,11). Continuons à veiller, comme la sentinelle de la Bible, sûrs que le Seigneur ne nous privera pas de son aide. Je m’adresse, pour cela, à toute l’Eglise, l’exhortant à la prière qui sait obtenir du cœur miséricordieux de Dieu la réconciliation et la paix. La prière désarme l’ignorance et engendre le dialogue là où le conflit est ouvert. Si elle est sincère et persévérante, elle rendra notre voix douce et ferme, capable de se faire écouter même des responsables des Nations.

Ma pensée va enfin à Jérusalem, lieu où nous sommes tous nés spirituellement (cf. Ps 87, 4). Je lui souhaite toutes sortes de consolations pour qu’elle puisse vraiment être la prophétie de cette convocation définitive, de l’Orient à l’Occident, disposée par Dieu (cf. Is 43,5). Que les bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II, infatigables artisans de paix sur la terre, soient nos intercesseurs au ciel, avec la Très Sainte Mère de Dieu, qui nous a donné le Prince de la paix. J’invoque la bénédiction de Dieu sur chacun de vous et sur les Eglises orientales bien-aimées.

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat



 


L’Eglise catholique proteste contre la démolition d’une de ses propriétés par Israël

 

6 novembre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, a vivement protesté mardi contre la démolition par les forces israéliennes d’une de ses propriétés qui hébergeait une famille palestinienne à Jérusalem-Est annexée, un cas sans précédent selon lui.

« Cet acte est contre la loi, la justice et l’humanité, elle est contre toute idée de paix à bâtir. Elle accroît la ségrégation et la haine », a estimé Mgr Twal, la plus haute autorité catholique en Terre Sainte, qui s’est rendu sur place en compagnie de religieux de toutes les dénominations chrétiennes locales, près du check-point contrôlant l’accès à la ville palestinienne de Bethléem.

Les forces de sécurité israéliennes, accompagnées de bulldozers, ont procédé à la démolition à l’aube lundi en affirmant que la maison avait été érigée sans permis de construire, selon les résidents, une famille musulmane de 14 personnes. La famille, expulsée, a trouvé abri sous une tente.

Mgr Twal a affirmé que la propriété était légale et que le Patriarcat latin (catholique) n’avait reçu aucun ordre de démolition de la part des autorités israéliennes.

« Il s’agit d’un terrain religieux et il le sera toujours. Le ministère (israélien) de l’Intérieur et la municipalité (israélienne) de Jérusalem savaient fort bien que ce terrain appartenait au Patriarcat », a déploré le prélat qui a l’intention de saisir la justice israélienne et internationale.

Le ministère de l’Intérieur et la mairie de Jérusalem se sont refusés à tout commentaire.

La démolition de cette habitation est survenue 48 heures avant une nouvelle visite du secrétaire d’Etat américain John Kerry censée relancer un processus de paix en difficulté. M. Kerry doit rencontrer mercredi le président palestinien Mahmoud Abbas à Bethléem (Cisjordanie).

Dans un communiqué publié mardi, l’association israélienne pour la défense des droits civiques en Israël (ACRI) a prévenu que la municipalité israélienne de Jérusalem avait notifié ces derniers jours à des centaines de familles palestiniennes de Jérusalem-Est qu’elle avait requis des ordres de démolition en arguant que leurs logements avaient été construits sans permis.

Le secteur de Jérusalem-Est, à majorité arabe, est occupé et annexé par Israël depuis juin 1967. Cette annexion n’est pas reconnue par la communauté internationale.

Source : AFP & www.lpj.org



 


Syrie : 1 500 chrétiens assiégés dans deux villages

 

29 octobre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Des milliers de syriens, hommes, femmes et enfants, étaient encerclés dans les villages de Sadad et d’Hofar, situés à 70 km à l’est de la ville de Homs.

L’Archidiocèse syro-orthodoxe de Homs et Hama a lancé, en fin de semaine dernière, un cri de détresse, relayé par l’Œuvre d’Orient, aux institutions et organisations humanitaires internationales au nom de ces populations « assiégés dans des zones inatteignables ».
« Je supplie tous ceux qui ont les moyens d’atteindre les organisations influentes dans le monde de faire pression sur les assiégeants et de parlementer avec eux » insiste Mgr Silwanos Boutros Alnemeh. Le village chrétien de Sadad comptait 15 000 habitants. 12 000 ont pu fuir il y a quelques jours. La plupart se sont réfugiés à Homs et dans sa région.

Plusieurs morts et des familles disparues

« Nous réitérons, affirme-t-il, au nom de Dieu, notre appel aux assiégeants pour qu’ils aient pitié de ces innocents qui ne sont aucunement en cause dans cette tragédie, afin qu’ils les laissent sortir sains et saufs en leur réservant un bon traitement ».
Le prêtre syrien Ziad Hilal, que nous avons joint à Homs, s’est entretenu ce lundi matin au téléphone avec l’Évêque syrien-orthodoxe qui affirme que 1 500 habitants sont encore assiégés. D’après Mgr Silwanos, relate le prêtre syrien, il y a eu des dizaines de morts et plusieurs familles sont portées disparues. La majorité des civils assiégés sont des syro-orthodoxe mais précise-t-il « il y aussi des catholiques dans les deux villages ».

Œuvrer en faveur d’une solution pacifique

Face à cette situation « l’Église catholique est présente et nous sommes main dans la main avec Mgr Silwanos ». Par ailleurs, ajoute le père Ziad Hilal, l’église de Yabrud, petite ville située entre Damas et Homs, « a été attaquée pour la troisième fois par plusieurs mouvements ». La situation des citoyens syriens devient de plus en plus délicate, déclare-t-il « on perd chaque jour des dizaines de personnes, des gens proches. La situation est de plus en plus dangereuse ».
Alors que l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi est arrivé lundi à Damas, dans le cadre d’une tournée régionale visant à convaincre le régime et l’opposition de participer à la conférence de paix dite de Genève-2, le père Ziad rappelle qu’ « il n’y a que la solution pacifique pour arrêter la guerre, pour arrêter la violence, donc précise-t-il, on encourage la mission de Lakhdar Brahimi afin d’associer tous les côtés et trouver un chemin, une solution pour notre pays ».

Source : Radio Vatican



 


Conférence des Organisations Catholiques Féminines à Amman

 

27 octobre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

AMMAN - C’est par une intervention portant sur le rôle des femmes dans la vie de l’Eglise et de la société au Moyen-Orient que le Patriarche latin de Jérusalem, S.B. Fouad Twal, a ouvert ce jeudi 24 octobre le Congrès international organisé à Amman par l’Union mondiale des organisations féminines catholiques. Le fil rouge du congrès qui se tient du 24 au 27 octobre 2013, se tisse autour du service rendu par les femmes croyantes « à la vie, à la dignité et au bien commun ».

Cette conférence met en exergue le rôle de la femme au Moyen-Orient, son expertise en matière d’action sociale, surtout en Jordanie. Selon la coordinatrice régionale de la Fédération Mondiale, Bassima As-Samaan, la conférence se tient pour la première fois en Jordanie, sous le patronage de Sa Majesté la reine Rania Al Abdullah, au nom du souci dont elle témoigne pour renforcer davantage le rôle pionnier de la femme dans le Royaume hachémite, au Moyen-Orient et dans le monde entier.

Bassima As-Samaan, qui a déjà participé à ce type de conférences au Vatican et à Jérusalem en tant que coordinatrice depuis dix ans, indique que la conférence cette année a pour thème : « Les femmes croyantes, au service de la vie, de la dignité et du bien commun ».

D’autre part, toujours selon Bassima As-Samaan, le programme a commencé jeudi après-midi pour s’achever dimanche midi ; il inclut l’échange d’expériences de femmes venant de plus de 50 pays du Moyen-Orient, et bien au-delà. Prendront la parole Bassima As-Samaan qui parlera du rôle de la femme jordanienne au niveau de l’action publique, et des participantes originaires de Bethléem, de divers pays du Moyen Orient, tels que le Liban ou l’Irak. La conférence prévoit pour les délégations des visites dans les sites historiques comme par exemple le Mont Nebo. Une rencontre est également prévue au campus de l’Université américaine de Madaba affiliée au Patriarcat latin ; une autre au Centre qui s’occupe des soins pour les enfants, afin de mieux se renseigner sur le type de secours apportés.

Maria Giovanni Ruggieri a pour sa part déclaré : « Nous tenons cette conférence en Jordanie, en reconnaissance envers le développement social que le pays a enregistré, basé d’une part sur le dynamique leadership de Sa Majesté le roi qui dirige le pays avec sagesse et habileté, et d’autre part sur la coopération du peuple pour aller de l’avant dans les réformes et le développement. Nous avons saisi le besoin de nous rencontrer, de nous faire entendre, et de partager nos expériences les unes avec les autres, et ce afin d’étudier ensemble notre ligne de pensée vers une meilleure coordination destinée à bâtir une meilleure société humaine, fondée sur la paix, la réconciliation, la justice, et l’esprit de coordination humain. »

Source : abouna.org



 


7 000 fidèles de Terre Sainte renouvellent leur foi à Nazareth

 

21 novembre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NAZARETH – Des fidèles de tout le diocèse se sont rassemblés le dimanche 17 novembre 2013 sur le Mont du Précipice à l’invitation des Ordinaires catholiques de Terre Sainte.

Plus de 7 000 catholiques ont chanté, prié et confessé leur foi sur le Mont du Précipice, face à Nazareth, au lieu même où le pape Benoît XVI avait, en 2009, célébré une grande messe devant une foule considérable. C’est ce même pape qui, en 2012, avait ouvert l’Année de la foi. Il souhaitait alors lancer « un pèlerinage dans les déserts du monde contemporain, au cours duquel il nous faut emporter seulement ce qui est essentiel : l’Evangile et la foi de l’Eglise dont les documents du Concile Œcuménique Vatican II sont l’expression lumineuse, comme l’est également le Catéchisme de l’Eglise catholique, publié il y a 20 ans maintenant. » Alors que cette Année de la foi s’achève le 24 novembre 2013, les Ordinaires catholiques de Terre Sainte ont vu leur invitation honorée par des fidèles venus de Jordanie, d’Israël et de Palestine. Mais il y avait aussi des fidèles venus de plusieurs pays du monde, résidant en Terre Sainte ou simples pèlerins de passage. La présence d’un grand nombre de journalistes étrangers renforçait encore la dimension mondiale de l’événement.

Maronites, arméniens, gréco-catholiques, syriaques et catholiques latins ont ensemble professé leur foi au cours de la messe célébrée par Sa Béatitude Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem. Etaient présents les vicaires patriarcaux, le nonce et délégué apostolique Mgr Giuseppe Lazzarotto, et plusieurs évêques de autres communautés catholiques présentes en Terre Sainte.

L’Etat d’Israël était représenté par son ministre du Tourisme, Dr. Uzi Landau, qui a contribué à ce que son ministère finance l’intégralité des dépenses liées à ce rassemblement, à savoir les infrastructures et les forces de sécurité mobilisées.

« La fin de l’Année de la foi n’est pas la fin de la foi »

Au cours de son homélie, le Patriarche a repris les axes qu’il a développés dans sa lettre pastorale récemment éditée et publiée. Insistant sur l’importance d’avoir la foi et de la garder, il a rappelé les figures d’Abraham et de la Vierge Marie, qui doivent être des exemples pour chaque chrétien. La mention de la Vierge Marie avait d’autant plus de sens que les fidèles avaient les yeux rivés sur la basilique de l’Annonciation où Marie a fait, face à l’ange, un acte de foi déterminant. « La foi n’est pas une simple adhésion intellectuelle à la vérité de Dieu, mais une adhésion libre, en toute confiance, comme celle d’un enfant à ses parents qui l’aiment et s’occupent de lui ».

En soulignant la relation très importante qui existe entre la vie de foi et la recherche de la paix, Mgr Fouad Twal a également renouvelé son appel et sa prière pour la paix au Moyen-Orient, notamment en Egypte, en Irak, en Syrie et surtout en Terre Sainte. Soucieux que les chrétiens maintiennent une présence croyante au Proche-Orient, il a affirmé avec force que « la fin de l’année de la foi ne signifiait pas la fin de la foi ».

Dans un message écrit spécialement pour cette occasion, le pape François confirme cet appel du Patriarche : « Je prie pour que cette célébration ne soit pas seulement un témoignage de votre foi, mais qu’elle nourrisse aussi et invite les autres à rencontrer Jésus-Christ. […] Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à tous les chrétiens de Terre Sainte pour leur fidèle intendance des sites sacrés et pour leur témoignage durable pour la proclamation de l’Evangile. Je vous encourage à être toujours des témoins de la paix, de la joie et de la miséricorde de Dieu ».

Pierre Loup de Raucourt



 


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