Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique - Ridderorde van het Heilig Graf–Landscommanderij België
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Actualités



Législatives palestiniennes : 7 sièges réservés à des candidats chrétiens

 

6 mars 2021 par LdS

Lors des premières élections législatives organisées depuis 15 ans dans les Territoires palestiniens, 7 des 132 sièges du prochain parlement monocaméral seront réservés aux candidats chrétiens. Grec-orthodoxes, catholiques romains, gréco-catholiques, coptes ou protestants représentent une petite minorité de la population palestinienne.

Quelques jours avant l’investiture de Joe Biden à la Maison-Blanche et le départ de Donald Trump, le président américain qui reconnut Jérusalem comme capitale d’Israël provoquant l’ire de l’ensemble de la population palestinienne, les Palestiniens travaillent à leur réconciliation.

Un rapprochement entre Palestiniens

Le 15 janvier dernier, le chef de l’Autorité palestinienne a annoncé des élections palestiniennes. Vainqueur de la dernière présidentielle en 2005, Mahmoud Abbas a signé un décret en ce sens le 15 janvier dernier. Son successeur sera désigné le 31 juillet prochain, tandis que les membres du Conseil législatif, le parlement monocaméral palestinien seront élus le 22 mai.

Il s’agit des premières élections en 15 ans, le signe d’un rapprochement entre le Fatah laïc siégeant en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, et les islamistes du Hamas contrôlant la bande de Gaza, territoire sous blocus israélien. Avec ces élections, les deux partis cherchent sans doute aussi à mesurer leur légitimité respective.

Plus de place accordée aux chrétiens

Parmi les 132 sièges en jeu, sept seront réservés à des candidats chrétiens, selon un décret récemment signé par Mahmoud Abbas qui applique les dispositions de la loi électorale approuvé ces dernières semaines par les deux entités palestiniennes. Lors des législatives de 2006, 5 sièges parlementaires étaient à des candidats chrétiens, rapporte l’agence Fides. Grec-orthodoxes, catholiques latins, melkites ou luthériens, les chrétiens représentent 1,4% de la population palestiniennes, soit 46 850 personnes pour 4,6 millions de Palestiniens, selon un rapport établi en 2017 par le Bureau central des statistiques de l’État palestinien.

Éviter les violences post-électorales

Au Caire, mi-février, le Fatah et le Hamas se sont entendus sur un accord définissant les modalités cruciales à la tenue de ces scrutins. Il prévoit un engagement à faire respecter les « libertés publiques » durant les campagnes électorales et le scrutin mais aussi l’établissement d’un "tribunal électoral" pour superviser le processus et arbitrer d’éventuels griefs quant aux résultats. Il s’agit d’éviter le scénario des dernières législatives en 2006, lorsque la contestation des résultats avait entraîné des affrontements sanglants entre les deux camps et scindé les Territoires palestiniens en deux grandes administrations. L’ensemble des factions ont d’ailleurs convenu de « respecter et d’accepter leurs résultats ». Après ces élections, les Palestiniens prévoient enfin d’intégrer le Hamas au sein de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), structure reconnue par les accords d’Oslo comme représentant officiellement tous les Palestiniens

Ces élections semblent avoir suscité l’engouement. 93,3% des Palestiniens en âge de voter se sont inscrits sur les listes électorales en vue des scrutins législatifs de mai et présidentiel de juillet, soit plus de 2,6 millions de Palestiniens. Le taux d’inscription pour les dernières législatives en 2006 était de 80%.

Source : Vatican News

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


Les célébrations de la fête de la St. Francis au nom de la "Fraternité et de L’Amitié Sociale"

 

17 octobre 2020 2020 par LdS

"Fratelli tutti – Tous les frères", la nouvelle encyclique du pape François a trouvé un écho dans les célébrations de la fête de saint François à Jérusalem, Bethléem et Tripoli, au Liban.

Dans l’église de Saint-Sauveur à Jérusalem, le Custode de Terre Sainte a célébré la fête du saint d’Assise en rappelant "comment on peut devenir frère de n’importe qui, de toute la création" ; au Liban également, le Vicaire apostolique pour les Latins a souligné l’importance de la fraternité, "comme l’enseigne et le rappelle saint François".

Une fraternité qui est le message principal des écoles de la Custodie de Terre Sainte. À Bethléem, les élèves de l’école ont représenté des scènes de la vie du Pauvre d’Assise.

Source : Christian Media Center

Traduction : P. Albert Évrard



 


Covid-19 : l’Ordre du Saint-Sépulcre mobilisé pour aider la Terre Sainte

 

30 septembre 2020 2020 par LdS

BRUXELLES - Depuis le mois de mai 2020, en plus de l’aide ordinaire transmise sur un rythme mensuel, les quelque 30.000 chevaliers et dames de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (OESSJ) ont collecté environ 3 millions d’euros pour aider le Patriarcat latin de Jérusalem durant cette période de crise liée à la pandémie de coronavirus. Comme dans de nombreux pays du monde, la situation demeure actuellement critique en Terre Sainte, où le gouvernement israélien vient de décréter un reconfinement total pour au moins trois semaines.

En annonçant en mai dernier la création d’un “Fonds de soutien humanitaire Covid-19” pour les chrétiens de Terre Sainte, le cardinal Fernando Filoni, Grand-Maître de l’Ordre du Saint-Sépulcre, avait fait remarquer que la suspension des voyages et des pèlerinages fragilisait durement des emplois dont dépendent des milliers de familles dans la région. La Grand Magistère de l’Ordre du Saint-Sépulcre a donc décidé de mobiliser des fonds pour les aider à faire face à cet effondrement économique. Environ deux millions d’euros ont donc été collectés spécifiquement pour ce Fonds Covid-19 et un million d’euros pour des dépenses humanitaires allant au-delà du budget prévu en début d’année.

Leonardo Visconti di Modrone, Gouverneur général de l’Ordre du Saint-Sépulcre, explique que « durant les jours de confinement, nous avons contacté les responsables des Lieutenances qui, tout en faisant face aux besoins provoqués par l’urgence sanitaire dans leurs propres pays, ont voulu faire sentir leur proximité aux frères et sœurs de Terre Sainte si durement frappés. Nous sommes reconnaissants que le soutien spécial au Fonds Covid-19 ne se soit pas substitué à l’engagement régulier de nos membres pour contribuer à la vie quotidienne du diocèse de Jérusalem, mais qu’il s’y soit ajouté ».

Une aide concrète pour des milliers de familles

Les contributions envoyées en Terre Sainte ont permis de répondre rapidement à une série de besoins urgents. Le directeur administratif du Patriarcat Latin de Jérusalem, Sami el-Yousef, explique que « grâce à l’aide reçue de la part de l’Ordre pour des objectifs humanitaires, nous avons été en mesure de soutenir plus de 2400 familles dans une trentaine de paroisses pour leurs besoins essentiels en termes de bons pour des dépenses alimentaires, l’achat de produits d’hygiène et pour les enfants, des médicaments et les paiements de factures ».

Ceci a été fait en lien avec les curés et les conseils paroissiaux qui, en lien avec les autorités locales, ont assuré une redistribution équitable des ressources. Il précise aussi que 1238 familles en Jordanie et 1180 familles en Palestine ont bénéficié d’une prise en charge d’une partie des frais de scolarisations.

Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, remercie l’Ordre du Saint-Sépulcre pour son aide efficace : « Grâce au soutien du Grand-Maître et du Grand Magistère, notre appel aux Chevalier et aux Dames a reçu une répondre qui est allé bien au-delà de nos attentes et nous a donné le souffle nécessaire pour gérer cette urgence avec plus de sérénité », explique-t-il.

Au total au cours des dix dernières années, l’Ordre du Saint-Sépulcre a envoyé plus de 120 millions d’euros de contributions pour la Terre Sainte, parmi lesquels 14 millions d’euros en 2019, ce qui traduit une tendance des dons à la hausse.

Vatican News

Source : CathoBel
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Article original : Covid-19 : l’Ordre du Saint-Sépulcre mobilisé pour aider la Terre Sainte



 


Le Pape place la barre très haut pour les médias chrétiens

 

30 septembre 2020 2020 par LdS

BRUXELLES - Le Pape François a reçu une délégation Tertio de 30 personnes ce vendredi 18 septembre 2020 dans la Sala Clementina du Palais apostolique pour marquer le 20e anniversaire de cet hebdomadaire. C’était un autre moment fort de l’histoire de Tertio, qui avait déjà été autorisé à interviewer le Pape le 17 novembre 2016. Après une introduction de Dirk Smet, recteur du Collège pontifical belge à Rome et du rédacteur en chef Emmanuel Van Lierde, le pape François a prononcé un discours sur le caractère unique et l’importance du journalisme chrétien. Puis il a pris le temps de saluer chacun personnellement. Pour toutes les personnes présentes, cet événement a été un vrai encouragement pour continuer à remplir la mission de Tertio et pour continuer à souligner la pertinence du christianisme pour notre temps et notre culture. Mgr. Drik Smet et Mr. Emmanuel Van Lierde sont tous deux membres de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Point de vue d’Emmanuel Van Lierde - Rédacteur en chef Tertio

Même maintenant, en période de Covid19, le Pape reçoit constamment des individus et des groupes, à la fois pendant les audiences générales du mercredi et en audience privée. Parfois, ce sont des journalistes, bien sûr surtout ceux des propres services de communication du Vatican, mais aussi d’autres médias ecclésiastiques du monde entier. C’est d’ailleurs une nouveauté de ce pontificat que François donne régulièrement des interviews, même à des initiatives de presse plus modestes comme le journal des sans-abri des Pays-Bas ou, comme vous le savez, également à cet hebdomadaire le 17 novembre 2016. Même s’il s’agit de petits médias, le Pape sait que son message voyage toujours à travers le monde à travers les traductions et qu’il donne un fort coup de pouce à ces acteurs de niche.

Tertio était à nouveau invité du pape François le vendredi 18 septembre 2020. Il a reçu l’ensemble du comité de rédaction et une délégation de directeurs, fondateurs et autres parties prenantes à l’occasion de notre 20e anniversaire. Par ce geste, le Pape prouve une fois de plus son amour pour les petits médias et pour l’Église belge. Cet amour est né lorsque, dans les années 1970, en tant que provincial des jésuites, il a visité notre pays à plusieurs reprises en faveur de leur université catholique de Córdoba en Argentine (voir Tertio n ° 878 du 7/12/16).

Constructif

En effet, les médias ont le pape François très à coeur. D’une part, il a un idéal très apprécié sur le journalisme, d’autre part, il voit les déraillements et les risques des médias qui ne sont pas étroitement liés à l’éthique journalistique. Selon le Pape, les médias ont une grande responsabilité. « Ils peuvent envoyer de bonnes et de mauvaises opinions. Les médias construisent la société. Leur tâche est d’être constructif, d’échanger des informations, de fraterniser, de faire réfléchir, d’éduquer », a-t-il déclaré plus tôt dans l’interview de Tertio. Mais les médias peuvent faire autant de dégâts. « Ils peuvent se permettre d’être utilisés pour la calomnie et la médisance. Et quelque chose qui peut réellement causer beaucoup de dégâts est la désinformation. » Focalisés sur la sensation et les scandales, les journalistes renoncent à leur responsabilité sociale. En revanche, François défend un journalisme constructif et engagé au service de la vérité, de la justice et de la dignité humaine de chacun.

Nouveau style de vie

Vendredi, François a de nouveau encouragé Tertio à soutenir cet idéal et à continuer à le réaliser. « Soyez porteurs d’espoir et de confiance en l’avenir, aussi et surtout aujourd’hui pendant cette pandémie qui affecte le monde entier », a-t-il déclaré. Les journalistes chrétiens, dit-il, diffusent le message libérateur du Christ. Leurs réflexions constructives aident à mieux comprendre les problèmes et les défis de notre monde, ils contribuent à la formation de la conscience et favorisent une culture de la rencontre et du dialogue. Le Pape a ajouté que, au milieu de la multitude confuse de voix et de messages qui nous entourent, les journalistes chrétiens sont appelés à témoigner d’une histoire humaine et humanisante, avec des paroles de réconfort et une perspective tendre. Ainsi, les médias chrétiens aident à percer un nouveau style de vie, exempt de préjugés, d’exclusion, de ragots et de calomnies.

Connecter des histoires

François n’attend pas des journalistes chrétiens engagés qu’ils font du prosélytisme, mais qu’ils soient des témoins authentiques qui regardent la réalité d’un point de vue religieux et interprètent les signes des temps à la lumière de l’Évangile. Afin de transmettre cette vision originale et la vérité en douceur et de la partager avec les autres, Francis trouve important que les journalistes soient de bons conteurs, qu’ils sachent comment transmettre leur message dans des histoires accessibles qui persistent, qui émeuvent et encouragent les gens à suivre, et reliant les histoires contre toute polarisation. L’idéal de François encourage la construction d’une communauté : les textes doivent informer mais aussi inspirer, montrer l’exemple, jeter des ponts entre les gens et aider à former des visions positives. Le Pape met effectivement la barre haute, mais pourquoi ne devrions-nous pas être ambitieux ?

Certaines impressions du voyage à Rome peuvent être trouvées dans le Tertio n ° 1.076 du 23 septembre 2020.

Source : Facebook - Emmanuel Mta Van Lierde

traduction : Pascal Wuillaume



 


Pape François : les médias chrétiens forment les consciences

 

30 septembre 2020 2020 par LdS

ROME – Le Pape François a reçu la rédaction de l’hebdomadaire belge chrétien, Tertio, vendredi 18 septembre 2020 en salle Clémentine du Palais apostolique au Vatican. Devant ses membres, le Saint-Père a insisté sur la haute mission des journalistes chrétiens dans des sociétés sécularisées. M. Emmanuel Van Lierde, rédacteur en chef de Tertio, est membre de la Lieutenance de Belgique de L’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. C’est à l’occasion du vingtième anniversaire de son existence que la rédaction du magazine flamand d’informations religieuses, Tertio, a pèleriné vers Rome, où elle a été reçue par le Souverain pontife, ce vendredi 18 septembre.

Devant ce parterre de journalistes chrétiens, le Pape a loué « la grande importance » de l’existence de tels médias spécialisés « dans l’information de qualité sur la vie de l’Eglise dans le monde », contribuant à une « formation des consciences ».

Enrichir un paysage médiatique sécularisé

« D’ailleurs, le nom même de votre hebdomadaire, Tertio, se réfère à la Lettre Apostolique du saint Pape Jean-Paul II Tertio millennio adveniente
à l’approche du grand Jubilé de l’an 2000, pour préparer les cœurs à l’accueil du Christ et de son message libérateur », a précisé le Saint-Père, comparant cette référence « non seulement un appel à l’espérance », mais aussi « visant à faire entendre la voix de l’Eglise et celle d’intellectuels chrétiens dans un paysage médiatique de plus en plus sécularisé afin de l’enrichir avec des réflexions constructives ».

Ainsi en tant que média chrétien, il s’agit pour le titre de presse « de favoriser une culture de la rencontre », en cherchant « une vision positive des personnes et des faits, tout en rejetant les préjugés », a estimé le Pape.

Le journaliste chrétien ne doit pas voiler la vérité

« Les chrétiens engagés dans la communication sont appelés à mettre en œuvre de manière très concrète l’appel du Seigneur à aller dans le monde et à proclamer l’Evangile (cf. Mc 16, 15) », a aussi souligné l’évêque de Rome. Par sa haute conscience professionnelle, le journaliste chrétien est donc invité à porter « un témoignage nouveau dans le monde de la communication sans voiler la vérité, ni manipuler l’information ».

Porter « une parole de réconfort »

« Le professionnel chrétien de l’information doit donc être un porteur d’espérance et de confiance en l’avenir. Car c’est seulement lorsque l’avenir est assumé en tant que réalité positive et possible que le présent devient aussi vivable », a affirmé le Pape, faisant ensuite allusion à son message pour la 54ème Journée des Communications Sociales, le 24 janvier 2020.

Dans le contexte particulier de la pandémie, le Successeur de Pierre a enfin estimé important que les moyens de communication sociale contribuent à faire en sorte que les personnes « ne demeurent pas enfermées dans leur solitude et puissent recevoir une parole de réconfort ».

Le magazine catholique néerlandophone Tertio a vu le jour en 2000 dans un contexte flamand de progression des idées libertaires dans le débat public belge, avec une sous-représentation et perte de terrain connexe du catholicisme. Il doit effectivement son nom à la lettre du pape Jean-Paul II, « Tertio Millennio Adveniente ». Il est tiré à environ 6 000 exemplaires, et diffusé en Flandres et à Bruxelles.

Source : Vatican News]

L’Article original : Pape François : les médias chrétiens forment les consciences

(n.d.l.r.) Tertio sait nous fasciner et inspirer personnellement semaine après semaine et vaut sans aucun doute votre attention et votre temps de lecture hebdomadaire.



 


Lourdement endetté, le Patriarcat latin de Jérusalem vend des terrains à Nazareth

 

21 juin 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le Patriarcat latin de Jérusalem a annoncé, vendredi 12 juin, avoir vendu des terrains à un homme d’affaires arabe israélien dans la zone de Nazareth.

Le Patriarcat de Jérusalem des Latins se trouve contraint à vendre des terrains et des immeubles y compris dans la zone de Nazareth pour faire face à un déficit qui a atteint les 100 millions d’USD, et ce en grande partie suite aux problèmes financiers liés à la construction et au lancement de l’Université américaine de Madaba, en Jordanie.

La vente a été confirmée par le Patriarcat au travers d’un communiqué diffusé en arabe le 12 juin notamment pour lutter contre des rumeurs « fausses et privées de fondement » circulant à ce propos dans les moyens de communication et sur les réseaux sociaux.

« Ce n’est pas un secret – indique le communiqué – qu’au cours de ces dernières années, le Patriarcat de Jérusalem des Latins a généré un déficit énorme de quelques 100 millions d’USD à cause de la mauvaise gestion opérationnelle passée liée à l’Université américaine de Madaba. Les dettes ont été contractées à l’égard de différentes banques et non pas envers le Vatican ».

L’affaire à laquelle fait explicitement référence le communiqué est celle de l’Université américaine de Madaba (AUM), affiliée au Patriarcat de Jérusalem des Latins, dont la première pierre avait été bénie par le Pape Benoît XVI le 9 mai 2009, et qui avait été inaugurée le 30 mai 2013 en présence du Roi Abdallah II.

A la fin de 2014, le Saint-Siège avait dû intervenir pour prendre en charge des problèmes administratifs et financiers qui avaient caractérisé la construction et le début du fonctionnement de l’Université. Une Commission ad hoc, instituée par la Secrétairerie d’Etat, avait à son tour confié à un Comité local d’administration, présidé par S.Exc. Mgr Giorgio Lingua, alors Nonce apostolique en Jordanie, la mission de « suivre et coordonner de près, jusqu’en juillet 2015, les travaux de l’Université ».

S.Exc. Mgr Pierbattista Pizzaballa OFM – rappelle le communiqué à peine diffusé – avait été nommé Administrateur apostolique en juin 2016 notamment « pour trouver une solution à ces problèmes ». Au cours de ces quatre dernières années, a été lancée et menée une vaste réorganisation de l’administration. Cependant, vu le montant de la dette, et malgré les nombreux efforts faits pour collecter des fonds – indique le communiqué du Patriarcat de Jérusalem des Latins – il est devenu évident que la seule solution possible était de vendre certains immeubles ».

Sur la liste des biens en attente d’aliénation, se trouvent notamment « différentes propriétés sises en Jordanie » qui sont cependant insuffisantes pour payer les dettes, attendu que dans ce pays, les prix de marché des immeubles ont encore baissé à cause de l’actuelle situation de crise économique mondiale.

« Pour cette raison et après de nombreuses autres tentatives – indique le Patriarcat de Jérusalem des Latins – a été rendue la décision de vendre des terrains à Nazareth, une décision dûment approuvée par l’ensemble des organes compétents », y compris ceux du Saint-Siège. Les terrains aliénés dans la zone de Nazareth – précise le communiqué du Patriarcat de Jérusalem des Latins – « ont été achetés par un homme d’affaires arabe » et de la vente ont été exclus « plus de 100 dunam de terre » (correspondant à 10 ha NDR) destinés à des œuvres et initiatives « pour le bénéfice futur » de la communauté chrétienne locale.

La décision de vendre des terrains à Nazareth – affirme le communiqué – a été prise après mûre réflexion et seulement en ce que ce choix représentait la seule solution pour affronter des problèmes économiques autrement non résolubles ».

Sources : Fides/VaticanNews/LaCroix



 


Veillée virtuelle de prières pour le Groupe des jeunes

 

14 juin 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Pour accompagner le dernier jour du mandat de leur cher lieutenant Jean-Pierre Fierens et invoquer l’Esprit pour leur nouveau lieutenant, les jeunes membres de notre lieutenance ont organisé une grande veillée de prières virtuelle : la prière était bien réelle mais s’est déroulée en utilisant une plateforme numérique.

Depuis la France, le Royaume-Uni et bien sûr la Belgique, une trentaine de jeunes et leur lieutenant ont vécu une très belle veillée de prières. Certains d’eux ont participé individuellement, d’autres en couple et quelques-uns en famille avec leurs enfants (ou même avec leurs parents). La plupart était en connexion vidéo, d’autres étaient en connexion téléphonique.

La base liturgique de la veillée était celle des complies du vendredi de la dixième semaine du temps ordinaire – année paire. Les psaumes ont néanmoins été repris de la veillée d’armes.

Une longue, riche et dense prière universelle a été insérée, chaque participant, en solo ou en famille, était invité à préparer une intention.

La veillée était présidée par l’abbé Edouard van Maele, cérémoniaire ecclésiastique de la Lieutenance de Belgique, aumônier de l’équipe liturgique et les chants dirigés par Peter Broos.

Elle a lieu au moment où le Lieutenant Jean-Pierre Fierens achevait son second et dernier mandat à la tête de la Lieutenance et à la veille de l’installation liturgique de son successeur.

Trois jeunes impétrants, qui, en d’autres circonstances, auraient dû veiller en prières à la veille de leur investiture ont également participé à la veillée.



 


Fête de la Visitation à Ein Karem

 

7 juin 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

EIN KAREM - La fête de la Visitation commémore la visite de la Vierge Marie à sa cousine Elisabeth, après avoir appris qu’elle deviendrait la mère de Jésus par l’opération du Saint-Esprit.

Dans le village d’Ein Karem, juste à l’extérieur de Jérusalem, où, selon la tradition, eut lieu cet épisode de l’Evangile, les frères de la Custodie ont célébré une messe solennelle le lundi 1er juin.

La visite de la Vierge Marie à Elisabeth fut située pour la première fois dans un lieu autre que celui de la Nativité de Saint Jean au début du XIVème siècle, mais c’est seulement en 1679 que les franciscains de Terre Sainte achetèrent la propriété où ils firent ensuite construire un nouveau sanctuaire par l’architecte Antonio Barluzzi entre 1938 et 1955.

Déjà en 1263, l’Ordre franciscain célébrait la solennité de la Visitation, étendue à toute l’Eglise en 1389 par le pape Urbain VI. Cette année, la messe de la fête a été présidée par le Custode de Terre Sainte, Fr. Francesco Patton, en présence du vicaire de la Custodie, Fr. Dobromir Jaztal, et de quelques autres frères et religieux D’Ein Karem.

Dans son homélie, le Custode de Terre Sainte a voulu faire une synthèse du message de la solennité, partant d’un élément peu commun : les pieds de Marie. « Les pieds de Marie sont les pieds de celle qui évangélise, qui se met en chemin en hâte pour aller de Nazareth à Ein Karem afin de partager la joie de la maternité et la joie du salut qui approche - a expliqué Fr. Patton -. En pensant à Marie qui vient en hâte rendre visite à sa cousine Elisabeth ici à Ein Karem, les paroles du prophète Isaïe me sont venues à l’esprit : Comme ils sont beaux sur les montagnes /les pieds du messager / celui qui annonce la paix / qui porte la bonne nouvelle/ qui annonce le salut, et vient dire à Sion : ‘’Il règne, ton Dieu !" (Is 52,7) ». A partir de quoi, le Custode a interrogé les fidèles : « Nous sommes appelés à évangéliser, c’est notre vocation chrétienne et franciscaine. Comment vont nos pieds ? Peuvent-ils se déplacer rapidement ou sont-ils des pieds lents et paresseux, immobiles peut-être dans un endroit d’où nous ne voulons pas bouger du tout ? ».

Après la messe, les frères de la Custodie se sont rendus en procession de l’église supérieure jusqu’à la crypte de la Visitation, où ce passage de l’Evangile a été lu.

« Nous avons célébré cette année sans les nombreux fidèles des années passées, mais non sans solennité - a déclaré Fr. Nicolás Marquéz-Gutiérrez, gardien du couvent de la Visitation -. Nous l’avons fait avec une grande foi dans la simplicité du lieu, même s’il n’y a pas de communauté chrétienne ici à Ein Karem. Le sanctuaire de la Visitation nous parle d’une joie existentielle, ontologique, de la partie la plus profonde de la personne humaine, représentée par le sein d’Elisabeth et le sein de la Très Sainte Vierge. Une joie dans laquelle se vit la rencontre avec celui qui peut donner un sens à la souffrance et à la mort. En cette période particulière, faisons mémoire de la visite de Jésus à son peuple et de Marie, la femme qui porte ce salut ».

Beatrice Guarrera pour Custodia.org



 


De l’église Saint-Sauveur au Cénacle : la Pentecôte à Jérusalem

 

7 juin 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TERRE SAINTE - Les célébrations de la fête de la Pentecôte à Jérusalem ont commencé à l’église de Saint-Sauveur.

Le dimanche 31 mai, le Custode de Terre Sainte, Fr. Francesco Patton, a présidé la messe solennelle dans l’église située dans le quartier chrétien de la Vieille Ville de Jérusalem. Construite dans le couvent où s’établirent les franciscains de Terre Sainte, après avoir été expulsés du Cénacle en 1551, l’église reçut en 1561 du pape Pie IV les mêmes indulgences accordées à ceux qui se rendaient au Cénacle
.
Lors de la messe de la Pentecôte, la famille franciscaine de la Custodie de Terre Sainte a eu la joie cette année de confier à 14 frères le ministère de lectorat et à 15 autres celui d’acolytat.

« Aujourd’hui, nous célébrons et actualisons la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres réunis en prière au Cénacle avec Marie. Et en cette fête, en réfléchissant sur l’œuvre de l’Esprit Saint dans la vie du chrétien et de l’Eglise, nous apprenons que l’Esprit est essentiel pour la vie du chrétien et de l’Eglise, pour la vie de chacun de nous », a rappelé le Custode dans son homélie. Fr. Francesco Patton a ensuite expliqué les symboles des lectures pour nous aider à comprendre la signification de l’Esprit : le symbole du vent, du souffle, du feu, le symbole des langues déliées, capables de comprendre. « L’Esprit opère une diversification remarquable au sein de la communauté chrétienne et en même temps une unité profonde - a dit le Custode -. La diversité des langues, des dons, des sensibilités, des rôles, des fonctions, etc., n’est pas quelque chose qui fait exploser l’Eglise comme l’humanité explosa en construisant de façon présomptueuse la Tour de Babel, mais quelque chose qui, grâce à l’action de l’Esprit, la consolide, la rend vivante, belle, la rend un seul corps, la fonde en une relation d’amour à l’image de la Trinité. Les ministères de lectorat et d’acolytat qui vous sont aujourd’hui confiés, nos jeunes frères, s’inscrivent également dans cette perspective. Ce que vous recevez n’est pas une promotion de carrière mais un don qui vient de l’Esprit et qui doit servir la croissance de l’Eglise ».

L’après-midi, les Vêpres au Cénacle ont été priées, présidées par le Custode de Terre Sainte, Fr. Francesco Patton. Les catholiques ne peuvent organiser de prières officielles au Cénacle que deux fois par an, ce lieu étant encore au centre de la controverse avec l’Etat d’Israël pour la reconnaissance de la propriété. En effet, la propriété est revendiquée par les franciscains qui l’acquirent en 1333, comme un don des souverains de Naples, et d’où ils furent chassés en 1551 par les Ottomans. Les frères s’y rendent en prière le Jeudi Saint, en mémoire de la dernière Cène, et le jour de la Pentecôte. Lors de la célébration de la Pentecôte, les frères montent également dans la salle du Cénacle - où le Saint-Esprit serait descendu sur les apôtres - et y répandent de l’encens parfumé.

« Pour nous, franciscains, c’est le lieu à partir duquel l’Eglise nous a confié la mission de la Custodie des Lieux Saints - a expliqué le Custode -. C’est le lieu du premier siège de la Custodie de Terre Sainte. L’Esprit Saint rend possible, aujourd’hui encore, la mission de l’Eglise et notre mission. En ce lieu de la Pentecôte, nous demandons une nouvelle effusion de l’Esprit pour l’Eglise, pour cette Terre Sainte aimée de Dieu, pour les peuples qui l’habitent, pour notre mission en tant que Custodie de Terre Sainte ».

Beatrice Guarrera pour Custodia.org



 


ZOOM au service de l’Eglise en Jordanie !

 

31 mai 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

AMMAN - Le Conseil presbytéral pour la Jordanie du Patriarcat latin, présidé par le Vicaire patriarcal latin pour la Jordanie, Mgr William Shomali, a organisé sa première réunion virtuelle grâce à l’application Zoom !

La crise du COVID-19 et le confinement sanitaire qu’il induit donnent l’occasion aux acteurs pastoraux de réinventer ou d’adapter leurs méthodes de travail. Le centre catholique pour les études et les médias en Jordanie du père Rifat Bader, dont le zèle et le dynamisme sont bien connus de la lieutenance de Belgique, a profité de ces circonstances pour proposer aux prêtres jordaniens l’organisation de réunions en utilisant l’application ZOOM.

Il a commencé par l’organisation d’une retraite spirituelle pour tous les prêtres du Patriarcat latin actifs en Jordanie, laquelle a connu un grand succès.

Il a poursuivi en permettant au Conseil presbytéral (c’est à dire une assemblée de prêtres, les uns élus et les autres désignés ou membres de droit) de Jordanie, de se réunir également par la même application.

Lors de cette première dans l’histoire du vicariat territorial de Jordanie, outre les intervenions remarquées de Mgr Pizzaballa (depuis son bureau à Jérusalem) et de Mgr Shomali (depuis son bureau d’Amman), les participants ont discuté d’une multitude de questions pastorales concernant l’église locale, en particulier pendant la période de fermeture des églises. Les interventions étaient entrecoupées de prières ou par le chant des psaumes.



 


Le Saint-Siège craint « une compromission » du dialogue israélo-palestinien

 

24 mai 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États (ministre des affaires étrangères du Pape François), s’est entretenu ce 20 mai 2020 par téléphone avec Saeb Erekat, négociateur en chef et secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine.

Le contexte au Proche-Orient est tendu depuis les récentes annonces du nouveau gouvernement israélien d’annexer des pans de la Cisjordanie, conformément au controversé « plan de paix » américain.

Lors de cette conversation téléphonique qui s’est tenue ce mercredi 20 mai, l’homme politique palestinien, Saeb Erekat, a souhaité informer le Saint-Siège « des récents développements dans les territoires palestiniens et de la possibilité que la souveraineté israélienne soit appliquée unilatéralement à une partie de ces zones, ce qui saperait davantage le processus de paix ».

Que la paix règne en Terre Sainte

Le Saint-Siège a réaffirmé que le respect du droit international et des résolutions pertinentes des Nations Unies est « un élément indispensable » pour que les deux peuples puissent vivre côte à côte dans deux États, avec des frontières internationalement reconnues avant 1967.

Le Saint-Siège, qui suit la situation de près, a souhaité exprimer « sa préoccupation » quant aux éventuels actes qui pourraient compromettre davantage le dialogue, en espérant « que les Israéliens et les Palestiniens puissent retrouver, et bientôt, la possibilité de négocier un accord directement, avec l’aide de la communauté internationale », et que « la paix puisse enfin régner en Terre Sainte, si chère aux juifs, aux chrétiens et aux musulmans ».

L’annexion de la vallée du Jourdain, projet du nouveau gouvernement
« Il est temps » d’annexer des pans de la Cisjordanie occupée, a déclaré dimanche dernier le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou devant le Parlement réuni pour un vote de confiance sur son gouvernement d’union avec son ancien rival Benny Gantz.

L’accord de partage du pouvoir entre les deux hommes prévoit l’annonce, à partir du 1er juillet, d’une stratégie pour appliquer le projet américain de résolution du conflit israélo-palestinien. Rejeté par les Palestiniens, ce plan prévoit notamment l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain et des colonies israéliennes en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par l’Etat hébreu.

Lors de ses vœux devant le corps diplomatique en janvier dernier, le Saint-Père avait réitéré « l’urgente nécessité pour l’ensemble de la communauté internationale de reconfirmer, avec courage et sincérité, et dans le respect du droit international, son engagement à soutenir le processus de paix israélo-palestinien ».

Sources : VaticanNews/Zenit



 


Installation du nouveau Grand-Maître

 

19 janvier 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME – le 16 janvier 2019, accompagné par le Gouverneur Général, Leonardo Visconti di Modrone, le cardinal Fernando Filoni, nouveau Grand Maître de l’Ordre, a été officiellement accueilli au Palazzo della Rovere, siège du Grand Magistère à Rome, au cours d’une cérémonie à laquelle participait son prédecesseur, le cardinal Edwin O’Brien.

Accompagné du Gouverneur Général, Leonardo Visconti di Modrone, le Cardinal Fernando Filoni, le nouveau Grand Maître de l’Ordre, a été officiellement accueilli le 16 janvier au Palazzo della Rovere, siège du Grand Magistère de Rome, lors d’une cérémonie au cours de laquelle son le prédécesseur le cardinal Edwin O’Brien.

Reçu à l’entrée par les plus hautes fonctions de l’Ordre, le Grand Maître atteint la Salle du Trône en saluant les membres du Grand Magistère présents. Le cardinal O’Brien a ensuite prononcé quelques mots de bienvenue, assurant à son successeur le soutien fidèle et enthousiaste de tous les Chevaliers et Dames du monde. « Notre noble Ordre remercie le Seigneur et certainement notre Saint-Père de nous avoir accordé le privilège de vous avoir comme nouveau guide ! Elle représentera une véritable bénédiction pour notre Ordre ", a-t-il conclu.

Avant de prononcer sa première allocution publique sous l’apparence de Grand Maître, le Cardinal Filoni a reçu l’Investiture au sein de l’Ordre des mains de son prédécesseur qui lui a remis l’insigne du Chevalier du Collier. Après cette cérémonie, Son Eminence a pu rencontrer personnellement tous les membres du personnel, avant de se rendre à la chapelle pour un moment de prière silencieuse en compagnie du cardinal O’Brien.



 


Le "Groupe des Jeunes" à Brugge

 

8 décembre 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUGGE - Pour la deuxième session de son programme d’étude des sacrements, consacrée au sacrement de l’Eucharistie, le "Groupe des Jeunes" de notre Lieutenance s’est rendu à Brugge ce samedi 30 novembre 2019. Quelques échos de cette belle journée.

Le premier intervenant de la journée était Mgr Lode Aerts, évêque de Brugge. Il a choisi de traiter un point technique liturgique, le geste de l’Offrande du pain et du vin au début la liturgie eucharistique. Il en a développé une réflexion théologique et pastorale très dense et est parvenu à rendre accessible ce thème difficile grâce à son enthousiasme et sa volonté d’être bien compris par tous.

Une messe en la Basilique du Saint-Sang, présidée par Mgr Aerts et concélébrée par le recteur de la basilique a permis aux jeunes chevaliers belges d’être rejoints par la Noble confrérie du Saint-Sang pour une très belle commémoration de la Saint-André. A l’issue de la messe, les jeunes chevaliers et leurs amis ont pu vénérer l’inestimable relique du Saint-Sang.

Le deuxième intervenant, le baron Jean-Pierre van Zuylen van Nyevelt a choisi de présenter sa ville, son architecture et son histoire sous l’angle de l’eucharistie. Il a proposé aux jeunes une visite des principaux lieux brugeois (basiliques, cathédrale, OL-kerk, statuaire en rue, ...). Une promenade sous un soleil généreux qui nous a fait déambuler pendant près de trois heures dans le centre historique de Brugge jusqu’au béguinage.

Nous avons célébré l’entrée dans la nouvelle année liturgique par le chant des vêpres avec religieuses en leur chapelle du Béguinage.

Le troisième intervenant, Monsieur Jacques Galloy, nous a présenté l’adoration eucharistique dans une perspective tant historique qu’actuelle, depuis les intuitions de Saint Julienne de Cornillon jusqu’à l’actualité des Journées Eucharistiques Mondiales. Il nous a fait part, dans un témoignage très intime, le l’importance de l’adoration eucharistique dans sa vie. Un long échange - imprévu - avec les participants a clôturé cette très belle journée.

Que monsieur l’abbé Edouard van Maele et monsieur Peter Broos, organisateurs de cette journée, soient vivement remerciés pour le déroulement de celle-ci.



 


Pèlerinage des jeunes de la Lieutenance en Terre sainte

 

10 novembre 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM/AMMAN - Une trentaine de jeunes de la Lieutenance belge a passé une dizaine de jours en pèlerinage en Terre sainte : Palestine, Jérusalem, Jordanie et Israël. Reportages et comptes rendus dans quelques jours



 


Jordanie 5 - Belgique 1 ...

 

10 novembre 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

WASSIEH - L’équipe de football de notre Lieutenance s’est inclinée avec panache et élégance face à l’équipe du Collège de Wassieh à Kerak (Jordanie).

Notre équipe, dont le capitaine était Constantin le Fevere de ten Hove, a livré une prestation inespérée face aux meilleurs éléments de la "Latin Patriarchate high School" de Wassieh. Il est évident que ces derniers, ayant une parfaite connaissance du terrain et des conditions atmosphériques, partaient avec une longueur d’avance...

L’unique but belge a été marqué à la fin de la première mi-temps par Aymeric le Fevere de ten Hove. La très belle prestation de notre gardien de but belge, Charles-Antoine Uyttenhove, a été saluée par l’équipe jordanienne.

Spontanément une centaine de jeunes jordaniens a soutenu l’équipe de la Lieutenance aux cris de "Belgica" "Belgica" sur les bords du terrain, en agitant des drapeaux belges avec enthousiasme.

Tous les joueurs (et joueuses) ont pris beaucoup de plaisirs à disputer dans un esprit de fairplay et d’amitié, ce match de football sur le terrain financé par l’Ordre.



 


“Les membres de l’Ordre sont des ambassadeurs de la Terre Sainte”

 

20 octobre 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Interview du Cardinal Secrétaire d’Etat Pietro PAROLIN par François Vayne pour le site internet du Grand Magistère.

Eminence, que représente à vos yeux l’Ordre du Saint-Sépulcre, quelle est sa place dans l’Eglise universelle et, puisque le Grand Maître est nommé par le Pape, peut-on dire qu’il s’agit du seul ordre chevaleresque intrinsèquement lié au Saint-Siège ?

Dès les premiers temps du christianisme, la Terre où naquit, vécut et mourut Notre Seigneur a occupé une place particulière dans le cœur des croyants et des diverses communautés ecclésiales qui s’étendaient peu à peu au-delà du monde juif. De nombreux fidèles choisirent de vivre l’Évangile soit sous une forme solitaire, comme les ermites, soit en se rassemblant dans les lieux qui avaient connu la présence terrestre du Christ, en particulier ceux qui étaient liés aux étapes de sa vie publique, à commencer par le Saint Sépulcre. Beaucoup ressentirent aussi le besoin de s’y rendre en visite. C’est ainsi que commencèrent les pèlerinages, une forme de voyage dévotionnel et existentiel qui connut une forte croissance au Moyen Age. C’est à cette époque que remonte la naissance de l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre, en référence explicite à la tombe qui abrita le corps de Jésus-Christ sans vie et d’où il ressuscita. La nécessité se fit sentir de défendre son intégrité et celle de ceux qui s’y rendaient en visite.

Parmi tous ceux qui s’engagèrent dans cette noble entreprise se trouvent les Chevaliers du Saint-Sépulcre. Les premiers documents qui les concernent remontent à l’an 1336. À partir du XIVème siècle, les Papes ont cherché à leur fixer des règles, notamment sur le plan juridique et, peu à peu, ils ont élargi leurs tâches pour se consacrer à la préservation de la foi en Terre Sainte et au soutien des œuvres caritatives et sociales de l’Église, en particulier celles qui sont promues par le Patriarcat latin de Jérusalem.

L’Ordre a toujours bénéficié de la protection des Souverains Pontifes. Pour ne citer que quelques épisodes, rappelons qu’en 1496, Alexandre VI décida qu’il en serait lui-même le Modérateur suprême, délégant aux franciscains – auxquels avait été confiée la charge du Saint-Sépulcre par Clément VI en 1342 – le pouvoir de conférer la Chevalerie aux nobles et autres gentilshommes se rendant en pèlerinage en Terre Sainte. La confirmation de ce privilège accordé aux franciscains fut renouvelée par Léon X en 1516, puis par Benoît XIV en 1746 et, enfin, en 1847, par Pie IX, qui reconstitua l’Ordre. En 1888, Léon XIII accorda aussi la possibilité de nommer les Dames. En 1907, Pie X décida que le titre de Grand Maître de l’Ordre appartiendrait au Pape lui-même. En 1932, Pie XI approuva les nouveaux statuts et concéda aux Chevaliers et aux Dames de recevoir l’investiture non plus seulement à Jérusalem. En 1940, Pie XII nomma un Cardinal Protecteur de l’Ordre. Après le Concile Œcuménique Vatican II, saint Paul VI, en 1977, approuva les nouveaux statuts. Saint Jean-Paul II concéda à l’Ordre la personnalité juridique vaticane. L’actuel Grand Maître est Son Éminence le Cardinal Edwin Frederick O’Brien.

L’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre est, avec l’Ordre Militaire Souverain de Malte, un des deux Ordres de chevalerie reconnus par le Saint-Siège. Dans le premier, le Grand Maître est nommé par le Pape, tandis qu’au sein du second, il est confirmé par lui.

Dans le monde entier les 30 000 Chevaliers et Dames sont présents, très actifs au coeur des Eglises locales, unis fortement aux évêques locaux qui sont souvent d’ailleurs les Grands Prieurs des Lieutenances de l’Ordre. Diriez-vous que la mission des membres de l’Ordre est d’être les ambassadeurs de la Terre Sainte dans leurs diocèses respectifs ?

Nous pourrions dire, en toute vérité, que les membres de l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre, tant les Chevaliers que les Dames, sont comme des “ ambassadeurs ” de la Terre Sainte. En effet, non seulement ils vivent leur foi chrétienne et manifestent leur adhésion à l’Église catholique dans les milieux où ils vivent et travaillent – en ce sens tous les baptisés sont appelés à être des “ ambassadeurs du Christ ” (cf. 2 Co 5, 20) – mais, par leur présence, dans les paroisses et dans leurs diocèses d’appartenance, ils soutiennent des initiatives en faveur des Lieux saints et sensibilisent les fidèles pour subvenir aux besoins des chrétiens qui y vivent, souvent dans des conditions difficiles, sinon dramatiques. Aujourd’hui, la tâche la plus pressante est de créer les conditions politiques et socio-économique qui permettent aux chrétiens de demeurer en Terre Sainte, car il en va de l’intérêt de toute l’Église que la Terre de Jésus ne devienne pas un musée de vestiges archéologiques et de pierres précieuses, mais continuent d’être une Église construite avec des « pierres vivantes » (1P 2, 5) ; des chrétiens qui, depuis deux mille ans, continuent la tradition ininterrompue de la présence des disciples du Christ. Il est donc demandé aux membres de l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre, non seulement de favoriser la collecte de fonds pour les réalités ecclésiales présentes en Terre Sainte, mais de prier et d’œuvrer pour que la paix prévale sur les divisions et sur les violences.

La Terre Sainte connaît une recrudescence exceptionnelle des pèlerinages depuis deux ou trois ans. Comment analysez-vous ce phénomène qui touche l’Eglise Mère de Jérusalem ? De plus pouvez-vous nous confier quelle expérience spirituelle personnelle vous avez vécu au Saint-Sépulcre ?

Les pèlerinages sont une façon importante de soutenir la présence chrétienne en Terre Sainte. C’est aussi grâce à ces voyages de la foi que les chrétiens peuvent aider les frères qui y vivent. Cela permet aux chrétiens de Terre Sainte de travailler et de subvenir aux besoins de leurs familles. Sans cet apport de solidarité, la Terre Sainte serait plus pauvre non seulement sur le plan économique, mais surtout du point de vue humain. Les pèlerinages permettent, en effet, un échange de cultures, de langues, de traditions, etc. qui ouvrent à la connaissance et au respect réciproque, en promouvant une société fondée sur les valeurs de justice et de fraternité universelles. Si, d’un côté, les pèlerins transmettent des ressources aux habitants de ces terres, de l’autre ils reçoivent beaucoup plus que ce qu’ils peuvent offrir. De fait, le pèlerin vit une expérience de foi sur les lieux de l’histoire du salut qui ont vu le passage de Jésus sur cette terre. Un voyage dans la mémoire et, en même temps, une redécouverte de l’Évangile qui s’incarne en tout temps et sous toute latitude.

Je peux dire que, pour moi, les visites en Terre Sainte, à commencer par la première en 1980, tout de suite après mon ordination sacerdotale, ont constitué une expérience humaine et spirituelle inoubliable. Je me souviens avec beaucoup d’émotion de la nuit où, en 2009, à la veille du voyage apostolique du Pape Benoît XVI, j’ai pu prier longuement à Gethsémani, dans la basilique de l’Agonie, entièrement vide, jusque tard dans la nuit. Ou encore, de la messe célébrée dans l’édicule du Saint Sépulcre, le lendemain matin, à l’aube. Ce furent des moments vraiment intenses, tout comme ceux que j’ai vécus à la suite du Pape François en 2014, qui ont laissé un signe indélébile dans mon cœur et dont je me rappelle avec un sentiment de nostalgie. Les pèlerinages en Terre Sainte ont été pour moi une façon privilégiée pour connaître, aimer et suivre davantage le Seigneur Jésus. Parfois, avec un frémissement de crainte, en ayant conscience de fouler la même terre que celle sur laquelle il a marché. Mais toujours avec une immense gratitude, en sachant que tout ce qu’il a fait, il l’a fait pour moi et pour tous mes frères et sœurs en humanité, il l’a fait pour notre amour et pour notre salut. Je souhaite que chaque personne pèlerine en Terre Sainte puisse vivre les mêmes sentiments et revenir renforcé dans la foi et dans le témoignage chrétien.

Propos recueillis par François Vayne pour www.oessh.va



 


Une centenaire à l’honneur !

 

13 octobre 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

WOLUWE - La baronne Donald Fallon, doyenne de notre lieutenance, a fêté son centenaire.

Madame Ghislaine de PIERPONT est née à Liège le 2 octobre 1919. Elle a épousé le baron Donald Fallon en 1941, à Liège. Elle est rentrée dans l’Ordre en 1978, a été promue dame de commanderie en 1985 et dame de commanderie avec plaque en 1987.

A l’initiative du Chancelier Sibille, une délégation du Conseil, emmenée par le Trésorier, a présenté à la jubilaire les félicitations des membres de la Lieutenance et lui a remis une icône de Notre-Dame Reine de Palestine écrite pour l’occasion par Madame Yolande Denneulin.

Nous fêtons donc cette année le deuxième membre centenaire dans notre lieutenance qui elle n’a pas encore fêté son centenaire. Nous avons fêté en février le centenaire de Monsieur Luc Gaillard.

L’équipe WEB de la Lieutenance présente à la jubilaire ses chaleureuses félicitations et lui redit "ad multos annos" !



 


Journée à Bouillon du Groupe des Jeunes

 

22 septembre 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BOUILLON - Le Groupe de Jeunes de la Lieutenance a passé une superbe journée à Bouillon ce samedi 21 septembre 2019.

L’Abbaye cistercienne Notre-Dame de Clairefontaine à Bouillon a accueilli la première de sept journées consacrées à l’examen approfondi des sacrements. Elle était entièrement dédiée aux sacrement du baptême et de la confirmation.

Le brillant orateur du jour était le chanoine Eric de BEUKELAER.

A l’issue des travaux, les jeunes membres du groupe ont rejoint la château ducal où une messe festive pour la Terre sainte a été célébrée dans la salle Godefroy. Elle a été présidée par Mgr Jean-Pierre DELVILLE et concélébrée (notamment) par Monsieur le Doyen GOSK. Une belle assemblée chantante et priante a prié, en deux langues, pour la paix en Terre sainte.

La journée s’est terminée à l’ancien couvent des Sépulcrines où une réception suivie d’un dîner très convivial a réuni les chevaliers et dames du Saint-Sépulcre et les Bouillonnais.



 


Visite du roi Albert II et de la reine Paola au Saint-Sépulcre

 

22 septembre 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le Roi Albert et la Reine Paola de Belgique ont visité cette semaine le Saint-Sépulcre de Jérusalem à l’occasion d’un pèlerinage privé.

A l’occasion d’un pèlerinage privé en Terre sainte, le roi Albert et la reine Paola ont visité le Saint-Sépulcre ce mardi 17 septembre 2019.

Le couple royal ayant mentionné avoir fêté ses 60 ans de mariage en juillet dernier, les trois supérieurs des communautés du Saint-Sépulcre, grec-orthodoxe, franciscain et arménien ont tenu chacun à les bénir.

Guidés pendant près d’une heure par le frère Stéphane Milovitch, directeur des biens culturels à la Custodie, Albert et Paola ont ainsi déambulé sous l’œil intrigué des touristes, avant de conclure leur visite par une photo officielle, sur le parvis de l’église.

Le Roi et la Reine sont tous deux membres de la Lieutenance de Belgique depuis de nombreuses années.

Nous leur souhaitons une belle suite de pèlerinage en Terre Sainte, et beaucoup de bonheur dans la suite de leur mariage !



 


Le "Groupe des Jeunes" de la Lieutenance

 

8 septembre 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Prenant une place très particulière au sein de la Lieutenance belge, le "Groupe des Jeunes" présente la particularité de bénéficier d’activités propres en matière d’approfondissement de la foi. Ces activités, complémentaires à celles proposées pour les aînés, vous sont présentées dans le cadre de cette interview du responsable de ce Groupe.

Webmaster (WM) : Qu’est-ce que le "Groupe des jeunes" ?

Thibault (TD) : Le Groupe des jeunes est composé d’une trentaine de chevaliers et dames de la Lieutenance de Belgique de l’Ordre du Saint-Sépulcre, âgés de moins de 45 ans (mais pour la plupart trentenaires) au moment de leur entrée dans le groupe, de tous horizons socio-professionnels, accompagnés de leurs conjoints, parents, enfants et amis.

Le groupe est vraiment très soudé et l’ambiance est très cordiale et conviviale. Nous aimons prier ensemble, apprendre ensemble, chanter ensemble. Mgr Jean-Pierre Delville est l’accompagnateur spirituel et le soutien de ce groupe. Le Lieutenant Fierens participe à pratiquement toutes les activités.

WM : Est-on toujours jeune à 45 ans ?

TD : Bien sûr ! Notre Lieutenance a eu pendant longtemps une logique de recrutement de personnes assez âgées. Il était d’usage d’attendre 35 ans pour y rentrer. La tranche d’âge 35 - 45 ans est donc celle des plus jeunes de la Lieutenance. Le plafond de 45 ans est actuellement en débat.

Sous l’impulsion du Lieutenant Fierens (et des demandes fortes au sein du Groupe …) la Lieutenance accueille actuellement des jeunes sans beaucoup d’attention à l’âge pour autant qu’ils aient un profil adéquat. Adrien, le plus jeune membre de la Lieutenance est entré à 24 ans. Il est toujours actuellement le benjamin de la Lieutenance (Monsieur Gaillard, centenaire depuis peu de temps, en est le doyen).

WM : Quel est le profil des membres du Groupe ?

TD : Le groupe est composé jeunes catholiques pratiquants très réguliers. Universitaires, nous avons presque tous un office ou une mission pastorale ou structurelle en Eglise. Une dizaine de membres sont docteurs (PhD) ou doctorants. Le groupe est essentiellement francophone (90%) mais ayant une connaissance passive utile du néerlandais. Nous sommes à la recherche de membres néerlandophones. Il réunit six nationalités !

WM : Le Groupe est-il fermé ?

TD : Oh non, pas du tout ! Nos réunions sont largement ouvertes à toutes celles et ceux qui ont un profil adéquat. Nous tenons beaucoup à intégrer des nouveaux membres à notre groupe. Pour certaines activités, nous avons recommandé que chaque membre soit accompagné d’un parent ou d’un ami (qui généralement poursuit un bout de chemin avec nous).

WM : Que faites-vous ?

TD : Un des pôles majeurs d’attention du groupe est l’approfondissement de notre foi. Pour y parvenir nous organisons des retraites, pèlerinages, récollections, soirées thématiques mais aussi des groupes de partage d’écriture sainte.

Depuis huit ans, nous avons eu plus d’une cinquantaine d’activités spirituelles : des pèlerinages (Rome, Terre sainte, Lorraine, Paris, Trêves, ...) ; des retraites (Maredsous, Wavreumont, Waterloo, Clairvaux, Prüm, Paris, ...), des récollections (Liège, Ophain-Bois Seigneur Isaac, Antwerpen, Gent, Nancy, Bruxelles, ... et bientôt à Bouillon, Hasselt, Mons, Mechelen, Namur et Brugge).

Les intervenants sont volontairement très divers par leurs tendances ou par leurs origines. Nous avons eu le plaisir et la joie d’accueillir à nos activités des cardinaux, un patriarche, des nonces, des supérieurs d’ordres religieux, de nombreux évêques de Belgique, des cadres du Patriarcat latin, des professeurs d’université, …

Nous accueillerons avec joie très bientôt dans le cadre de nos travaux et activités 2019-2020 S. Em. le Cardinal Jozef De Kesel, SER Mgr Alberto Ortega Martín, Nonce apostolique à Bagdad, LL. EE. Mgr William Shomali, Mgr Lode Aerts, Mgr Patrick Hoogmartens, Mgr Guy Harpigny mais aussi Mgr Fabrice Rivet (Nonciature à Bruxelles), Mgr Joël Rochette (vicaire général de Namur), le chanoine Eric de Beukelaer (Liège), les prof. Arnaud Join-Lambert et Caroline Werbrouck, le père Rifat Bader (Radio Vatican/Moyen Orient) et beaucoup d’autres !

WM : Quelles sont les activités prévues pour l’année pastorale 2019-2020 ?

TD : Pour l’année pastorale 2019-2020 (de septembre 2019 à décembre 2020), notre programme d’approfondissement de la foi est structuré autour de trois pôles.

  • Le CYCLE A est l’organisation de soirées de partage d’écritures saintes à raison d’une soirée par mois avec le TR Père Benoît Carniaux, o. praem, prélat de l’Abbaye de Leffe, à l’Abbaye de la Cambre à Bruxelles. Nous y étudierons avec gourmandise en deux ans les Actes des Apôtres. Nous venons de terminer avec lui un cycle passionnant de deux ans sur les épitres de St Paul aux Corinthiens.
  • Le CYCLE B est l’organisation de sept grandes rencontres d’une journée à raison d’environ une par trimestre autour des Sacrements et des Sacramentaux. Il s’agit de la redécouverte des sacrements et des sacramentaux sous les angles historique, pastoral, théologique et liturgique, en allant au-delà de ce que nous pensons connaître à ce sujet ou de ce que nous faisons ou disons de manière mécanique. Il s’agira d’une approche pratique et systématique des diverses sacrements en étant notamment attentifs aux gestes, aux paroles, aux tenues, aux rites, aux lieux, aux acteurs, aux prières, ... Nous changeons de diocèse pour chacune de nos journées de travail.
    Nos journées d’étude se terminent par une Missa Pro Terra Sancta festive et joyeuse. Elle est en règle générale, et ce depuis quelques années, présidée par l’évêque du lieu dans sa cathédrale ou dans un lieu qu’il apprécie particulièrement. Cette messe est généreusement ouverte à tous et nous y invitons très largement pour prier ensemble pour la Paix en Terre sainte.
    Il y a ensuite souvent un temps de convivialité.
  • Le CYCLE C est l’organisation de grands évènements :
    - Pèlerinage en Terre sainte pendant les vacances de la Toussaint 2019. Sous la présidence de Mgr Jean-Pierre Delville, une trentaine de jeunes de notre groupe ira à la découverte de nos frères chrétiens en Jordanie.
    - Pèlerinage d’un jour en Lorraine pour fêter Saint-Nicolas (le samedi 7 décembre 2019)
    - Vénération de la Sainte Couronne à Paris (mars 2020)
    - Pèlerinage à Rome à l’occasion de l’Ascension 2020 (avec des jeunes chevaliers et dames de toute l’Europe) que nous organisons.

WM : Quel est le calendrier du cycle B ?

TD : Nous sommes très heureux de ce cycle dont nous attendons tous beaucoup. Il est la poursuite du cycle B de l’année dernière sur la Messe. Il s’articule en sept journées avec l’implication forte des évêques des diocèses dans lesquels nous passons :

  • Baptême et confirmation : Bouillon, septembre 2019 : Chanoine Eric de Beukelaer et Mgr JP Delville
  • Eucharistie : Brugge, novembre 2019 : Mgr Lode Aerts et chanoine Philippe Hallein
  • Malades : Hasselt, février 2020 : Mgr Hoogmartens, Prof. Caroline Werbrouck, Chanoine Felix Rijcken
  • Ordre : Mechelen, avril 2020 : Cardinal Jozef De Kesel, Mgr Fabrice Rivet, Abbé Edouard van Maele
  • Mariage : Mons, mai 2020 : Mgr Guy Harpigny, Abbé Jean-Pierre Lorette
  • Pénitence : Bruxelles, septembre 2020 : Mgr Jean Kockerols, abbé Claude van Havre
  • Sacramentaux : Beauraing, novembre 2020 : Mgr Pierre Warin, Prof. Arnaud Join-Lambert, abbé Christophe Rouard

WM : Ce beau programme est-il ouvert aux ainés ?

TD : Non. Compte tenu des spécificités du groupe, de ses attentes, de son niveau de connaissance et pour maintenir une très grande liberté des échanges (auxquels nous tenons beaucoup), nous avons décidé que les activités étaient très largement ouvertes aux moins de 45 ans mais exclusivement à ceux-ci. Les ainés sont invités à nous rejoindre aux Messes et aux activités culturelles.

Les ainés peuvent se concentrer sur les activités proposées par la Commission "Approfondissement de la foi" qui sont davantage axées sur l’érudition et la culture, les activités du Groupe étant plutôt de l’instruction religieuse axée sur les fondamentaux de la foi.

WM : Comment vous contacter ?

TD : C’est très simple. Idéalement via un membre du groupe ou à défaut via l’adresse email : jeunes chez oessh.be

Illustration : pèlerinage à Rome en 2016, Grand magistère



 


Pèlerinage en Terre sainte (en cours)

 

6 septembre 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TERRE SAINTE - Une vingtaine de pèlerins de notre lieutenance sillonnent la Terre sainte depuis quelques jours. Ils nous adressent cette très belle photo depuis le lac de Tibériade.



 


Investitures 2019

 

7 juillet 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES – Le Cardinal Edwin O’BRIEN, Grand-maître de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, a présidé, le 15 juin 2019, les investitures de sept dames et chevaliers pour la Lieutenance de Belgique.

Rituel de l’investiture

Après une longue procession qui s’est déroulée pendant l’exécution de l’hymne « Lauda Jerusalem », le Cardinal a salué l’assemblée et entonné le « Veni Creator ». A l’issue de celui-ci, il a adoubé quatre chevaliers et ensuite a investi trois dames :

Dokter Paul BEX
Maître Géry LEFEBVRE
Professor Jörgen VIJGEN
De heer Frank FOULON
Madame Diana COSEANO
Madame Véronique MIHAIL
Professor Anne DE PAEPE

Les clercs ont ensuite rejoint la sacristie pour quitter leurs habits de chœur et revêtir des ornements liturgiques pour célébrer la messe.

Messe du Saint-Esprit

La messe, présidée par le Cardinal et concélébrée par Mgr Jean Kockerols, Grand Prieur de la Lieutenance de Belgique et par quatorze prêtres, parmi lesquels Mgr Fabrice Rivet (représentant le Nonce apostolique en Belgique), Mgr Hrvoje Skrlec (représentant le Nonce apostolique auprès de l’Union Européenne) et Mgr Roberto Lucchini, de la Secrétairerie d’Etat du Vatican, était celle votive du Saint-Esprit.

Pendant la prière universelle, l’assemblée a particulièrement prié pour la Paix en Terre sainte et pour la guérison de son Lieutenant.

La chorale, dirigée par Monsieur Laurent Fobelets, a animé de façon magistrale cette belle célébration.

Déjeuner festif

A l’issue de la célébration, un déjeuner a été offert au Cercle royal gaulois, dans le parc royal, à Bruxelles. Au cours de celui-ci, un chevalier, aux noms de tous les nouveaux membres, a remercié la Lieutenance de son accueil, les invités de leur présence et le Grand Maître de sa venue à Bruxelles pour l’occasion.



 


Veillée d’armes 2019

 

7 juillet 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES- Conformément à l’antique tradition, une veillée d’armes, présidée par Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, a précédé les investitures, la veille au soir, dans l’église capitulaire Notre-Dame des Victoires au Sablon

La veillée d’armes est divisée en plusieurs parties.

Liturgie de la parole

La veillée débute par une intense liturgie de la parole. Le sens de cette première partie est d’enraciner les engagements des impétrants dans la Parole de Dieu. Les trois lectures (Isaie 54, 1-5 / Ephésiens, 6, 10-18 / 2 Corinthiens, 8, 1-14) ont été entrecoupées de psaumes dialogués entre l’assemblée et le cantor, Peter Broos, qui avait composé les très belles mélodies pour l’occasion. Cette première partie s’est terminée par l’homélie lumineuse de Mgr Delville axée sur deux volets en lien avec l’Evangile (Mc 15,33-47 - 16,1-8) : la mort de Jésus et l’annonce de sa résurrection

Bénédiction des insignes et des manteaux

Après le chant de la litanie des saints (Gélineau), Mgr Delville a procédé à la bénédiction des insignes et des manteaux qui seront portés par les dames et chevaliers.

Signature des promesses

Conformément au rituel, les impétrants ont ensuite prononcé la promesse en lien avec les engagements pris avant de rentrer dans l’ordre.

Chaque impétrant a promis principalement de « … soutenir de toutes mes forces les chrétiens de Terre Sainte et le Patriarcat latin de Jérusalem, par ma prière, mon engagement personnel et mes moyens matériels et financiers … »

Ils ont ensuite signé l’un après l’autre sur l’autel, le texte de la promesse. La chorale, dirigée par Monsieur Laurent Fobelets, a chanté a cappella le chant de la promesse. Un moment de grâce.

Promotions

La lieutenance a ensuite remercié quelques-uns de ses membres qui se sont particulièrement distingués par leurs services, souvent discrets, en faveur des Chrétiens en Terre sainte. Il s’agit de :

Monsieur Baudouin DERRIKS (Chevalier Grand-Croix)
Baron Jean-Pierre van ZUYLEN van NYEVELT (Grand-Officier)
Docteur Bernard ARS (Commandeur)
Maître Olivier de CLIPPELE (Commandeur)
Monsieur Michel de LANTSHEERE (Commandeur)
Madame Sabine de CLIPPELE (Dame de commanderie)

Adoration eucharistique

Une adoration eucharistique a clôturé cette très priante veillée d’armes.



 


Gaudet Mater Ecclesia : sept nouveaux membres pour la lieutenance de Belgique

 

16 juin 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Ce samedi 15 juin 2019, la Lieutenance de Belgique a accueilli en son sein, sept nouveaux membres.

Ils sont d’horizons, d’âges, d’expériences ou d’expertises très variés mais tous se rejoignent dans l’amour de la Terre sainte et le service de leurs soeurs et frères chrétiens vivant sur cette terre meurtrie.

Prions Notre-Dame Reine de Palestine de veiller sur ces nouveaux membres et sur les engagements solennels qu’ils ont pris ce 15 juin 2019, soutenus et entourés de la chaleureuse présence de tous les membres de la Lieutenance de Belgique, au cours de la messe présidée par le Cardinal O’Brien, grand maître de l’Ordre

Reportages, vidéos et photos dans quelques jours !



 


Retraite des impétrants à Maredsous

 

9 juin 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

MAREDSOUS - Sept impétrants se sont retirés ce week-end de la Pentecôte à l’abbaye bénédictine de Maredsous pour y vivre en commun la retraite préparatoire à leur entrée dans l’Ordre samedi 15 juin prochain.

La retraite des impétrants est non seulement une obligation statutaire mais surtout et avant tout une grande joie et une occasion de faire connaissance avec ceux et celles avec qui ils vont cheminer dans l’Ordre, les cadres de la Lieutenance dans une ambiance recueillie et toujours très conviviale. .

Organisée par le Commandant e.r. Benoît Sibille, chancelier de la Lieutenance, elle a été prêchée par l’abbé Jean-Pierre Claeys Bouuaert, aumônier de l’ Algemeen Ziekenhuis Sint-Lucas à Gent, ces 7, 8 et 9 juin 2019 à l’Abbaye de Maredsous.

Dans une excellent ambiance, les impétrants y ont étudié notamment les textes sacrés choisis pour la veillée d’armes et pour la messe des investitures. Ils ont l’occasion de participer à la messe de la Pentecôte en la Basilique abbatiale Saint-Benoît, présidée par Dom Lorent, osb, père abbé de Maredsous.

Prions pour eux, que Notre-Dame Reine de Palestine les garde et les protège !



 


La Lieutenance de Belgique finance un terrain de sport à Naour (Jordanie)

 

1er juin 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NAOUR - L’école du Patriarcat latin de Naour (Jordanie) se réjouit depuis ce début d’année des nouvelles infrastructures sportives mises en place grâce aux dons de la Lieutenance de Belgique. Cette initiative a vu le jour pour permettre aux élèves de s’épanouir au sein de l’établissement et de rendre l’enseignement plus vivant et convivial.

« Le sport est une activité humaine de grande valeur, capable d’enrichir la vie des gens ! » (Pape François)

Naour est une petite ville de 50 000 habitants au Sud-Ouest d’Amman vivant de l’agriculture et du commerce. Initialement, la paroisse et l’école ont été bâtit en 1924, l’école fut par la suite déplacée à deux reprises, en 1954 et quarante ans plus tard, lieu où elle se trouve actuellement.

L’école possède aujourd’hui huit salles de classes dont profite 350 élèves du primaire à la maternelle. Il y a de plus trois laboratoires possédant des ordinateurs, un petit équipement scientifique ainsi que quelques livres.

Les travaux des nouvelles infrastructures sportives, dont la réalisation a été rendue possible grâce à la générosité des chevaliers de l’Ordre équestre du Saint Sépulcre de la Lieutenance de Belgique, ont été gérés et supervisés par le service d’ingénierie du Patriarcat latin.

Ce projet fait partie intégrante d’un projet d’avenir pour l’école du Patriarcat latin de Naour qui serait celui d’ouvrir un grand lycée qui s’étendrait jusqu’à la 12ème année (équivalent de la Terminale française). La mise en œuvre de ce plan a commencé en 2010, après avoir fait une réhabilitation complète des bâtiments. En 2017, un étage supplémentaire pour les 9e et 10e années a vu le jour. Grâce à la création de l’aire de sports et de loisirs, le plan de réhabilitation de l’école avance à grands pas, ce qui profite directement aux élèves et à l’évolution de leurs besoins.

Irénée Julien-Laferrière pour www.lpj.org



 


Pèlerinage en Terre Sainte du 27 avril au 5 mai 2019

 

19 mai 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TERRE SAINTE - Vingt-deux pèlerins ont sillonné la Terre sainte, guidés et accompagnés par le Frère Christian Eeckhout op. Nancy de Montpellier qui a organisé ce très beau pèlerinage pour notre lieutenance nous en fait le récit.

Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur (ps 121, 1) ! »

Animés par la soif de découvrir le pays choisi par Dieu pour nous donner son Fils Jésus, les vingt-deux pèlerins se rendent à Bethléem, le lieu de sa naissance : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur (Lc 2, 11). »

Invités par Abouna Elias Tabban, le curé de Beit Sahour, nous rejoignons la communauté paroissiale pour l’Eucharistie du dimanche de la miséricorde. Il nous dit ceci : « Nous devons avoir une vision plus profonde pour aider les chrétiens à rester, former des laïcs pour aider les prêtres et approfondir la vie spirituelle des scouts et des jeunes. »

Accueillis chaleureusement à la Guest House Saint Vincent, Sœur Laudy nous partage avec beaucoup d’émotion les difficultés de sa mission : « Nous sommes quatre Filles de la Charité qui travaillons à la Crèche et nous accueillons quarante-sept enfants de 0 à 6 ans en donnant la priorité aux enfants abandonnés. Il y en a vingt actuellement. Nous leur donnons de l’affection, de l’amour, une éducation. » 

Le lendemain, nous faisons route vers le désert du Négev et visitons le site d’Avdat, cité nabatéenne, puis romaine et byzantine. Arrivés dans la combe érosive appelée « Makhtesh Ramon », nous marchons pendant plusieurs heures et célébrons l’Eucharistie dans une grotte : « Tu l’as vu aussi dans le désert : le Seigneur ton Dieu t’a porté, comme un homme porte son fils, tout au long de la route que vous avez parcourue jusqu’à votre arrivée en ce lieu (Dt 1, 31). »
Sur les pas de Jésus, nourris par la lecture des récits évangéliques, nous traversons Jéricho, puis célébrons l’Eucharistie dans la Basilique de l’Annonciation à Nazareth. « Et Jésus parcourut toute la Galilée, proclamant l’Evangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons (Mc 1, 39). »

La journée du 1er mai est vécue autour de la mer de Galilée : Capharnaüm et le discours du Pain de Vie dans la synagogue (Jn 6), Kursi (Mc 5, 1s), la traversée en bateau et Tabgha.

Le lendemain, nous rejoignons Césarée de Philippe, lieu de la profession de foi de Pierre (Mt 16, 15 et 16) et les sources du Jourdain où nous renouvelons les promesses de notre baptême. Nous continuons la route vers le Mont Carmel avec le prophète Elie, passionné de Dieu, et vers Jaffa avec le prophète Jonas.
Nous passons deux journées complètes à Jérusalem : « Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion (ps 147, 12) ! » et nous cheminons en nous imprégnant spirituellement des événements de la vie de Jésus qui se sont passés dans le Temple, au Cénacle, dans la vallée du Cédron, à Gethsémani et au Saint-Sépulcre où, réunis dans la chapelle des Croisés, nous célébrons l’Eucharistie.

Deux témoignages nous sont partagés : celui de Monseigneur Kamal-Hanna Bathish lors de la remise des coquilles au Patriarcat et celui du président du Séminaire patriarcal de Beit Jala, Abouna Yacoub Rafidi qui nous dit ceci : « Il est important de soutenir tous les chrétiens de Terre Sainte : de 20%, ils ne sont qu’1 % en Palestine et 2 % en Israël. Il faut aider les écoles et les familles, et favoriser le dialogue. Nous formons des prêtres pour la Terre Sainte et entre le Séminaire et l’Ordre du Saint-Sépulcre, il y a comme un mariage. »

Le dernier jour, nous célébrons l’Eucharistie au Sanctuaire de Notre-Dame, Reine de Palestine, à Deir Rafat, joyeusement accueillis par les Petites Sœurs de Bethléem : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis (ps 132,1) ! »

Voici un extrait du témoignage d’un des pèlerins, notre confrère Etienne de Paul de Barchifontaine : « L’accueil du Frère Christian Eeckhout, puits de science biblique mais aussi de bien davantage, grand organisateur, nous avait concocté un séjour qui nous a transformés. Qu’il en soit, du plus profond du cœur, remercié ! Ce séjour a montré combien l’action de l’Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem a tout son sens pour garantir la protection des Lieux Saints et pour permettre à une vie chrétienne de survivre dans la région. Merci à l’ensemble du groupe dans lequel une grande harmonie et l’entraide se sont installées très rapidement. »

En conclusion ou plutôt « en envoi en mission », soyons enracinés dans la foi au Christ mort et ressuscité, passionnés d’amour fraternel qui ne passera jamais et porteurs d’espérance dans nos familles, nos professions et nos divers engagements !

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime (Jn 15, 13).

Nancy de Montpellier



 


« L’Ordre est une expression de l’étreinte universelle de l’Eglise »

 

27 janvier 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Durant la Consulta, Mgr Pierbattista Pizzaballa, Administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, a partagé quelques réflexions quant à la situation en Terre Sainte avec les Lieutenants et Délégués magistraux. En voici une synthèse.

« J’ai déjà rencontré un grand nombre d’entre vous en Terre Sainte. C’est un beau signe de votre présence constante sur cette terre mais cela me permet également de dire que je me sens en famille ici, en retrouvant les visages et les histoires que je connais déjà et je rends grâce au Seigneur pour cela », a déclaré Mgr Pizzaballa au début de la Consulta.

En rappelant la nature divine de l’Eglise, l’Administrateur apostolique a d’abord affirmé : « Personne n’est indispensable et l’Eglise en Terre Sainte, même sans l’Ordre du Saint-Sépulcre, survivrait car c’est le Seigneur qui pourvoit à tout. Cependant – a-t-il poursuivi par des mots clairs – une grande partie des activités de l’Eglise en Terre Sainte sont possibles grâce à votre présence et soutien. Nous rendons grâce au Seigneur pour cela et remercions chacun de vous parce que si aujourd’hui l’Eglise de Terre Sainte, en dépit de toutes ses limites et problèmes, est encore en mesure d’exprimer la présence de Dieu sur cette terre avec énergie et vitalité, c’est également grâce à vous ».

Les activités menées grâce à différents projets mais surtout grâce aux paroisses, écoles et hôpitaux du Patriarcat, sont suivies avec affection et attention de la part des membres de l’Ordre. « Nous sommes souvent confrontés à des difficultés et nous tendons à être un peu négatifs vis-à-vis de notre réalité. Pourtant, lorsqu’il nous vient à l’esprit de dire que l’on ne parvient pas à faire assez, un Lieutenant arrive avec son groupe, qui nous demande de trouver une nouvelle initiative, nous contraint dans un certain sens à nous remettre en jeu et à voir tous les bons côtés, au-delà des problèmes. Vos yeux si passionnés nous aident à voir notre réalité avec un regard toujours renouvelé ».

Les questions à aborder sont clairement nombreuses et, au cours de la réunion, l’Administration apostolique en a mentionné plusieurs : des difficultés que toutes les églises au Moyen-Orient sont en train de traverser à la diminution des sacrements en partie due au faible taux de natalité, causé par la difficulté de fonder des familles dans des situations telles que Gaza, et même à Jérusalem. En ce qui concerne le problème du chômage, Mgr Pizzaballa a insisté sur l’importance de l’autonomie des opportunités et des projets : « Au sud de la Jordanie, de petites activités ont été mises sur pied, dans lesquelles certaines femmes font du fromage et de la ricotta. Il s’agissait de familles qui s’apprêtaient déjà à partir pour Amman et qui ont ainsi pu rester. Les initiatives du genre ont besoin d’un soutien initial mais il est ensuite important qu’elles soient en mesure de se financer de manière autonome ».

Au-delà des remerciements pour le soutien matériel offert par l’Ordre, ce qui a peut-être le plus touché le coeur des participants à la Consulta a été le fait de comprendre que la prière et l’intérêt envers la Terre Sainte n’est en rien un aspect secondaire pour nos frères et soeurs qui aujourd’hui encore vivent sur la terre de Jésus : « L’Ordre est l’une des expression de l’étreinte universelle de l’Eglise – a déclaré Mgr Pizzaballa – et le fait de savoir qu’il existe 30.000 Chevaliers et Dames dans le monde revient à savoir qu’il y a au moins 30.000 personnes qui s’intéressent et prient pour l’Eglise en Terre Sainte. C’est un fait réconfortant qui nous indique que nous ne sommes pas seuls ».

Elena Dini pour www.oessh.va



 


Nos jeunes fêtent Saint-Nicolas en Lorraine

 

9 décembre 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

LORRAINE - Une délégation d’une quinzaine de jeunes membres de la Lieutenance a participé pour la huitième fois consécutive, avec beaucoup d’enthousiasme à la 773ème procession de Saint-Nicolas en la basilique de Saint-Nicolas-de Port, dans la banlieue de Nancy. La joyeuse bande a débuté la journée à Toul pour y découvrir, notamment, les richesses de sa superbe cathédrale.

A l’invitation du Colonel Philippe Pasteau, responsable de la Commanderie de Lorraine, et de son coadjuteur Alain Oury, le groupe des jeunes de notre lieutenance a participé, pour la huitième fois consécutive, à la procession ancestrale en l’honneur de Saint-Nicolas, patron des enfants sages et de la Lorraine en la basilique qui lui a été consacré à Saint-Nicolas-de-Port, à 14 km de Nancy.

TOUL, perle gothique de la Lorraine

La journée à débuté à Toul, ville épiscopale au riche passé, par un déjeuner typiquement lorrain que Monsieur l’Archiprêtre de la Cathédrale, l’abbé Jacques Détré, a préparé pour nous en son presbytère. Les échanges, lors de ce déjeuner très convivial, nous ont permis de percevoir les défis à relever par ce curé charismatique par rapport à la conservation de monuments délicats et exigeants (cathédrale et collégiale) et de ce qui y est vécu par la communauté chrétienne mais surtout par rapport à la nouvelle évangélisation de cette partie de la Lorraine.

Après un détour par la superbe salle du chapitre, Monsieur l’Archiprêtre nous a guidé dans sa cathédrale Saint-Etienne qu’il nous a présentée sous divers angles. Nous y avons passé un peu plus de deux heures.

La cathédrale est un édifice de style gothique surtout connu pour sa façade occidentale, chef-d’œuvre du gothique flamboyant, et par son cloître gothique, le deuxième plus grand de ce style en France, et deux chapelles Renaissance (dont la chapelle des évêques). Les tours de la façade ont un hauteur de 65 m, la nef, 100 m de long pour une hauteur de voûte de 30 mètres et le transept 56 m de large. Sa construction a débuté au XIIIème siècle sur l’emplacement d’un édifice roman lui même construit sur un temple romain.

Saint-Nicolas de Port

Après un dîner pris avec les chevaliers lorrains et leurs invités à Varangéville, le groupe a rejoint la basilique de Saint-Nicolas de Port pour y participer à la 773ème procession en l’honneur du patron de la Lorraine. Cette procession qui se déroule chaque année le samedi le plus proche du 6 décembre, depuis le 6 décembre 1245 présente la caractéristique de se dérouler intégralement dans l’immense bâtiment gothique, ce qui limite le nombre de participants à 3000, malheureusement pour les autres.

En clin d’oeil à l’actualité, lors de son homélie, Mgr Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard, prélat invité cette année pour présider les festivités, a fait des allusion subtiles mais bien comprises de l’assemblée aux gilets jaunes.

L’organisation de cette belle célébration, à laquelle des centaines de guides et scouts ont participé, était l’oeuvre de Monsieur l’abbé Alexandre Thomassin, 38 ans, nouveau recteur de la basilique que la Lieutenance de Belgique remercie à nouveau pour son accueil fraternel.

A l’issue de cette procession, quelques chevaliers et dames ont reçu la manne de Nicolas sur le front.

"Saint Nicolas, ton crédit d’âge en âge, a fait pleuvoir tes bienfaits souverains.
Viens, couvre encor’ de ton doux patronage tes vieux amis les enfants des Lorrains"



 


Consulta : premières impressions du Lieutenant pour la Belgique

 

20 novembre 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

INTERVIEW - De retour de Rome, le Lieutenant pour la Belgique, Jean-Pierre Fierens, nous a confié en exclusivité ses premières impressions sur la Consulta qui vient de s’achever.

Excellence, vous revenez de Rome où vous avez participé à la Consulta. Pourriez-vous nous présenter cette initiative du Grand magistère ?

La Consulta est prévue par les statuts de l’Ordre. Elle réunit tous les cinq ans tous les lieutenants du monde entier pour réfléchir ensemble autour d’un thème retenu par le Cardinal Grand Maître. En 2013, la Consulta avait pour thème central d’adapter les statuts de l’Ordre aux nouvelles réalités de notre époque.

Il importe de signaler qu’il s’agit d’un organe statutaire de consultation (d’où son nom) pour le Grand Maître. Il lui revient, étant informé par les avis des lieutenants, de prendre les décisions adéquates et les soumettre à l’approbation du Saint-Père par l’intermédiaire de son Secrétaire d’Etat.

S’agit-il des seules réunions des lieutenants ?

Non, chaque année les lieutenants se réunissent par continent autour d’un thème particulier. Ce sont des réunions très importantes pour créer des liens entre les lieutenants, entre les lieutenants et le Grand – Magistère et pour prendre le pouls de ce qui est vécu dans chaque lieutenance.

Quel était le thème de cette Consulta ?

Le thème était « Les devoirs du lieutenant dans sa lieutenance ». Sous ce thème central et très large, il s’agissait de réfléchir sur des sujets aussi variés que la collaboration entre le lieutenant et le Grand-Magistère, la désignation du lieutenant, l’indispensable collaboration avec le Grand-Prieur de la lieutenance, les relations avec les membres (et en particulier, ceux qui ne respectent plus leurs engagements - présence et dons – ponctuellement ou non), le rôle du lieutenant dans l’organisation des activités et dans le recrutement de nouveaux membres, …

Comment avez-vous travaillé ?

Avant notre départ à Rome, nous avons reçu un instrumentum laboris, un épais syllabus pour nous permettre de préparer nos travaux et de nous préparer aux travaux.

A Rome, nous avons eu des sessions plénières mais le gros du travail était fait au sein de plus petits groupes de travail organisés sur une base linguistique. Dans mon groupe de travail, il y avait notamment des lieutenants de Suisse, d’Italie, … Nous avons été bien aidés par l’assistance d’interprètes. Très rapidement, nous avons pris conscience de la grande diversité des situations particulières des lieutenances : que de différences entre l’Australie et l’Autriche !

Que retenez-vous des travaux pour votre action en Belgique ?

Que beaucoup de choses fonctionnent bien en Belgique (rires) ! Il faudra réfléchir, avec mon conseil, sur une meilleure présence au sein des diocèses, de renforcer les très bons liens entre le lieutenant et les présidents des sections diocésaines, … Je retiens aussi que les directives du Grand-Magistère doivent être adaptées à chaque situation locale mais en gardant l’esprit de la directive. Enfin, il a été rappelé la nécessaire préparation de la transition d’un lieutenant à un autre.

Vous avez eu la joie de rencontrer le Saint-Père, que retenez-vous de son allocution aux membres de la consulta ?

Le pape François a été très chaleureux avec nous. Il nous a encouragés à poursuivre notre œuvre de soutien à la présence chrétienne en Terre Sainte, aux côtés du Patriarcat latin de Jérusalem. Il a rappelé que dans un contexte régional marqué par la crise des réfugiés qui a amené l’Église à s’investir dans l’assistance humanitaire aux populations, nous avons été très présents. Le Pape a salué le fait que les initiatives menées par l’Ordre du Saint-Sépulcre dans le domaine éducatif et sanitaire soient ouvertes à tous, indépendamment des appartenances religieuses.

Le Saint-Père s’est réjoui du développement de l’Ordre du Saint-Sépulcre, qui a accueilli de nombreux nouveaux membres ces dernières années. Il nous a invité aussi à une « croissance spirituelle » et à la consolidation de la relation de chaque chevalier et de chaque dame avec le Seigneur Jésus, dans « la prière, la méditation des Écritures sacrées et l’approfondissement de la doctrine de l’Église ».

Il a béni une icône de Notre-Dame, Reine de Palestine, qu’il a qualifiée de « Mère et Secours des Chrétiens ». Chaque lieutenant en a reçu une reproduction. Il serait bien que celle que j’ai reçue soit placée dans notre église capitulaire du Sablon de manière ponctuelle ou pérenne.



 


Le Pape demande aux membres de l’Ordre de témoigner partout de la bonté de Dieu

 

18 novembre 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - "L’objectif final" des œuvres l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est “l’amour évangélique du prochain” et non sa simple "amélioration matérielle", a expliqué le pape François aux membres de la Consulta reçus en audience au Palais apostolique au Vatican le 16 novembre 2018.

Chers frères et soeurs,

Je vous souhaite la bienvenue à la conclusion de la Consulta des membres du Grand Magistère et des lieutenants de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Je salue et remercie le cardinal Edwin O’Brien, grand maître, et le pro grand prieur, Mgr Pierbattista Pizzaballa ; Je salue les membres du Grand Magistère ainsi que les lieutenants des nations et des lieux où l’Ordre est présent. Et avec vous, je salue toute la famille des chevaliers et des dames du monde entier. Ma gratitude va à vous tous pour les nombreuses activités spirituelles et caritatives que vous menez au profit des peuples de la Terre Sainte.

Vous vous êtes réunis pour les travaux de la Consulta, l’assemblée générale qui a lieu tous les cinq ans au siège de Pierre. Ici au Vatican, vous êtes d’une certaine manière chez vous, car vous constituez une ancienne institution pontificale placée sous la protection du Saint-Siège.

Depuis la dernière Consulta de 2013, l’Ordre a augmenté dans le nombre de ses membres, dans l’expansion géographique avec la création de nouvelles articulations périphériques, dans l’assistance matérielle offerte à l’Église en Terre Sainte et dans le nombre de pèlerinages effectués, par vos membres. Je vous remercie de votre soutien aux programmes d’utilité pastorale et culturelle et je vous encourage à poursuivre, aux côtés du Patriarcat latin, votre engagement à faire face à la crise des réfugiés qui a conduit l’Église à apporter une réponse humanitaire significative au cours des cinq dernières années. toute la région.

C’est un bon signe que vos initiatives dans le domaine de la formation et des soins de santé soient ouvertes à tous, quelles que soient les communautés auxquelles ils appartiennent et la religion qu’ils professent. De cette manière, vous contribuez à ouvrir la voie à la connaissance des valeurs chrétiennes, à la promotion du dialogue interreligieux, du respect et de la compréhension mutuels. En d’autres termes, avec votre engagement méritoire, vous apportez vous aussi votre contribution à la construction du chemin qui mènera, nous l’espérons tous, à l’instauration de la paix dans toute la région.

Je sais que cette semaine, vous avez porté votre attention sur le rôle des responsables locaux, ou lieutenants, présents dans plus de trente nations et zones du monde dans lesquelles votre ordre est actif. Certes, la croissance continue de l’Ordre dépend de votre effort incessant et sans cesse renouvelé. À cet égard, il ne faut pas oublier que l’objectif principal de votre Ordre réside dans la croissance spirituelle de ses membres. Par conséquent, le succès de vos initiatives ne peut pas être séparé des programmes de formation religieuse adéquats adressés à chaque chevalier et à chaque dame, afin qu’ils puissent consolider leur propre relation indispensable avec le Seigneur Jésus, en particulier dans la prière, dans la méditation des Écritures saintes leur connaissance de la doctrine de l’Église. C’est une tâche qui incombe à tous en tant que dirigeants d’offrir l’exemple d’une vie spirituelle intense et d’un vrai suivi du Seigneur : vous pourrez ainsi rendre un service d’autorité valable à ceux qui dépendent de vous.

Ensuite, s’agissant de votre mission dans le monde, n’oubliez pas que vous n’êtes pas une entité philanthropique engagée à promouvoir l’amélioration matérielle et sociale des destinataires. Vous êtes appelés à placer l’amour évangélique de votre prochain comme objectif final de vos œuvres, à témoigner partout de la bonté et du soin avec lesquels Dieu aime tout le monde. L’admission d’évêques, de prêtres et de diacres dans votre ordre n’est absolument pas un honneur. Cela fait partie de leurs tâches de service pastoral d’assister ceux d’entre vous qui ont un rôle de responsabilité en offrant des occasions de prière communautaire et liturgique à tous les niveaux, des occasions spirituelles continues et une catéchèse pour la formation continue et la croissance de tous les membres de l’ordre.

Face au monde entier - qui regarde trop souvent de côté -, se trouve la situation dramatique des chrétiens qui sont persécutés et assassinés de plus en plus nombreux. En plus de leur martyre du sang, il y a aussi leur « martyre blanc », tel que celui qui se produit dans les pays démocratiques lorsque la liberté de religion est limitée. Et c’est le martyre blanc quotidien de l’Église en ces lieux. Au travail de l’aide matérielle aux personnes si durement éprouvées, je vous exhorte à toujours associer la prière, à invoquer sans cesse la Madone, que vous vénérez avec le titre de « Notre-Dame de Palestine ». Elle est la mère bienveillante et l’aide aux chrétiens, pour qui elle obtient force et réconfort dans le chagrin du Seigneur.

Puisse l’icône de Notre-Dame des chrétiens persécutés, que je vais bientôt bénir et que vous allez tous recevoir à apporter à chacune de vos Lieutenances, accompagner votre voyage. Invoquons ensemble le souci de Marie pour l’Église en Terre sainte et, plus généralement, au Moyen-Orient, ainsi que son intercession spéciale pour ceux dont la vie et la liberté sont en danger. J’accompagne votre bénédiction de votre travail précieux et infatigable, et je vous demande, s’il vous plaît, de prier pour moi. Merci !

FRANCISCUS PP

(traduction libre de l’italien par le webmaster)



 


Clôture du cycle 2018 de formation des jeunes

 

11 novembre 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

GENT - C’est à Gent que le Groupe des jeunes a terminé en beauté le cycle 2018 d’approfondissement de la foi consacré à la Messe.

Les jeunes membres de la lieutenance belge (- 45 ans) avaient choisi d’étudier la Messe au cours de cette année 2018. L’étude portait sur les dimensions historiques (archéologique et artistiques), théologiques, pastorales et liturgiques des célébrations eucharistiques : comprendre les paroles, les gestes, les attitudes des fidèles et des ministres sacrés.

Les jeunes chevaliers et dames et leurs amis ont étudié la messe de manière systématique au cours de journées qui se sont déroulées dans quelques diocèses au nord et au sud du pays.

La dernière session de travail s’est déroulée à Gent ce 10 novembre. Mgr Jean Kockerols, grand prieur, a, avec pédagogie, patience, humour, fait profiter la nombreuse assemblée de son expertise et son expérience de pasteur. Il est intervenu sur le thème "La Liturgie eucharistique et les rites finaux".

La journée a débuté à la St PietersAbdij, s’est poursuivie au Palais épiscopal et s’est terminée à la St Jacobskerk par une messe présidée par Mgr Luc van Looy et concélébrée par Mgr Kockerols et par Monsieur le Doyen de Gent.

Le cycle 2019 sera consacré à l’examen des sacrements.



 


Récollection des jeunes de la Lieutenance à Liège

 

25 mars 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

LIEGE - Une trentaine de jeunes chevaliers et dame de la Lieutenance accompagnés de leurs conjoints et amis a rejoint le Palais épiscopal liégeois ce 17 mars 2018 à l’invitation de Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège.

Sous l’impulsion bienveillante de leur Lieutenant, les jeunes de la Lieutenance de Belgique ont initié un nouveau parcours spirituel qu’ils ont choisi de consacrer à l’étude de la messe.

La première session se déroulait le samedi 17 mars 2018 à l’évêché de Liège, où Mgr Jean-Pierre Delville leur a enseigné le contexte historico-liturgique de la messe. Plus d’une vingtaine de jeunes dames et chevaliers, ainsi que quelques amis, ont ainsi enrichi le bagage de leurs connaissances durant cette journée au cours de laquelle l’évêque de Liège a fait montre de toute sa verve professorale sur un sujet particulièrement bien maîtrisé, dans le cadre intimiste et convivial du grand salon du Palais épiscopal.

La journée fut divisée en plusieurs phases de travail, suivant l’évolution chronologique des adaptations liturgiques de la messe. Mgr Delville a su toucher son auditoire en resituant la dernière Cène dans son contexte historique, c’est-à-dire celui d’un repas juif à la fin duquel on récite la Birkat ha mazôn, ou bénédiction de la nourriture. Ce rite ancien semble avoir été à l’origine des premières agapes chrétiennes, comme on en trouve trace dans la Didachè. L’institutionnalisation de la pratique dans le canon romain et dans les traditions orientales a également été présentée dans une optique comparative. Les étapes évolutions ultérieures ont ensuite été étudiées autour de périodes clefs : le Moyen Âge, le Concile de Trente, le Concile Vatican II, pour terminer à la situation actuelle.

Après avoir assisté à l’office de sexte à la chapelle épiscopale, et avoir partagé un repas convivial, l’ensemble des participants s’est rendu à la cathédrale Saint Paul, où Mgr Delville les a gratifiés d’une visite guidée basée sur un savoir historique, architectural et patrimonial apparemment insondable. L’occasion a également été offerte de visiter le trésor de la cathédrale, dont une des pièces maîtresses est un imposant buste-reliquaire renfermant le crâne de Saint Lambert, évêque du VIIe siècle au service des rois francs.

Cette journée instructive s’est terminée à l’église Saint Barthélemy, où Mgr Delville a présidé une messe pro Terra Sancta, durant laquelle des membres de l’Ordre des sections diocésaines de Liège, du Brabant wallon et de Namur-Luxembourg ont rejoint leurs jeunes confrères dans une intense communion de prière pour nos frères chrétiens de Terre Sainte. L’église Saint Barthélemy elle-même s’est jointe aux prières à la fin de la cérémonie, en faisant tinter son carillon de différentes musiques religieuses, dont le Lauda Jerusalem.

Cette première session du parcours spirituel a été unanimement appréciée par ses participants, et d’autres sessions sont déjà programmées dans les autres diocèses du royaume.

David Colling



 


MESSE pour la Paix en Terre Sainte (Liège)

 

25 mars 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

LIEGE - Voici l’homélie prononcée par Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, en la Collégiale Saint-Barthélemy, ce samedi 17 mars 2018 à l’occasion de la très belle et priante Messe pour la paix en Terre Sainte, organisée et animée par le Groupe des Jeunes de la Lieutenance de Belgique.

Homélie 5e dimanche Carême B

Liège, S.-Barthélemy
Ordre du Saint-Sépulcre, 17 mars 2017
Messe pour la paix en Terre Sainte

Chers Frères et Sœurs,

« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits » (Jn 12,24).

Par cette phrase célèbre, Jésus annonce en même temps sa mort et sa résurrection. Il nous prépare à vivre avec lui le temps de sa passion et de sa résurrection. Cette démarche pascale, ce passage par la mort pour déboucher dans la vie en plénitude, inspire aussi l’Ordre du Saint-Sépulcre, qui se réunit dans cette église après une journée d’étude et de rencontre.
L’ordre du Saint-Sépulcre tire son nom du tombeau du Christ à Jérusalem. Il regroupe des chevaliers et des dames qui veulent vivre de la spiritualité qui rayonne de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus. C’est pourquoi l’Ordre a comme mission d’aider les personnes en souffrance habitant en Terre Sainte, et spécialement les chrétiens du patriarcat latin de Jérusalem. Aujourd’hui, tout particulièrement, l’Ordre est préoccupé par la situation de guerre et de violence qui sévit en Terre Sainte et dans les pays voisins. C’est pourquoi cette messe est célébrée pour la paix au Moyen-Orient.

Face à ces situations de guerre, on est tenté par le défaitisme et la résignation. Mais l’évangile de ce jour (Jean 12,20-33) nous invite aussi à l’espérance. Il unit dans un même mouvement la mort de Jésus, sa résurrection et la vie des croyants.

Jésus en effet ne cache pas qu’il va mourir. C’est ce qu’il explique au groupe de Grecs qui veulent le voir et qui le cherchent comme on cherche une vedette. Nous pourrions nous reconnaître dans ce groupe de Grecs, car nous cherchons aussi à croire en un Jésus sans problème, un Jésus qui va nous rendre heureux par miracle ou par magie. Alors Jésus explique qu’il va mourir, comme le grain de blé enfoui et disparu sous la terre. Cette l’image annonce la mise au tombeau de Jésus. Nous rejoignons cette expérience quand nous visitons le Saint-Sépulcre et que nous y prions, comme l’ont fait beaucoup d’entre vous, avec moi, au dernier pèlerinage à Jérusalem. Nous rejoignons cette expérience quand nous sommes solidaires de ceux qui souffrent et compatissons avec eux.

Mais cette mort de Jésus ouvrira la porte d’une vie nouvelle. Le grain de blé enfoui en terre deviendra ensuite une plante qui porte du fruit en abondance. De même l’élévation de Jésus sur la croix est aussi le signe de sa glorification, c’est-à-dire de sa vie en Dieu. Comme il le dit lui-même : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ».

Nous sommes tous invités à suivre Jésus sur ce chemin de mort et de résurrection. « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive », dit Jésus. « Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ». Et le Père nous honore en nous rassemblant en communauté qui fructifie dans le monde. Le grain de blé jeté en terre passe de l’isolement à la communauté.

Voilà pourquoi nous sommes rassemblés ici, pour prier avec Jésus, en communion avec tous ceux qui souffrent et qui affrontent la mort. Grâce à sa prière Jésus reçoit une réponse d’espérance : « Le prince de ce monde va être jeté dehors ». Le mal n’aura pas le dernier mot.
Notre prière se veut universelle, dans le temps et l’espace ; c’est pourquoi je réciterai tout à l’heure la prière eucharistique la plus ancienne, dans le texte original latin qui remonte au 4e siècle.

Merci, Seigneur, pour ce message de cette célébration, où tu nous montres que ta mort est porteuse de vie, et qu’elle réunit toute l’humanité en une même fraternité !
Merci, Seigneur, d’avoir fait de ta vie un don, qui sauve toute l’humanité ; aide-nous à te suivre dans ce don de soi, qui est porteur de vie éternelle.
Sauve nos frères et sœurs du Moyen Orient, qu’ils puissent un jour célébrer la Pâques dans la paix et la réconciliation.
Amen !

+ Jean-Pierre DELVILLE



 


Jérusalem 2017 : pèlerinage des jeunes de la Lieutenance (mis à jour)

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TERRE SAINTE - Une vingtaine de jeunes de notre lieutenance est partie en pèlerinage en Terre sainte pendant le congé de la Toussaint.

Nous vous proposons quelques échos de ce merveilleux pèlerinage, rédigés et illustrés par les jeunes eux-mêmes.

Synthèse du pèlerinage par Mgr Jean-Pierre Delville : cliquez ICI
Reportage du VENDREDI 27 octobre : cliquez ICI
Reportage du SAMEDI 28 octobre : cliquez ICI
Reportage du DIMANCHE 29 octobre : cliquez ICI

Nuit de prière et d’adoration au Saint-Sépulcre du 29 octobre : cliquez ICI
Reportage du LUNDI 30 octobre : cliquez ICI
Reportage du MARDI 31 octobre : cliquez ICI
Reportage du MERCREDI 1er novembre : cliquez ICI
Reportage du JEUDI 2 novembre : cliquez ICI
Reportage du VENDREDI 3 novembre : cliquez ICI
Reportage du SAMEDI 4 novembre : cliquez ICI
Reportage du DIMANCHE 5 novembre : cliquez ICI

Les photos sont dues aux talents de Jean-Bernard et Christine Demoulin.

Le premier numéro de Deus lo Vult de l’année 2018 reviendra sur ce pèlerinage.

Merci à tous ceux et celles qui ont rendu ce pèlerinage si spécial :

Mgr Jean-Pierre Delville, notre père spirituel
Rde Soeur Rebecca Lescole, notre mère culturelle
S. Exc Jean-Pierre Fierens, notre frère bienveillant
Mr Tony Sfeir et Dame Diana Safieh, nos anges gardiens
Frère David Grenier ofm, il sait pourquoi ...
Prof. Daniel van Steenberghe, pour ses conseils très précieux
A vous tous qui avez porté notre pèlerinage dans vos prières !



 


Pèlerinage des jeunes : synthèse par Mgr Delville

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

C’était une belle initiative que de profiter du congé de Toussaint 2017 pour organiser un pèlerinage de vingt jeunes de la lieutenance belge du Saint-Sépulcre en Terre Sainte ! Les yeux encore pleins des images que nous avons vues, je retranscris quelques impressions qui m’ont marqué.

Pour moi, le premier choc après le trajet en avion fut d’arriver juste au cœur de Bethléem chez les Filles de la Charité à l’orphelinat qu’elles organisent dans l’esprit de saint Vincent de Paul. Les sœurs accueillent des dizaines d’enfants orphelins, parfois des nouveau-nés, qui sont abandonnés par leurs familles. La culture locale ne supporte ni le concept ni la réalité des filles-mères. C’est pourquoi, tant d’enfants sont abandonnés. Les sœurs sont les seules à les recueillir. Elles ne sont que deux, mais des puéricultrices les aident. Elles ont appelés leur institut « La crèche de Bethléem ». Elles aiment dire avec un sourire en coin qu’elles sont vraiment une « crèche vivante ». Oui, la plus vivante de toutes les crèches vivantes ! La joie et l’animation étaient au rendez-vous lors de notre visite ; et les jeunes parents du groupe de l’OESS se retrouvaient subitement à jouer avec des enfants ou à les prendre sur leurs genoux alors qu’ils avaient laissé les leurs au pays. En un instant on condensait l’esprit de notre pèlerinage : un retour aux sources de notre foi, un retour au fond de notre cœur.

Un autre événement qui m’a marqué fut notre visite au Saint-Sépulcre. Une bonne partie d’entre nous y a passé la nuit en prière. Puis nous nous y sommes tous retrouvés pour renouveler notre promesse de fidélité à l’Ordre et à son idéal. Ceci se déroulait dans la chapelle latine, en présence de l’adjoint du père Custode ; ce fut un moment émouvant et profond ; il se prolongea par les vêpres de Toussaint, au début desquelles les célébrants et les membres de l’OESS entrèrent un à un dans l’édicule du tombeau pour vénérer le lieu de la tombe de Jésus, sous les yeux de la foule réunie, qui faisait la file pour entrer. Les chevaliers et les dames, ce jour-là, ont revécu le cœur même de leur engagement au lieu source de l’ordre.

Qu’épingler ensuite ? Tout fut passionnant. Mais je dirai volontiers la forte impression que m’a faite la visite au Jourdain, à l’endroit où Jean Baptiste baptisait. Nous y avons célébré une eucharistie émouvante. L’assaut des mouches pendant la célébration a été compensé par la fraîcheur du bain de pieds dans le Jourdain après la messe. Ensuite la Mer Morte s’est offerte à tous dans la beauté de son étendue bleutée et la douceur de ses flots qui vous portent en surface, comme pour une invitation à faire la sieste sur un coussin d’eau !

Le contact avec l’Église locale a atteint son sommet par notre célébration au lieu de pèlerinage de Notre-Dame de Palestine, le jour de la fête, en présence d’une foule réjouie et sous la présidence de l’administrateur patriarcal, Mgr Pizzaballa. Nous avons ensuite été accueillis chaleureusement au Patriarcat et au Séminaire. J’ai découvert le dynamisme de l’Église locale arabophone. Les témoignages de trois Palestiniens chrétiens, au cours de trois soirées, nous ont éclairés sur la situation complexe, parfois pénible, des chrétiens locaux, qu’ils habitent en Israël, en Territoire palestinien ou à Jérusalem : trois lieux et trois conditions de vie différentes.

Puis la Galilée nous a accueillis avec sa douceur. Célébrer devant le lac de Tibériade, à l’endroit présumé de la multiplication des pains, est une vraie joie ; aller sur le mont Tabor est impressionnant ; se retrouver sur la Montagne des béatitudes est un délice ; et dominer la mer depuis le mont Carmel, est une impression inoubliable. Nous avons prié dans la grotte du prophète Élie : on peut dire qu’il savait choisir ses endroits de prière ! Depuis lors, on y prie Notre-Dame du Carmel, étoile de la mer. Une découverte de plus pour moi.

L’amitié et la convivialité ont marqué de plus en plus ce pèlerinage. On est passé du pèlerinage extérieur au pèlerinage intérieur, que chacun a fait dans son cœur. Celui-là non plus ne s’oubliera pas, même s’il n’a pas bénéficié de photos ! Mais il laisse des traces dans notre vie et ouvre une perspective nouvelle pour chacun de nous.

Merci à tous les membres du groupe : vous m’avez renforcé dans ma foi et dans ma joie !

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège



 


Vendredi 27 octobre 2017 : Nous voici !

 

29 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Cette journée a débuté par un office de prières et de lecture à l’aéroport de Zaventem. Il était dirigé par l’abbé Michel Gaillard.

Madame Diana Safieh, notre ange gardien local, nous a accueilli à Tel-Aviv. Nous avons ensuite directement rejoint Bethléem où nous attendaient Soeur Rebecca Lescole, notre guide culturel, et Tony Sfeir, notre autre ange gardien pendant le séjour.

Après un dîner typique, Tony nous a fait fait visiter Bethléem by night.



 


Université de Bethléem

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

De grand matin, trop tôt sans doute pour certains d’entre-nous qui ont passé la nuit au Saint Sépulcre, nous suivons le Lieutenant vers l’Université de Bethléem, située à deux pas de notre hôtel.

Institution bien connue de l’Ordre, soutenue par la Lieutenance belge, cette école fondée initialement par les Frères des écoles chrétiennes, qui la dirigent toujours, est devenue université en 1973, dix ans après le vœu formé en Terre Sainte par Paul VI.
Nous sommes accueillis par une délégation constituée de deux étudiantes musulmanes et un étudiant catholique, encadrés de très près par Amjaad, du service communication, qui veille au grain...

Un échantillon qui reflète bien la population étudiante, majoritairement féminine et musulmane. La séance académique qui débute cette matinée permet aux étudiants de débiter un discours fort bien fait il faut le dire, très formaté, et corrigé si nécessaire par notre charmante et efficace cerbère du service « com ». Presque 30% de chrétiens ; c’est énorme par rapport à leur poids dans la société. Pour de nombreux musulmans, ce passage à l’université sera la première occasion de réellement rencontrer leurs compatriotes palestiniens chrétiens, dont l’hémorragie se confirme dans toute la Palestine. Durant la visite du site, les étudiants se détendent et se confient en aparté sur les sujets plus sensibles, comme leur avenir personnel, ou celui des relations israélo-palestinienne. Dans les murs de cette institution il n’y a pas de problème de vie en commun, mais dans un univers de plus en plus resserré en ce qui concerne la diversité géographique étudiante, le mur de séparation rendant très difficile les déplacements.

Le frère Denis Loft, vice-recteur, venant de Nouvelle-Zélande, nous confirme que pour le corps enseignant également, même étranger, venir travailler en Palestine est un parcours du combattant, parsemé de tracasseries administratives dès qu’on souhaite passer le mur pour aider la population, de ce côté-ci… Situation tout à fait similaire à l’hôpital voisin de la Sainte Famille, qui fut longtemps dirigé par notre compatriote Jacques Keutgen.
L’Université reflète finalement bien la société Palestinienne, les tensions qui la traversent, celles auxquelles elle doit faire front face au grand « voisin » ; mais elle reste un oasis de paix, un pôle de développement et de dialogue indispensable pour structurer la société, quelle que soit la direction que cet Etat en devenir prendra dans le futur.

Pour une université dont 64% du budget provient de dons privés, le soutien de l’Ordre est une bénédiction, et doit rester une priorité pour garantir, dans la tradition d’excellence Lassalienne, la formation des cadres qui seront demain responsables de créer les conditions de la paix.

Philippe Levêque



 


Domus Galilaeae

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Quittant le lac de Tibériade, le car gravit le mont des Béatitudes qui se dresse au bord du lac, culminant à 300 m d’altitude, la pente est raide pour y accéder. A mi-chemin, la pause déjeuner dans le jardin luxuriant des sœurs franciscaines fut bien trop courte, tant le lieu invite à la méditation ; mais nous poursuivons vers la Domus Galilaea. De loin je dirais qu’elle ressemble à un bunker construit à flanc de montagne, au milieu d’une pelouse verte contrastant singulièrement avec l’environnement sec et désertique.

Une fois à l’intérieur, cet énorme bâtiment de 5 niveaux en impose, et fait penser au siège d’une grande multinationale américaine. Les fondateurs, Kiko Argüello, peintre espagnol, et Carmen Hernandez ont conçu ici une merveille : des lignes pures, des matériaux sobres (la pierre toscane Pietra Serena domine) avec une attention particulière à l’entrée de la lumière naturelle ; en prime une majestueuse terrasse offrant une vue panoramique sur le lac de Tibériade, la vallée du Jourdain, et, en face, le plateau du Golan. Et pourtant, il s’agit du centre de congrès du Chemin Néocatéchuménal, qui abrite aussi dans les niveaux inférieurs le séminaire Redemptoris Mater.

Cette communauté nouvelle a vu le jour en 1964 dans les bidonvilles des environs de Madrid, dans le sillage du renouveau liturgique et catéchétique de Vatican II. Elle propose « un chemin vers la foi adulte, à travers un Catéchuménat vécu au moyen du "tripode" : Parole de Dieu, Liturgie, Communauté ». Sa vocation est clairement missionnaire, ce qui explique son rayonnement international (elle est présente en Belgique notamment avec le séminaire Red. Mater de Namur). Largement constituée de familles, elle reste ancrée dans les paroisses pour une nouvelle évangélisation dans des zones qui, bien qu’ayant connu le Christ, sont devenues indifférentes à la foi. Mgr Léonard a beaucoup soutenu le Chemin, et a fait don à la Domus d’un très bel exemplaire d’une Torah complète. Pour l’anecdote, au début de la 2e guerre mondiale, une famille juive l’avait confiée à une famille chrétienne namuroise. La famille juive disparu durant le conflit, et c’est l’abbé Léonard qui entra finalement en possession de cette splendide Torah, maintenant fièrement exposée au milieu de la bibliothèque de la Domus…

Inauguré par Jean-Paul II en 2000, ce centre rayonne du haut de la montagne. Il attire beaucoup de monde , et plus spécifiquement du monde juif ; la particularité de la Domus est en effet de cultiver le contact avec la tradition d’Israël et, suivant en cela St Justin, Origène et St Jérôme, de retrouver nos racines hébraïques.

Alors tentés par un séjour ici ? C’est possible, le centre abrite une maison d’hôte, mais c’est déjà complet pour les deux prochaines années… !

Pour en voir davantage http://www.domusgalilaeae.org

Philippe Levêque



 


Séminaire patriarcal de Beit Jala

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Après notre visite à Jéricho, le 30 octobre, une route encombrée par le trafic du soir nous a amenés près de Bethléem, au Séminaire patriarcal de Beit Jala, où nous avons été accueillis chaleureusement par le recteur, les professeurs et les séminaristes.

Le bâtiment est grandiose et accueille une soixantaine de petits séminaristes et une quarantaine de grands séminaristes, qui suivent les cours de philosophie puis de théologie. Il s’agit du séminaire qui dessert le patriarcat latin, lequel couvre plusieurs pays : Israël, Palestine, Jordanie et Chypre.

Le séminaire prépare au presbytérat les jeunes qui vont assumer le ministère pastoral « latin » de ce territoire, en langue arabe essentiellement, mais aussi avec des paroisses hébréophones. Nous avons ainsi participé aux vêpres en arabe, avec quelques textes français et un « Salve Regina » final, qui unissait les voix de chacun.

Puis nous avons été invités à un repas de fête, typique de la cuisine locale, durant lequel nous nous sommes répartis aux différentes tables et chacun des membres de notre groupe a pu échanger avec les séminaristes et les professeurs. Comme ils défendent une religion minoritaire, ils ressentent plus que d’autres une méfiance vis-à-vis de la majorité musulmane, mais on sent aussi le besoin de dialogue qui émerge des conversations. C’est ainsi que j’ai découvert le dynamisme de cette Église locale arabophone de rite latin et que j’ai admiré l’engagement de ces nombreux futurs prêtres au service de leurs communautés locales. Le recteur m’a dit avec fierté qu’il n’y avait pas une paroisse (au nombre de 42) sans curé.

Jean-Pierre Delville



 


Samedi 28 octobre 2017 : Abu Gosh et Vallée de Crémisan

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Notre pèlerinage a vraiment débuté ce samedi 28 octobre par la visite de l’abbaye d’Abu Gosh. Nous avons poursuivi notre périple vers le Champ des Bergers.

Nous avons rencontré Monsieur Fadi Kattan qui nous expliqué le contexte de la construction en cours dans la Vallée de Crémisan.

Sur la suggestion de Tony, et avec l’assentiment général, nous avons fait un détour imprévu par le "The Walled Off Hotel " de Banksy et longé le mur de la séparation jusqu’à l’icône de Notre-Dame qui fait tomber les murs.

Notre cher Lieutenant et Mgr Delville nous ont rejoint pour la visite de la ’crèche vivante’ de Bethléem ou nous avons célébré la messe votive de la nuit de Noël.

Notre journée s’est achevée par une conférence de Monsieur Vincenzo Bellomo.

Abbaye d’Abu Gosh : cliquez ICI
The Walled Off Hotel - Banksy : cliquez ICI
Fadi Kattan : cliquez ICI
Crèche de Bethléem : cliquez ICI
Homélie de la messe votive de la nuit de Noël : cliquez ICI
Conférence de Mr Bellomo : cliquez ICI



 


Abbaye d’Abu Gosh

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

L’abbaye Sainte-Marie de la Résurrection, comme se nomme officiellement cette abbaye, tout le monde ici l’appelle plus familièrement « Abu Gosh » du nom de ce village arabe, situé en territoire israélien à quelques kilomètres à l’ouest de Jérusalem, et qui est, selon une tradition, l’Emmaüs de la bible.

Sœur Rebecca, notre guide tout au long du pèlerinage, habituellement discrète et diplomate, n’est catégoriquement pas de cet avis… C’est que sa communauté des Béatitudes est installée encore un peu plus à l’ouest, dans le village de Nikopolis, le « vrai » Emmaus ! En ce début de voyage, nous voilà déjà plongé dans la complexité de la Terre Sainte… 

Domaine national français, cette ancienne commanderie croisée est tenue par la communauté bénédictine venue du Bec-Hellouin. On est frappé par la sérénité qui règne dans ces murs, et dans ce beau jardin ou se trouve le mémorial du cardinal Jean-Marie Lustiger. L’abbaye attire la foule venue de tous les horizons. C’est la vocation du lieu : « Être présents au lieu de la déchirure entre Église et Synagogue, lieu germinal de toutes les divisions et discordes entre chrétiens ». Ce calme apparent ne laisse pas supposer que des milliers de juifs passent ici annuellement. Notamment les jeunes qui, au cours de leur service militaire, peuvent suivre un parcours de découverte du monde chrétien. C’est bien souvent un choc pour ces très jeunes gens (le service militaire a lieu immédiatement après les études secondaires) qui arrivent ici en treillis, et dont l’horizon est principalement façonné par le conflit politique.

Découvrir que la foi des chrétiens arabes trouve ses racines dans le peuple juif, que les moines prient comme eux les psaumes, ouvre pour certains une perspective très différente. Une goutte d’eau dans un océan de tension ? Peut-être. La Terre Sainte n’a finalement pas trop de deux Emmaüs, et de tous ces points de rencontre qui contribueront à faire tomber le mur de séparation, toujours trop haut.

Philippe Levêque



 


Vallée de Crémisan - Fadi Kattan

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Nous nous rendons à Beit Jala, dans la verdoyante vallée de Crémisan. Il s’y est établi en 1891 un monastère de la congrégation des salésiens puis dans les années 50, un couvent de sœurs et une école qui accueille 450 enfants palestiniens. Les moines produisent le seul vin de Palestine, qui a d’ailleurs accompagné certains de nos repas lors de notre pèlerinage. Toutefois, l’objet de notre déplacement à Beit Jala n’est pas tant la visite du Monastère et de ses chais, que la rencontre avec Fadi Kattan, restaurateur à Bethleem et conseiller honoraire auprès du Ministre Palestinien du Tourisme.

En effet, en cet endroit paisible, entre oliviers et pieds de vignes, le Gouvernement israélien a émis voici quelques années le souhait de prolonger le mur de séparation entre l’Etat d’Israël et la Cisjordanie.

Déclaré illégal en 2004 par la Cour internationale de justice de La Haye, ce mur grignote le territoire palestinien, sans respecter les frontières d’avant 1967, reconnues par l’ONU. Ce mur, d’une hauteur de 8 mètres, présente pour l’Etat israélien un coût de construction estimé à 2,5 millions d’euros le kilomètre, pour une longueur totale de 700 kilomètres ; à l’heure actuelle, il n’est construit qu’à 60 %. D’avantage que les chiffres, ce sont les situations personnelles de nombreux palestiniens que Fadi Kattan évoque avec nous. Ainsi, à l’endroit où nous nous rendons, le tracé du mur couperait la vallée de Crémisan en deux. Le mur, frontière franchissable seulement par quelques checkpoints disséminés sur son tracé, séparerait ici les nonnes (qui se retrouveraient côté palestinien) des moines (qui seraient côté israélien, avec les vignes).

Les familles de Beit Jala, ainsi que le monastère et le couvent salésiens (représentés par la Société Saint Yves) ont toutefois saisi la Cour Suprême israélienne. Alors qu’en 2015, les juges avaient rejeté les premiers plans du mur à construire dans cette belle vallée, ils sont revenus sur cette décision en 2016. L’an passé, les premiers oliviers situés sur le tracé ont été arrachés, et la construction du mur a été entamée. Selon la dernière décision de la Cour suprême, le monastère et le couvent de Crémisan resteraient toutefois une seule entité, bénéficiant d’un accès direct mais très réduit aux personnes du district de Bethléem. De nombreux autres propriétaire de Beit Jala, dont une proportion importante de chrétiens, n’ont malheureusement pas eu cette chance, et risquent de voir leurs propriétés (et leurs familles) séparées en deux par le mur dans les prochains mois.

Force est hélas de constater que la pression internationale – notamment celle de l’Union européenne, qui a fermement condamné la construction du mur de séparation de la Vallée de Crémisan –, n’a pas encore eu l’effet escompté.

Après cette visite bouleversante, nous quittons Beit Jala où nous laissons notre guide Fadi Kattan, nous promettant de porter dans nos prières ces familles contraintes à la séparation. Et nous vient à l’esprit la septième béatitude : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! »

Benoît Kohl



 


The Walled Off Hotel - Banksy

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Lors d’un heureux détour à The Walled Off Hotel imaginé et financé par Banksy au pied du mur de séparation à Bethléem, nous avons eu le plaisir de pénétrer l’univers de ce célèbre street artiste dont l’identité est entourée de mystère.

Né à Bristol, capitale du Street Art, en (vers ?) 1974, Banksy envahit l’espace public avec ses peintures au pochoir et ses collages (pour la rapidité d’exécution) dans le but de dénoncer les politiques de guerres pour une « paix à venir ». Son œuvre regorge de situations où l’utilisation de la force est rendue absurde alors qu’elle est confrontée à la désarmante fragilité d’un enfant ou d’un rêve de liberté.

Aussi son combat contre ce « mur de la honte » commence en 2005 quand il y réalise des fresques en territoire palestinien transformant le béton en véritable toile artistique sous l’œil courroucé de l’armée israélienne. Si son œuvre n’est pas vraiment légale, il rétorquerait que ce mur ne l’est pas non plus au regard du droit international. Bravade ! Dénonciation ! Engagement !

Banksy continue son « art militant » en Cisjordanie par la construction de cet hôtel offrant « pire vue du monde ». Situé directement au pied du mur, il a ouvert ses portes à Bethléem en mars dernier. Allusion à la grande chaîne Waldorf, il est une vaste parodie naviguant entre provocation, poésie et fausse naïveté. Dans la pièce d’accueil, on y admire des angelots équipés de masques à oxygène ou une représentation du Christ menacé de mort ciblé au front par un laser. Des caméras de surveillance sont accrochées au mur, telles des trophées de chasse. A côté, un triptyque représente un jeune homme encagoulé lançant de la main droite non pas une grenade mais un bouquet de fleurs. Partout, Banksy dénonce la paix menacée à l’instar de cette colombe au rameau d’olivier portant un gilet pare-balles, nichée au cœur de la ville et se met à rêver à un désarmant monde désarmé.

Cet hôtel, dont le nom rappelle la situation « emmurée » de l’établissement, dispose d’un espace- galerie pour des expositions temporaires avec la contribution d’artistes palestiniens émergents. On y visite également un espace- musée consacré à l’histoire du mur et à la douloureuse réalité palestinienne au travers un petit parcours truffé de témoignages et d’objets relatant l’inégale citoyenneté.

Cherchant à « faire entendre la voix des Palestiniens », il dénonce mais imagine aussi des ponts entre ces deux peuples que tout sépare aujourd’hui. Banksy refuse les étiquettes et rêve d’un vivre- ensemble se défendant de tout parti pris sinon celui de la paix, de concorde et d’avenir radieux.

Au lendemain de notre visite, le fameux street artiste présentait sa dernière œuvre en date à l’occasion du centenaire de la déclaration Balfour où il a orchestré une cérémonie d’excuses So British pour ce document scellant le souhait britannique de créer un foyer national juif en Palestine ouvrant ainsi la voie à la création d’Israël. Au cours de cette anti-fête aux couleurs de l’Union Jack, un nouveau dessin sur le mur a été dévoilé représentant une gravure « Er… SORRY » en référence au monogramme de la Reine Elizabeth II.

Si Banksy ne fait pas l’unanimité, on peut toutefois se féliciter de l’attention médiatique qu’il fait porter à ce mur scandaleux qui ne semble aucunement choquer nos différentes instances nationales.

Florence Otten



 


La crèche vivante de Bethléem

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Pour moi, le premier choc après le trajet en avion fut d’arriver juste au cœur de Bethléem chez les Filles de la Charité à l’orphelinat « St. Vincent Guest House », qu’elles organisent dans l’esprit de saint Vincent de Paul. Les sœurs accueillent des dizaines d’enfants orphelins, parfois des nouveau-nés, qui sont abandonnés par leurs familles. La culture locale ne supporte ni le concept ni la réalité des filles-mères. C’est pourquoi, tant d’enfants sont abandonnés. Les sœurs sont les seules à les recueillir. Elles ne sont que deux, mais des puéricultrices les aident. Elles ont appelés leur institut « La crèche de Bethléem ». Elles aiment dire avec un sourire en coin qu’elles sont vraiment une « crèche vivante ». Oui, la plus vivante de toutes les crèches vivantes ! La joie et l’animation étaient au rendez-vous lors de notre visite ; et les jeunes parents du groupe de l’OESS se retrouvaient subitement à jouer avec des enfants ou à les prendre sur leurs genoux alors qu’ils avaient laissé les leurs au pays. De nombreuses pièces sont à la disposition des enfants : salle de jeux, dortoir, infirmerie, salle-à-manger, jardin, salle des jouets, salle de gymnastique, sans oublier la grande chapelle des sœurs, où nous avons fêté une « messe de Noël » émouvante. J’ai eu l’occasion de visiter aussi la pièce des enfants malades ou le dortoir. En un instant on condensait l’esprit de notre pèlerinage : un retour aux sources de notre foi – la crèche –, un retour au fond de notre cœur – l’amour.

Jean-Pierre Delville



 


Grand témoin : Monsieur Vincenzo Bellomo

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Notre orateur est le responsable du bureau d’ATS Pro Terra Sancta (l’ONG des franciscains de la Custodie de Terre Sainte) à Bethléem.

Mr Bellomo vit avec sa famille à Bethléem. Il est mariée à une palestinienne avec qui il a deux enfants. Il a témoigné sur la difficulté de vie des palestinien dans un état qui n’est pas encore capable d’offrir le minimum de service de qualité à sa population (éducation, santé, route, évacuation des déchets…).

Il a relaté le vécu parfois compliqué de sa famille malgré sa chance d’entre au service de la Custodie. En effet, le fait de travailler pour la Custodie, lui offre une sécurité financière, matérielle et « civique » relative (habituellement quelqu’un qui épouse un(e) palestinien(ne) est considéré au niveau administratif Israélien comme un(e) palestien(ne) ce qui n’est heureusement pas son cas. Néanmoins quand il retourne en famille en Italie il arrive que son épouse n’obtienne pas ses papiers pour pouvoir prendre l’avion à Tel Aviv et doive passer par la Jordanie.

Il a insisté sur l’aggravation de la situation général et en particulier pour la population palestinienne de Bethléem depuis la construction du mur. Perte de moyen de subsistance à l’image des paysans qui vendaient leur récolte aux Israélien le samedi ou de son beau-père qui était chef d’une petite entreprise qui faisait vivre 20 personne à Jérusalem et qui a tout perdu avec le mur. Malgré son amour pour la Terre Sainte il n’hésitera pas à revenir en Europe si il estime que cela soit nécessaire à sa famille et surtout pour ses enfants.

Nathalie della Faille



 


Dimanche 29 octobre 2017 : Deir Rafat

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Cette journée du 29 octobre était consacrée à la fête de Notre-Dame Reine de Palestine célébrée chaque année le dernier dimanche d’octobre à Deir Rafat. Moment de grande fête et de rencontres avec nos frères palestiniens.

Après un rafraichissant détour par la Casa Nova franciscaine, nous avons visité le centre de Bethléem avant qu’une moitié du groupe parte pour Jérusalem pour y être enfermés dans la basilique de la Résurrection.

Deir Rafat - Notre-Dame Reine de Palestine : cliquez ICI
Bethléem : cliquez ICI



 


Deir Rafat - Notre-Dame Reine de Palestine

 

29 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD



 


Complexe monumental de Bethléem

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

La matinée du dimanche 29/10 à Deir Rafat, avec la célébration de Notre Dame de Palestine avait déjà été intense en émotions. Mais ce que nous réservait l’après-midi ne le fut pas moins : en effet, de retour à Bethléem, nous partîmes en direction de la place de la Mangeoire pour visiter la Basilique de la nativité. Bâtie selon la tradition sur le lieu de la naissance du Christ, une des plus vieilles églises du monde (érigée au 4ème siècle par l’empereur Constantin 1er), Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2012, .... bref, un des moments clés de notre pèlerinage.

Nous pénétrâmes à l’intérieur de la Basilique, à moitié courbés, par la petite porte d’entrée, appelée porte de l’Humilité puisqu’elle imposait à tout fidèle de se baisser pour entrer en ce lieu Saint.

La basilique est actuellement administrée conjointement par l’Eglise grecque orthodoxe de Jerusalem, la Custodie franciscaine pour l’Eglise catholique et l’Eglise arménienne.

L’Eglise orthodoxe en possède la partie principale, nous avons donc pu entrevoir la célébration d’un mariage grec, étonnant par son faste et ses paillettes.

En nous dirigeant vers la Grotte de la nativité, les colonnes corynthiennes antiques ont attiré notre attention : j’ai été très impressionnée de pouvoir encore distinguer les fresques peintes de saints datant de l’époque croisée !

Après une attente qui fut par chance assez courte, nous pûmes tous pénétrer dans la grotte : chacun à son tour put toucher ou embrasser l’étoile en argent indiquant le lieu exact de la naissance du christ, percée d’un trou permettant de toucher la roche originelle. Nous nous sommes également recueillis sur l’autel de la mangeoire (où le nouveau né fut installé) et l’autel de l’adoration des rois mages situé juste en face. Nous avons eu la chance de pouvoir rester plusieurs minutes dans la grotte, ce qui nous permit d’entonner en choeur un chant de circonstance : ‘Il est né le Divin Enfant’.

Nous nous rendîmes ensuite dans l’église Sainte-Catherine, un contraste total avec la Basilique dont elle est attenante : très spacieuse, lumineuse et beaucoup plus moderne. Cette église fut en effet construite par les Franciscains en 1882 puis agrandie et modernisée, notamment pour asseoir la présence des Franciscains à l’extérieur de la Basilique puisqu’ils en avaient perdu le contrôle à l’intérieur. C’est ici que la patriarche de Jérusalem célèbre la messe de minuit de Noël chaque année.

Un peu trop moderne à mon goût, j’ai apprécié terminer notre visite par le charmant cloître dit de Saint-Jérome en référence à la statue qui en occupe le centre.

Séverine Develay



 


Une nuit de prière et d’adoration dans le Saint-Sépulcre !

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Alors que bon nombre des jeunes prenant part au pèlerinage foulaient pour la première fois le sol de la Terre Sainte, il leur a été donné de passer une exceptionnelle nuit de veille, enfermés à l’intérieur de l’église du Saint Sépulcre. Pour beaucoup, cette perspective valait à elle seule le voyage, et était attendue avec espoir, impatience et curiosité.

L’arrivée en car dans la Ville Trois fois Sainte s’est faite au chant du Lauda Jerusalem et, après un repas rapide pris au Notre Dame Center, nous avons forcé le pas pour arriver à temps au Saint Sépulcre, avant la fermeture des portes, à 19h00. Bien des touristes se pressent à cette heure devant l’entrée de l’édifice, pour assister à l’immuable processus séculaire de la fermeture. Les sacristains rabattent le battant de l’intérieur, et, de l’extérieur, le représentant de la famille musulmane gardienne des clefs, monte sur une échelle pour accéder à la serrure en hauteur qui lui permet de verrouiller la porte. Une fois cela fait, il transmet l’échelle à l’intérieur, par le biais d’une petite ouverture dans le battant, qui permet juste de la faire passer. Les chevaliers et dames présents ont eu le privilège d’assister à ce cérémonial depuis l’intérieur, avec pour seule compagnie les moines franciscains, grecs orthodoxes, arméniens et coptes ; les dernières images que nous captâmes du monde extérieur ce soir-là, consistèrent une meute de touristes projetant vers nous une batterie de smartphones et d’appareils photos, jusqu’à l’isolement.

On ne mesure réellement le privilège de passer la nuit dans ce lieu très saint que lorsque l’on se retrouve réellement confronté à la solitude. Tout qui a déjà pu visiter l’endroit, sait que sa fréquentation en journée n’a rien à envier à la Place Saint Pierre le jour des Rameaux, ou à la rue Neuve de Bruxelles en période de soldes. Et là, quel luxe que de pouvoir commander le silence ! Pour l’obtenir, il suffisait de se taire. Notre première approche du complexe fut de le découvrir à force de lectures de natures historique et architecturale. Il convenait d’abord de prendre connaissance de l’environnement, d’apprendre son évolution, et d’y repérer ses principaux recoins de vénération. Cette première phase passa en réalité assez rapidement, car le timing de la nuit, que nous souhaitions ardemment consacrer surtout à la prière, ne nous a pas donné l’occasion de la prolonger outre mesure. En effet, sensibilisés par notre hôte franciscain sur le fait que l’accès à l’édicule ne serait possible qu’avant minuit, en raison des différentes liturgies qui s’y rendraient ensuite, nous avons pressé le pas des visites.

Directement ensuite, nous nous sommes succédé, par couples, seuls, par binômes ou trinômes sur le lieu même où le Christ fut déposé. Alors qu’un passage en journée dans l’édicule ne permet que d’y rester quelques secondes, sous la pression du flot incessant des visiteurs suivants, c’est d’un temps de plusieurs dizaines de minutes que chacun a pu disposer, à prier devant le Tombeau vide. Mais en réalité, une fois face au Tombeau, toute notion de temps disparaît, et il me serait impossible de dire exactement combien de temps j’y suis resté. Étant entré seul dans l’édicule, notre bon confrère Benoît m’y a rejoint pour un temps, me laissant de nouveau seul quelques instants, avant que notre cher Lieutenant m’y rejoigne pour un long moment.

D’un côté, l’idée de se retrouver sur le lieu du scandale de la mise à mort et de l’ensevelissement du Christ impressionne et attriste le pèlerin. C’est l’endroit qui concentre toute l’humiliation et la violence dont Jérusalem a pu être capable vis-à-vis du Fils de Dieu. Mais d’un autre côté, l’absence réelle constatable au Sépulcre, preuve de la Résurrection, porte tous les espoirs du monde, et apporte un sentiment de doux apaisement, de confiance et de joie.

Pendant que les uns s’abandonnaient à la prière dans l’édicule, les autres passaient d’une chapelle à l’autre, afin d’approcher au plus près les différents lieux saints. À titre personnel, le lieu du Calvaire m’a fait forte impression. Quelle sensation étrange que de pouvoir approcher l’endroit où la Croix fut plantée, au sommet du Golgotha, dont la roche est apparente ! Et quelle beauté toute orthodoxe que celle de cette chapelle installée à cet emplacement ! Le fragment de la colonne de la flagellation, quelques chapelles plus loin n’a pas manqué de rappeler à mon souvenir la présence d’un autre fragment (manifestement de pierre et de taille différentes) visible à l’église Sainte Praxède de Rome.

D’un avis unanime, nous nous estimons également chanceux d’avoir pu passer cette nuit d’exception en compagnie de notre cher Lieutenant, qui avait préparé pour l’occasion plusieurs lectures et réflexions, autour des thèmes de la souffrance et de la mort. À plusieurs reprises, nous nous donnâmes rendez-vous dans la chapelle de l’Invention de la Vraie Croix, pour nous abreuver de ses sages et pertinentes méditations, qui ont alimenté notre cheminement spirituel nocturne. Assis en rangs dispersés à même le sol, habillés de leurs manteaux blancs ou de leurs robes noires, les disciples entouraient leur maître dans une ecclésiale symbiose de prière toute évangélique.

La seconde partie de la nuit fut l’occasion d’assister, parfois de loin, à des ballets liturgiques divers et variés, de la part des ministres des différentes confessions. Malgré les inévitable tensions propres à la co-utilisation des lieux par les différentes confessions qui transparaissent parfois dans les médias, nous avons pu mesurer le respect réciproque manifesté par les latins, les grecs orthodoxes, les arméniens et les coptes, notamment lorsqu’ils sont venus s’encenser les uns les autres au milieu de leurs liturgies respectives. Ce fut là un bel exemple de rassemblement œcuménique au cœur des lieux qui nous sont les plus saints.

La nuit se termina à 4 heures du matin, comme elle avait commencé, devant l’entrée de l’édifice, où le musulman gardien des clefs nous libéra de notre introspection. Cette fois, plus personne pour nous filmer ou nous photographier sur la place de l’église. Tout le monde dormait. Et il était maintenant temps pour nous de tenter de faire de même, avant d’embrayer sur le programme chargé de la journée.

En termes de veille, nous avons surpassé les Apôtres au jardin de Gethsémané. L’intensité des prières individuelles et des méditations collectives nous a fait traverser la nuit, sans que la course du temps n’impacte notre état de veille. Toutefois, privé d’une nuit de sommeil, le contrecoup s’est manifesté pour moi le lendemain matin sur les rives du Jourdain, où ma présence physique n’était plus en parfaite adéquation avec mon attention intellectuelle… Mais tout cela n’était rien face à l’expérience de cette nuit de veille, qui m’a ouvert les yeux sur la signification profonde de ma qualité de chevalier du Saint Sépulcre.

David Colling



 


Lundi 30 octobre 2017 : Le Jourdain

 

26 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Notre journée était consacrée à l’eau : l’eau du baptême au Jourdain, l’eau de la mer morte où nous nous sommes baignés, l’absence d’eau à Qumran.

La journée a commencé par une visite à l’Université de Bethléem. Nous l’avons clôturée par une rencontre fraternelle au Séminaire patriarcal de Beit Jala où Mgr Delville a eu un grand succès !

Université de Bethléem : cliquez ICI
Jourdain : cliquez ICI
Messe votive du baptême du Christ : cliquez ICI
Qumran : cliquez ICI
Séminaire patriarcal de Beit Jala : cliquez ICI



 


Qumran

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Jusqu’à ce qu’on découvre les rouleaux, le site archéologique voisin de Qumrân n’avait guère suscité l’attention. La découverte des manuscrits dans les années 50 par des bédouins va changer la donne et parer d’attraits nouveaux ce site, qui devient un acteur sinon un témoin probable des événements qui ont conduit des hommes à entreposer ou cacher des milliers de manuscrits dans les grottes avoisinantes...

Les tout premiers chercheurs « Qumrâniens » (notamment Roland de Vaux) vont rapidement établir un lien entre les écrits dits « communautaires » – qui constituent environ un tiers du fonds découvert –, les esséniens et le site archéologique. Ces écrits avaient sans doute été cachés au cours du 1er siècle de notre ère, quand les armées romaines de l’empereur Titus (68) avaient détruit le Temple de Jérusalem et pourchassé les communautés juives qui avaient ainsi mis à l’abri leurs documents jugés les plus précieux.

C’est ce grand site archéologique situé à une quinzaine kilomètres de Jéricho et qui surplombe la Mer Morte que nous avons visité avec Sœur Rebecca. On y distingue très bien les lieux des bains rituels, le réfectoire, le scriptorium mais bien des mystères demeurent autour de ce vaste ensemble, de la communauté qui y vivait et des fameux manuscrits retrouvés. Avant la découverte de Qumrân, le plus ancien manuscrit de la Bible connu datait du Moyen Âge. Pour les juifs et les chrétiens, cette découverte a permis de constater que les textes canoniques de référence avaient très peu changé en 2000 ans et que la continuité s’était faite sans heurts.

Nous avons ensuite parcouru encore quelques mètres sous le niveau de la mer pour prolonger cette visite étonnante par un bain délicieux dans les eaux de la Mer Morte (- 400m), constatant combien la richesse de minéraux était bonne pour notre épiderme mais bien moins pour nos yeux et nos langues !

Les bienfaits de la mer Morte ont été découverts il y a 2000 ans, à l’époque d’Hérode le Grand. On raconte que Cléopâtre se plongeait dans des bains de boue de la Mer Morte pour protéger sa peau délicate. Elle est en effet dix fois plus riche en substances minérales que l’eau des autres mers. Les vertus de la Mer Morte ne s’expriment pas uniquement par les eaux. En raison de la forte pression atmosphérique, les ultraviolets sont beaucoup moins nuisibles et l’on peut profiter de bains de soleil bénéfiques pour la peau. L’air est 8% plus riche en oxygène que l’air que l’on respire en bord de mer. Il est donc excellent pour soulager les problèmes respiratoires et les problèmes d’allergies.

Thibault, à quand un séjour au bord de la Mer Morte ?? 😉

Nathalie de Courcel



 


Le Jourdain

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Nous quittons Bethléem pour nous rendre à Qasar Al Yahud, sur les rives du Jourdain, pour une première messe en plein air. Ce lieu, où nous nous rappelons le baptême du Christ par Jean Baptiste, prend une dimension toute particulière en ce début de pèlerinage. En effet, comme nous l’a brillamment rappelé Mgr Delville dans son homélie, “Jésus est en train, à ce moment, d’accomplir un grand tournant de sa vie : il passe de la vie cachée à la vie publique ; il sent un appel à sortir, à vivre un moment spirituel intense avec le baptême. Jésus change de vie…et pour cela il se fait baptiser ; cette nouvelle naissance de Jésus (…) nous invite à tous à renaître avec Jésus, à participer à sa naissance et pas simplement à contempler sa crèche de loin, comme un objet de curiosité”.

Quel bel appel pour nous aussi, pèlerins, à changer de vie, à approfondir notre vie spirituelle, non seulement durant ce pèlerinage, mais aussi – et surtout – lors de notre retour en Belgique. Tout résonne désormais différemment. Cet endroit, d’une simplicité extrême et d’une pureté absolue, malgré la présence de nombre d’autres pèlerins et de leurs chants faisant écho aux nôtres, nous a laissé le sentiment d’être seuls au monde, à vivre ce moment de purification, prélude à notre démarche, tant humaine que spirituelle, sur les chemins de Terre sainte, et bientôt, sur ceux de notre quotidien.

Même les mouches (!) présentes en nombre (elles aussi) n’auront pas eu raison de cet instant, tout autant hors du temps qu’ancré dans notre réalité. Une colombe, venue se poser sur les madriers de notre toiture de fortune, vint couronner ce moment providentiel.

Après cette très belle et inspirante célébration, la liberté fut donnée à chacun de suivre les pas du Christ dans les eaux du Jourdain. Chacun à sa manière a pu se les approprier comme vecteur de cette renaissance à laquelle nous sommes invités.

Barbara Brasseur



 


Messe votive du baptême du Christ

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Homélie Baptême du Seigneur Jourdain (Qasr Al Yahud), 30 octobre 2017

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

 
Chers Frères et Sœurs,

En ce lieu situé au bord du Jourdain, nous nous rappelons du baptême de Jésus par Jean Baptiste. Il faut savoir que celui-ci était très connu de son temps : il a même laissé plus de traces dans la littérature non chrétienne de l’époque que Jésus lui-même. S’il était si connu, c’est qu’il avait une parole forte, une parole qui poussait à la conversion ? de la force, il fallait en avoir pour convaincre les foules de venir de Jérusalem jusqu’au rives du Jourdain. Vous avez vu le chemine que nous avons parcouru en autocar : nous avons traversé un désert aride et nous sommes passés de 900 m. d’altitude à -200 m. C’est une route éprouvante si on la fait à pieds. La parcourir signifie qu’on cherche vraiment une conversion, un pardon, un changement de vie.
Cependant, quand Jésus arrive ici, c’est Jean-Baptiste lui-même qui est étonné (Mt 3,13-17). Il dit à Jésus : « C’est moi – Jean – qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » (Mt 3,14). En effet, Jésus a-t-il besoin d’un baptême de conversion ? Quel péché a-t-il commis ? Et pourtant il demande le baptême à Jean-Baptiste. Pourquoi ?

C’est que Jésus est en train d’accomplir un grand tournant dans sa vie : il passe de la vie cachée à la vie publique ; il sort de Galilée pour rejoindre la vallée du Jourdain, il sent un appel à sortir, à vivre un moment spirituel intense avec le baptême et à s’engager dans l’annonce du royaume de Dieu. Jésus change de vie, et pour cela, il se fait baptiser.
Et nous, savons-nous changer de vie ? Savons-nous creuser notre vie spirituelle ? Avons-nous l’ambition de changer le monde, de le rendre meilleur et plus heureux ? Car telle est l’ambition de Jésus, quand il va annoncer le Royaume de Dieu : c’est la venue d’un monde nouveau et meilleur. Et tel est le sens de notre baptême ! Il nous libère de notre tendance au mal – des œuvres mortes, dirait saint Paul (Hébreux 6,1), pour donner la vie nouvelle, faire de nous des enfants de Dieu qui produiront des œuvres de vie. Par le baptême nous naissons à la vie de Dieu, nous naissons au Royaume de Dieu, un royaume en devenir, en construction.

Jésus lui-même vit une nouvelle naissance, puisqu’il entend cette voix du ciel qui dit : « Celui-ci est mon fils bien-aimé. En lui, j’ai mis tout mon amour » (Mt 3,17). Jésus se découvre fils bien-aimé de Dieu. Cette nouvelle naissance de Jésus est fêtée aujourd’hui et clôture le temps de Noël. Elle nous invite tous à renaître avec Jésus, à participer à sa naissance et pas simplement à contempler sa crèche de loin, comme un objet de curiosité.

Dans l’ église Saint-Barthélemy à Liège, sont conservés les fonts baptismaux de l’ancienne cathédrale de Liège. Après la destruction de l’édifice en 1793, pendant la Révolution française, ils ont été sauvés et replacés dans cette église. Ils datent de 1111 environ et sont fondus d’une seule pièce en laiton étincelant ; l’artiste y a représenté, en plus du baptême du Christ, deux scènes complémentaires : le baptême du centurion Corneille de Césarée, par saint Pierre (dont parlait la 2e lecture de cette messe) et le baptême du philosophe Craton par saint Jean (épisode tiré des actes des apôtres apocryphes). Ces deux scènes symbolisent le baptême de la culture romaine et la culture grecque. Par le baptême, des cultures ennemies, violentes, païennes, renaissent à la vie nouvelle. Saint Pierre précisait en baptisant Corneille : « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et qui font ce qui est juste » (Ac 10,34-38).

Voilà donc l’effet merveilleux du baptême : il réunit tout l’humanité au-delà des inégalités et il fait renaître chacun comme enfant de Dieu. Il l’entraîne à s’engager au service de la réconciliation de l’humanité en proie à la violence entre les races et les individus. Le baptême est un don d’amour qui nous est donné, au service d’un monde meilleur. Il n’est pas seulement une grâce privée pour notre salut personnel.

Je termine par une histoire du pape François. Savez-vous qu’il a été baptisé le jour de Noël ? Il appelle donc la fête de Noël sa seconde naissance. À cause de cela, il a demandé un jour aux pèlerins : « Et vous, connaissez-vous le jour de votre baptême ? » Il ajoutait qu’il fallait se poser la question suivante : « Pour moi, le baptême est-il un fait du passé, isolé dans une date, celle qu’aujourd’hui vous rechercherez ( !), ou une réalité vivante, qui concerne mon présent, à chaque instant ? Te sens-tu fort, de la force que le Christ te donne par sa mort et sa résurrection ? Ou te sens-tu abattu et sans force ? »
Je laisse chacun le soin de répondre en âme et conscience à la question du pape François !

Amen !



 


Mardi 31 octobre 2017 : Jérusalem

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Première journée à Jérusalem ! Quel bonheur !

Nous avons commencé la découverte de la ville trois fois sainte à partir du Mont des Oliviers. Après un fraternel déjeuner à la Maison d’Abraham, nous sommes allés au Mont Sion. Nous avons célébré la messe votive de l’Institution de l’Eucharistie au Cénacle.

Nous avons découvert la ville ’by night’ en nous promenant le long des remparts, du cardo, ... et avons prié au Mur des Lamentations.

Mont des Oliviers : cliquez ICI
Mont Sion : cliquez ICI
Messe votive de l’Institution de l’Eucharistie : cliquez ICI
Jérusalem by night : cliquez ICI



 


Mont des Oliviers

 

22 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Lauda Jerusalem !

C’est une journée particulière qui nous attend car, en ce cinquième jour en Terre Sainte, nous quittons notre logement de Bethléem pour enfin découvrir Jérusalem, où nous resterons quelques jours. Nous partons tôt - comme tous les jours, d’ailleurs - et la journée est magnifique. Nous commençons au sommet du Mont des Oliviers, d’où nous pouvons admirer la ville sainte (mais aussi prendre la pose pour quelques belles photos de groupe).

La visite commence par l’église Eleona (oliveraie en grec), et le Carmel du Pater, ainsi appelé à cause de ses mosaïques reprenant le « Notre Père » sur les murs du cloitre, et ce dans quelques 150 langues différentes. C’est en effet à cet endroit que Jésus aurait enseigné à ses disciples la prière la plus connue du monde. Le domaine de quelques 6ha, agrémenté d’un jardin d’oliviers magnifiquement entretenu, appartient à l’Etat Français et jouit de l’extraterritorialité.

Ensuite, nous descendons le long du cimetière juif - le plus grand du monde - qui occupe une grande partie du Mont des Oliviers. Selon la tradition juive, le Messie qui amènera la résurrection des morts, passera en premier lieu par le Mont des Oliviers avant de se rendre à Jérusalem, et ce sont donc les personnes enterrées dans ce lieu qui seraient les premières ressuscitées.

Au pied du Mont, nous visitons l’église franciscaine Dominus Flevit, qui signifie « le Seigneur a pleuré » en latin. Ce lieu est l’endroit où Jésus, lorsqu’il revient avec ses disciples à Jérusalem, pleure en entrant dans la ville.

Ensuite, nous visitons Gethsémani et le Jardin des Oliviers, l’un des seuls endroits où, de nos jours, subsistent encore quelques oliviers centenaires, comme ceux qui poussaient sur le Mont des Oliviers avant que celui-ci ne devienne un grand cimetière. Jésus avait pour habitude de se retirer à cet endroit pour y prier et y passer la nuit. Le jeudi soir de la dernière Cène et avant son arrestation, Jésus s’y rendit avec ses disciples et c’est là qu’il ressentit l’angoisse la plus profonde, décidant de s’en remettre à la volonté du Père.
Après l’agonie ressentie dans le Jardin des Oliviers, Jésus alla à la rencontre des apôtres dans la grotte du Gethsémani (« lieu du pressoir » en araméen) et c’est là qu’il fut rejoint par Judas, accompagné des gardes venus l’arrêter.

Charles-Antoine Uyttenhove



 


Mont Sion

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Nous quittons les hauteurs du quartier de Ras El-Amud à Jérusalem Est et laissons derrière nous la Maison d’Abraham et son point de vue magnifique sur la vieille ville de Jérusalem. Direction le mont Sion pour cet après-midi.

« La montagne de Sion, c’est le pôle du monde, la cité du grand roi » (Ps 48 (47), 2) ; Dieu se révèle, en ses palais, vraie citadelle. « Souviens-Toi de la montagne de Sion où Tu fis Ta demeure ! » (Ps 73 (74), 2)

Jusqu’à la destruction du deuxième temple par Titus et son armée en 70 ap. J.-C., l’appellation de mont Sion a en fait désigné le mont du Temple. Et les cantiques de Sion (46 (45), 48 (47), 76 (75) et 87(86)) viennent exalter la cité sainte, séjour du Très-Haut et (déjà) lieu de pèlerinage… C’est au cours des premiers siècles qui suivirent, avant l’époque byzantine, que le nom de Sion vint progressivement se fixer sur le prolongement sud de la colline qui héberge les quartiers juif et arménien de la vieille ville, dont il est séparé par les murs fortifiés ottomans.

Nous visitons tout d’abord Saint-Pierre en Gallicante, domaine tenu par des prêtres de l’Assomption et quatre sœurs oblates. Le terrain, racheté en 1888 par les assomptionnistes français est présumé être celui de la maison du grand prêtre Caïphe. Quatre églises s’y sont succédé. La seconde, rasée en 1009 par le calife Hakim, était venue remplacée au VIIème siècle la première du Vème siècle, démolie elle par les Perses en 614. Après ces deux édifices byzantins, une église croisée, puis un moindre oratoire, occupèrent tour à tour l’endroit, du XIIème au XIVème siècle, avant une ultime destruction.

Les fouilles entreprises en 1888 ne permirent pas de trouver quelconque trace byzantine de la grotte dite « des larmes de Pierre », vénérée jusqu’alors par les pèlerins. Et, c’est en poursuivant plus au Nord qu’une fosse profonde portant des témoignages de vénération ancienne fût mise au jour : trois croix byzantines incisées dans la pierre d’un trou rond percé dans le plafond furent découvertes, puis, au niveau inférieur, sur les murs d’une grotte, quatre croix noires et sept croix rouges. C’est au-dessus de cet ensemble enfoui que l’on construisit le premier édifice byzantin, puis l’actuelle et quatrième église. « Selon la tradition » – formule consacrée largement entendue au cours de notre périple –, cette grotte ou citerne fût la cellule du Christ, en attendant de comparaître devant Caïphe, avant sa condamnation à mort par le Sanhédrin. Par ailleurs, « en Gallicante » fait explicitement référence au chant du coq qui voit Saint Pierre sombrer dans un amer repentir après son triple reniement annoncé par le Seigneur lui-même (Mt 26, 34). La très belle église néobyzantine, achevée en 1931, est ainsi ornée de fresques légendées en français qui relatent l’arrestation et le procès de Jésus.

En sortant de cette église et avant d’aller observer une importante maquette de la Jérusalem byzantine, nous longeons sur quelques mètres d’imposants vestiges d’un escalier en pierres taillées, du Ier ou IIème siècle ap. J.-C. Si la première datation est correcte, il a vraisemblablement pu être emprunté par le Christ.

Notre pérégrination se poursuit vers l’abbaye bénédictine de la Dormition, construite de 1900 à 1910 pour y installer une communauté allemande de la congrégation de Beuron en Bavière, réputée pour ses études théologiques, historiques et littéraires. L’église, œuvre de l’architecte Heinrich Renard qui s’est inspiré de la cathédrale carolingienne d’Aix-la-Chapelle, est bâtie en rotonde à l’emplacement de l’église byzantine de la Sainte Sion. La crypte on trouve un mausolée de la dormition de la Sainte Vierge. La tradition locale y situe dès les premiers siècles la chambre haute où les disciples se sont réunis après l’Ascension (1 Ac 12-13), le Cénacle puis la maison de l’évangéliste Marc, de sa mère ou de celle de Jacques, « frère » de Jésus, et enfin le lieu de la dormition de Marie vers le VIIème siècle.

Dans une chapelle franciscaine aux abords immédiats du Cénacle, nous prolongeons avec la messe votive de l’institution de l’Eucharistie cet après-midi encore bien dense, historiquement et « en tradition », symboliquement et spirituellement, dans le concret de l’Incarnation, quelle que puisse être les approximations archéologiques ou mémorielles, et les débats inhérents.

Nos pas nous amènent ensuite près de la porte de Sion dans un immeuble de deux étages étonnant, enchevêtrés dans d’autres constructions sous lesquelles des fouilles ont fait émerger un ensemble de constructions dont au moins une datant du Ier siècle serait une synagogue, éventuellement proto-nazaréenne. La tradition chrétienne localise le lavement des pieds (Jn 13, 1-15) au rez-de-chaussée qui abrite aussi, depuis le XIIème siècle semble-t-il un cénotaphe dit « tombeau du Roi David », ainsi que la sainte Cène (Mc 26, Mt 14, Lc 22, 1 Cor 11) et la Pentecôte (Actes 2) au premier étage (d’origine). Héritier de plusieurs destructions et reconstructions, le bâtiment fût restauré voire largement reconstruit par les Franciscains qui l’avaient acquis en 1335. Ceux-ci en furent chassés au XVIème siècle et Soliman le Magnifique islamisa alors, à l’étage, la chapelle du Cénacle au plafond gothique chypriote voûté, en en faisant une mosquée avec l’installation d’un mihrab sculpté toujours visible. De 1949 à 1967, n’ayant plus accès au « Mur des Lamentations » passé sous contrôle jordanien, la communauté juive vint prier dans ce lieu très vénéré. Plus récemment et à plusieurs reprises, ses décorations céramiques murales islamiques des XVIème - XVIIème siècle furent saccagées par des juifs ultra-orthodoxes.

Emmanuel de Garambé



 


Messe votive de l’Institution de l’Eucharistie

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Homélie au Cénacle à Jérusalem Mardi 31 octobre 2017

Jean-Pierre Delville

Chers Frères et Sœurs,

Dans ce lieu historique qui nous rappelle la dernière Cène de Jésus avec ses disciples, nous sommes mis en présence du mystère de l’eucharistie. Par celui-ci, Jésus a voulu que nous restions en communion avec lui, après sa mort et sa résurrection. C’est pourquoi, à la veille de sa mort, il a partagé le repas avec ses disciples. L’évangéliste Marc, nous venons de l’entendre, a raconté dans le détail la préparation de ce repas et le soin mis par Jésus à le faire préparer (Mc 14,12-26). Durant le repas, Jésus a pris le pain, l’a rompu et a dit une phrase étonnante : « Prenez, ceci est mon corps ». Il a donc partagé son corps, c’est-à-dire toute sa vie, comme on partage le pain, afin que nous soyons unis à lui et que notre vie se nourrisse de sa vie. Ensuite Jésus, après avoir fait passer la coupe de vin, insiste sur son sang : « Ceci est mon sang, dit-il, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude ». Jésus en effet allait verser son sang, donner sa vie, à travers la passion et la mort qui lui ont été infligées le lendemain.

Cela nous fait penser à tous ceux qui versent leur sang aujourd’hui, tous ceux qui souffrent de la violence, tous ceux qui sont malades ou mourants.

Chaque fois que j’entends annoncer à la radio ou à la TV : « un mort dans tel attentat », « x morts dans tel bombardement », « autant de morts dans le naufrage d’un bateau d’immigrés dans la Méditerranée », je me dis : que de morts anonymes, que de personnes victimes de la violence qui resteront à tout jamais inconnues. Jésus les a en quelque sorte représentées dans sa mort, en annonçant qu’il versait son sang pour la multitude. Jésus veut tirer de l’oubli ceux qui meurent seuls et abandonnés et nous ouvrir les yeux sur eux, comme il nous a ouvert les yeux sur le sens de sa mort.

En ce lieu de la dernière Cène, nous sommes donc sollicités à être solidaires de ceux qui meurent aujourd’hui de manière injuste, comme Jésus est mort de manière injuste. Et nous sommes sollicités à faire de notre vie un don pour travailler à un monde meilleur. Car Jésus ne nous laisse pas dans l’abandon ou la résignation face à la mort. Il ajoute : « Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le Royaume de Dieu ». Jésus nous promet le vin nouveau du Royaume de Dieu. En effet, son message et sa vie sont si parfaits qu’ils ne peuvent sombrer dans l’oubli. Ils sont des grâces pour nous aujourd’hui. Ils sont nourritures pour nous aujourd’hui. Comme dit la Lettre aux Hébreux : « Ce don de soi purifie nos consciences des actes de mort pour que nous puissions célébrer le culte du Dieu vivant ». Oui, nous allons célébrer avec joie le culte du Dieu vivant dans cette eucharistie et nous aller cheminer en peuple saint au cœur de la ville pour vivre comme un peuple en marche et un peuple dans la joie.

Amen. Alleluia !



 


Jérusalem by night

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Partir à la découverte de Jérusalem peut s’apparenter à une entreprise titanesque lorsqu’on s’y rend pour la première fois, tant l’enchevêtrement des époques, des religions, des quartiers ou des atmosphères donne une impression de citadelle inaccessible. Le programme du pèlerinage proposé en journée nous a certes permis d’appréhender les principaux lieux saints chrétiens de la ville. Toutefois, les organisateurs du voyage ont aussi subtilement perçu l’intérêt d’offrir une déambulation vespérale dans la Vieille Ville, pour aller notamment à la rencontre des lieux saints de nos pères dans la foi, pour reprendre les propos du pape Benoît XVI dans son livre « Lumière du monde ».

Ainsi, après le repas du soir, partant de la porte de Damas, près de laquelle se trouvait notre hostellerie, nous avons cheminé dans les souks déjà désertés par les camelots et les touristes pour atteindre le Mur des Lamentations. Tout qui a déjà pu s’y rendre une fois le soleil couché a certainement pu admirer la grandiose majesté de cet imposant bout de muraille, héritée de l’Antiquité. Mais tout sublime qu’il soit, ce théâtre architectural n’est en réalité rien à côté de la dévotion qu’il attire à lui, de jour comme de nuit. La piété des hommes et des femmes qui s’y présentent force le respect par son intensité et son expressivité. De ces deux genres, le masculin est favorisé, tant par un plus grand espace de dévotion, que par un accès à une bibliothèque où sont conservés les sefarim et d’autres livres de prière.

De prime abord, la multitude des hommes priant en se balançant plus ou moins rapidement d’avant en arrière, a de quoi désarçonner, au point de nous faire demander si nous sommes bien à notre place au milieu de cette foule. Mais passé ce premier moment d’observation, l’on s’imprègne rapidement de l’ambiance et l’on se surprend à, nous aussi, nous approcher du mur, pour y poser une main, s’y recueillir, et y formuler sagement une prière au fond de son cœur. Nous ne doutons cependant pas un instant que notre comportement hésitant trahit notre méconnaissance des usages, malgré notre kippa, au milieu de tous ces hommes. Notre confrère Rolf m’a d’ailleurs rapporté qu’un jeune juif, décelant chez nous la nature de goï, est venu sympathiquement à sa rencontre pour l’assurer malicieusement qu’une prière formulée par un non-juif au mur occidental était réputée être exaucée immédiatement, privilège non accordé aux juifs, même les plus observants. C’est donc empli d’assurance, et confiant dans la démarche que certains d’entre nous n’ont pas hésité à poser une main sur l’antique mur, le moment d’un recueillement et d’une prière particulièrement prenants.

Ayant quelque peine à quitter ce lieu à la forte charge symbolique, nous avons pris un peu de hauteur, afin de profiter de la vue sur le mur et l’esplanade des mosquées, depuis le square Rabinovich, sur lequel nous avons pu admirer une gigantesque menora en or, présentée comme la réplique de la menora du Second Temple, détruit par les Romains en 70 apr. J.-C. Cette menora fait partie d’un ensemble de reconstitutions de vaisselle liturgique, destinée à intégrer un futur Temple de Jérusalem, que certaines factions de la population d’Israël souhaiteraient voir reconstruit à son emplacement d’origine. Cet espoir formulé par des fondamentalistes n’est probablement pas prêt de se concrétiser, et ne pourrait se concevoir sans de graves affrontements avec le monde musulman, puisque ce temple prendrait place sur l’actuelle esplanade des mosquées.

Les quelques rares gouttes de pluie que nous avons rencontrées durant notre séjour, sont tombées quelques minutes durant, en quittant ce square, lorsque nous prîmes la direction de notre hostellerie, non sans longer les vestiges de l’antique cardo, ancienne voie principale de la ville, remontant à l’époque romaine ; antiques pavements et colonnades d’origine étaient toujours bien là pour attester de son ancienneté. Voilà donc comment, par la visite de quelques lieux, nous fûmes projetés quelques 1950 ans plus tôt, à l’époque de Flavius Josèphe, historien juif passé à la cause romaine, et qui raconta la Guerre des Juifs et la destruction du Temple de Jérusalem.

David Colling



 


Renouvellement des promesses au Saint Sépulcre

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Bien des pèlerins convergent chaque jour vers l’église du Saint Sépulcre, dans l’espoir d’approcher les lieux de la passion du Christ, et cette destination constitue souvent l’une des étapes majeures de leur pèlerinage. Mais lorsque l’on s’y rend en tant que Chevaliers et Dames de l’Ordre équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem, la portée symbolique revêtue par cette visite devient incomparable, puisque le Saint Sépulcre représente pour eux tout le sens de leurs engagements vis-à-vis de la Terre Sainte. C’est la raison pour laquelle les Chevaliers et Dames présents ont tous ressenti le besoin de profiter de leur passage en ce lieu pour réaffirmer solennellement leurs engagements pris le jour de leurs adoubements et investitures, quelques années auparavant.

Certes, point n’était ici question de réitérer une nouvelle cérémonie d’adoubements et d’investitures, telle que Chateaubriand l’a relatée dans son « Itinéraire de Paris à Jérusalem ». Toutefois, c’est dans la même chapelle des franciscains que celle qui accueillit les vœux de l’éminent écrivain que chacun d’entre nous est venu s’agenouiller pour faire lecture publique du renouvellement de ses engagements. Désormais éclairés par les réalités de la Terre Sainte, les Chevaliers et Dames ont prononcé en pleine conscience leurs promesses de soutien aux chrétiens qui y vivent, aux institutions qui les administrent, et ont affirmé leur filiale obéissance au pape. Mgr Jean-Pierre Delville, a reçu tous ses engagements avec une digne bienveillance, trônant devant l’autel de la chapelle. Et lorsque vint le moment pour notre prédicateur de formuler ses propres renouvellements, c’est le secrétaire de la Custodie de Terre Sainte, le Frère David Grenier, qui prit humblement sa place pour les recevoir.

À l’issue de cette brève cérémonie, les Chevaliers et Dames habillés de leurs manteaux et robes, se sont vus ouvrir la voie de l’édicule par les Franciscains. L’ambiance était alors bien différente de celle de la nuit de veille au même endroit deux jours plus tôt ; l’église grouillait maintenant de touristes et pèlerins, qui ont été invités à patienter quelques instants le temps que nous allions nous recueillir sur le Tombeau vide.

Vu l’importance de la foule que nous faisions attendre derrière des barrières Nadar le temps de notre recueillement, nous ne nous y sommes pas attardés outre mesure, donnant la priorité à ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de veiller deux jours plus tôt. Quand bien même aurions-nous voulu y demeurer plus longtemps, le service d’ordre nous pressait de ne pas nous y attarder, faisant remonter à notre mémoire la maxime de ce pope grec qui, la nuit de veille, nous enjoignait à accélérer nos dévotions par la phrase « Kiss and go ! ». Nous sommes encore restés quelques instants face à l’autel de Sainte-Marie-Madeleine, à assister de loin aux vêpres (de début d’après-midi) qui se tenaient dans la chapelle des Franciscains, et au terme desquelles Mgr Delville accompagna les religieux qui allèrent s’incliner au Sépulcre.

Il ne fait aucun doute que nos passages en l’église du Saint Sépulcre ont ravivé notre motivation de service aux chrétiens de Terre Sainte. L’approche des lieux qui ont connu la souffrance du Christ, nous permet de mieux comprendre les difficultés auxquelles nos frères sont aujourd’hui encore confrontés sur cette même terre.

David Colling



 


Mercredi 1 novembre 2017 : Toussaint

 

13 décembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Sous un soleil radieux, nous avons fêté la Toussaint à Jérusalem, à Sainte-Anne. Nous avons eu l’occasion d’y être subjugué par la beauté des lieux et des chants de nos amis Emmanuel et Peter.

Nous avons ensuite commencé un chemin de croix tronqué en raison de l’affluence dans la vieille ville. Il nous a conduit vers la Basilique du Saint-Sépulcre où nous avons fait notre Joyeuse Entrée en la Basilique du Saint-Sépulcre, accueillis par le frère David Grenier, ofm, secrétaire de la Custodie.

Ce dernier nous a conduit dans la chapelle du Saint-Sacrement où, en sa présence nous avons tous renouvelé nos promesses de dames et de chevaliers devant Mgr Delville. Ce dernier a fait de même dans les mains du frère David.

Nous avons eu le privilège liturgique de vénérer le Tombeau vide au cours de l’office de la mi-journée.

Après un déjeuner typique préparé par nos frères grecs orthodoxes, nous avons rejoint le Patriarct latin pour une visite de courtoisie et la remise des coquilles du pèlerin.

Le reste de l’après-midi était libre pour les uns ou consacré à la visite de la Tour de David pour les autres.

Tout le groupe s’est retrouvé le soir chez les Franciscaines de Marie pour y écouter le témoignage de Marie-Armelle Beaulieu.

Site de Ste Anne : cliquez ICI
Messe de la Toussaint à Ste Anne : cliquez ICI
Chemin de croix - Via dolorosa : cliquez ICI
Joyeuse Entrée au Saint-Sépulcre : cliquez ICI
Renouvellement des promesses et visite du Saint-Sépulcre : cliquez ICI
Visite au Patriarcat latin : cliquez ICI
Musée de la Tour de David : cliquez ICI
Conférence : Madame Marie-Armelle Beaulieu : cliquez ICI



 


Sainte-Anne

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

1. Site « historique »

Selon une tradition chrétienne orientale, la crypte est située sur le lieu de la maison d’Anne et Joachim.

Une église byzantine y a été construite du temps de l’impératrice Eudocie, dédiée à la Vierge Marie. Elle a été détruite par l’invasion perse de 614, puis reconstruite et de nouveau détruite en 1009 par Al-Hakim.

L’église actuelle, de style roman, a été construite par les Croisés en 1140 et a tout de suite été dédiée à sainte Anne. Après la conquête de Jérusalem par Saladin, l’église est transformée en 1192 en école de droit coranique, puis tombe en ruines au cours des siècles.

En 1856, après la guerre de Crimée, la France reçut l’église du Sultan Abd-al-Majid en remerciement de son aide à la Turquie. Sainte-Anne fut donc restaurée et l’État français la confia en 1877 à Monseigneur Lavigerie et à sa Société des Missionnaires d’Afrique.
Actuellement, le site est toujours administré par les Pères Blancs.

2. Célébration de la Toussaint

L’église devant rester ouverte à l’ensemble des pèlerins, nous avons eu la chance de pouvoir célébré au calme la Toussaint, dans la petite chapelle des Pères Blanc. Un édifice moderne et sobre ouvert sur un jardin donnant à l’ensemble une impression de paix propice au recueillement.



 


Messe de la Toussaint

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Nous avons célébré la fête de Toussaint à l’église Sainte-Anne à Jérusalem. Pour nous permettre de nous recueillir, les Pères blancs avaient mis à notre disposition une très agréable chapelle ouverte sur les jardins. Voici l’homélie prononcée par Mgr Delville à cette occasion.

Homélie Toussaint 2017 Jérusalem, Sainte-Anne

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,

En cette fête de Toussaint, peut-être sommes-nous entrés dans cette église Sainte-Anne avec en tête la mémoire des défunts que nous connaissons, avec le souvenir de personnes précises qui nous tiennent à cœur. Mais la liturgie d’aujourd’hui élargit notre regard : au lieu de nous faire voir des individus, elle nous fait voir des foules.

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, en effet, l’évangéliste nous dit que Jésus, « voyant les foules, gravit la montagne » et se mit à les enseigner en disant : heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5,1-12). Et dans l’Apocalypse, saint Jean écrit (Apocalypse 7,2-14) : « J’ai vu : voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues ».
Ces deux foules sont heureuses : dans son discours sur la montagne, Jésus répète neuf fois le mot « heureux ». Et dans l’Apocalypse, la foule chante la louange de Dieu en disant : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’Agneau ». Cette joie est celle d’appartenir à un peuple sauvé, à un peuple rassemblé : c’est la joie de ne pas être isolé et abandonné, livré à soi-même et aux violences du monde.

Chers Frères et Sœurs, c’est cela que nous célébrons en cette fête de Toussaint : c’est la communion des saints, l’assemblée des saints, l’ecclesia, l’Église. C’est une société réconciliée, malgré les épreuves de la vie. Cette assemblée n’est pas une élite réservée à quelques uns. Elle est composée de tous les peuples de la terre, nous dit l’Apocalypse. Elle se compose de pauvres, nous dit l’évangéliste Matthieu : de pauvres de cœur, de gens qui pleurent, de doux, d’assoiffés et affamés de justice, de miséricordieux, d’artisans de paix, de persécutés divers.

Comment de pareilles gens pourraient-ils former un peuple solide, me direz-vous ? C’est un mélange de paumés et de doux rêveurs, apparemment ! La réponse est dans la lettre de saint Jean : « Bien aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, - et nous le sommes ! » Ce peuple est donc formé d’enfants de Dieu et donc de frères et sœurs. C’est cela sa force. C’est la force d’être aimés par une Dieu Père et de partager fraternellement cet amour.
Dans cette église, nous commémorons sainte Anne, mère de la Vierge Marie. Nous commémorons une femme qui n’a pas pu être chrétienne, mais qui est quand même sainte, par sa disponibilité et par la grâce de son petit-fils Jésus.

La sainteté ne commence donc pas par des vertus personnelles et exceptionnelles ; elle consiste d’abord à se laisser aimer par Dieu comme des enfants qui sont aimés par leurs parents, ou comme des pauvres qui, dans leur pauvreté, sont proclamés heureux, parce qu’ils ont une richesse cachée : ils désirent être aimés.
Face aux peurs qui hantent chacune de nos vies, Jésus a une réponse donnée à chacun de nous personnellement : tu es aimé de Dieu, laisse-toi aimer par Dieu. Chacun de nous a un itinéraire personnel sur ce chemin d’amour. D’abord, nous cherchons à chasser nos peurs et nos faiblesses. C’est ce que nous voyons dans les pratiques d’Halloween : on joue à se faire peur et à faire peur aux autres par des masques les plus laids et les plus noirs possibles. On veut exorciser le mal par le mal. C’est humain. Mais la foi chrétienne nous répond aujourd’hui par une autre image : le vêtement blanc et la marque de Dieu sur notre front.
De l’individu isolé et victime de ses peurs, on passe au peuple des enfants de Dieu, marqués ensemble par l’amour.
De la destinée qui semble limitée à cette vie, on passe à une espérance de vie éternelle en Dieu.
D’une concurrence entre la vie terrestre et les sortilèges de l’au-delà, on passe à une communion entre le présent et l’éternité.
D’une humanité divisée et violente, on passe à un peuple réuni en communion. Telle est la vision qui nous est donnée aujourd’hui.

C’est exactement le sens de ces foules que nous montre la liturgie de ce jour : nous découvrons d’un œil nouveau cette « foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues », de toute confession et de toute Église, ajouterais-je. C’est ce que nous constatons à Jérusalem, dans la multiplicité des églises et des communautés, c’est ce que nous suggère sainte Anne, mère de la Vierge Marie et patronne de cette église.

Alors, soyons unis entre nous, comme cette foule de l’Apocalypse. Nous formons à notre tour dans cette église cette foule rassemblée par Jésus, ce peuple faible mais sauvé. Il nous oriente vers un monde nouveau et nous stimule à y travailler dès maintenant.
La fête de Toussaint nous projette dans le futur, mais elle nous renvoie au présent aussi.
Les saints sauvés par le Christ, c’est déjà chacun de nous !

Bonne fête de Toussaint à tous !



 


Kruisweg (“Via Dolorosa”) te Jeruzalem

 

29 avril 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Allerheiligen is steevast een intiem moment met familie en vrienden. Het is een herdenkingsmoment van overleden kennissen, geliefden en verwanten.

Tijdens de mis in Sint Anna zat ik dan ook in gedachten verzonken ; hoe zou het er thuis aan toe gaan ? Zou het dit jaar regenen tijdens de doorkomst van de priester en de fanfare op het kerkhof ? Zou de bloemenweelde even mooi zijn dan de voorgaande jaren ? Allemaal gedachten die moeilijk te rijmen vallen met de blakende zon en droge omgeving van Jeruzalem. Het zou inderdaad een warme 1ste november worden, vol met plechtigheden.

Na een korte wandeling stonden we binnen het atrium van de Franciscaanse “kapel van de Geseling” en de “kapel van de Veroordeling” ; in de onmiddellijke omgeving van de zogeheten “Ecce Homo”-boog die als een monument boven de straat hangt. Beiden kapellen werden in de jaren twintig van de vorige eeuw gebouwd op de fundamenten van een gebedshuis uit de tijd van de kruisvaarders. Hier lazen we uit het Evangelie en een ridder (David) nam het kruis op dat voor onze groep klaar stond.

In processie begaven we ons door de drukke Al-Wad winkelstraat naar de derde station waar volgens de traditie (het wordt namelijk niet vermeld in de Evangeliën) Jezus voor een eerste maal gevallen is. Hier staat de kleine Armeens-Katholieke Kapel van O.L.V. van Pamoyson. We lazen hier opnieuw uit het Evangelie en namen een kort moment voor gebed.

De drukte van de straten, waardoor de Via Dolorosa loopt, en onze eerder opgelopen vertraging zorgden ervoor dat we maar op enkele plaatsen halt konden houden. We werden namelijk tijdig in de Verrijzeniskerk verwacht.

Aan het zevende station nam ik het kruis van David over. Het was me een bijzonder moment van bezinning. Het herdenken van de lijdensweg van Christus op Allerheiligen gaf me een gevoel van verdriet en onmacht, alsook van kracht en hoop. Dit alles stond in schril contrast met de hartelijke begroeting die ons te beurt viel bij aankomst in de Heilig Grafkerk.

Na een plechtige binnenkomst werden we inderdaad vriendelijk onthaald door Pater David ; een gezellige Franciscaan uit Canada. Hij zou zich over ons ontfermen tijdens de daaropvolgende hernieuwing van onze geloften.



 


Réception au Patriarcat latin de Jérusalem

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Cérémonie académique s’il en est, l’audience qui nous fut accordée au Patriarcat latin de Jérusalem fut pour nous l’occasion d’aller à la rencontre de l’institution à laquelle nous réservons nos oboles de chevaliers et dames du Saint Sépulcre, de manière à en mieux comprendre le fonctionnement.

C’est le vicaire patriarcal pour la Palestine, Mgr Gacinto Boulos Marcuzzo, qui a reçu notre délégation conduite par notre confrère Mgr Jean-Pierre Delville. Cet excellent prédicateur s’est admirablement acquitté de la tâche de présenter le groupe à notre hôte, en insistant notamment sur sa jeunesse, son dynamisme, et sa soif de connaître les réalités de Terre Sainte.

De son côté, Mgr Marcuzzo nous a présenté son institution atypique : « En Europe, vous avez l’habitude de constater l’existence de plusieurs diocèses dans un même pays. En Terre Sainte, c’est le contraire : un seul diocèse s’étend sur plusieurs pays » (citation reconstituée librement à la manière de Thucydide, en en gardant l’esprit).

Profitant de la présence de Moira, la jeune fille de notre confrère Rolf, Mgr Marcuzzo a déployé un discours pédagogique sur le sens d’un pèlerinage, en s’adressant au groupe par son intermédiaire. À la manière d’un instituteur – voire du pape François –, il a amorcé avec elle un jeu de questions-réponses sur les symboles de la Terre Sainte. « Connais-tu les différents endroits où le Christ fut transpercé ? ». Et d’embrayer sur la signification de la quintuple croix potencée. Nous avons également beaucoup appris sur la signification à travers les âges de la coquille de pèlerin qui allait ensuite nous être remise. Nous avons encore été éclairés sur le rôle religieux, social, politique et diplomatique du Patriarcat latin de Jérusalem, dans un pays ou le millefeuille institutionnel, religieux et social invite au dialogue et à l’écoute permanents.

Cette rencontre étant voulue comme un échange, il nous a été permis de questionner le vicaire patriarcal sur l’utilité de notre engagement et sur ce que la patriarcat attendait de nous, en plus de nos devoirs vis-à-vis de l’Ordre. Nous répondant que ces engagements étaient déjà très précieux pour les communautés chrétiennes de Terre Sainte, il nous a enjoint, dans la mesure de nos moyens, à rendre témoignage de notre pèlerinage dans nos régions d’origine, de manière à sensibiliser de la façon la plus humaine possible, à la fois sur la situation précaire de nos coreligionnaires, et à la fois sur la richesse, la force et la diversité des lieux saints de la terre du Christ.

S’en est suivi la remise des coquilles du pèlerin à chacun des chevaliers et dames. Chaque remise fut ponctuée par le mot « Mabrouk », cher à Mgr Marcuzzo, en raison de sa double signification. D’une part, il formule les félicitations pour l’insigne nouvellement obtenu. D’autre part il exprime une bénédiction octroyée au bénéficiaire, que celui-ci est ensuite invité à faire rayonner autour de lui. Ce simple mot « Mabrouk » a ainsi transcendé cette remise de coquilles, au-delà de la simple cérémonie académique. En guise de souvenir, nous nous sommes enfin vu remettre individuellement un petit cadeau, aussi beau qu’appréciable : une petite croix de Jérusalem en nacre. C’est donc emplis de reconnaissance et d’enseignements que nous quittâmes le Patriarcat latin, avant de poursuivre notre dense programme de visites à Jérusalem.

David Colling



 


Musée de la Tour de David

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Qu’il est agréable de s’appeler David à Jérusalem ! La cité de David, l’étoile de David, la tombe de David, la Tour de David… toute la ville semble s’être unie pour me dire « Shalom David ». Inconsciemment, chaque visite placée sous le signe de mon royal et prophétique saint patron a anticipativement suscité en moi un intérêt a priori positif. Et, une fois la visite effectuée, ces pressentiments favorables ont toujours été confirmés par l’expérience. La Tour de David n’a pas dérogé à cette heureuse mécanique.

Vestige de l’antique citadelle, la Tour de David se trouve à proximité immédiate de la porte de Jaffa. Elle fut bâtie par les Juifs au IIe siècle av. J.-C., et connut de nombreuses destructions et reconstructions, suite aux passages des différents occupants de la ville, qu’ils soient romains, byzantins, musulmans, mamelouks ou ottomans. Cette place forte était donc le lieu idéal pour installer le centre d’interprétation qui l’occupe actuellement, et qui retrace les 3000 ans d’histoire de Jérusalem. Il convient effectivement de parler de centre d’interprétation plutôt que de musée car, bien que les vestiges archéologiques de la citadelle soient nombreux, les artéfacts exposés s’avèrent être extrêmement limités, et l’essentiel de l’espace d’exposition consiste en des reconstitutions, des maquettes, des panneaux explicatifs et des illustrations, au demeurant très bien réalisés.

La reconstruction historique n’est jamais évidente au moment de retracer l’histoire d’un lieu ou d’un peuple, et elle s’avère particulièrement délicate lorsque, comme c’est le cas à Jérusalem, plusieurs communautés s’en disputent l’héritage. Force est néanmoins de constater que le travail opéré à la Tour de David est réellement satisfaisant. Les différentes phases de l’histoire de la ville y sont traitées d’égale façon, et son évolution y est présentée de la manière la plus factuelle possible. Seules quelques tournures de phrases de notre excellent guide Yoni laissaient transparaître une appartenance clairement juive, que nous comprenions sans peine comme autant de déclarations d’amour de sa part vis-à-vis de sa ville.

Outre les qualités de la mise en exposition, nous avons pu apprécier une vue imprenable à 360°, du haut de la Tour de Phasaël, où nous avons pu reconnaître bon nombre des lieux que nous avions visités durant les vingt-quatre heures précédentes. Le seul trésor de la citadelle qu’il ne nous a pas été permis d’expérimenter, est sa fonction de lieu de spectacle en plein air. Assurément, l’écrin que représente ces imposantes murailles, constitue, à n’en point douter, un atout majeur pour les spectacles qui s’y déroulent. Probablement, à la faveur d’un autre déplacement à Jérusalem, je me laisserai tenter par l’une ou l’autre représentation qui s’y produira à ce moment-là. Vivement le prochain voyage !

David Colling



 


Grand témoin : Marie-Armelle Beaulieu

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Florence Otten



 


Jeudi 2 novembre 2017 - Mont Thabor et Nazareth

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Notre journée du 2 novembre 2017 était une journée de transition : nous quittions avec tristesse Jérusalem pour rejoindre la Galilée.

Nous avons passé la matinée au Mont Thabor où nous avons célébré la messe et pris notre déjeuner. Nous avons ensuite rejoint Nazareth où nous sommes restés jusqu’à la fin du séjour. Après une découverte de la ville et une installation chez les Soeurs de Nazareth, nous avons eu le plaisir d’entendre Mgr Delville disserter avec pédagogie et compétence sur l’Ecriture sainte.

Mont Thabor : cliquez ICI
Messe votive des fidèles défunts : cliquez ICI
Nazareth : cliquez ICI
Conférence de Mgr Delville : cliquez ICI



 


Mont Thabor

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Nous quittons notre refuge de Bethléem de bonne heure. Après les vallées sèches et lunaires de la Samarie, nous rejoignons la Galilée, caractérisée par ses décors à couper le souffle, alternant bourgs et vallées verdoyantes. Des cultures riches et variées s’offrent à nous. Le grenier d’Israël semble être à nos pieds. Le puit de Jacob n’est qu’à un jet de pierre. Mais ce sera pour une prochaine fois.

Nous voici enfin au pied du Mont Thabor. Le Thabor ressemble à un autel surélevé, que Dieu aurait construit en son propre honneur. L’ascension peut commencer. Après de multiples lacets et autres épingles à cheveux, nous arrivons à 588m d’altitude au sommet du Mont Thabor. Le panorama à 360° sur les vallées alentour est magnifique et la vue sur la riche vallée du Jourdain est imprenable.

Dans la tradition chrétienne (depuis le IVe siècle), le mont Thabor est lié à l’événement de la Transfiguration de Jésus de Nazareth devant ses trois apôtres Pierre, Jacques et Jean. Au XIXe siècle, des frères franciscains prennent possession des lieux, où ils construisent un monastère, auquel, en 1919, s’ajoutera la construction de la basilique actuelle. L’église est de type basilique catholique romaine de style romano-syriaque.

L’ambiance appelle à la prière et à la méditation. Mes premières impressions offrent un sentiment de chaleur et de calme. Un souffle de paix s’empare de moi.

L’ambiance feutrée provient de la lumière tamisée qui se fraye un chemin via les vitraux opaques d’albâtre. Le jour qui s’infiltre à l’intérieur de l’église est là pour rappeler la lumière divine qui entoure Jésus au moment de la Transfiguration, comme il est écrit dans les Évangiles (Matthieu 17/2).

La crypte en dessous de l’abside renferme nombre d’éléments architecturaux datant de la période byzantine et de l’époque croisée. C’est là que prend place notre office de jour. Le plafond cintré au dessus de l’autel scintille de dorures et de fresques de couleurs vives sur un fond de ciel bleu, comme pour rappeler au pèlerin la proximité de la voûte céleste.

Mais pas de temps pour tergiverser. Le rôle de cérémoniaire qui m’a été assigné requiert préparation et organisation. Pas question de faillir ! Burettes, calice, hosties, livre des lectures, tout est prêt. Ça y est, l’office peut enfin commencer. Nous nous dirigeons en procession vers la crypte.

En ce jour de la commémoration des défunts, Mgr Delville nous enseigne que pour mieux appréhender le monde et ses difficultés, il faut être à même de prendre de la hauteur, à voir de plus haut, du sommet de la montagne. Pour se faire il faut gravir les chemins qui mènent au sommet de la montage, au prix de souffrir en chemin. C’est à travers les épreuves et les souffrances que surgira la source de vie éternelle. Les épreuves sont une purification, un purgatoire, qui nous permet d’entrer dans la vie de Dieu et de l’apprécier à sa juste valeur. Quel meilleur endroit que la Basilique de la Transfiguration au sommet du Mont Thabor pour mettre à profit ses enseignements.

La célébration s’achève. Le lunch chez les Frères Franciscains nous attend.

Puis ... en route vers Nazareth.

Emmanuel Brasseur



 


Messe votive des fidèles défunts

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Nous avons commémoré la fidèles défunts dans la basilique du Mont Thabor.
Voici l’homélie prononcée par Mgr Delville à cette occasion.

Homélie Commémoration des défunts 2 novembre 2017 Mont Tabor (Sg 2,23 ; 3,1-6.9 ; Jean 5,24-29)

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,

Ici sur le Mont Tabor, au sommet de cette montagne qui nous donne un superbe panorama sur la plaine, nous sommes invités à découvrir le message de Jésus sur la vie et la mort. « La vie des justes est dans la main de Dieu », nous dit le livre de la Sagesse (Sg 3,1). Cela nous donne le sens de la commémoration des défunts que nous célébrons aujourd’hui. Elle ne nous dit pas le comment de la vie après la mort ; elle nous dit qu’on vit de la vie de Dieu. Le premier sentiment qui en ressort, c’est la sécurité : être dans la main de Dieu. Dieu a-t-il une main ? C’est une image, bien sûr, mais elle est évocatrice. Qu’est-ce que la main ? La main sert à communiquer quelque chose de soi-même. L’amour ou la haine, la caresse ou la claque, l’amitié ou l’agressivité. Elle est symbole de puissance et de protection ; de création, de communication et de transmission d’esprit. Elle transmet ce qui nous anime. La main de Dieu, ici, communique aux justes la force de Dieu, l’esprit de Dieu. C’est comme si l’être humain devenait transfiguré par le contact avec Dieu.

Le salut des défunts passe par l’épreuve et par la mort. Le livre de la Sagesse le décrit bien (Sg 3,1-6.9) : « Leur départ de ce monde a passé pour un malheur ; quand ils nous ont quittés on les croyait anéantis, alors qu’ils sont dans la paix. Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance, ils avaient déjà l’immortalité ». Donc, de la vie vécue avec espérance, à travers les épreuves et les souffrances, surgit la source de la vie éternelle. Par nos gestes d’amitié et d’espérance, nous ouvrons la porte à la vie éternelle. Le livre de la Sagesse ajoute à propos des justes : « Dieu les a mis à l’épreuve et les a reconnus dignes de lui ». Les épreuves sont une purification, un purgatoire, qui nous permet d’entrer dans la vie de Dieu et de l’apprécier à sa juste valeur. « Comme on passe l’or au feu du creuset, Dieu a éprouvé leur valeur, il les a accueillis ». Cette purification peut se passer après la mort, d’après la foi chrétienne, ce sont les peines purgatoires, qui nous permettent d’entrer dans la vie de Dieu.

La montagne où nous sommes nous rappelle comment on peut se purifier en montant sur une montagne. En effet, en montant lentement et péniblement sur les chemins de montagne, on désire de plus en plus atteindre le sommet. Et quand on y parvient, on a la joie de découvrir la beauté du paysage, on est saisi par la beauté du lieu. C’est parce qu’on l’a désiré qu’on l’apprécie ; c’est parce qu’on a souffert et qu’on a purifié son cœur, qu’on peut vraiment l’apprécier à sa juste mesure. Ainsi en va-t-il de Dieu. On ne le découvre et on n’entre en communion avec lui que si on l’a désiré et si on s’est purifié pour le rencontrer.

Le texte de la Sagesse conclut : « Ceux qui mettent leur confiance dans les Seigneur (…) resteront avec lui dans son amour ». Il s’agit donc de rester avec Dieu, de vivre de la vie de Dieu. C’est ce que nous dit Jésus dans l’évangile selon S. Jean ; il proclame : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (Jn 6,51). En effet, la vie éternelle, c’est participer à la vie de Dieu. Chaque être humain est appelé à vivre de la vie de Dieu. Avec Jésus, Dieu s’est fait homme. Donc participer à la vie de Dieu, c’est participer à la vie de Jésus. C’est ainsi que Jésus nous invite à manger son corps et son sang, c’est-à-dire sa vie donnée pour nous. Communier au corps et au sang du Christ, c’est communier à la vie de Dieu, non d’une manière abstraite, mais d’une manière concrète, car Jésus donne sa vie concrètement. Nous participons à la vie de Dieu, en participant à la vie de Jésus. Si Jésus se donne à nous, nous sommes appelés à nous donner aussi aux autres.

C’est pourquoi, le jour de la commémoration des défunts, nous prions pour les défunts, spécialement pour ceux qui nous sont chers et qui nous quittés récemment, que le Seigneur les accueille. Comme dit saint Jean : « Celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m’a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. Les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu et ceux qui l’auront entendue vivront » (Jn 5,24-25). « Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés » (Jn 5, 29). Ceci nous invite tous à nous pencher sur notre vie d’aujourd’hui car elle détermine la vie éternelle.

Nous prions spécialement ici pour les défunts de nos familles, que nous commémorons durant cette eucharistie. Comme dit encore le Livre de la Sagesse : « Le Seigneur leur accorde grâce et miséricorde ». Ils vivent dans la plénitude de la vie. Nous prions spécialement pour nos parents et nos amis qui sont morts cette année. Nous rendons grâce au Seigneur, parce que chacun à sa façon, ils ont accueilli le Christ dans leur vie et ils ont communiqué quelque chose de son esprit autour d’eux. Ils vivent maintenant dans sa joie. Nous prions aussi pour chacun d’entre nous, dans la confiance. Que le Seigneur nous garde dans sa main et que la communion au corps du Christ nous procure la vie éternelle. Amen !



 


Nazareth

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Dès notre arrivé à Nazareth, sous un soleil radieux, nous sommes partis à la découverte des lieux saints et de la Ville.

Guidés par Soeur Rebecca, nous avons allés de la source de la Vierge à la basilique de l’Annonciation en passant par l’église Saint-Joseph et par la mosquée.

Arrivés à la basilique, nous nous laissés apprivoisés par les lieux surprenants dont nous n’avons compris la logique architecturale que le lendemain lors de la grande procession mariale.



 


Conférence de Mgr Delville : l’écriture sainte, sa vérité, son inspiration et sa composition.

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Mgr Delville nous a fait le plaisir de nous donner une conférence sur l’Ecriture sainte, sa vérité, son inspiration et sa composition. En voici quelques échos.

1. Constitution

Au départ tradition orale transmise de génération en génération qui a été tardivement mise par écrit, d’abord en rouleau dont l’ordre de lecture pouvait être aléatoire puis en codex (cahier relié) dont l’ordre est fixé en l’an 90 post J-C. Seuls les livres hébraïques sont reconnu, les autres livres non repris par le canon juif orthodoxe sont les apocryphes de l’ancien testament (« poubelle du Caire »).

Coeur de l’ancien testament : l’exode qui a petit à petit été complété par différents livres narratifs « historique » (Josué, juges, livre des Rois) pour amplifier la révélation.
La Genèse, réflexion ultérieure inspirée de l’exode et la révélation du Sinaï qui apporte une réflexion plus psychologique : réflexion sur le « mal », arbre généalogique et ses histoires de famille (Ex Cain et Abel ; Joseph et ses frères ; …).

Les livres prophétiques apportent une réflexion sur le respect de l’alliance avec Dieu 1000 ans plus tard afin d’actualiser l’expérience du salut tandis que le Deutéronome est une seconde monture simplifié et pédagogique de la Loi après la destruction du temple et l’exil.

Les livres poétique (Job, Psaume) témoigne d’une approche plus personnelle de l’expérience religieuse.

L’introduction ecclésiastique est un écrit tardif dont le but est d’actualiser et de faire connaître aux païens la révélation. Il a nécessité une traduction de l’hébreux en grec afin de rendre le texte plus accessible à tous . Comme toute traduction il est possible que celle-ci « trahisse » l’original. C’est à ce moment qu’à Alexandrie (territoire grec à cette époque) que l’on passe des rouleaux du tabernacle au codex, l’ordre des livres a pu être modifié afin d’avoir une plus grande cohérence chronologique.

Le Christ et ses apôtres connaissent la « Bible grecque » et la valorisent.

Le nouveau testament est constitué du corpus de l‘Eglise primitive regroupé selon une logique de révélation progressive (création → apocalypse). Les livres retenus l’on été selon trois critères : apôstolie, valeur orthodoxie, lu et reçu dans différentes communautés ecclésiale de facto pendant la période apostolique. Les livres apocryphes du nouveau testament sont soit des livres d’intérêts mais ne remplissant pas les 3 critères ci-dessus (ex : didaché des apôtres, pasteur d’Hermas) soit fantaisiste (ex : enfance du Christ) et sont considéré comme sans valeur théologique.

2. Inspiration

« Parole de Dieu » écrit par l’homme mais d’inspiration divine. Quid de l’homme ? Quid de Dieu ?
Pour l’Église catholique tout est inspiré par Dieu mais doit être compris dans le cadre de sa vérité comme une évolution.

3. Vérité

La vérité n’est pas matérielle mais théologique, c’est à dire en fonction du Salut.

4. (Ré)Interprétation

Il y a différentes versions d’un même message et chaque genre littéraire doit être interprété selon sa logique propre, selon son contexte géo-historique et selon l’intention de l’auteur.

L’interprétation peut être littérale, spirituelle, contemplative ou allégorique.
La vérité est donc dynamique et sujet à notre interprétation personnelle.

Nathalie della Faille



 


Vendredi 3 novembre 2017 - Lac de Tibériade

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Au cours de cette journée du 3 novembre 2017, nous circulé autour du lac de Tibériade.

Nous avons commencé par le site de Cafarnaüm où nous étions les seuls visiteurs. Nous avons poursuivi par le site de Tabgha et ensuite le site de la primauté de Pierre où nous avions célébré la messe.

Après un déjeuner au Mont des Béatitudes, nous avons visité le parc et médité sur les huit béatitudes. La Domus Galilaeae nous accueilli ensuite pour une visite très particulière. Nous l’avons quitté à regrets pour rejoindre Nazareth où nous attendait Madame Violette Khoury, notre grand témoin à Nazareth. Notre journée s’est achevée par la visite du Tombeau du Juste.

Kafarnaüm - Het huis van Petrus : cliquez ICI
Tabgha : cliquez ICI
Messe votive de la multiplication des pains et des poissons : cliquez ICI
De berg der zaligsprekingen : cliquez ICI
Domus Galilaeae : cliquez ICI
Conférence de Madame Violette Khoury : cliquez ICI
Tombeau du Juste : cliquez ICI



 


Messe votive de la multiplication des pains et des poissons

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Pour la seconde fois, nous avons célébré la messe en plain air : sur les bords du lac de Tibériade. Voici l’homélie de Mgr Delville à cette occasion.

Homélie à Tabgha Lac de Tibériade

3 novembre 2017
Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,

Ici, le long du lac de Tibériade, nous commémorons la multiplication des pains que Jésus a faite à proximité de cet endroit. Dans le récit tel qu’il nous transmis dans l’évangile de Jean (Jn 6,1-15), Jésus dit aux disciples : « Où pourrions nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » (dans les évangiles synoptiques, ce sont les disciples qui disent : « Nous sommes dans un endroit désert » et qui se posent à Jésus la question du repas de la foule ; Jésus leur dit de chercher eux-mêmes à manger). Ici, dans l’évangile de Jean, c’est Jésus lui même qui prend l’initiative de poser la question aux disciples. Mais le pessimisme des disciples apparaît ; ils n’ont trouvé qu’ « Un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons ». (Dans les synoptiques, ils sont plus proactifs et disent : « nous avons cinq pains d’orge et deux poissons »). En fait, ils ont un trésor en main et ne le savent pas : les cinq pains, sont le symbole de l’ancienne alliance (car 5 est le chiffre des cinq livres de la Loi) ; et les deux poissons sont le symbole des deux natures du Christ et donc de la Nouvelle Alliance. Il s’agit ici de conjuguer l’ancienne et la nouvelle alliance, ce qui donne 7, le chiffre de la perfection. Jésus produit la perfection, à partir de la fragilité.

Dans les synoptiques, Jésus bénit ces pains et ces poissons, mais ce sons les disciples qui les partagent, après avoir fait asseoir la foule par groupes de cinquante. Dans l’évangile de Jean, Jésus fait asseoir aussi la foule ; il crée l’ordre et la sécurité ; il ouvre les cœurs à la réceptivité. Puis, nous dit l’évangéliste, « il prit les pains et, après avoir rendu grâces, il les leur distribua ». C’est donc Jésus en personne qui distribue. Son geste et sa prière préfigurent l’eucharistie. L’évangéliste ajoute qu’il y eut assez de pain pour tous, il en resta même douze corbeilles, 12, chiffre des tribus d’Israël, chiffre du peuple de Dieu, de l’Eglise que nous formons. Jésus a nourri la foule avec la fragilité des cinq pains et de deux poissons, avec la fragilité des disciples. Ainsi le désert est devenu verte prairie, la faim est remplacée par la joie.

Avant sa passion, Jésus se trouvait dans un autre désert, le désert de la trahison, le désert de l’abandon. Là encore il n’a pas cédé au défaitisme, au désespoir. Il a réuni ses disciples, il leur a donné un repas, dans ce repas, il a partagé son corps, son sang, sa vie. L’évangéliste Jean ne raconte pas la distribution du pain lors de ce repas, mais seulement le lavement des pieds. Cependant il développe à travers le récit de la multiplication des pains le sens profond de l’eucharistie. Car la multiplication des pains est la préfiguration de l’eucharistie. Dans celle-ci Jésus se trouve dans un nouveau désert, le désert de sa mort prochaine, le désert de la trahison des disciples. Il dit, un peu après la multiplication des pains : « Je suis le pain de la vie » (Jn 6,35).
Le miracle de la multiplication des pains est appelé « un signe » par Jésus. Car ce n’est pas le fait que ses adversaires critiquent mais le sens de ce fait ; comme dit Jésus : « Vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés » (Jn 6, 26).

Ainsi, à notre tour, nous sommes invités à découvrir le sens de la multiplication des pains et pas à nous braquer sur le miracle dans son côté matériel. Le sens est donné par le pain de la dernière cène, le pain rompu, partagé ; c’est le corps du Seigneur, qui s’est donné jour après jour dans sa vie publique et qui se donne une fois pour toute par le don de sa vie, par sa mort sur la croix et par sa résurrection. C’est Dieu qui partage le sort de l’humanité, c’est Dieu qui nous donne la piste de l’amour fraternel ; grâce à ce don, voici que l’homme est appelé à partager la vie de Dieu et prendre part à sa vie divine : c’est la communion à son corps et à son sang. De même que Dieu partage notre humanité, nous partageons sa divinité par la communion. Ce fait est inouï et fort de conséquences : il signifie en particulier la dignité de la nature humaine, appelée à participer à la vie divine.

Remercions le Seigneur pour cet espoir qu’il nous donne aujourd’hui : ce pain rompu est pain de vie, est vie partagée. Car tel est le secret : la vraie vie est celle qui se donne, pas celle qui se garde pour soi.

Remercions le Seigneur de nous faire communier à ce mystère de vie partagée. Et soyons-en les artisans autour de nous. Que cet espace merveilleux du lac de Tibériade qui se déploie sous nos yeux nous inspire et garde gravé en nos cœurs le mystère d’amour que Jésus y a déployé.



 


De berg der zaligsprekingen

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Op de berg der zaligsprekingen ten Noordwesten van het meer werd een octogonale koepelkerk gebouwd in contrasterend basalt- en zandsteen. De ramen in brandglas bevatten de acht beatitudes overkoepelt door een met goudenmozaïek bezette dôme.
Als Jezus de berg opgaat dan heeft dat in de Bijbel twee betekenissen. Ofwel treedt Hij in gebed met Zijn hemelse Vader, ofwel spreekt Hij ‘ex-cathedra’.

In dit geval onderricht Hij en prijst hen die met bepaalde kwaliteiten in het leven staan : “Gelukkig die zich arm weten voor God, want hun behoort het koninkrijk der hemelen. Gelukkig die verdriet hebben, want zij zullen getroost worden. Gelukkig die zachtmoedig zijn, want zij zullen het land erven. Gelukkig die hongeren en dorsten naar de gerechtigheid, want zij zullen verzadigd worden. Gelukkig die barmhartig zijn, want zij zullen barmhartigheid ondervinden. Gelukkig die zuiver van hart zijn, want zij zullen God zien. Gelukkig die vrede brengen, want zij zullen kinderen van God genoemd worden. Gelukkig die vervolgd worden vanwege de gerechtigheid, want hun behoort het koninkrijk der hemelen. Gelukkig zijn jullie, als ze jullie uitschelden en vervolgen en je van allerlei kwaad betichten vanwege Mij. Wees blij en juich, want in de hemel wacht jullie een rijke beloning. Zo hebben ze immers de profeten vóór jullie vervolgd.” (Mt. 5, 1-12)

In de eerste drie zaligsprekingen worden zij genoemd die zich in een onvoordelige situatie bevinden. De arme, misbedeelde, verdrietige mens. Hij is als miserabel wordt beschouwd in de welvarende maatschappij. Paradoxaal worden zij als de gelukkige geprezen, maar Jezus prijst hen niet zalig omwille van hun toestand, maar wel omdat zij uit hun ellendige bestaan zullen worden verlost wanneer zij in Zijn Koninkrijk zullen thuiskomen. Zo gaan dan ook de profetieën van Jesaja in vervulling : “God de Heer heeft mij gezalfd : van zijn geest ben ik vervuld … goed nieuws brengen aan de armen, opbeuren wie de moed heeft verloren … de as op hun hoofd maakt plaats voor een kroon, rouw en wanhoop wijken voor feestkleren …” (Jes. 61, 1-3)

De messiaanse proclamatie van de Heer Jezus heeft helaas tot op vandaag nog niets aan actualiteit ingeboet. Ook vandaag kunnen armen en uitgestotenen uit de maatschappij zich gelukkig prijzen, dat er nog steeds christenen zijn die naar Jezus’ voorbeeld trachten te leven en anderen te helpen die het minder goed hebben dan zij zelf.

Mattheüs voegt een volgende groep van vijf toe : “gelukkig zij zachtmoedig zijn, zij die hongeren en dorsten naar gerechtigheid, zij die barmhartig zijn, de zuiveren van hart, de vredestichters, de vervolgden om de gerechtigheid.” Het lijkt wel het gedroomde deugdelijk ideaalbeeld van de Kerk weer te geven.

Peter Broos



 


Tabgha - De broodvermenigvuldiging

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

De naam Tabgha is een vervorming van het Griekse Heptapegon, dat ’plaats van de zeven bronnen’ betekent. Van de zeven bronnen die in het Meer van Tiberias uitkwamen bestaan er nog vijf. De plaats staat vooral bekend om het nieuwtestamentische verhaal over Jezus die zijn vijfduizend toehoorders voedde met vijf broden en twee vissen. Op de plaats waar vermoed wordt dat deze gebeurtenis exact plaatsvond werd in de 5e eeuw door de Byzantijnen de Broodvermenigvuldigingskerk opgericht.

Het is wanneer Jezus verneemt dat Johannes de Doper is onthoofd dat Hij met zijn leerlingen in een boot stapt en naar een plek wil gaan waar ze even alleen kunnen zijn. “Toen Jezus dat (de onthoofding van Johannes de Doper) hoorde week hij met een boot uit naar een eenzame plaats waar Hij alleen kon zijn.” (Mt. 14, 13) Maar dat viel tegen… want : “… de mensen zagen hem vertrekken… uit alle plaatsen ging men er over land snel naartoe. Men kwam er eerder aan dan Jezus en zijn leerlingen.” (Mc. 6, 33) “Toen Jezus daar aan land ging, zag Hij een grote menigte. En medelijden beving Hem : ze waren als schapen zonder herder.” (Mc. 6, 34) Ik leg net zoals in het evangelie niet de nadruk op het vermeerderingswonder, want na het zegengebed worden de broden en de vissen verdeeld en ze aten tot ze verzadigd waren. Het gaat om de achterliggende betekenis ervan. Om deze metaforen te kunnen begrijpen dienen we terug te schakelen naar het Oude Testament. “De almachtige Heer richt een feestmaal aan voor alle volken” (Jes. 25, 6) De overvloedige maaltijd staat hier voor de doorbraak van de heerschappij van God. Het is de overvloed, die geschonken is in de figuur van Jezus, die centraal staat. Jezus heeft medelijden met deze mensen zonder leider. Het is een verwijzing naar de aanstelling van de apostelen als herders van Zijn schapen. “Geven jullie hun maar te eten” (Mt. 14, 16) Men deelt ook alles wat men heeft. Men deelt de vijf broden en de twee vissen en niet drie broden en één vis. Men houdt geen reserves voor zichzelf. Een duidelijke boodschap daar de christenen : ‘deelt alles met elkander’.

Peter Broos



 


Kafarnaüm - Het huis van Petrus

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

We reizen van Nazareth naar de oude stad Kafarnaüm. Het is precies 1987 jaar geleden dat Jezus er zich woonst verschafte. “Hij (Jezus) ging niet in Nazareth, maar in Kafarnaüm wonen, aan het meer van Galilea. (of ook meer van Tiberias)” (Mt. 4, 13).

Jezus ontmoet er de twee broers Simon, die later Petrus zal worden genoemd en Andreas. Ze runden een vissersbedrijf aan de oever van het meer. “Ga met me mee, dat zal Ik jullie vissers van mensen maken.” (Mt. 4, 19). Ook de broers Jacobus en Johannes die een eind verderop hun visnetten aan het herstellen waren werden geroepen. Petrus bezat een ruime woning vlakbij de synagoge, zijn broer Andreas en ook zijn schoonmoeder woonden er. Dit blijkt uit de genezing van deze vrouw. “Toen Jezus bij Petrus thuiskwam, zag Hij diens schoonmoeder met koorts op bed liggen. Hij pakte haar hand vast en de koorts verdween. Ze stond op en ging voor Hem zorgen.” (Mt. 8, 14-15)
Het huis van Petrus was geen alleenstaande villa, maar een vrij ruime woning omgeven door andere huizen. Gelegen op enkele meters van de synagoge en de oever van het meer. Dat er een synagoge was gebouwd lezen we in de evangelieperikoop van Lucas over de genezing van de knecht van de centurio, een Romeins officier, ook honderdman genoemd omdat hij een leger van honderd soldaten onder zich had en ik citeer : “Een Romeins officier had daar (in Kafarnaüm) een knecht die hij erg waardeerde ; de man was ernstig ziek en lag op sterven. Toen de officier van Jezus hoorde, stuurde hij een paar oudsten van de Joden naar Hem toe met de vraag of Hij zijn knecht wou komen genezen. Ze gingen naar Jezus toe en drongen er bij Hem op aan de officier te helpen. Ze zeiden : ‘Die man verdient het, want hij houdt van ons volk en heeft de synagoge hier voor ons laten bouwen.’ Jezus ging met hen mee.” (Lc. 1-6)

Kafarnaüm is daarmee een bevoorrechte plaats geworden, want nergens anders heeft Jezus zoveel wonderen verricht als in Kafarnaüm. Maar blijkbaar werden zijn wondere werken niet altijd zo naar waarde geschat door de plaatselijke bevolking. “En gij, Kafarnaüm, zult ge soms tot de hemel toe verheven worden ? Tot in de onderwereld zult ge neerzinken” (Mt. 11, 23).

De ruïnes van de huidige tempel zijn niet de overblijfselen van de synagoge uit Jezus’ tijd. We zien wel dat met deze gebouwd heeft op bestaande fundamenten. De aanwijzing dat de aangeduide plaats de woning van Petrus is geweest leiden we af uit de archeologische bevindingen van de Franciscanen. Het huis van Petrus wordt in 3de eeuw na Christus een cultusplaats om in de tweede helft van de 5de eeuw te worden verbouwd tot octogonale Byzantijnse kerk. In de 7de eeuw komt er een einde aan het Byzantijnse Rijk en geraakt de kerk onder invloed van de Arabische bezetting en Islamitische overheersing in verval. Het is pas in 1921 dat men de achthoekige structuren van de kerk ontdekt en in 1968 wordt de christelijke gebedsruimte ontdekt. Graffiti verwijzen uitdrukkelijk naar Jezus Christus als God en bevatten liturgische uitdrukkingen zoals ‘Kyrie eleison’ en ‘Amen’.

We schrijven juni 1990 in het jaar Onzes Here, wanneer de Franciscanen naar het Byzantijnse achthoekige model een nieuwe basiliek bouwen boven het huis van Petrus. Eenmaal in de kerk kan je door de glazen vloer de indeling van het heiligdom bewonderen. Wanneer je je realiseert dat Jezus omgeven van zijn leerlingen, daar Zijn goddelijk woord heeft onderwezen, dan laat die plaats je nooit meer los.

Peter Broos



 


Le tombeau du Juste

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Benoît Kohl



 


Grand témoin : Madame Violette Khoury

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

La conférence de madame Violette Khoury nous aura sans doute tous beaucoup touchés. Ce petit brun de femme semble avoir une foi à déplacer les montagnes : infatigable militante, qui n’a de cesse de dénoncer les injustices dont est victime la population arabe israélienne, à savoir les Palestiniens restés sur le territoire israélien en 1948 et leurs descendants.

Elle est l’une des fondatrices de SABEEL une association œcuménique qui lutte pour les droits de tous les Palestiniens et qui fonde son action sur la théologie de la libération à Jérusalem et à Nazareth. Un de ses combats aujourd’hui est la sensibilisation de la population juive israélienne aux problèmes de leurs concitoyens arabes, en promouvant la non-violence et la réconciliation.

Les arabes chrétiens aussi ne se résignent pas. Leur nombre s’est affaibli, mais leur mission demeure, au nom même de l’Évangile. Dans leur diversité, leur disparité même, ils ont conscience de leur unité. Ils sont l’Église-mère de tous les chrétiens, héritière de la première Église des apôtres, sous l’action du Saint-Esprit, et témoins aujourd’hui du même Évangile de salut, de liberté, de justice et de paix. Violette souligne que son nom « Khoury » signifie « prêtre ». Tous les chrétiens qui ont eu un prêtre dans leur famille ont changé de nom au moment de l’ordination de ce prêtre, ce qui empêche vite toute recherche généalogique approfondie.

Son histoire est très ancrée à Nazareth. Elle nous raconte, comme une litanie, toutes les injustices vécues dans sa vie professionnelle de pharmacienne : refus de prêts à l’installation, imposition surélevée, taxes en tous genres, notamment taxe de guerre à chaque nouveau conflit… pendant que son amie de faculté juive installée au même moment dans le centre de Nazareth Illit, la nouvelle Nazareth peuplée d’habitants d’origine juive, percevait des subventions, des exonérations d’impôts, des primes, des indemnités de guerre à chaque conflit..

Elle nous recommande de lire le livre d’Ilan Pappe qui s’est attaché à démontrer qu’en 1948, avait eu lieu un véritable nettoyage ethnique. Il fallait détruire les traces de vie : 600 villages ont été rasés, on y a planté des sapins pour effacer la mémoire. En quelques mois, 700000 habitants ont dû quitter leur maison. Ils sont partis en Egypte, au Liban…. L’observateur suédois de l’ONU a alors déclaré qu’il fallait réintégrer ces réfugiés mais il a été assassiné peu de temps après. Est venue ensuite très rapidement la reconnaissance de l’Etat d’Israël. Nazareth est restée sûre car 30% du territoire appartenait à des communautés religieuses, surtout européennes. Il y a donc eu à Nazareth un afflux massif de réfugiés : la population est passée de 10000 à 35000 habitants. Ils sont maintenant des citoyens de seconde zone (villages séparés, écoles séparées, lois discriminantes…).

Mme Khoury nous livre une bibliographie pour nous amener à découvrir la complexité par des points de vue éclairants et peu conformistes. Elle nous invite à continuer d’aider les chrétiens de Terre Sainte à sauver leur héritage, le mettre en valeur, mais aussi consolider une structure sociale, rassembler les gens, dans un esprit de justice et de paix…

Elle proclame vouloir annoncer aux juifs la Bonne Nouvelle et la Vérité (1 Cor 1), tout en s’attachant plus prosaïquement à faire reconnaître la vérité historique et ses vexations, voire son lot d’exactions, pour mieux les transcender.

Nathalie de Courcel

Ilan Pappe, Le nettoyage ethnique de la Palestine, 2008
Nurit Peled-Elhanan, Palestine in Israeli School Books : Ideology and Propaganda in Education, 2012
Miko Peled, The General’s Son : Journey of an Israeli in Palestine, 2016
Naïm Stfan Ateek, Le cri d’un palestinien pour la réconciliation, 2013



 


Samedi 4 novembre 2017 : Nazareth, Akko, Mont Carmel et Nazareth

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Cette journée du samedi 4 novembre était bien chargée.

Nous l’avons débutée à Cana, où les jeunes pèlerins ont spécialement prié pour les époux membres de la Lieutenance, les époux dans nos familles et dans nos amis. Mgr Delville a spécialement bénit les quatre couples qui faisaient partie de notre groupe.

Nous avons rejoins Akko (Saint-Jean-d’Acre) pour y découvrir une citadelle mystérieuse et inspirante.

Après un passage par Haiffa, nous avons grimpé le Mont Carmel pour accéder au monastère Stella maris où nous avons célébré la messe puis sommes rentré à Nazareth pour y participer à une très belle procession mariale.

Cana : cliquez ICI
Akko (Saint-Jean d’Acre) : cliquez ICI
Mont Carmel : cliquez ICI
Messe votive de Notre-Dame du Mont Carmel : cliquez ICI
Procession mariale à Nazareth : cliquez ICI



 


Kafr Cana

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Nous avons spécialement prié pour les époux à l’église de Kafr Cana, lieu des noces éponymes : les époux membres de notre lieutenance, nos parents, les époux dans nos familles et nos amis, ... Nous avons également prié pour les couples en difficultés, pour leurs accompagnants et pour le personnel des officialités.

Mgr Delville a spécialement béni les quatre couples qui faisaient partie du groupe ainsi que leurs enfants. Nous avons également prié pour les couples qui participent habituellement à nos activités et qui n’étaient pas entièrement parmi nous (Adrien et Daphné, Gregory et Audrey, Rolf et Marie, ...).

En clin d’oeil, nos quatre couples sont sortis de la chapelle sous les applaudissements et au son de la marche nuptiale de Mendelssohn !



 


Akko - Saint-Jean d’Acre

 

22 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Akko est le nom hébreu de cette magnifique cité, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, que nous connaissons mieux sous le nom de Saint-Jean d’Acre, du nom de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui y créa un grand hôpital pour y accueillir et soigner les nombreux pèlerins de Terre Sainte.

De par sa position sur une péninsule comprenant une baie naturelle et des eaux profondes, la ville a pris une importance internationale de 1104 à 1291 en tant que capitale du royaume des croisés de Jérusalem, après être devenue le principal port de Terre Sainte. Les vestiges de la ville des Croisés sont par ailleurs restés pratiquement intacts, tant en sous-sol qu’en surface, donnant une image exceptionnelle de ce qu’étaient l’organisation de l’espace urbain du temps en ces temps-là.

Après une longue période de déclin pendant laquelle la ville est néanmoins restée le principal port d’entrée pour les pèlerins chrétiens se rendant à Jérusalem, elle a connu un renouveau au XVIIIe siècle en tant que capitale de cette partie de l’empire ottoman. La cité actuelle est d’ailleurs caractéristique des villes fortifiées ottomanes de cette période, avec sa citadelle, ses mosquées, ses caravansérails et ses bains publics.

Dès notre arrivée en bus, nous avons été impressionnés par la taille des remparts et des tours qui entourent toujours la vieille ville. Malgré un dispositif d’audio-guide dernier cri censé nous guider pas à pas à travers l’immense citadelle des croisés, notre groupe fut très vite disséminé, chacun essayant tant bien que mal de capter le signal déclenchant les explications attendues et se perdant dans cet énorme édifice… Malgré ces petits soucis techniques, il nous était cependant impossible de ne pas être ébloui par ce lieu chargé d’histoire et ses pièces aux dimensions hors normes, comme le réfectoire ou la grande salle des chevaliers. Pour quitter la citadelle et retrouver le reste du groupe autour d’une bière locale (au fut !) dans une petite ruelle commerçante de la vieille ville, il nous fallut emprunter un long tunnel souterrain, celui-là même qui fut utilisé pour l’évacuation de la citadelle lors de sa chute en 1291.

Avant une rapide visite de la mosquée Al Jezzar et un déjeuner très attendu, nous nous sommes tous retrouvés aux bains d’Akko, qui jouissaient autrefois d’une belle réputation.

Charles-Antoine Uyttenhove



 


Le Mont Carmel - Stella Maris

 

19 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Nous quittons Haïfa pour poursuivre notre ascension (en bus) du Mont Carmel, ce massif montagneux côtier qui domine, depuis son flanc occidental, la Méditerranée.

Élie y vécut, habita une grotte et y affronta au nom du Dieu d’Israël les prêtres de Baal qui, vaincus, y furent mis à mort (2 Rois 18). Élisée est également réputé y avoir habité.

Après un premier monastère byzantin construit à la pointe du plateau qui domine la mer et détruit par les Perses en 614, il faut attendre le XIIème siècle pour voir Saint Berthold, pèlerin croisé, se fixer au Mont Carmel, y devenir ermite à l’instar d’Élie et y fonder un ordre catholique latin. L’église au centre des ermitages est dédiée à la Sainte Vierge. Son nom, Notre-Dame du Mont-Carmel, va devenir celui de cette communauté naissante.
Saint Albert Avogadro, patriarche latin de Jérusalem, en édicte la règle, austère, en 1209 et en 1252, Saint Louis se rend aux ermitages.

Au XIIIème siècle, à partir de la prise de Jérusalem par Saladin, les ermites menacés émigrent progressivement vers l’Europe. La prise de Saint-Jean-d’Acre en 1291 s’accompagne de la destruction du site, du massacre des derniers carmes encore présents et marque la fin de la première période érémitique carmélitaine sur place.

Des carmes déchaux, sous la direction du Père Prosper du Saint-Esprit, reviennent en Terre Sainte à partir de 1631. Bénéficiant d’une aide diplomatique française dans leurs négociations avec les autorités ottomanes, ils parviennent à racheter des bâtiments, du moins leurs ruines, et des grottes sur les pentes du mont Carmel. Un petit monastère voit le jour. La grotte d’Élie étant vénérée par des ascètes mamelouks, les carmes investissent une autre grotte, celle des « disciples d’Élie ». En 1761, le gouverneur Omar expulse les moines et faire détruire leur monastère.

A l’instigation du frère déchaux Jean-Baptiste de Saint-Alexis, un nouveau couvent est reconstruit, de 1767 à 1774.

Alors que Bonaparte, pendant la Campagne d’Égypte en 1799, assiège Saint-Jean d’Acre, il convertit la mosquée installée dans les vestiges du monastère en hôpital de campagne. Dans leur retraite, les armées françaises du Directoire finissant, vaincues, abandonnent derrière elles deux mille blessés, vite massacrés. En 1821, le pacha de Damas réduit l’ensemble à néant et fait récupérer les pierres pour la construction de son palais.

Après intervention de Charles X, les carmes sont autorisés par le sultan à reconstruire le monastère. Louis-Philippe Ier soutiendra à son tour l’entreprise. L’église, sous le nom de Stella Maris (Étoile de la mer), est déclarée basilique mineure par Grégoire X
VI en 1839. La vie communautaire y reprend en 1846. Depuis, les seuls dommages subis ont été l’œuvre d’un incendie de forêt en 2010.

L’église est en forme de croix, les plafonds y ont été peints par frère Poggi dans les années vingt. Au-dessus de l’autel, une statue en cèdre du Liban et porcelaine représente la Madone, avec Jésus sur ses genoux. La grotte d’Élie se situe sous le maître-autel, et abrite aussi un petit autel en pierre, sous une statue d’Élie. Le site, qui compte plusieurs autres grottes (Saint Simon Stock, Prophètes, Madone, Élisée…), est visité par des pèlerins juifs ou musulmans, venus sur les traces d’Élie.

Un monastère de carmélites, distinct de celui des frères carmes, est situé au sud-est à 1,5 km. Le phare, construit par les moines en 1864 face à l’église, est occupé par l’armée israélienne.

Nous terminerons cet après-midi par la messe votive de Notre-Dame du Mont-Carmel, avec une belle occasion de prier Notre-Dame pour les marins, civils ou militaires, d’active ou de réserve, et leurs familles.

Emmanuel de Garambé



 


Messe votive de Notre-Dame du Mont-Carmel

 

18 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Nous avons célébré au sein du Monastère, la messe votive de Notre-Dame du Mont-Carmel et y avons spécialement prié à l’attention spéciale des marins, civils ou militaires, d’active ou de réserve, et de leurs familles. Voici l’homélie prononcée par Mgr Delville à cette occasion.

Homélie 4 novembre 2017 Mont Carmel

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs !

Ici au sommet du Mont Carmel, nous célébrons Marie, Stella maris, Marie étoile de la mer. Marie guide les marins comme l’étoile guide les navigateurs. Du haut de ce promontoire, nous voyons la grandeur de la mer et l’importance d’un phare et d’une lumière pour les guider.

C’est ici au milieu d’une série d’ermitages que fut érigée d’abord une chapelle à Marie, Stella Maris. Les ermites suivaient la voie tracée par le prophète Élie, qui a habité sur cette montagne du Carmel et qui a valorisé ici la foi au Dieu unique, contre les croyances aux dieux de la nature et aux idoles païennes. Par après, il se rendra au Sinaï pour rencontrer Dieu dans la simplicité d’un souffle imperceptible. On montre toujours dans l’église la grotte où habita le prophète Élie.

Puisque nous fêtons ici Marie, Notre Dame du Carmel, nous avons lu un évangile qui nous parle de Marie, l’évangile de Noël (Lc 2,15-20). Marie a vécu des difficultés dans sa vie ; mais par sa foi, elle est devenue une étoile qui nous guide. En matière de difficultés, rappelons-nous qu’il s’en est fallu de peu pour que Joseph ne répudie Marie, quand il apprit qu’elle était enceinte, hors mariage. Plus tard, quand ils arrivèrent à Bethléem pour le recensement, Marie et Joseph ne trouvèrent pas de place à l’auberge et l’enfant Jésus dut naître dans une mangeoire, à l’intérieur d’une étable. Surtout, à la fin de sa vie Jésus sera rejeté, condamné et tué sur une croix. Mais c’est là que Jésus dira au disciple bien aimé en montrant Marie : « Voici ta mère ». Marie est devenue mère de l’Église, mère des chrétiens, guide pour l’humanité, étoile de la mer.

Car l’histoire de Jésus ne finit pas sur un échec. La parole de Jésus est plus forte que la mort. Elle est parvenue jusqu’à nous. On pourrait dire que les bergers à la crèche en sont les premiers acteurs. Ils ont eu une révélation faite par un ange de Dieu, qui leur dit : « Ne craignez pas ! Aujourd’hui vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Les bergers ont cru à ce message. Ils se mettent en route et trouvent l’enfant. Puis, comme l’écrit l’évangéliste Luc : « Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant […]. Ils repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé » (Lc 2,17.20). Ces bergers ont écouté ; puis ils ont eu un nouveau regard sur l’enfant né pauvrement et couché dans une mangeoire. Ils ont compris que c’était un sauveur de l’humanité. Au lieu de se plaindre, ils louent Dieu. Au lieu de se taire, ils parlent de ce qu’ils ont vu. Sans eux nous ne saurions pratiquement rien de la naissance de Jésus. Et grâce à eux, nous sommes ici ce soir à écouter ce message d’espérance. Grâce à eux nous savons que « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous ».
Marie a compris cela d’une façon toute particulière. Elle le gardait en son cœur. « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». À notre tour de garder tout notre pélé dans notre cœur et de le méditer !



 


Nachtelijke Mariaprocessie te Nazareth

 

29 avril 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Na een buitengewoon boeiende en zeer gevulde dag werden we geacht ons tijdig, en in vol ornaat naar het plein voor de imposante basiliek van Nazareth te begeven. Dit moderne gebouw bevindt zich op een steenworp van onze verblijfplaats, waardoor een korte wandeling door de straten van Nazareth een bijzonder aangenaam alternatief was voor de bus en iedereen vlekkeloos op tijd ter plaatse was.

Bij het uiterst vriendelijke onthaald kregen we een mooie kaars met kartonnen mantel toegestopt. Vele mensen waren reeds ter plaatse en de mensenmassa groeide zienderogen aan. De ridders werden ondertussen naar een ruimte voor de trappen geleid en onmiddellijk zagen we de aanwezigheid van talrijke camera’s. Deze nachtelijke Mariaprocessie werd immers in maar liefst 6 landen live uitgezonden. Samen met ons waren er inderdaad grote groepen pelgrims uit Peru, Polen, Brazilië, Portugal en Libanon aanwezig.

Het duurde niet lang of we staken de kaarsen aan. De gloed van al deze kaarsen om ons heen deed ons verstommen ; het was ronduit prachtig. De generale repetitie kon nu echt beginnen, gemakkelijkheidshalve stond het voornaamste refrein op de kartonnen mantel van elke kaars. Een spontaan koppel zorgde voor de begeleiding met gitaar en voorzang. Alles verliep redelijk feilloos tot de gezangen overschakelden in het Arabisch en we uiteraard niet meer konden meezingen.

Wanneer de stoet van priesters en onze geliefde bisschop voorbij kwam sloten we geduldig aan. De processie was begonnen en na een korte wandeling door de straten van Nazareth betraden we de directe omgeving van de basiliek. Daar, omgeven door vele iconen ter verering van Maria hielden we de gebruikelijke 4 maal halt vooraleer we de Basiliek binnengingen.

Dat deze prachtige Mariaprocessie een internationaal karakter had werd nogmaals onderstreept door gebeden in het Arabisch, Spaans, Portugees, Pools, Frans en Engels.

In de basiliek werd het koor zowat door ons overgenomen. We namen plaats rechtover de celebranten en er volgenden enkele lezingen in het Arabisch en een moment van gebed. Onze bisschop kreeg de eer de massa te zegenen met een icoon dat gerealiseerd werd door Syrische vluchtelingen. Het werd een uiterst emotioneel moment. Zelf stond ik ook even stil bij het feit dat we op diezelfde iconische plaats de volgende dag de heilige mis zouden vieren. Vanuit de verzonken zone onder de imposante koepel leek de Basiliek immers nog adembenemender.

De locatie, de kaarsen en de mensenmassa komende uit alle hoeken van de wereld blijven zeker op mijn netvlies gedrukt. Het aanhoren van gebeden en liederen in zoveel verschillende talen zorgde voor een onvergetelijk moment van samenhorigheid. We zijn inderdaad allen kind van God. Voor mij was dit een van de mooiste avond-momenten van de reis en een ideale afsluiting van wederom een mooie dag in het Heilige land.



 


Dimanche 5 novembre 2017

 

18 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Dernier jour de notre pèlerinage !

Après avoir célébré la messe de bonne heure à la basilique de l’Annonciation en compagnie de pèlerins napolitains, nous avons pris la route de la Méditerranée pour rejoindre le site de Césarée maritime. Nous avons visité ce site extraordinaire beaucoup trop rapidement. Après un pic-nique dévoré près de la mer, nous avons ensuite rejoint l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv.

Messe de clôture à Nazareth : cliquez ICI
Césarée maritime : cliquez ICI



 


Nazareth : messe de clôture et envoi

 

18 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

C’est dans la basilique de l’Annonciation que nous avons célébré notre dernière messe en Terre sainte. Voici l’homélie prononcée par Mgr Delville.

Homélie 5 novembre 2017 31e dimanche A

Basilique de l’Annonciation, Nazareth
Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,

C’est une grande joie pour moi de conclure notre pèlerinage à Nazareth, à deux pas de la maison de Marie !

Ce pèlerinage a été un moment très intense, en particulier grâce aux rencontres que nous avons pu faire. Mais si je continue comme cela, est-ce que je ne risque pas, comme les pharisien de l’évangile (Mt 23, 1-12), d’être un peu trop prétentieux ? Est-ce que nous ne risquons pas d’être trop fiers de nos moments de prière et de nos démarches de piété ?

Il est vrai que Jésus n’accuse pas les pharisiens pour leurs prières et leurs paroles, mais pour ce qu’ils font et qu’ils font de travers. Dans le judaïsme en effet, on a l’habitude de préciser dans le détail ce qu’on fait dans la vie pour respecter la loi de Dieu. C’est grâce à ces précisions qu’une culture très précise s’est développée et a permis au judaïsme de résister aux persécutions. Cela signifie aussi des débats internes sur les manière d’observer la loi ; on trouve même dans le Talmud une critique des manières de faire des pharisiens très semblables à celles de Jésus. Ce n’est donc pas le respect de la Loi qui est critiqué par Jésus, mais la manière ostentatoire, orgueilleuse et hypocrite de pratiquer sa religion. Par rapport à cela, Jésus nous invite à vivre notre foi dans l’humilité.

Jésus conclut en effet en disant : « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé ». Jésus ne loue pas celui qui croit être totalement en règle par rapport à sa foi et à sa pratique de vie, c’est-à-dire les pharisiens de son temps. Il loue l’homme qui reconnaît sa petitesse et ses torts, comme le publicain de la parabole. En effet, la prière de celui-ci est vraie et loyale. Par la prière, nous reconnaissons notre faiblesse, nous sommes authentiques devant Dieu. Nous prenons le temps de nous exprimer et de lui exprimer nos désirs.

Comme le disait hier le gardien du couvent de Nazareth en introduisant la procession aux flambeaux, Marie nous frappe ici à Nazareth par son attitude d’humilité et par sa prière. En effet, malgré l’annonce grandiose qui lui est transmise et qui fait d’elle la mère du Messie, Marie ne s’enorgueillit pas. Elle se reconnaît comme « la servante du Seigneur ». Quand nous sommes ici à côté de sa maison, dont le fond a été taillé dans le rocher, nous reconnaissons la pauvreté de Marie et de son milieu de vie. Nous sommes émerveillés de voir que l’Annonciation n’a pas eu lieu dans un genre de palais, comme le montrent certaines peintures, mais dans une maison taillée à même le roc. Et c’est là, à deux pas de cette chapelle, que Dieu s’est fait homme. Comme le dit l’inscription gravée dans le pavé : « Hic Deus caro factus est » : « Ici, Dieu s’est fait chair ». Marie a accueilli se mystère dans la prière et l’action de grâces.

Ainsi, la prière nous permet de ne pas nous limiter à nos propres désirs, mais de prendre en charge ceux des autres et ceux de Dieu ! Nous prions alors pour les autres, nous nous unissons à eux, en portant devant Dieu leurs besoins ; par le fait même nous devenons sensibles aux besoins des autres. Notre cœur s’ouvre et devient meilleur, grâce à la prière. Enfin, en ouvrant nos cœurs aux autres, nous ouvrons aussi les cœurs à l’action de Dieu, comme l’a fait Marie : Dieu peut agir dans le monde, si les cœurs sont prêts à recevoir sa grâce. Par la prière, nous ouvrons la porte à Dieu et à son action en nous et dans le monde.

Ainsi en nous ouvrant aux besoins des autres, nous ouvrons notre cœur à la mission et au témoignage. Et si nous sommes effrayés par la grandeur de la tâche, le Seigneur nous donne sa grâce, comme il l’a fait à Marie par la voix de l’ange : « Je te salue, Marie, pleine de grâces. Le Seigneur est avec toi ». Elle répond en montrant sa disponibilité : « Qu’il me soit fait selon ta parole ». Nous aussi, reconnaissons toute l’attente de Dieu à notre égard, tous les besoins de notre monde, tous les besoins de notre vie, tous les besoins de notre ville, et portons-les devant le Seigneur comme Marie et comme le publicain de la parabole. Dieu entendra notre prière, il élargira nos horizons, et à nous confiera à chacun sa mission !

Amen ! Alleluia !



 


Césarée maritime

 

18 novembre 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

À ne pas confondre avec Césarée de Philippe, située sur le territoire du Golan, Césarée maritime se trouve dans le district de Haifa, le long de la côte méditerranéenne. Site archéologique comportant d’imposants vestiges, Césarée semble avoir été spécifiquement programmée le dernier jour de notre voyage, afin d’adoucir dans le cœur d’historien de votre serviteur, le déchirement du départ de la Terre Sainte.

De tout notre séjour, nous n’avons visité plus bel ensemble archéologique, de surplus sous un soleil radieux. Bien souvent, il m’a été donné de constater qu’à travers l’histoire, plus un état dispose à la fois d’une forte identité et d’un pouvoir puissant, plus les moyens déployés dans les recherches archéologiques sont importants. L’arrière-pensée politique est alors fréquemment de rechercher les plus anciennes attestations de l’occupation du sol par le peuple qui y vit au moment des fouilles. Ici, les plus anciennes traces remontent à l’époque perse, au VIe siècle av. J.-C. Mais ce sont surtout les vestiges des époques ultérieures, grecque, mais surtout romaine, byzantine et croisée qui sont aujourd’hui encore apparentes.

Passant rapidement à côté des quartiers de l’époque croisée, en pleins travaux de consolidations, nous avons gagné les quartiers hérités de l’époque antique. Il m’a fallu plus d’une fois me faire violence pour rester solidaire du groupe, pourtant guidé de main de maître par Sœur Rebecca, dont les explications claires et éclairées apportaient les clefs de lecture nécessaires à la compréhension de l’enchevêtrement des ruines nous entourant. Mais le site était trop grand, et le temps consacré à sa visite trop court, et je dois confesser quelques fugues qui m’ont permis de rapidement traverser quelques zones que le groupe n’avait pas eu le temps de parcourir. Lorsque mon retard sur le groupe commença à devenir trop grand, j’amorçai de rattraper le peloton au pas de course en traversant le meilleur endroit pour ce faire : l’hippodrome situé en bord de mer, long d’environ 250 mètres. À peine freiné dans ma course par le terrain sablonneux, le raccord fut opéré à hauteur de l’emplacement du Palais d’Hérode Ier, offrant de son promontoire une vue magnifique, tant sur le site que sur la mer. À cet endroit, il nous a été donné de voir une copie de la seule attestation épigraphique connue évoquant Ponce Pilate, que les Évangiles présentent erronément comme procurateur de Judée, mais que la pierre renseigne comme préfet de Judée. En effet, ce n’est que sous l’empereur Claude que les gouverneurs de Judée sont passés du rang de préfet à celui de procurateur, et l’erreur des Évangiles est donc à mettre sur le compte des recopiages ultérieurs.

Notre visite de Césarée a terminé en apothéose par la découverte du théâtre datant de l’époque d’Hérode Ier. C’est notre confrère Peter, maître dans l’art du chant lyrique, qui nous a révélé les richesses acoustiques de cet édifice, qui n’a rien à envier à ce niveau au théâtre d’Epidaure. Prenant place au centre de la scène, il a gratifié notre petite assistance ayant pris place dans les gradins, d’une interprétation de « Lascia ch’io piangia », extrait de l’opéra « Rinaldo » de Haendel. Doux moment de grâce, que nous aurions volontiers prolongé indéfiniment, si la crainte de louper notre avion ne nous avait pas pressé. Risquant d’être atteint par le syndrome de Stendhal par la vision et l’audition de tant de beautés, je quittai les charmes de cet endroit, non sans ressentir monter quelques larmes de contentement.

Il ne nous restait plus alors qu’à prendre la route vers l’aéroport de Tel Aviv. Le trajet fut adéquatement mis à profit par notre brillant organisateur Thibault Denotte, et notre très cher prédicateur Mgr Jean-Pierre Delville, afin de faire le bilan de notre pèlerinage, et surtout pour remercier très chaleureusement notre guide, Sœur Rebecca. Les qualificatifs « imperturbable », « incollable », « infatigable » et « incomparable » lui furent très pertinemment décernés par notre prédicateur, et ce ne fut pas sans peine que nous prîmes congé d’elle, non sans la remercier très chaleureusement pour l’encadrement et l’enseignement parfaits qu’elle nous a prodigués durant 10 jours. Au Patriarcat latin de Jérusalem, Mgr Marcuzzo nous lançait malicieusement « Mais qui êtes-vous donc pour vous offrir les services d’une guide d’une telle qualité ? ». Il avait mille fois raison : nous aurions difficilement pu être mieux accompagnés. Bien loin de constituer une simple guide touristique, Sœur Rebecca a su donner une ampleur spirituelle inespérée à notre pèlerinage, avec simplicité, sympathie et amitié.

Le souvenir de ce voyage restera inévitablement et heureusement marqué par son efficace implication. Merci Sœur Rebecca ! Merci Mgr Delville ! Merci Thibault ! Et merci à tous les pèlerins pour la chaleureuse ambiance qui a régné sans discontinuité durant tout le séjour !

David Colling



 


Gaudet Mater Ecclesia : douze nouveaux membres pour notre lieutenance !

 

11 juin 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Ce samedi 10 juin 2017, la Lieutenance de Belgique a accueilli douze nouveaux membres.

La Messe du Saint-Esprit au cours duquel quatre dames et huit hommes (dont deux prêtres) ont été investi par Sa Béatitude Mgr Fouad Twal, patriarche latin émérite de Jérusalem, a eu lieu en l’église capitulaire Notre-Dame des Victoires au Sablon.

Après une retraite prêchée par le Chanoine Rijcken, cérémoniaire ecclésiastique, à l’abbaye de Maredsous le week-end dernier, les impétrants sont se sont préparés au cours d’une veillée de prière, présidée par Mgr Jean Kockerols, grand prieur, en l’église du Sablon le vendredi 11 juin. De l’avis de tous, cette veillée était particulièrement intense et priante.

Ils sont d’horizons, d’âges, d’expériences ou d’expertises très variés mais tous se rejoignent dans l’amour de la Terre sainte et le service de leurs soeurs et frères chrétiens vivant sur cette terre meurtrie.

Prions Notre-Dame Reine de Palestine mais aussi Saintes Marie-Alphonsine et Marie de Jésus de veiller sur ces nouveaux membres et sur les engagements solennels qu’ils ont pris ce 10 juin 2017, soutenus et entourés de la chaleureuse présence de tous les membres de la Lieutenance de Belgique.

Reportages, vidéos et photos dans quelques jours !



 


Récollection de Carême des jeunes à Ophain

 

2 avril 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JEUNES - Les jeunes membres de notre lieutenance se sont retirés en récollection à l’abbaye d’Ophain-Bois-Seigneur-Isaac ce samedi 1 avril pour y réfléchir sur le thème actuel de "l’éthique au quotidien", sous la direction du RP Xavier Dijon, sj. Quelques amis, épouses et impétrant ainsi que le Lieutenant Jean-Pierre Fierens ont rejoint les chevaliers pour cette magnifique journée de ressourcement.

Le thème retenu pour cette récollection de Carême était celui de l’Ethique dans la vie quotidienne.

L’éthique est généralement limitée - à tort - aux questions majeures et existentielles de la vie, de la naissance à la mort. Le Père Dijon nous a proposé de réfléchir avec nous sur l’éthique principalement dans nos vies de parents, d’époux, d’amis, dans nos activités professionnelles ou associatives, dans notre engagement de chevalier/ dame ou de chrétien dans la société.

Les instruments : les vertus

Pour remettre à niveau les participants, le Père Dijon a, dans la première partie de son intervention, présenté les quatre vertus cardinales (la prudence, la tempérance, la force d’âme/le courage et la justice) et les trois vertus théologales (la foi, l’espérance et la charité). Il a abondamment illustré chacune d’elles.

La méthode casuistique

Le Père Dijon nous a invité ensuite à déterminer les thématiques de nos échanges parmi les thèmes d’actualité, parmi nos expériences de vie en tant que parents, amis, ou encore dans le cadre professionnel.

Compte tenu de l’actualité immédiate, la situation particulière du Professeur Mercier à l’UCL, les prises de position de l’UCL, de nos évêques et des quelques éditorialistes a permis d’entamer les discussions très libres entre les participants, sous la direction du Père Dijon. Ont été abordés les thèmes de la liberté académique, la liberté de conscience, la légitimité ou non pour un hôpital universitaire catholique d’autoriser la pratique en ses murs d’ avortements ou d’euthanasies, la participation des catholiques au débat démocratique, l’identité catholique, ...


La mise en oeuvre

Cinq thèmes ont été retenus et ensuite approfondis pour nos travaux :

  1. Le référentiel de la justice
  2. Le courage des convictions religieuses
  3. Les communautés à convictions fortes
  4. L’hypocrisie
  5. Reconnaître, accueillir et vivre les vertus théologales

Nous y avons consacré la moitié de nos travaux.

Réflexions conclusives

Les exercices proposés nous ont montré la difficulté de l’articulation subtile entre les différentes vertus dans des contextes de lieu ou de temps particuliers et dans cette perspective, le recours à la prière et à l’échange pour permettre un dosage optimal de ces vertus.

Nous avons été interpellés par le recours fréquent à la Doctrine sociale de l’Eglise (qui sera le thème de notre prochaine retraite de jeunes) et le parallélisme avec les conclusions proposées par Mgr Delville lors de notre dernière retraite à Wavreumont.

Messe et visite de l’Abbaye

Lors de la messe qui nous a réuni dans la très priante chapelle Saint Charbel, notre Lieutenant nous a fait prier pour la Terre sainte et pour les initiatives que nous y soutenons, pour les membres de l’Ordre et de la Lieutenance.

Lors de la visite de l’abbaye, notre attention a été attirée par les reliquaires de la Sainte Croix et du Miracle du Saint-Sang.

Merci au Père Dijon pour le temps passé avec nous et aux moines pour leur accueil très chaleureux.

TD

Illustration : reliquaire de la Sainte Croix
Photo : Jean-Bernard Demoulin



 


Commémoration des défunts de la Lieutenance

 

19 mars 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Ce 18 mars 2017, la Lieutenance de Belgique faisait mémoire de ses membres décédés au cours de l’année écoulée, au cours d’une messe en l’église capitulaire du Sablon présidée par Mgr Jean Kockerols, grand-prieur de la Lieutenance. Nous vous proposons le texte de son homélie.

Homélie pour les défunts de l’Ordre 18 mars 2017 (sur Mt 25)

Nous avons entendu l’évangile faire allusion au jugement dernier. Cet évangile est souvent mal compris. Un Dieu qui sépare les bons et les mauvais : pour les gens du Moyen-âge, il s’agissait d’une réalité effrayante. Ils en ont garni les frontons des cathédrales, avec des monstres en tous genres et les flammes de l’enfer. A la cathédrale de Bruxelles, c’est le motif représenté sur le grand vitrail du fond. A droite du Christ (et donc à gauche sur le vitrail), vous voyez les bons. De l’autre côté, les mauvais. Deux camps et il s’agit d’être dans le bon si on ne veut pas finir grillé dans les flammes éternelles. Essayons de mieux comprendre ce que l’évangile signifie, à l’heure où nous faisons mémoire des défunts de notre Lieutenance.

Faire mémoire des défunts… il y a tant de façons de faire mémoire. Une des plus évidentes est la mémoire de l’Histoire, des historiens et de la société. On fait mémoire de leurs exploits, on juge leurs hauts faits, on soupèse ce qui a été exceptionnel. C’est le poids de la gloire, ce sont les statues qu’on érige. C’est une façon de faire. Elle est utile.
Mais il y a une autre de faire mémoire des défunts. C’est la mémoire des proches, de la famille, des intimes. On fait mémoire de leur façon de vivre. On se souvient de leur caractère, de leurs attitudes. On juge de quelques paroles retenues, de certains regards. C’est le poids plus intime de la sympathie, du cœur. C’est une autre façon, elle est nécessaire.

Mais il y encore une autre façon de faire mémoire des défunts. C’est la mémoire… de Dieu. Il fait mémoire de ce qui dans nos vies se passe de façon anonyme, cachée, mystérieuse même : la rencontre des autres. Dieu fait mémoire de la façon avec laquelle nous nous faisons proches de celui qui a faim, de celui qui est sans papiers ou sans logement, de celui qui est triste, perdu, seul ou en prison. Voilà ce qui, aux yeux de Dieu, représente le vrai jugement de nos vies et dont il fait mémoire.

(1) L’évangile nous signale que nous serons plus que probablement surpris, le jour venu, d’apprendre et de découvrir ce qui a vraiment compté dans notre parcours terrestre (en néerlandais : « per slot van rekening » ), ce qui lui a vraiment donné du poids, de la densité. Nous serons surpris par ce jugement qui se réfère à bien d’autres critères que ceux qui nous sont habituels. Le cœur de Dieu juge autrement, avec une toute autre logique. Pour Dieu qui est amour, ce qui a été fait dans l’amour a valeur d’éternité et demeure. Ce qui a été fait sans amour pour l’autre, est sans consistance et voué à disparaître. Lorsque nous faisons mémoire des défunts, nous ne pourrions l’oublier.

(2) Ensuite, l’évangile nous montre ce qui donne sens à notre existence, ce qui donne vraiment vie : c’est mon engagement, ma responsabilité à l’égard des autres. L’autre est celui qui appelle au bord du chemin et dont je me fais proche, sans me détourner. L’évangile en appelle à une responsabilité, ici et maintenant. L’évangile du jugement dernier en Mt25 n’est pas la boule de cristal d’un prophète ou d’un diseur de bonne aventure bien inspiré. Le jugement dernier, c’est le jugement sur le fond, le fond de ce qui se vit aujourd’hui. Le jugement dernier, c’est le poteau indicateur de nos vraies priorités à vivre aujourd’hui.

(3) Enfin, il y a ce secret révélé par l’évangile, ce mystère de la rencontre avec Dieu présent lui-même dans celui qui a faim, de celui qui est lâché de tous, de celui est en prison. Dieu caché, si caché qu’il faudra attendre qu’il nous le dise lui-même un jour, lorsque nous serons réunis avec nos défunts, de tous ceux qui nous précèdent auprès de Dieu : « ce qui tu as fait à l’un de ces petits qui sont mes frères c’est à moi que tu l’as fait ». Telle est la mémoire de Dieu. C’est à cette mémoire de Dieu que nous confions aujourd’hui les défunts de notre Lieutenance. Amen.

+ J. Kockerols,
Grand prieur



 


Les défis de la transmission de la foi

 

5 février 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

LIEGE – Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège et prieur de la section liégeoise de la Lieutenance belge du Saint-Sépulcre, a convié chez lui, ce 4 février, les membres de sa section et quelques amis pour partager l’état de sa réflexion actuelle sur les défis de la transmission de la foi. A l’issue de sa conférence dense, profonde et stimulante, il a célébré la messe dans sa très belle chapelle privée, aux intentions des membres et en action de grâce pour l’œuvre de Mgr Paul Lanneau.

Pour Mgr Delville, dès l’origine la transmission de la foi n’a pas été aisée. Depuis deux mille ans, à chaque époque et dans chaque culture, la transmission de la foi a été un défi. Pour bien le comprendre, il a, dans une première partie de son exposé, divisé en quatorze périodes les deux premiers millénaires en illustrant abondamment ses propos. Dans une seconde partie, il a étudié les défis actuels de la transmission de la foi en s’appuyant notamment sur Evangelii Gaudium (EG).

1. Les défis historiques de la transmission de la foi

Le message que transmet Jésus reçoit deux types de réactions opposées : l’adhésion ou le rejet. Il est rejeté parce qu’il n’est ni évident ni immédiat et qu’il va à l’encontre de nos pulsions premières, liées à la survie, à la sécurité, à la possession … Sous certains aspects, l’Evangile est déjà à l’époque dérangeant. Sa transmission ne va pas de soi.

Les disciples sont chargés de répercuter le Message. Ils ne sont pas des pédagogues ni même tous instruits. Ils transmettent ce qu’ils ont compris comme ils le peuvent, sans systématisation. La transmission est incomplète.

Après la Pentecôte, les disciples partent dans les grandes villes de l’empire. Ils témoignent de ce qu’ils ont vu. Ils centrent tout sur la personne du Christ. Le rôle unificateur de Saint Paul est à relever. La transmission se fait dans la plupart des cultures religieuses, ethniques, sociologiques et linguistiques de l’époque.

Les premières communautés chrétiennes sont des lieux en décalage profond avec la société ambiante qui elle est caractérisée par la violence, l’esclavage, l’absence de morale publique. Ces communautés, au contraire, sont des lieux d’échanges, de partage, de soutien, d’amour mutuel. Elles sont des lieux de rencontres entre les juifs et les païens. La foi est transmise sociologiquement par ces communautés vivantes et dynamiques. Ces communautés sont persécutées car elles s’opposent au pouvoir des Césars divinisés et sont réputées dangereuses pour l’autorité de l’état.

L’enrichissement mutuel de la foi et de la culture qui l’accueille pose des problèmes liés à la diversité. Il n’y a désormais plus un corpus monolithe de la foi. Des différences et des nuances apparaissent. Les quatre évangiles sont les témoins de ces divergences : l’évangile de Luc est d’inspiration hellénistique, l’évangile de Marc est imprégné de culture romaine, celui de Matthieu, de culture juive et l’évangile de Jean, apparu beaucoup plus tard, tend à corriger certaines limites des trois précédents. Le défi alors posé est celui de la diversité.

Peu à peu les chrétiens deviennent majoritaires dans l’empire. Ils sont reconnus et admis en 313 et même imposés en 380 par Théodose. On en vient à imposer la foi. Parallèlement, il faut combattre les hérésies, qui dénaturent la foi. La transmission sociologique se fait alors par majorité gouvernante. Ce qui crée d’autres défis inconnus jusqu’alors.

Les invasions germaniques bouleversent la société compte tenu de leur culture sensiblement différente de la culture chrétienne et « latine » en vigueur dans l’empire. Les deux cultures vont rapidement s’apprivoiser mutuellement. Mgr Delville propose un long développement sur la culture de substitution : les germains pratiquent le culte des objets de la nature (arbres, fontaines, pèlerinages, sacrifices, cours d’eau, …) et recourent à la magie et aux talismans. Le culte des reliques de saints et le pèlerinage des lieux saints va y être progressivement substitué.

Les campagnes sont christianisées progressivement, dans cette mouvance interculturelle, et avec l’apport des communautés monastiques, qui fournissent des modèles de société parfaite et alternative à la civilisation violente des Germains. La foi chrétienne est constructrice de société et de civilisation.

Avec le développement des villes, se fait une nouvelle évangélisation, portée par les ordres apostoliques comme les franciscains et les dominicains. Ils s’adaptent à la culture des villes et contestent les richesses. Ils retournent aux sources de l’évangile et au Christ. Ils « inventent » la catéchèse et portent une attention particulière à la mission. Le thomisme promeut un nouvel équilibre entre nature et foi.

Avec la Réforme (16ème siècle), apparait l’individu. On ne réfléchit plus d’abord en membre d’une société ou d’une communauté mais en tant qu’individu. Parallèlement, en réaction à certains abus (reliques, indulgences, …), Luther impose un retour à la source, aux Ecritures. Mais ce recentrage se fait de manière assez intolérante avec une théologie augustinienne du primat de la grâce sur la liberté. Luther développe une pédagogie de la foi et dans ce contexte crée le catéchisme en tant que recueil de questions et de réponses, pour la première fois. Il rejette le thomisme et la théologie naturelle. Tout est dans la démarche de foi.

Avec la Révolution française et les Lumières, arrive le primat de la liberté et de l’éthique sur toute autre considération et ce en opposition avec le catholicisme où la dimension sociétale est fondamentale. En réaction, l’Eglise crée un très large réseau d’écoles pour aider à la formation de la liberté de conscience des enfants. La transmission de la foi est facilitée par ce biais.

Avec la révolution scientifique et industrielle du 19ème siècle, les nouveaux défis sont consécutifs à l’anéantissement du fondement de la foi sur la nature et la création. Des nouvelles sciences apparaissent (archéologie, …) qui permettent un nouveau dialogue entre la foi et la science.

Le Concile Vatican II revisite la place de l’Eglise dans la société, insiste sur le rôle de la catéchèse et son incarnation dans la vie, valorise le dialogue avec la société et avec d’autres courants spirituels.

Le 21ème siècle est caractérisé par une crise des institutions et par les tensions entre le communautarisme et l’individualisme. Nous sommes dans un monde hyper connecté avec une pléthore d’informations qui nuit à la bonne communication et à la transmission.

Par ailleurs la transmission de la foi au sein de la famille et au sein de l’école n’est plus évidente. La pratique religieuse est en nette diminution et dans cette même dynamique, la fréquentation du catéchisme est en baisse. Les relais classiques de transmission de valeurs et de foi que sont les mouvements de jeunesse n’exercent plus ce rôle ou l’exercent différemment.

2. Les défis actuels de la transmission de la foi

Mgr Delville a présenté l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium (EG) en contextualisant ce texte important en ce qu’il concerne la transmission de la foi. Il s’est volontairement limité aux deux questions cardinales : QUI doit transmettre la foi et COMMENT la transmettre.

QUI ?

Nous sommes tous appelés à transmettre la foi :

  • En Eglise : l’Eglise doit être missionnaire, elle doit être en sortie. L’Église “en sortie” est la communauté des disciples missionnaires qui prennent l’initiative, qui s’impliquent, qui accompagnent, qui fructifient, et qui fêtent. La communauté évangélisatrice expérimente que le Seigneur a pris l’initiative, il l’a précédée dans l’amour (cf. 1 Jn 4, 10), et en raison de cela, elle sait aller de l’avant, elle sait prendre l’initiative sans crainte, aller à la rencontre, chercher ceux qui sont loin et arriver aux croisées des chemins pour inviter les exclus.
  • Influence des parents et de la famille : cette dimension importante est déjà présente dans les Evangiles. Les grands-parents ont également (et de plus en plus) un rôle fondamental à cet égard.
  • Rôle de la communauté, des communautés, de l’école, de l’amitié et la camaraderie. Le rôle de la Lieutenance dans l’approfondissement de la foi est rappelé.
  • Accompagnement spirituel individuel spécifique à tous les âges de la vie dans une perspective de continuité

COMMENT ?

Mgr Delville, à la suite du Pape, propose quatre angles d’approches de la catéchèse, lesquels sont largement complémentaires.

a) Catéchèse kérygmatique

Il s’agit de la première annonce, celle du cœur de la foi (EG 163). Mgr Delville propose que chacun fasse un réapprentissage et une réappropriation du Credo.

b) La catéchèse biblique

Le Pape insiste sur la nécessité de l’apprentissage du contexte biblique par l’école et par la catéchèse (EG 175). L’évangélisation demande la familiarité avec la Parole de Dieu et cela exige que les diocèses, les paroisses et tous les groupements catholiques proposent une étude sérieuse et persévérante de la Bible, comme aussi en promeuvent la lecture orante personnelle et communautaire. Le pape a créé une nouvelle fête liturgique, celle de la Parole de Dieu.

c) La catéchèse mystagogique

Une autre caractéristique de la catéchèse, qui s’est développée ces dernières années est celle de l’initiation mystagogique, c’est à dire vers les mystères de la foi et vers la prière. Elle implique essentiellement deux choses : la progressivité nécessaire de l’expérience de formation dans laquelle toute la communauté intervient et une valorisation renouvelée des signes liturgiques de l’initiation chrétienne.

d) La catéchèse éthique

Il s’agit du rôle de l’engagement envers les pauvres et envers la paix. EG 48 : « … Aujourd’hui et toujours, « les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’Évangile » et l’évangélisation, adressée gratuitement à eux, est le signe du Royaume que Jésus est venu apporter… ».
Mgr Delville a approfondi la dimension d’utilité de la foi notamment par rapport à nos engagements en faveur de la Terre sainte.

Après cet exposé, Mgr Delville est entré en dialogue avec ses auditeurs principalement par rapport à ces quatre derniers points.



 


Gaudet Mater Ecclesia : vingt nouveaux membres pour notre Lieutenance

 

19 juin 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Ce samedi 11 juin 2016, vingt nouveaux chevaliers et dames ont rejoint notre lieutenance. lls sont d’horizons, d’âges (le plus jeune a 24 ans), d’expériences ou d’expertises très variés mais tous se rejoignent dans l’amour de la Terre sainte et le service de leurs soeurs et frères chrétiens vivant sur cette terre meurtrie.

Prions Notre-Dame Reine de Palestine mais aussi Saintes Marie-Alphonsine et Marie de Jésus de veiller sur ces nouveaux membres et sur les engagements solennels qu’ils ont pris, soutenus et entourés de la chaleureuse présence de tous les membres de la Lieutenance de Belgique.

Reportages vidéos dans quelques jours !
Pour consulter les photos de ce joyeux évènement, cliquez ICI (dues au talent de Pascal Wuillaume)



 


Veillée d’armes et de prières - 10 juin 2016

 

19 juin 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Ce vendredi 10 juin 2016, la veille des fastes de l’investiture, se conformant à l’antique tradition, les impétrants ont participé à une très longue et très priante veillée d’armes et de prières. Elle était présidée et animée par S.E. Mgr Jean-Pierre DELVILLE, évêque de Liège et membre éminent de notre ordre. Nous nous proposons le texte de son homélie.

Chers Frères et Sœurs,
Beste Broers en Zussen,
Liebe Brüder und Schwester,

Dans la conclusion de l’évangile de Marc, que nous venons d’entendre, deux volets sont confiés à notre méditation : la mort de Jésus et l’annonce de sa résurrection (Mc 15,33-47 - 16,1-8). Suivons pas à pas le récit de l’évangéliste.

La mort injuste

D’abord, nous voyons comment Jésus meurt sur le Calvaire, après avoir été injurié sans pitié par les passants. Nous découvrons l’abîme de la mort, spécialement la mort injuste de Jésus. Et nous pensons à tous ceux qui sont proches de la mort. Au cœur de ces souffrances et face à cette mort implacable, Jésus a une parole étrange : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Serait-ce la fin de la foi en Dieu ? Serait-ce le désespoir total ? En fait Jésus récite le psaume 21, qui commence par ces mots de désespoir, mais qui se termine pas des mots d’espérance et de foi : « Le Seigneur n’a pas rejeté, il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère (…). On annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître » (Ps 21[22],25.31-32).

Tegenover de dood van Jezus, denken we aan de zovelen die sterven in het Midden-Oosten, en in het Heilig land. Zovelen zijn het slachtoffer van oorlog en onrechtvaardigheid, net zoals Jezus. Voor al deze mensen willen wij bidden. Face à la mort de Jésus, nous pensons à tous ceux qui sont victimes de la mort au Moyen Orient et spécialement en Terre Sainte. Beaucoup sont des victimes de la guerre et de l’injustice, comme Jésus. Nous voulons prier pour toutes ces personnes. Comme chevaliers et dames du Saint-Sépulcre, nous voulons que nos vies soient consacrées au service de ces personnes jusqu’à notre mort. Ainsi la mort ne sera plus le dernier mot de l’existence, mais la porte d’un amour en plénitude, déjà commencé et développé sur cette Terre. Als Ritter und Damen des Heiligen Grabes, wollen wir unser Leben dem Dienst am Menschen widmen bis zu unserem Tod. So wird der Tod nicht mehr das letzte Wort der Existenz sein, sondern das Tor zu einer Liebe in Fülle, die bereits auf dieser Erde begonnen und entwickelt wurde.

La communauté présente à la croix

Marie était au pied de la croix. On y découvre également trois autres femmes : Marie Madeleine ; Marie, mère de Jacques le Petit et de José ; et Salomé. Elles avaient suivi Jésus sur ce chemin de souffrance, comme nous aujourd’hui réunis dans cette église du Sablon. Elles avaient aussi suivi Jésus depuis la Galilée, durant sa vie publique. Nous aussi, nous suivons Jésus dans notre vie quotidienne. Elles ont de l’audace et de l’affection. C’est aussi le cas d’un homme, Joseph d’Arimathie, membre du Conseil, qui attendait le règne de Dieu, venu à travers Jésus. Il eut l’audace d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus. Il est dès lors considéré comme le premier chevalier du Saint-Sépulcre. Al deze mensen waren moedig, en trouw. Zij hebben de moed niet laten zakken, en wilden niet opgeven. Zij hebben het lichaam van Jezus opgebaard en hem in een graf gelegd. Daarna bleven ze dicht bij Jezus, ze keken toe en waakten. Toutes ces personnes sont audacieuses et fidèles. Elles n’ont pas voulu baisser les bras, elles n’ont pas abandonné la partie. Elles ensevelissent le corps de Jésus et le posent dans un tombeau.

La communauté visionnaire au sépulcre

Elles continuent à regarder, à observer, à être à l’affût. C’est pourquoi l’évangéliste Marc nous dit : « Marie Madeleine et Marie, mère de José, observaient l’endroit où on l’avait mis » (Mc 15,47). Le regard va déboucher sur la vision. Celles qui ont accompagné Jésus jusqu’au bout seront les premières qui le verront remis debout, c’est-à-dire ressuscité. Le regard est le prélude à la foi. En regardant, on ouvre son cœur à l’inattendu et à la grâce.
Ces femmes et ces hommes nous sont connus par leur nom. Zij zijn de eerste christenen, de eersten die geloofden dat Jezus verrezen was, dat hij leefde. Zij belichamen het medelijden, het « mee lijden met… ». Zij belichamen de sympathie, en zij belichamen de barmhartigheid, dit grote hart, dit begrip waar de paus zoveel belang aan hecht. Maria gaat ons voor, als eerste van de christelijke gemeenschap. Ce sont les premiers chrétiens, les premiers à croire en Jésus ressuscité et vivant. Ils incarnent la compassion, c’est-à-dire le « souffrir avec ». Ils incarnent la sympathie, ce qui veut dire aussi « souffrir avec » ; ils incarnent la miséricorde, c’est-à-dire le grand cœur, cette vertu dont le pape François ne cesse de dire la valeur. Marie nous précède donc comme première de la Communauté chrétienne.

Le Saint-Sépulcre : de la croix au tombeau de la résurrection

Als Orden des Heiligen Grabes sind wir wie Maria und die Frauen, die unter dem Kreuz Jesu verharrten. Sie haben diesen Posten nicht verlassen. Sie blieben treu, trotz der Bedrohung durch die Soldaten, trotz der Angst und trotz des offensichtlichen Scheiterns der Mission Jesu. In dieser Loyalität und Treue hat sich die Hoffnung auf die Auferstehung entwickelt. Durch den Besuch am Grab hat sich eine neue Sichtweise der Dinge entwickelt. Jesus wartet an anderer Stelle auf uns. Er erwartet uns in Galiläa, das heißt im Herzen unserer normalen Leben, damit wir zu seinen Zeugen in der Welt werden. Wagen wir also an seine Botschaft zu glauben, die an die ganze Menschheit gerichtet ist. Comme Ordre du Saint-Sépulcre nous sommes pareils à Marie et aux femmes restées présentes sous la croix de Jésus. Elles n’ont pas abandonné le poste. Elles sont restées fidèles malgré la menace des soldats, malgré la peur et malgré l’échec apparent de la mission de Jésus. Dans cette fidélité s’est développée l’espérance de la résurrection. Dans la visite à la tombe s’est développée une nouvelle vision des choses. Jésus nous attend ailleurs. Il nous attend en Galilée, c’est-à-dire au cœur de nos vies habituelles, pour que nous devenions ses témoins dans le monde. Osons croire en son message destiné à toute l’humanité.

Amen Alleluia

+ Jean-Pierre DELVILLE



 


#MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome

 

16 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Pour leur dixième activité spécifiquement dédiée, une vingtaine de jeunes de notre lieutenance est partie en pèlerinage/retraite à Rome pendant le congé de l’Ascension, dans le cadre de l’année sainte, pour y redécouvrir la richesse et l’étendue de la notion de “Miséricorde”.

Après une journée facultative consacrée à l’audience générale et à la redécouverte de la Rome antique, la retraite a commencé par un enseignement riche et dense du Père Philippe Cochinaux, provincial des dominicains de Belgique, au Couvent Sainte-Sabine, sur la colline de l’Aventin. Pendant une journée, il a développé ce thème sous l’angle d’approche original et paradoxal de la notion d’échec. Divers intervenants nous ont permis ensuite, pendant les jours suivants, de mieux entrer dans le sujet en nous présentant leur vision de la miséricorde en fonction de leur expertise technique (Cardinal Raymond Burke), leurs connaissances théologiques (père Vivian Bolland, op), leurs connaissances historiques (Gouverneur général Agostino Borromeo), leurs connaissances politiques et diplomatiques (Mgr Franco) ou de leur autorité magistérielle (pape François). Nous avons alterné des séances de travail et des moments de convivialité ou de découverte du patrimoine historique ou culturel de la Ville éternelle. Nous avons visité les quatre basiliques majeurs et y avons franchis les portes saintes.

Nous vous proposons quelques échos de ce merveilleux pèlerinage, rédigés et illustrés par les jeunes eux-mêmes.

Reportage du MERCREDI : cliquez ICI
Reportage du JEUDI : cliquez ICI en ensuite LA
Reportage du VENDREDI : cliquez ICI
Reportage du SAMEDI : cliquez ICI
Reportage du DIMANCHE : cliquez ICI

Photos : Jean-Bernard Demoulin



 


#MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome - Dimanche 8 mai 2016

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Voici la relation du dernier jour du pèlerinage des jeunes de la lieutenance à l’occasion de l’Ascension dans le cadre de l’année de la Miséricorde.

Dimanche 8 mai 2016 : Chiesa di San Giuliano dei Fiamminghi et basiliques majeures

Le Père Hugo Vanermen, mSC, nous a chaleureusement accueillis dans notre église nationale belge de Saint-Julien-des-Flamands où nous avons célébré la messe de l’Ascension, rejoints par quelques curieux et amis. A l’issue de la messe, chantante, joyeuse et priante, nous avons visité l’église et une partie du bâtiment qui accueille depuis le VIIIème siècle, les pèlerins de nos contrées.

L’après-midi a été consacré à la visite des basiliques majeures et le passage par les portes saintes. Les quatre plus jeunes du groupe ayant décidé de remonter la Scala Santa, au Latran, à genoux et en prière, nous nous sommes rejoints à proximité pour clôturer cette retraite par une longue prière d’action de grâce pour tout ce que nous avons vécu et ceux que nous avons rencontrés au cours de notre retraite, pour notre lieutenant et les membres de la lieutenance, pour la paix en Terre Sainte et pour les instances du Patriarcat latin et enfin pour nos frères et sœurs de Terre Sainte.

En guise de conclusion provisoire …

Ah ! qu’il est bon qu’il est doux pour des frères d’habiter ensemble !
C’est comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, coule sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement.
C’est comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur les sommets de Sion. Car c’est là que Yahweh a établi la bénédiction, la vie, pour toujours. (Ps 133)

Chant des montées, ce psaume exprime le bonheur des pèlerins arrivés à Jérusalem. Il est exactement cette action de grâce que nous partageons au sortir de notre pèlerinage romain avec les jeunes de la lieutenance, quelques impétrants et invités. Au-delà du partage de moments intenses de réflexion, de prière et de convivialité entre tous, il nous a été donné de gouté au bonheur de "faire Eglise" au travers quelques rencontres qui feront date.

Quelle joie d’avoir été accueillis simplement mais avec tant de chaleur au palais della Rovere par le Gouverneur général Agostino BORROMEO, par Mgr Antonio FRANCO, par François WAYNE, chargé de communication, et par dix jeunes de la lieutenance d’Italie centrale.
Le Cardinal BURKE, membre de l’Ordre, nous a également consacré son précieux temps, pour guider notre prière et notre compréhension de la Miséricorde divine fêtée en cette année jubilaire.
Davide SERRAGO, chevalier lui aussi, nous a partagé ses années d’expérience de Garde suisse en arpentant les jardins du Vatican.

L’on peut sillonner la Ville éternelle dans tous les sens mais jamais elle n’aura plus de saveur que parcourue dans l’amitié, reliés par le fil invisible de notre attachement à l’Ordre et, plus fondamentalement, à notre baptême. Cette unité est une véritable huile de bénédiction, prémices de la joie fraternelle qui nous rassemblera en la Jérusalem céleste !

Florence Otten



 


#MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome : Samedi 7 mai 2016

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

Voici la relation du quatrième jour du pèlerinage des jeunes de la lieutenance à l’occasion de l’Ascension dans le cadre de l’année de la Miséricorde.

Notre journée a commencé par une conférence passionnante par S.Em. le Cardinal Raymond Burke sur la thématique délicate des indulgences mais aussi sur la Miséricorde dans les oeuvres de Saint Jean-Paul II et de Benoît XVI.

Elle s’est poursuivie par une belle et longue visite imprévue des jardins du Vatican. Notre guide était un jeune chevalier suisse qui a été pendant quatre ans membre de la Garde suisse pontificale !

Nous avons ensuite commencé notre tour des basiliques majeures, notamment pour y passer par les portes saintes.

Conférence de S.Em. le cardinal Raymond Burke : cliquez ICI
Visite des jardins du Vatican : cliquez ICI



 


#MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome - Vendredi 6 mai 2016

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Voici la relation du troisième jour du pèlerinage des jeunes de la lieutenance à l’occasion de l’Ascension dans le cadre de l’année de la Miséricorde.

Après une messe à la Basilique Saint-Pierre célébrée pour nous par S.Em. le cardinal Raymond Burke, nous avons visité le complexe conventuel de San Onofrio sur le Janicule. Nous avons été reçu au Palais magistral du Saint-Sépulcre pour y recevoir l’enseignement de S. Exc. le Gouverneur général Agostino Borromeo et de S. Exc. Rev. Mgr Antonio Franco. M. François Vayne nous a ensuite fait découvrir le palais. Nous avons passé une partie de cette journée avec un dizaine de jeunes de la Lieutenance d’Italie Centrale. La journée s’est clôturée par une visite nocturne et privilégiée des Musées du Vatican et une prière pour les chrétiens de Terre Sainte dans la chapelle Sixtine du Palais apostolique.

Messe à la Basilique Saint-Pierre : cliquez ICI
San Onofrio au Janicule : cliquez ICI
Enseignement de Mgr Antonio Franco : cliquez ICI
Rencontre avec les jeunes romains : cliquez ICI



 


#MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome - Jeudi 5 mai 2016 (première partie)

 

16 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Voici la relation du deuxième jour du pèlerinage des jeunes de la lieutenance à l’occasion de l’Ascension dans le cadre de l’année de la Miséricorde. Le jeudi était principalement consacré à l’enseignement du RP Philippe Cochinaux, op, provincial des dominicains de Belgique. Benoît Kohl nous propose quelques impressions de cette première journée de travail.

Jeudi 5 mai 2016 : la Miséricorde sous l’angle de la théologie de l’échec

La retraite des Jeunes de l’Ordre fut l’occasion d’approfondir, pendant une journée de travail, le thème de la miséricorde divine. Pour ouvrir nos esprits et nos cœurs à la richesse de la miséricorde, le père Philippe Cochinaux, provincial des Dominicains de Belgique, nous fit l’honneur de nous accueillir au cœur du Couvent de Sainte Sabine sur la colline de l’Aventin. L’enseignement prodigué durant les trois sessions prévues à cet effet, fut particulièrement intéressant, tant la définition et les contours de la miséricorde peuvent, à première vue, être malaisés à appréhender.

Comme le souligne l’apôtre Paul dans sa Lettre aux Colossiens (cf. Col. 3, 12-14), la miséricorde enveloppe la tendresse et la compassion, la bonté et l’humilité, la douceur et la patience ainsi que le pardon et l’amour. Elle suppose un acte de notre volonté, de telle sorte qu’elle peut être qualifiée à la fois d’humaine et de divine. Les exemples de cette miséricorde foisonnent tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament. Ces exemples démontrent à quel point la miséricorde est un attribut de Dieu : tout au long de l’humanité, Dieu va montrer sa fidélité, non seulement aux chrétiens, mais à tous les être humains sans exception, par le biais de la toute-puissance de sa miséricorde ; elle est donc le signe de l’amitié de Dieu pour toute l’humanité.

L’originalité des propos de Philippe Cochinaux tient au fait que celui-ci s’interroge sur le rôle de la miséricorde face aux situations d’échec que connaît tout être humain : l’un des joyaux de la miséricorde est qu’elle n’enferme jamais l’être humain dans l’échec. Une part substantielle de l’enseignement auquel il nous fut donné le plaisir d’assister, avait précisément pour thème « la miséricorde au cœur de l’échec » : la miséricorde, explique le père Cochinaux, relève l’homme en le libérant de ses erreurs, de ses errances, de ses transgressions. L’échec (et le péché) doivent-ils, en effet, toujours être envisagés comme quelque chose d’uniquement négatif et sans retour ? Il nous est proposé au contraire, après avoir reconnu l’existence d’un échec ou d’un péché, de l’accepter comme une nouvelle chance de vie. Aussi, plutôt que de se laisser emmurer dans l’expérience douloureuse que constitue l’échec ou le péché, peut-être serait-il heureux de transforme le « pourquoi ? » de l’échec en un « pour quoi ? », c’est-à-dire un « pour en faire quoi ? » : comment grandir à partir de cette expérience de l’échec ou du péché.

Philippe Cochinaux recommande donc de laisser une place pour une véritable miséricorde au cœur de l’échec, accueillant l’idée que Dieu ne nous a jamais abandonné et qu’il continue de nous accompagner dans cette traversée de l’échec alors que nous sommes épris d’un terrible sentiment de solitude. Dans de telles circonstances, quoique nous puissions nous sentir esseulés, Dieu est là, bien présent, à nos côtés : Dieu se veut proche et solidaire des hommes dans la traversée de l’échec. Il sait que l’être humain passe parfois par des temps d’erreur, d’errance et de transgression avec tous les côtés aliénants qu’ils peuvent comporter. Par sa miséricorde, il nous témoigne sa proximité, sa bienveillance, son empathie : notre Dieu est un dieu de patience et de confiance, qui nous attend et nous accueille comme un Père aimant chaque fois que nous choisissons de revenir dans l’alliance de laquelle nous nous étions exclus par nos actes, nos gestes ou nos paroles.

Dieu nous invite également à exprimer notre bienveillante compassion et notre sollicitude de la même manière vis-à-vis de nos contemporains : « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36). Le ministère de la miséricorde a également été confié à l’Eglise par le Christ : après avoir reconnu son échec, l’être humain confronté à cette douloureuse réalité peut commencer son chemin de deuil vis-à-vis de l’idéal apostolique qu’il n’a pu atteindre ou vis-à-vis de la propre idée qu’il se faisait de sa vie à réaliser ; par la miséricorde qu’elle accorde, notamment, au travers du sacrement de réconciliation, l’Eglise accueille celles et ceux qui souhaitent revenir à cette alliance dont ils s’étaient exclus. L’Eglise fait ainsi œuvre de miséricorde par son accomplissement bienveillant et par sa compassion auprès des personnes fragilisées par l’échec.

Il est impossible pour l’être humain de se passer de miséricorde : elle est une donnée fondamentale de toute vie humain. Comme le conclut Philippe Cochinaux, « par essence, l’être humain est en devenir. Il participe à l’accomplissement de sa destinée en posant un ensemble de choix. S’il est à souhaiter que la majorité de ceux-ci soient heureux, il peut arriver que l’un ou l’autre conduise à l’épreuve de l’échec. Cette dernière est à traverser. Dieu ne nous enferme pas dans une vaine solitude. Bien au contraire, il marque sa profonde sollicitude par le biais de sa miséricorde. Vraisemblablement, notre terre tournerait plus juste si nous étions capables de vivre de celle-ci. En Dieu, la miséricorde est éternelle ! ».

L’enseignement fut ponctué de temps de réflexion, par la messe célébrée dans la basilique, par une visite approfondie du complexe monumental de Sainte-Sabine en compagnie du Père Vivan Bolland, op, vicaire du Maître général, et se termina par de riches échanges entre le père Cochinaux et les jeunes de la Lieutenance. Au soir de cette journée, ceux-ci étaient donc armés d’un bagage théologique leur permettant de nourrir leurs prières, les enseignements et les échanges qui leur furent proposés pendant les quelques jours de leur retraite et pèlerinage romain.

Benoît Kohl

NB : Le lecteur intéressé par une étude plus approfondie consultera les réflexions de Ph. Cochinaux, La miséricorde, coll. « Que penser de … ? », n° 88, Namur, éd. Fidélité (éd. Jésuites), 2015, sur lesquelles le père Cochinaux s’est appuyé à l’occasion de son enseignement aux jeunes de l’Ordre, et dont les lignes qui précèdent sont, partant, largement inspirées.



 


#MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome - Jeudi 5 mai 2016 (deuxième partie)

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Voici la seconde partie de la relation du deuxième jour du pèlerinage des jeunes de la lieutenance à l’occasion de l’Ascension dans le cadre de l’année de la Miséricorde. Quelques-uns d’entre nous ont souhaité rejoindre le Pape François à la Basilique Saint-Pierre pour la Veillée pour sécher les larmes de ceux qui pleurent.
Jean-Bernard Demoulin nous propose quelques impressions de cette veillée.

Essuyer les larmes. Veillee pour ceux qui ont besoin de consolation.

Ce jeudi 5 mai, notre Cérémoniaire laïc Stephan Janssens, mon épouse et moi-même avons eu la grande chance, grâce à l’amabilité de notre Gouverneur General qui nous avait obtenu des invitations, de pouvoir participer à la veillée de prière « pour tous ceux qui ont besoin de consolation », présidée par le Pape François dans la Basilique Saint-Pierre dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde.

Après avoir passé un moment très convivial avec notre Cérémoniaire laïc dans les files d’attente devant les inéluctables portiques de sécurité, nous pouvions enfin assister aux derniers préparatifs du Maître des Célébrations Liturgiques Pontificales et de son équipe, ainsi qu’à l’arrivée de nombreux cardinaux et évêques.

Arriva ensuite le moment tant attendu par les fidèles : l’entrée du Saint-Père dans la Basilique. Le visage grave, il était déjà profondément recueilli alors même qu’il montait l’allée centrale, simplement dans sa soutane blanche, sans ornement liturgique, suivi de 2 cérémoniaires. Le contraste entre le délire de la foule et ce recueillement que le Pape voulait clairement afficher était pour le moins impressionnant. La célébration s’ouvrit par trois témoignages poignants : d’abord d’une famille qui a dû faire face au suicide d’un enfant ; ensuite d’un journaliste pakistanais chrétien forcé à fuir son pays avec son épouse et ses enfants parce qu’ils étaient persécutés en tant que chrétiens ; enfin de frères dont la conversion de l’un amena son jumeau à se convertir lui aussi, le sauvant du suicide auquel il songeait de plus en plus. Ces trois témoignages étaient entrecoupés de chants et de lectures bibliques ou patristiques.

L’évangile choisi pour la célébration était le passage des Béatitudes, l’occasion pour le Pape de développer son homélie autour de la cinquième béatitude (Mt 5, 7 : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde »). Une réflexion profonde qui mérite d’être largement méditée dans nos vies : « Que de tristesse il nous arrive de découvrir sur tant de visages que nous rencontrons. Que de larmes versées à chaque instant dans le monde ; chacune différente de l’autre, et qui forment ensemble comme un océan de désolation qui demande pitié, compassion, consolation […]. Nous avons besoin de miséricorde, de la consolation qui vient du Seigneur. Nous en avons tous besoin ; c’est notre pauvreté mais aussi notre grandeur : invoquer la consolation de Dieu qui, avec sa tendresse, vient essuyer les larmes sur notre visage (cf. Is 25, 8 ; Ap 7, 17 ; 21, 4). Dans cette douleur qui est nôtre, nous ne sommes pas seuls. Jésus aussi sait ce que signifie pleurer la perte d’une personne aimée. C’est une des pages les plus émouvantes de l’Evangile : quand Jésus voit pleurer Marie en raison de la mort de son frère Lazare, il ne parvient pas non plus à retenir ses larmes […]. L’évangéliste Jean a voulu par ce récit montrer la participation de Jésus à la douleur de ses amis, et le partage du découragement. Les larmes de Jésus ont déconcerté beaucoup de théologiens au cours des siècles, mais elles ont surtout lavé beaucoup d’âmes, elles ont adouci beaucoup de blessures […]. Si Dieu a pleuré, je peux moi aussi pleurer, sachant que je suis compris. Les pleurs de Jésus sont l’antidote contre l’indifférence envers la souffrance de mes frères. Ces pleurs m’enseignent à faire mienne la douleur des autres, à participer au malaise et à la souffrance de ceux qui vivent dans les situations les plus douloureuses. Ils me secouent pour me faire percevoir la tristesse et le désespoir de ceux qui se sont vus même soustraire le corps de leurs êtres chers, et qui n’ont même pas un lieu où trouver consolation. Les pleurs de Jésus ne peuvent pas rester sans réponse de la part de celui qui croit en lui. De la manière dont il console, nous sommes appelés, nous aussi, à consoler ».

Après cette très belle méditation du Saint-Père, toute l’assemblée se tourna vers le Seigneur dans une grande prière universelle, invoquant sa consolation pour tous ceux qui souffrent : les chrétiens persécutés, les personnes en danger de mort, torturées, victimes de l’esclavage, de guerre, de terrorisme, de violence, les enfants abusés, les malades, les personnes souffrant d’un handicap, victimes d’injustice, qui sont abandonnées, oubliées, dépressives, désespérées, angoissées, qui souffrent d’une dépendance quelconque, qui ont perdu un enfant avant ou après la naissance, qui ont perdu leur maison, leur travail ou sont séparées de leur famille pour une quelconque raison.

La prière du Seigneur, suivie de la bénédiction apostolique, vinrent conclure cette belle célébration, à l’issue de laquelle le Saint-Père s’en retourna, comme il était arrivé, extrêmement recueilli, les yeux baissés vers le sol alors que tous les fidèles essayaient d’obtenir de lui qui un regard, qui un signe de la main.

Un grand moment dans notre pèlerinage romain, donc, qui nous permit de replacer la notion de miséricorde dans une perspective d’action et contribua, bien entendu, à raffermir notre engagement comme chevaliers du Saint-Sépulcre à toujours faire plus pour soutenir nos frères et sœurs de Terre Sainte.

Jean-Bernard Demoulin



 


#MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome - Mercredi 4 mai 2016

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Voici la relation du premier jour du pèlerinage des jeunes de la lieutenance à l’occasion de l’Ascension dans le cadre de l’année de la Miséricorde.

Mercredi 4 mai : Audience générale et découverte de la Rome antique

Ceux qui ont déjà expérimenté le privilège d’assister à une cérémonie ou à une audience papale sur la Place Saint-Pierre, savent que l’on mesure rapidement in situ si le risque d’insolation sera élevé. En prélude à la retraite des Chevaliers et Dames du Saint Sépulcre dans la Ville Eternelle, deux chevaliers et trois accompagnants ont fait l’expérience d’une matinée sous le soleil de plomb vaticanais, dans une ambiance décontractée et priante. Grâce aux efforts combinés de notre organisateur, de notre Gouverneur général Agostino Borromeo, et de son administration, notre petite délégation a pu prendre place dans le carré VIP, au plus proche du Saint Père.

Dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde, le Pape François a proposé une réflexion autour de la parabole de la brebis égarée : « L’unique façon de recomposer le troupeau est de suivre la voie tracée par la miséricorde du Seigneur », a-t-il déclaré. « Personne n’est définitivement perdu, Jamais ! Jusqu’au dernier moment, Dieu va à notre recherche ». « Chaque personne à ses yeux est très importante et en particulier, la plus nécessiteuse, la plus abandonnée, la plus rejetée ». « Dieu ne connaît pas notre culture actuelle du déchet ». Après les discours et prières, il nous a ensuite été permis de remettre un petit cadeau au Pape. Mois de mai oblige, il s’agissait d’une bouteille de maitrank, apéritif artisanal arlonais à base de vin blanc de Moselle luxembourgeoise et d’aspérules odorantes. Le Saint Père a reçu de manière bienveillante et amusée ce présent offert au nom de la Lieutenance belge.

Au cours de l’après-midi, plusieurs participants ont petit à petit rejoint la première équipe, afin de prendre part à un programme culturel, à travers les principaux vestiges archéologiques laissés par les Romains de la période antique. Débutant par le Forum Boarium (ou marché aux bœufs), plus ancien forum romain connu, la visite a permis à tout un chacun de se replonger dans l’histoire royale, républicaine et enfin impériale de la cité plusieurs fois millénaire. La lourde tâche de guider un public parfois bien averti fut attribuée à votre serviteur ; mais lorsqu’une église apparaissait entre deux ruines sur le parcours, Thibault Denotte prenait le relais, de manière à ce que le public présent puisse profiter de façon optimale des domaines de compétence des deux orateurs. Les rangs grossissant sont ainsi passés par Santa Maria in Cosmedin, afin notamment d’admirer les anciens pavements de la basilique Saint-Pierre, ainsi qu’à la basilique de Sant’Anastasia al Palatino, dont le cardinal Danneels est l’actuel titulaire. Traversant le Cirque Maxime en direction du Colysée, le groupe toujours plus avide de découvertes a entrepris la visite du Forum romain ainsi que du Mont Palatin.

Les principaux bâtiments religieux, politiques, administratifs et autres monuments issus d’actes d’évergétisme ont été passés en revue sous un soleil heureusement radieux. Et alors que les porte-voix automatiques commençaient à prier les visiteurs de quitter les lieux avant la fermeture, les explications se terminèrent par une pause méditative sur la grandeur et la fragilité du cœur de notre civilisation romaine, depuis le panorama du haut du Palatin. La promenade prit fin sur le Capitole, avant que les jambes éprouvées ne sollicitent des estomacs une récompense amplement méritée, obtenue dans un restaurant typique de la capitale.

David Colling



 


#MiséRome : Visite des jardins du Vatican

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME : Samedi 6mai 2016 - Visite des jardins du Vatican

En sortant du Palais magistral de Malte, nous avons appris que l’audience privée prévue avec le Pape émérite Benoit XVI, dans l’après-midi était annulée. La déception engendrée par pareille nouvelle aurait découragé et désorienté bon nombre d’organisateurs. Ce ne fut bien évidemment pas le cas de notre cher Thibault Denotte, qui a rebondi sur les évènements pour trouver en urgence une activité de remplacement, en veillant à ce qu’elle soit suffisamment originale pour vite oublier cette déconvenue. Par l’intermédiaire du Lieutenant suisse, il nous a été proposé une visite particulière et privée des jardins du Vatican, guidée par Davide Serrago, qui pendant quatre années a été hallebardier dans la garde suisse pontificale, par ailleurs membre de la Lieutenance helvétique de l’Ordre du Saint Sépulcre.

Cette promenade de trois heures combla les attentes des plus exigeants. Une fois passée la porte Sainte Anne, Davide nous a proposé une présentation succincte de la composition et des différentes fonctions des Gardes suisses, au milieu de la cour de leur caserne. Contournant la tour Nicolas V, abritant la banque du Vatican, le groupe a rejoint la cour du Belvédère, où il nous a été permis de croiser tout ce que le petit état peut présenter d’hommes en uniforme (ecclésiastiques, gardes suisses, pompiers, gendarmes,…).

En file indienne manœuvrée par Davide, nous avons ensuite déambulé autour de la Tour Borgia, de la Chapelle sixtine, de la Fontaine de l’aigle et de la Place de la Grotte de Lourdes. Pas tout à fait consolés de ne pas avoir pu rencontrer notre cher Pape émérite, nous avons pris le chemin du monastère de Mater Ecclesiae, où nous avons pu admirer la beauté des roseraies, agrémentant le panorama sur la basilique Saint-Pierre ; ce fut l’occasion de la récitation d’une prière menée par notre Lieutenant Jean-Pierre Fierens, particulièrement pour la santé de Benoît XVI.

De ce promontoire, nous pouvions alors amorcer notre descente en direction de la gare vaticane, pour terminer notre visite par la découverte du cimetière teutonique, dont l’origine remonterait à Charlemagne. Davide finit sa visite à l’intérieur de l’église Santa Maria delle Pietà, chère aux Gardes suisses.

Il est à noter que le courant est particulièrement bien passé entre notre guide et notre groupe de jeunes, et que la résolution a été fermement prise de garder un contact fort et effectif entre les jeunes des Lieutenances belge et helvétique, et ce, dans la perspective d’élargir plus ces liens particuliers entre les jeunes chevaliers issus de différents pays.

David Colling



 


#MiséRome : Conférence du Cardinal Raymond Burke

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Samedi 7 mai 2016 - Conférence donnée par S.Em. le Cardinal Raymond Burke au Palais magistral de l’Ordre de Malte

C’est au cœur du Palais magistral de l’Ordre de Malte que S.Em. le cardinal Raymond Burke nous avait donné rendez-vous pour poursuivre notre réflexion.

Après avoir rappelé, à titre d’introduction, le rôle central de la miséricorde dans l’Eglise, le Cardinal Burke, cardinal patron de l’Ordre de Malte et membre de notre Ordre, a replacé l’Année de la Miséricorde dans une perspective historique en insistant sur le fait que, techniquement, il ne s’agissait pas d’une année jubilaire (célébrée tous les 25 ans depuis Boniface VIII en mémoire de l’Incarnation du Sauveur ou de la Passion du Christ), mais d’une « année extraordinaire ». Le Cardinal nous a mis en garde contre le danger de faire de la miséricorde un slogan dont la teneur ne serait pas bien définie. L’Année de la Miséricorde, expliquait-il, est, par essence, une année de repentance et de miséricorde, caractérisée notamment par un pèlerinage dans les lieux saints, principalement à Rome, dans une démarche de repentance afin d’obtenir une indulgence extraordinaire. Ainsi, l’ouverture de la Porte sainte manifeste-t-elle l’entrée dans la miséricorde de Dieu.
 
Le Cardinal a ensuite exposé la différence entre l’indulgence partielle et l’indulgence plénière qui dépend de la disposition de l’âme (v. Paul VI, constitution Indulgentiarum doctrina, Catéchisme n°1471 – 1479, canons 992 – 997 du Code). L’indulgence est la rémission de la peine temporelle - dont la faute est déjà effacée - que le fidèle obtient à certaines conditions par l’action de l’Eglise. L’indulgence peut être appliquée à soi-même ou aux âmes du Purgatoire. Le Cardinal a également distingué le péché mortel (qui nous prive définitivement de Dieu) du péché véniel, insistant sur le fait que la repentance vient en premier, puis la confession, et l’acte de réparation comme le pèlerinage – qui doit « coûter » et non être un voyage d’agrément compte tenu des facilités de la vie moderne, ajoutant « grace isn’t cheap ; it’s costly ». 
 
La miséricorde et la justice sont souvent vues comme opposées, alors qu’elles sont, tant dans l’Ancien Testament (v. la Prière pénitentielle du Prophète Jérémie, le psaume 50), que dans la Tradition de l’Eglise et dans le Magistère intimement liées, la miséricorde n’étant pas compréhensible sans la justice dont l’expression parfaite se trouve dans l’Incarnation rédemptrice du Christ. La miséricorde, selon Benoît XVI, retourne Dieu contre lui-même, c’est-à-dire la miséricorde contre la justice. 
 
Acclamé comme « pape de la miséricorde » par Benoît XVI lors de ses funérailles, Saint Jean-Paul II a réinterprété pour nous le mystère pascal comme mystère de la miséricorde, estime le Cardinal Burke. Plus encore, il a continuement présenté le visage de la miséricorde, notamment en instituant la fête de la Miséricorde comme partie intégrante de la Foi. Dans l’Ancien Testament, l’amour est plus grand que la justice car il est premier et fondamental (voir l’interaction de Dieu avec Israël auquel Dieu est toujours prêt à pardonner). Dans le Nouveau Testament, la parabole du fils prodigue illustre la disposition de Dieu à pardonner chaque perte de la grâce. Le Christ, mort pour nos péchés sur la Croix, incarne la plénitude de la justice, née et accomplie toute entière dans l’amour du Père et du Fils. La miséricorde se manifeste surtout dans l’Eucharistie et la confession, qui sont des rencontres avec le Rédempteur qui pardonne et guérit. Ainsi, le but poursuivi par l’Eglise est d’assurer l’authenticité du pardon dans sa vie et la pastorale, c’est-à-dire le mystère de la miséricorde.
 
La miséricorde ne constitue pas une réponse facile aux demandes faciles du monde mais une réponse qui engage toute notre volonté et notre intelligence, aux demandes fondamentales de justice qui émanent de notre cœur, du Cœur de Jésus.
 
A l’issue de l’enseignement pendant lequel le Cardinal Burke a touché son auditoire par la justesse et la sincérité de son propos, un échange a eu lieu sur différentes questions posées par les pèlerins.

Bernard Charpentier



 


# MiséRome : Mgr Franco

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME : Vendredi 6 mai 2016 - Enseignement par S. Exc. Mgr Antonio Franco, assesseur du Grand-Maître, ancien nonce apostolique en Israël

Nous avons poursuivis nos travaux au Grand magistère par un enseignement par SER Mgr Antonio Franco, assesseur du Grand Maître, au cours duquel, il a rappelé que l’Année jubilaire est destinée à l’approfondissement de la vie spirituelle ainsi qu’à retrouver une certaine justice sociale. Cette année trouve son sens propre dans un processus de conversion pour chaque chrétien, et vise à sentir la proximité de Dieu de manière plus concrète. Sentir cette présence de Dieu dans nos vies nous permet également d’être miséricordieux envers les autres afin de devenir des signes efficaces de la parole de Dieu.

Mgr Franco a également rappelé l’origine étymologique du mot "miséricorde" qui vient du latin « miseria » (pauvre) et « cor » (cœur) ce qui littéralement revient à avoir le cœur qui bat pour le pauvre. Ce mot renvoie donc à un sentiment intérieur profond, la compassion pour la souffrance de l’autre.

Le but de la miséricorde est d’expérimenter le Dieu d’amour qui se fait proche de chacun de nous ; du fils qui se donne non pour l’humanité mais pour moi ! Et ce n’est pas par quelques indulgences et confessions que l’on atteint la miséricorde mais par des actes concrets (1) temporels et (2) spirituels tels que : (1) donner l’hospitalité, visiter les malades et les prisonniers, instruire les ignorants, ainsi que (2) prier pour nos proches, reprendre les pécheurs, conseiller ceux qui sont dans le doute, consoler les affligés, pardonner. La miséricorde est donc avant tout un style de vie, un engagement pratique pour chaque chrétien. 

Le visage rayonnant et joyeux, Mgr Franco a répondu à nos questions et nous a encouragé à vivre pleinement ce nouveau style de vie qui est la miséricorde. 

Marie et Rolf Schwarz



 


#MiséRome : Rencontre avec les jeunes chevaliers romains

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME : Vendredi 6 mai 2016 - Rencontre au Palazzo della Rovere avec dix jeunes chevaliers romains

Nous nous sommes rendus au Grand magistère de l’Ordre où après une conférence très savante sur l’histoire des jubilés et des années saintes, par le Professeur Agostino Borromeo, gouverneur général de l’Ordre, nous avons, lors d’un déjeuner léger, eu la joie de rencontrer une dizaine de jeunes chevaliers de la Lieutenance d’Italie centrale. Avec eux nous avons visité le palais della Rovere, guidés par notre confrère François Wayne, attaché de presse de l’Ordre.

Daphné et Adrien Penna



 


#MiséRome : Messe à la Basilique Saint-Pierre

 

16 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME : Vendredi 6 mai 2016 - Messe à la Basilique Saint-Pierre célébrée par le S.Em. le Cardinal Raymond Burke

Messe votive de la Chaire de Saint-Pierre

Evangile - Mt 16, 13-19

"En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera lié dans les cieux."



 


# MiséRome : San Onofrio

 

15 mai 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROMA : Vrijdag 6 mei 2016 - Bezoek aan het klooster en de kerk van San Onofrio op het Janiculum

Tijdens deze retraite en bedevaart voor de jongere leden van onze Landscommanderij, mocht een bezoek aan het klooster en de kerk van San Onofrio op het Janiculum niet ontbreken. In 1948 besloten Pius XII en Kardinaal Canali (later Grootmeester van onze Orde) dat het hoofdkwartier van de Orde van het Heilig Graf zou worden overgebracht van Jeruzalem naar deze gebouwen in Rome.

Deze plaats werd niet zonder reden aan onze Orde toevertrouwd. Dit brengt ons terug bij het getuigenis van de dichter Torquato Tasso. Hij is de auteur van het werk ’La Gerusalemme Liberata’, waarin hij verhalen vertelt over de de eerste kruisvaarders die vochten om het Heilig Graf van Christus te heroveren. Tot eind 19de eeuw was Tasso één van de meest gelezen auteurs in Europa en zelfs Goethe schreef een toneelstuk over zijn leven. Op latere leeftijd werd Tasso geestesziek en trok zich terug in San Onofrio om er uiteindelijk te sterven. Hij ligt begraven in de kerk van het klooster. Ook Kardinaal Canali, werd er begraven. De kerk werd toevertrouwd aan de Fransicanen van de Verzoening (expiation) een groep van Amerikaanse Minderbroeders.

San Onofrio ligt ten zuidoosten en net buiten Vaticaanstad maar maakt er nog steeds onderdeel van uit (extraterritoriaal). Het heeft een prachtig uitzicht op de koepel van de Sint-Pietersbasiliek. Door de eeuwen heen, hebben geschiedenis, cultuur als geloof er hand in hand geleefd. Het huidige complex dateert uit de vijftiende eeuw, maar de eerste nederzettingen werden gebouwd als een hermitage. Het Groot Magisterium is ondertussen verhuisd naar het Palazzo della Rovere, maar San Onofrio huist nog altijd de Landscommanderij van Centraal Italië.

De artistieke pracht was voor onze retraite en bedevaart een bron van verrijking, rust en bezinning waar we hebben kunnen bidden voor de Christenen in het Heilig Land, de leden van onze Landscommanderij en voor de Paus, onze Grootmeester, de Latijns Patriarch en al diegenen die onze Orde besturen.

Stephan Janssens



 


Israël, un régime militaire confessionnel juif ?

 

17 avril 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - De passage à Rome, Mgr Fouad Twal a fait le point sur l’état des relations entre l’Église en Terre sainte et l’État d’Israël. DEs propos recueillis par Christophe Chaland pour www.la-croix.com.

Au cours d’une conférence donnée à Rome jeudi 14 avril, le patriarche latin de Jérusalem a jugé que l’État d’Israël, "... même s’il se proclame État laïc et démocratique, se comporte actuellement en réalité toujours davantage comme un régime militaire confessionnel juif...".

Mgr Fouad Twal s’exprimait à l’université pontificale de la Sainte Croix dans le cadre d’une conférence intitulée « La condition actuelle des chrétiens en Terre sainte ».

Devant le président de l’université de l’Opus Dei et un public d’enseignants et d’étudiants, le patriarche a mis en cause l’attitude de l’État israélien : "... C’est la première fois qu’une minorité chrétienne se trouve à vivre au sein d’un État juif avec toutes les conséquences liées au fait d’être une minorité. Et il s’agit du premier cas dans l’histoire où une majorité juive dispose d’un État. Mais cette majorité continue à se comporter, et surtout à se défendre, comme si elle était en réalité une minorité, avec la tentation de vivre comme un État théocratique, inspiré par la Bible et non pas comme un État laïc. ..."

Le patriarche Twal a souligné le rôle de « tampon » de la petite minorité chrétienne (2 % de la population de Terre sainte) entre les populations de confession juive et musulmane, voyant "un signe d’espoir" dans la présence sur la même terre de juifs, de chrétiens et de musulmans, témoignage "de la possibilité réelle de vivre ensemble dans un seul endroit ".

Mais, "la théologie de la miséricorde, le ministère du pardon et de purification de la mémoire ne sont pas toujours compris ", par les autres arabes palestiniens, a déploré le patriarche.

"... Ces difficultés découlent de l’occupation militaire et du conflit israélo-palestinien, de la violence mutuelle, des humiliations quotidiennes et du fanatisme religieux croissant, tant israélien et musulman", a-t-il précisé.

Le patriarche a mentionné à l’appui de cette affirmation la construction par l’État d’Israël du "mur" de séparation entre Israël et les territoires palestiniens, sur "... plus de 700 km de long et jusqu’à environ 8 m [de hauteur, NDLR], qui limite la liberté de mouvement, d’étude, de travail, de circulation, d’accès aux soins médicaux " de la population palestinienne.

Dans ce contexte, Mgr Twal a déploré "l’exode des chrétiens de Terre Sainte, (…) principalement des jeunes et des intellectuels fuyant le pays à la recherche d’un avenir plus sûr et plus humain".

Parmi plusieurs motifs d’insatisfaction dans les relations de l’Église avec l’État, le patriarche a notamment dénoncé l’inégalité de traitement des écoles catholiques parmi les écoles religieuses en Israël : « La subvention accordée aux écoles religieuses israéliennes atteint 100 pour cent. La nôtre a été réduite à 29 pour cent. » Les promesses faites par les ministres de l’éducation et des finances à l’issue d’une grève d’un mois n’ont pas été concrétisées jusqu’à présent, a-t-il déclaré.

Christophe Chaland



 


L’église Notre-Dame-au-Sablon (Livre)

 

17 avril 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Le Professeur Daniel van STEENBERGHE a publié ce 15 avril 2016, un merveilleux livre d’art et d’histoire consacré à notre église capitulaire de Notre-Dame-au-Sablon.

Qui mieux que Daniel van STEENBERGHE, professeur d’université émérite, passionné d’histoire, d’art et de culture, président du conseil de fabrique de l’église concernée et cheville ouvrière de la vie cultuelle et culturelle de ce haut lieu d’histoire et de spiritualité bruxellois, pouvait relever le défi lancé par la maison d’édition "Avant-Propos" de faire connaître notre église capitulaire et de la faire aimer ?

Le résultat, un beau-livre de 175 pages, richement illustrées, est la hauteur des attentes des plus exigeants.

Il nourrit deux desseins : offrir un descriptif de l’église Notre-Dame au Sablon ainsi qu’une narration de sa vie au cours des siècles. L’auteur y évoque les nombreuses familles attachées à ce monument et qui ont marqué l’Histoire : Habsbourg, Tour et Tassis, Egmont, Berlaymont, Spinola, Arenberg… Les quelque trois cents blasons ornant actuellement ce bijou de l’art gothique trouvent leur origine dans l’attachement à l’église de ces diverses lignées. Le lecteur découvre au fil des pages le riche patrimoine artistique de l’édifice, son exceptionnel armorial, un index mentionnant plus de 1 100 personnes et 125 saints ainsi qu’un plan détaillé de l’église. L’église et le quartier homonyme qui l’entoure étaient, et restent, intimement liés.

De nos jours, "le Sablon" est non seulement synonyme d’un art de vivre, mais également un but de promenade. Cette église fait en effet partie des dix monuments les plus visités de Bruxelles.

Prix promotionnel TVA comprise (mais sans les frais d’envois éventuels) 35 EUR à verser sur le compte ING BE52 3635 7879 5909 de "Histoire de l’église Notre-Dame-au-Sablon à Bruxelles" Rue Gachard 55, B-1050 Bruxelles.



 


Gaudet Mater Ecclesia : Albert Evrard sj a été ordonné prêtre !

 

3 avril 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Notre confrère, le frère Albert Evrard, membre de la Société de Jésus, a été ordonné prêtre ce samedi 2 avril par l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Jozef De Kesel.

Né à Tournai en 1967, Albert Evrard entre dans la Compagnie de Jésus en 2006. Après des études de droit, il exerce la fonction d’avocat et mène des recherches dans le domaine du droit des personnes âgées.

Au terme de deux années de noviciat à Lyon, il entame des études de philosophie à Namur, puis effectue trois années de théologie aux facultés jésuites de Paris, qu’il complète par deux années à Toronto.

Aujourd’hui, il continue ses recherches sur le vieillissement à l’Université de Namur et est actif dans l’accueil des réfugiés. « Devenir prêtre est pour moi un moyen de servir davantage des hommes et des femmes que la Providence met sur ma route, là où je suis. La vie religieuse, ce n’est pas la fuite en avant, c’est au contraire embrasser le monde et s’y donner totalement », explique Albert Evrard, peu avant son ordination.

Albert Evrard est entré dans l’Ordre du Saint-Sépulcre en 2002. Après avoir exercé diverses fonctions dans l’Ordre, il est actuellement actif dans l’accueil des réfugiés en étroite collaboration avec Philippe Petit.



 


Messe pour les défunts de la Lieutenance

 

13 mars 2016 2016 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Ce 12 mars 2016, la Lieutenance de Belgique s’est réunie en l’Eglise du Sablon pour prier pour ses membres décédés au cours de la dernière année. Les familles des défunts ont été associées à cet hommage. Nous vous proposons l’homélie prononcée par Mgr Jean Kockerols, Grand-Pieur de la Lieutenance.

La mort, toute mort, est une rupture, une cassure, une séparation radicale. Même quand la personne part doucement, paisiblement, c’est une réalité dure, qui nous fait mal. La mort est violente et elle nous rend triste. Le visage aimé disparaît à nos yeux. Les souvenirs sont là, oui, mais ils vont lentement disparaître, eux aussi. Seuls quelques uns, les meilleurs, resteront.

Mais cette rupture, comment la vivons-nous, dans la foi ? Les croyants reconnaissent qu’il y a une réalité plus radicale encore : la communion des saints. Dans une des formules du credo, les chrétiens affirment croire à la communion des saints. Qu’est-ce à dire ? La sainteté dont il est question dans cette expression, n’est pas la sainteté reconnue par l’Eglise ou par la vox populi à des personnes exemplaires, qui peuvent inspirer notre vie. Certes, il est bon qu’il y ait des saints et des bienheureux canonisés, mais c’est bien peu de choses par rapport à la communion des saints.

1. La communion des saints, c’est croire que Dieu met en lien tous ceux qui se tournent vers lui, à travers tous les lieux et tous les temps. Il nous unit, alors que bien des choses nous mettent à distance : parce qu’on est à l’autre bout du monde, parce qu’on vit ou que l’on pense tout autrement, mais aussi parce qu’on est séparé par la mort. Dieu nous garde unis, solidaires.

La sainteté dont il est question, est celle que Dieu donne en partage aux croyants. Quand Paul écrit aux chrétiens de Rome, il s’adresse à eux en disant « à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par appel de Dieu ». Seul Dieu est saint, mais il donne ce qu’il est, sa sainteté, en partage. Voilà ce qui fait de tous les croyants des saints. Voilà aussi ce qui nous met en communion les uns avec les autres : cette sainteté de Dieu nous unit, nous ajuste les uns aux autres, alors que tant de réalités nous séparent.

2. Oui, cette communion concerne aussi la séparation de la mort. Il y a ce pont entre l’Eglise du ciel et l’Eglise de la terre. Dieu nous garde en profonde communion avec tous ceux qui nous précèdent. Cela veut dire aussi que nous pouvons nous réconcilier avec nos morts. Que nous prions pour eux, et eux pour nous.

3. Quand est-ce que cette communion se manifeste le mieux, quand devient-elle palpable ? C’est dans la liturgie. Quand, en Eglise, nous célébrons l’amour de Dieu, nous sommes en communion avec ceux qui nous entourent, en communion avec l’Eglise de la terre entière, en communion avec l’Eglise du ciel. Dans l’Eucharistie, il est « juste et bon », disons-nous, de rendre grâce. Le prêtre, au nom de l’Eglise, donne les raisons de rendre grâce et termine cette prière en disant : « c’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous te chantons ». Le nous, c’est la communion de saints. (Soit dit en passant, nous chantons très modestement, et parfois même passablement faux, mais notre chant rejoint celui de tous les saints du ciel et de la terre.)

Et lorsque nous communions aux « choses saintes », c-à-d à l’Eucharistie, le pain qui est corps du Christ, alors cette communion des saints n’est plus une idée, un souhait, un secret espoir, un wishful thinking. Alors elle est réalité, tangible et palpable. Par la communion à l’Eucharistie, par sa réelle présence au milieu de nous, le Seigneur nous garde en communion avec tous les saints et donc aussi avec ceux que la mort a arraché à notre regard.

+ Jean Kockerols,
Grand-Prieur de la Lieutenance de Belgique



 


Le Roi et la Reine sont devenus chevaliers de collier

 

23 novembre 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Le mardi 17 novembre 2015, le Grand Maître de l’Ordre, SER le Cardinal Edwin O’Brien, est venu au Château Royal de Laeken, accompagné par le Gouverneur Général, le comte Agostino Borromeo, pour remettre à Leurs Majestés le Roi et la Reine les insignes de Chevalier et de Dame de Collier, la plus haute distinction de notre Ordre.

Le Roi et la Reine étaient déjà membres de notre Ordre depuis de nombreuses années. Assistaient également à la cérémonie le Nonce Apostolique, Monseigneur Giacinto Berloco, et notre Grand Prieur, Monseigneur Jean Kockerols, ainsi que François t’Kint de Roodenbeke, membre du Grand Magistère, notre Lieutenant Jean-Pierre Fierens et notre Chancelier.

© Koninklijk Paleis-Palais Royal.



 


Retraite des jeunes membres de la Lieutenance

 

1er novembre 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

WAVREUMONT - Ces samedi 17 et dimanche 18 octobre, presque tous les jeunes membres de notre Lieutenance se sont réunis avec leurs conjoints au Monastère bénédictin Saint-Remacle de Wavreumont autour de Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, pour une retraite à la fois studieuse et spirituelle sur notre thème d’année pastorale : l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, que dit-elle à un jeune ? que dit-elle à un chevalier, une dame ?

Cette retraite fut aussi une très belle occasion d’accueillir des candidats chevaliers et dames, ainsi que d’autres amis intéressés par les œuvres de notre Ordre, afin de les intégrer progressivement dans nos activités en vue d’une prochaine décision quant à leur future candidature (plusieurs étaient d’ailleurs présents à la fête de Notre Dame Reine de Palestine et seront à nouveau des nôtres pour le pèlerinage en Lorraine au début de ce mois décembre, ce qui ne peut bien sûr que réjouir l’ensemble de notre Lieutenance).

Les travaux commencèrent avec la volonté affirmée, tant du côté de notre prédicateur que des participants, d’innover quant à la forme et de ne pas se contenter d’exposés ex cathedra sur l’exhortation apostolique, mais de découvrir ensemble, de façon interactive et en dialogue, son sens profond et ses implications pour une dame ou un chevalier du Saint-Sépulcre au XXIème siècle. Le but premier, bien sûr, était de pouvoir établir des pistes concrètes qui puissent nous aider à rendre notre engagement toujours plus réel afin qu’il transforme en profondeur notre manière d’être chrétien dans l’optique de cette Église en sortie et du souci du pauvre que notre Saint-Père appelle avec tant d’ardeur depuis le début de son pontificat.

Lorsque l’on a la chance de pouvoir accueillir un prédicateur de si haut niveau, il ne faut surtout pas se priver de pouvoir l’écouter, et donc, tout au long de cette retraite, Mgr Delville nous proposa quatre longs enseignements sur les quatre premiers chapitres de l’exhortation apostolique. Par ses nombreuses explications empreintes de science historique (qui sait encore que la notion de "bien commun" reprise par le Pape au chapitre 2 est typiquement catholique à la base, avant d’avoir été récupérée par d’autres ?) ou exégétique (nous expliquant par exemple que le mot latin "misericordia" tellement présent dans le discours du Pape et dans les versions latines de la Bible, n’existe pas comme tel en hébreu ni en grec, et traduit en fait 3 mots hébreux différents et 6 mots grecs), entre autres, il sut nous faire découvrir la pensée du Pape en démontrant que le choix de certains mots ou expressions n’est jamais anodin et révèle la profonde culture théologique et sociale du pape François.

Des temps forts d’enseignement, donc, mais comme mentionné plus haut, ceux-ci étaient le prélude à de long moments de dialogue entre retraitants et prédicateur pour aller encore plus loin dans la réflexion, ainsi qu’à des ateliers thématiques en petits groupes pour approfondir les questions suivantes suggérées par Mgr Delville (en lien avec les trois premiers chapitres de l’exhortation apostolique), en tant que membres du Peuple de Dieu, en tant que chrétien et en tant que chevalier :
- comment me vois-je dans une vision d’Église en sortie ? Qu’est-ce que j’attends de l’Église et de l’Ordre pour qu’ils soient en sortie ?
- le Pape dit non à une économie de l’exclusion et à une économie dominée par l’argent : en quoi cela me concerne-t-il personnellement et qu’est-ce que je souhaite dans l’Église, dans l’Ordre et dans le monde comme évolution ?
- le Peuple de Dieu est invité à annoncer l’Évangile : comment est-ce que je vis cette demande personnellement et qu’est-ce que j’attends de l’Église et de l’Ordre à ce sujet ?

Les pistes de réflexion pour notre Ordre qui ressortirent de ces travaux furent les suivantes :

1. Tout comme pour l’Église, et suivant l’appel du Pape pour l’implication de tous les catholiques dans la mission d’annonce de l’Évangile, il est vital pour notre Ordre que tous ses membres soient réellement actifs et s’engagent de façon intégrale pour la mission particulière qui nous a été confiée, afin que nous puissions nous aussi être un Ordre en sortie dans cette Église en sortie que le Pape nous invite à être.

2. L’Ordre a souvent en Belgique, y compris dans l’Église, une image de club privé très exclusif ou de confrérie fantaisiste de nostalgiques du temps révolu des croisades, ce qu’il n’est évidemment pas. Très souvent, les catholiques belges, et même le clergé, ne connaissent pas la mission particulière et l’action de l’Ordre pour la Terre Sainte. Il pourrait donc être bénéfique que l’Ordre se présente un peu plus en dehors de ses propres cénacles, en commençant par les prêtres et les paroisses, simplement pour présenter notre si belle mission et sensibiliser les catholiques de Belgique à la situation en Terre Sainte.

3. Les dames et chevaliers du Saint-Sépulcre pourraient, toujours dans cette optique de faire connaître l’Ordre mais surtout la situation de nos frères de Terre Sainte, organiser avec les diocèses ou les paroisses des veillées de prière pour la Terre Sainte avec, pourquoi pas, des quêtes, ou des conférences et journées d’études ouvertes à tous.

4. Pour aider les chrétiens de Terre Sainte non pas seulement financièrement par nos dons et cotisations, nous pourrions essayer d’apporter également une aide très ciblée, par exemple par l’apport de micro-crédits ou, vu les compétences et talents que recèle l’Ordre, une consultance directe au profit de petites entreprises ou startups dirigées par des chrétiens, afin de les aider à prendre leur place dans la société israélienne/palestinienne/jordanienne et ne pas se sentir contraints de quitter leur pays pour pouvoir développer leurs idées.

Le samedi soir, notre Lieutenant et Monsieur Philippe Petit, président du groupe de travail sur l’aide aux réfugiés, nous rejoignirent pour une présentation de l’Ordre, en particulier à nos hôtes, qui fut aussi l’occasion pour ceux qui sont déjà chevaliers d’avoir une petite piqûre de rappel sur l’histoire de l’Ordre, ses missions ainsi que les projets soutenus par notre Lieutenance.

Le dimanche matin, les retraitants ont découvert la superbe vallée de l’Amblève pendant la marche d’une dizaine de kilomètres autour du monastère. Elle fut une autre occasion d’échanger sur le thème de l’exhortation apostolique.

Ce furent donc deux journées très intenses qui permirent aux jeunes
de la Lieutenance de Belgique de se retirer à Wavreumont pour prier, mais aussi pour découvrir l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium et, dans son prolongement, réfléchir à l’apport spécifique qu’ils constituent pour l’Église et l’Ordre en Belgique et se mettre en marche à la suite de leurs aînés et en suivant leur exemple glorieux. Que Mgr Jean-Pierre Delville soit vivement remercié pour l’encadrement extraordinaire qu’il aura prodigué tout au long de cette retraite, ainsi que les moines de Wavreumont pour leur accueil chaleureux.

Jean-Bernard Demoulin



 


Investitures 2015 : Reportages photographiques

 

15 juin 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Les photographes de la Lieutenance ont rivalisé de talent pour vous présenter leurs plus belles photos des investitures 2015 !

Trois albums photographiques regroupant ensemble plus de six cents photos ont été glissés sur la page Flickr de la Lieutenance. Vous trouverez les liens d’accès dans la partie réservée aux membres.



 


Gaudet Mater Ecclesia : quinze nouveaux membres pour la lieutenance de Belgique

 

14 juin 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Ce samedi 13 juin 2015, la Lieutenance de Belgique a accueilli en son sein, quinze nouveaux membres.

Ils sont d’horizons, d’âges, d’expériences ou d’expertises très variés mais tous se rejoignent dans l’amour de la Terre sainte et le service de leurs soeurs et frères chrétiens vivant sur cette terre meurtrie.

Prions Notre-Dame Reine de Palestine mais aussi Saintes Marie-Alphonsine et Marie de Jésus de veiller sur ces nouveaux membres et sur les engagements solennels qu’ils ont pris ce 13 juin 2015, soutenus et entourés de la chaleureuse présence de tous les membres de la Lieutenance de Belgique.

Reportages, vidéos et photos dans quelques jours !



 


La Fête-Dieu à Liège

 

6 juin 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

LIEGE - A l’occasion du 751ème anniversaire de la Fête-Dieu à Liège. Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, a présidé une messe pontificale à la basilique Saint-Martin. Il était entouré de cinq évêques dont trois membres de l’Ordre. Une procession joyeuse et priante (pendant laquelle les chevaliers du Saint-Sépulcre de Liège ont porté le dais) a conduit les très nombreux fidèles à la cathédrale Saint-Paul. Nous vous proposons le texte de sa lumineuse homélie.

Homélie Fête-Dieu 2015 Basilique Saint-Martin, Liège 4 juin 2015 Jean-Pierre Delville

Chers Frères et Sœurs,

Cette année, un grand hasard fait que la Fête-Dieu tombe le même jour que la mémoire liturgique de la bienheureuse Ève de Saint-Martin, qui était recluse dans une maisonnette accolée à cette église Saint-Martin, du côté gauche. Ève, vous le savez, était une amie intime de saint Julienne de Cornillon (1193-1258), qui fut l’instigatrice de la Fête-Dieu, la fête du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ. Ève avait choisi de mener une vie de prière à l’ombre de la collégiale. Elle disposait d’une recluserie : c’était une petite maison avec une chambre à l’étage, où Julienne pouvait loger de temps en temps. Ève pouvait entrer dans l’église, y prier et aider à l’entretien.

Elle était en relation directe avec les chanoines et conversait régulièrement avec eux, en particulier avec Jean de Lausanne, qui sera rapidement acquis à la cause de la célébration de cette nouvelle fête. Grâce à Ève, sainte Julienne pourra consulter à ce sujet des personnsages importants comme Jacques Pantaléon de Troyes, archidiacre de Campine, le futur pape Urbain IV ; puis Hugues de Saint-Cher, provincial des dominicains, futur cardinal et légat du pape ; et enfin l’évêque Robert de Thourotte, qui officialisera la fête en 1246 pour le diocèse de Liège. C’est donc grâce à Ève que Julienne sera connue et prise au sérieux.

Ève avait une vue spirituelle intense. Elle reçut dès le début la révélation dont bénéficiait Julienne : la lune à laquelle il manquait une fraction (symbole de l’hostie, pain rompu, en l’honneur de laquelle Julienne avait rêvé d’une nouvelle fête ; celle-ci sera placée le jeudi après la Trinité, c’est-à-dire quelques jours après la 3e pleine lune de printemps ; c’est pourquoi ce soir, vous pourrez admirer dans le ciel la lune à laquelle il manque une fraction). Eve a donc suivi l’évolution spirituelle de Julienne, elle a connu tous les tracas qui lui étaient fait, elle l’a même accueillie dans sa recluserie quand Julienne était chassée de Cornillon.

Eve a soigneusement retenu et noté tous ces faits. La chronique qu’elle a écrite en vieux français est la base de la Vita latine de Sainte Julienne, comme en témoigne le rédacteur resté anonyme. Ève était donc une femme lettrée et cultivée. Elle était une véritable maîtresse spirituelle pour Julienne.
Après la mort de Julienne en 1258, c’est Ève, qui avec les chanoines de S.-Martin, continuera le combat pour la promotion de la Fête du Saint Sacrement. Quand le pape Urbain IV étendit la fête à l’Eglise universelle en 1264, il adressa à Ève une lettre personnelle pour lui présenter la bulle d’institution de la Fête-Dieu. Fait rarissime au moyen âge : un pape écrit publiquement à une simple femme !

« Nous savons, ô fille, que votre âme a désiré d’un grand désir qu’une fête solennelle du Très Saint Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ soit instituée dans l’Eglise de Dieu (...). Réjouissez-vous parce que Dieu tout-puissant vous a accordé le désir de votre cœur et la plénitude de la grâce céleste ne vous a pas privée de la volonté que vos lèvres avaient exprimée. »

Cette lettre est la preuve de l’importance qu’Ève avait acquise dans l’Eglise. Elle est morte dans la recluserie de cette église le 14 mars 1265 et a été enterrée au fond de l’église même : nous fêtons donc le 750e anniversaire de sa mort. Tout cet épisode nous montre le rôle des femmes dans l’Église, à travers leur sensibilité à la présence du Christ dans leurs vies. Car, c’est la communion au Christ que Julienne veut promouvoir par l’instauration d’une fête pour l’eucharistie. C’est le lien concret et actuel avec Jésus.

Jésus en effet a voulu que nous restions en communion avec lui, après sa mort et sa résurrection. C’est pourquoi, à la veille de sa mort, il a partagé le repas avec ses disciples. L’évangéliste Marc, nous venons de l’entendre, a raconté dans le détail la préparation de ce repas et le soin mis par Jésus à le faire préparer (Mc 14,12-26).

Durant le repas, Jésus a pris le pain, l’a rompu et a dit une phrase étonnante : « Prenez, ceci est mon corps ». Il a donc partagé son corps, c’est-à-dire toute sa vie, comme on partage le pain, afin que nous soyons unis à lui et que notre vie se nourrisse de sa vie. Ensuite Jésus, après avoir fait passer la coupe de vin, insiste sur son sang : « Ceci est mon sang, dit-il, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude ». Jésus en effet allait verser son sang, donner sa vie, à travers la passion et la mort qui lui ont été infligées le lendemain.

Cela nous fait penser à tous ceux qui versent leur sang aujourd’hui, tous ceux qui souffrent de la violence, tous ceux qui sont malades ou mourants.
 Chaque fois que j’entends annoncer à la radio ou à la TV : « un mort dans tel attentat », « x morts dans tel bombardement », « autant de morts dans le naufrage d’un bateau d’immigrés dans la Méditerranée », je me dis : que de morts anonymes, que de personnes victimes de la violence qui resteront à tout jamais inconnues. Jésus les a en quelque sorte représentées dans sa mort, en annonçant qu’il versait son sang pour la multitude. Jésus veut tirer de l’oubli ceux qui meurent seuls et abandonnés et nous ouvrir les yeux sur eux, comme il nous a ouvert les yeux sur le sens de sa mort. En cette Fête-Dieu, nous sommes donc sollicités à être solidaires de ceux qui meurent aujourd’hui de manière injuste, comme Jésus est mort de manière injuste. Et nous sommes sollicités à faire de notre vie un don pour travailler à un monde meilleur. Car Jésus ne nous laisse pas dans l’abandon ou la résignation face à la mort. Il ajoute : « Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le Royaume de Dieu ». Jésus nous promet le vin nouveau du Royaume de Dieu. En effet, son message et sa vie sont si parfaits qu’ils ne peuvent sombrer dans l’oubli. Ils sont des grâces pour nous aujourd’hui. Ils sont nourritures pour nous aujourd’hui.

Comme dit la Lettre aux Hébreux : « Ce don de soi purifie nos consciences des actes de mort pour que nous puissions célébrer le culte du Dieu vivant ». Oui, nous allons célébrer avec joie le culte du Dieu vivant dans cette eucharistie et nous aller cheminer en peuple saint au cœur de la ville pour vivre comme un peuple en marche et un peuple dans la joie.

Amen. Alleluia !

Lien vers l’album Flickr avec 112 photos, c’est ICI.



 


2019 : Année record pour les pèlerinages en Terre Sainte

 

12 janvier 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TERRE SAINTE - Le nombre de touristes/pèlerins a augmenté en Israël de plus de 10% en 2019, et de plus de 15% dans les Territoires palestiniens. Un défi à relever pour éviter que le tourisme en Terre Sainte ne soit victime de son succès.

Les chiffres du tourisme en Terre Sainte ne cessent de s’envoler. Pour la troisième année consécutive le nombre de touristes entrant en Israël bat tous les records. De fait, le ministre israélien du tourisme Yariv Levin a annoncé le 5 janvier dernier que 4,55 millions de visiteurs avaient passé au moins une nuit en Israël, l’année passée. Contre 4,12 l’an dernier. Soit une augmentation de 10,6% par rapport à l’année précédente, et de 55% par rapport à il y a trois ans.

Le ministre a insisté sur l’ampleur et l’accélération de la progression : « il nous a fallu 30 ans, à partir de 1948, pour atteindre le millionième touriste. Encore 16 ans en 1994 pour atteindre les deux millions de touristes ». Et attendre 2017 pour passer la barre des 3 millions, et 2018 la barre des 4 millions.

Du côté palestinien, en ricochet (puisque l’immense majorité des touristes passe par l’aéroport israélien de Tel Aviv pour venir en Terre Sainte), le nombre de touristes ayant visité les Territoires en 2019 a connu une augmentation de 15,4% par rapport à 2018. Selon les derniers chiffres officiels communiqués par l’agence palestinienne de presse Wafa, ils auraient été 3 520 726.

A noter que les hôtels palestiniens ont enregistré plus de 2,7 millions de nuitées. Cet écart s’explique notamment par le fait que nombreux sont les voyageurs d’un jour à Bethléem qui passent leur nuit à moins de 10 km, à Jérusalem.

En tête de la liste des touristes venus visiter les sites palestiniens, on retrouve « les ressortissants américains, russes, roumains, polonais et italiens », a affirmé la ministre palestinienne du Tourisme et des Antiquités, Rula Maayah.

Zoom sur Israël

Concernant Israël, les principaux pays d’origine des touristes entrés dans le pays en 2019 sont les Etats-Unis (890 000 entrées), la France (338 200), la Russie (296 000), l’Allemagne (268 900), le Royaume-Uni (218 700). Suivis de l’Italie, de la Pologne, de la Chine, de l’Ukraine et de la Roumanie. Fait marquant : le nombre de touristes en provenance de Chine a bondi de 36,7% pour atteindre 156 000 personnes ayant atterri à Tel Aviv.

Pour l’année passée, le tourisme en Israël a généré 22 milliards de shekels (environ 5,7 milliards d’euros) de revenus. Selon Globes, journal financier israélien, les touristes dépensent en moyenne 1 400 $ (plus de 1250 €) par visite. Le secteur, s’est félicité le ministre israélien du tourisme, a employé directement 153 000 personnes dont 13 600 nouvelles personnes.

De l’importance des budgets marketing

Yariv Levin a expliqué ce succès par ce qu’il nomme « la révolution de la politique de commercialisation » du produit Israël qui a été entreprise ces dernières années. Il s’est agi selon lui du passage d’une focalisation sur le tourisme religieux à celle d’un tourisme de loisirs et de voyages.

Le pays a, à ce titre, offert des incitations aux compagnies aériennes internationales pour ouvrir de nouvelles lignes vers le pays et ouvert un nouvel aéroport à Eilat, lancé une ligne de trains rapides entre Tel Aviv et Jérusalem, desservant l’aéroport Ben Gurion de Lod.

Le ministre s’est particulièrement vanté de l’impact mondial (de la Chine à l’Europe en passant par l’Inde) et réussi de la campagne « Twosunny Cities, One Break » valorisant les destinations urbaines comme Tel Aviv et Jérusalem, ou encore une campagne encourageant le tourisme d’hiver à Eilat, la fameuse station balnéaire sur les bords de la mer Rouge. Comme prochaine étape, le ministre veut attirer de futurs touristes sur d’autres destinations comme celles des déserts du Néguev et de l’Arava. C’est « là où nous voyons le plus grand potentiel d’augmentation du nombre de touristes et de croissance économique dans toute la région », a confié à Globes le directeur général du ministère du Tourisme, Amir Halevi.

Pour sa part, la ministre palestinienne du Tourisme et des Antiquités, Rula Maayah, a souligné « l’importance de l’intensification » de ses contacts et partenariats avec des institutions touristiques internationales. « En commençant, dit-elle, par établir la présence palestinienne dans tous les forums et expositions touristiques internationaux ». Pour ne citer qu’un exemple, un colloque s’est tenu à Paris (France)pour étudier les partenariats possibles entre acteurs institutionnels et opérateurs privés français et palestiniens. Intitulé « Partenariat de développement et d’affaires dans le Tourisme » et organisé par la Chambre de Commerce Franco-Arabe avec la Mission de Palestine le 20 novembre 2019.

2020 sera peut-être rabat-joie

Malgré les très bons résultats du secteur touristique en Terre Sainte, des nuages apparaissent. Le contexte régional de plus en plus tendu – après que les Etats-Unis ont tué Qassem Soleimani, le chef des forces spéciales iraniennes al-Qods – pose la question de savoir si l’embellie pour le secteur touristique ne prendra pas du plomb dans l’aile. Un responsable du ministère du Tourisme a cependant déclaré, signale le Jerusalem Post, que le ministère n’était pas plus préoccupé que d’habitudepar l’impact potentiel de la géopolitique sur le tourisme.

Par ailleurs, en Israël, la croissance pourrait être ralentie cette année pour des questions budgétaires. Si le directeur général du ministère du Tourisme, Amir Halevi a déclaré qu’Israël était en mesure d’atteindre 5 millions de touristes, il craint cependant que les dépenses publicitaires ciblées ces dernières années pour promouvoir le pays en tant que destination touristique de premier plan qui « ont fait leurs preuves » ne se poursuivent pas « avec la même intensité en raison de réductions budgétaires importantes ». En cause, selon une information du Jerusalem Post, le déficit budgétaire d’Israël qui devrait avoir dépassé 3,5% du produit intérieur brut en 2019. Soit bien au-dessus de l’objectif de 2,9% pour cette année-là.

D’autre part, l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays bloque tout vote de budget. Faute de coalition gouvernementale, Israël retournera de fait aux urnes pour la troisième fois en moins d’un an à l’occasion de nouvelles législatives. Repoussant le vote d’un nouveau budget à l’après 2 mars.

Tourisme de masse et revers de la médaille

Face à l’afflux de visiteurs en Terre Sainte (touristes, pèlerins, sportifs, voyageurs d’affaires, patients…), certaines périodes de l’année (notamment durant les fêtes religieuses) peuvent devenir de véritables cauchemars pour les agences de voyages, de pèlerinage comme pour les clients eux-mêmes. Il n’est pas rare de voir des hôtels pleins à craquer, des files d’attente interminables sur les sites touristiques, culturels, naturels ou les lieux saints. Sans compter les embouteillages toujours plus nombreux au pic des saisons.

« Le nombre de chambres d’hôtel devrait cependant augmenter dans les années à venir avec l’arrivée de nouveaux acteurs dans le secteur, dirigés par des sociétés immobilières telles qu’Israël Canada, Nitsba et Azrieli, et avec l’expansion de l’activité des chaînes hôtelières existantes », explique Globes. Ainsi, la chaîne hôtelière israélienne Fattal prévoit d’ouvrir neuf autres hôtels en Israël d’ici 2023. Isrotel a annoncé six nouveaux hôtels dans Tel Aviv et Jérusalem, au cours de la prochaine décennie.

Les appartements Airbnb connaissent eux aussi une croissance accélérée. Le nombre d’appartements à Tel-Aviv étant sur le marché de la location courtedurée ayant déjà dépassé les 10 000.

Pour pallier le problème des embouteillages toujours plus nombreux, notamment à Jérusalem, le ministère israélien du tourisme et le maire de la ville misent sur un téléphérique qui désengorgera les voies d’accès à la vieille ville, au risque de transformer la ville sainte en une sorte de « Disneyland » selon les opposants au projet qui jugent qu’un tel équipement nuit à l’identité de la ville, à de nombreux niveaux (esthétiques, écologiques, politiques, etc…).

Chypre et la Jordanie n’ont pas à rougir

Des deux autres côtés de la Terre Sainte (selon la juridiction du Patriarcat latin), comparés aux résultats israéliens et palestiniens, ceux de la Jordanie et de Chypre sont aussi bons voire meilleurs. Pour ce qui est de la Jordanie (qui mise sur le tourisme religieux), le ministre du Tourisme et des Antiquités, Majd Shweikeh, a déclaré qu’un total de 4 535 496 visiteurs étaient entrés dans le pays cette année, soit une augmentation de 7,6% par rapport à 2018.

Et Chypre, qui a une population de 1,2 millions d’habitants, a vu au cours des 11 premiers mois de 2019, que le nombre de touristes augmentait de 0,9% pour atteindre 3 866 447. Les chiffres pour l’année 2019 complète ne sont pas encore donnés mais les prévisions suggéraient à la mi-décembre que l’île d’Aphrodite pourrait franchir la barre des 4 millions de touristes.

Sources : terresainte.net (Christophe Lafontaine/www.lpj.org/Radiovaticana/La-Croix.com/



 


Les chefs des Églises de Jérusalem en appellent à la communauté internationale

 

1er juin 2021 par LdS

Alors que le chaos règne depuis plusieurs jours sur l’esplanade des mosquées dans la ville trois fois sainte, les patriarches et chefs des Églises de Jérusalem exhortent à cesser les violences et appellent à l’intervention de la communauté internationale.

« Nous sommes profondément découragés et préoccupés », ont écrit dimanche 9 mai les patriarches et des chefs des Églises de Jérusalem, à propos des violences à Jérusalem-Est. « Ces développements inquiétants, que ce soit à la mosquée Al Aqsa ou à Sheikh Jarrah, violent le caractère sacré du peuple de Jérusalem et de Jérusalem en tant que ville de la paix. Les actions portant atteinte à la sécurité des fidèles et à la dignité des Palestiniens qui font l’objet d’une expulsion sont inacceptables. », peut-on lire dans le communiqué publié en langue anglaise et arabe sur le site du Patriarcat Latin de Jérusalem.

Le caractère spécial de la ville trois fois sainte oblige « toutes les parties à préserver la situation déjà sensible » à Jérusalem, continuent les prélats, ajoutant que « la tension croissante, soutenue principalement par des groupes radicaux d’extrême-droite, met en danger la réalité déjà fragile de Jérusalem et de ses environs. » « Nous appelons la communauté internationale et toutes les personnes de bonne volonté à intervenir afin de mettre un terme à ces actions provocatrices, ainsi qu’à continuer à prier pour la paix de Jérusalem », conclut le communiqué.

Violences depuis plusieurs jours

Depuis plusieurs jours Jérusalem est le théâtre d’une nouvelle flambée de violence. Ce lundi, de nouveaux affrontements ont éclaté sur l’esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’islam, entre des Palestiniens et la police israéliennes. L’une des causes de ces tensions est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, menacées d’expulsion au profit de colons juifs. Ceux-ci estiment qu’une loi leur permet d’habiter dans cette partie palestinienne de la ville sainte.

L’enjeu symbolique et démographique mobilise depuis des années les associations de colons et associations d’extrême-droite, engagées dans de nombreuses procédures judiciaires pour étendre leurs terrains. Une audience de la Cour suprême israélienne dans cette affaire, prévue ce lundi 10 mai, a été reportée. Cette date coïncide également avec « la Journée de Jérusalem », qui relate la reprise de la ville sainte aux mains des armées arabes suite à la guerre des Six jours de 1967.

Source : Vatican News

Photo : ©️ Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org



 


Jérusalem : « Une conjonction dramatique de plusieurs éléments »

 

1er juin 2021 par LdS

Le père dominicain Jean-Jacques Pérennès, directeur de l’École biblique de Jérusalem, revient sur le climat de tension extrême et les violences qui secouent ces jours-ci la Ville sainte.

Depuis plusieurs jours, Jérusalem est le théâtre d’une nouvelle flambée de violence. Ce lundi, de nouveaux affrontements ont éclaté sur l’esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’islam entre des Palestiniens et la police israéliennes. L’une des causes de ces tensions est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, menacées d’expulsion au profit de colons juifs. Ceux-ci estiment qu’une loi leur permet d’habiter dans cette partie palestinienne de la ville sainte. Un enjeu symbolique et démographique sur lequel jouent depuis des années les associations de colons et associations d’extrême droite. Une audience de la Cour suprême israélienne dans cette affaire prévue ce lundi 10 mai a été reportée.

Pour le père dominicain Jean-Jacques Pérennès, directeur de l’École biblique de Jérusalem, cette nouvelle flambée de violence est une source de tristesse. Située dans la vieille ville, cette prestigieuse institution « est aux premières loges, on entend les tirs de grenades assourdissantes », raconte-t-il. Le religieux a dû interdire à ses étudiants de descendre dans la rue, en raison de la tension extrême qui y règne : « Il n’y a pas eu ce niveau de violence depuis assez longtemps ».

Des tensions qui pourraient durer

Le père Pérennès évoque un « cocktail explosif » de raisons qui ont conduit à ces nouveaux affrontements. Outre la question des expulsions des familles palestiniennes, s’ajoute aussi le calendrier : ce lundi marque en effet pour les juifs les plus religieux « la Journée de Jérusalem », qui relate la reprise de la ville sainte aux mains des armées arabes suite à la guerre des 6 jours de 1967. S’ajoute à cela la période du mois saint de ramadan pour les musulmans.

Selon le père Pérennès, ce climat de tension extrême pourrait durer encore quelques jours, tant rien ne semble fait pour calmer les esprits. À ce titre, le dominicain regrette que la communauté internationale n’ait pas suffisamment pris position sur la question de l’expropriation des familles palestiniennes, qui a attisé les tensions, soulignant qu’il est important de faire respecter le droit international.

Si les affrontements aux abords de la mosquée Al Aqsa ont cessé à la mi-journée, le climat reste toujours très tendu. Une « marche de Jérusalem » à laquelle devront participer des milliers d’Israéliens est en effet prévue en soirée dans la Vieille ville quadrillée par les policiers qui ont demandé aux Palestiniens de ne pas sortir de chez eux pour éviter des violences. Une manifestation à laquelle doivent participer des colons et des juifs d’extrême droite et qui n’a pas été interdite malgré les risques de débordement, regrette le père Pérennès.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel - Cité du Vatican

Source : Vatican News

Photo : ©️ Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org



 


La violence est “une blessure à l’âme” de Jérusalem

 

1er juin 2021 par LdS

Dimanche, l’archevêque latin de Jérusalem a réagi à l’embrasement de la Ville sainte, qui gagne désormais la bande de Gaza. Jérusalem, cœur des trois religions abrahamiques, doit être respectée dans sa vocation de ville de paix et de fraternité, ouverte à tous les croyants, rappelle Mgr Pizzaballa.

Le Patriarcat latin de Jérusalem s’associe aux sentiments de tristesse et de vive inquiétude exprimés par les chefs d’Églises, et condamne le blocage de l’accès à la mosquée Al-Aqsa ainsi que l’expulsion forcée de plusieurs familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah, qu’il qualifie de « violation inacceptable du plus fondamental des droits humains : celui d’avoir un toit ». « C’est une question de justice pour les habitants de la ville d’avoir le droit de vivre, prier et de travailler, chacun/chacune selon sa propre dignité, dignité accordée à l’humanité par Dieu lui-même. »

La question de Sheikh Jarrah « exacerbe les tensions dans tout Jérusalem, s’alarme le patriarcat. Le problème aujourd’hui ne se résume pas à un conflit immobilier d’ordre privé. C’est d’avantage une action menée par une idéologie extrémiste qui dénie à une personne le droit de vivre dans sa propre maison », souligne-t-il en référence à certains groupes de colons, à qui profitent les expulsions et expropriations de Sheikh Jarrah.

Quant à l’accès à l’Esplanade des Mosquées refusée aux croyants musulmans pendant le mois de Ramadan, le Patriarcat latin de Jérusalem évoque des « démonstrations de force » qui « blessent l’esprit et l’âme de la Ville Sainte, dont la vocation est d’être ouverte et accueillante, un abri pour tous les croyants, égaux en droits et en devoirs ».

Jérusalem appartient à tous les croyants

Les Églises de Jérusalem ont toujours dénoncé fermement toute prétention exclusive sur Jérusalem, rappelant qu’elle est une « ville sacrée pour les trois grandes religions monothéistes », ainsi qu’une cité « où le peuple palestinien, chrétiens et musulmans, ont le même droit de construire un avenir fondé sur la liberté, l’égalité et la paix », conformément aux résolutions onusiennes et au Droit international.

A cet égard, le Patriarcat demande le respect du Status Quo pour tous les Lieux saints, y compris le complexe de la mosquée d’Al-Aqsa. « L’autorité qui contrôle la ville doit protéger le caractère spécifique de la ville de Jérusalem, appelée à être le cœur des religions abrahamiques, un lieu de prières et de rencontres, ouvert à tous et où tous les croyants et citoyens, quelle que soit leur appartenance ou leur religion, se sentiront chez eux et verront leurs droits protégés et garantis », insiste le communiqué, publié dimanche.

« Notre Église a affirmé clairement que la paix réclame la justice. Ainsi, tant que les droits de chacun, Israéliens et Palestiniens, ne seront pas respectés et garantis, il n’y aura pas de justice et donc pas de paix dans cette cité. Il est de notre devoir de ne pas ignorer l’injustice ou toute atteinte à la dignité humaine, quels que soient leurs auteurs », affirme encore le Patriarcat qui conclut en lançant un appel à la communauté internationale, aux Églises et à toutes les personnes de bonne volonté pour « mettre fin à ces provocations et continuer à prier pour la paix à Jérusalem ».

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques de la Lieutenance



 


Israël autorisera l’entrée de groupes de touristes à partir du 23 mai

 

25 mai 2021 par LdS

Lors d’une conférence de presse, la ministre israélienne du tourisme, Orit Farkash Hacohen, a annoncé la réouverture des frontières aux touristes étrangers selon un programme multiforme qui comprend également une campagne de promotion, des mesures incitatives pour encourager les vols vers Eilat et la réorganisation des événements internationaux en Israël.

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« Nous avons choisi Dubaï, Londres et New York pour lancer notre campagne publicitaire. La photo que vous voyez maintenant est une affiche de 175 mètres de long, qui a été installée à Dubaï. Le message est très simple : nous sommes vaccinés et vous êtes vaccinés. Planifiez votre voyage, bienvenue en Israël. »

Des affiches sont également apparues à Piccadilly Square à Londres et à Times Square à New York, avec le slogan :
2020, Holy Moses
2021 Come to the Holy Land

La ministre Hacohen a ajouté :

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« Il y a deux semaines, les États-Unis ont dépassé le seuil de 50 % de vaccination. Les vaccinations se poursuivent à un rythme élevé, avec des millions de vaccinations par jour, comme en Grande-Bretagne. »

Le ministère du tourisme a souligné que les frontières ne seront ouvertes dans un premier temps qu’aux 20 premiers groupes de touristes organisés, afin que les fonctionnaires israéliens puissent les suivre pendant leur séjour dans le pays. Un plus grand nombre de groupes sera autorisé à la mi-juin, tandis que le tourisme individuel pourrait reprendre à partir de juillet.

Quant à la liste des pays à partir desquels les entrées seront autorisées, la ministre Hacohen a indiqué que les agents de voyage seront informés prochainement.

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« Les agents de voyage devront présenter un document confirmant la sécurité du groupe, à savoir que tout le monde a été vacciné, ainsi que le fait qu’ils doivent subir des tests moléculaires et sérologiques à leur entrée en Israël. »

Le ministre a ajouté qu’Israël n’ouvrira ses frontières qu’aux touristes munis de vaccins approuvés par la FDA (Food and Drug Administration) américaine ou l’Union Européenne.

Cette ouverture permettra à un certain nombre de secteurs touchés par la pandémie, notamment le tourisme, de revenir à une situation quasi normale.

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« La fin des restrictions a amélioré la situation, mais tout le monde sait que sans le tourisme, un tiers des hôtels sont encore fermés et des villes comme Nazareth, Haïfa, Jérusalem, Tel Aviv et Netanya ne pourront pas se relever. »

Parmi les événements internationaux que le ministère du tourisme entend organiser figure la course cycliste "Ibrahim Convention Cycling Cup", qui se déroulera à la fois aux Émirats Arabes Unis et en Israël.

ORIT FARKASH HACOHEN

Ministre du Tourisme en Israël

« Il s’agit d’une course cycliste du plus haut niveau, comme le "Tour de France" et le "Tour d’Italie", où les paysages extraordinaires de notre pays seront admirés par des dizaines de millions de personnes : pensez aux cyclistes gravissant le mont Carmel ou se rassemblant autour de la vieille ville de Jérusalem. »

Alors que le ministère israélien du tourisme confirme sa volonté de procéder à ces réouvertures, le ministère de la santé recommande de reporter le programme au mois de juin, notamment en raison de la propagation de la variante indienne.

Source : Christian Media Center

Photo : archives photographiques personnelles lds



 


En prière pour les bienfaiteurs de la Terre Sainte et pour le monde entier

 

25 mai 2021 par LdS

Alors que l’esprit de la Résurrection souffle encore sur la Ville Sainte, Fr. Francesco Patton, Custode de Terre Sainte, a présidé en ce mardi de la troisième semaine de Pâques, une messe dans le Lieu le plus saint de toute la chrétienté, le Saint-Sépulcre, ce lieu où Jésus, par sa mort et sa résurrection, a vaincu le péché et la mort.

La Sainte Messe a été célébrée à l’intérieur de l’édicule du Saint-Sépulcre, dans la chapelle de l’ange, à l’endroit où, selon le récit de l’évangéliste Matthieu, « l’ange était assis sur la pierre qui fermait le tombeau et apparut aux femmes pour leur annoncer la Résurrection ».

Le Custode a rappelé comment : « dans cette basilique du Saint-Sépulcre, les franciscains gardent le lieu physique de la réconciliation entre Dieu et les hommes ». Il a ensuite commenté les deux enseignements fondamentaux des lectures du jour rappelant que : « Jésus est le Pain de vie et donne la vie au monde ». Et que, « le martyre d’Etienne nous aide à comprendre que dans le témoignage du disciple s’actualise le témoignage de Jésus, le Maître ».

La consécration eut lieu juste au-dessus du Tombeau où le corps de Jésus a été déposé. Cette eucharistie était toute particulière car célébrée à l’intention des bienfaiteurs de la Terre Sainte.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Le sens de cette célébration est de prier pour tous les bienfaiteurs de la Terre Sainte. Sans leur soutien, il nous serait impossible de mener à bien cette mission au bénéfice de la communauté locale et des pèlerins, lorsque ceux-ci pourront revenir ici. Nous nous sentons redevables envers tous les bienfaiteurs. Nous ressentons comme un devoir de gratitude que de célébrer ici, en ce Lieu le plus saint de toute la chrétienté, pour ceux qui nous aident et nous soutiennent financièrement. Ils nous permettent de poursuivre la mission que l’Église nous a confiée. »

Le Custode de Terre Sainte et tous les frères franciscains portent aussi dans leur prière les pays qui souffrent encore de la pandémie.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Il est de notre devoir de prier pour l’humanité en souffrance. D’une manière ou d’une autre, ici à Jérusalem, nous pouvons dire que nous entrons dans une phase de rétablissement, de résurrection et de sortie de la pandémie. Mais nous savons qu’il y a des pays qui souffrent encore beaucoup, des pays comme le Brésil et l’Inde qui sont terriblement impactés comme tant d’autres, un peu partout dans le monde. Prier pour les malades ici, sur le Lieu-même de la Résurrection, a une valeur particulière car cela éclaire, par la force de la foi et la vertu de l’espérance, ce chemin que certains pays parcourent encore pour sortir de la pandémie. »

Le Custode a également prié pour le retour des pèlerins et des chrétiens du monde entier.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Cette expérience de prière et de célébration à l’intérieur du Tombeau de Jésus aide les chrétiens du monde entier à comprendre la valeur non seulement de Pâques mais de la célébration eucharistique qui est toujours un mémorial de Pâques. »

Source : Christian Media Center

Photo : archive du Lieutenance



 


Les chrétiens d’Egypte appuient Al-Sissi pour la reconstruction de Gaza

 

25 mai 2021 par LdS

Le président Abdel Fattah Al-Sissi a annoncé l’octroi d’une aide de 500 millions de dollars pour la reconstruction de la bande de Gaza, actuellement au cœur d’une flambée de violences entre l’armée israélienne et le Hamas. Les patriarches et évêques d’Égypte apportent leur plein soutien à cette initiative.

La présidence égyptienne en a fait l’annonce via son compte Facebook : elle allouera une somme de 500 millions de dollars au profit de la reconstruction du territoire palestinien voisin, à laquelle contribueront également des entreprises égyptiennes spécialisées. L’initiative a aussitôt reçu le soutien de l’Église copte orthodoxe qui salue une aide bienvenue et concrète « à nos frères et sœurs palestiniens, dans l’épreuve humanitaire qu’ils traversent ». Tawadros II, le patriarche de cette Église orientale -la plus importante, numériquement, du Moyen-Orient- décrit même cette marque de solidarité comme une « confirmation du rôle historique de l’Égypte en faveur des peuples arabes frères ».

Dans une déclaration publiée au nom du Conseil des patriarches et des évêques catholiques d’Égypte -un organe présidé par le patriarche copte catholique Ibrahim Isaac Sidrak-, les dirigeants des communautés catholiques présentes sur le sol égyptien ont tenu à exprimer leur appréciation de la décision du président Al-Sissi, déplorant l’effusion de sang qui se déroule « dans l’État jumeau de Palestine », et confiant à Dieu la reprise du dialogue et des négociations pour faire taire les armes.

Une assistance humanitaire vitale pour la population de la Bande de Gaza

L’Égypte, par l’intermédiaire de son fonds social “Tahya Misr”, s’apprête à envoyer dans la bande de Gaza un convoi humanitaire composé de plus de cent conteneurs portant l’inscription “nous sommes des partenaires pour l’humanité”. Un compte bancaire a été ouvert dans toutes les banques égyptiennes afin de collecter des fonds pour la reconstruction de Gaza et permettre l’envoi de médicaments à sa population. Les autorités du Caire sont également impliquées sur le front diplomatique pour obtenir un cessez-le-feu des deux parties. « Il n’y a aucun moyen de mettre fin au cercle vicieux de la violence et à la situation instable dans les territoires palestiniens, à part celui d’une solution radicale, juste et globale à la question palestinienne qui conduirait à la création d’un État palestinien », a fait savoir le porte-parole de la présidence.

Mardi 18 mai, après des rencontres et des entretiens entre le président Emmanuel Macron, le président Al-Sissi -qui était en visite à Paris- et le roi Abdallah II, la France, l’Égypte et le Royaume de Jordanie ont déposé une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU appelant à un cessez-le-feu dans le conflit entre Israël et Gaza. Le texte a été bloqué par les États-Unis.

Source : Vatican News

Photo : © Volkskrant



 


L’appel des religieux d’Assise pour la fin des violences en Terre sainte

 

20 mai 2021 par LdS

Plusieurs responsables religieux et civils de la cité de saint François, dont l’évêque Mgr Domenico Sorrentino, ainsi que le gardien de la Basilique de saint François, frère Marco Moroni, se sont adressés dans une lettre au Secrétaire général des Nations unies, au président et Premier ministre israéliens ainsi qu’au président palestinien, afin que la paix règne sur la terre du Christ.

« Tous Frères, la Terre Sainte brûle ! Nous vous en supplions, arrêtez cet enfer » écrivent, en citant le cri du frère Ibrahim Faltas de Jérusalem, l’évêque d’Assise, Mgr Domenico Sorrentino, la maire d’Assise Stefania Proietti, le gardien de la Basilique papale de Saint-François et du Sacré Couvent, frère Marco Moroni, ainsi que le gardien de la basilique de la Portioncule à Sainte-Marie-des-Anges, frère Massimo Travascio.

« Nous vous implorons de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour arrêter ce qui se passe, et que vous vivez aussi personnellement », ajoutent les signataires de la missive.

Assise, jumelée avec Bethléem

À Jérusalem, en Israël, en Palestine, vit une mosaïque de personnes sur un même territoire. Sur cette terre, que des milliards de personnes dans le monde considèrent comme sainte, le sang ne peut continuer à être versé, le sang innocent, le sang des civils et des femmes, le sang des enfants. Cet appel, qui vient d’Assise, ville de sainte Claire et de saint François, qui « a toujours cherché à favoriser le dialogue entre Israël et la Palestine », jumelée avec Bethléem depuis 1989 et d’où le Pape François a signé l’encyclique Fratelli Tutti, le 3 octobre 2020, rappelle l’enseignement laissé par saint François « que nous sommes tous des personnes, nous sommes des êtres humains, nous sommes des frères et des sœurs » ; et qu’en « Israël et en Palestine, à Jérusalem et dans la bande de Gaza, il n’y a que des hommes, des femmes et des enfants, et pour cette seule raison, ils ont tous les mêmes droits. »

« Ils ont tous le droit de vivre, aucun d’entre eux ne peut mourir de la violence aveugle et scandaleuse à laquelle nous assistons (...). Aucun d’entre eux n’est coupable de cicatrices anciennes. Vous devez arrêter le massacre des innocents ! », s’indignent encore les religieux d’Assise.

François, saint de la paix et du dialogue

Les signataires de la lettre ajoutent que « la ville de saint François, le saint de la paix et du dialogue, la ville-message du Pape François, ne peut rester indifférente à tant de souffrances générées par la guerre qui déflagre en Terre Sainte » et que, comme nous le lisons dans Fratelli Tutti, « si nous voulons un authentique développement humain intégral pour tous, nous devons poursuivre sans nous lasser l’engagement d’éviter la guerre entre les nations et entre les peuples ».

Cette lettre demande ainsi au Secrétaire général des Nations unies « d’assurer la primauté incontestée du droit et le recours inlassable à la négociation, et à l’arbitrage, proposés par la Charte des Nations-Unies », et rappelle que « les Nations unies ont un rôle, une tâche précise, une responsabilité devant le monde et devant les civils et ces enfants innocents qui ont perdu la vie et tous ceux qui la risquent en ce moment ».

Un cri pour le salut de la Terre sainte

« En tant que communauté internationale, vous avez le devoir le plus sérieux de faire tous les efforts possibles pour arrêter le feu entre le Hamas et Israël," déclarent Mgr Sorrentino, la maire d’Assise et les gardiens des basiliques franciscaines qui s’adressent également aux présidents Reuven Rivlin, Mahmoud Abbas et au Premier ministre Netanyahu, en espérant un dialogue et une réconciliation.

« Nous vous adressons de toutes nos forces cet appel sincère : faites-vous artisans de la paix ! Nous vous supplions de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour arrêter la violence ! D’Assise, aujourd’hui, s’élève un cri pour le salut de la Terre sainte et de tous ses peuples, au-delà de toute distinction de religion et de culture, qui recueille l’aspiration d’une Ville qui n’est pas la nôtre mais celle du monde, la Ville séraphique du saint du dialogue et de la paix : plus de guerre, seule la paix est sainte ! »

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques personnelles lds



 


Proche-Orient : le Pape dénonce la mort « terrible et inacceptable » d’innocents

 

20 mai 2021 par LdS

A l’issue de la prière du Regina Caeli, depuis la fenêtre du palais apostolique, le Saint-Père est revenu sur le conflit entre Israël et la bande de Gaza. Depuis le 10 mai, 174 palestiniens ont été tués, dont 47 enfants, et dix israéliens, dont un enfant.

« Je suis avec une grande préoccupation qui est en train de survenir en Terre Sainte », a déclaré le Saint-Père d’un ton grave. « Ces jours-ci, de violents affrontements armés entre la bande de Gaza et Israël se sont installés, et ils risquent de dégénérer en une spirale de mort et de destruction ». Depuis lundi dernier, le conflit entre Israël et le mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans l’enclave palestinienne sous blocus israélien depuis plus de 10 ans, a déjà fait 184 morts, dont presque 60 enfants, et des milliers de blessés.

« De nombreuses personnes ont été blessées, et de nombreux innocents sont morts, a continué le Pape. Parmi eux se trouvent des enfants, et c’est terrible et inacceptable. Leur mort est le signe que les gens ne veulent pas construire l’avenir, mais veulent le détruire. ».

Le conflit déborde également dans plusieurs villes mixtes de l’État hébreu, où s’affrontent des juifs extrémistes, les forces de l’ordre et jeunes arabes d’Israël. « La montée de la haine et de la violence qui touche différentes villes d’Israël est une grave blessure à la fraternité et à la coexistence pacifique entre les citoyens, qui sera difficile à guérir si nous ne nous ouvrons pas immédiatement au dialogue. Je me demande : où mèneront la haine et la vengeance ? Pensons-nous vraiment que nous pouvons construire la paix en détruisant l’autre ? », s’est questionné François.

Appel au calme et prière pour les enfants

« Au nom de Dieu "qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à vivre ensemble comme des frères et des sœurs entre eux" (cf. Document sur la fraternité humaine), je lance un appel au calme et, à ceux qui en ont la responsabilité, à cesser le fracas des armes et à emprunter les chemins de la paix, également avec l’aide de la communauté internationale », a ensuite exhorté François, avant d’ajouter prier « sans cesse », « pour qu’Israéliens et Palestiniens trouvent le chemin du dialogue et du pardon, pour être de patients bâtisseurs de paix et de justice, s’ouvrant, pas à pas, à une espérance commune, à une coexistence entre frères. »

« Prions pour les victimes, en particulier les enfants », a conclu le Saint-Père.

Samedi 15 mai, dix Palestiniens, parmi lesquels huit enfants d’une même famille, ont péri dans une frappe israélienne sur un camp de réfugiés de Gaza. Un Israélien a, dans la foulée de la frappe, été tué dans la banlieue de Tel-Aviv dans l’explosion de roquettes tirées par le Hamas. Plus tard dans la même journée, un immeuble de 13 étages qui abritait notamment les équipes de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera et l’agence de presse américaine Associated Press (AP) a été pulvérisé par des frappes israéliennes.

Ces violences sont les plus meurtrières depuis la guerre de l’été 2014, et ce conflit asymétrique ne semble connaitre aucun répit. Une réunion du Conseil de Sécurité des Nations unies est prévue ce dimanche après-midi, et les États-Unis ont envoyé un émissaire sur place pour tenter de mettre en place des pourparlers. De son côté, l’Union européenne a annoncé tenir mardi une réunion de ses ministres des Affaires étrangères.

Dimanche 9 mai, François avait déjà appelé à la fin des violences à Jérusalem.

Source : Marine HenriotCité du Vatican

Photo : NRC



 


Le Pape François appelle à la fin des violences à Jérusalem

 

14 mai 2021 par LdS

S’exprimant après la prière du Regina Cæli de ce dimanche 9 mai, le Saint-Père a fait part de sa préoccupation face aux heurts qui secouent depuis quelques jours la ville de Jérusalem. « Ça suffit avec les affrontements », a-t-il lancé.

« Je suis avec une inquiétude particulière les événements qui se déroulent à Jérusalem », a déclaré le Pape depuis la fenêtre du Palais apostolique, ce dimanche 9 mai 2021. « Je prie pour qu’elle soit un lieu de rencontre et non d’affrontements violents, un lieu de prière et de paix. J’invite chacun à rechercher des solutions communes afin que l’identité multireligieuse et multiculturelle de la Ville Sainte soit respectée et que la fraternité prévale », a-t-il poursuivi, avant de mettre en garde : « la violence n’engendre que la violence. Ça suffit avec les affrontements ».

Flambée de violences depuis une semaine

Un appel lancé alors que de nouveaux heurts se sont déroulés samedi soir entre policiers israéliens et manifestants palestiniens, faisant plus de 90 blessés dans différents quartiers de Jérusalem-Est, comme l’ont annoncé les secouristes du Croissant-Rouge palestinien. Suite à ces violences, une roquette a été tirée depuis la bande de Gaza vers Israël, qui a immédiatement répliqué en bombardant des positions du mouvement islamiste Hamas dans l’enclave palestinienne. Vendredi soir, des accrochages sur l’esplanade des Mosquées avaient fait 205 blessés côté palestinien et 18 dans les rangs de la police israélienne.

À Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis 1967, les tensions sont très vives dans le quartier de Cheikh Jarrah où des manifestations ont lieu tous les soirs depuis une semaine pour protester contre une possible éviction de familles palestiniennes au profit de colons israéliens.

Les derniers affrontements entre policiers israéliens et fidèles sur l’esplanade des Mosquées remontent quant à eux à août 2019. Ils avaient fait des dizaines de blessés palestiniens, le jour d’importantes commémorations juive et musulmane.

Source : Vatican News

Photo : © IPA



 


Une étude confirme l’importance des institutions chrétiennes dans la société palestinienne

 

14 mai 2021 par LdS

Une étude, financée par le Collège des arts et de la culture de l’Université Dar Al-Kalima et la Mission pontificale de Palestine, montre combien les institutions chrétiennes – écoles, hôpitaux- contribuent à structurer la société palestinienne, à laquelle ils apportent une aide inestimable.

Il existe 296 institutions chrétiennes à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza et elles offrent un emploi à pas moins de 9 098 personnes, dont 5 017 chrétiens et 4 081 musulmans. Les données récoltées par l’étude montrent également que 416 millions de dollars sont dépensés chaque année par ces mêmes institutions dans des domaines vitaux tels que les soins médicaux, les services sociaux, la formation professionnelle et l’aide au développement.

Sur les six hôpitaux de Jérusalem, quatre sont affiliés à des Églises et traitent 330 000 personnes par an ; ils fournissent des services de haute qualité, notamment d’hémodialyse et d’oncologie pédiatrique, des opérations cardiaques complexes, des services de santé maternelle, des banques de sang, des soins oculaires et des soins spécifiques pour les personnes handicapées. L’étude, qui a duré cinq mois, visait à explorer la manière dont la présence chrétienne en Terre Sainte se déploie à travers ses diverses organisations opérant dans la région. Malgré la diminution du nombre de chrétiens due à l’émigration, le développement et le travail promu par les institutions chrétiennes ont augmenté, apportant un soutien nécessaire et vital au peuple palestinien, indépendamment des orientations politiques et religieuses.

Une bonne intégration dans le tissu social palestinien

Au cours de la conférence de presse de présentation, le révérend Mitri Al-Raheb, pasteur luthérien, fondateur et président du Collège universitaire des arts et de la culture Dar Al-Kalima, a insisté sur la visibilité des institutions ecclésiastiques, sur leur rôle et leur pleine intégration dans le tissu social palestinien. Joseph Hazboun, directeur régional de la Mission pontificale de Palestine, a affirmé recevoir les résultats de cette étude comme un encouragement à s’investir davantage, en particulier auprès des jeunes.

« Nous apprécions grandement ce qui est fait par les institutions ecclésiastiques chrétiennes en Palestine », a renchéri pour sa part Samer Salameh, sous-secrétaire du ministère palestinien du Travail. Ce rôle « est le résultat de l’enracinement et de l’incarnation de ces Églises dans la société palestinienne et de leur contribution effective à la construction de la patrie ». L’intention est de consolider la relation et le partenariat entre le gouvernement et les institutions chrétiennes en leur qualité d’institutions de la société civile palestinienne qui s’efforcent de fournir des services, a ajouté le sous-secrétaire, qui a exprimé la volonté du gouvernement de faciliter et de soutenir leur travail.

Source : Vatican News Service – TC

Photo : archives photographiques personnelles lds



 


Israël : les condoléances de l’Église catholique après le drame de Lag BaOmer

 

4 mai 2021 par LdS

Les Ordinaires catholiques de Terre Sainte ont envoyé un message au président Reuven Rivlin après la tragique bousculade survenue lors d’un rassemblement sur le mont Meron, (nord) pour la fête juive de Lag BaOmer. 44 personnes y ont perdu la vie.

Israël s’est réveillé en deuil ce vendredi, sous le choc des événements survenus la nuit dernière sur le mont Meron, dans le nord du pays. Des milliers de juifs ultra-orthodoxes y étaient rassemblés pour les célébrations de Lag BaOmer et de l’anniversaire de la mort du célèbre rabbin Shimon Bar Yohai.

Mais ce premier grand rassemblement depuis des mois de pandémie a viré au cauchemar, lorsqu’une bousculade géante -dont on ignore les causes- s’est déclenchée ; au moins 44 personnes sont mortes piétinées. Dans leur message, les Ordinaires catholiques de Terre Sainte présentent leurs condoléances au président Rivlin, ainsi qu’aux familles des victimes, assurant les dizaines de blessés de leur prière.

« C’est l’une des plus graves catastrophes de l’histoire d’Israël », a affirmé pour sa part le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui s’est rendu sur les lieux du drame, précisant qu’ « une grande partie de ceux qui ont péri n’avaient pas encore été identifiés ». Un témoin présent au moment des faits raconte : « cela s’est passé en une fraction de seconde ; les gens sont tombés, se piétinant les uns les autres. C’était un désastre… Personne n’imaginait que cela pouvait arriver ici, les réjouissances sont devenues des deuils, une grande lumière est devenue une profonde obscurité ».

Le ministre de la Sécurité intérieure a demandé une enquête indépendante sur cette catastrophe. Car la colère gronde chez certains : pourquoi les autorités ont-elles permis à plus de 100 000 personnes de se rendre sur le site alors qu’une permission pour seulement 10 000 pèlerins avait été octroyée ?

Un jour de deuil national a été proclamé en Israël, ce dimanche. Au-delà de la communauté juive orthodoxe, c’est tout le pays qui est frappé par ce drame. Des centaines d’Israéliens ont d’ailleurs donné leur sang ce vendredi matin dans plusieurs villes de l’État hébreu, comme à Tel Aviv, en signe de solidarité nationale.

Source : Vatican News



 


Homélie du Patriarche Pierbattista Pizzaballa pour Pâques 2021

 

7 avril 2021 par LdS

Le dimanche 4 avril, Mgr Pierbattista Pizzaballa a prononcé l’homélie ci-dessous à l’occasion de la célébration de Pâques à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

"Nous voici à nouveau réunis pour conclure cette semaine de prière et de célébration. Une fois de plus, nous sommes venus ici au tombeau pour proclamer avec force et joie que le Christ est ressuscité, que la mort n’a plus de pouvoir sur lui et sur chacun de nous."

Chers frères et sœurs,

Le Christ est ressuscité, alléluia !

Nous voici à nouveau réunis pour conclure cette semaine de prière et de célébration. Une fois de plus, nous sommes venus ici au tombeau pour proclamer avec force et joie que le Christ est ressuscité, que la mort n’a plus de pouvoir sur lui et sur chacun de nous.

La célébration a commencé par le chant de l’antienne : "Je suis ressuscité et je suis toujours avec toi, alléluia". C’est le cri de joie de l’Église après les jours de douleur et de souffrance de la passion, de la mort et de la sépulture du Seigneur. Ces mots, tirés du psaume 139, sont placés sur les lèvres de Jésus, qui est sorti glorieux de ce tombeau après que le Père l’ait ressuscité des morts. Mais ce sont aussi des paroles qui peuvent être répétées par chacun d’entre nous réunis dans ce lieu très saint, parce que dans le Christ ressuscité nous renaissons du péché et de la mort à la grâce et à la vie, et parce que nous savons que le Christ est ressuscité des morts et qu’il ne mourra plus jamais. La mort n’a plus de pouvoir sur lui (Rm 6, 9). En ce jour créé par le Seigneur (Ps 118, 24), premier jour de la semaine, nous sommes réunis pour témoigner de l’événement de la Résurrection et pour proclamer que le Christ ressuscité restera toujours avec nous.

L’Évangile de Pâques est rempli de verbes significatifs, mais un seul l’emporte sur tous : voir. Il s’agit de voir à Pâques... Marie a vu la pierre renversée (20 :1), Pierre a vu les linges (20 :5), Jean a vu le tombeau vide…. (20 :4). Ils ne trouvent pas le corps, mais ils voient…. Et la vision s’approfondit de plus en plus jusqu’à ce qu’ils s’écrient : "Nous avons vu le Seigneur !" (20,25).

"Et il vit et crut…" (20,8). Il a cru : croire est une manière de voir profondément, de reconnaître que l’absence du corps de Jésus ne parle pas d’un vol, mais d’une vie nouvelle qui s’est produite ; il voit un vide, et il croit que ce vide est en fait une plénitude.
Et c’est ce que chacun de nous est appelé à faire aujourd’hui : entrer dans les lieux de la mort, et se tenir là, au bord du tombeau, pour voir et croire que si la mort continue à faire peur, en réalité elle n’a plus de pouvoir.

Nous sommes des personnes appelées à demeurer sur le seuil du tombeau, comme pour garder ouverte une frontière, un passage, pour vivre continuellement ce mouvement de la mort à la vie.

Voir que les signes de la mort sont encore présents, en nous et hors de nous, mais croire en cette grande et absolue nouveauté, d’un "plus fort" venu au monde pour vaincre cet ennemi que l’homme, seul, n’aurait jamais pu affronter.

Ici, je crois que Pâques, c’est cela, avant tout cela : non pas des corps retrouvés mais des yeux qui s’ouvrent... Pâques est un regard plus qu’une découverte, c’est un nouveau regard plus qu’une découverte des choses d’avant, des choses de toujours.

Au cours de l’année écoulée, dans une grande partie du monde, nous avons surtout compté les fléaux, les malades, les morts et, probablement, nous sommes tous un peu comme Marie de Magdala : tentés de revenir en arrière, de retrouver les corps que nous avons perdus, les occasions manquées, les fêtes reportées, la vie qui semblait nous échapper. Nous rêvons tous d’un retour à la normalité, mais cela peut ressembler à la recherche d’un cadavre, d’un monde et d’une vie malade, marquée par la mort.

En ce lieu, ici même, au contraire ; la voix mystérieuse du Ressuscité résonne, guidant notre recherche et rouvrant nos yeux, les rendant capables de voir dans le vide. Et ainsi, nous qui voudrions retrouver ce que nous avons perdu, nous nous redécouvrons capables de voir la grande nouveauté de la Pâque, si nous écoutons cette Voix, qui nous parle d’un avenir inconnu mais possible, qui nous renvoie non pas en arrière, mais vers le Père et vers nos frères (cf. Mt 28,10), qui nous pousse à partir et à ne pas revenir.

Pâques, c’est parier sur l’impossible de Dieu plutôt que sur le possible des hommes. Pâques, c’est voir le vide, regarder les signes de la passion et y voir les prémisses et la promesse d’une Vie nouvelle et extraordinaire, non pas parce que nous sommes des rêveurs mais parce que nous croyons en Dieu, Seigneur de l’impossible.

Je crois que ce monde fatigué, blessé, épuisé par la pandémie et par tant de situations de peur, de mort et de douleur, usé par trop de recherches vaines, qui trouve de moins en moins ce qu’il cherche, a de plus en plus besoin d’une Église aux yeux ouverts, au regard de Pâques, qui sait discerner les traces de la Vie même parmi les signes de la mort. Ici, avec le Christ, l’Église peut et doit se lever, l’Eglise appelée par son nom par le Seigneur, qui court annoncer avec joie qu’elle a vu le Seigneur dans les nombreux visages et dans les nombreuses histoires de beauté, de bonté et de sainteté qui ont consolé et réconforté son chemin.

À partir de Pâques, l’Église peut et doit se renouveler , humblement fière de la victoire de son Seigneur, oser proposer à tous la joie de l’Évangile, pour redessiner un monde et de nouvelles relations de justice et de fraternité. Le Christ n’est pas un cadavre, sa parole n’est pas une lettre morte, son royaume n’est pas un rêve brisé, son commandement n’est pas périmé : il est la vie, notre vie, la vie de l’Église et du monde. Il est la vérité, notre vérité, la vérité de l’Église souvent écartée par les puissants, mais la pierre angulaire de tout édifice qui veut défier les tempêtes. Il est le chemin, notre chemin, le chemin de l’Église, qui passe certes par le calvaire mais arrive infailliblement à la plénitude de la joie. Avec toute l’Église, nous voulons vivre cette Vie, proclamer cette vérité, marcher sur ce Chemin. Nous devons avoir le courage d’être des disciples de l’impossible, capables de voir le monde avec un regard racheté par la rencontre avec le Ressuscité, et de croire avec la foi solide de ceux qui ont fait l’expérience de la rencontre avec la Vie. Rien n’est impossible pour ceux qui ont la foi.

C’est ce que j’ai envie de dire à cette Église qui est la nôtre : courage ! Rien n’est impossible, cessons de nous replier sur nos blessures, de chercher les vivants parmi les morts, de regarder notre passé, ce que nous étions, ce que nous avons perdu. Nous n’y trouverons pas le Ressuscité, ce n’est pas notre Pâques !

Nous entendrons résonner dans nos rues la salutation typique de ces jours-ci : le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Qu’il ne s’agisse pas seulement d’une salutation, mais de notre annonce en tant que peuple, en tant qu’Église qui sait témoigner avec conviction et certitude que toute mort, toute douleur, tout labeur, toute larme peut se transformer en vie. Et qu’il y a de l’espoir. Il y a toujours de l’espoir.

Je souhaite donc à chacun de nous, à notre Église et à notre ville de vivre toujours dans la lumière du Ressuscité qui donne la joie et la vie à qui veut la recevoir.
Joyeuses Pâques !

†Pierbattista Pizzaballa
Patriarche latin de Jérusalem

Source : Site Web Patriarchat Latin de Jérusalem

Photo : archives personnelles de Luk De Staercke



 


Le peuple libanais a besoin de la caresse du Pape

 

7 avril 2021 par LdS

La promesse d’une visite au Pays des Cèdres faite par le pape François lors de son vol de retour d’Irak a suscité l’émotion et l’espoir des Libanais, rapporte le père Jad Chlouk, dont la cathédrale Saint-Georges a été détruite en août dernier dans l’explosion du port de Beyrouth. Ce dernier s’inquiète de la fuite des jeunes chrétiens : « C’est une hémorragie qui ne s’arrêtera pas ».

La nouvelle a eu un retentissement impressionnant sur les réseaux sociaux. Un vent d’espérance souffle sur le Liban depuis que le Pape François, à bord de l’avion qui le ramenait lundi 8 mars de son voyage en Irak, a réaffirmé son intention d’effectuer une visite apostolique au Pays du Cèdre, une terre « souffrante et en crise de vie ». Le Saint-Père avait déjà formulé ce vœu le 24 décembre dernier dans une lettre adressée au cardinal Béchara Boutros Raï, patriarche d’Antioche des Maronites, et écrite à l’adresse de tout le peuple libanais.

L’espoir de tout un peuple

Lundi, de nombreuses personnes ont écrit « immédiatement » sur les réseaux sociaux qu’ils attendaient « avec trépidation » le Pape François, a déclaré le père Jad Chlouk, curé de la cathédrale maronite de Saint-Georges à Beyrouth, une église aujourd’hui dévastée. Elle est située à seulement six cents mètres de la puissante explosion qui, le 4 août dernier, a détruit le port de la capitale libanaise.

L’attente, explique le prêtre maronite « n’est pas seulement celle de l’Église hiérarchique mais celle de tout le peuple », « nous avons besoin de pouvoir toucher l’espoir avec nos mains, de pouvoir savoir qu’il y a quelqu’un qui nous soutient ».

« Tout comme le Saint-Père s’est rendu en Irak pour renforcer le peuple et l’encourager à une véritable réconciliation, il entend faire un voyage similaire pour que le Liban puisse également réconcilier ses différences », analyse le curé de la cathédrale Saint-Georges.

Un pays en crise de vie

Le père confirme l’intuition du Pape François selon laquelle le Liban est « en crise de vie », et risque de perdre de nombreuses communautés chrétiennes comme, par exemple, les syriaques, les greco-catholiques, les grecs orthodoxes, les latins.

Le père Jad Chlouk affirme que le Liban subit une forte hémorragie de jeunes chrétiens qui quittent le pays à la recherche d’une situation meilleure, plus stable et plus pacifique. « Chaque semaine, chacun de nous dit au revoir à au moins deux amis. Et c’est difficile pour nous. Mais les personnes de plus de 50 ans fuient également, partant pour recommencer à zéro. Une perte qui ne s’arrête pas mais qui, effectivement, s’accentue de plus en plus ».

Pourtant, dans leur cœur, « ils ne veulent pas quitter le pays, malgré les difficultés économiques, sociales et politiques », assure le prêtre maronite. Dans l’âme des chrétiens libanais, le désespoir se mêle à l’espoir, et la visite du Pape pourra, selon lui, leur donner la force de mener à nouveau leur mission. « C’est ce pourquoi nous l’attendons ».

Source : Vatican News – Federico Piana – Cité du Vatican

Photo : archives photographiques de la Lieutenance



 


Mgr Pizzaballa : s’inspirer des saintes femmes pour annoncer l’espérance de la Résurrection

 

7 avril 2021 par LdS

L’annonce de la Résurrection a déjà retenti dans la Basilique du Saint Sépulcre. Dans l’homélie de la veillée pascale célébrée ce samedi matin, le patriarche latin de Jérusalem est revenu en particulier sur la figure des saintes femmes, premières annonciatrices de la résurrection de Jésus.

En raison du Statu Quo en vigueur dans le Lieu saint, la Vigile pascale est toujours célébrée le matin du Samedi Saint. La célébration a donc eu lieu ce 3 avril 2021 en présence de fidèles, contrairement à l’année dernière. Toujours aucun pèlerin en revanche, à cause des restrictions anti-Covid en vigueur, ni de fidèle de Cisjordanie ou de Gaza.

Dans son homélie, le patriarche latin, qui a présidé la messe, a proposé une réflexion sur les saintes femmes myrrhophores, qui se rendent au tombeau du Christ au matin de Pâques pour oindre son corps d’onguents et de parfums, selon les coutumes funéraires juives. « Elles ont la capacité de supporter leur douleur (…), n’hésitent pas à dépenser de l’argent, à acheter ce qui est nécessaire pour honorer Jésus, non pas un échec, mais un bien-aimé », a souligné l’archevêque. Leur amour pour Lui ne s’est pas éteint avec sa mort, leur lien avec le Maître va au-delà des rêves humains d’un nouveau royaume. Le véritable amour est gratuit, il ne dépend pas des circonstances et ne connaît pas la mort ».

De ces femmes et de leur attitude -elles qui se rendent en hâte pour honorer le Christ-, nous devons apprendre « à dépenser vraiment notre vie pour l’amour du Christ, à regarder la croix comme la mesure de cet amour qui nous a rachetés et ce tombeau vide comme l’annonce de la vie éternelle pour nous tous ».

La Résurrection n’est pas une théorie, elle est une expérience à vivre, a fait remarquer le patriarche latin pour qui il est plus que jamais besoin « de témoins qui montrent les signes du Ressuscité parmi nous, qui annoncent de manière crédible que le monde n’est plus au pouvoir de la mort ». « Les témoins d’aujourd’hui sont ceux qui, malgré l’adversité, la douleur, la solitude, la maladie et l’injustice, passent leur vie à créer des opportunités de justice, d’amour et d’accueil. Ce sont ceux qui savent pardonner, parce qu’ils se sentent déjà pardonnés. Ce sont ceux qui, dans le silence de chaque jour, donnent leur vie pour leurs propres enfants et ceux des autres (..) et qui s’en occupent avec amour et passion, sans se soucier d’eux-mêmes ». Et c’est l’Église qui est le premier témoin, car elle est « le lieu où le Ressuscité nous parle à travers les sacrements et l’annonce de la Parole » ; aussi ne doit-elle pas craindre la solitude et l’incompréhension pour manifester le Ressuscité « avec sérénité, une parole sûre et claire, un témoignage libre et passionné ».

Et d’ajouter que la rencontre avec le Christ ressuscité ne s’effectue pas en restant enfermé dans nos cénacles mais en allant au sépulcre, conscient que le témoignage le plus nécessaire est celui de l’espérance. « Ne nous replions pas sur nous-mêmes et ne nous enfermons pas dans nos peurs. Ne laissons pas la mort et ses sujets nous effrayer (...) La Résurrection est l’annonce d’une nouvelle joie qui fait irruption dans le monde, qui ne peut rester enfermée dans ce Lieu, mais qui, d’ici, doit encore atteindre tout le monde », a conclu Mgr Pizzaballa.

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques de la Lieutenance



 


L’appel du père Patton pour la collecte de Terre Sainte

 

30 mars 2021 par LdS

“Aidez-nous à aider ceux qui sont dans le besoin” : c’est l’appel lancé par le père Francesco Patton, custode de Terre Sainte, dans un message vidéo, en vue de la collecte de Terre Sainte, fixée au Vendredi Saint. La terre du Christ, mise à rude épreuve par la pandémie de Covid et les restrictions qui y sont liées, a plus que jamais besoin de la générosité des fidèles du monde entier.

pour regarder la vidéo, cliquez ici

Ses paroles arrivent ce mercredi, à la veille de la solennité de l’Annonciation du Seigneur, célébrée le 25 mars. Malgré l’urgence sanitaire, le Père Patton rappelle le travail effectué sans relâche par la Custodie pour "continuer à garder les Lieux Saints de notre rédemption et la petite communauté chrétienne qui existe encore et résiste ici. Les prières pour le monde entier ont été « intensifiées au Saint-Sépulcre, à Gethsémani, à Bethléem, à Nazareth et dans les autres sanctuaires," assure-t-il, "tandis que dans les paroisses nous avons continué à nous occuper des chrétiens de langue arabe, hébraïque et grecque, des travailleurs migrants étrangers et des réfugiés".

Une grande attention a également été accordée aux jeunes : à travers les écoles de Terre Sainte, en effet, « environ 10 000 enfants et jeunes ont pu bénéficier d’une bonne éducation ». L’engagement caritatif a également été renforcé pour répondre aux « besoins essentiels des populations éprouvées non seulement par la pandémie, mais aussi par la guerre, par l’absence de soins sociaux et sanitaires ».

Mais tout cela « a un coût », qui chaque année est largement couvert par la collecte du Vendredi saint, rappelle le père Patton. D’où l’invitation adressée à tous les chrétiens : « aidez-nous également cette année, selon vos possibilités, selon la générosité de votre cœur, afin que nous puissions nous aussi aider ceux qui sont dans le besoin ». « Aidez-nous à aider, conclut-il, et que le Seigneur bénisse et récompense chacun d’entre vous ».

La collecte du Vendredi Saint pour la Terre Sainte a été développée, en particulier, sous le pontificat de saint Paul VI, avec l’exhortation apostolique Nobis in Animo sur les besoins de l’Eglise en Terre Sainte, signée le 25 mars 1974. Les fonds collectés servent à la préservation des Lieux Saints, au développement de la minorité chrétienne locale, ainsi qu’à l’assistance aux pèlerins et aux œuvres liturgiques. En 2020, première année de la pandémie, un fonds d’urgence a également été mis en place par la Congrégation pour les Églises orientales, avec la collaboration de diverses agences de la Roaco (Réunion des œuvres d’aide aux Églises orientales). Le financement a ainsi pu atteindre 303 projets dans 24 pays.

Source : Vatican News service – IP
https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-03/appel-custode-patton-collecte-terre-sainte-vendredi-saint.html

Photo : Propre archive de la Lieutenance



 


En Terre Sainte, bilan d’une année de Covid

 

6 mars 2021 par LdS

Sami El-Yousef, administrateur général du Patriarcat latin de Jérusalem, résume et raconte les longs mois de la pandémie : grâce à la générosité sans précédent des deux appels lancés en mai, des milliers de familles ont pu être soutenues. Il confie l’émotion de voir l’aide arriver des quatre coins du monde pour soutenir les frères et sœurs de Terre Sainte.

Tiziana Campisi - Cité du Vatican

C’est l’année des fermetures qui a mis les économies du monde entier à genoux ; les écoles ont été fermées, les frontières et les aéroports fermés ; les souffrances se sont multipliées de façon exponentielle et de nombreux efforts ont été déployés pour atteindre le plus grand nombre possible de personnes qui souffraient de la pandémie. C’est ainsi que Sami El-Yousef, l’administrateur général du Patriarcat latin de Jérusalem, résume l’année de la Covid-19 et les mois passés entre les réunions virtuelles et les célébrations en ligne, mois au cours desquels « les principaux programmes de soutien se sont poursuivis sans interruption et ont augmenté ».

En Terre Sainte, l’aide, la fourniture de médicaments, le soutien à l’éducation, l’assistance sociale, l’aide aux réfugiés et aux migrants et aux communautés marginalisées de Jérusalem-Est ne se sont pas arrêtés. « De plus, grâce à la générosité sans précédent face aux deux appels lancés en mai, nous avons pu soutenir des milliers de familles avec des besoins humanitaires de base et des écoles », explique Sami El-Yousef dans un article publié sur le portail du Patriarcat. « Il a été émouvant de voir l’aide arriver de tous les coins du monde pour soutenir nos frères et sœurs en Terre Sainte ».

Entre douleur et opportunité

Plus de 20 000 élèves fréquentant 44 écoles du Patriarcat latin de Jérusalem en Jordanie, en Palestine et en Israël ont été pris en charge avec dévouement par plus de 1 795 employés qui ont travaillé dur pour s’adapter à l’enseignement à distance et revenir ensuite dans les écoles sous de nouvelles formes. « Malgré de nombreuses déficiences au niveau des infrastructures, le manque d’équipement et de formation adéquate, ils ont fait un effort héroïque pour s’adapter continuellement et être au service de leurs étudiants », ajoute l’administrateur général du Patriarcat latin de Jérusalem.

Les activités pastorales se sont également poursuivies, à différents niveaux et dans le respect des règlements, bien que beaucoup aient été interrompues. Les contacts entre les prêtres et les fidèles ont été maintenus et des initiatives ont été organisées en ligne, y compris la diffusion en continu des messes.

« Il était certainement triste de voir les rues de la vieille ville de Jérusalem se vider pendant la Semaine Sainte et les célébrations de Pâques », a poursuivi Sami El-Yousef . « Maintenant que nous nous préparons pour Noël (...) la procession traditionnelle vers Bethléem, la messe de minuit et toutes les autres célébrations seront probablement limitées. Ce sera l’occasion de se concentrer sur le sens de la naissance de notre Sauveur plutôt que sur l’aspect commercial ou les initiatives communautaires ».

La nomination du patriarche Pizzaballa

Parmi les événements de l’année, Sami El-Yousef rappelle la décision du Pape François de nommer Mgr Pierbattista Pizzaballa patriarche latin de Jérusalem. « Sa nomination garantit que tout le dur labeur des quatre dernières années se poursuivra sans interruption, sans aucun retard », poursuit l’administrateur général, « afin que le Patriarcat latin du futur soit sur une base solide, financièrement et administrativement, pour relever les nombreux défis qui demeurent ». Enfin, Sami El-Yousef exprime sa gratitude aux bienfaiteurs du monde entier, et en particulier à tous ceux qui ont offert leur généreux soutien moral et financier au cours des derniers mois, ce qui a permis au Patriarcat de continuer à aider tant de personnes.

Source : Vatican News

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


Soutien et bénédiction du Pape aux Commissaires de Terre Sainte

 

6 mars 2021 par LdS

Le 14 février, les Commissaires de Terre Sainte ont fêté les 600 ans de leur institution par le Pape Martin V. Dans une lettre publiée ce vendredi, le Pape François estime que leur mission de pont entre les pays du monde et la terre où a vécu Jésus reste d’actualité. Il évoque un service précieux et espère qu’il puisse être toujours davantage une graine de fraternité.

Il y a 600 ans, l’Église reconnaissait officiellement le rôle des Commissaires de Terre Sainte. La bulle His quae pro ecclesiasticarum du Pape Martin V du 14 février 1421 est considérée comme étant leur acte de naissance.

« Après tous ces siècles, la mission des Commissaires est toujours d’actualité : soutenir, promouvoir et renforcer la mission de la Custodie de Terre Sainte en rendant possible un réseau de relations ecclésiales, spirituelles et caritatives qui ont comme point focal la terre où Jésus a vécu. » Dans une lettre manuscrite au Custode de Terre Sainte, fr. Francesco Patton, publiée ce vendredi 12 février, le Pape a réaffirmé son soutien, et bénit « ce précieux service », espérant qu’il deviendra de plus en plus « une graine de fraternité ».

Créés pour soutenir la mission sur la terre de Jésus alors sous domination ottomane depuis la prise d’Acre en 1291, ils ont été initialement confiés par les frères franciscains à quelques laïcs. Leur responsabilité était de « procurer » une aide économique à la Terre Sainte. C’est ainsi qu’est née la figure du Procureur, et plus tard celle de l’Économat, rapporte la Custodie de Terre Sainte.

67 pères commissaires

« L’histoire situe leur naissance dans une période difficile de la vie de la Custodie, dans laquelle un soutien fort à la mission en Terre Sainte était nécessaire », déclare le Frère Marcelo Ariel Cichinelli, responsable Bureau de coordination des Commissaires de Terre Sainte.

Le premier laïc connu à se voir confier par les franciscains les aumônes qu’ils reçoivent est un marchand vénitien du XIVe siècle, Ruggero Contarini. Mais au cours des siècles, les laïcs ont été remplacés par des frères franciscains. Aujourd’hui, les 67 commissaires répartis dans 51 nations sont tous des religieux nommés par leur supérieur territorial, en accord avec le Custode de Terre Sainte.

Au fil des siècles, les Commissariats de Terre Sainte se sont répandus dans le monde entier. La couronne espagnole, par exemple, a été à l’origine de la création des commissaires de Mexico, Lima, Carthagène, Quito et Buenos Aires à la fin du XVIe siècle, peu après ceux de Madrid et de l’actuel Saint-Jacques de Compostelle. Alors que c’est la couronne lusitanienne, après la fondation du Commissariat de Lisbonne, qui a soutenu la création des Commissariats généraux d’Ouro Preto, de Salvador de Bahia et de Rio de Janeiro. Au fil du temps, les économats ont assumé la fonction d’"ambassadeurs" des Lieux Saints, allant même jusqu’à organiser des pèlerinages.

La Custodie remercie Dieu et l’Église pour cette institution

Aujourd’hui, ils représentent des ponts entre la mission de la Terre Sainte et les Églises locales et leur travail est promu, non seulement par l’Ordre franciscain, mais aussi par l’Église elle-même qui les soutient également grâce à la "Collecta pro Locis Sanctis", instituée par le pape Léon XIII le 26 décembre 1887 et qui se tient chaque année le Vendredi saint.

Forte de 600 ans d’histoire, « la Custodie veut célébrer cette institution et dire merci à Dieu et à l’Église pour l’autorisation de cette institution," déclare le Frère Marcelo Ariel Cichinelli. "Nous voulons communiquer au monde que nous ne sommes pas figés dans le passé, mais que cette figure a toujours évolué en suivant les temps et en marchant à ses côtés aussi à travers les congrès des commissaires, dont le dernier ne date que de fin 2018 et le travail continu d’animation ».

Le 15 février, les pères commissaires ont célébré leurs six siècles d’existence. Le Custode de Terre Sainte a célébré une messe près de l’Édicule du Sépulcre à Jérusalem à 6h30, en mémoire de tous les bienfaiteurs et en reconnaissance du travail des Commissaires. À cette occasion, le Custode lisait le message manuscrit du Saint Père et tous les frères ont prié de façon particulière pour le Pape François et son ministère.

Source : Vatican News Service – IP

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


A Jérusalem, un chemin de croix virtuel pour le Carême

 

6 mars 2021 par LdS

« Hic- Sur le chemin de la Croix » : c’est le nom du projet lancé par la Custodie de Terre Sainte en ce temps marqué par la crise sanitaire et les restrictions qui en découlent.

La Terre Sainte demeurant inaccessible aux pèlerins à cause des restrictions liées à la pandémie, ils pourront, grâce à cette initiative, parcourir virtuellement la Via Dolorosa de Jérusalem, et suivre pas à pas le chemin emprunté par le Christ portant sa Croix depuis le lieu de sa flagellation jusqu’à celui de sa crucifixion, explique une note publiée par la Custodie.

Une courte vidéo sera consacrée à chaque station du chemin de croix, avec des images de la Ville sainte où se sont déroulés les épisodes narrés par les Évangiles. Les religieux de la Custodie livreront ensuite une méditation, chacun dans sa langue maternelle et en lien avec les différents sanctuaires de la région. Au total, treize vidéos seront disponibles, une pour chaque station du Chemin de croix, commentées en autant de langues, comme un « témoignage du fait que les frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte constituent une fraternité internationale ».

Les vidéos seront diffusées tous les mardis et vendredis de Carême via les pages Facebook, Twitter et Instagram de la Custodie. Le chemin de croix virtuel se terminera le 30 mars, Mardi Saint, pour faire place aux célébrations du Triduum pascal et de Pâques.

Source : Vatican News Service – IP

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


Entre le roi Abdallah II et Mgr Pizzaballa, un respect mutuel

 

26 janvier 2021 par LdS

Lors de sa visite en cours en Jordanie, le patriarche latin de Jérusalem a célébré la messe à Sweifeih, en banlieue de Amman, et en l’église du Baptême du Christ, sur la rive du Jourdain, pour encourager les fidèles de rite latin, nombreux dans le royaume hachémite. Mgr Pizzaballa s’est également entretenu avec le roi Abdallah II de Jordanie, qui a salué le rôle des Églises de Jérusalem pour « l’harmonie interreligieuse et de la préservation du statu quo » dans la Ville sainte.

« Le Patriarcat latin comme les autres Églises de Jérusalem jouent un rôle important pour l’unité des habitants de la ville, ce qui est la clé du maintien de l’harmonie interreligieuse et de la préservation du statu quo historique et juridique dans la Ville sainte ». C’est ce qu’a déclaré le roi Abdallah II de Jordanie, gardien hachémite des lieux saints chrétiens et islamiques de Jérusalem, lors d’une rencontre en ligne avec le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa, en visite officielle en Jordanie depuis le 7 janvier.

Lors de cet entretien, le Roi Abdallah II a tout d’abord félicité Mgr Pizzaballa pour sa récente nomination en tant que Patriarche, lui souhaitant bonne chance dans son travail. Il a ensuite réitéré son soutien au Conseil des Églises de Jérusalem, qui promeut la modération, préserve les biens, les dotations et les institutions de l’Église et s’engage à sauvegarder la présence chrétienne en Terre Sainte. Le dirigeant du Royaume hachémite a également rappelé les liens profonds de son pays avec le Pape François et le Vatican, les principes partagés de soutien à la paix et à la modération et du rejet de la violence. Il a enfin réaffirmé la responsabilité mondiale de soutenir les réfugiés et les communautés d’accueil dans le monde entier.
Pour sa part, le Patriarche latin de Jérusalem a salué l’engagement du Roi pour la sauvegarde des lieux saints chrétiens à Jérusalem, conformément à la mission qui lui a été confiée au lendemain de la 1ère guerre israélo-arabe. Mgr Pizzaballa a souligné les liens étroits entre le Patriarcat et la Jordanie et a exprimé sa satisfaction pour l’attention portée par le pays aux nécessiteux et aux réfugiés.

La visite de Mgr Pizzaballa en Jordanie s’achèvera le 21 janvier prochain. Il s’agit de sa première visite officiellement dans le Royaume hachémite en tant que 10e Patriarche latin de Jérusalem, qui comprend la Jordanie, la Palestine, la Galilée et Chypre.

Première célébration à Sweifeih

Le jour de son arrivée, le 7 janvier dernier, le nouveau Patriarche latin a célébré la messe en l’église Notre Dame de Nazareth dans le village de Sweifeih, dans la banlieue ouest de Amman. Dans son discours de bienvenue, le vicaire patriarcal latin pour la Jordanie, Mgr William Shomali, a souligné que la Jordanie est la région du diocèse de Jérusalem qui compte le plus grand nombre de fidèles de rite latin, ayant d’ailleurs plus de paroisses, d’écoles et de prêtres que le patriarcat. Mgr Shomali a également évoqué les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur le royaume, notamment sur l’éducation, l’économie et le marché du travail, « la croix est lourde mais si nous la portons bien, elle nous donnera de la force et servira de source de bénédiction pour l’Eglise ». Le patriarche émérite Mgr Fouad Twal, l’évêque auxiliaire émérite de Jérusalem, Mgr Salim Al-Sayegh, et le chargé d’affaires de la nonciature apostolique en Jordanie, Mgr Mauro Lalli ont pris part à la célébration ainsi que plusieurs prêtres, des représentants de diverses institutions éducatives et religieuses et de nombreux fidèles.

Visite sur le site du baptême de Jésus

Le 9 janvier, Mgr Pizzaballa, s’est rendu sur le site du baptême de Jésus, en territoire jordanien, et a été accueilli par le ministre du Tourisme et des Antiquités, Nayef Al-Fayez. Cette année marque le 21e anniversaire du début du pèlerinage chrétien des temps modernes sur le site du baptême de Jésus, a expliqué le directeur du Centre catholique d’études et des médias lors d’une conférence de presse. Rif’at Bader a cependant rappelé que compte tenu de l’urgence du coronavirus, les célébrations ont été autorisées à un nombre limité de personnes.

En temps de pandémie, consolider la prière familiale

Lors de la messe célébrée par Mgr Pizzaballa dans l’église du Baptême, sur la rive du Jourdain, celui-ci a rappelé dans son homélie la signification spirituelle et humaine du baptême de Jésus qui a marqué le début de sa mission publique. Il a ensuite appelé les fidèles à ne pas se décourager face aux difficultés causées par la pandémie et les a exhortés à vivre pleinement chaque jour comme Jésus-Christ. « En ces temps difficiles, nous devons consolider la prière en famille, améliorer nos relations familiales et apprendre ce que l’art de la discipline à la maison exige » a ensuite suggéré le patriarche qui a invité à se demander « chacun selon ses propres circonstances, ce que le Seigneur tout-puissant exige de nous maintenant. En d’autres termes, nous devons aussi grandir en sagesse et en grâce devant Dieu et devant le peuple ». Le patriarche a conclu son homélie en priant pour les malades et pour ceux qui travaillent à préserver la santé des citoyens, sous la direction du roi Abdullah II.
À la fin de la messe, le secrétaire général du Vicariat latin d’Amman, le père Imad Alamat, a exprimé sa reconnaissance pour tous les efforts déployés aux niveaux institutionnel, ecclésiastique, touristique et médiatique pour organiser le pèlerinage sur le site du baptême de Jésus et a remercié tout particulièrement le prince Ghazi Ben Mohammad, président du conseil d’administration du site, et son administration.

La visite de Mgr Pizzaballa se poursuivra par d’autres rencontres avec les autorités politiques, les fidèles et les représentants des Églises fraternelles, les musulmans et les représentants de la société civile.

Source : Vatican News -



 


Déclaration du Patriarchat latin de Jérusalem

 

24 octobre 2020 2020 par LdS

JÉRUSALEM – Depuis la démission du Mgr. Fouad Twal en tant que patriarche latin de Jérusalem à l’été 2016, le patriarcat restait Sede Vacante et Pierbattista Pizzaballa, Custode honoraire de la Terre sainte, a assumé la direction du Patriarcat en tant qu’administrateur apostolique. Aujourd’hui 24 octobre, Sa Sainteté le Pape François a nommé Mgr. Pizzaballa comme nouveau patriarche à Jérusalem. Ci-dessous vous pouvez lire le texte de la communication officielle du Patriarcat latin.

Jérusalem, 24 Octobre 2020

Sa Sainteté le Pape François a annoncé la nomination de l’Archevêque Pierbattista Pizzaballa comme Patriarche latin à Jérusalem après quatre années de service en tant qu’administrateur apostolique.

C’est avec joie et gratitude que la famille du Patriarcat latin à Jérusalem, Amman, Nazareth et Chypre, en particulier les évêques, les vicaires patriarcaux, les prêtres, les diacres, les séminaristes, les religieux et religieuses, les personnes consacrées, le peuple de Dieu de toutes les paroisses ainsi que les employés des institutions diocésaines, félicite le nouveau Patriarche et souhaite à sa Béatitude de réussir dans l’exercice de ses responsabilités exceptionnelles, en particulier dans ces circonstances inhabituelles. Que Sa Béatitude demeure en bonne santé et reçoive la bénédiction divine pour continuer à servir notre Église locale, tout en promouvant la paix, la justice et la réconciliation.

Les vœux peuvent être envoyés à l’adresse électronique suivante : auguri-patriarca chez lpj.org



 


À la Terra Sancta School de Bethléem, on a célébré saint François

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

Le climat de joie et de jubilation pour la fête de saint François d’Assise a dissipé les sentiments de peur et d’isolement que la pandémie du Coronavirus a apporté. À la Terra Sancta School de Bethléem, on a célébré le saint d’Assise, une occasion pour donner un peu d’espérance, de foi et de joie.

Fr. IBRAHIM FALTAS, ofm

Directeur général Terra Sancta School en Terre Sainte

« Je pense que nos enfants vivent aujourd’hui des conditions très difficiles ; ils sont enfermés chez eux à cause de la pandémie et les familles vivent entre peur et anxiété. Ce virus met à genoux tous les dirigeants, à genoux le monde entier, et quels sont ceux qui pensent à l’état psychologique de leurs fils ? »

À la célébration, samedi 3 octobre, ont participé près de 600 des 1 200 élèves, en raison des restrictions imposées dans toutes les écoles de Palestine. La célébration a vu les représentations de pièces lyriques, de poèmes et de passages tirés de la biographie de saint François, en plus de la mise en scène par des élèves de certains moments de la vie de saint François, qui ont mis en lumière ses vertus et sa simplicité.

Fr. IBRAHIM FALTAS, ofm

Directeur général Terra Sancta School en Terre Sainte

« En effet, je suis très heureux parce que tous ont collaboré, même les musulmans : la coexistence fait partie de notre mission. Le message de cette école est que tous vivent ensemble et que les différentes générations se réunissent. Même les élèves musulmans ont fait de nombreuses choses sur saint François et cela m’a étonné et beaucoup réjoui. »

La célébration de la fête de saint François à la Terra Sancta School de Bethléem a une importance particulière, en tant que cette école est considérée comme la plus ancienne du Proche-Orient : sa fondation remonte à 1598. Au cours des siècles, elle a toujours fourni aux pierres vivantes de Terre Sainte tous les services éducatifs fondamentaux pour l’Ordre franciscain, aidant ainsi à diffuser la connaissance et la foi.

Fr. IBRAHIM FALTAS, ofm

Directeur général Terra Sancta School en Terre Sainte

« Les pierres vivantes sont importantes et elles figurent en particulier au cœur de chaque franciscain et de la Custodie de Terre Sainte. C’est pourquoi, nous offrons aux gens de ce pays l’éducation, le logement et le travail, trois choses très importantes pour préserver la présence chrétienne en Terre Sainte. »

Les cœurs des élèves se sont unis dans la joie et dans l’espérance pour le jour de saint François avec la prise de conscience que des difficultés dues à la pandémie du Coronavirus peuvent surgir des germes de salut et un retour à la vie normale.

Fr. IBRAHIM FALTAS, ofm

Directeur général Terra Sancta School en Terre Sainte

« Nous demandons par l’intercession de saint François, que Dieu nous bénisse en ce jour heureux et nous protège de cette pandémie. »

Source : Christian Media Center – Octobre 2020



 


Palestine : l’arrêt des pèlerinages est une catastrophe économique

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

Bethléem – L’industrie du tourisme et des pèlerinages est un des piliers de l’économie palestinienne. Tony Khashram, président de l’association des opérateurs du tourisme en Palestine, explique les conséquences de l’arrêt imposé depuis mars par la fermeture des frontières du fait de la pandémie de Covid-19. La communauté chrétienne est particulièrement affectée.

Le tourisme et les pèlerinages sont à l’arrêt depuis le mois de mars. Quelles sont les conséquences financières pour cette industrie-phare de la Palestine ?

À la fin du mois d’août, les pertes du tourisme en Palestine ont dépassé les 320 millions de dollars. Cet argent ce sont les salaires de tous les acteurs du tourisme. Dans notre réseau, le plus grand rassemblement d’entreprises privées de tourisme, toutes les réservations ont été annulées. Cela veut dire que tous les fournisseurs de services, les hôtels, les transports, les commerces, les restaurants, les guides n’ont plus aucun revenu depuis fin février.

Ces chiffres sont ceux de la Palestine, un pays de moins de six millions d’habitants, où le tourisme est l’un des piliers principaux de l’économie. La crise que nous traversons actuellement est catastrophique. La pire que le tourisme palestinien ait connue de toute son histoire.

Durant les intifada, le tourisme et les pèlerinages avaient déjà été gravement affectés. Pourquoi dites-vous que la crise actuelle est la pire de l’histoire ?

Parce que pendant les années d’intifada le tourisme et le pèlerinage ne se sont pas arrêtés complètement. Au début de l’an 2000 par exemple, lors de la deuxième intifada, il y a eu une chute de presque 90% du tourisme. Mais dans les mois suivants, les groupes ont repris même en petit nombre. Les acteurs du tourisme arrivaient à survivre. L’aéroport était resté ouvert et il y a toujours eu du trafic aérien et des voyageurs.

Avec la crise actuelle, nous avons connu une chute de 100% de l’activité du jour au lendemain, sans reprise jusqu’à maintenant. C’est comme si l’on disait à tous les avocats du pays un bon matin qu’ils doivent arrêter de travailler, ou aux boulangers qu’ils ne peuvent plus du tout faire de pain.

La nouveauté aussi c’est que les intifada ne touchaient que la Terre Sainte. Dans le reste du monde le tourisme continuait, et nous n’avions qu’à raccrocher le mouvement. Cette fois-ci, c’est le monde entier qui s’est arrêté, et il faudra beaucoup plus de temps pour reprendre le rythme, l’habitude même de voyager.

Vous avez déclaré au journal Al-Hayat, en juin dernier, que la crise frappe le tourisme en Palestine dans une période de croissance. Cela a-t-il un impact particulier ?

Le tourisme en Palestine a connu une croissance importante depuis 2017. En 2019 cette croissance était arrivée au sommet. Le secteur a bénéficié d’importants investissements. Des hôtels et des maisons d’accueil ont ouvert dans toutes les régions, comptant des dizaines de milliers de chambres. Beaucoup de gens ont demandé des crédits aux banques à long terme pour y investir, et les banques en ont avancé sans réserve.

La survenue de la crise à ce moment du développement est un coup très dur porté aux investisseurs. Surtout pour ceux qui ont investi dans des projets petits et moyens, comme les maisons d’accueil et les boutiques de souvenirs. À Bethléem par exemple, des centaines de commerçants ont acheté des tonnes de souvenirs, locaux ou importés, destinés aux pèlerins. Certains ont acheté cette marchandise à crédit. Beaucoup de familles ont transformé une partie de leur maison familiale en chambre d’hôtes en s’endettant.

Le pèlerinage est essentiel au soutien de la présence chrétienne en Palestine et il faut appeler à sa reprise dès que possible

Vous parliez de Bethléem, la communauté chrétienne est-elle particulièrement touchée par la crise ?

Autour de 70 % des chrétiens en Palestine travaillent dans le tourisme, à temps plein ou partiellement. La plupart des agences de tourisme sont des entreprises familiales, ainsi que les commerces liés aux pèlerinages. Le pèlerinage soutient vraiment la présence chrétienne en Terre Sainte. Mes deux fils, par exemple, sont adultes et travaillent avec moi dans notre agence. Si le tourisme ne reprend pas assez tôt, ils partiront à l’étranger chercher de nouvelles opportunités. C’est le cas dans beaucoup de familles.

Mais ce qui est encore plus important, c’est que les chrétiens de Palestine sont ceux qui accueillent les pèlerins en tant que chrétiens locaux. Si les chrétiens disparaissent du secteur, les pèlerins ne rencontreront à l’avenir que des églises vides, des pierres mortes.

Que faudrait-il faire, selon vous, pour sauver le tourisme en Palestine ?

Il faut préparer un plan intégral de commercialisation post-crise, pour attirer des touristes du monde entier chez nous, et il faut commencer à construire ce plan dès maintenant. Le secteur privé ne peut pas le faire tout seul. Le gouvernement palestinien doit intervenir et diriger cet effort. Il s’agit de promouvoir le pays comme une destination touristique, et c’est le rôle du secteur public, du ministère du tourisme.

C’est une urgence nationale, car le tourisme est un pilier de l’économie palestinienne. Si nous ne préparons pas l’après-crise dès maintenant, le tourisme qui arrivera quand les frontières rouvriront sera récupéré par les agences israéliennes, qui profitent du contrôle israélien sur le territoire, les Lieux saints et les sites.

Quel rôle peuvent jouer les Églises dans cet effort ?

Les Églises ont la capacité d’encourager les pèlerins à visiter la Terre Sainte, et elles peuvent le faire dès maintenant. Le pape peut lancer un appel au pèlerinage en Terre Sainte dès que possible, et ça aurait un effet au niveau des Églises locales. Les diocèses, principaux organisateurs des pèlerinages, qui ont des liens directs avec les paroisses en Terre Sainte, concentreraient leurs efforts pour relancer le pèlerinage, et cela encouragerait les voyages vers la Palestine. Doucement, cet effet pourra influencer et aider à relancer les autres secteurs du tourisme.

Mais les Églises locales en Terre Sainte peuvent aussi jouer un rôle. Les différents patriarcats, les évêques, la Custodie de Terre Sainte, peuvent encourager les pèlerins à voyager en lançant un appel à venir en soutien aux pierres vivantes que sont les chrétiens de Terre Sainte. Un appel similaire à celui que les Églises ont fait suite à la deuxième intifada.

Quand pensez-vous que le tourisme en Palestine reprendra son cours, et comment ?

Les conditions actuelles, surtout depuis le début de la deuxième vague du virus, indiquent que la fin n’est pas proche. Le tourisme ne reprendra pas sa croissance avant juin 2021. Il faudra jusqu’à septembre, dans le meilleur des cas, pour que le tourisme en Palestine récupère 25% de la force qu’il avait en 2019. Ça serait suffisant pour sauver le secteur, mais il faudra attendre. Nous sommes dans un moment difficile, mais je suis optimiste. Le tourisme ne peut pas mourir.

Source : Terre Sainte.net – 12 octobre 2020



 


Le service social du Patriarcat latin accompagne les personnes fragilisées par la pandémie COVID-19

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

JERUSALEM – Depuis toujours, le Patriarcat Latin de Jérusalem travaille à soutenir les Pierres Vivantes de Terre Sainte, sur le plan spirituel, matériel, humain et social. Les moyens pour remplir cette mission sont aussi divers que : la construction d’églises, d’écoles, de maisons de retraite, la création d’emplois, de fond de médicaments, pour ne citer que les plus courants. Par l’intermédiaire de son service social, le Patriarcat latin s’efforce de servir les membres les plus fragiles du diocèse à Jérusalem, en Palestine, à Gaza et en Jordanie, en leur apportant assistance et soutien.

Le service social

Le service social du Patriarcat latin travaille au développement et à la mise en œuvre de divers projets et programmes qui améliorent l’état psychologique et social des familles et des personnes de Jérusalem, de Cisjordanie, de Gaza et de Jordanie. Divers moyens sont mis en œuvre pour aider, comme une assistance médicale, soit en couvrant les frais d’opérations chirurgicales et d’urgences médicales, soit en fournissant des médicaments. Le bureau offre également des bourses aux étudiants dans le besoin et peut prendre en charge certains impayés. Cette action est menée selon des règles strictes d’intégrité et de transparence, en coordination avec les institutions catholiques et les prêtres de chaque région.

COVID-19 et ses défis

La diffusion de COVID-19 a eu un impact sur la santé et la vie professionnelle de nombreuses personnes. En Terre Sainte, où la population est déjà confrontée à des difficultés économiques, politiques et sociales, la pandémie crée une nouvelle réalité avec la perte de nombreux emplois.

Dans ce contexte, le service social tente d’atténuer cette dure réalité en apportant non seulement une aide médicale et financière, mais aussi un soutien psychologique aux personnes et aux familles de Jérusalem-Est.
Mme Dima Khoury, directrice du service social, s’est entretenue avec le Bureau des médias du Patriarcat à ce sujet :

Dima : « les besoins urgents des familles – réduire rapidement la pression qu’elles subissent en raison du confinement et de la propagation du virus - nous ont amenés à lancer un nouveau projet de soutien psychologique pour tous les chrétiens de Jérusalem-Est, dans lequel Mme Ronda Amer et moi-même organisons des sessions individuelles, de groupe et/ou de couple, où les bénéficiaires parlent des difficultés auxquelles ils sont confrontés, de leurs besoins, de leurs sentiments et des défis qu’ils rencontrent. Certaines sessions ont eu lieu à l’Association St Vincent à Jérusalem, et d’autres ont été faites en ligne.

Il y a un an et demi, le Patriarcat latin, la Custodie de Terre Sainte, avec l’aide du Père Amjad Sabbara de la Paroisse Saint Sauveur de Jérusalem, ont créé le Centre familial. Il vise à développer les compétences humaines des membres de notre communauté pour les conduire à un plus grand développement personnel. Le centre offre également un soutien psychologique et social aux mères de Jérusalem, ainsi qu’un accompagnement spirituel par un prêtre de la paroisse si nécessaire. »

L’église Saint-Sauveur de Jérusalem, un modèle de soutien psychologique

Le père Amjad Sabbara, curé de l’église Saint-Sauveur de Jérusalem, a grandement contribué au succès et à la continuité de ce programme. En coopération avec le Patriarcat latin et le Centre familial, ils ont pu, grâce à leurs efforts, soutenir les Pierres vivantes de Terre Sainte.

Le père Amjad : « Après ma nomination comme curé de la paroisse en septembre 2019, de nombreuses idées et projets ont commencé à se concrétiser afin de développer certaines activités dans la paroisse. Tout d’abord, nous avons commencé par définir notre vision pour le Centre familial. Ainsi, nous avons pu proposer une aide à nos paroissiens, aui ne soient pas seulement donner ou recevoir une aide matérielle ; mais qu’ils trouvent un accompagnement global avec une écoute attentive de leurs difficultés et une assistance adaptée à celles-ci. Enfin, nous avons étudié leur situation financière et élaboré un plan pour les aider.
Ce qui met en évidence l’expérience d’harmonie entre nous, c’est le "Fond d’amour" ! Nous avons créé ce fond pour nous assurer que les familles continuent à recevoir de l’aide. Le principe est le don mensuel de familles que le curé de la paroisse reverse aux personnes dans le besoin. Depuis 5 mois maintenant, 60 familles ont contribué à ce fond.
Quand je vois les sourires sur les visages des paroissiens, je sais que notre travail est un succès. La paix et la "prospérité" se manifestent dans leurs actions qui se reflètent positivement sur leurs relations au sein de leur foyer.
Dans le cadre de notre plan d’action, d’autres activités ont été mises en œuvre, parmi lesquelles aller à la rencontre de nos paroissiens par de courtes visites ou des appels téléphoniques. Cela nous a permis de prendre conscience de leurs besoins et de leurs difficultés, auxquelles nous nous efforçons de répondre de manière adéquate. Sur le plan spirituel, en plus de la retransmission des messes dominicales, nous adressons un message hebdomadaire aux fidèles via les médias sociaux, dans lequel nous abordons leurs préoccupations et transmettons un message de solidarité.
Ce qui distingue le travail pastoral, c’est la création d’un langage commun entre les paroissiens et le curé, pour faire tomber les barrières imaginaires afin que les paroissiens voient le prêtre comme un ami à qui ils peuvent parler ouvertement. Cette relation a permis de traverser cette période difficile en douceur ; notre objectif final n’est pas seulement d’aider, mais d’accompagner. »

Source : Site Web Patriarchat Latin

Par : Rula Shomali / LPJ – 07 10 2020



 


L’archevêque Pizzaballa remercie l’Ordre du Saint-Sépulcre pour son soutien et sa solidarité - 6 octobre 2020

 

14 mai 2021 par LdS

Au cours de ces quatre années de service au diocèse latin de Jérusalem, dans le Patriarcat latin, j’ai pu constater personnellement le rôle des Chevaliers et Dames du Saint-Sépulcre pour cette Église, non seulement dans le cadre des activités éducatives et pastorales, mais en général pour la vie du diocèse dans son ensemble.

Il y a quatre ans, à un moment particulièrement difficile pour le Patriarcat, les Chevaliers et les Dames - par le biais du Grand Magistère - ont montré leur solidarité et leur proximité en encourageant et aussi en soutenant concrètement les processus de révision et de contrôle de la vie administrative du diocèse, qui étaient devenus urgents et nécessaires.

Au cours de ces quatre années, à travers des pèlerinages et des initiatives sur leurs territoires respectifs, les différentes Lieutenances ont nourri leurs liens avec les différentes réalités du Patriarcat latin, non seulement en paroles mais aussi avec des faits concrets.

Tout cela s’est confirmé au cours de cette dernière année marquée par la pandémie COVID-19 et au cours de laquelle le Patriarcat s’est retrouvé face à une nouvelle urgence, tout comme nous avions cru que notre situation s’améliorait. En effet, à la suite des mesures décidées par les différents gouvernements pour faire face à la pandémie, une grande partie de notre population s’est trouvée confrontée à une réduction drastique des salaires et à une situation économique générale encore plus fragile que d’habitude.

Grâce au soutien du Grand Maître avec le Grand Magistère, notre appel aux Chevaliers et aux Dames a eu une réponse qui a dépassé de loin nos attentes et qui nous a donné le souffle nécessaire pour gérer cette urgence avec plus de sérénité. Nous avons tous été étonnés et rendus humbles par la réponse immédiate et son ampleur.

2020 a également été l’année qui, malgré les nombreuses urgences, a néanmoins marqué la fin d’un chemin fatiguant de restructuration et de résolution de situations préexistantes difficiles. L’importante dette que le Patriarcat devait à la fondation Saint-Jean-Baptiste, liée à l’Université de Madaba, a été entièrement remboursée. Cela a permis de réduire de près de 60 % les dettes globales qui pesaient sur l’administration du Patriarcat. Cela a été possible grâce à l’abandon douloureux de certains biens, qui n’étaient cependant pas essentiels pour le Patriarcat. Nous disposons maintenant d’un plan structuré pour conclure bientôt les engagements restants également.

Il reste beaucoup à faire, mais nous sommes maintenant au bout d’un chemin positif pour la vie du diocèse de Jérusalem.

Je tiens à remercier le Grand Maître, tant l’actuel que son prédécesseur, pour leur soutien et leurs encouragements ; à travers eux, nos remerciements s’adressent à tout l’Ordre des Chevaliers et des Dames du Saint-Sépulcre, sans qui tout ce que nous avons accompli jusqu’à présent aurait été impossible.

Merci d’être, pour cette petite mais importante Église, le signe concret et tangible de la Divine Providence !

+ Pierbattista

Source : Custodia Terrae Sanctae

Traduction : P. Albert Évrard



 


Nouvelles de Terre sainte en la fête de Notre-Dame du Rosaire

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

Traditionnellement, la fête de Notre-Dame Reine de Palestine est célébrée le 7 octobre. Mais cette année, il y a une ombre particulièrement grande sur cette fête. Le COVID-19 a réduit la condition de vie déjà difficile des chrétiens de Terre Sainte à une véritable catastrophe. Notre collègue P. Christian Eeckhout nous décrit la situation.

En cette première quinzaine d’octobre, la situation de crise sanitaire politisée est vraiment pénible pour la population résidant en Terre Sainte. Car le confinement de Jérusalem, d’Israël et de la Palestine a été généralisé à cause de la pression du parti religieux juif au sein de la majorité gouvernementale actuelle de l’Etat d’Israël. Une possibilité de retour aux déplacements intérieurs est envisagée pour le 14, sinon le 18 octobre, mais pas avant. Les crèches aussi bien que les écoles ont dû fermer, ce qui met en difficulté les parents qui travaillent. Il y a bien des cours donnés « en ligne » sur internet, mais c’est d’autant plus compliqué que les yeux des enfants fatiguent. Les étudiants qui sont inscrits à l’université de Madaba ne peuvent pas s’y rendre, car le passage des frontières vers la Jordanie, aussi bien que vers l’Egypte, ne leur est pas autorisé. A Bethléem, l’université catholique donne ses cours, heureusement. La basilique de la Nativité, si bien restaurée, y est ouverte, mais le mur de séparation ne permet pas le passage avant le 15 octobre.

Plusieurs directeurs d’agences de voyage, d’imprimeries et même d’hôtels ont dû mettre ‘la clé sous le paillasson’, car les touristes et pèlerins sont empêchés de venir, puisque les visas d’entrée en l’Etat d’Israël ne sont plus accordés. Ceux qui avaient un visa de résident, mais venu à expiration par suite du confinement, ne peuvent toujours pas en recevoir un nouveau. Même si le ministre du tourisme israélien a démissionné pour protester contre cette exagération, le ministère de l’Intérieur ne rend actuellement plus de services à la population. Les agences de voyages les plus optimistes pensent au retour des pèlerins au plus tôt en février 2021 et les plus pessimistes : en juin prochain. « On les attend ! » mais pas pour Noël ! Les réalistes disent qu’à Pâques – début avril 2021 – le Saint-Sépulcre recevra à nouveau des visites et entendra chanter « Alleluia ! » La situation demeure à haut risque, car ceux qui ont quelques réserves vont devoir les utiliser cet automne, mais seront en manque financier certain avant la fin de l’année. Reste l’espérance et la volonté de vivre, avec la prière, toujours la plus forte, pour permettre une créativité innovante et une résilience persévérante. Toute suggestion sera bienvenue ! Que l’Esprit-Saint et Notre-Dame, Reine de Palestine, nous éclairent et nous soutiennent ardemment !

P. Christian op



 


Une bourse d’études pour rester en Terre Sainte

 

1er septembre 2020 2020 par LdS

JERUSALEM - Les conditions de vie particulièrement difficiles en Terre Sainte augmentent la tentation des chrétiens locaux de quitter leur patrie et de tenter leur chance sur un autre continent. Leur avenir sur le terrain dépend ou diminue avec leur niveau d’éducation. L’éducation est la clé de l’avenir et il est donc vital de continuer à offrir une éducation de haute qualité. Mais pour beaucoup, il n’est pas évident de payer les frais de scolarité et pour eux, une bourse d’études est le dernier recours pour éviter de céder à la tentation d’émigrer.

GEORGE HLEIS

« J’ai terminé l’université l’année dernière ... juste là, sur le mont des Oliviers. »

GEORGE HLEIS

« Je m’appelle George, j’ai 23 ans et je vis dans le quartier chrétien de la vieille ville de Jérusalem. »

L’objectif est clair : permettre aux chrétiens locaux d’étudier dans leur propre pays et les dissuader de partir vivre à l’étranger. Parmi les nombreuses façons dont la Custodie de Terre Sainte s’engage auprès de la population chrétienne locale, il y a ces bourses, en particulier celles destinées à financer la carrière universitaire des jeunes.

Fr. RAMZI SIDAWI

ofm Économe de la Custodie de Terre Sainte
« Dans la plupart des cas, ceux qui partent étudier à l’étranger ne reviennent pas ici. Tous nos jeunes veulent désormais étudier à l’université. Ce qui attire le plus les jeunes, ce sont bien sûr les spécialisations mais avant l’accès au marché du travail. »

Au total, ce sont 500 bourses qui sont attribuées chaque année. Elles soutiennent deux programmes différents et couvrent tout ou partie des dépenses scolaires. Le public cible est constitué d’étudiants dont le revenu familial est faible et qui maintiennent de bons résultats scolaires.

Fr. PETER VASK

ofm Custodie de Terre Sainte - Fransciscan Foundation for the Holy Land
« 95% de ces étudiants travaillent maintenant dans les secteurs juridique, médical, comptable et de l’ingénierie. Et quand nous voyons ces jeunes devenir des professionnels et être vraiment reconnaissants à la Custodie franciscaine, nos cœurs sont remplis de joie. »

GEORGE HLEIS

« Il y a beaucoup de jeunes qui n’aiment pas la situation actuelle, ils aimeraient partir à l’étranger pour trouver de meilleures opportunités. J’y ai pensé moi-même mais j’aime être dans le pays où Jésus a vécu. »

Fr. PETER VASKO

ofm Custodie de Terre Sainte - Fransciscan Foundation for the Holy Land
« Il est extrêmement important de comprendre que si nous voulons que les chrétiens restent ici, nous devons leur donner une motivation et des incitations. Et cela passe par la possibilité d’accéder à l’enseignement universitaire. »

Source : Christian Media Center – 14 août 2020



 


Le Pape François accepte la démission de Mgr Boulos Marcuzzo

 

1er septembre 2020 2020 par LdS

JERUSALEM - Le Patriarcat latin de Jérusalem a diffusé sur son site Internet l’annonce du 31 aout dernier de l’acceptation du Pape François de la démission de Mgr. Marcuzzo. Mgr. Giacinto-Boulos Marcuzzo était évêque auxiliaire de Jérusalem.

31 août 2020
Chers évêques, prêtres, religieux et fidèles,
Le Seigneur vous donne la paix !
Comme il a été annoncé le 29 août 2020, le Pape François a accepté la démission de Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo en tant qu’évêque auxiliaire pour le diocèse du Patriarcat latin de Jérusalem.
En premier lieu, nous tenons à remercier Mgr Marcuzzo et à lui exprimer notre gratitude pour son service constant, attentionné et complet à l’égard de notre diocèse, diocèse qu’il a aimé dès son jeune âge et auquel il a donné toute sa vie, y apportant sa contribution positive et précieuse, et soutenant ses activités pastorales ainsi que celles de toutes les autres Eglises catholiques de Terre Sainte.
Compte tenu des circonstances particulières du diocèse, je vous informe que Mgr Marcuzzo restera Vicaire général de celui-ci jusqu’à la nomination du nouveau Patriarche, qui ne devrait pas tarder.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne rentrée pastorale, qui nous réserve autant de défis que la rentrée précédente.
Avec tous mes vœux dans le Christ,
† Pierbattista Pizzaballa
Administrateur Apostoliqu

Par : Patriarcat latin de Jérusalem - Publié le : August 31, 2020



 


Caritas Jérusalem : porte de la miséricorde pour les personnes âgées

 

23 août 2020 2020 par LdS

Ramallah - Ce sont des moments difficiles pour quiconque en a besoin. C’est certainement le cas des vielles personnes dans les territoires palestiniens. En raison de la perte de revenus des touristes et des pèlerins, les travailleurs humanitaires locaux sont à court d’argent. C’est pourquoi des appels à l’aide sont lancés dans toutes les directions afin de ne pas laisser les populations défavorisées à elles-mêmes. Caritas Jérusalem a déjà entendu et bien compris ce cri d’alarme.

VERA SHAHEEN

Ramallah

« Pour les personnes comme moi, qui ne perçoivent pas de revenu, ces repas nous aident beaucoup. Je n’ai pas assez de revenus et je vis dans des circonstances très difficiles. »

Jésus disait : “Parce que j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli.” (Mt. 25, 35) Aujourd’hui, malgré les difficultés économiques qui affligent le monde entier, Caritas Jérusalem continue à incarner les plus hautes significations de l’amour et du don sous toutes ses formes, en prêtant attention aux derniers, les plus marginalisés par la société.

Sr BRIDGET TIGHE

Directrice exécutive Caritas Jérusalem

« Ces dernières années, nous avons institué ce centre pour les personnes âgées à Ramallah. En outre, nous travaillons à Gaza, offrant l’assistance sanitaire, des services sociaux et de nombreux autres services aux pauvres et aux exclus, sans discrimination, qu’ils soient musulmans ou chrétiens. Nous servons les pauvres. Malheureusement, depuis que le coronavirus est apparu, les personnes âgées n’ont plus pu fréquenter notre centre. Ce sont des personnes merveilleuses ; nous avons pensé à la manière dont nous pourrions les aider. Aujourd’hui, comme vous le voyez, nous préparons de la nourriture que nous leur livrerons. »

VERA SHAHEEN

Ramallah

« J’espère que la Caritas continue son travail d’aide aux personnes dans le besoin. J’espère que Dieu leur donne ce qu’ils nous offrent, aux plus pauvres et aux plus démunis. »

Le centre pour personnes âgées "Baytuna" de Ramallah a été créé en 1990. Il aide quelques 85 personnes âgées, hommes et femmes. Caritas Jérusalem s’engage à leur fournir soutien, aide, affection et soins sous toutes ses formes, parce qu’il croit que la sécurité sociale, la dignité et le soutien aux exclus, en particulier aux personnes âgées, est un objectif qui doit être atteint au sein de la société.

GRACE NASSIF

PRO Assistante sociale – Centre pour personnes âgées Baytuna

« Travailler pour un projet comme celui-ci est une grande bénédiction de Dieu. Servir les personnes âgées n’est pas un travail facile. Lorsque je travaille avec eux, je sens que j’ai affaire à ma mère ou à mon père. Le problème des personnes âgées est qu’elles sont privées d’amour et d’affection. Elles en ont désespérément besoin. »

VERA SHAHEEN

Ramallah

« Grace est ma fille. Je l’aime énormément. J’adore aussi "Umm Tawfik" et tous les employés de la Caritas. Ils nous aident beaucoup dans notre vie quotidienne. Que Dieu les aide. »

C’est une maison accueillante que la Caritas Jérusalem met à disposition des personnes âges qui ont passé leur vie à faire des sacrifices. La Caritas a contribué et continue à les soutenir, pour qu’ils ne s’ennuient pas et qu’ils ne se sentent pas seuls, en les aidant dans leur intégration dans différents aspects de leur vie. Mais les véritables anges du centre sont les employés et les bénévoles qui travaillent pour servir ceux qui sont exclus de la société. Leur joie naît d’un service qui ne se limite pas à l’aide aux personnes âgées, mais qui essuie les larmes de la solitude dans leurs yeux.

MIRAL KHOURY

Bénévole de Ramallah

« La chose la plus belle que j’aime dans mon travail ? Quand on leur donne de l’aide ou des repas, ils nous rendent la pareille en priant pour nous. Ils prient toujours Dieu pour qu’il nous protège de tout mal et nous soutienne dans notre vie. C’est la chose la plus belle qu’une personne âgée puisse faire pour moi. »

Source : Christian Media Center – juillet 30, 2020



 


Le projet de Pro Terra Sancta pour garantir de l’eau aux familles de Bethléem dans le besoin

 

23 août 2020 2020 par LdS

BETHLÉEM – La pénurie d’eau durant l’été est l’un des plus grands défis auxquels doit faire face la population palestinienne en général et le gouvernorat de Bethléem en particulier. L’association Pro Terra Sancta soutient les familles les plus pauvres en réparant et en remplaçant les réseaux d’eau locaux, en installant des panneaux solaires et des citernes en collaboration avec les Amis de la Fondation de Terre Sainte.

VINCENZO BELLOMO

Directeur Pro Terra Sancta – Bethléem

« Depuis le début de l’urgence sanitaire, en tant qu’association Pro Terra Sancta, nous nous sommes engagés à rouvrir au plus tôt les projets possibles, et parmi eux, le projet lié à l’urgence de l’eau. En plus de cinq ans, ce projet a donné l’opportunité d’avoir un meilleur accès à l’eau à plus de 90 familles de la région de Bethléem, Beit Jala et Beit Sahour, et pour nous, rouvrir le projet pendant l’urgence a représenté aussi une opportunité d’offrir une occupation. »

HUSSAM WAHAB

Amis de la Fondation de Terre Sainte

« Nous avons de nombreux projets, en particulier avec l’association Pro Terra Sancta. Cette collaboration ne s’est pas développée uniquement au sujet du projet lié à la distribution de l’eau, mais nous avons également rénové quelques maisons ensemble. Nous espérons que cette collaboration continue. À présent, nous sommes sur le toit de la maison d’une des personnes qui ont bénéficié du projet de l’eau. Un projet particulier, qui fournit des citernes à plusieurs familles. »

IRENE LOLUS

Beit Jala

« Nous souffrons beaucoup de l’interruption continue de l’approvisionnement en eau dans cette région. Ici, nous recevons de l’eau tous les 20 ou 25 jours. Ce projet nous aidera à obtenir plus d’eau, et à faire face ainsi aux besoins de nos maisons. Le pays a un besoin urgent de projets comme celui-ci. Merci d’avoir pensé à nous et merci pour ce que vous faites à travers ce projet. »

Le travail de l’association Pro Terra Sancta ne se limite pas au projet lié à l’eau, mais vise également à maintenir la présence chrétienne en Terre Sainte par le biais de projets particuliers qui soutiennent les hôpitaux, les infirmières à domicile pour les personnes âgées et les jeunes ménages.

AMER BANOURA

Beit Sahour

« Je travail à l’hôtel Casa Nova. En ce moment, je ne reçois que la moitié de mon salaire, ce qui n’est pas suffisant pour construire et aménager une maison, parce que cela coûte beaucoup. Sans l’aide de l’association Pro Terra Sancta, je ne sais pas si j’aurais été en mesure d’aménager complètement la maison et de me marier ; j’aurais dû repousser tous mes projets d’une année ou plus. Je les remercie beaucoup pour l’attention qu’ils montrent envers les jeunes ménages et parce qu’ils répondent à leurs besoins urgents de façon qu’ils puissent commencer leur nouvelle vie ensemble. »

En suivant les valeurs chrétiennes, l’Association Pro Terra Sancta désaltère les personnes dans le besoin, éclairée par l’enseignement du Maître qui donne l’eau de la vie. “Celui qui boit de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif”.

Source : Christian Media Center



 


Gaudet Mater Ecclesia : Firas Abedrabbo a été ordonné prêtre

 

28 juin 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BEIT JALA - Le diacre Firas Abedrabbo, bien connu de la Lieutenance de Belgique (et en particulier du Groupe des jeunes) notamment pour avoir été le secrétaire particulier de Mgr Pizzaballa a été ordonné prêtre ce samedi 27 juin 2020 dans son église paroissiale de Beit Jala. (Vidéo de la cérémonie)

Firas est né en Palestine, à Jérusalem, le 14 septembre 1984. Il fait partie d’une ancienne famille latine de Beit Jala.

Il a connu deux périodes distinctes au Séminaire de Beit Jala. Il est entré pour la première fois en 2002, après ses études secondaires. Il y est resté pendant quatre années. Après cela, il a rejoint les moines de l’Abbaye bénédictine de la Dormition, située sur le Mont Sion à Jérusalem, pour vivre avec eux pendant six mois.

Il a choisi de faire une longue pause pendant laquelle il a travaillé pendant un semestre à l’Alliance française de Bethléem avant d’intégrer la faculté de droit de l’université de Birzeit où il a décroché une licence en 2011. Eligible à une bourse du Consulat Général de France à Jérusalem, il a pu partir étudier deux années à Toulouse au terme desquelles il a obtenu un master de droit public.

Revenu en Palestine en 2013, il a travaillé au bureau média du Patriarcat latin pour la partie arabe du site. Pendant ces neuf années d’études et de travail, il indique " ...j’ai toujours ressenti un appel de la part de Dieu, mais je ne me sentais pas encore prêt à y répondre avec totale liberté. C’est après une retraite spirituelle passée au monastère de l’Emmanuel à Bethléem que j’ai pris la décision de rejoindre le séminaire du Patriarcat latin ..."

Ayant terminé sa formation au Séminaire patriarcal, Firas a été ordonné diacre le 15 juin 2018. Il a ensuite été au service de l’administrateur apostolique du Patriarcat latin comme secrétaire particulier.

Il a été ordonné ce samedi 27 juin 2020 dans son église de Beit Jala par Mgr Pizzaballa en la présence de de Sa Béatitude le Patriarche émérite Sabbah et de S. Exc. Mgr Leopoldo Girelli, Nonce Apostolique en Israël et Délégué Apostolique à Jerusalem et en Palestine ainsi que des vicaires généraux du Patriarcat, de prêtres et de très nombreux fidèles (parmi lesquels beaucoup de scouts). En raison des normes sanitaires, seuls des invités pouvaient participer à la joyeuse célébration polyglotte qui a dès lors été retransmise sur YouTube.

Le nouveau prêtre a choisi comme "devise" d’ordination : "S’il me manque l’amour, je ne suis rien (1 Co 13, 1).

La Lieutenance de Belgique le félicite pour son ordination et lui souhaite un ministère très heureux et très fécond !



 


Joyeuse fête de Pâques

 

30 avril 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - La Lieutenance belge de l’Ordre du Saint-Sépulcre vous souhaite une très joyeuse fête de Pâques.
Que la joie de la Résurrection resplendisse sur nos visages et dans notre vie, afin que le monde reconnaisse son unique Sauveur, croie et soit sauvé de la tristesse, du désespoir, de la haine et des divisions.



 


Division entre les patriarcats orthodoxes d’Antioche et de Jérusalem

 

8 juillet 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le monde orthodoxe connaît une nouvelle crise canonique entre patriarcats. Les motifs de la discorde sont de deux ordres : la violation par le Patriarcat de Jérusalem des frontières géographiques du Patriarcat d’Antioche et la création d’un diocèse au Qatar (le dernier découle logiquement du premier). Le Patriarcat d’Antioche fustige également son manque de coopération.

Voici la déclaration du Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche :

Vu que depuis la violation du Patriarcat de Jérusalem des frontières géographiques du Patriarcat d’Antioche et la création d’un diocèse à Qatar confié à un ‘archevêque’, l’Eglise d’Antioche a tenté de trouver une solution au problème dans un esprit de paix et sur une base de coopération et de coordination entre les Eglises Orthodoxes sœurs, afin de parvenir à une issue susceptible de mettre fin à la violation de ses droits, de garantir la pérennité du travail pastoral en cours au Qatar et d’éviter d’ébranler l’unité de l’Orthodoxie ;

Etant donné que l’Eglise d’Antioche a utilisé, depuis cette violation et jusqu’à ce jour, tous les moyens iréniques, y compris les médiations entreprises par le Patriarcat Œcuménique et d’autres Eglises sœurs, ainsi que par le Gouvernement grec, sans parvenir à une solution du problème ;

Etant donné que le Patriarcat de Jérusalem se dérobe dernièrement de l’accord conclu en présence de délégués du Patriarcat Œcuménique et du Ministère grec des Affaires Etrangères, et des promesses faites des primats d’Eglises sœurs qui ont offert leurs bons offices ;

Vu que le dit Patriarcat persiste dans la violation de nos droits et dans sa prétention d’avoir lui-même des droits sur des régions dépendantes canoniquement du Patriarcat d’Antioche, et qu’il refuse toute tentative de résolution du différend ;

En foi de quoi, Vu que toutes les initiatives de conciliation ont abouti à une impasse,

Et que tous ceux qui ont entrepris ces initiatives ont reconnu le droit inaliénable et total du Patriarcat d’Antioche sur ‘l’Arabie’, y compris tous les pays du Golfe arabique, Les Pères du Saint Synode ont pris la Résolution suivante :

  • La rupture de la communion ecclésiastique avec le Patriarcat de Jérusalem et ce jusqu’à nouvel ordre.
  • L’affirmation que toute résolution du différend doit se baser sur l’accord conclu à Athènes en juin 2013.
  • L’insistance de l’Eglise d’Antioche sur le respect du principe d’unanimité lors de toutes les rencontres panorthodoxes, tant en ce qui concerne la présence de toutes les Eglises Orthodoxes sœurs que la prise de décisions.
  • Les dispositions de la présente Résolution sont applicables dès ce jour, et il n’est plus possible à tous les clercs antiochiens de participer à aucun service liturgique présidé par des clercs du Patriarcat de Jérusalem, ou auquel ceux-ci participent.

En effet, le patriarcat d’Antioche constate donc « la rupture de la communion ecclésiastique avec le Patriarcat de Jérusalem et ce jusqu’à nouvel ordre ». De même, il constate également que ses clercs ne peuvent participer « à aucun service liturgique présidé par des clercs du Patriarcat de Jérusalem, ou auquel ceux-ci participent ».

Source : www.orthodoxie.com



 


Investitures 2015 : Homélie du Grand-Prieur

 

15 juin 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BRUXELLES - Voici le texte de l’homélie prononcée par Mgr Jean Kockerols, Grand-Prieur de la Lieutenance de Belgique, ce 13 juin 2015, au cours de la Messe d’investitures.

Homélie pour l’engagement des chevaliers de l’Ordre du S. Sépulcre

Je voudrais reprendre quelques éléments de l’engagement solennel que vous prenez ce jour.

  • Il vous est rappelé que l’engagement de chevalier est présenté comme un idéal de vie. Est-ce encore de notre temps ? Trop souvent l’idéal est dénaturé : ne rêvons pas, soyons réalistes. Vous êtes de doux rêveurs. Non, l’idéal n’est pas opposé à la réalité, ce serait trop faire plaisir à Platon. L’idéal est appelé à imprégner la réalité, à la tirer vers le haut, vers le beau, vers le vrai. Trop peu de gens aujourd’hui ont de l’idéal. Surtout quand on prend de l’âge. Accepter un idéal, ce n’est pas de la naïveté, de la candeur, c’est être audacieux, c’est avec des convictions, c’est rester jeune, au moins d’esprit. Et quand bien même on nous traite des rêveurs, nous répondrons avec John Lennon : you may say I am a dreamer, but I am not the only one  !
  • Quel est cet idéal ? Devenir Chevalier ou dame du Saint-Sépulcre « veut dire à la fois lutter pour le règne du Christ, pour l’extension de l’Église et faire œuvre de charité, avec le même esprit profond de foi et d’amour ». La formule est traditionnelle ; elle mérite d’être décortiquée, pour bien en goûter l’intensité. « Lutter pour le règne du Christ », le faisons-nous ? C’est un combat tant extérieur qu’intérieur. Il ne sert de rien de désirer que d’autres soient chrétiens, si on n’est pas entré dans le combat que le Christ puisse régner en toute chose, et donc en moi. C-à-d qu’il soit premier, soit le guide, soit l’inspirateur. « Lutter pour le règne du Christ » autour de moi, d’accord et donc en premier lieu, en lieu originel : en moi.
  • « Lutter pour l’extension de l’Eglise » : on ne se bat pas longtemps pour une association. On se bat pour une cause, on se bat pour ceux qu’on aime, sauf à être mercenaire. Jésus a bien distingué entre le bon pasteur et le mercenaire. Nous luttons pour et avec l’Eglise que nous aimons. Et nous l’aimons parce qu’elle est le Corps du Christ. Pas un club, pas une association pieuse : l’Eglise, la communauté des appelés et des sauvés. Un peu de tout, à l’instar de ceux qui à Jérusalem reçurent l’Esprit et soudain se mirent à se comprendre et donc à faire corps. « Lutter pour l’extension de l’Eglise » : parce que cette Eglise est mienne et j’en suis une pierre vivante.
  • Et enfin « faire œuvre de charité » : toujours se rappeler que vaine est la foi, si elle ne se manifeste pas par la charité, si elle ne prend pas chair dans mon quotidien. C’est à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres qu’on les reconnaîtra comme chrétiens... Immense défi. Un amour qui n’est possible que parce qu’il est enraciné dans l’amour que Dieu a pour nous. Sans cette source de l’amour de Dieu, rien n’est possible. « Faire œuvre de charité » : parce que je me rends compte, jour après jour, que je suis une « œuvre de charité » de Notre Seigneur.
  • A ma question « devenir Chevalier du Saint-Sépulcre veut dire à la fois lutter pour le règne du Christ, pour l’extension de l’Église et faire œuvre de charité, avec le même esprit profond de foi et d’amour. Êtes-vous prêts à accepter cet idéal pour votre vie ? », vous répondrez : « je suis prêt ». Prêt à accepter cet idéal. Mais aussi prêt et désireux de le mettre en œuvre, de lui donner consistance, réalité.

Tout en restant idéalistes.
Avec audace et conviction.
En luttant pour que le Christ règne en chacun de nous.
En aimant l’Eglise à laquelle le baptême nous a agrégé.
En déployant, par la foi et la charité, l’amour dont nous sommes éternellement aimés.

Amen.

+ Jean Kockerols 13.6.2015



 


Deux sœurs chez les Bédouins

 

9 juin 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Retour sur la visite de l’école maternelle d’un campement bédouin du désert de Judée avec les sœurs comboniennes : une réalité dramatique, souvent oubliée, en marge de la société.

Le rendez-vous était fixé près de la colonie de Maale Adumim, sur la route qui descend de Jérusalem à Jéricho. Sœur Azezet et Sœur Agnès sont venues en jeep, seul moyen pour circuler facilement dans le désert, pour embarquer le petit groupe formé d’Andrea et Lorenzo, tous deux frères de la Famille de la Visitation, d’Henrique Abreu, responsable des projets du Patriarcat Latin et de la nièce de sœur Azezet.

Après Maale Adumim et la colonie de Kedar, il pénètrent dans le désert de Judée près du célèbre mont Mountar, non loin du monastère de Mar Saba, là où le paysage de collines est enchanteur, et où les dunes se marient avec les vieilles pierres, les épines et les jeunes pousses sauvages. Arrivés à destination ils découvrent un amas de tentes, de cabanes, d’enclos pour les moutons : c’est là où habitent les Bédouins. Et c’est là aussi que les sœurs ont ouvert leur école maternelle.

Les familles d’ici sont originaires des sept communautés bédouines qui vivaient sur les collines à l’est de Jérusalem, région désertique dont l’unique richesse consistait en sept fontaines d’eau. C’est là que dans les années soixante, la colonie de Maale Adumim fut construite de façon illégale (derrière la Ligne Verte). Elle compte aujourd’hui plus de 50 000 habitants. Ces sept communautés bédouines furent alors chassées et commencèrent à pérégriner dans les vallées voisines. Aujourd’hui, les communautés sont dispersées sur une dizaine de camps et vivent dans des conditions matérielles, sociales et de travail, très précaires.

Il y a quelques temps, après des années de batailles juridiques, la Cour Suprême a reconnu la gravité de l’usurpation des sept fontaines appartenant à ces communautés. Malgré cette décision en leur faveur, elles restent en marge, des deux colonies qui veulent les chasser toujours plus loin, et de la société palestinienne qui les marginalise rendant leur intégration très difficile.

Il y a cinq ans, les sœurs comboniennes ont décider d’explorer cette réalité. Elles retournèrent habiter dans le village d’Azareyah, dans un appartement proche de la tombe de Lazare que le mur de séparation, terminé il y a quelques années, a séparé de leur couvent de Béthanie, quant à lui resté dans la partie de Jérusalem. Elles collaborent depuis avec les Rabbins pour les Droits de l’Homme et avec l’ONG Vent de Terre en rendant visite aux communautés bédouines les plus isolées.Commença alors un travail de patience avec de nombreuses visites pour se connaître, nouer des amitiés et ainsi découvrir les besoins de ces personnes.

Les sœurs sont depuis devenues des membres à part entière de la famille bédouine. Elles se sont concentrées sur deux aspects primordiaux : la santé et l’éducation. Une clinique mobile liée au Ministère de la Santé palestinien, se rend de village en village pour soigner les malades, vacciner les enfants et suivre les femmes enceintes. Quelques femmes bédouines sont devenues assistantes infirmières et trois d’entre elles ont été engagées par le Ministère de la Santé Palestinien pour travailler dans la clinique régulière basée à Azareyah.

En ce qui concerne l’éducation, les sœurs se sont appuyées sur les femmes des villages. Elles ont assuré la formation de quelques-unes pour en faire des maîtresses d’écoles pour leurs enfants, trois pour chaque école construite. Il y a désormais sept écoles qui accueillent environ 25 enfants chacune dans les villages de Al Muntar, Tabana, Anata, Abu Hindi, Al Jabal, Abu Nawar I et Abu Nawar II et dans lesquelles environ quarante-cinq femmes bédouines sont employées comme maîtresses. Douze nouvelles jeunes filles ont d’ailleurs fini leur formation le 31 mai 2015.

Les écoles permettent d’ouvrir ces femmes et leurs enfants à monde nouveau et inconnu : jeux, formations, cours d’apprentissage, actualités, soins personnels, hygiène, rencontres avec des personnes qualifiées… Et le dénominateur commun de cette spirale positive ce sont les sœurs. Les maitresses sont unanimes pour le dire : “Ces sœurs chrétiennes, nos amies, nous ont sauvé la vie en nous tirant vers le haut. En nous impliquant, elles ont changé notre quotidien et nous leurs en sommes très reconnaissantes !”
La visite s’est terminée par un déjeuner sous la tente du chef du village, celui que sœur Azezet et sœur Agnès appellent affectueusement Abraham, surnom que l’on comprend aisément en voyant sa belle barbe blanche et son sens de l’hospitalité.

A cette « périphérie de la périphérie » de la Terre Sainte, ces personnes victimes d’une injustice constante et cachée ont reçu beaucoup de ces sœurs comboniennes que rien n’arrêtent. Rien ne saurait les faire renoncer. Elles ont tellement de projets en tête pour apporter et améliorer leur aide à ces femmes, qu’elles ont désormais besoin de personnes, de contributions, de bienfaiteurs, et, bien sûr, de l’Eglise.

Photos, vidéos et article de Andres Bergamini pour www.lpj.org



 


Des réfugiés chrétiens irakiens visitent Jerash

 

30 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERASH – Une centaine de réfugiés chrétiens irakiens hébérgés à la paroisse de Madaba (Jordanie) ont eu la joie de visiter la vieille ville de Jerash (antique citée d’Antioche). Il s’agit d’une deuxième initiative du Bureau de Développement des Projets du Patriarcat, après la visite de Petra.

L’excursion d’une journée a permis à plus d’une centaine de chrétiens réfugiés de visiter la ville antique de Jerash en Jordanie : le site des ruines de la cité gréco-romaine de Gerasa, aussi nommée Antioche.

Cette journée est le fruit des initiatives humanitaires destinées aux réfugiés du Patriarcat latin de Jérusalem, qui se propose d’offrir à ces derniers des temps de loisirs, les aidant à revivre et à reprendre courage après ce qu’ils ont vécu en Irak et face l’incertitude de leur avenir. L’initiative a été réalisée notamment grâce au soutien des aides humanitaires du Patriarcat latin et d’un très généreux chrétien de Terre Sainte.

Le Centre Notre Dame de la Paix est également pionnier dans le domaine social et offre aux réfugiés un programme composé de trois cours : anglais, informatique et gymnastique. L’objectif est d’étendre sans plus tarder ce programme aux autres paroisses de la région qui accueillent des réfugiés irakiens, ou qui s’apprêtent à en recevoir.

Source : www.lpj.org



 


Un tronçon de l’aqueduc antique de Jérusalem découvert

 

30 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Un tronçon d’aqueduc antique de Jérusalem a été mis au jour dans le quartier est d’Umm Tuba, près de la colonie d’Har Homa, lors de la pose d’une conduite d’égout.

Un tronçon d’aqueduc antique de Jérusalem a été mis au jour dans le quartier est d’Umm Tuba, près de la colonie d’Har Homa, lors de la pose d’une conduite d’égout.

Selon Yaacov Billig, l’archéologue de l’Autorité des Antiquités d’Israël qui a dirigé des fouilles, cet aqueduc a été construit à l’époque des rois asmonéens, au IIe-Ier siècle avant J.-C. pour alimenter Jérusalem en eau. L’aqueduc part de la source d’Ein Eitam, près des Piscines de Salomon, au sud de Bethléem, et court sur environ 21 kilomètres, en pente très douce. Le segment d’aqueduc a été réenfoui après l’intervention des archéologues.

La suite de la dépêche originale en anglais sur antiquities.org.il



 


Manifestation de protestation des écoles chrétiennes contre les politiques discriminatoires

 

28 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Les écoles chrétiennes d’Israël ont organisé ce 27 mai 2015, une manifestation sans précédent pour dénoncer les politiques discriminatoires dont elles estiment faire l’objet de la part du gouvernement.

Près de 700 enseignants, parents accompagnés de leurs enfants et religieux se sont retrouvés à 11.00 locales le 27 mai sur la place se trouvant devant le palais Lev Ram, siège du Ministère de l’éducation, exposant de grandes pancartes et distribuant des tracts dans lesquels étaient résumées les raisons de cette protestation inédite.

"Il s’agit d’une manifestation pacifique et respectueuse, pour dire que nous voulons être traités comme les autres, tant du point de vue économique que de celui de la liberté d’éducation" indique à l’Agence Fides le Père Abdel Masih Fahim, Directeur du Bureau des écoles chrétiennes.

Les écoles chrétiennes en Israël sont fréquentées par 30.000 élèves dont seule la moitié est chrétienne. La majeure partie d’entre elles étaient actives dès avant la constitution de l’Etat d’Israël. En obtenant d’excellents résultats scolaires, elles forment les élèves selon les valeurs chrétiennes de l’amour du prochain, du pardon et de la tolérance, alimentant au travers de leur travail quotidien une sensibilité ouverte à la coexistence et vaccinée contre tout sectarisme.

Les écoles chrétiennes – peut-on lire dans un communiqué publié à l’occasion de la manifestation – appartiennent à la catégorie des écoles « reconnues mais non publiques » et reçoivent un financement partiel de la part du Ministère. Le reste des coûts est couvert par des frais de scolarité versés par les parents.

Depuis des années, le Ministère de l’éducation tente de réduire le budget des écoles chrétiennes - -45% au cours de ces dix dernières années – et cela a contraint ces écoles à augmenter les frais de scolarité à la charge des familles. La diminution des financements pèse surtout sur les parents de la partie de la population arabe israélienne dont le revenu moyen par famille est inférieur à la moyenne nationale.

Un comité nommé par le Bureau des écoles chrétiennes en Israël a conduit des négociations pendant huit mois avec le Ministère et ce dernier a proposé que les écoles deviennent des écoles publiques. Cette proposition est interprétée par les titulaires des écoles (Eglises, monastères etc.) comme la fin de l’entreprise éducative chrétienne basée sur des valeurs chrétiennes et comme un coup très grave porté à la minorité chrétienne en Terre Sainte. A la lumière de ces faits, les écoles chrétiennes ont interrompu les négociations.

"On tente d’imposer également dans les écoles primaires chrétiennes un système d’enseignement standard déjà adopté dans les écoles hébraïques et dans les écoles arabes gouvernementales – explique à Fides le Père Abdel Masih Fahim – système qui annihilerait la spécificité de leur approche éducative. Les enseignants eux aussi se trouvent pénalisés par rapport à leurs collègues des autres écoles, en ce qui concerne leurs droits de travailleurs".

A la manifestation de Jérusalem, ont également pris part Leurs Excellences NN.SS. William Shomali et Giacinto Boulos Marcuzzo, du Patriarcat latin de Jérusalem.

Source : Agence Fides



 


Pentecôte : "Le fruit par excellence de l’Esprit Saint est la sainteté"

 

25 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – La fête de la Pentecôte, c’est-à-dire de la diffusion de l’Esprit Saint sur la communauté des Apôtres le cinquantième jour après la résurrection de Jésus d’entre les morts a été célébrée ce dimanche 24 mai. A Jérusalem, Mgr William Shomali a présidé une Messe Solennelle dans l’Abbaye de la Dormition, sur le Mont Sion à quelques pas du Cénacle, durant laquelle il a donné le sacrement de la confirmation à trois personnes baptisées.

« Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble ». C’est ainsi que Saint Luc commence le deuxième chapitre du livre des Actes des Apôtres pour décrire l’évènement de la Pentecôte. Cinquante jours après sa victoire sur la mort, et dix jours après son Ascension dans le ciel, le Christ a envoyé, selon sa promesse, l’Esprit Saint, l’Esprit de consolation, qui donne aux croyants et à l’Eglise les dons de la sagesse, du discernement, du conseil, de la force, de la connaissance, de la crainte du Seigneur et de la piété.

La fête de la Pentecôte chrétienne trouve ses origines dans la fête juive de « shavouot », une fête en action de grâce à Dieu pour la récolte du blé, et ensuite pour la Loi donnée à Moise sur le Mont Sinaï. Dans l’Eglise, cette fête est l’occasion pour rendre grâce à Dieu pour le don de l’Esprit Saint répandu sur les apôtres et la Sainte Vierge, sur le Mont Sion, et qui nous habite depuis notre baptême et confirmation.

La tradition veut que le Patriarche Latin, ou son vicaire, préside la Messe à l’Abbaye bénédictine allemande de la Dormition, qui est un des lieux chrétiens les plus proches du Cénacle, où il est interdit de dire la Messe de manière ordinaire depuis l’expulsion des franciscains il y a cinq siècles.

Une Messe solennelle fut présidée cette année par le Vicaire Patriarcal à Jérusalem, Mgr Shomali, qui a donné également le sacrement de confirmation à trois baptisés, dont Mlle Eva Maurer Morio, volontaire au Patriarcat Latin et au Home Notre Dame des douleurs depuis presque un an.

Un grand nombre de fidèles a assisté à la célébration, qui fut un moment calme et recueilli, de communion entre piété et solennité, grâce notamment au chant grégorien qui marque la liturgie bénédictine depuis des siècles.

Dans son homélie, le Vicaire Patriarcal a évoqué les fruits de l’Esprit Saint tout en soulignant : « Le fruit par excellence de l’Esprit Saint est la sainteté, et cette année notre Eglise de Jérusalem a donné deux beaux fruits avec Sainte Marie-Alphonsine Ghattas et Sainte Mariam de Jésus crucifié Baouardy qui ont été canonisées la semaine dernière. Sainte Mariam notamment, a beaucoup à nous enseigner sur la vie dans l’Esprit. Elle n’a cessé de parler, par sa vie et son œuvre, de la docilité à l’Esprit Saint, de Son travail dans les âmes, et en a aussi encouragé la dévotion par une prière ».

Célébrer la Pentecôte sur la Sainte Montagne de Sion est un privilège pour les chrétiens locaux et les chrétiens venus en pèlerinage. La joie pouvait se lire sur les visages de tous les participants, lesquels furent ensuite invités à partager un rafraîchissement dans la cour de l’Abbaye.

Que l’Esprit Saint nous accompagne durant ce nouveau temps liturgique qui commence, le temps « ordinaire », celui de la sagesse chrétienne incarnée dans le quotidien, par la fidélité à la Loi Nouvelle, de Jésus Christ.

Firas Abedrabbo pour www.lopj.org



 


Le Patriarche Twal salue l’accord entre le Saint-Siège et l’Etat de Palestine

 

23 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Depuis la Ville éternelle où il assiste aux festivités liées aux canonisations, le Patriarche latin Twal a salué le contenu de l’accord entre le Siège apostolique et l’Etat de Palestine. Il exprime ses espérances pour la paix et la justice dans la région.

Comme nous l’avons indiqué, la commission bilatérale du Saint-Siège et de l’État de Palestine a finalement conclu ses travaux à l’issue d’une rencontre plénière ce mercredi 13 mai 2015. Le fruit de leur travail, conduit par le Sous-secrétaire pour les Rapports avec les Etats, Mgr Antoine Camilleri et l’ambassadeur palestinien Rawan Sulaiman, ministre adjoint pour les affaires étrangères, sera prochainement présenté aux autorités concernées et une date de signature sera alors définie.

Déjà depuis novembre 2012, suite au vote accordant à la Palestine le statut d’Etat Observateur non membre auprès de l’Organisation des Nations Unies, le Vatican utilise le nom d’ « Etat de Palestine » dans tous ses documents officiels, dans les différents communiqués sur le pays, comme par exemple dans le programme officiel du voyage du pape François en Terre Sainte en mai 2014. Mahmoud Abbas s’est rendu deux fois au Vatican depuis le vote de l’ONU, et a été à chaque fois reçu et officiellement nommé « président de l’Etat de Palestine ». C’est aussi sous ce titre, qu’il a été chaleureusement reçu ce samedi 16 mai par le pape François, avant d’assister le lendemain 17 mai à la canonisation de deux saintes palestiniennes Mariam Baouardy et Marie-Alphonsine Ghattas.

Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem a salué chaleureusement « les progrès accomplis pour faciliter la vie et l’œuvre de l’Eglise en Palestine ». Cet accord, a souligné également le Patriarche, « est aussi un signe d’espérance et une consolation de plus pour le peuple palestinien, une avancée supplémentaire sur le chemin de la justice, et donc de la paix. En dépit des grandes difficultés qui sont les nôtres dans la région, nous ne sommes pas seuls sur la scène internationale. Le Saint-Siège mais aussi le monde entier petit à petit est à nos côtés. Cette annonce qui est arrivée la veille de la canonisation de deux de nos filles de Palestine vient nous encourager à continuer, et à persévérer dans la foi en une paix possible pour tous en dépit des circonstances. Car la paix n’adviendra jamais pour un peuple seul. »

Et le Patriarche d’ajouter : « Nous espérons que, une fois l’accord signé, soit aussi présente la Ligue Arabe et qu’il serve de modèle pour d’autres pays. »

Le Vatican encourage la solution à deux États depuis des décennies, comme en témoignent les discours des papes, les documents officiels et l’accord conjoint sur les questions relatives à la vie quotidienne des communautés chrétiennes en Terre Sainte. Reste à voir si l’accord avec la Palestine annoncé hier aura un impact sur les longues négociations bilatérales entamées entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël qui peinent à avancer.

Si la reconnaissance de l’Etat de Palestine par le Vatican n’est pas un fait nouveau, l’annonce de ce mercredi 13 mai apporte néanmoins des éléments novateurs. L’accord diplomatique et sa prochaine signature représentent une étape supplémentaire importante en ce que le nom d’« État de Palestine » apparaît dans un document clé d’une importance vitale pour les relations entre le Saint-Siège et les Palestiniens. Un document qui touche de nombreux aspects concrets de la vie de l’Église catholique en Palestine. Comme dans tous les accords signés par le Saint-Siège avec d’autres États, a précisé Mgr Antoine Camilleri, à l’Osservatore Romano, il s’agit de « favoriser la vie et l’activité de l’Église catholique ainsi que de sa reconnaissance au niveau juridique afin de rendre plus efficace son service à la société ».

Mgr Camilleri, sans dévoiler l’accord qui n’a pas encore été rendu public, en a présenté les principaux aspects. Le préambule et le premier chapitre du texte portent sur les principes et les normes fondamentales garantissant un cadre pour une collaboration entre les deux parties. « On y exprime, par exemple, notre souhait de voir une solution à la question palestinienne, et au conflit entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre d’une solution à deux États et des résolutions de la communauté internationale ». Suit un deuxième chapitre « très élaboré et détaillé » sur la liberté religieuse et de conscience. Il y a ensuite d’autres chapitres sur différents aspects de la vie et de l’activité de l’Église dans les territoires palestiniens : sa liberté d’action, son personnel, sa juridiction, le statut des lieux de culte, la protection de ses activités sociales et caritatives et le droit de promouvoir ses moyens de communication. Un troisième chapitre est également dédié aux questions fiscales et de propriétés, explique le sous-secrétaire pour les Relations avec les États au quotidien du Saint-Siège. Ce dernier a rappelé « la valeur unique » d’un tel accord qui « traite de la présence de l’Eglise dans le pays où le Christianisme est né ».

Sources : Osservatore Romano & www.lpj.org



 


Le Saint-Siège reconnaît "l’Etat de Palestine"

 

13 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Un accord bilatéral entre le Saint-Siège et la Palestine conclu le 13 mai 2015 au Vatican reconnaît clairement “l’Etat de Palestine“. Discuté depuis une quinzaine d’années, cet accord concerne principalement l’activité de l’Eglise catholique et sa reconnaissance juridique dans les territoires palestiniens. Le Saint-Siège y réaffirme que la résolution du conflit israélo-palestinien passe par la création de deux Etats indépendants.

Après un premier accord en 2000 avec l’OLP, le Saint-Siège a signé un nouvel accord bilatéral cette fois avec « l’État de Palestine », ce mercredi 13 mai. La référence à l’État de Palestine comme il est affirmé dans l’accord est « en continuité » avec la position du Saint-Siège, a expliqué Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les rapports avec les États au Vatican.

Dans un entretien à l’Osservatore Romano, ce chef de la délégation vaticane, qui a négocié l’accord avec les autorités palestiniennes, rappelle que le Saint-Siège avait déjà accueilli favorablement la résolution de l’assemblée générale des Nations unies du 29 novembre 2012 qui reconnaissait à la Palestine un statut d’État observateur non-membre de l’ONU.

« ÉTAT INDÉPENDANT, SOUVERAIN ET DÉMOCRATIQUE »
Le Vatican espère que le nouvel accord « puisse de quelque façon aider les Palestiniens à voir établi et reconnu un État de Palestine indépendant, souverain et démocratique qui vive en paix et sécurité avec Israël et ses voisins », selon les propos de Mgr Camilleri, qui appuie la solution de deux États pour la paix entre Israël et la Palestine.

Cette position est, de fait, celle constante du Saint-Siège, comme le voyage du pape François en Terre sainte il y a un an l’avait encore illustré. Le pape avait brièvement incliné la tête devant le drapeau palestinien avant une entrevue avec le président Mahmoud Abbas, qu’il doit recevoir au Vatican samedi prochain. L’annonce de l’accord survient en effet à l’approche de la canonisation de deux Palestiniennes au cours d’une messe que célébrera le pape dimanche prochain place Saint-Pierre. Il pourrait être signé à cette occasion.

DÉCISION « DÉCEVANTE » POUR ISRAËL
L’établissement de rapports officiels entre le Saint-Siège et la Palestine fait suite aux accords d’Oslo de 1993. L’année suivante, Jean-Paul II nomma un délégué apostolique à Jérusalem et pour la Palestine, qui dispose d’un ambassadeur près le Saint-Siège.

Les relations diplomatiques avec Israël remontent également à 1994. Depuis 1999, un accord économique est en cours de négociation avec Tel-Aviv, que Mgr Camilleri estime « quasi prêt » et qui, selon lui, « peut être bientôt signé » également.

Mais dès ce 13 mai, Israël estime l’accord conclu entre le Saint-Siège et la Palestine comme une décision « décevante », « qui n’encouragera pas les Palestiniens à reprendre le chemin des négociations », selon un communiqué du ministère des affaires étrangères.

« LIBERTÉ RELIGIEUSE ET DE CONSCIENCE »
Sur le fond, l’accord bilatéral conclu avec les autorités palestiniennes donne à l’Église catholique, toujours selon Mgr Camilleri, une « liberté d’action », un statut juridique sur le territoire palestinien et y règle également les questions fiscales et de propriété.

Le Saint-Siège met en avant que cet accord conclu avec un pays à majorité musulmane, de surcroît « terre où est né le christianisme », reconnaît « la liberté religieuse et de conscience, de manière élaborée et détaillée ». Cela peut être « suivi des autres pays à majorité musulmane », espère Mgr Camilleri : « Il montre qu’une telle reconnaissance n’est pas incompatible avec le fait qu’une majorité de la population du pays appartienne à une autre religion ».

Dans l’Union européenne, huit États parmi les Vingt-huit ont à ce jour accordé le statut d’État à la Palestine : la Bulgarie, Chypre, la République tchèque, la Hongrie, Malte, la Pologne, la Roumanie et dernièrement la Suède en 2014. Les pays d’Europe de l’Est avaient procédé à cette reconnaissance avant d’adhérer à l’Union.

Sébastien Maillard (à Rome)
Source :La Croix



 


La Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié (Mariam Baouardi) : sa vie et ses miracles

 

13 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le 17 mai 2015, le Pape François procédera à la canonisation de la Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié. Le site internet du patriarcat latin diffuse un article de Firas Abedrabbo consacré à la vie et aux miracles intervenus à l’intercession de la future sainte. Nous le reproduisons in extenso.

L’Eglise se prépare à célébrer bientôt la canonisation de Mère Marie-Alphonsine Ghattas et de Sœur Marie de Jésus Crucifié (Mariam Baouardi). Elle reconnaît par là l’authenticité de leur expérience spirituelle tout en les présentant comme modèles et intercesseurs pour les fidèles. Comment l’Eglise reconnaît-elle la sainteté de ses fidèles ?

Il y a ici deux « preuves » de la sainteté de ces deux religieuses : d’abord leur vie même (une vie chrétienne vertueuse) et ensuite les grâces particulières que Dieu a répandues aux fidèles vivants, par l’intercession de ces deux filles de Terre Sainte, après leur mort. Ces grâces particulières sont appelés « miracles » par l’Eglise, et sont des cas de guérison subite, non explicables scientifiquement. Retour sur la vie et les miracles de Mariam de Jésus Crucifié. Un article précédent a été consacré à Marie-Alphonsine Ghattas.

Première preuve de la sainteté de Sœur Marie de Jésus Crucifié : son humilité et son attachement à une vie évangélique.

Nous avons parlé dans un précédent article du procès de canonisation. L’Eglise procède à des investigations sur la vie du candidat, pour savoir s’il a vécu les vertus et les commandements du Seigneur dans l’Evangile d’une façon héroïque. On examine donc sa vie, et on écoute les témoignages de ceux qui l’ont connu. Et après avoir reconnu l’œuvre de Dieu dans la vie de Mère Marie Alphonsine, nous voulons admirer Son œuvre dans la vie de Sœur Marie de Jésus Crucifié, elle qui s’estimait être « le petit rien » !
Galilée : l’enfance

Mariam Baouardy est née le 5 janvier 1846, à Ibillin, un petit village de Galilée à mi-chemin entre Nazareth et Haïfa. Ses parents, profondément croyants, portent une lourde épreuve : ils ne parviennent pas à mettre au monde d’enfant qui survive ; l’un après l’autre, douze garçons sont morts tout petits. Dans leur profonde douleur et confiance en Dieu, ils décident alors de faire un pèlerinage à pied à Bethléem pour aller prier à la crèche et demander à la Vierge Marie la grâce d’une fille. Mariam naît neuf mois plus tard. Elle est baptisée et confirmée selon la tradition gréco-catholique de sa famille. L’année suivante, un petit frère, Boulos, vient ajouter à la joie de la famille.

Mais Mariam n’a pas encore 3 ans lorsque son père meurt, puis quelques jours plus tard sa mère, emportée par la douleur. Voyant la mort arriver, son père avait pris Mariam dans ses bras, demandant à
St Joseph d’être désormais son père et de veiller sur elle. A bien des reprises cette prière sera exaucée. Boulos est adopté par une tante maternelle, habitant un village voisin, et Mariam par un oncle paternel, de condition aisée. Quelques années plus tard, celui-ci s’installera à Alexandrie en y emmenant Mariam.

De ses années d’enfance en Galilée, il restera à Mariam tout à la fois l’émerveillement devant la beauté de la Création, la lumière, les paysages où tout lui parle de Dieu (cet émerveillement se reflètera plus tard dans les hymnes jaillis spontanément de son cœur au cours de certaines extases) et le sentiment profond que tout passe. Un petit incident la marque profondément : deux petits oiseaux meurent dans ses mains alors qu’elle entreprend de les laver énergiquement ; elle doit donc les enterrer, tristement, lorsqu’elle entend intérieurement cette parole qui la marquera pour toujours : “Vois, c’est ainsi que tout passe ; mais si tu veux me donner ton cœur, je te resterai toujours.”

Alexandrie : le martyre

1858 : Mariam a 12 ans, elle est depuis quelques années à Alexandrie, quand elle apprend que son oncle veut la marier. Mais elle est décidée à se donner tout entière au Seigneur et refuse. Menaces, humiliations et mauvais traitements ne peuvent entamer sa résolution. Au bout de trois mois, elle va trouver un ancien serviteur de la maison pour tenter de transmettre une lettre à son frère resté en Galilée. En entendant le récit de ses souffrances, le serviteur qui est musulman l’exhorte à quitter les chrétiens et à embrasser sa religion. Mariam refuse. En colère, l’homme tire son cimeterre et lui tranche la gorge, puis abandonne son corps dans une ruelle sombre. Nous sommes le 8 septembre 1858.
C’est alors que le surnaturel va faire irruption dans sa vie. Elle racontera plus tard qu’elle est vraiment morte à ce moment-là, et qu’il lui a semblé entrer au Paradis, voir la Vierge, les saints et ses parents, la glorieuse Trinité… Mais son temps n’est pas encore venu, et elle se réveille dans une grotte, auprès d’une jeune femme qui ressemble à une religieuse habillée en bleu. Durant quatre semaines, celle-ci la soigne, la nourrit, l’instruit. Puis lorsqu’elle est guérie, celle qu’elle présentera plus tard comme la Vierge Marie elle-même, l’emmène dans une église et l’y laisse.
A partir de ce jour, elle va de ville en ville (Alexandrie, Jérusalem, Beyrouth, Marseille…) comme servante, choisissant de préférence des familles pauvres, les aidant, partant dès qu’elle se trouve trop honorée. Mais elle va devenir aussi de façon toute particulière témoin de cet “univers invisible” auquel nous croyons sans le voir, et qu’elle a expérimenté tout au long de sa vie.

Marseille : les Sœurs de Saint Joseph

A Marseille, Mariam est mise en contact avec les Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition. Elle a 19 ans et n’en paraît que 12 ou 13. Elle parle mal le français, est de petite santé après tout ce qu’elle a vécu, mais elle est accueillie comme postulante, et sa joie est grande de pouvoir ainsi se donner au Seigneur. Toujours prête pour les travaux les plus fatigants, elle passe la plus grande partie de son temps à la lessive ou à la cuisine. Mais chaque semaine elle revit la Passion de Jésus, reçoit les stigmates (que, dans sa simplicité elle prend pour une maladie), et toute sorte de grâces extraordinaires commencent à se manifester. Certaines sœurs en sont bien déconcertées, et au bout de 2 ans de noviciat, Mariam n’est pas admise à s’engager dans la congrégation.

Il se trouve alors qu’une sœur de St Joseph, mère Véronique, avait demandé à entrer au Carmel mais devait attendre un peu au couvent de Marseille. En attendant, elle remplaàa la maîtresse des novices malade et fait ainsi la connaissance de Mariam qu’elle comprend et apprécie, si bien qu’elle lui propose de l’emmener au Carmel avec elle.

Pau : le Carmel

Mariam y est reçue avec joie en juin 1867, et y trouvera toujours amour et compréhension au milieu de tout ce qu’elle aura à traverser. Elle prend l’habit le mois suivant et reçoit le nom de Sr Marie de Jésus Crucifié. Elle insiste pour être sœur converse, se sentant toujours plus à l’aise dans le service des autres, et ayant du mal à réciter l’Office divin en raison de son ignorance de la lecture. Sa simplicité, sa générosité lui conquièrent les cœurs. Cette parole, au sortir d’une extase, illustre son comportement : “Où est la charité, Dieu est aussi. Si vous pensez à faire le bien pour votre frère, Dieu pensera à vous. Si vous faites un trou pour votre frère, vous y tomberez ; il sera pour vous. Mais, si vous faites un ciel pour votre frère, il sera pour vous.” Elle n’est pas parfaite pour autant, et se reproche par moments ses vivacités. Don de prophétie, attaques du démon ou extases… parmi toutes les grâces divines dont elle est comblée, il y a la perception très forte de son néant en face de Dieu, et lorsqu’elle parle d’elle-même en s’appelant “le petit rien“, c’est vraiment l’expression profonde de son être. C’est ce qui lui fait pénétrer l’insondable profondeur de la miséricorde divine où elle trouve sa joie et ses délices, sa vie. “L’humilité est heureuse d’être un rien, elle ne s’attache à rien, elle ne se fatigue jamais du rien. Elle est contente, heureuse, partout heureuse, satisfaite de tout… Bienheureux les petits !” Là est la source de son abandon au cœur des grâces les plus étranges comme au cœur des événements humains les plus déconcertants.

En Inde : la fondation du Carmel de Mangalore

A l’issue de 3 ans passés au Carmel de Pau, en 1870, Mariam est envoyée avec un petit groupe pour fonder le premier monastère de carmélites en Inde, à Mangalore. Le voyage en bateau jusque-là est toute une aventure, et trois sœurs meurent avant d’arriver. Malgré tout, on peut inaugurer la vie cloîtrée à la fin de l’année, et au printemps suivant plusieurs sœurs arrivent de France en renfort. Les expériences extraordinaires de Mariam continuent sans l’empêcher pour autant d’affronter les travaux les plus lourds et les troubles toujours liés à une nouvelle fondation dont elle est d’ailleurs vraiment l’âme. Durant ses extases, tantôt on la voit avec un visage rayonnant à la cuisine ou ailleurs ; tantôt elle participe en esprit à ce qui se passe dans l’Église ; tantôt le démon semble prendre possession d’elle, lui faisant vivre de terribles tourments et combats. Elle émet ses vœux au terme de son noviciat le 21 novembre 1871, mais des incompréhensions commencent à naître autour d’elle, mettant en doute l’authenticité de ce qu’elle vit, et les tensions créées dans son entourage finissent par provoquer son renvoi au Carmel de Pau en 1872.

Retour à Pau

Là, Mariam retrouve sa vie simple de converse au milieu de l’affection de ses sœurs, et son âme se dilate. Lors de certaines extases, alors qu’elle est presque illettrée, elle improvise dans l’élan de sa reconnaissance envers Dieu des poésies d’une grande beauté, pleines de fraîcheur et d’un charme tout oriental, où la création entière chante son Créateur ; ou bien, en un clin d’œil, la voici attirée au sommet d’un arbre, sur une branche qui ne supporterait pas même un oiseau, par l’élan de son âme vers le Seigneur… Elle est alors comme un témoin de cet univers transfiguré décrit par le prophète Isaïe (le loup habitera avec l’agneau…), ou par l’auteur de l’Apocalypse (la Femme qui a pour manteau le soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles…)
“Tout le monde dort. Et Dieu, si rempli de bonté, si grand, si digne de louanges, on l’oublie ! Personne ne pense à lui ! Vois, la nature le loue ; le ciel, les étoiles, les arbres, les herbes, tout le loue ; et l’homme, qui connaît ses bienfaits, qui devrait le louer, il dort ! Allons, allons réveiller l’univers !”
Nombreux sont ceux qui viennent chercher auprès d’elle réconfort, conseils, prières, et qui repartent éclairés, fortifiés par sa rencontre.
Peu après son retour de Mangalore, elle commence à parler de la fondation d’un Carmel à Bethléem. Les obstacles sont nombreux, mais se lèvent progressivement, parfois contre toute attente. Une bienfaitrice, Berthe Dartigaux, lui sera toute dévouée. Son confesseur, le Père Estrate, de la congrégation de Bétharram, l’encourage et la soutiendra jusqu’au bout.

Bethléem, Nazareth, Emmaüs, et son entrée au Ciel

Enfin, l’autorisation est donnée par Rome de fonder un Carmel à Bethléem, et le 20 août 1875 un petit groupe de carmélites part pour la Terre Sainte. Le Seigneur lui-même guide Mariam pour le lieu et la construction. Comme elle est seule à parler l’arabe, elle est plus particulièrement chargée de suivre les travaux : “plongée dans le sable et la chaux”, elle s’attire vite la sympathie des ouvriers ; la communauté peut venir habiter le monastère dès le 21 novembre 1876, pendant que les travaux se poursuivent.

Mariam se préoccupe aussi de la fondation d’un Carmel à Nazareth, où elle se rend pour l’acquisition d’un terrain en août 1878. C’est au cours de ce voyage que lui est révélé le lieu d’Emmaüs, qu’elle fait acheter par Berthe Dartigaux pour le Carmel.

De retour à Bethléem, elle reprend la surveillance des travaux sous une chaleur étouffante. En portant à boire aux ouvriers, elle tombe dans un escalier et se brise un bras. La gangrène va s’y installer très rapidement et Mariam meurt en quelques jours, le 26 août 1878, à 32 ans. Elle fut béatifiée le 13 novembre 1983 par saint Jean-Paul II.

Deuxième preuve de la sainteté de Sœur Marie de Jésus Crucifié : deux miracles qui ont eu lieu après sa mort.

Dans l’Eglise catholique, les autorités compétentes exigent que le candidat pour la béatification et ensuite pour la canonisation fassent deux miracles après sa mort.
Par l’intercession de Sœur Marie de Jésus Crucifié, deux miracles ont effectivement eu lieu, l’un l’a fait mériter la béatification et l’autre la canonisation.

Le miracle qui précéda sa béatification en 1983

Le 13 novembre 1983, le Pape Jean Paul II béatifie à Rome Sœur Marie de Jésus Crucifié. Le miracle pour la béatification choisi fut celui de 1929 à Shefamar en Galilée (village palestinien qui se trouve à quelques kilomètres d’Ibillin). La famille grecque catholique de Jubran Aboud et Dableh Saliba a eu 7 enfants et le cinquième – Khasneh naquit en 1926 ne se nourrissait pas et était loin de progresser, comme il arrive à cet âge. Elle restait maigre et chétive. Jusqu’à l’âge de 3 ans et demi – c’est-à-dire jusqu‘à la guérison – l’enfant n’a jamais marché et pas un instant n’a pu se tenir debout. Par pauvreté les parent ne donnèrent aucun soin médical ni aucun remède à l’enfant.

A Pâques 1929 la tante de l’enfant, Mariam Saliba, alla au Carmel de Bethléem pour prier près du tombeau de Sœur Marie de Jésus Crucifié, d’où elle rapporta quelques reliques et une image de la Sainte Carmélite. L’image fut suspendue sur le mur de l’unique pièce de la maison et la famille commença dès lors à invoquer Mariam en faveur de l’infirme, avec d’autant plus de confiance qu’elle était née elle-même au village voisin d’Ibillin.

Depuis Pâques 1929 jusqu’à la guérison 20 décembre 1929, c’est-à-dire pendant 8 mois environ, les parent de l’enfant passèrent maintes fois devant l’image, quelquefois plusieurs fois par jour, en disant : « Sainte d’Ibillin, guérissez notre enfant. »

La tante de l’enfant, Mariam Saliba, ayant obtenu pour elle-même de Mariam une grâce d’amélioration de la vue, commença le vendredi 13 décembre 1929 une neuvaine à la Servante de Dieu pour demander la guérison de sa nièce. La neuvaine consistait à assister et communier à la messe quotidienne, faire le chemin de croix quotidien et quelques mortifications. Le 8ème jour de la neuvaine, avant midi, tandis que l’enfant gisait dans un coin de la chambre, paralysée, les jambes et les cuisses entièrement atrophiées, elle se leva tout à coup, sans hésitation disant toute contente à sa grand-mère : « Grand-mère, regarde, mes pieds marchent ! » Depuis le moment de la guérison l’enfant courait et s’amusait toute la journée avec les autres enfants. Les parents quant à eux furent remplis des sentiments d’admiration et de reconnaissance à Dieu.

Le miracle qui précéda sa canonisation en 2015

Le miracle qui ouvre la voie à la canonisation de la bienheureuse carmélite de Bethléem Mariam de Jésus Crucifié (1846-1878) est la guérison d’un nouveau-né d’Augusta, en Sicile, dans la province de Syracuse, le petit Emanuele Lo Zito.

Ses parents, Biagia et Luigi Lo Zito, ont vu leurs vœux exaucés quand Biagia est tombée enceinte. Mais au huitième mois de grossesse, Biagia perçut quelque chose d’anormal. Malgré les paroles rassurantes de son médecin, elle alla consulter un spécialiste : l’enfant n’avait pas grossi ces dernières semaines. De fait, le bébé souffrait, le cordon ombilical autour du cou. Une césarienne était urgente.

C’est ainsi qu’Emanuele naît le 17 avril 2009, à midi. Le petit prématuré pèse 2,6 kg. Le premier danger est écarté. Dans l’après-midi, on le porte à sa maman pour qu’elle le nourrisse. Or Biagia constate que son enfant a les pieds et les mains bleutés et qu’il pleure faiblement. L’alarme est donnée, mais la cause reste obscure. La grand-mère maternelle insiste, l’enfant est finalement transféré à l’hôpital de Catane, le 18 avril. Son état est critique. Un premier diagnostic tombe : hypertension pulmonaire. Il faut le transférer dans un nouvel hôpital : à l’hôpital Garibaldi. Le 20 avril, un autre diagnostic plus grave est annoncé à son papa : le bébé souffre d’un problème cardiaque. Le pronostic vital est engagé. On décide du transférer l’enfant dans un quatrième hôpital : l’hôpital Saint-Vincent de Taormina. Les médecins sont sans espérance avec Luigi. Devant l’imminence de l’issue fatale annoncée, il rentre chez lui chercher des vêtements pour le bébé.

En chemin, il rencontre un ami, Luigi Ingaliso, très confiant dans la bienheureuse Mariam Baouardy. La situation est tendue, la rencontre est brève, les paroles difficiles : Luigi Ingaliso promet de prier pour l’enfant. Puis il va chercher une relique de la bienheureuse qu’il conserve chez lui, sûr qu’elle peut intercéder pour la guérison d’Emanuele. Il décide de faire porter la relique à Biagia. C’est le début d’une chaîne de prière par l’intercession de Mariam qui implique la famille, le village d’Augusta, des amis et des personnes inconnues, jusqu’aux carmélites de Terre Sainte.

Le bébé est arrivé à l’hôpital de Taormina déjà agonisant. Cette fois, les médecins affinent le diagnostic : il s’agit d’une cardiopathie congénitale très complexe qui fait que les veines pulmonaires ne retournent pas au cœur, mais au système des veines hépatiques. L’opération envisagée est à haut risque pour ce minuscule patient, agonisant, et âgé de… trois jours. Mais la maman peut enfin se rendre à Taormina et elle a l’idée de toucher le corps de l’enfant avec la relique de la bienheureuse Mariam.

Un des médecins a témoigné comment il était absolument inhabituel qu’un bébé affecté d’une telle malformation puisse survivre trois jours après sa naissance, et sans aucune opération qui relie les veines pulmonaires au cœur. De plus, au moment de l’intervention, l’état clinique du bébé était désespéré : les médecins n’ont su expliquer la rapidité de la guérison et l’absence totale de séquelles. Cette guérison subite et totale a été attribuée à l’intercession de la bienheureuse Mariam de Jésus Crucifié, et le pape François a approuvé le « décret » sur le miracle de la congrégation pour les Causes des saints le 6 décembre 2014.

Sœur Mariam de Jésus Crucifié, priez pour nous !

Aménagement des textes : Firas Abedrabbo
Sources :
Dossier sur la vie de Mariam préparé par le Carmel de Bethléem et le père William-Marie Merchat, et promu par l’Œuvre d’Orient.
– Les archives du Carmel de Bethléem.
– La lettre Pastorale du Patriarche Fouad Twal à l’occasion des deux canonisations.
– Site duCarmel en France



 


Fête de "Notre Dame Femme Vaillante" à Tel Aviv

 

13 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TEL AVIV – Samedi 9 mai 2015, Mgr Marcuzzo, vicaire patriarcal pour Israël, a célébré pour la première fois la messe de la fête de Notre Dame Femme Vaillante au sud de Tel Aviv.

Mgr Marcuzzo a été invité à célébrer cette fête, inaugurée cette année par le père David Neuhaus, vicaire patriarcal pour les catholiques hébréophones et responsable de la Pastorale des Migrants, dont le centre d’activités situé au sud de Tel Aviv porte le nom de « Notre Dame Femme vaillante ».

Au début de la messe, en présence de centaines de migrants et de demandeurs d’asile, le père David a accueilli l’évêque et les nombreux invités venus pour cette occasion. La messe a été célébrée dans la joie et dans la beauté, au rythme d’hymnes entonnés dans les différentes langues des communautés de migrants du centre : Tagalog, Konkani, Sinhala, Ge’ez et Hébreu. Ce fut l’occasion de remercier Dieu pour tous ses dons pour le centre depuis son ouverture fin février 2014.

Dans son homélie, Mgr Marcuzzo a insisté sur la figure de la Femme vaillante, expression qui apparaît à la fin du livre des Proverbes. Il a souligné que, pour les chrétiens, la Femme vaillante par excellence est Marie de Nazareth, mère de Jésus. Il a dressé le profil-type de la femme valeureuse qui pourvoit aux besoins de sa famille, qui prend soin de son mari, éduque ses enfants et joue un rôle de premier plan dans la société. A la fin de son homélie, l’évêque a rappelé aux fidèles que, le dimanche 17 mai 2015, le pape François canonisera deux femmes valeureuses de Terre Sainte : la carmélite Mariam Bawardi et la fondatrice de la congrégation des Sœurs du Rosaire, Marie-Alphonsine Ghattas.

Juste après la prière finale, Mgr Marcuzzo a encensé l’icône de Notre Dame Femme de valeur, tandis que Benedetto guidait les fidèles par un hymne en hébreu à partir du texte du livre des Proverbes sur la Femme Vaillante.

A la fin de la messe, le père David a remercié les nombreux invités du corps diplomatique, des communautés religieuses de Terre Sainte, et spécialement les très nombreuses personnes qui travaillent dans le centre en tant que prêtres, religieux, séminaristes, laïcs bénévoles, ainsi que l’équipe qui vit sur place : le père Mako et les sœurs. Il a également souligné le travail important des bienfaiteurs et des organisations qui apportent leur soutien le centre.
Enfin, il a exprimé sa reconnaissance et sa gratitude à Sœur Aurélia qui, après onze années passées au service de la Terre Sainte, s’apprête à retourner aux Philippines.

Après la célébration, un délicieux repas a été préparé et servi par l’équipe du centre. Tout en mangeant, les différentes communautés et les visiteurs ont pu se rencontrer et partager. Kuchinate, un atelier pour les femmes réfugiées d’origine africaine, a été présenté dans la cour et des paniers réalisés à la main étaient en vente pour soutenir ce projet très important .

Source : www.lpj.org



 


La Bienheureuse Mère Marie-Alphonsine Daniel Ghattas : sa vie et ses miracles.

 

7 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le 17 mai 2015, le Pape François procédera à la canonisation de Mère Marie-Alphonsine Ghattas. Le site internet du patriarcat latin diffuse un article de Firas Abedrabbo consacré à la vie et aux miracles intervenus à l’intercession de la future sainte. Nous le reproduisons in extenso.

L’Eglise se prépare à célébrer bientôt la canonisation de Mère Marie-Alphonsine Ghattas et de Sœur Marie de Jésus Crucifié (Mariam Baouardi). Elle reconnaît par là l’authenticité de leur expérience spirituelle tout en les présentant comme modèles et intercesseurs pour les fidèles.

Comment l’Eglise reconnaît-elle la sainteté de ses fidèles ? Il y a ici deux « preuves » de la sainteté de ces deux religieuses : d’abord leur vie même (une vie chrétienne vertueuse) et ensuite les grâces particulières que Dieu a répandues aux fidèles vivants, par l’intercession de ces deux filles de Terre Sainte, après leur mort. Ces grâces particulières sont appelés « miracles » par l’Eglise, et sont des cas de guérison subite, non explicables scientifiquement.

Retour sur la vie et les miracles de Mère Marie-Alphonsine – un prochain article sera consacré à Mariam de Jésus Crucifié.

Première preuve de la sainteté de Mère Marie-Alphonsine Ghattas : son humilité et son attachement à une vie évangélique.

C’est la première étape dans un procès de canonisation. L’Eglise procède à des investigations sur la vie du candidat, pour savoir s’il a vécu les vertus et les commandements du Seigneur tels qu’ils sont donnés dans l’Evangile, d’une façon héroïque. On examine donc sa vie, et on écoute les témoignages de ceux qui l’ont connu.

Mère Marie-Alphonsine est née à Jérusalem le 4 octobre 1843, au sein d’une famille chrétienne très pieuse. Son père s’appelait Daniel et sa mère Catherine. La famille Ghattas est originaire de Bethléem, mais certains membres avaient quitté Bethléem, et ont vécu dans différentes villes de Palestine : à Bethléem, Beit Jala, Beit Sahour et à Jérusalem même. On ne sait pas exactement quand cette dispersion a eu lieu.

C’est donc à Jérusalem que Marie-Alphonsine a habité avec sa famille. Sa mère assistait à la messe tous le jours. Quant à son père, il aimait accueillir voisins et amis tous les soirs chez lui à la maison pour prier le Chapelet devant une statue de la Vierge Marie. C’était d’ailleurs la tradition dans de nombreuses familles chrétiennes à Jérusalem.

A sa naissance, Marie-Alphonsine reçut le nom de « Sultana » (qui veut dire « reine » en arabe), un prénom déjà lié en quelques sortes à la Vierge Reine. Puis, ses parents ont préféré lui ajouter le nom de Marie lors de son baptême.

Après des années de farouche opposition de la part de son père, Sultana, alors qu’elle avait 17 ans, reçoit au soir du 30 juin 1860 l’habit des religieuses de Saint Joseph de l’Apparition, sur le Mont Golgotha à Jérusalem. Elle reçut ce jour-là aussi son nom en religion : Marie-Alphonsine, quelle gardera pour le reste de sa vie.

Sœur Marie-Alphonsine était enflammée pour la mission, pour l’action apostolique, gardant en même temps une personnalité calme, recueillie, posée et digne. Elle était caractérisée par une humilité étonnante, évitant en toute occasion l’apparition, préférant le travail en silence, pour plaire à Dieu seul et non pas aux hommes.

A Bethléem, elle a commencé à recevoir des apparitions de la Sainte Vierge, qui lui transmet des messages importants concernant la fondation d’une congrégation locale, qui portera le nom des Sœurs du Rosaire, et qui sera réservé aux filles arabes. Ces apparitions ont duré pendant quatre ans, et c’est durant ces apparitions que la Vierge a indiqué à la voyante, le prêtre du Patriarcat Latin, le Père Yousef Tannous, qui deviendra son père spirituel et ensuite le fondateur visible de la congrégation, car l’humble servante de Dieu préférait rester dans l’ombre.

Après beaucoup de complications, de difficultés et de souffrances, Sœur Marie-Alphonsine obtient la permission du Saint Siège pour quitter la congrégation des Sœurs de Saint Joseph de l’Apparition et joindre enfin la nouvelle congrégation, en 1880. Elle reçoit l’habit de Notre Dame du Rosaire en 1883.

La Sainte a eu le soin de cacher le mystère des apparitions qu’elle a reçue. Personne n’en connaissait l’existence excepté son père spirituel. Elle a préféré le silence durant toute sa vie. Elle préférait vivre une vie d’abnégation, et le secret resta ainsi resté caché pendant 53 ans. C’est grâce à la sagesse de son père spirituel, le Père Tannous, qui lui avait demandé d’écrire ce qu’elle avait vu et entendu durant ses visions, que les sœurs, après la mort de sœur Marie-Alphonsine, on pu connaître la vérité sur la fondation de la Congrégation.

D’un côté, les ordres que donnât la Sainte Vierge durant ces visions à la simple religieuse palestinienne furent affirmés et non négociables. Mais d’un autre côté, il paraissait difficile à la sœur de tourner le dos à la congrégation de Saint Joseph qu’elle avait aimé et où elle avait servi de tout son cœur. Cependant, sa fidélité à la Vierge fut plus grande que toutes les difficultés et les peurs. Rien ne pouvait la séparer de son amour : ni la mort, ni l’éventualité d’être accusée de trahison. Car « l’Amour est plus grand que la mort ». Elle prit alors une décision : « j’ai résolu, par amour pour Marie et pour sa vénération, d’obéir à sa voix et de sacrifier ma vie dans la Congrégation du Rosaire, mettant ma confiance en l’aide que me donnera ma Mère, et croyant qu’elle marchera toujours avec moi et me soutiendra ».

Etant religieuse du Rosaire, Sœur Marie-Alphonsine servit dans plusieurs « missions » (ainsi s’appelaient à l’époque les paroisses du Patriarcat Latin en phase de fondation) : Jaffa de Nazareth (où elle a sauvé d’une façon miraculeuse et avec son Chapelet, une fillette qui était tombé dans un puit encore visible dans la paroisse aujourd’hui) ; Beit Sahour, Salt, Naplouse, Jérusalem, Zababdeh, Bethléem et Ain Karem où elle terminât sa vie, en 1927.

Quelques jours avant sa mort, alors qu’elle pressentait l’approche de sa rencontre avec son Bien-Aimé et Sa Sainte Mère, elle saisit l’occasion d’une rencontre privée avec sa sœur de sang et aussi dans la vie religieuse, Mère Anne, pour lui dire : « Après ma mort, vas là où je t’indique et tu trouveras deux carnets rédigés par mes propres mains. Prends-les et donne-les au Patriarche Barlassina ». Mère Anne trouva les deux carnets qui contenait en effet les récits des apparitions, mais scellés avec de la cire rouge. Elle les prit et les présenta à Mgr Marcus, en lui demandant d’en informer le Patriarche. Elle accomplit ainsi soigneusement la volonté de sa sœur défunte.

Ignorant la langue arabe, le Patriarche demanda à la Mère Augustine de lui traduire ces pages, puis il ordonna à la Mère Supérieure Générale de rendre les deux manuscrits originaux. C’est alors que la vérité toute entière sur la fondation de la congrégation fut dévoilée aux sœurs, qui furent saisies de stupeur face à l’ héroïque humilité de leur fondatrice ignorée.

Deuxième preuve de la sainteté de Mère Marie-Alphonsine Ghattas : deux miracles ont eu lieu après sa mort.

Dans l’Eglise catholique, les autorités compétentes exigent que chaque candidat pour la béatification et ensuite pour la canonisation fassent deux miracles après leur mort.

Par l’intercession de Mère Marie-Alphonsine, deux miracles ont effectivement eu lieu, un pour la béatification et l’autre pour la canonisation.

Le miracle qui a précédé sa béatification en 2009.

L’histoire a commencé quand deux religieuses ont visité la famille de Nathalie Zananireh, une étudiante dans leur école à Beit Hanina (banlieue nord de Jérusalem), pour prier ensemble le chapelet. C’était durant le mois de Marie, en 2003. Après la prière, les religieuses ont laissé à la famille un livre sur la vie de leur fondatrice, la servante de Dieu Mère Marie-Alphonsine.

La Mère de Nathalie a lu le livre durant quatre jours successifs, et elle a senti en elle-même quelques chose d’étonnant, surtout après à la lecture des miracles qui ont eu lieu durant la vie de Mère Marie-Alphonsine, et des apparitions de la Sainte Vierge.

La même semaine, exactement le 30 mai 2003, la mère de Nathalie était à la maison, en train de travailler et de réfléchir sur ce qu’elle avait lu, quand soudainement elle sentit en elle une peur étrange, comme l’imminence d’une catastrophe. Elle était souvent absente de chez elle le soir et jusqu’à une heure tardive car elle travaillait dans le journalisme. Elle a donc demandé à la Vierge Marie de protéger ses enfants, surtout durant son absence, et lui a demandé en particulier de faire avec elle ce qu’elle faisait autrefois avec Mère Marie-Alphonsine.

Une après-midi, après une grande hésitation, madame Zananireh décida de partir travailler. Et alors qu’elle était au travail elle reçut un appel de son mari qui lui demanda si leur fille, Nathalie, était vaccinée contre le tétanos. Leur fille avait une une blessure qui, selon son mari, n’était pas très grave. La Mère inquiète, rappelle une demi-heure après, et son fils lui répond. « Où est ton père ? », demanda-t-elle. Le fils répondu : « il est parti pour nettoyer la maison car voici ce qui est arrivé… ».

Ce jour-là les voisins célébraient l’anniversaire de leur fille dans un jardin. Nathalie était invitée. Et après avoir chanté, Nathalie dit : « je sens que la terre se casse sous nos pieds ». Ils se sont tous moqués d’elle et commencèrent à sauter sur la terre. Soudainement, la terre fut ouverte sous leurs pieds découvrant un fossé très profond de 4 mètres de profondeur, 4 mètres de largeur et 5 mètres de longueur. Onze filles tombèrent dans ce fossé, quasiment rempli par l’eau des égouts. Sa fille fut l’une des deux dernières à être sauvées après avoir passé 5 à 7 minutes sous l’eau des égouts ! « Je crois fermement que ce qui s’est passé fut un miracle », exprima la mère à son arrivée à la maison, et après avoir vu le lieu de l’accident et le fossé. Puis elle raconta à sa famille ce qu’elle avait demandé à la Vierge le matin par l’intercession de Mère Marie-Alphonsine. Elle faisait aussi le lien entre ce miracle et celui que la Sainte a fait durant sa vie à Jaffa de Nazareth, sauvant une fillette tombée dans un puits. N’a-t-elle pas demandé à la Vierge, justement, de faire avec elle ce qu’elle faisait autrefois avec Sœur Marie-Alphonsine ?!

Le miracle qui précéda sa canonisation en 2015.

Le deuxième miracle a eu lieu à Kufr Cana, deux jours avant la célébration de la béatification de Mère Marie-Alphonsine à Nazareth en 2009. Ce miracle est arrivé cette fois à un monsieur du nom d’Emile Elias, un arabe chrétien de Galilée, né le 27 mai 1977. M. Elias est un ingénieur, qui travaillait dans la confection de cartes routières. Un jour, il voulut enlever un objet qu’il utilisait sur un chantier et qui, à son insu, était connecté à un courant d’électricité. Il fut frappé par une force de 30 à 40 milles Volt. Le choc fut bien sûr trop fort et mortel et Emile tomba à terre, immobile. Selon le rapport des médecins, son cœur était déjà arrêté lorsqu’il arriva à l’hôpital, et son corps tout entier était presque bleu, en signe de mort. Il resta deux jours dans une sorte de coma.

Elias ne connaissait rien de la vie de Marie-Alphonsine, mais il apprit à son réveil deux jours plus tard, que beaucoup d’amis avaient prié pour lui en demandant l’intercession de celle qui venait d’être béatifiée ! Il échappa à une mort certaine, et il réalisa combien sa guérison fut un miracle, car son cas était désespéré.

Mère Marie-Alphonsine, priez pour nous !

Firas Abedrabbo pour www.lpj.org



 


La Communauté de Sant’Egidio donne voix aux chrétiens du Moyen-Orient

 

7 mai 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BARI - Les 29 et 30 avril s’est tenu à Bari (Italie) un important colloque sur l’avenir des chrétiens d’Orient. A l’invitation de la Communauté de Sant’Egidio, de nombreux responsables des Églises présentes au Moyen Orient, des représentants des gouvernements concernés et des organisations internationales intéressées ont pu faire entendre leurs voix et affronter cette dure question de l’avenir de leurs communautés.

La Communauté St Egidio a organisé à Bari (Pouilles, Italie) un meeting de réflexion auquel elle avait invité tous les Patriarches orthodoxes et catholiques, des leaders religieux chrétiens du Moyen Orient, des ambassadeurs ou représentants de quelques pays intéressés, les représentants de quelques dicastères romains spécialement concernés, un certain nombre de membres de la Communauté et d’autres invités.

Cette communauté s’est engagée à poursuivre « l’Esprit d’Assise » après la rencontre des leaders religieux pour la paix en 1986. Elle organise régulièrement, dans le cadre du programme « Peuples et Religions », des meetings interreligieux et interculturels. Elle se propose parfois comme médiateur pour résoudre les conflits, ce qui lui a valu plusieurs reconnaissances et prix internationaux.
Le meeting s’est déroulé au Palais de la Ville métropolitaine de Bari les 29 et 30 avril 2015, après l’accueil de l’archevêque de Bari, Francesco Cacucci, du maire Antonio Decaro et de la Présidence de la Région. La ville de Bari a une vocation très œcuménique et, par sa géographie et son histoire, elle se considère un vrai pont entre l’Orient et l’Occident. L’archevêque de Bari, interprétant bien ce rôle et l’esprit du meeting, avait organisé dans l’église St Nicolas une soirée de prière, avec la collaboration des Dominicains, chargés de l’église et du centre œcuménique adjacent. Des dizaines de journalistes du monde entier ont couvert cette soirée et, bien sûr, tout le déroulement du meeting.

Les interventions : causes, situation, analyses, voies de solutions.
Les propos avaient globalement comme arrière fond la situation de violence qui s’est propagée depuis l’éclatement du printemps arabe et, plus particulièrement, la persécution déclarée contre les chrétiens surtout en Syrie, Iraq, Egypte, Yémen et Libye. La description de la situation très dramatique de la population a été présentée surtout par les patriarches et évêques de Syrie, d’Iraq et d’Egypte. Des analyses éclairantes des causes et des enjeux géopolitiques été présentés par les professeurs, les ambassadeurs et les diplomates. Dans ce sens les interventions du ministre Gentiloni, du diplomate français Christophe Paucelle, du Directeur P. Anton Spadaro, du Pr. Tareq Mitri ont été remarquables. Les pistes à parcourir pour chercher des voies de solutions ont été illustrées, d’une façon spéciale, par les représentants des dicastères romains, par Mgr G.B.Marcuzzo et P. P.Pizzaballa, M. Impagliazzi et A. Riccardi.

Mgr Marcuzzo a parlé, entre autres, de la situation des nombreux réfugiés syriens et iraquiens accueillis en Terre Sainte et particulièrement en Jordanie. A partir de l’équation déjà prouvée par l’expérience, « plus de paix, plus de chrétiens ; moins de paix, moins de chrétiens », il a encouragé à travailler acharnement pour contribuer à résoudre le conflit Israël-Palestine qui, s’il n’est pas la mère de tous les autres conflits du Moyen Orient, en est au moins une des causes majeures.

Conclusions générales.

Très nombreuses pourraient être les conclusions à tracer après avoir entendu toutes ces voix qui communiquent une expérience géographiquement et culturellement très étendue et sont le fruit d’une histoire si longue et profonde.
Les chrétiens ne sont pas seulement invités, mais « obligés » par les circonstances à s’unir et faire un front commun, en maintenant le dialogue et la coopération avec tous. Dans ce sens les discours du Card. Sandri et du Substitut Mgr Callagher furent clairs : priorité absolue aux négociations, être capables de reconnaître les erreurs du passé, arrêter le commerce des armes et les aides aux terroristes, aller à la racine des problèmes.

La meilleure conclusion a été celle du Pr Riccardi qui a affirmé : « Le titre de notre meeting est : « Les chrétiens au Moyen-Orient, quel avenir ? ». Nous avons pu tous ensemble réaliser une belle conquête. Après vous avoir entendu, malgré les aspects dramatiques de la situation, avec beaucoup d’espérance et forts de notre unité, nous pouvons maintenant enlever le point d’interrogation et proclamer avec foi et courage : « Oui, il y a un avenir pour les chrétiens au Moyen-Orient. »

Sources  : terrasanta.net et www.santegidio.org
Pour consulter (en italien) le texte intégral du remarquable discours prononcé par Mgr. Paul Richard Gallagher au nom du Saint-Siège, c’est ici.



 


La Terre sainte et l’Arménie unies dans le souvenir

 

28 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Commencée le 18 avril, la triste commémoration du centenaire du génocide arménien a pris fin le 24 avril 2015 par une succession d’événements en Arménie mais aussi dans la diaspora. Jérusalem, où le nombre d’Arméniens est élévé, a vécu à l’heure des commémorations, jusqu’au Saint Sépulcre où un office a été célébré.

Dans la Vieille Ville de Jérusalem, les cloches de nombreuses églises ont sonné le glas, des affiches placardées sur les murs rappellent quelques détails chronologiques du premier génocide du XXe siècle, la fleur symbole de la commémoration est affichée sans retenue.

Cette fleur aux cinq pétales – rappel que les Arméniens ont trouvé refuge sur les cinq continents – est marquée du slogan « se souvenir, ne pas oublier », un défi pour un pays marqué au fer rouge par ce massacre et qui souffre encore du déni de la Turquie qui refuse d’employer le terme de « génocide ».

Pour se souvenir, l’Eglise apostolique arménienne n’a pas lésiné sur les moyens. Alors qu’aucune canonisation n’a été célébrée depuis le XIVe siècle, le patriarche Karékine II, à la tête de l’Eglise arménienne, a canonisé le 23 avril les « fils et filles qui ont accepté le martyre des saints “pour la foi et pour la patrie“ ». Le 24 avril est déclaré jour de souvenir pour les « Saints Martyrs du Génocide ».

Dans une encyclique datée du 28 décembre 2014, le chef de l’Eglise arménienne exhortait ainsi ses fidèles : « Transformons le souvenir de nos martyrs en énergie et force dans notre vie spirituelle et nationale, et devant Dieu et tous les peuples, éclairant le chemin par notre juste cours pour guider notre chemin vers la réalisation de la justice et de nos aspirations sacrées ».

Dans l’Eglise du Calvaire et de la résurrection, une prière fervente
Dans la Ville Sainte, un programme intense de célébrations a été dressé par l’importante diaspora et le Patriarcat de l’Eglise apostolique arménienne. Prières, messes, mais aussi rassemblement devant l’Ambassade de Turquie pour faire face au gouvernement d’Ankara et à sa position de déni du génocide.
Entre deux cérémonies de commémorations, les Chefs religieux de Jérusalem se sont réunis au Saint Sépulcre, à l’entrée du tombeau laissé vide le matin de la résurrection.

Entre les chants et les prières, quelques mots ont été prononcés par les patriarches arménien, grec-orthodoxe et catholique latin. Le Patriarche arménien n’a pas manqué d’évoquer les autres confessions chrétiennes victimes du même génocide en 1915.
Dans son allocution, Mgr Fouad Twal a condamné le « révisionnisme qui se cache derrière ce déni » et la réaction « névralgique de la Turquie » face à la « sincérité du pape François, ce dernier ayant affirmé : « il est nécessaire, et même un devoir de rappeler le centenaire de cet événement tragique. . . [Et] dissimuler ou nier le mal c’est laisser une plaie ouverte continuer à saigner sans bandage ». Il a enfin invité l’assemblée à « faire mémoire aussi des nombreux chrétiens persécutés pour leur foi aujourd’hui ».

Une seule prière ce vendredi s’est élevée vers le Ciel depuis le Saint Sépulcre, réalisant ce que le pape François avait baptisé un peu moins d’un an auparavant en ce même lieu « l’œcuménisme de la souffrance, l’œcuménisme du sang ». La veille, le 23 avril, les cloches des 28 églises de Jérusalem avaient sonné à l’unisson, cent fois, en mémoire du million et demi d’arméniens tués lors du génocide. Après « cent ans de déni », dans la ferveur des priants et le souvenir des martyrs désormais canonisés, l’heure enfin de la reconnaissance et de la consolation.

Source : Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org
Photos : Nadim Asfour



 


Le cri du Patriarche Raï à l’Unesco

 

27 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

PARIS - Samedi 25 avril, Sa Béatitude Béchara Boutros Raï, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient pour les Maronites, a lancé un cri à la communauté internationale, à la tribune de l’Unesco, pour préserver les chrétiens du Moyen Orient. Retrouvez ici l’intégralité de son discours en vidéo (via KTO).


Le cri du Patriarche Raï à l’Unesco par KTOTV



 


Moyen-Orient : sauver ne serait-ce qu’une seule personne de la persécution

 

25 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NEW-YORK - "Toute action pour sauver ne serait-ce qu’une seule personne de la persécution et de toute forme d’atrocité n’est pas seulement opportune mais urgente" : c’est l’appel du Saint-Siège pour le Moyen-Orient, en ce 21 avril 2015.

Plaidoyer du Saint-Siège à l’ONU

Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, est intervenu lors du débat ouvert du Conseil de sécurité sur le « Moyen-Orient, y compris la question palestinienne », le 21 avril 2015.

« Regarder dans un silence complice les horreurs de nos frères humains persécutés, exilés, tués, brûlés et décapités, uniquement parce qu’ils professent une foi différente ou parce qu’ils appartiennent à un groupe minoritaire, ne peut jamais être une option », a-t-il déclaré.

Il a appelé notamment à la reprise des négociations entre Israël et la Palestine, à la stabilisation politique du Liban. Pour la Syrie, il a demandé d’agir contre « l’immense désastre humanitaire qu’un siège ou une bataille à Alep provoquera à coup sûr ».

Discours de Mgr Auza devant le Conseil de Sécurité

"Ma délégation désire exprimer sa profonde gratitude pour la décision de la présidence jordanienne ce mois-ci, de tenir un débat ouvert sur le « Moyen-Orient, y compris la question palestinienne ».

Le Saint-Siège est profondément préoccupé par l’absence totale de progrès des négociations entre la Palestine et Israël. Il est difficile de ne pas partager la frustration exprimée par celui qui était alors le coordinateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Robert Serry, lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité du 27 mars dernier.

Comme il a été reconnu à cette occasion, Israël a des préoccupations réelles et légitimes pour sa sécurité ; toutefois, cette sécurité ne sera pas assurée en s’isolant de ses voisins, mais en faisant partie de ceux-ci à travers une paix négociée avec les Palestiniens à travers l’application de la « Solution de deux États », qui a le soutien du Saint-Siège et de la communauté internationale en général. Le Saint-Siège joint sa voix une fois encore à celle de tous les peuples de paix pour appeler à des négociations sérieuses et concrètes qui renforceront le processus de paix.

Le Saint-Siège ne cesse pas d’encourager les dirigeants du Liban à résoudre l’impasse qui empêche l’élection du président depuis mai 2014, en laissant de côté les intérêts politiques étroits pour le plus grand bien d’un Liban unifié.

Ce vide institutionnel rend la nation plus vulnérable et fragile face à la situation générale au Moyen-Orient. La communauté internationale doit soutenir le Liban par tous les moyens pour qu’il retrouve une normalité et une stabilité institutionnelles. Elle doit aussi aider à s’occuper du très grand nombre de réfugiés sur son territoire, provoquant une situation qui risque de voir des infiltrations extrémistes parmi les malheureux réfugiés.

Le conflit en Syrie, comme l’a défini Valerie Amos dans son exposé au Conseil de sécurité le 26 mars dernier, a atteint des « niveaux de sauvagerie inouïs ». La destruction aveugle des infrastructures de base, comme les installations d’eau et d’électricité, les hôpitaux et les écoles, aggrave le sort des civils chaque jour davantage. La chute d’Idlib, à seulement 37 miles au sud-ouest d’Alep, a semé la panique parmi la population de plus d’un million de personnes à Alep. Les groupes minoritaires ethniques et religieux sont particulièrement angoissés. Le Saint-Siège demande à la communauté internationale d’empêcher l’immense désastre humanitaire qu’un siège ou une bataille à Alep provoquera à coup sûr. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher une nouvelle violation flagrante du droit humanitaire international et des droits humains fondamentaux.

Le Saint-Siège réitère, dans les termes les plus forts, sa condamnation de toutes les attaques et des abus basés sur des motifs ethniques, religieux, raciaux ou autres. Il souhaite rappeler une fois encore que la disparition du Moyen-Orient des groupes minoritaires ethniques et religieux ne serait pas seulement une tragédie religieuse, mais la perte d’un riche patrimoine qui a tant apporté aux sociétés auxquelles ils appartiennent. Le fait que ces groupes soient menacés d’extinction est cause d’angoisse et de douleur insondables.

Le mois dernier à Genève, devant le Conseil des droits humains des Nations Unies, soixante-cinq pays ont signé une Déclaration de soutien des droits humains des chrétiens et des autres communautés, en particulier au Moyen-Orient. Cette déclaration attire l’attention sur le fait que l’instabilité et le conflit au Moyen-Orient menacent sérieusement l’existence même de nombreuses communautés religieuses, en particulier les chrétiens. Il demande à tous les États de se réunir pour remédier à cette situation alarmante.

Lorsque nous évoquons ceux qui ont déjà perdu la vie, ou ceux qui ont déjà été chassés de leur maison et même de leur pays, toute action arriverait déjà trop tard. Mais à partir de maintenant, toute action pour sauver ne serait-ce qu’une seule personne de la persécution et de toute forme d’atrocité n’est pas seulement opportune mais urgente.

Le pape François demande à la communauté internationale de « ne pas rester muette et inerte devant un crime aussi inacceptable » et de « ne pas fermer les yeux sur tout cela ». Regarder dans un silence complice les horreurs de nos frères humains persécutés, exilés, tués, brûlés et décapités, uniquement parce qu’ils professent une foi différente ou parce qu’ils appartiennent à un groupe minoritaire, ne peut jamais être une option."

Source et traduction : Constance Roques pour www.Zenit.org



 


Jérusalem, mon amour

 

25 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM -Si elle accueille surtout des migrants juifs, la Terre sainte attire aussi de fervents chrétiens occidentaux, qui se sentent appelés à y vivre leur foi. Un article de Mélinée le Priol pour La Croix.

Quadragénaires à la silhouette sportive et au teint hâlé, Henrique et Carola Abreu ont longtemps vécu en Amérique latine. L’aisance de leur train de vie y était assurée par le métier d’Henrique, directeur brésilien d’une chaîne d’hôtels de luxe. Quand ils ont annoncé à leurs proches, il y a deux ans, leur départ en Palestine pour y soutenir la présence chrétienne, les réactions ont été unanimes : « Vous êtes fous, c’est le pire endroit du monde ! Et votre confort ? Et votre sécurité ? »

Qu’importe, il était temps de procéder au « grand changement ». « Nous sommes arrivés avec deux valises et le désir d’une vie plus simple, sur les pas du pape François », racontent ces membres de l’ordre du Saint-Sépulcre. Après un an à Taybeh, village chrétien de Cisjordanie, les voilà volontaires au Patriarcat latin de Jérusalem. Et pas question d’être payés : s’ils sont venus, c’est pour tout donner à l’Église.

« Appelés », « fascinés », « aimantés » : la Terre sainte exerce sur des chrétiens de toutes sensibilités une attraction inexplicable. Au Moyen Âge, déjà, on venait mourir à Jérusalem pour approcher l’épicentre de la résurrection des morts… Si les motivations ont changé aujourd’hui, cet appel reste baigné de réflexions spirituelles. Préfiguré par des indices divers, un tel départ s’inscrit souvent dans une démarche de longue haleine. Ces itinéraires ne sont pas linéaires pour autant. Jacques (1), par exemple, n’a pas toujours été un catholique pratiquant. Il y a bientôt dix ans, cet ancien professionnel du tourisme a vécu son « chemin de Damas » dans un monastère d’Israël. Il était seulement venu déposer sa fille aînée qui allait y passer un an. « En arrivant ici, j’ai été comme foudroyé, se souvient-il. J’en suis maintenant convaincu : l’Esprit Saint m’appelait à reprendre le chemin spirituel que j’avais lâché quarante ans auparavant. » Quelques mois plus tard, Jacques revenait au même monastère avec son épouse Pauline, après avoir prévenu collègues et clients qu’il ne rentrerait plus en France.

Le couple de sexagénaires habite encore là aujourd’hui, non loin de Jérusalem, rendant aux moniales des services variés. N’oubliant jamais leur privilège de vivre sur la « terre de Dieu », ces retraités dynamiques sont convaincus que le fait d’être croyants les a aidés à gagner le respect de leur voisinage – car en Terre sainte, « l’athéisme n’existe pas vraiment »…

Ses relations de proximité, Nathalie les soigne particulièrement. Si cette grande femme aux cheveux blancs s’est installée à Jérusalem il y a une petite décennie, c’était dans un esprit de réconciliation avec les juifs. Vierge consacrée, elle avait une vive conscience des souffrances que les chrétiens avaient infligées au peuple élu durant l’histoire. « Je suis venue pour dire à mes frères aînés que je les aime, explique-t-elle simplement. Les Israéliens ont l’impression que le monde entier est contre eux, et c’est parfois vrai. » Son engagement n’a rien de politique pour autant : « Je ne suis pas une sioniste américaine ! » déclare-t-elle en riant.

S’installer en Terra sainte pour y être "Présence d’amour"

S’installer en Terre sainte pour y être une « présence d’amour », voilà aussi la démarche de Frédéric Masson et Stéphanie, son épouse américaine. Ils y seront bientôt parents pour la troisième fois. Mais leur immersion, c’est dans la partie arabe de Jérusalem qu’ils l’ont vécue, habitant longtemps Porte de Damas et jeûnant parfois avec leurs amis musulmans lors du Ramadan. Ces arabophones considèrent que « l’Autre nous révèle le visage du Christ » ; or le musulman est pour eux « l’Autre par excellence ». « Il faut considérer sa foi et ses pratiques comme quelque chose de sacré, assure Frédéric avec un sourire généreux. Dieu y est présent. »

Le couple entretient aussi des liens avec le monde juif, et ne veut pas tomber dans le repli identitaire en se « retranchant » dans son Église : une ligne de crête étroite, surtout quand la guerre éclate. « On a beau avoir des portes ouvertes sur les deux mondes qui cohabitent ici, elles se referment à chaque période de tension. Les gens deviennent suspicieux, ils se demandent pour qui l’on est vraiment. » La plupart de ces chrétiens d’Occident se disent pourtant réticents à prendre parti dans le conflit, soucieux de ne pas « ajouter de la haine à la haine ».

Autre obstacle à une installation durable : la question des visas. Car Israël n’encourage guère la présence de migrants non juifs sur son territoire. Myriam Ambroselli, 28 ans, travaille au Patriarcat latin et vit ici depuis sept ans. Elle a beau s’y sentir « plus profondément » chez elle qu’en France, elle sait qu’elle devra repartir un jour. « Dans ce pays, on ne peut pas vraiment se construire un avenir quand on est étranger », déplore-t-elle.

Lorsqu’ils parviennent à rester, parfois de longues années, ces chrétiens se laissent alors gagner par la douceur de l’Orient : une chaleur, un sens de la famille et de l’entraide auxquels Jacques et Pauline sont très attachés. Depuis leur monastère en Israël, ils ont adopté les coutumes locales, notamment un rapport au temps plus souple qu’en Europe. « Ici, la vie est si simple, si tranquille ! s’enthousiasme Pauline. Et pourtant, on a la guerre… »

Croire que ce lieu "Entre Ciel et Terre" est appelé à la Paix

Ce paradoxe revient souvent dans la bouche des amoureux de la Terre sainte. Conscients de l’interminable conflit qui s’y joue, ils ne peuvent s’empêcher de croire que ce lieu « entre ciel et terre » est appelé à la paix. Thérèse Humeau ressent profondément cette paix quand elle se rend sur l’esplanade des Mosquées, pourtant fréquent épicentre des tensions à Jérusalem.

Cette quinquagénaire s’est installée ici en septembre dernier, avec son compagnon israélien. Chrétienne, elle cherche Dieu, « ou l’Éternel, ou l’Indicible »… « Et ici, par la lumière qui joue sur la pierre de Jérusalem, par la beauté du désert du Néguev, c’est comme s’Il voulait me séduire. » Rêveuse, Thérèse aime se dire qu’en remaniant les lettres de son prénom, on obtient « Eretz » (terme hébreu désignant la terre d’Israël).

Qu’ils soient venus en mission pour l’Église ou pour assurer une présence de prière et d’amour, ces chrétiens refusent souvent tout prosélytisme. « Comme Charles de Foucauld, nous ne sommes pas là pour convertir, insiste Frédéric Masson. Plutôt pour essayer de vivre à l’exemple du Christ au milieu de gens qui ne le connaissent pas… et le découvrir à travers eux. »

Mélinée le Priol pour La Croix
Photo : Jon Arnold / (c) hemis.fr



 


Une journée très spéciale pour les chrétiens irakiens réfugiés en Jordanie

 

24 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

PETRA - Quarante-six chrétiens irakiens réfugiés en Jordanie ont eu la joie de passer une journée à Petra. Une initiative destinée à offrir à ces derniers des temps de loisirs, les aidant à revivre et à reprendre courage après ce qu’ils ont vécu en Irak.

Le Centre Notre Dame de la Paix, en coopération avec Caritas, a accueilli de nombreux chrétiens ayant fui l’Irak à cause de Daesh. En tout, une centaine de personnes, dont trente-cinq enfants, ayant tout perdu, excepté leur espérance. Le Patriarcat latin les aide non seulement à vivre et à faire face à leurs besoins de première nécessité, mais aussi à envisager l’avenir en leur ouvrant de nouvelles perspectives, comme lors de cette journée de visite à Petra.

Les quarante-six chrétiens irakiens, hébergés au Centre Notre Dame de la Paix en Jordanie ont vécu une journée très spéciale, ce 18 avril dernier. Une excursion d’une journée a été organisée pour eux, incluant transport, repas, balade à cheval, visite guidée et une visite de la ville antique de Petra, patrimoine mondial de l’UNESCO.

Cette journée est le fruit des initiatives humanitaires destinées aux réfugiés du Patriarcat latin de Jérusalem, qui se propose d’offrir à ces derniers des temps de loisirs, les aidant à revivre et à reprendre courage après ce qu’ils ont vécu en Irak et face l’incertitude de leur avenir. L’initiative a été réalisée notamment grâce au généreux soutien du Grand Magistère de l’Ordre du Saint Sépulcre.

Le Centre Notre Dame de la Paix est également pionnier dans le domaine social et offre aux réfugiés un programme composé de trois cours : anglais, informatique et gymnastique. L’objectif du Bureau de Développement des Projets du Patriarcat est d’étendre sans plus tarder ce programme aux autres paroisses de la région qui accueillent des réfugiés irakiens.



 


En direction du Mont Carmel !

 

24 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

HAÏFA - Chaque année pendant le temps pascal, une procession solennelle en l’honneur de Notre-Dame du Mont Carmel a lieu. Les Saintes Ecritures exaltent la beauté du mont Carmel, où le prophète Elie a défendu la pureté de la foi d’Israël dans le Dieu vivant. C’est en ce lieu également qu’au début du XIIIe siècle est né officiellement l’Ordre du Carmel.

La procession est partie de l’église de la paroisse Saint-Joseph pour se rendre à l’église de Saint-Élie sur le Mont Carmel. Des groupes de scouts en provenance de toutes les régions ont conduit la procession avec un groupe de jeunes filles qui étaient revêtues du costume palestinien traditionnel et portaient une statue de la Vierge. La Statue de la Vierge du Mont Carmel a également été montée sur un chariot tiré par les participants.

À l’arrivée à l’église Saint-Elie, le Patriarche latin a présidé les prières et prononcé un discours émouvant sur le rôle particulier de la Vierge dans la vie des chrétiens. Il a imploré son intercession pour ramener la paix dans la région et le monde entier.

L’un des moines a expliqué que cette procession remonte à il y a près de 80 ans. Il raconta qu’à la fin de la 1ère guerre mondiale, l’armée turque ordonna aux Carmélites de quitter le couvent se situant sur le Mont Carmel dans un délai de 3 heures. Elles ont alors déplacé la statue de la Vierge, vieille de 300 ans vers l’église latine de Saint-Joseph dans le centre ville. À la fin de la guerre, les moines ont décidé de tenir une procession de cantiques en reconnaissance à la Vierge, pour obtenir leur retour au couvent ainsi que pour sa protection pour les habitants et pour la ville.

La statue de la Vierge utilisée pour la procession est une réplique authentique de la statue originale qui est conservé en lieu sûr dans l’Eglise. Cette réplique a été ciselé par le moine « Luigi Bougi ».



 


Soutenir la présence chrétienne dans la Vieille Ville de Jérusalem : un bâtiment réhabilité

 

22 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le projet "Jérusalem, Pierres de la Mémoire" soutenu par la Custodie franciscaine permet la réhabilitation de bâtiments de la Vieille Ville de Jérusalem et leur mise à disposition de familles chrétiennes dans le besoin. Le site de la Custodie nous présente un projet abouti grâce au soutien de l’Ordre du Saint-Sépulcre.

Jérusalem, Pierres de la Mémoire

La Vieille Ville de Jérusalem est classée par l’UNESCO au patrimoine mondial. Les murailles englobent une superficie de 900 000 m² divisée en quatre quartiers : chrétien, arménien, juif et musulman. Elles renferment environ 40 000 habitants. La densité de population varie d’un quartier à l’autre, mais l’ensemble du centre historique peut certainement être considéré comme surpeuplé. Les bâtiments publics et religieux (monastères, églises, mosquées, synagogues, hôtels, magasins etc.) en occupent une large partie.

Les Franciscains de la Custodie franciscaine de Terre Sainte ont possédé pendant de nombreux siècles en Vieille Ville un grand nombre de bâtiments : en plus des couvents et des églises, la Custodie conserve environ 400 unités d’habitation. Celles-ci sont mises à la disposition des familles chrétiennes les plus nécessiteuses moyennant un loyer symbolique versé à la Custodie de Terre Sainte. Cependant, la plupart des logements sont vétustes et ne sont pas en mesure d’offrir des conditions de vie saines, sûres et confortables. Il s’agit réellement d’une urgence d’hébergements qui pousse les Franciscains de la Custodie de Terre Sainte à entreprendre un vaste programme d’interventions dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Les maisons situées dans la vieille ville sont regroupées autour de cours intérieures appelées "hosh" ; ainsi les habitations sont souvent constituées de pièces attenantes sur plusieurs niveaux. A cause de la surpopulation de la vieille ville, ces "hosh" abritent beaucoup de monde dans un espace réduit. Le nombre et la taille des familles vivant dans chaque "hosh" peut conduire à des querelles et discordes entre familles, parfois même au sein d’une même famille. L’humidité et le manque de ventilation résultant de ces conditions de vie et de l’état délabré des logements sont la cause de problèmes de santé.

Pour toutes ces raisons, la qualité de vie dans ces "hosh" est en général plutôt mauvaise. De nombreux logements ayant besoin d’être rénovés afin de rétablir des conditions de vie décentes et salubres, des projets de rénovation ont été créés afin de remédier à ces problèmes et améliorer la qualité des habitations.

La Custodie de la Terre Sainte a défini un plan directeur afin que toutes les mesures possibles soient mises en oeuvre pour rénover ces appartements. L’objectif est de rétablir les conditions d’un meilleur niveau de vie, sans dénaturer l’esprit du site et en tenant compte de la culture locale. Ce projet a pour but principal d’encourager la présence de familles chrétiennes sur la terre de Jésus Christ.

Herro

Situé à la limite entre le quartier chrétien et le quartier musulman, à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem, le bâtiment nommé “Herro” donne sur le souk arabe, sur le tracé de l’antique Cardo Maximus romain qui divisait la Jérusalem antique en deux, du nord au sud.

Le complexe, propriété de la Custodie de Terre Sainte, se trouvait dans des conditions de dégradation avancée : les murs affectés par l’humidité, les poutres du grenier corrodées et risquant de s’effondrer, la toiture vitrée de la cour risquant de s’écrouler et les installations électriques et hydriques obsolètes. La nécessité de restructurer ce bâtiment pour sa propre conservation a permis de revoir entièrement la distribution des espaces, les adaptant aux besoins des habitants : deux appartements ont été élaborés, l’un très grand, pour une famille avec quatre petits enfants et l’autre plus petite, pour une personne seule.

Les travaux ont été réalisés par l’équipe d’ouvriers employés par le bureau technique custodial pour le projet “Jérusalem, pierres de la mémoire” soutenu par l’Association pro Terra Sancta. Une bonne partie des dépenses a été couverte par une donation généreuse de l’Ordre Équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem en France.

Pour de plus amples informations sur ce projet, veuillez cliquer ici



 


Rénovations de maisons à Madaba : un témoignage de solidarité chrétienne

 

21 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

MADABA – Dans la vieille ville de Madaba en Jordanie, de nombreuses familles chrétiennes vivent dans des situations précaires dans d’anciennes maisons délabrées en besoin urgent de rénovation. Le « Projet Rénovation de Maison » a fait naître une solidarité extraordinaire entre chrétiens locaux et a permis de venir en aide aux familles pauvres par la restauration complète de leur habitat. C’est leur offrir par-là de meilleures conditions de vie, mais par-dessus tout de l’espérance et de l’amour, explique dans ce témoignage Reem Sawalha, initiatrice du projet.

« Car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. » (Luc 6,38)

Reconstruire ensemble est bien plus simple que ce que l’on croit !

En tant que Chrétiens, nous connaissons chaque jour des difficultés qui nous appellent à la solidarité pour les affronter et les surmonter.
J’ai reçu une bourse d’études pour aller à l’université et étudier le design. J’ai voulu moi aussi venir en aide aux familles qui en avaient besoin, qui étaient moins chanceuses que moi et qui devaient faire face à des conditions de vie difficiles, en leur apportant mon aide.

Soyons témoins et acteurs de l’amour et de l’harmonie que le Christ Notre Seigneur nous a transmis par ces mots :
Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

Rien de tel pour raviver l’espérance tout en contribuant au bien-être de la société.

Je dirige une petite entreprise de décoration d’intérieur et j’ai la chance de réaliser de nombreux projets chez moi en Jordanie. J’ai ainsi acquis une expérience de onze ans dans le domaine du management, du consulting et de la réalisation d’intérieurs. Mon équipe était vivement intéressée par l’idée d’étendre notre expérience à d’autres projets d’amélioration de l’habitat et des idées DIY (Do It Yourself = faites-le vous-mêmes) pour la rénovation.

Au travers du Projet Rénovations de Maisons, nous nous engageons à améliorer les conditions de vie des familles chrétiennes, pour dissiper les tendances à l’immigration et ainsi, maintenir une présence chrétienne en Terre Sainte. Nous nous attachons à soutenir les familles les plus démunies et à améliorer les conditions de vies des personnes handicapées, des orphelins, des familles les plus pauvres et des personnes âgées.

Notre recherche comprend une étude faite par le Comité fraternel qui utilise de nombreuses techniques analytiques telles que :

  • L’environnement des personnes concernées
  • Leur état de santé
  • Leur situation financière.

Le prêtre de la paroisse a aidé les familles à remplir un dossier complet.

Nous avons mis en place cette méthode pour être à même d’analyser la situation des familles signalées dans le besoin, pour aller ensuite visiter leur maison. Nous pouvions ainsi réunir les fonds nécessaires à chaque réalisation de projet.

Nous avons rencontré pendant ces visites, des familles confrontées à des situations très dures, les empêchant de vivre, d’étudier ou de travailler normalement et donc d’améliorer leur situation financière. Le mauvais état de leur santé était souvent la conséquence de ces conditions de vie. Il y avait par exemple le mari d’une femme atteinte de neurodégénérescence, qui s‘était coincé un disque et souffrait à chaque mouvement. Leur fille était atteinte d’une maladie orpheline paralysante. Dans une autre maison, nous avons rencontré un père atteint de problèmes cardiaques et son fils atteint de paralysie cérébrale partielle. Dans une autre maison encore, une vieille dame seule souffrait de faiblesses dues à l’érosion de ses articulations.

Les bienfaits de ces réhabilitations de maisons sont innombrables : elles permettent à chacun de vivre dans un meilleur environnement pour sa santé, et non plus dans des conditions précaires de négligence et de pauvreté conduisant au désespoir.

Nous croyons que c’est notre mission d’apporter un soutien à ceux qui en ont besoin, nous croyons au droit de chacun de vivre dans des conditions de vie saines. Et c’est ainsi que nous avons choisi de vivre la solidarité avec l’autre.

Nous sommes à la recherche de bienfaiteurs pour soutenir ce projet humanitaire en Terre Sainte. Votre aide et votre soutien améliorent nos chances d’aller toujours plus loin.

Soyons tous ensemble réunis pour le changement. Ensemble, nous pouvons l’impossible. « La valeur ultime de la vie dépend de la conscience et du pouvoir de la contemplation » disait Aristote.

Reem Sawalha



 


Newsletter XXXVIII du Grand Magistère

 

17 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - La Newsletter du Grand Magistère pour le mois d’avril 2015 vient d’être publiée.

Nous vous invitons à consulter cette 38ème Newsletter du Grand Magistère de l’ordre en cliquant ici ou en ouvrant le fichier PDF annexé à cet article. Bonne lecture !

Sommaire

L’Ordre à l’unisson de l’Eglise universelle

  • Face aux persécutions : "ne négligeons pas la force de la prière ! "
  • Deux nouvelles saintes palestiniennes
  • Un jubilé extraordinaire de la miséricorde
  • Des membres de l’ordre parmi les nouveaux cardinaux
  • François sur les pas du bienheureux Bartolo Longo, chevalier de l’ordre
  • Le Saint Suaire, miroir de l’Evangile et icône peinte avec le sang

L’Ordre et la Terre Sainte

  • L’Eglise qui est à Jérusalem prend soin des migrants
  • Un centre chrétien des medias pour faciliter la transmission des nouvelles de la terre sainte
  • Une commission pour l’Université de Madaba

Les actes du Grand Magistère

  • Un nouveau site internet du Grand Magistère
  • Quand nous voyons les projets réalisés …
  • Mgr Scicluna, chevalier, archevêque de Malte
  • Les prochains rendez-vous du Grand Magistère

La vie des lieutenances



 


Condamnation des Chefs des Eglises suite à la profanation du cimetière de Kfar Ber’im

 

17 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

COMMUNIQUE – Le 15 avril 2015, les Chefs des Eglises chrétiennes de Jérusalem ont fermement condamné la profanation du cimetière maronite de Kfar Ber’im en Galilée, survenue la veille. Ils déplorent le manque de réactions et de mesures prises en conséquence par les autorités de la justice et de la police. Ci-dessous, le texte intégral de ce communiqué traduit de l’arabe.

"Nous avons pris connaissance ce matin des actes de profanations que des inconnus ont commis au cimetière de Kfar Bir’im, s’attaquant aux tombeaux et aux croix. Ce n’est pas la première attaque contre le cimetière de ce village vidé de ses habitants.

Hier, le président Israélien Rivlin a rendu visite aux Chefs des Eglises de Jérusalem, afin de leur présenter ses vœux à l’occasion de la fête des Pâques que nous avons célébrée récemment. Il a souligné que n’importe quelle attaque touchant aux lieux saints chrétiens ou musulmans est comparable à une attaque qui touche aux lieux saints juifs.

Nous n’avons eu cesse d’entendre des déclarations similaires ces dernières années. Cependant, les attaques se poursuivent et nous n’avons jamais constaté une prise de mesure sérieuse, ni au niveau de la poursuite de ces criminels et de leur présentation devant la justice, ni au niveau de l’éducation de tous au respect de l’autre et de ses lieux sacrés.

Alors que nous attendons de l’Etat israélien d’établir la justice envers les villages abandonnés, et surtout à Kfar Bir’im et Ekret, au moins par respect de la décision publiée par la Cour Suprême Israélienne en 1952 (!!!), nous revendiquons à l’Etat le devoir d’établir la justice et de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la répétition de ces attaques contre les lieux saints.

Le Conseil des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte, exprime sa totale solidarité avec les personnes originaires de ce village abandonné, et surtout avec les familles des morts dont les tombes ont été vandalisées la nuit dernière. Les membres du Conseil prient le Très Haut et Tout-Puissant, afin que les responsables comprennent la gravité de ces attaques, et qu’ils prennent ensuite les mesures nécessaires pour arrêter toutes ces attaques qui visent les lieux saints dans notre Terre Sainte."

Source : www.lpj.org



 


Le Président israélien, hôte surprise des vœux de Pâques

 

17 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Le 14 avril 2015, Monsieur Reuven RIVLIN, président de l’Etat d’Israël, s’est rendu au Patriarcat grec-orthodoxe en même temps que le Patriarche Twal et les autres Chefs des Eglises de Jérusalem pour adresser ses vœux de Pâques aux Chrétiens.

Une effervescence peu habituelle régnait autour du Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem pour des vœux de Pâques, qui pourtant sont répétés chaque année. Et pour cause, la visite du président de l’Etat d’Israël, Monsieur Reuven Rivlin.

Ce dernier a accompagné les Chefs des Eglises de Jérusalem – hormis le Custode et les Arméniens – pour adresser à l’Eglise grecque-orthodoxe et à son Patriarche, Théophile, une heureuse fête de Pâques. Un déplacement important de la part du président pour saluer la minorité chrétienne qui, démographiquement est petite à côté des communautés juives et musulmanes, mais qui assure une présence importante à travers l’accueil sur les Lieux saints, ou son travail dans les domaines de la santé ou de l’éducation.

Dans leurs interventions respectives, le Patriarche Théophile, le Président Rivlin et le Patriarche latin Fouad Twal, ont insisté sur l’importance de protéger les Chrétiens au même titre que les Musulmans et les Juifs. Le Patriarche Théophile a notamment remercié le président d’Israël pour ses fermes condamnations de toutes les attaques antireligieuses perpétrées les derniers mois, et de tous les fondamentalismes qui surgissent.

"De tels crimes ne doivent pas avoir lieu, a répondu M. Rivlin, ni sur le Mont Sion, ni sur le Mont des Oliviers, ni dans les synagogues, ni dans les mosquées, ni dans les églises [...] Nous vivons dans une réalité politique et religieuse complexe, a poursuivi le président, spécialement ici à Jérusalem, la cité de la paix, la cité de Dieu. […] Nos relations ont été maintenues grâce au Statu quo. Ce n’est pas une obligation officielle, c’est un signe de compréhension mutuelle entre les différentes communautés".

Ensemble, les Chrétiens ont appelé que, sous le mandat de ce président récemment élu, la paix soit enfin trouvée entre la Palestine et Israël. La conclusion du Patriarche latin, Mgr Twal, allait dans ce sens : "... Essayons de devenir, depuis Jérusalem, des bâtisseurs de la paix, et les protagonistes d’un authentique dialogue interreligieux".

Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org



 


Une pensée pour le temps pascal !

 

14 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME - Vous trouverez ici quelques réflexions du cardinal Edwin O’Brien, Grand Maître de l’Ordre du Saint-Sépulcre à l’occasion du temps pascal.
Ce document intitulé "Une pensée pour le temps pascal" est destiné à nous aider à réfléchir sur notre mission spirituelle et à l’approfondir, dans la lumière de la Résurrection.

Chers Chevaliers, chères Dames

Maintenant que nous sommes au temps pascal, je vous souhaite à tous une Buona Pasqua et vous offre une réflexion personnelle sur ce que ce temps signifie pour nous, surtout à la lumière de la crise dans la Terre Sainte et au Moyen-Orient.

Le changement de l’atmosphère spirituelle ne pourrait pas être plus frappant. En une nuit, en réalité. À la veille de Pâques, pour être précis. Les différents textes liturgiques du Triduum pascal racontent tout :

  • De l’échec du Vendredi Saint et du désespoir presque complet : « Il a été maltraité … comme un agneau conduit à l’abattoir … il n’ouvre pas la bouche … Arrêté, puis jugé, il a été supprimé ... retranché de la terre … On l’a enterré avec les mécréants ».
  • en passant par le vide stérile du Samedi Saint : « Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude ».
  • et enfin, la Bonne Nouvelle de Pâque : « Il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé ». Alléluia, alléluia, alléluia !

Est-ce que l’événement monumental de Pâques a produit un changement similaire dans l’esprit spirituel des catholiques croyants ? Plus précisément, parmi nous – les 30 000 femmes et hommes qui composent l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem ? Si une sorte de nouveau réveil spirituel n’a pas lieu parmi nous – du Carême à Pâques, du Vendredi Saint à la Veillée pascale dramatique et dans tous les jours du Temps pascal –, je suggérais que nous avons manqué d’une manière ou d’une autre dans notre priorité vouée de Chevaliers et de Dames, et au but principal de l’Ordre : « renforcer la pratique de la vie chrétienne parmi ses membres ... ».

Comme membres de l’Ordre, notre pratique de la vie chrétienne ne pourrait-elle pas nous suggérer d’être attentifs aux événements tragiques qui se déroulent tous les jours en Terre Sainte ? et à nos frères et soeurs souffrants qui s’y trouvent ? En effet, notre identité de Chevaliers et Dames, tout comme notre solidarité baptismale avec eux, exigerait cette attention.

Depuis qu’il est devenu notre Saint-Père, François a souvent parlé de la situation désespérée de nos frères et soeurs chrétiens en Terre Sainte et de la nécessité que tous les chrétiens du monde s’identifient à eux.

Lors de sa visite à la basilique du Saint-Sépulcre, au cours de son pèlerinage en Terre Sainte, en mai dernier, il a rappelé à tous les chrétiens que « chacun de nous, chaque baptisé dans le Christ, est spirituellement ressuscité de ce tombeau, puisque dans le Baptême nous avons tous été réellement incorporés au Premier-Né de toute la création, ensevelis ensemble avec Lui, pour être avec Lui ressuscités et pouvoir marcher dans une vie nouvelle ».

A cette occasion, côte à côte avec Sa Sainteté Bartholomée, Patriarche oecuménique de Constantinople, François a parlé d’un oecuménisme unique, auquel notre baptême nous lie avec tous les chrétiens, et en particulier avec ceux qui souffrent pour leur foi dans le Christ : « Quand des chrétiens de diverses confessions se trouvent à souffrir ensemble, les uns à côté des autres, et à s’entraider les uns les autres avec une charité fraternelle, se réalise un oecuménisme de la souffrance, se réalise l’oecuménisme du sang, qui possède une particulière efficacité non seulement pour les contextes dans lesquels il a lieu, mais aussi, en vertu de la communion des saints ».

En particulier, la décapitation de 21 frères coptes orthodoxes, ne nous parle-t-elle pas d’un oecuménisme de la souffrance et du sang ?

Le Pape semble suggérer que les grâces baptismales qui coulent du tombeau vide unissent tous les chrétiens entre eux, nous incitant et nous donnant la force de prendre part à la souffrance et à la mort de Jésus, qui continue même en ces jours dans le génocide des chrétiens de toute confession aux mains des extrémistes. Avec quelle acuité, nous qui appartenons à ce pays, sentons-nous vraiment la douleur de ces saints de notre époque ? Est-ce que nous partageons avec eux un vrai sens de solidarité baptismale et comment l’exprimons-nous ?

Et que dire des millions de réfugiés sans abri, qui attendent – trop souvent en vain – pour un signe de solidarité chrétienne envers eux. Le Jésus des évangiles n’est jamais indifférent à la souffrance des autres. Il en est bouleversé et même ému jusqu’aux larmes : n’est-ce pas une leçon pour nous ?

Sûrement, l’évocation de la souffrance de saint Paul dans sa lettre aux Colossiens est aujourd’hui très pertinente : « ... je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Église » ! Un écrivain moderne fait écho à cette pensée : « Le Christ sera en agonie jusqu’à la fin du monde ».

Cet accent mis sur le lien intime que le baptême opère avec le tombeau de la Résurrection et avec nos frères chrétiens, chassés de leurs maisons, qui souffrent la persécution et le martyre au Moyen-Orient doit avoir un impact particulier sur les membres de notre Ordre.

Au cours de l’audience de notre Ordre, il y a 18 mois, à Rome, notre Saint-Père nous a rappelé que « des liens antiques vous lient au Saint-Sépulcre, mémoire éternelle du Christ crucifié qui y a été déposé et du Christ ressuscité qui a vaincu la mort ».

Comment pourrions-nous exprimer ces liens et les consolider durant le temps pascal ?

Tout d’abord, spirituellement : nos liturgies eucharistiques, dont les lectures en ce temps pascal sont si essentielles, offrent à nos membres une précieuse occasion d’approfondir notre solidarité baptismale avec d’autres chrétiens qui partagent avec nous notre dévotion au Saint-Sépulcre. La méditation quotidienne sur les lectures de chaque jour – avec l’aide de l’Esprit Saint – va sûrement approfondir notre appréciation pour le Sacrement pascal et sa signification pour chacun d’entre nous. La participation régulière à la messe chaque semaine devrait être une caractéristique de chaque Chevalier et Dame du Sépulcre.

Plus concrètement, bien que ce ne soit pas le rôle de nos Lieutenances respectifs de recommander des mesures politiques à leurs gouvernements, ne devrions pas nous encourager les membres individuels à demander l’assistance dont les pays d’accueil ont tant besoin pour répondre aux nécessités des personnes déplacées dans leurs régions ?

Les membres doivent être conscients de l’appel que le Pape François a adressé à la communauté internationale d’utiliser de manière proportionnée et avec discernement la force militaire pour protéger les minorités religieuses et les civils. Dans l’actuelle méga-crise, les communautés devraient également envisager d’offrir des possibilités de réinstallation aux dizaines de milliers de réfugiés qui ne peuvent rentrer chez eux.
À la lumière de tout cela, nous pourrions poser une double question :

Comment nos objectifs et programmes ont-ils été rajustés à la lumière de la persécution continue au Moyen-Orient ? Faisons-nous assez pour rendre nos membres conscients de l’expansion cette catastrophe ?

Il ne s’agit pas de mettre en question les énormes contributions de nos Lieutenances et des membres individuels pour la stabilité en Terre Sainte et pour le soulagement spirituel et matériel des chrétiens dans le Patriarcat latin et au-delà. Plus que jamais, cette aide est nécessaire, et elle est toujours reçue avec une profonde gratitude.

Très souvent, quand je considère la destruction insensée des extrémistes au Moyen-Orient, mon esprit se tourne vers le Psaume 74, que nous prions régulièrement à l’office divin. Ce psaume exprime les cris désespérés des fidèles à Jérusalem, témoins de la destruction effrénée du Temple et la ville sainte elle-même par l’ennemi. Au début :
« L’ennemi dans le sanctuaire a tout saccagé ... ils brisaient les portails à coups de masse et de hache ... O Dieu, ils ont livré au feu ton sanctuaire ... ils ont dit dans leur coeur, brûlons brûlé dans le pays tous les lieux saints de Dieu ».
Puis, une demande :
« Pourquoi, Seigneur, retenir ta main ? ... Ne livre pas Israël, ton bien-aimé, à l’épervier ».
Et une lueur d’espoir :
« Pourtant, Dieu, notre roi dès l’origine, notre aide dans tout le pays ».

Mes frères et soeurs, c’est Pâques. Nous avons traversé le désespoir presque complet du Vendredi Saint et, avec la Résurrection et tombeau vide, nous aussi avons des raisons d’espérer. Saint-Paul a assuré l’Église des Éphésiens dans sa lutte, et de la même façon il nous rassure aujourd’hui :

Puisse-t-il illuminer les yeux de votre coeur pour vous faire voir … quelle extraordinaire grandeur sa puissance revêt pour nous, les croyants ... Dieu a mis ce pouvoir à l’oeuvre dans le Christ ... il l’a donné, au sommet de tout, pour tête à l’Église qui est son corps.

C’est vers ce Christ que nous devons constamment nous tourner – le Christ qui nous promet : « Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde ».

Merci, que Dieu vous bénisse tous en particulier en ces journées riches de Pâques.

Rome, le 12 avril 2015

(s)Edwin Cardinal O’Brien



 


Une "clinique mobile" pour Gaza

 

12 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

GAZA - Caritas Jérusalem disposera désormais d’une nouvelle clinique mobile destinée à fournir des services médicaux et sanitaires aux habitants de la bande de Gaza. Le protocole du projet, réalisé en partenariat avec la Banque de Palestine, a été signé ce mardi 7 avril 2015 à Ramallah.

L’idée est née de l’urgence humanitaire de la bande de Gaza qui peine à se relever de la guerre de l’été dernier. « Nous avions déjà une clinique mobile, mais elle est tombée en panne, explique le Père Raed Abusahliah, Directeur général de Caritas Jérusalem, du coup nous avons fait recours à la Banque de Palestine pour nous aider à continuer ce service à Gaza. »

L’initiative a pu être réalisée grâce notamment au soutien financier offert par la Banque de Palestine. Le protocole du projet réalisé en partenariat entre la Banque et Caritas a été signé ce mardi 7 avril 2015 par le Père Raed Abusahliah, et Hashim Sawa, Président de la Banque de Palestine, au siège de l’institut bancaire de Ramallah.

L’accord de collaboration prévoit l’achat par la banque des unités mobiles tandis que Caritas concevra et gérera les programmes d’intervention qui iront renforcer les initiatives de soutien humanitaire déjà mises en place par Caritas au profit de la population de la bande de Gaza dans le domaine alimentaire, éducatif et psychosocial.

« La clinique mobile, explique le Père Raed, mettra à disposition une équipe de six personnes, un staff complet c’est-à-dire un chauffeur, un médecin, une infirmière, un psychologue…etc, ainsi que tout équipement médical nécessaire. Elle va nous permettre d’aller rendre service dans des zones où le gouvernement ne va pas. La clinique desservira une zone où habitent 80,000 personnes, et nous permettra de soigner une cinquantaine de personnes par jour. »

Elle sera la « branche mobile » de la plus grande clinique tenue par Caritas à Gaza, qui se trouve au Camp Al-Shate’ et détient une équipe de 18 personnes. « La clinique mobile donnera la priorité aux enfants et aux femmes enceintes, offrant des premiers secours et des examens médicaux de laboratoire. Mais elle offrira également les examens nécessaires aux personnes âgées » souligne le Père Raed.

Caritas Jérusalem a déjà employé 1 million de dollars dans le cadre des interventions et programmes réalisés surtout au profit des évacués, des enfants et des personnes ayant été les plus largement touchées par la guerre de juillet-août 2014.

Myriam Ambroselli pour www.lpj.org
Source : @CaritasJLM



 


Emmaüs : Ils Le reconnurent à la fraction du pain

 

7 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

EMMAÜS - Le lendemain de la fête de Pâques, les Chrétiens de Terre sainte se réunissent avec les franciscains de la Custodie à Emmaüs (actuellement Qubeybeh), pour faire mémoire de la manifestation du Seigneur ressuscité aux deux disciples d’Emmaüs, Cléophas et Simon.

Ce lundi 6 avril, les bus de pèlerins se dirigèrent vers Emmaüs Qubeybeh pour une messe pontificale suivie par la bénédiction du pain, présidée par le père Pierbattista Pizzaballa, Custode de Terre Sainte. Aussitôt le barrage israélien passé, ce fut le changement de décor : la route sinueuse menant au sanctuaire d’Emmaüs alterne maisons en pierres blanches et oliviers plantés dans une terre rouge. Le sanctuaire se fond dans ce paysage pastoral et offre une atmosphère familiale et un cadre reposant.

La messe débuta au chant de l’alléluia. Les prières en arabes, latin, et italien permirent à l’assemblée de s’y unir. “Le Christ ne nous lâchera pas, même dans le doute !” prêcha frère Ramzi Sidawi, OFM. “Nous avons tous fait le chemin de Cléophas et Siméon, nous pouvons tous être dans le doute. Marchons avec lui, et c’est dans les Écritures et sur notre chemin quotidien dans la foi qu’il nous rejoindra !”

Après la communion, ce fut la bénédiction du pain, distribué par le Custode à chaque fidèle présent, parmi lesquels se trouvait Maya, une jeune de la paroisse de Jérusalem. “Certes, je suis une locale et l’émotion est peut-être moins fraîche que celle d’un pèlerin, confit-elle, je dois donc faire l’effort de me mettre à sa place. Les pèlerins contribuent à la foi des locaux, et notre présence les conforte. Nous nous nourrissons l’un l’autre.”

Frère Firas Hijazin, OFM expliqua que s’il devait résumer la Semaine sainte en ce lundi de Pâques ce serait en “un appel à une nouvelle humanité : le monde a besoin d’une nouvelle direction, car nous vivons des temps difficiles mais nous devons les vivre dans l’espérance, dans la prière, et la solidarité. Cette solidarité, a-t-il conclu, se manifeste avec la présence des pèlerins du monde entier, car tout chrétien est gardien de la Terre sainte. “

L’assemblée fut invitée à déjeuner et à profiter du beau temps. Certains restèrent à l’ombre, d’autres s’allongèrent sur l’herbe, d’autres encore profitèrent de la vue admirable qu’offre la terrasse sur les vallées en direction de la méditerranée.



 


Affaire Crémisan : la Cour Suprême Israélienne annule la construction du Mur

 

3 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BEIT JALA - En ce Jeudi Saint 2 avril 2015, après neuf ans de bataille juridique, la Cour Suprême Israélienne a finalement rendu son verdict final sur la vallée de Crémisan, menacée depuis 2006 par le projet de construction du Mur de Sécurité. Le Patriarcat latin salue ce verdict qui tombe en faveur des chrétiens de la région.

Un tel projet aurait eu pour conséquence l’expropriation de terres appartenant à 58 familles chrétiennes de Beit Jala, ainsi que la séparation de deux couvents salésiens.

La Cour Suprême a finalement accepté la pétition contre la construction du Mur, et par conséquent l’armée israélienne devra renoncer à un tel projet, que la Cour a jugé « nuisible à la population locale et aux monastères de la vallée », soulignant que « le tracé du mur tel que suggéré par le Ministère Israélien de la Défense, n’est pas une alternative unique qui permettrait d’assurer la sécurité tout en étant le moins nuisible possible conformément à la Loi Administrative Israélienne » (Compte-rendu de la Société Saint Yves).

La décision finale de la Cour signifie que le Mur ne sera pas construit tel que le prévoyait l’Armée Israélienne. Une belle victoire et une consolation pour tous ceux, engagés depuis 2006 dans un combat juridique des plus complexes.

Le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, s’est rendu à Crémisan cet après-midi même pour une conférence de presse, en présence des trois maires de la région, les maires de Bethléem, Beit Jala et Beit Sahour, et de plusieurs personnalités religieuses et politiques.

Sa Béatitude a souhaité remercier chaleureusement tous ceux qui se sont au fil des années engagés auprès de la communauté chrétienne de Terre Sainte, à l’échelle locale et internationale, notamment la paroisse de Beit Jala, la société Saint-Yves, la Secrétairerie d’Etat, les Conférences Episcopales des Etats-Unis et d’Europe, les Consuls de Jérusalem, les pères salésiens, les avocats engagés ainsi que les trois maires de la région qui ont rendu visite au Saint Père un mois auparavant pour plaider cette cause.

Grâce au nombre immense de ceux qui se sont engagés pour cette cause, la voix des familles de Crémisan a pu être entendue sur la scène internationale. Côté israélien, cette cause a reçu également un important soutien, notamment de la part d’avocats et même d’anciens militaires et de rabbins. Sa Béatitude a salué là « une victoire pour la justice israélienne elle-même puisqu’elle a eu le courage de prendre une pareille décision. »

Ce dernier a rappelé également « l’efficacité de la prière » et comment l’ancien curé de Beit Jala a persévéré pendant des années à célébrer, sur place, la messe chaque vendredi en présence de dizaines de paroissiens et de gens de toute religion.

Le Patriarche, en ce Jeudi Saint, premier jour du Triduum pascal, a terminé en soulignant que cette nouvelle constitue « un joyeux signe de la Résurrection » pour les chrétiens de Terre Sainte.

Sources : www.bbc.com, www.lpj.org et Radio Vatican



 


Resurrexit sicut dixit : Alléluia ! Alléluia !

 

5 avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Veuillez trouver ci-joint l’homélie du patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, prononcée au cours de la messe de la Résurrection au Saint Sépulcre, le 5 avril 2015. Bonne lecture, et joyeuse fête de Pâques !

Homélie de Pâques 2015

En ce jour glorieux, nous revivons dans cette Basilique du Saint Sépulcre la joie de Pâques, celle du Christ ressuscité, vraiment ressuscité et qui « nous précède en Galilée » (Mt 28, 7).

A tous je souhaite une belle et sainte fête de la Résurrection ! Nous sommes chaque jour au Moyen Orient, témoins d’événements tragiques qui nous rendent encore contemporains du Calvaire. Mais notre joie et notre foi dans le Ressuscité, « nul ne peut nous l’enlever » (Jn 16, 22), car le Seigneur nous invite dès aujourd’hui, même au milieu des difficultés qui sont les nôtres, à goûter les prémices de sa Résurrection.
Lorsque les femmes disciples de Jésus se rendent au Tombeau pour oindre d’aromates le corps du Crucifié descendu de la Croix (Mc 16, 1-2), elles trouvent un Sépulcre ouvert et vide, et un « homme vêtu de blanc » leur disant « vous cherchez Jésus le de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici » (Mc 16, 6-7). Elles sont alors saisies par la peur et la stupéfaction avant de quitter le Tombeau pour rapporter aux disciples ce qu’elles ont vus et entendu (Mt 28, 8).

Aujourd’hui, nous sommes des milliers à chercher le visage du Christ, Sa Parole et sa Paix. Et nous peinons à Le trouver dans ce monde, comme si rien ne pouvait nous abreuver, ni les discours politiques, ni le monde économique, ni même notre entourage quelquefois. Comme les femmes au tombeau, la peur nous envahit devant ce vide. Car ce tombeau, frères et sœurs, où passent chaque jour des milliers de personnes en quête de Dieu, ne contient plus le corps du Crucifié. Dieu n’est pas forcément là où nous le cherchons. Il n’est pas dans des recoins obscurs et isolés, il est juste à côté de nous, dans notre frère, notre voisin ! Nous sommes invités, à la suite des disciples stupéfaits devant le Tombeau vide, à grandir dans notre relation avec Jésus et à devenir annonciateurs et témoins de la Bonne Nouvelle, pour comprendre enfin que nous trouverons Dieu dans nos frères, en répandant et partageant la Joie d’être sauvés. Même lorsque les ténèbres du Vendredi saint de la mort nous accablent et assombrissent nos cœurs et notre pays, croyons et chantons : le Christ est ressuscité Alléluia !

Pour cela, frères et sœurs, il nous faut vivre le premier miracle de la Résurrection, un changement radical du cœur, une conversion, à la suite du centurion romain au pied de la Croix qui réalisa : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu » (Mc 15, 39). Il y a la conversion des soldats, mais aussi celle des disciples réunis au Cénacle et enfermés dans la peur. La Résurrection les a transformés et ils sont devenus témoins, témoins heureux de souffrir pour le Christ.

Nous espérons chanter avec eux un jour notre Alléluia et partager avec eux et tous les saints, avec nos deux futures saintes palestiniennes Mariam et Marie-Alphonsine, la Gloire éternelle. Enterrons donc dans le Tombeau du Christ nos inclinations mondaines, nos incohérences, nos divisions religieuses, notre violence, nos manques de Foi et nos peurs. Nous devons nous « dépouiller du vieil homme et revêtir l’Homme Nouveau qui a été crée selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité » (Ep 4, 22), croire au Bien, croire que la Paix est possible, pour recevoir enfin « la vie en abondance » (Jn 10,10).

De ce Tombeau sont sorties la Lumière et la Paix. Et aujourd’hui, d’ici encore, de cette Terre Sainte si violentée, la Lumière et la Paix doivent jaillir à nouveau. Implorons la grâce du Seigneur pour la Terre Sainte et pour le monde entier.

Armons-nous, frères et sœurs, de Foi, de courage, et de la joie de notre rencontre avec Jésus, pour annoncer à tous nos frères sa Résurrection et sa victoire. Chrétiens, nous sommes appelés au cœur de cette région du Moyen Orient, secouée par les guerres et ensanglantée par la violence, à être des signes de contradictions, des signes d’Espérance au-delà de tout. Notre avenir dans cette région et dans ce monde est incertain voire même obscur, mais n’ayons pas peur, le Christ nous avait prévenu et Il est « avec nous, jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20).

Les politiques et la Communauté internationale ne se préoccupent que peu de notre liberté et de notre sort. Les intérêts personnels écrasent la bonne volonté de ceux qui souhaitent la paix et la justice.

Mais les martyrs contemporains ne cessent de témoigner de la Résurrection du Christ, tout comme les processions, les pierres de Jérusalem, les réfugiés irakiens et syriens, qui ont tout perdu à cause de leur Foi, les prisonniers au nom du Christ, sont des témoignages que notre Seigneur est bien vivant. A leur suite, avec les bienheureuses Mariam et Marie-Alphonsine qui intercèdent pour nous, devenons de vrais témoins.
En cette année de la consécration, chers frères et sœurs consacrés, ravivons aussi la joie de notre premier appel, revenons vers Dieu et devenons des disciples fidèles au service de notre Eglise de Jerusalem et de nos frères.

Nombreux sont ceux qui viennent en Terre Sainte pour chercher le Christ, tout en essayant de trouver ou retrouver leurs racines. Nos racines sont ici, au sein de l’Eglise-Mère, sur le Mont Golgotha et dans ce Tombeau vide. Pour cela, notre responsabilité est grande et malgré toutes les difficultés et les malheurs qui nous frappent, persévérons à garder ferme notre Espérance et vive notre joie. Le Christ vivant triomphe toujours du mal.

Chers Frères et Sœurs, chers amis malades, âgés et prisonniers,
A vous chers fidèles refugiés, qui vivez un Vendredi saint apparemment sans lendemain, à cause des injustices et de la violence,
A tous ceux qui ne peuvent goûter la joie de Pâques,
A vous qui n’avez pu arriver jusqu’à ce Saint Sépulcre pour partager avec nous cette fête,
Pour vous, j’élève ma prière dans l’Espérance que vous jouissiez de la Paix de la Résurrection. Que cette Paix emplisse votre cœur d’amour, de solidarité, par la force du Christ ressuscité qui veut nous ressusciter avec Lui (Phil 3, 10-11).
Le Seigneur est ressuscité. Allez et annoncez cette Bonne Nouvelle au monde entier.

Oui Jésus est vraiment ressuscité. Amen. Alléluia !

+Fouad Twal, Patriarche latin



 


... Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau ...

 

18 avril 2014 2014 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD



 


Quête du Vendredi Saint : l’URGENCE !

 

1er avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Comme de coutume chaque année, une quête en faveur de la Terre Sainte aura lieu dans toutes les églises catholiques le vendredi saint. En cette période particulièrement tragique pour le Moyen-Orient, l’Eglise invite les fidèles à manifester généreusement leur soutien aux communautés locales et au maintien des Lieux Saints.

Mgr Shomali, évêque auxiliaire de Jérusalem et de Palestine, souligne “l’urgence” particulière de la collecte 2015.

Ces derniers temps, et depuis son voyage en Terre Sainte en mai 2014, le Pape François a multiplié les gestes et les appels en faveur des chrétiens de cette région du monde, dont « la souffrance crie vers Dieu ».

Dans une lettre aux évêques du monde entier, le préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, le cardinal Leonardo Sandri, a brossé un tableau dramatique de la situation en Irak et en Syrie où le sang ne cesse de couler et où des innocents sont persécutés et tués. Les réfugiés irakiens et syriens se comptent désormais par millions. Des milliers sont réfugiés en Terre Sainte, en Jordanie, accueillis dans les paroisses et les écoles du Patriarcat latin, créant des besoins importants et urgents pour le diocèse et pour ses institutions d’accueil sur le terrain, notamment Caritas.Retour ligne automatique
Les recettes de cette collecte qui aura lieu dans le monde entier seront affectées à Jérusalem, à la Palestine et Israël, à la Jordanie, à Chypre, à la Syrie, au Liban, à l’Egypte, à l’Ethiopie et à l’Erythrée, à la Turquie, à l’Iran et à l’Irak.

Par ce geste, l’Eglise souhaite aussi appeler les chrétiens de Terre Sainte à résister dans la mesure du possible à la tentation de l’émigration, en leur montrant comment les fidèles du monde entier se montrent sensibles à leur sort. Cette quête assurer aux chrétiens des conditions de vie plus dignes et leur permettre ainsi de rester, notamment par la création d’emplois, la restauration des logements et l’aide à la scolarisation. Dans sa lettre, le cardinal Leonardo Sandri souligne ainsi que la quête pour la Terre Sainte, cette année, est plus que jamais une occasion précieuse pour devenir des pèlerins de la foi et pour la promotion du dialogue par le partage et la prière. « Le petit troupeau des Chrétiens, répandu dans tout le Moyen-Orient est appelé, écrit-il, à être artisan de paix, de réconciliation et de développement, à promouvoir le dialogue, et à construire des ponts, selon l’esprit des Béatitudes ». Le cardinal Sandri souhaite donc que cette quête reçoive un accueil généreux de la part de toutes les Eglises locales afin de répondre aux besoins spirituels et matériels de la vie ecclésiale en Terre-Sainte.

Des besoins d’autant plus urgents cette année où la région est plongée dans une escalade de violence inouïe et où l’existence même des chrétiens au Moyen Orient est en péril. “L’urgence vient du fait que le Moyen Orient passe par une épreuve sans précèdent, souligne Mgr Shomali, Vicaire patriarcal à Jérusalem et en Palestine, et que les besoins sont plus forts que jamais surtout pour les refugiés syriens et iraquiens, sans parler des églises, écoles et maisons détruites. La question c’est d’être ou de ne pas être comme avait dit Shakespeare.”

MyriamAmbroselli (www.lpj.org)



 


"Un Amour Absolu " : immersion dans le monastère de Bet Gemal

 

1er avril 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TELEVISION - "Un Amour Absolu", un documentaire en immersion dans le monastère de Bet Gemal, en Terre Sainte, a été choisi par Arte pour célébrer Pâques, il sera diffusé le 3 avril à 23h10 ! Il sera ensuite consultable en replay.

À Bet Gemal, un monastère isolé en Israël, la réalisatrice, Stéphanie Pillonca-Kervern, a filmé pour la première fois les Petites Soeurs de Bethléem, au sein desquelles sa cadette a pris les ordres. Une immersion sensible dans leur « vie de silence, de prière et de solitude ».

En Israël, sur une petite colline boisée de pins qui domine des terres arides, le monastère de Bet Gemal accueille la communauté des Petites Sœurs de Bethléem. Toutes ont renoncé au monde moderne, quittant pays, famille et amis pour offrir leur vie à Dieu, souvent contre la volonté de leurs proches. Prière, poterie, jardinage, peinture, étude de textes bibliques, cuisine : chacun de leurs gestes est tourné vers un Seigneur auquel elles se vouent corps et âme. Jusqu’à l’arrivée de la réalisatrice, elles n’avaient jamais été filmées.

Intériorité

« Il y a neuf ans, ma petite sœur a rejoint le monastère Notre-Dame de l’Assomption, en Terre sainte. Sa décision m’a laissée sans voix, puis j’ai fini par l’accepter. » Au fil de ses visites, la réalisatrice Stéphanie Pillonca-Kervern (Je marcherai jusqu’à la mer) est tombée amoureuse du lieu, de ses hôtes et de sa douce atmosphère. À force de temps et de patience, elle a gagné la confiance des sœurs et obtenu l’autorisation de filmer. Baigné par une lumière diaphane, le documentaire dévoile avec une infinie délicatesse les rites immuables des moniales, entre silence, solitude et joyeuse sérénité.

Au plus près des visages habités et des mains au travail, la réalisatrice nous offre une fascinante plongée dans l’intériorité de ces femmes, souvent jeunes, qui veulent croire à un monde meilleur dans une région ravagée par les conflits.

Source : ARTE



 


"Au son des tambours et des flûtes, acclamez votre Roi, le Sauveur"

 

30 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM – Pour entrer dans la Semaine Sainte, de nombreux chrétiens du diocèse de Jérusalem et du monde entier ont pris part à la traditionnelle procession des Rameaux. Cet événement est l’une des rares grandes manifestations publiques de Chrétiens dans la Ville Sainte.

Il n’est pas commun de bloquer à la fois le tramway et la circulation des axes qui longent les remparts de la Vieille Ville depuis la Porte des Lions jusqu’à la Porte Neuve. Mais cela arrive pourtant une fois par an, à l’occasion de la procession des Rameaux suivie de la grande parade des scouts chrétiens.

Partie de Bethphagé pour arriver à l’église Saint Anne, la procession était assez courte cette année. Selon certaines sources, il n’y avait pas plus de 15 000 personnes. La forte chute du nombre de pèlerinages, conséquence de la guerre de Gaza et des échauffourées à Jérusalem, est sans doute l’un des principaux facteurs de cette réduction d’effectifs.

Cela n’a pas empêché les paroisses, venues en nombre des territoires grâce aux nombreux permis délivrés, de célébrer en grande fête l’entrée du Sauveur à Jérusalem. Chants, danses, prières… Les Chrétiens étaient heureux de se rassembler pour témoigner de leur foi. Le soulagement de beaucoup était palpable. Le Patriarche de Jérusalem a lui-même rappelé dans une allocution que « nos peuples, en Terre Sainte et dans le Moyen Orient, vivent un Golgotha sans fin, comme si notre chemin de Croix avait commencé sans jamais cesser ». Pourtant la communauté chrétienne de Jérusalem ne cache pas sa joie ni sa foi, sous les regards intéressés et mêmes approbateurs de familles musulmanes intriguées par cette grande parade.

Comme en réponse à cette joie, le patriarche latin, Mgr Fouad Twal, a conclu la procession par ces mots : Retournons donc à nos maisons et à nos paroisses, remplis d’Espérance et de la Confiance en Notre Seigneur Jésus Christ Ressuscité d’entre les morts, qui nous disait : « n’ayez pas peur, je suis avec vous ».

Le matin, les solennités de la Semaine Sainte ont commencé par la messe au Saint Sépulcre avec une procession des Rameaux autour de l’Edicule et par la messe célébrée par le Patriarche Twal. La paroisse Saint Sauveur de Jérusalem a également célébré la solennité dans une église comble, remplie d’enfants avec leurs parents. Dans d’autres paroisses du diocèse, certains attendront la semaine prochaine pour brandir et bénir les rameaux en même temps que les Orthodoxes, c’est-à-dire une semaine plus tard cette année. A Jérusalem, l’existence du Statu quo empêche tout changement de date.

Pour lire l’homélie du Patriarche : cliquez ici
Sources : radio Vatican, www.lpj.org (Pierre Loup de Raucourt) et Christian Media Center



 


Annales 2014 de l’Ordre du Saint-Sépulcre

 

26 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

ROME – Voici les Annales 2014 de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre. Dans de longs articles généreusement illustrés, ils reviennent abondamment sur la visite du pape François en Terre Sainte, sur la vie de l’Ordre et sur la situation des Chrétiens d’Orient. Bonne lecture !

Pour consulter les annales 2014, cliquez ici ou retrouvez les en annexe de ce message.



 


Semaine Sainte : se préparer avec le chant (audio)

 

25 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

BEIT JALA – Depuis quelques années, le Séminaire du Patriarcat Latin publie une œuvre musicale unique pour la liturgie latine en arabe. Ecoutez des extraits de quelques pièces à la fin de cet article. Ils contiennent les parties fixes traditionnels des grandioses cérémonies par lesquelles l’Eglise célèbre la Passion du Christ et Sa Résurrection.

C’était à la fin de l’hiver de l’an 2006. Un groupe de séminaristes, avec l’accord et le soutien de leurs supérieurs, ont décidé de faire un cadeau pour le diocèse et les paroisses. Leur but unique était d’aider les fidèles à approfondir ce qui constitue le cœur même de leur Foi, c’est-à-dire la passion du Christ, sa mort et sa résurrection, et de célébrer cet Amour divin à travers la Sainte Liturgie, avec la dignité qui lui convient.

« Liturgie » est un mot qui vient du grec, et qui signifie littéralement : « le service du peuple ». Dans le Christianisme, ce terme signifiera le service unique que le peuple fidèle va offrir exclusivement à Dieu seul. Et ce service, que le peuple, et le prêtre en son nom, vont offrir contiennent, entre autre, les chants.

Le chant est un instrument mis entre les main des hommes avec lequel ils peuvent mieux exprimer les émotions et les sentiments qui habitent leurs cœurs. L’homme content chante, l’homme en détresse chante et l’homme amoureux chante aussi ! Loin d’être seulement des pièces de théâtre, ceux qu’on appelle les « cérémonies » liturgiques sont des « moments » que le fidèle veut consacrer à Dieu seul, en union avec toute l’Eglise, et ses frères les autres fidèles. Elle est donc autre chose que la prière personnelle, du cœur à cœur avec Dieu en cachette, mais la prière liturgique a du sens parce qu’elle trouve sa source dans la prière personnelle, et amène enfin vers elle.

La liturgie est un espace, dans un lieu et dans un temps précis, réservé à Dieu, où la communauté des croyants célèbre l’Amour de Dieu, qui se manifestait pour elle à travers la vie du Christ. Elle va donc répondre à cet amour, à travers les chants en particulier, car celui qui aime, chante – s’il ne sait pas chanter il peut au moins écouter de la musique et des chants qui raniment en lui le souvenir du bien-aimé.- Le bien-aimé, dans la liturgie, c’est Dieu lui–même.

Cela sera très beau si cet année nous nous permettrons de vivre cet expérience ! Expérience de Dieu, de la « gratuité » de la louange de Dieu, une expérience de beauté et des cérémonies liturgiques « vivantes », et non pas mortes ou qui consistent à une froide répétition qui produit l’ennui quand on coupe les cérémonies de leur fin véritable.

Nous mettons entre vos mains, quelques chants que nous avons choisis de la liturgie de la Semaine Sainte selon le rite latin en arabe !

Firas Abedrabbo (www.lpj.org)

Pour écouter des extraits : cliquez ici ! Bonne écoute.



 


Le pape François prie auprès du Bienheureux Bartolo Longo, de l’Ordre du Saint-Sépulcre

 

23 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NAPLES - Lors de sa visite à Naples, le Souverain Pontife François a visité le Sanctuaire de Pompéi et a prié devant les cendres du bienheureux Bartolo Longo, membre de l’Ordre du Saint-Sépulcre.

Le premier arrêt du voyage du Pape au cours du week-end dernier a été le Sanctuaire de Pompéi. Le Pape François s’y est arrêté pour une prière silencieuse devant l’image de Notre-Dame du Saint-Rosaire, porté à Pompéi par le Bienheureux Bartolo Longo en 1875.

Bartolo Longo

Etonnant itinéraire que celui de ce laïc, passé par l’anticléricalisme et le spiritisme avant de devenir l’ardent apôtre du Rosaire. Avocat passionné de politique, il prit en effet activement part au violent anticléricalisme qui agitait la ville de Naples, dans les années 1863. Après un passage par le spiritisme au sujet duquel il témoignera plus tard avoir subi des assauts répétés du démon, il fut conduit par un ami vers un saint prêtre dominicain.

Sa conversion radicale se traduisit par un vœu de chasteté et un dévouement total à l’apostolat. En charge d’un vaste domaine à Pompéi, il se lança dans la propagation du rosaire, mettant sur pied des cours de catéchisme, faisant placer une image de la Vierge dans chaque maison et restaurant l’église. Cette dernière est ce qui deviendra plus tard la mondialement connue basilique de la Vierge du Rosaire.

Fin 1873, la mission qu’il organisa est un triomphe. Une nouvelle ville naît, où les grâces et guérisons abondent et les dons affluent. Très actif pour la sainteté et l’éducation de cette population, Bartolo Longo créa des orphelinats, des instituts scolaires et publia une revue et des opuscules sur le rosaire qui ont un très grand succès.

Il était un membre éminent de la lieutenance napolitaine du Saint-Sépulcre. Il avait été promu au grade de chevalier de Grand Croix.

Et s’il fut béatifié en 1980 par Jean-Paul II, il était déjà considéré à sa mort comme un saint et un modèle pour les laïcs.

La prière par le Pape

Le Pape a récité la prière historique écrit par le bienheureux Bartolo Longo :

"Dame du Saint-Rosaire, Mère du Rédempteur, la femme de notre terre soulevée au-dessus des cieux, l’humble servante du Seigneur, proclamée reine du monde, des profondeurs de nos misères, nous avons recours à vous. Avec la confiance des enfants regarder votre doux visage .

Couronnée de douze étoiles, vous nous prenez pour le mystère du Père, vous brillez avec le Saint-Esprit, vous nous donnez votre Enfant divin, Jésus, notre espérance, seul salut du monde. Conforté votre Rosario, vous nous invitez à fixer son visage. Vous ouvrez son cœur, océan de joie et de tristesse, de la lumière et de la gloire, le mystère du Fils de Dieu fait homme pour nous. A vos pieds dans les traces des saints, nous nous sentons la famille de Dieu.

Mère et modèle de l’Eglise, vous conduisez et soutenir sécurisé. Faites-nous un seul cœur et une seule âme, des gens forts sur le chemin de la patrie céleste. Nous livrons nos misères, de nombreuses rues de la haine et de sang, les mille anciens et nouveaux de la pauvreté et surtout notre péché. Pour vous, nous nous confions, Mère de miséricorde, nous accorder le pardon de Dieu, nous aider à construire un monde en fonction de votre coeur.

O Rosaire béni par Marie, douce chaîne qui nous relie à Dieu, chaîne d’amour qui nous rend frères, nous ne vous laissera jamais. Vous serez dans nos mains une arme de paix et de pardon, étoile sur notre chemin. Et le baiser à vous avec le dernier souffle, nous plonger dans une vague de lumière, dans la vision de la Mère bien-aimée et le Fils de Dieu, le désir et la joie de notre cœur avec le Père et l’Esprit Saint ".

Sources : news.va ; cliquer ici.



 


Cinquième dimanche de carême de l’année B

 

22 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Pendant ce temps de Carême, nous vous proposons quelques réflexions de prêtres du Patriarcat latin ou de la Custodie franciscaine en lien avec les lectures dominicales.

Ministres et bénéficiaires d’un « Pacte Nouveau » ! (Jr 31, 31 s ; Hé 5, 7-9 ; Jn 12, 22-33)

Le pauvre Jérémie, après des jérémiades sur l’exil, conséquence des infidélités du peuple, perçoit et transmet une promesse divine : une prophétie sur une « nouvelle alliance » (Jr 31,31), toujours avec les Hébreux et, apparemment, eux seuls. Décidément, jusqu’ici au moins, Yahvé tient à son peuple qu’Il ne laisse pas tomber. Or, « eux », comme souligne la prophétie, ne se sont pas gênés de « rompre l’Alliance » (expression qui revient 20 fois dans l’Ancien Testament hébreu). Ils ont rompu, si vous voulez : « ils ont coupé » son Alliance, devenant ainsi coupables, unilatéralement ! Là, nous remarquons l’ingrate vengeance : Yahvé a unilatéralement « coupé ou entrepris une alliance כרת ברית » avec son peuple d’alors, sans le consulter, et voici le peuple qui riposte par une « coupure » vilainement unilatérale ! N’est-ce pas comme cela que nous « traitons » le Seigneur parfois ? Nous serions même capables de le blâmer pour nous avoir « gâtés », embarrassés, affligés par le poids de ses faveurs et de ses grâces !

Vous avez bien lu « une nouvelle alliance » ou Alliance.

On nous dégonfle un peu en nous signalant que Jésus n’a pas inventé cette formule, alléguant des analogies, surtout à Qumran : dans le « Document de Damas » B, col. I33-34, et le commentaire qumrânien d’Habbaquq (I Q Hab II, 3). Là aussi, le caractère restreint de cette « nouveauté » saute aux yeux : il s’agit de personnes ou de groupes « du pays de Damas », probablement métaphore pour souligner les puritains qui partent en exil (encore !), soit le paradis de la perfection. Qui dit « nouveau » implique en même temps discontinuité et continuité. A propos de « Damas », celle d’aujourd’hui, qui est dans de beaux draps, l’on pourrait citer ici un auteur Syrien, né Musulman. Il décrit le Christianisme comme « une fille rebelle du Judaïsme » (en arabe « almasyhyyah » المسيحيّة est féminin). Cette évolution-révolution par Jésus se manifeste en ce qu’elle est universelle et éternelle. Il s’agit bien non d’une mais de la nouvelle alliance, dans un sang « versé pour la multitude » πολλων, שגיא, aramaïsme pour dire « tous » (Mt 26, 26 s), y compris les détestables « goyîm », païens !

L’universalité de « l’Alliance nouvelle » et éternelle reflète en quelque sorte celle de l’amour divin, « cause de bonté dans les créatures » (St Thomas d’Aquin). Le « Dieu de Jacob » – cet ancêtre-patriarche qui a eu l’audace de combattre le Seigneur et de Le vaincre (en songe, bien sûr !), étant le Créateur « du ciel et de la terre » est le Père éternel et universel. En Christ et par lui, même les païens oseront l’appeler « notre Père », un titre et une invocation jalousement gardés par le peuple de l’Alliance antique.

Pendant vingt siècles, le monde, civilisé par Jésus et l’Evangile, écrira « la charte universelle des droits de l’homme ». Que les Nations-Unies le reconnaissent ou pas, les bases de cette charte ne se trouvent que dans « le Nouveau Testament » : pas de discrimination à cause du sexe (aujourd’hui nous sommes déroutés par les alternatives et les nuances entre « gender » etc…) ; pas davantage discrimination à cause de la religion. Et, puisque l’homme moderne a appris de Descartes et d’autres le doute systématique, et qu’il est fort capable de contester ce fait, à savoir l’influence déterminante de la Nouvelle Alliance sur les droits de l’homme et la société internationale, même non chrétienne, il suffit de lire d’autres Livres que d’autres religions considèrent saints pour voir la différence, toujours avec respect.

Une partie de la révolution : l’élévation par la croix ! (Jn 12, 32)

Le Nazaréen crucifié donne, par son exemple et ses paroles, une nouvelle idée du Messie ou plutôt approfondit et incarne des prophéties que d’aucuns auraient préféré ignorer, par exemple le Ps 22 et Isaïe 53 sur le Serviteur souffrant. Messie glorieux, oui, mais par l’humiliation ! Sauveur royal, oui, mais dans l’obéissance et la piété (Hé 5, 7-9), non dans la désobéissance et l’impiété, simultanément Messie davidique et sacerdotal (Rom. 1, 3 ; Hé 5, 1 s).

Conclusion

Prions que la souffrance et le martyre de centaines de Chrétiens contemporains « attire tout le monde » au Christ (Jn 12, 32) ! Que les « Grecs », i.e. les païens les plus sophistiqués, et les « zélés de la Loi-charia », à la Saül de Tarse, eux aussi « demandent à voir Jésus » !
Père P. Madros



 


La "sortie au Précipice", une vieille tradition qui renaît

 

22 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

NAZARETH – Le dimanche 15 mars 2015, la population chrétienne de Nazareth s’est pliée à la tradition populaire de la "sortie au Précipice". Après la messe dominicale quelques centaines de fidèles, toutes générations et tous rites confondus, se sont dirigés spontanément vers la colline du Précipice qui surplombe la ville, à pied ou en voiture, vers ce qu’on appelle aujourd’hui l’amphithéâtre Pape Benoît XVI, là où le pape avait célébré la messe en 2009.

Précédée par la fanfare des scouts latins et melkites, la chorale, l’évêque Giacinto-Boulos Marcuzzo, l’évêque Riah Abu-al-Assal, les pères Amjad Sabbara et Simaan Jarayseh, une belle procession a gravi la colline de 400 m, en chantant au milieu des fleurs de printemps.

A l’arrivée, lecture fut faite de l’épisode de l’Évangile rappelé par St Luc (4,16-30) et Mgr G.B.Marcuzzo a prononcé une brève réflexion sur le vrai sens et la beauté de la foi : « Aujourd’hui encore, en Terre Sainte, comme autrefois, il y a des gens qui refusent Jésus de Nazareth, mais d’autres qui se sont ouverts à lui, à sa parole et à son amour,comme par exemple, les deux sœurs palestiniennes que l’Eglise va canoniser le 17 mai prochain, Maryam Bawardi et Marie Alphonsine Ghattas. C’est leur foi, totale et joyeuse, en Jésus qui les a sanctifiées et leur a même permis de faire des miracles ».

La sortie au précipice est une très vieille tradition populaire de Nazareth qui impliquait toute la population de la ville, même les musulmans, constituant ainsi un moment fort de convivialité sociale. Elle était célébrée le troisième lundi de carême, quand la liturgie lit l’épisode évangélique du précipice. Les familles passaient toute la journée sur le versant de la colline, les femmes cueillaient les herbes de la nature, fraîches et bien abondantes en cette saison, les préparaient pour un repas partagé ensemble. Des réserves d’herbes étaient aussi ramassées pour la maison. Au début de l’après-midi le curé franciscain assurait une bénédiction du St Sacrement dans la « grotte des ermites », en face de la grotte paléontologique de « l’homme de Qafzeh ».

Après 1948 cette tradition s’est affaiblit et dans les années 60 elle est tombée complètement en désuétude. Dans une version simplifiée et pratique, cette tradition vient d’être vivifiée, le troisième ou quatrième dimanche de carême, grâce à la collaboration pastorale des évêques, des curés et de l’Annunciation Family Club.

Une fois l’événement terminé, les familles aiment bien s’arrêter, déjeuner dans la nature et admirer le magnifique panorama qui, du sommet de la colline, s’ouvre vers les quatre points cardinaux, pour découvrir l’Hermon, le Thabor, le Carmel et la plaine d’Esdrelon.

Source : www.lpj.org



 


La Lieutenance de Belgique à Paris

 

25 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

PARIS - Dans le cadre du temps du Carême et de la Passion, la Lieutenance de Belgique a organisé une journée à Paris le vendredi 6 mars 2015, avec pour thème la vénération de la Sainte Couronne d’Épines.

La Sainte Chapelle

Sous un ciel radieux, notre première étape devait être celle de la visite de la Sainte Chapelle, chapelle palatine de la fondation royale, construite spécialement pour abriter les reliques de la passion du Christ ramenées par Baudouin Ier de sa croisade, mis en gage chez les vénitiens pour couvrir ses frais, gages remboursés par Saint-Louis.

Construite en moins de trois ans dans un gothique rayonnant, sa légèreté sans le moindre arc boutant et sans la moindre fissure après quasi huit siècles, est la preuve de la grande maîtrise des architectes du gothique ; la Cathédrale Notre-Dame était déjà en construction depuis 80 ans et sera terminée 50 ans après ce chef d’œuvre qu’est la Sainte Chapelle, inaugurée en avril 1248.

L’on y accède par la chapelle basse, réservé aux serviteurs du palais, dont la décoration date de la restauration du XIXè siècle. Deux escaliers étroits en colimaçon conduisent à la chapelle haute réservée à la royauté et à sa cour.

La très grande érudition de notre guide Sylvie capte totalement notre attention en nous offrant une exceptionnelle découverte des lieux et de la lecture des superbes vitraux dont ceux du côté nord-est viennent de bénéficier d’une restauration et d’une protection thermoformée.

Retenons de ces vitraux le choix « légendaire » et même irréel de scènes iconographiques pour être dans la Jérusalem céleste, des costumes typiques du XIIIè dans le rappel des croisades comme aussi des croix assurant la structure de certains vitraux, des références à la mère de Louis IX, Blanche de Castille, avec les nombreux châteaux dorés, omniprésents dans, en autre, un vitrail inondé de soleil.

La lecture des vitraux, de gauche à droite et de bas en haut, la grande diversité dans les formes des panneaux de soutient, les diverses scènes de martyr, appel à se sacrifier pour sa foi, notion importante dans le quotidien du roi Louis IX, …dans un festival de couleurs aux dominantes de bleus et de rouges.
20 artisans-verriers furent occupés durant 4 ans à leur réalisation.

La Sainte Chapelle, transformée en salle d’archives après la Révolution, différents panneaux des vitraux furent répartis dans différents musées, suite à la dépose d’un tiers de ceux-ci. Au milieu du XIXè siècle, importante restauration des vitraux, remonte d’une partie de ceux déposés et copie des disparus suivant les techniques et la chimie utilisée au XIIIè siècle.

Seule la rosace est plus contemporaine et date du XVè, avec ses flammes, rappel du style gothique flamboyant, et de la présence de plus de couleurs vertes.

Les reliques avaient été déplacées sur ordre de Louis XVI, sentant venir les dangers du futur, dans la Bibliothèque Nationale avant d’être confié aux Chanoines du Chapitre de la Cathédrale Notre-Dame en 1805 par Napoléon Ier.

Les Invalides

Notre consoeur Nathalie et son époux notre confrère Bertrand, nous reçoivent ensuite royalement pour un délicieux déjeuner dans le superbe cadre de leur appartement donnant sur la place Vauban, dominée par la coupole des Invalides.

Notre-Dame

Il est 3 heures quand la procession des dames et chevaliers suivie du clergé va dans la chapelle statutaire des Chevaliers du Saint Sépulcre de Jérusalem prendre possession des saintes reliques et d’ensuite devant l’autel de la Cathédrale Notre-Dame, exposer la Sainte Couronne d’Épines, un morceau de la Croix et un Clou à la vénération de plus de 2000 fidèles recueillis dans un respectueux silence.

Chants, psaumes, paroles d’accueil et bonne paroles conduisent à la longue vénération de tous ces fidèles, marqués de l’intense émotion de ce grand moment dans leur cheminement de Foi.

Les chevaliers et dames s’impliquent à bien ordonner la lente progression des deux queues formées par les fidèles pour venir embrasser la Sainte Couronne d’Épines au pied de l’autel.
La Sainte Couronne, déposée sur un coussin porté par un prêtre entouré de deux chevaliers de l’Ordre qui, à l’aide d’un tampon de coton, assurent la désinfection de l’enveloppe de la relique.

Durant une heure et demie, cette cérémonie se déroule dans un intense recueillement ponctué par l’un et l’autre chant du chantre de la Cathédrale. Et puis vient la fin de la célébration avec la procession des membres de l’Ordre composant le cortège qui reconduit les Saintes Reliques vers le coffre-fort.

Notre confrère , Mr Renaud de Villelongue, se dévouant sans compter à la Cathédrale, nous fait ensuite les honneurs du chœur dont sa déploration de style baroque et ses belles stalles, de la chapelle capitulaire et enfin du trésor de la Cathédrale.

Saint-Leu et Saint-Gilles

Et il est grand temps de rejoindre à pied l’église capitulaire St-Leu-St-Gilles pour la célébration eucharistique avec la présence des membres des deux lieutenances. C’est un beau point d’orgue à une journée vécue intensément.

Merci à S. Exc Mr Pierre Murret-Labarthe, le Lieutenant de l’Ordre en France de son accueil.

Michel Donnay de Casteau



 


Troisième dimanche de carême de l’année B

 

8 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Pendant ce temps de Carême, nous vous proposons quelques réflexions de prêtres du Patriarcat latin ou de la Custodie franciscaine en lien avec les lectures dominicales.
Nous poursuivons par le Père Madros sur le récit de la colère de Jésus face aux marchands au Temple mais aussi sur le thème malheureusement d’actualité du lien aux images et aux idoles ! (Ex 20, 1-17 ; 1 Cor 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25)

Vie spirituelle, Voix des prêtres

L’éternelle objection judéo-islamo-protestante contre les images sacrées et les statues revient, prenant comme texte-prétexte le verset d’ Exode 20, 4 : « Tu ne te feras aucune image sculptée… tu ne te prosterneras pas devant elles… ». Or, le contexte éclaire le texte et l’explique : entourés de païens idolâtres, les Hébreux sont tentés de se fabriquer des divinités ! Le seul vrai Dieu, jaloux, réagit, en interdisant toute idole. Mais ce même Dieu, au même Moïse, dans le même Livre de l’Exode (et , plus tard, à Salomon) demande de « faire » des images et des sculptures, jusque dans le lieu saint ! Voir Ex 25, 10, 16, 18, 20 ;et 37, 7 ; 1 Rois (=3 R) 6, 2328, 29, 35 ; 1 R (=3 R) 8, 6-7 ; 10, 19-20 ; le serpent d’airain (Nb 21, 7-8).

Contradiction ? Jamais de la vie ! Morale : idoles, non ; illustrations utiles pour la piété, surtout pour les enfants et les analphabètes, oui !
Saint Paul, ex rabbin s’il vous plaît, va plus loin : sans mâcher ses mots, il écrit aux Colossiens que Jésus « est l’image, grec εικων, icône , du Dieu invisible » (Col 1, 15). Donc, que les « chrétiens » ne nous tracassent plus avec l’interdiction des « images ». Alors ils trouvent à redire sur les statues ! Mais le principe de la statue est le même que celui de l’icône : la représentation, mise en bas-relief, d’une image ! Et aujourd’hui, vous avez, au moins, les trois dimensions… Aucun danger d’idolâtrie !

Les idoles contemporaines relèvent d’une tout autre nature, et sont bien plus subtiles et plus venimeuses : l’argent, la domination, la beauté, le corps, la drogue, la télé, le portable (nous ne savons pas où il va nous porter encore !)…

N’empêche que les personnes qui ont gardé cette mentalité primitive du peuple hébreu en Egypte, donnant comme fruit l’adoration d’un veau d’or, n’a aucun équivalent dans nos églises : nous n’adorons que le Seigneur ! Les images et les statues ne sont que des symboles en vénération de nos saints, en illustration de nos dogmes ! Cependant survit la prohibition du Livre de l’Exode dans un iconoclasme irrémédiable, ayant horreur de toute représentation. Nous voici en 2015, à Mossoul, en Irak, et avant en Afghanistan : des islamistes cassent des statues de Bouddha , de Nimrôd etc.

Sans s’en rendre compte, comme M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, ces personnages, de langue arabe ou afghane, de religion musulmane, appliquent la légende d’Abraham démolissant les idoles (Genèse Rabbah, 38, 19 ; Coran 21 : 59 -67 ; Tabari, I, p. 139).

Il ne faut pas manquer l’occasion ici d’interdire aux Musulmans de casser ou de déchirer les images de Jésus et de la Vierge Marie, puisque, dans la biographie de Mahomet, d’après Al –Azraqyy, « Histoire de la Mecque », et Al –Dhahabyy, il aurait ordonné de détruire toutes les images et les idoles de la Kaaba sauf « ce qu’il y avait sous sa main », à savoir une image de la Vierge portant l’Enfant. Maintenant, des « savants » contestent ces récits, alléguant que les Traditions qui les ont produits étaient « faibles », probablement une réaction antichrétienne après coup ! Nous pouvons toujours faire honnêtement état de cet épisode, tout en admettant qu’il n’est pas universellement accepté.

Pas de marchands dans la maison de Dieu !

Jésus n’y va pas de main morte ! Ce n’est pas un Christ trop bon pour être intelligent, trop faible pour être suivi ! Ce n’est pas davantage un être invertébré, efféminé, émasculé, qui laisse dire, laisse faire et ne réagit, comme l’on veut parfois de nous chrétiens, que par un sourire et un silence fort appréciés ! Jésus parle ! Il se fâche ! Il frappe, et pas métaphoriquement ! Les marchands lui tapent sur les nerfs à fleur de peau !

Une fois de plus, il nous commande d’être « avisés comme des serpents, doux comme des colombes » (Mt 10, 16). Il renverse les tables des vendeurs de colombes. Il envoie promener de la maison du Père le Mammon d’iniquité ! Il nous signale que « chrétien » ne signifie pas « crétin ».

Conclusion

Nous devons et pouvons recourir à toute violence morale pour arrêter ou neutraliser les personnes qui marchandent avec la parole de Dieu et les sacrements ! Le fouet des mots et des actions juridiques devrait les remettre en place ! Ainsi, nous pourrons tous mieux suivre le Christ « doux et humble de cœur » qui savait, de temps en temps, montrer ses muscles et châtier ceux qui profanaient la divine sainteté par leur « adoration de l’argent et de l’or », « idoles des païens » (cf Ps 115, 4).



 


En Jordanie et au Liban, la lutte pour la coexistence entre Chrétiens et Musulmans

 

8 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

AMMAN – Au cours d’un discours prononcé le 3 mars 2015, le roi Abdallah de Jordanie a réaffirmé l’importance de l’unité et de la fraternité pour permettre aux Chrétiens et aux Musulmans de vivre côte à côte. Un message important à entendre dans une région où ce principe de fraternité n’est plus entendu partout.
Pour le site du Patriarcat latin de Jérusalem, Pierre Loup de Raincourt présente les initiatives du roi Abdallah de Jordanie en faveur d’une coexistence entre Chrétiens et Musulmans.

A la tête d’un Etat touché au cœur par la mort de son pilote en janvier, le roi Abdallah s’est prononcé à nouveau sur la nécessité de permettre aux Chrétiens et aux Musulmans de vivre ensemble. « Aujourd’hui, a-t-il affirmé, tous les membres de notre société sont unis derrière notre patrie. En vivant côte à côte dans la fraternité et la solidarité comme une famille, Chrétiens et Musulmans, citoyens venus d’origines diverses, se tiennent tous prêts à répondre à l’appel du devoir ». Cette position est sans doute – et on l’espère – partagée par les autres dirigeants du Moyen Orient, dans les pays où la coexistence islamo-chrétienne est multiséculaire. Mais ce point de vue n’est pas assez exprimé et se trouve confronté à la montée de Daesh qui veut nier et détruire cette coexistence.

Le roi rappelle également que tous les moyens sont mis en œuvre dans l’éducation pour que les jeunes générations puissent travailler et acquérir les valeurs de l’ambition, de l’excellence, de l’initiative ou encore du civisme. Le souverain ajoute : « Cette entreprise doit les immuniser contre le radicalisme et la violence, qui sont contraires à nos valeurs, à notre éthique et à tout ce que nous défendons. Le caractère sacré de la vie et le respect de soi et des autres sont l’essence de nos croyances ».

Fier des initiatives de son pays, le roi Abdallah a enfin rappelé le rôle essentiel de la Jordanie dans l’accueil des réfugiés provenant des pays voisins. Accueillis dans différents camps ou différentes institutions, les nouveaux arrivants bénéficient de l’aide de l’Etat et des organisations religieuses.

Cette coexistence entre Chrétiens et Musulmans a été essentielle dans l’édification des sociétés du Moyen Orient. Si la taille des communautés est aujourd’hui très déséquilibrée, les apports de l’une à l’autre sont nécessaires pour préserver la paix. C’est dans cet esprit qu’au Liban, autre pays où les Chrétiens vivent le plus possible en harmonie avec les Musulmans, la chanteuse Tania Kassis a écrit une chanson (à écouter ici) en mêlant un Ave Maria et un appel à la prière, pour célébrer la première journée islamo-chrétienne, le 25 mars prochain, autour de la figure de la Vierge Marie qui tient également dans l’Islam une place importante.

Cette initiative originale, comme le discours du roi de Jordanie, doit être un exemple pour les autres pays de la région, un témoignage que la fraternité entre communautés n’est pas vaine, et un appel à la communauté international de veiller à la protection de cette entente.

Pierre Loup de Raucourt



 


"Certains pays sont en train de jouer avec le feu ! " Patriarche Raï des Maronites

 

8 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

INTERVIEW - Mgr Bechara Raï, le patriarche maronite libanais, était l’invité de la matinale "spéciale Beyrouth" de France Inter, le 2 mars 2015 (intégral de l’émission à retrouver ici). Au micro de Léa Salamé, il y a évoqué la situation des chrétiens d’Orient au Liban, mais aussi l’influence de "certains pays" dans l’émergence de Daech.

Morceaux choisis :

"Cette force de Daech d’où vient-elle ? Ils sont appuyés, soutenus, ils ont des liens avec des États de la région."

"Quand vous dites État islamique, vous les respectez."

"Si la communauté internationale persiste dans cette politique, cela va vider le Moyen Orient des chrétiens. De tous ces habitants. Certains pays sont en train de jouer avec le feu ! Ce n’est pas mon rôle de dire qui, mais ce jeu politique menace le monde entier. »

"Je n’ai jamais cru aux Printemps arabes. Ces manifestations populaires ont été remplacées par des mouvements intégristes"

"Au Liban, nous sommes experts dans le respect des autres religions. Nous, chrétiens d’orient, avons créé la modération islamique. Nous voulons rester ici pour véhiculer ces valeurs de modernité."

Retrouvez l’interview de Mgr Bechara Raï par Léa Salamé :



 


Mgr Ignace Joseph III Younan : "Les chrétiens ne peuvent pas assurer seuls leur avenir au Moyen-Orient"

 

8 mars 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

INTERVIEW - Laurence Desjoyaux signe une interview de Mgr Ignace Joseph III Younan, patriarche de l’Église syriaque catholique, dans l’hebdomadaire catholique français La Vie.

Pour le patriarche de l’Église syriaque catholique, l’enlèvement de dizaines d’assyriens et la prise de plusieurs villages chrétiens dans la région du Khabour doit pousser les démocraties occidentales à se réveiller.

Quel est selon vous l’objectif de Daech dans cette région du Khabour ?

Je pense que l’objectif principal de l’État islamique est d’imposer la charia islamique poussée à l’extrême. Ses hommes cherchent donc à convertir par la force les croyants d’autres religions et plus généralement tout ceux qui n’adhèrent pas à leur vision de l’islam.

Dans cette région du Khabour où se trouvent de nombreux villages chrétiens, des troubles laissaient augurer le pire. Une partie importante de la province de Hassaké avait été envahie par les fanatiques de l’État islamique et les chrétiens avaient déjà commencé à fuir devant le danger. Au dire des témoins, pas plus du quart des habitants des deux rives de la rivière Kahbour restaient encore dans leurs villages au moment de l’offensive de l’État islamique du 23 février au petit matin.

En plus des dizaines de chrétiens enlevés par l’État islamique, y a-t-il eu des morts ?

Je ne dispose toujours pas du nombre exact de personnes tuées à la suite de la razzia de Daech. La situation est chaotique avec des déplacés qui se sont réfugiés dans plusieurs endroits. On ne sait pas comment sont traitées les personnes qui ont été enlevées. Mais on peut concevoir que ces attaques ont été meurtrières étant donnée la haine que nourissent ces fanatiques contre les minorités chrétiennes. Mgr Jacques Behnan Hindo, évêque syriaque catholique d’Hassaké, et Mgr Afrem Nathanael, évêque de l’Église assyrienne d’Orient, m’ont dit qu’ils avaient présidé la semaine dernière aux funérailles d’une douzaine de personnes décédées à la suite de l’invasion de Daech.

Comment se passe l’accueil des réfugiés de la région du Khabour dans les villes de Hassaké et Kameshli ?

La population fuyant les villages dévastés n’avait d’autre refuge que la ville de Hassaké à une quinzaine de km à l’est. Au moins deux mille personnes y ont été accueillies le 23 février dans des salles paroissiennes, des églises et des écoles privées. D’autres familles ont fui vers Kameschli au nord.

Les habitants et le clergé de ces villes se sont mobilisés pour ces réfugiés en majorité assyriens. Il n’y a aucune dissension entre les différentes confessions catholique, orthodoxe, arménienne ou assyrienne. Les deux évêques de Hassaké cités plus haut sont restés sur place. À l’image du vrai bon pasteur, ils se sont fait messagers d’amour et de justice sans aucune discrimination, faisant face au mieux aux drames que subissent leurs communautés.

Que pensez-vous de l’action de milices chrétiennes ? Est ce une solution pour les chrétiens de la région ?

Ces milices chrétiennes sont de mon point de vue un moindre mal. Selon moi, elles doivent uniquement avoir une action d’auto-défense afin de protéger les familles et les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants... Il est vrai que le manque d’armement adapté pour repousser des bandes de criminels bien équipés et le nombre relativement restreint des combattants chrétiens font hésiter bien de personnes sur le sujet, parmi lesquelles beaucoup de responsables des différentes Églises d’Orient ! Mais quelle est l’alternative ? Voudrait-on que nos communautés soient massacrées et égorgées comme des moutons ? Personnellement, je soutiens ceux qui voudront se défendre et éventuellement mourir dans l’honneur de combattre le mal et défendre les innocents...

Les villes de Hassaké et Kameshli où se sont réfugiés beaucoup de chrétiens du Khabour sont-elles sécurisées où risquent-elles à leur tour de tomber aux mains de l’Etat islamique ?

Jusqu’à maintenant Hassaké et Kameshli sont protégées. C’est ce que me dit Mgr Hindo qui refuse absolument de quitter son poste à Hassaké et d’abandonner ses fidèles. Selon lui, l’armée syrienne et les défenseurs kurdes sont visiblement présents dans la ville. Des milices chrétiennes et celles de la défense populaire assistent leurs troupes.

Quelles sont les perspectives pour les chrétiens de cette région et plus généralement au Moyen-Orient ?

Concernant la survie des chrétiens au Proche-Orient, je l’ai dit et je le répète encore : il incombe aux démocraties occidentales de se réveiller pour repousser le danger de l’islam politique, lequel s’incarne à présent sous la forme de Daech et d’autres organisations terroristes se réclamant de l’islam.

Les chrétiens ne pourront pas s’assurer eux-mêmes un avenir sûr. Ils attendent que les pays de l’Ouest soient fidèles aux principes inscrits sur leurs frontons « Liberté, Egalité et Fraternité », pour tous les peuples et tous les pays, surtout ceux du bassin méditerranéen. Je pense que l’Union européenne doit particulièrement assumer cette mission avec courage et unité, car cette Méditerranée n’est pas l’obstacle mais c’est bien une voie qui relie le Moyen-Orient à l’Europe.



 


Accord historique entre Israël et la Jordanie sur l’eau

 

28 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

AMMAN - Israël et la Jordanie ont décidé, jeudi 26 février 2015, de faire front ensemble face à la pénurie d’eau qui frappe la région de la mer Morte. Les deux pays ont signé à Amman, un accord permettant le pompage de la mer Rouge a destination du lac salé, qui s’étend sur leurs territoires et la Cisjordanie.

Selon l’agence officielle jordanienne Petra, ce texte porte sur « l’exécution de la première partie » d’une lettre d’intention conclue en décembre 2013 à Washington entre des représentants de l’Etat hébreu, du Royaume hachémite et de l’Autorité palestinienne pour tenter de sauver ce point d’eau. Il a été conclu en présence de représentants des Etats Unis et de la Banque mondiale.

FOURNIR LES PALESTINIENS
Concrétement, il s’agit de construire un système de pompage dans le golfe d’Aqaba, à la pointe nord de la mer Rouge, afin de collecter quelque 300 millions de m³ par an. Une partie doit être acheminée par l’intermédiaire de quatre conduits vers la mer Morte, ayant une très haute concentration en sel et qui risque de s’assécher d’ici 2050.

Une autre partie doit être dessalée, et distribuée en Israël et en Jordanie afin de répondre à la pénurie de ressource hydrique qui frappe la région. Le projet prévoit également de fournir aux Palestiniens 30 millions de m³ d’eau dessalée par an.

CONTRÔLE DES SCIENTIFIQUES
Un appel d’offres pour réaliser ces travaux va être lancé prochainement, pour un coût estimé à 90 millions de dollars et une durée de trois ans. Le ministre israélien de la Coopération régionale Silvan Shalom, qui est également en charge du portefeuille du développement des ressources naturelles, a estimé qu’il s’agit du « plus important projet depuis la conclusion du traité de paix avec la Jordanie » en 1994. A ses yeux, il couronne une « coopération constructive » entre les deux pays.

Partenaire de l’opération, la Banque mondiale a publié en 2012 une étude penchant vers la faisabilité du projet, mais plusieurs organisations de défense de l’environnement ont déjà mis en garde contre les possibles effets néfastes de l’arrivée d’eau de la mer Rouge sur le fragile écosystème de la mer Morte.

Dans un communiqué, l’institution a estimé que son lancement, « sous le contrôle des scientifiques », devrait permettre de mieux comprendre les conséquences d’un mélange des eaux de ces deux étendues.

Sources : Le Monde.fr avec AFP et Reuters



 


Le plateau du Golan : un enjeu stratégique

 

28 février 2015 2015 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

OPINION - Le site d’information de la Custodie de Terre sainte, Terrasanta.net, consacre un article de Giuseppe Caffulli, aux affrontements qui secouent le plateau du Golan, enjeu stratégique aux carrefour des frontières du Liban de Syrie et d’Israël.

Sur les hauteurs du plateau du Golan, coincé entre la Syrie et le Liban (la zone est occupée par Israël depuis la guerre des Six Jours en 1967), se joue une bataille aux enjeux sensibles et pas seulement pour la région mais à l’échelle mondiale.

À la mi-décembre 2014, les troupes de l’auto-proclamé Califat Islamique se sont pressées aux abords de Quneitra, ville à proximité de la zone contrôlée par Israël. Trois groupes djihadistes syriens (Shuhada al-Yarmouk, les Brigades Abou Mohammed al-Tilawi et Bayt al-Maqdis) engagés dans la lutte contre le régime de Bachar al-Assad ont juré allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique. L’importance qu’est en train de prendre ce dernier - notamment sur le plan militaire - mettrait en grave difficulté l’armée syrienne désormais prise entre deux feux.

En soutien aux troupes de Bachar al-Assad ont été déployées des forces du Hezbollah, actives depuis longtemps en Syrie et en Irak dans la lutte contre le califat islamique (sans jamais oublier leur raison d’être à savoir la lutte contre Israël).

Pour renforcer le poids militaire des troupes pro-Assad dans les hauteurs du Golan, aux cotés du Hezbollah libanais, ces derniers jours ont été marqués par l’arrivée de milices chiites d’origine afghane et pakistanaise. Selon les sources de renseignements israéliens, il s’agirait d’au moins 2000 hommes, qui s’ajoutent aux nombreux combattants du Hezbollah déjà présents à Quneitra. Parmi les Afghans, le groupe principal serait composé de Hazara ayant fuit en Iran pour échapper à la persécution des talibans. Chaque milicien recevrait pour son enrôlement environ 500 $ par mois.

Bien que luttant contre l’Etat islamique (en majorité sunnite), Israël voit dans la présence de ces milices chiites, soutenues par l’Iran, bien d’autres ambitions comme celle de ceinturer fermement le Gola