Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique - Ridderorde van het Heilig Graf–Landscommanderij België
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Israël : les violences entre Juifs et Arabes inquiètent l’Église

 

20 mai 2021 par LdS

Les affrontements entre le Hamas et l’État hébreu ne connaissent aucun répit. Cette flambée de violences s’accompagne d’émeutes intercommunautaires sur le sol israélien. Le vicaire patriarcal pour Israël, le père Kildani, dit craindre pour la coexistence entre Juifs et Arabes.

La bande de Gaza soumise à d’intenses frappes aériennes de Tsahal ; le sud d’Israël sous le feu des missiles envoyés par des factions palestiniennes depuis le territoire palestinien : depuis lundi, le dramatique scénario se répète sous les yeux d’une communauté internationale impuissante à obtenir des deux parties la désescalade qu’elle ne cesse de réclamer. Le bilan humain est déjà lourd : 119 Palestiniens, dont 31 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, et 830 personnes ont été blessées ; côté israélien, l’on comptabilise 8 décès parmi les civils.

Mais aujourd’hui, ce sont les violentes émeutes survenues dans plusieurs villes judéo-arabes d’Israël -telles Lod, Acre ou Jaffa- qui inquiètent davantage. De jeunes arabes se mesurent à des militants juifs d’extrême-droite, dont des colons venus de Cisjordanie pour en découdre. Face à eux, une police israélienne débordée, malgré l’arrivée de renforts. Lynchage et agression d’Arabes ou de Juifs, incendies de voitures, de magasins et de synagogues… Ces scènes inédites en Israël choquent et font planer la menace d’une guerre civile.

Le père Hanna Kildani est le vicaire du patriarche latin de Jérusalem pour Israël. Si le calme règne actuellement à Nazareth -sa ville de résidence- il note malgré tout un climat de peur parmi les habitants de cette ville arabe israélienne :

Ce matin j’étais chez mon dentiste arabe, et je lui fais remarquer qu’il n’y a pas beaucoup de clients. Il me répond que tous ses clients juifs qui habitent autour de Nazareth et ont l’habitude de venir chez lui ne viennent pas car ils ont peur. Et vous avez beaucoup d’Arabes, surtout des jeunes, qui travaillent dans des villes juives des environs, mais n’osent pas y aller car ils ont peur aussi.

Hier matin, je suis allé à Haïfa, car un fidèle de la paroisse catholique latine a vu ses filles et sa maison attaquées par des Juifs fanatiques. J’étais à ses côtés pour le soutenir et il m’a raconté que les agresseurs ne sont pas de la ville de Haïfa mais viennent d’ailleurs. C’est la même pour les Juifs : ils ont peur des Arabes.

Il faut dire également que, parfois, la police n’essaie même pas de protéger les gens. Beaucoup d’Arabes n’ont plus confiance en elle. Ils voient que la police est très dure avec eux, et très « gentille » avec les Juifs. Cela crée un climat de suspicion, de malaise.

La coexistence entre Juifs et Arabes est-elle vraiment menacée aujourd’hui en Israël ?

Oui, elle est menacée. Elle a toujours été fragile, et il y a eu des incidents par le passé, mais alors, le gouvernement d’Israël était, je le crois, plus sage. Aujourd’hui c’est un gouvernement d’extrême-droite, dur avec les Arabes. Rappelez-vous la loi sur l’État-nation (adoptée en juillet 2018, ndlr), qui affirme qu’Israël est un pays pour les Juifs ; qui fait de la langue arabe, autrefois officielle, une langue secondaire.

Vous avez des ministres, des parlementaires qui encouragent la violence. Avant il y avait des gens sages, tant parmi les Juifs que les Arabes, pour calmer les jeunes gens. Aujourd’hui, ceux-ci, qu’ils soient juifs, musulmans, ou chrétiens, n’écoutent plus leurs anciens. Donc oui, la coexistence est menacée.

Je crois que le gouvernement israélien doit encourager les jeunes à la rencontre et au dialogue. Aujourd’hui, on ne se parle plus, on s’insulte, on attaque. Il y a un manque de confiance. Alors, que faire ?

Quel appel l’Église catholique latine, que vous représentez en Israël, voudrait-elle lancer ?

Nous, Église catholique en Israël ou en Palestine, nous avons une mission de réconciliation. C’est encourager nos paroissiens, ainsi que les musulmans et les juifs, à dialoguer avec sincérité, à s’accepter les uns les autres, à laisser ouvertes les portes de nos cœurs. C’est cela qui est nécessaire aujourd’hui. D’ouvrir les portes de nos cœurs, de nos écoles, institutions, églises, synagogues et mosquées. Il y a beaucoup de jeunes qui ignorent l’autre, qui ignorent ce qu’est une mosquée, une église ou une synagogue !

Dans nos écoles, nous acceptons toutes sortes d’élèves : chrétiens, musulmans, druzes… On y encourage les enfants à se comprendre, à respecter la religion de l’autre, ses symboles. C’est notre pays, le pays de Jésus, des musulmans, des juifs et des chrétiens, des Arabes et des Juifs. La volonté de Dieu, c’est que nous vivions cette diversité, ce pluralisme. Accepter l’autre tel qu’il est, le comprendre. Que les juifs, les musulmans et les chrétiens aient ce courage de dire à l’autre : « je t’aime et je te respecte. Tu es mon concitoyen, tu es mon partenaire dans ce pays ». C’est cela qui nous manque en Terre Sainte.

À noter que le patriarcat latin de Jérusalem invite les fidèles à une prière d’intercession "urgente pour la justice et la paix" le 22 mai, jour de la Pentecôte.

Source : Manuella Affejee - Cité du Vatican

Photo : ©️ Latin Patriarchate of Jerusalem / lpj.org



 


P. David Neuhaus : Israéliens et Palestiniens vivent "au coeur d’une blessure non-soignée"

 

20 mai 2021 par LdS

Malgré les efforts diplomatiques pour parvenir à une désescalade, les hostilités entre Israël et le Hamas s’intensifient, tandis que des heurts violents opposent l’armée israélienne à des jeunes manifestants en Cisjordanie et que des émeutes inédites en Israël même suscitent de vives inquiétudes pour la coexistence entre Juifs et Arabes. Le père David Neuhaus nous offre son regard sur la situation.

Le père David Neuhaus S.J. est le supérieur des jésuites de Terre Sainte, professeur d’Écriture sainte en Israël et Palestine, ancien vicaire patriarcal latin pour les catholiques de langue hébraïque et ancien coordinateur de la pastorale auprès des migrants et des demandeurs d’asile en Israël.

À l‘affrontement militaire entre Israël et le Hamas, se conjuguent depuis quelques jours et sur le territoire israélien des émeutes entre communautés juives et arabes. Les images d’agressions, de lynchages, de ratonnades ont choqué le pays. Vous ont-elles surpris ?

Ce n’est pas du tout une surprise. Nous vivons au cœur d’une blessure non-soignée et purulente depuis 73 ans. En 1948, ceux qui sont aujourd’hui sont des Juifs israéliens ont eu leur patrie, un pays qui est riche. Mais les Palestiniens n’ont pas eu leur patrie, ils n’ont rien reçu. Cela continue depuis 73 ans. Parfois, il y a une tranquillité qui s’installe, due à deux choses : une violence et une répression contre les Palestiniens qui réclament leurs droits, et une fatigue côté palestinien qui les plonge dans l’inertie.

D’un autre côté, en Israël même, où se trouvent des citoyens palestiniens, il y a un régime de discrimination qui souligne de plus en plus la définition juive de cet État. C’est un État « pour les Juifs ». Et alors où doivent se trouver les Palestiniens qui sont citoyens ?

Les confrontations dans les villes mixtes, qui sont un choc pour beaucoup d’Israéliens, ne doivent pas choquer en réalité. Cela participe d’une certaine logique, terrible, de ce conflit. Aujourd’hui, on ne peut pas être surpris, on ne peut pas dire « c’était inattendu ».

Encore une fois, l’étincelle est partie de Jérusalem (affrontements sur l’Esplanade des mosquées, expulsions de familles palestiniennes dans le quartier de Sheikh Jarrah). La question irrésolue de la Ville sainte reste-elle la clé de ce conflit ?

Bien sûr ! Jérusalem est au cœur de la conscience et de la géographie d’Israël-Palestine. C’est une ville qui vit une tension perpétuelle. Plusieurs éléments ont contribué à cette éruption de la violence que nous vivons actuellement. C’était dans les journaux, tout le monde l’a vu, mais encore une fois, on n’a rien fait.

Des personnes ont été chassées de leurs maisons dans un contexte de grande injustice. Maintenant, la question est certainement complexe. Ces propriétés appartenaient aux Juifs avant 1948, et au nom de cette appartenance, les Israéliens veulent chasser les Palestiniens qui vivent depuis lors dans ces propriétés. L’injustice n’est pas dans la restauration des propriétés à leurs propriétaires ; elle réside dans le fait qu’il n’existe pas de parallèle entre Juifs et Palestiniens. Les Palestiniens qui vivent dans ces propriétés ont perdu leurs propres maisons en 1948 dans des zones qui sont devenues israéliennes. Le manque de parallélisme, l’exclusivité, et la domination de tout le pays par un côté uniquement reste un grand problème.

On observe le poids croissant des idéologies extrêmes, notamment du côté des sionistes-religieux et des colons. Leur influence au sein de la société est-elle en train de bouleverser les équilibres ?

Cela existe depuis toujours. Oui, les gens sont peut-être plus attirés par ces idéologies radicales aujourd’hui. Mais il faut prendre également en compte les manipulations des chefs israéliens. Durant les dernières élections, Netanyahu a soutenu la droite extrême en espérant pouvoir ensuite former un gouvernement avec elle. Ce sont des gens qui font peur ; ils disent ouvertement “mort aux Arabes”, “chassons les Arabes”. (…)

Oui, il y a une certaine croissance de l’extrémisme mais elle est manipulée par un Premier ministre qui ne veut pas quitter le pouvoir. Et comme toujours dans ce genre de situation, les gens sont manipulés par l’utilisation de la peur et des cauchemars qu’ils ont dans leur tête. Cela est exploité par des politiciens sans scrupules qui n’ont rien à perdre. Et ce sont les innocents des deux côtés qui en paient le prix.

Que répond l’Église catholique à cette instrumentalisation du religieux, d’un côté comme de l’autre ?

Il ne s’agit pas uniquement de l’instrumentalisation du religieux, mais aussi des sentiments nationaux, d’un patriotisme très déplacé.

En tous cas, l’Église catholique, universelle et locale, répond, comme depuis 73 ans, avec une voix de cohérence et de logique, de respect pour tous les côtés. Mais avant tout, une voix de désolation, de grande tristesse en face des pertes humaines et de la destruction absolument terrible, à Gaza, mais aussi en Israël.

L’Église exprime donc sa solidarité avec ceux qui souffrent mais en même temps, elle rappelle qu’il n’y a pas de paix sans justice. Il n’y a pas de paix dans une atmosphère où le racisme règne, où les voix des extrémistes sont soutenues par ceux qui détiennent l’autorité.

Vous disiez que la question de Jérusalem était au cœur du conflit israélo-palestinien. Mais ce conflit reste-t-il déterminant pour l’avenir de la région ?

Je le pense, absolument. Depuis 1948, ce conflit définit le destin, pas seulement des Israéliens et des Palestiniens, mais des pays alentours. Je pense aux Palestiniens réfugiés au Liban par exemple, qui ont contribué à un grand déséquilibre là-bas.

Les discours de haine, basés sur cette blessure, continuent dans toute la zone et créent une situation où le dialogue, la justice et la paix semblent être des rêves impossibles à accomplir.

Depuis 1948, la communauté internationale est impuissante devant ce conflit. Les Israéliens et les palestiniens attendent-ils encore quelque chose d’elle ?

Bien sûr ! On attend une voix qui pousse vers la justice. Vous dites : « impuissante ». Mais il faut bien dire qu’elle a choisi l’impuissance. Israël dépend des États-Unis, de la communauté européenne. Sans leur soutien à tous les niveaux, Israël ne peut pas survivre.

Si ces pays décident de toujours prendre le parti d’Israël, cela devient une grande question : est-ce qu’on aide un pays à se suicider ? À choisir toujours la violence ? Jusqu’à quand ? C’est mauvais pour l’État d’Israël. Il est en train de se suicider et la communauté internationale observe et soutient cette démarche de suicide.

Entretien réalisé par Manuella Affejee

Source : Cité du Vatican

Photo : archive du Lieutenance



 


Pâques orthodoxe : au Saint-Sépulcre, le rite du feu sacré vu par un franciscain

 

4 mai 2021 par LdS

À Jérusalem, en ce Samedi Saint des Églises qui suivent le calendrier julien, se renouvelle la cérémonie du Feu sacré qui, du tombeau vide du Christ, passe de cierge en cierge pour atteindre les églises orthodoxes du monde entier.

Cette année, quatre semaines séparent la Pâque des Églises orientales, qui suivent le calendrier julien, le 2 mai, de celle des catholiques latins et des protestants, qui suivent le calendrier grégorien. Tous les chrétiens du monde ont célébré la victoire du Christ sur la mort le même jour, le 16 avril 2017, et le feront à nouveau le 20 avril 2025, année jubilaire, 1 700 ans après le premier concile œcuménique de Nicée.

Pendant ce temps, à Jérusalem, dans la basilique du Saint-Sépulcre, le rite du Feu sacré est répété en ce Samedi Saint, point culminant du triduum pascal pour les fidèles orthodoxes du monde entier. Un rite qui se déroule de la même manière depuis au moins six siècles, même s’il remonte à l’Église de Constantin, au quatrième siècle. Et il revient avec la participation des fidèles, grâce à la campagne de vaccination en Israël, après Pâques 2020 en vase clos, avec seulement dix religieux dans la basilique ; même si ce ne sont que des fidèles de Terre Sainte, puisque les pèlerinages n’ont pas encore repris, à cause de la pandémie.

Un rite spectaculaire

En temps normal, cet événement offre un spectacle à nul autre pareil. Celui de dizaines de milliers de personnes -dont de nombreux pèlerins-, emplissant les ruelles labyrinthiques de la vieille ville, dans une atmosphère d’ardente et démonstrative ferveur. Coptes, grecs, syriaques ou arméniens, munis de bougies et de croix, s’accommodent d’une longue attente dans l’espoir de pénétrer dans la basilique du Saint Sépulcre (ou Anastasis) et d’assister au « miracle ».

Selon la tradition -attestée depuis l’Antiquité-, le patriarche grec-orthodoxe entre dans l’édicule qui abrite le tombeau de Jésus et se met en prière. C’est alors qu’une lumière scintillante jaillit ; le patriarche allume ses cierges, puis sort de l’édicule, afin que la flamme de la résurrection puisse être propagée parmi les fidèles. La foule, rassemblée de manière compacte, éclate en cris de joie, tandis que les bougies s’allument fébrilement, transformant en quelques secondes la basilique plongée dans la pénombre en un magnifique océan de lumière. Au son des cloches, la lumière venue du tombeau vide se répand dans toute la vieille ville, et de là, gagne le reste des territoires israélien et palestinien et même au-delà.

Une vie liturgique nocturne

« Ce qui me plaît dans ce rite, explique le père mineur franciscain Giuseppe Maria Gaffurini, aujourd’hui commissaire général adjoint de Terre Sainte et compagnon spirituel des pèlerins - c’est qu’immédiatement les flammes sont transportées à l’aéroport de Tel Aviv et de là, par des vols charters, la flamme arrive dans toutes les principales églises orthodoxes. Et c’est très beau que dans toutes les églises orthodoxes on attende l’arrivée du Saint Feu du Saint Sépulcre pour célébrer la Veillée pascale ». Le père Giuseppe, 63 ans, moine cistercien et prieur pendant 35 ans, arrivé en 2011 au Saint-Sépulcre en congé sabbatique pour y rester ensuite comme prêtre et chantre, se décrit comme un « amoureux » de la sacralité de ce lieu et de son intense vie liturgique nocturne, qui commence à 23h30.

« Toutes les confessions chrétiennes se lèvent à 23h30, elles font sonner les cloches internes, selon un ordre préétabli : d’abord celle des orthodoxes, puis celle des latins et enfin celle des arméniens et l’encensement commence, raconte-t-il. Les diacres orthodoxes encensent, millimètre par millimètre, tous les lieux saints de la basilique et enfin, à minuit, nous, latins, franciscains, pouvons commencer notre office de nuit. Il arrive aussi que sur le parvis de la basilique, on puisse être témoin de la dévotion des pèlerins orthodoxes qui, conduits par leur pope, comme un véritable troupeau, avec toute la dévotion possible, au milieu de la nuit, dans le froid, dans la chaleur, sous la pluie ou par beau temps, se rendent à la basilique du Saint-Sépulcre pour la divine liturgie. Lorsque nous, franciscains, terminons notre célébration vers une heure, une heure et demie, commence celle des orthodoxes, qui dure deux heures. Puis commence celle des Arméniens. La vie nocturne du Saint-Sépulcre est très riche et la célébration de la résurrection du Seigneur est garantie dans tous ses aspects. »

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques personnelles de Luk De Staercke



 


Le roi Abdallah de Jordanie réaffirme son soutien aux Lieux saints de Jérusalem

 

4 mai 2021 par LdS

Le 27 avril le souverain Abdallah II a reçu les responsables des différentes Églises présentes à Jérusalem tout comme les plus hautes autorités musulmanes, afin de réaffirmer son rôle de gardien des Lieux saints de la ville.

Le roi Abdallah II de Jordanie a reçu le 27 avril dans son palais d’Amman les principaux responsables des Églises présentes à Jérusalem ainsi que les autorités musulmanes. Une rencontre « pour réaffirmer son soutien à la fermeté des habitants de Jérusalem et souligner sa responsabilité historique et religieuse en ce qui concerne la sauvegarde des Lieux saints » précise le Patriarcat latin de Jérusalem dans un communiqué.

Parmi les invités du monarque hachémite : Mgr Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, Théophile III, patriarche grec-orthodoxe, ainsi que le grand mufti, Muhammad Hussain, et des représentants du Waqf islamique de la ville trois fois sainte. « Ces derniers jours, notre ville de Jérusalem a de nouveau été au centre de tensions, de divisions et d’expressions de haine » a déploré Mgr Pizzaballa en référence aux violents affrontements qui ont opposé des juifs et des fidèles musulmans.

Traditionnel gardien des Lieux saints de Jérusalem, le royaume de Jordanie, par cette rencontre, a souhaité montrer son attachement à ces lieux si importants pour les croyants, chrétiens comme musulmans. Le patriarche latin a exprimé sa gratitude pour l’engagement du roi Abdallah II en faveur du libre accès aux Lieux Saints et du respect du Statu Quo à Jérusalem, ainsi que pour sa promotion de l’harmonie interreligieuse.

Pour sa part, le patriarche Theophilos III a souligné les efforts du souverain jordanien pour préserver l’identité historique de Jérusalem et la présence chrétienne dans cette ville : « l’exemple authentique vécu dans le royaume hachémite, a-t-il dit, est pour nous un grand encouragement et un soutien, surtout à un moment où la présence chrétienne en Terre Sainte, si vitale pour la coexistence historique et pacifique dans notre région, est confrontée à de nouveaux et graves défis ».

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques personnelles lds



 


Mgr Pizzaballa : le salut est dans la rencontre personnelle avec Dieu

 

8 avril 2021 par LdS

Le Patriarche latin de Jérusalem a célébré la messe à Nazareth, à l’occasion de la solennité de l’Annonciation, ce jeudi 25 mars. Dans son homélie, il est revenu sur le mystère de l’Incarnation et ce qu’il implique pour les croyants, surtout en ces temps de pandémie.

"L’Incarnation nous dit combien Dieu aime l’humanité," a affirmé Mgr Pizzaballa au cours de la messe célébrée dans la basilique de l’Annonciation à Nazareth. « Le monde n’a jamais été une île heureuse : les problèmes de toutes sortes, les injustices, les divisions, les guerres, les maladies sont là aujourd’hui comme hier et depuis toujours. Mais tout cela n’a en rien empêché l’accomplissement du projet de Dieu dans un tel monde », a précisé l’archevêque italien.

Il s’agit de vivre aujourd’hui dans ce monde, aussi blessé soit-il, avec la certitude qu’il est encore « le lieu où Dieu s’est manifesté, où il nous a rencontrés et où nous le rencontrons encore ». Ces derniers mois, les rencontres virtuelles ont été plus nombreuses que celles réelles, en raison des divers confinements mais si la technologie a permis de maintenir un minimum de sociabilité, « ce n’est pas par elle que nous rencontrons le Seigneur », observe Mgr Pizzaballa. « Ce ne seront pas les messes virtuelles qui nous sauveront, ni les médias sociaux, mais les rencontres personnelles avec Lui », a-t-il ajouté.

Le mystère de l’Incarnation est aussi une invitation à trouver dans sa propre vie, personnelle et communautaire, les signes de la présence de Dieu, le lieu où l’on peut le rencontrer. Pour le Patriarche latin, il est nécessaire de retrouver un regard positif sur l’Église et le monde, « toujours habités par la présence de Dieu ». Il importe que le mal, l’injustice et la solitude ne soient pas les seules voix qui nous interpellent.

« Dans ce monde, dans cette société, dans cette Église, nous sommes invités à prononcer notre ’oui’ à Dieu qui nous appelle pour son plan de salut , un ’oui’ qui se traduit ensuite par une action concrète et positive pour le bien et pour la justice », a poursuivi Mgr Pizzaballa qui estime pressant le besoin de « témoins qui nous aident à affronter les faits de la vie avec espérance et confiance », d’une communauté de croyants « au regard libre et serein sur la vie du monde, sans peur et désireux de construire et de promouvoir le bien et la justice ». « Trop souvent, nous nous enfermons dans nos propres problèmes, qui deviennent notre seul horizon. Nous sommes toujours tellement pris par les petites affaires de la vie, par les choses à faire, ou même par les grands projets, que nous oublions l’essentiel : l’existence n’a de sens que si elle s’ouvre à l’amour ».

Et le Patriarche latin de Jérusalem de conclure son homélie en demandant à la Vierge de Nazareth d’accompagner et de soutenir l’Église de Terre Sainte et de la rendre féconde d’une vie nouvelle et joyeuse pour le bien de tous.

Source : Vatican News

Photo : archives photographiques Luk De Staercke



 


Emmaüs Al Qubeibeh : un des lieux qui rapelle l’apparition du Seigneur ressuscité

 

8 avril 2021 par LdS

L’une des apparitions du Christ après la Résurrection eut lieu à Emmaüs, à deux de ses disciples, Siméon et Cléophas, qui reconnurent le Maître après que Jésus eut rompu le pain avec eux. En Terre Sainte, cet épisode biblique est célébré le lundi de Pâques par les Franciscains d’Emmaüs Al Qubeibeh, où se trouve le sanctuaire de la manifestation de Jésus, lieu qui commémore la rencontre de Jésus avec les deux disciples.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

"Nous sommes arrivés ici à Emmaüs Qubeibeh, qui est l’une des identifications possibles du lieu raconté par saint Luc au chapitre 24. Emmaüs Qubeibeh se trouve à 11 km de Jérusalem. Lorsque nos archéologues du Studium Biblicum Franciscanum étaient prisonniers ici pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ont fait des fouilles et les ruines qu’ils ont trouvées ont mis en évidence un village de l’époque de Jésus. » Dans le sanctuaire," F. Francesco Patton, Custode de Terre Sainte, a présidé la célébration à laquelle ont participé de nombreux franciscains, des religieux et les quelques chrétiens locaux d’Emmaüs Al Qubeibeh, dont la population est majoritairement musulmane.

Fr. ARTURO VASATURO, ofm

Administrateur du sanctuaire d’Emmaüs

« Notre relation avec les musulmans a toujours été tranquille parce que nous, les frères, sommes venus pour servir. La communauté musulmane qui vit ici est très attachée au couvent car dans le concept du couvent il y a le terme "der". "Der" signifie "là où vous vivez", donc les gens du coin voient d’un bon œil ceux qui se consacrent au Seigneur et tous nos employés sont des locaux. Au cours de ces 100 ans, les habitants de la région ont toujours travaillé ici, de sorte que nos relations avec eux ont toujours été bonnes. » Dans son homélie, le F. Francesco Patton a déclaré que "Jésus enseigne aux disciples, à travers l’Évangile, le mystère de Pâques". Et pendant la célébration, il a béni deux nouvelles sculptures à l’intérieur du Sanctuaire.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm

Custode de Terre Sainte

« Au cours de la célébration, nous avons également béni ces deux bas-reliefs qui proviennent d’Ortisei, dans le Val Gardena, au nord de l’Italie. Ils sont l’œuvre du sculpteur Willy Messner et ont été offerts par une bienfaitrice pour rappeler deux passages fondamentaux de l’Évangile d’Emmaüs : Jésus marchant avec les disciples en expliquant les Écritures (dans le bas-relief, Jésus explique un passage d’Isaïe) et ensuite Jésus qui est invité à rester pour le dîner et se reconnaît dans le geste de bénir puis de rompre le pain. Ces deux sculptures, ces deux bas-reliefs, aideront les pèlerins, dès qu’ils pourront revenir, à méditer sur l’Évangile d’Emmaüs et sur le mystère qui nous fait nous souvenir et vivre dans ce lieu si beau et si spécial. » Selon le récit de l’Évangile de Luc, Jésus s’est assis à table, a pris le pain, l’a béni, l’a rompu et l’a servi aux deux disciples qui l’ont reconnu dans ce geste. Ce geste de Jésus a été répété par F. Francesco Patton, qui a distribué des pains en souvenir de la manifestation du Christ à Siméon et Cléophas.

Source : Terra Santa News

Photo : archives photographiques personnelles Luk De Staercke



 


Fête de l’Ascension: le regard tourné vers le ciel

 

8 april 2021 door LdS

Il est petit et unique en son genre : pour rejoindre le lieu qui fait mémoire de l’Ascension de Jésus, quarante jours après Pâques, il faut monter jusqu’au point le plus haut du Mont des Oliviers, à 808 mètres d’altitude. Aujourd’hui, le lieu est placé sous la gestion musulmane, mais une fois par an, il accueille les célébrations des différentes confessions chrétiennes, selon leurs calendriers respectifs.

Sous un soleil brûlant, l’entrée solennelle, la prière des vêpres et des complies se déroulent pour la première fois depuis quelques temps avec quelques fidèles, et l’assouplissement des mesures anti-Coronavirus supprime l’obligation de porter le masque quand les célébrations se déroulent en plein air.

À l’intérieur de la chapelle centrale, il y a la pierre sur laquelle la tradition voit l’empreinte de pied laissé par Jésus avant de monter au Père, sous le regard des disciples. Puis, dans les Actes des Apôtres, on peut lire que deux hommes en vêtements blancs disent au disciples : « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Fr. DIEGO DALLA GASSA, ofm

Custodie de Terre Sainte

«Déjà cette indication des personnes qui regardent vers le ciel est très importante pour ceux qui ont bâti le premier lieu. En 378, Poimenia, noble romaine, fait édifier une première structure, un premier édifice, qui avait le toit ouvert.»

Du premier édifice, il reste bien peu de choses ; après sa destruction, les croisés reconstruisirent l’édicule, le laissant à nouveau sans coupole.

Fr. DIEGO DALLA GASSA, ofm

Custodie de Terre Sainte

«Quand ils vinrent ici en 1187, les musulmans prirent le lieu et pensèrent terminer l’édifice en lui mettant un toit. Mais ils ne savaient pas ce que cet endroit signifiait. Nous sommes destinés au ciel ; l’homme est destiné à regarder le ciel pour pouvoir vivre désormais, ici, en cette vie, une vie qui peut revenir et devra retourner au ciel.»

En fin d’après-midi, les vêtements liturgiques sont rangés, car il manque cette année – en raison des restrictions encore en vigueur – les grandes tentes blanches montées pour accueillir les fidèles, ainsi que la partie la plus typique de la fête : les nombreuses célébrations nocturnes qui se suivent à l’intérieur et autour de l’édicule jusqu’à l’aube. Elles sont en partie récupérées le jour suivant, dès les premières heures, avec les célébrations du nonce apostolique Mgr Leopoldo Girelli, de la Communauté de Gethsémani, de la communauté arabe et enfin, avec la messe solennelle présidée par le vicaire de la Custodie de Terre Sainte.

Fr. DOBROMIR JASZTAL, ofm

Vicaire de la Custodie de Terre Sainte

«La chose la plus importante que nous devrions demander au Seigneur est celle de continuer à soutenir notre vie, à l’illuminer, à la guider avec la grâce de son Esprit. Pour que chacun de nous puisse s’acquitter de la mission à laquelle il a été appelé, en servant les frères, mais surtout en rendant le Seigneur présent au milieu des frères. C’est ce que les disciples ont compris ici, sur ce mont, c’est l’espérance avec laquelle ils sont descendus dans l’attente de l’Esprit Saint.»

“L’impossibilité pour les pèlerins de rejoindre les sanctuaires et les lieux saints a touché un peu tout le monde”, a expliqué le vicaire custodial, se référant au moment historique particulier que le monde entier traverse.

Fr. DOBROMIR JASZTAL, ofm

Vicaire de la Custodie de Terre Sainte

«Mais ce n’est pas pour cela que les gens du monde entier sont absents de la Terre Sainte. Chaque jour, nous nous souvenons non seulement de ceux qui le demandent, mais de tous ceux qui ont besoin d’aide, de soutien.»

Source : Terra Santa News

Photo : archives photographiques personnelles de Luk De Staercke



 


Un Dimanche des Rameaux en présence de fidèles à Jérusalem

 

30 mars 2021 par LdS

Le patriarche latin, Mgr Pierbattista Pizzaballa, a présidé la liturgie du dimanche des Rameaux devant le sanctuaire sacré qui abrite le tombeau de Jésus. L’après-midi, la procession sur le Mont des Oliviers a lieu de manière réduite, « mais il est important de le faire pour commencer à donner des signes de normalité, a dit le Patriarche, et de confiance dans une reprise de la vie normale ».

Les portes du Saint-Sépulcre grandes ouvertes ont accueilli prêtres et fidèles pour les célébrations du dimanche des Rameaux. C’est ainsi que s’ouvre la Semaine Sainte à Jérusalem, d’une manière totalement différente de l’année dernière, lorsque le pays était au début de l’urgence sanitaire et que la liturgie prévue a dû se dérouler à huis clos. Bien que la Terre Sainte soit toujours fermée aux pèlerins, la campagne de vaccination massive a entraîné une reprise progressive des activités et, par conséquent, les célébrations de la Semaine Sainte seront accessibles aux fidèles locaux et aux communautés religieuses vivant dans la région.

La petite procession au Saint-Sépulcre

En présence d’une petite assemblée festive, le patriarche latin, Mgr Pierbattista Pizzaballa, a présidé la liturgie du dimanche des Rameaux devant le saint sanctuaire, qui contient le tombeau de Jésus. « Aujourd’hui, nous sommes réunis ici, là où le Christ est mort et ressuscité. Cette célébration est un prélude à la Pâque du Seigneur, qui est entré à Jérusalem, sa ville, pour accomplir le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. C’est pourquoi, avec une grande foi et une grande dévotion, en nous souvenant de cette entrée salvatrice, suivons le Seigneur afin que, devenus par la grâce des consorts de la Croix, nous participions à la résurrection et à la vie ». Par cette prière, le patriarche latin a incité l’assemblée à retracer l’entrée de Jésus à Jérusalem par une petite procession à l’intérieur du Saint-Sépulcre.

Dans la joie, les fidèles ont brandi des palmes et des branches d’olivier fraîchement bénies, tandis que, suivant la procession, ils ont fait trois fois le tour du sanctuaire sacré, comme le veut la tradition. Puis la messe a commencé, au cours de laquelle la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ a été chantée en latin à trois voix. Pierbattista Pizzaballa a voulu laisser la place à un moment de silence et de recueillement après la proclamation de l’Évangile.

Depuis le Mont des Oliviers

Outre la célébration du matin au Saint-Sépulcre, l’un des moments les plus attendus à Jérusalem le dimanche des Rameaux est la procession de l’après-midi vers le mont des Oliviers. Après l’arrêt de l’année dernière, en raison de l’urgence sanitaire, ce qui est chaque année l’un des plus grands événements publics chrétiens de la Ville Sainte a pu se dérouler librement cette année.

Depuis l’église de Bethphagé, un sanctuaire situé sur le Mont des Oliviers, à l’endroit même où la foule a acclamé Jésus lors de son entrée à Jérusalem, la procession est descendue vers la ville. Le patriarche latin a fait une halte au sanctuaire de Dominus Flevit, une tradition inaugurée l’année dernière et qui sera répétée, « à la demande des habitants et de la paroisse de Jérusalem », comme l’a déclaré le patriarche. De l’endroit où Jésus a regardé Jérusalem et a pleuré sur elle (« Dominus Flevit » qui signifie « le Seigneur a pleuré »), Mgr Pizzaballa a donné une bénédiction à Jérusalem. La procession ne s’est pas terminée comme d’habitude à l’église Sainte-Anne, mais s’est dispersée après avoir pénétré dans la vieille ville par la porte des Lions.

Jours d’espoir

« Nous aurons une semaine sainte plus sereine que l’année dernière, bien que nous ayons encore des effectifs réduits », a déclaré le patriarche latin. « N’oublions pas non plus qu’une partie du diocèse connaît encore une situation dramatique à cause du coronavirus, comme en Palestine et en Jordanie, mais nous devons nous réjouir qu’à Jérusalem nous puissions célébrer de manière presque normale », a-t-il reconnu.

Texte : Beatrice Guarrera – Jérusalem

Bron : Vatican News

Photo : Propre archive de la Lieutenance



 


En Jordanie, une nouvelle église pour accueillir un millier de fidèles de rite latin

 

15 mars 2021 par LdS

Dans le Royaume hachémite, à majorité sunnite, une église a été récemment construite à proximité de la capitale. Après plusieurs années de travaux, la première messe a pu être célébrée à Noël.

Mgr William Shomali, vicaire du Patriarcat Latin de Jordanie depuis 2017, a célébré le 14 février dernier la messe dans la nouvelle église Saint-Paul-Apôtre, située à Jubeiha, à environ 10 kilomètres au nord-ouest d’Amman, en Jordanie. Les travaux ont pris fin en décembre dernier, quatre ans après leur lancement, et la première messe y a été célébrée à Noël.

Un lieu accueillant pour les familles

L’idée de fonder une paroisse à Jubeiha, rapporte le portail italien du Patriarcat latin de Jérusalem, remonte à 1984. Don Labib D’Aibes constatait alors que la communauté chrétienne s’agrandissait ; elle comptait alors 200 familles environ. La construction d’une école paroissiale a entraîné une nouvelle augmentation du nombre de chrétiens, qui ont alors été contraints d’assister à des messes dans l’atrium du complexe scolaire. En 2016, un nouveau bâtiment a été envisagé pour permettre des liturgies plus dignes et une meilleure participation à la vie paroissiale. Grâce aux fonds collectés par la communauté locale et à la générosité de donateurs privés, le projet a pu voir le jour. Le terrain pour la construction de l’église a été donné par un paroissien et chevalier de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, Omar Naber, qui a également contribué aux premières étapes de la construction. D’autres fonds ont été offerts au fil des ans par l’Ordre du Saint-Sépulcre. En mars dernier, lorsque la pandémie de Covid-19 a aussi touché la Jordanie, le gouvernement a imposé un confinement et les travaux ont été interrompus. Repris en juin, ils ont été achevés à la fin de l’année. L’église Saint-Paul-Apôtre peut accueillir un millier de fidèles et elle est équipée de divers services. Aujourd’hui, la ville Jubeiha compte 1 200 familles de rite latin, et la nouvelle paroisse est chargée de prendre soin des âmes de la partie nord du gouvernorat d’Amman, qui compte 12 000 chrétiens.

L’islam est la religion d’État dans le Royaume hachémite. Selon des estimations, 92 % des habitants sont sunnites et les chrétiens représentent 8 % de la population. Les chrétiens sont surtout grecs-orthodoxes ; on compte aussi des grecs-catholiques, des orthodoxes coptes, des orthodoxes arméniens, des syriens-orthodoxes et un petit nombre de protestants et de catholiques latins. Le pays abrite aussi quelques chiites, des druzes et des bahaïstes.

Source : Vatican News Service - TC

Propre Photo : luk de staercke



 


La coordination Terre Sainte appelle à une paix juste entre Israéliens et Palestiniens

 

6 mars 2021 par LdS

La coordination Terre Sainte a clos sa rencontre annuelle, tenue du 16 au 21 janvier en ligne, pour cause de pandémie. Les évêques qui la composent soulignent l’importance de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens et demandent à leurs gouvernements de soutenir ce dialogue entre les deux parties.

C’est une première pour les onze évêques européens, américains, canadiens et sud-africains de la coordination : leur réunion annuelle s’est tenue en ligne. Chaque année depuis vingt ans, le groupe, soutenu par le Saint-Siège, se rend en Terre Sainte pour y manifester la proximité de l’Église universelle et connaître de plus près les réalités sociales, politiques et ecclésiales des communautés qui l’habitent.

« La communauté internationale, peut-on lire dans le communiqué final, doit tenir Israël pour responsable de son devoir moral, juridique et humanitaire de rendre les vaccins contre le Covid-19 accessibles aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, et encourager la coopération de la part de l’Autorité palestinienne, en tenant compte du message du Pape François selon lequel “face à un défi qui ne connaît pas de frontières, nous ne pouvons pas ériger de murs” ».

Appel à la reprise de négociations directes

La coordination réitère son engagement « résolu » à soutenir « les sœurs et les frères dans la patrie du Christ » et exprime sa sympathie pour « leur mission, leur résilience et leur témoignage » offerts « dans ces circonstances sans précédent ».

Aujourd’hui, en effet, les raisons d’être optimistes sont moins nombreuses que jamais, constatent avec douleur les évêques. En Terre Sainte, la crise sanitaire se voit exacerbée par le conflit, tandis que « l’absence de pèlerins du monde a accru les difficultés économiques, augmenté les niveaux de chômage et poussé beaucoup plus de familles dans la pauvreté ». La coordination épiscopale déplore également « l’absence de progrès politique » qui, « avec l’expansion inexorable des colonies et l’impact de la loi sur l’État-nation d’Israël », qui définit Israël comme un État juif, continue à « éroder toute perspective de solution pacifique à deux États ».

De là, un appel aux dirigeants israéliens et palestiniens à « s’engager à nouveau dans des négociations directes. Nous appelons nos gouvernements et nos dirigeants politiques à renouveler d’urgence leur participation active à la recherche d’une paix juste, en soutenant le dialogue entre toutes les parties, en protégeant le droit international et en réaffirmant la pluralité de Jérusalem, compte tenu de sa signification unique pour les juifs, les chrétiens et les musulmans ».

Responsabilité vis-à-vis des chrétiens de Terre Sainte

La coordination exhorte vivement à renforcer « la solidarité avec le peuple de Terre Sainte », tout en précisant que cette solidarité ne doit pas être « un vague sentiment, mais une détermination ferme et persévérante à s’engager pour le bien commun ». « Nous avons une profonde responsabilité de soutenir les chrétiens en Terre Sainte », car les écoles, les cliniques, les hôpitaux et les autres projets sociaux de l’Eglise, y compris le travail de Caritas, « bien que soumis à une grande pression, sont des modèles de charité, de justice et de paix ». Ces institutions chrétiennes sont « vitales » pour rassembler des personnes « d’origines diverses » et pour servir le « bien commun de tous ».

La communauté chrétienne de Terre Sainte, « même petite, est un important garant de la cohésion sociale et un porteur d’espoir pour un avenir meilleur », soulignent les évêques qui espèrent pouvoir bientôt retourner en pèlerinage dans la région. « D’ici là, nous encourageons nos communautés à fournir toute l’aide possible et à se souvenir dans la prière de tous les peuples de la région », concluent-ils.

Source : Vatican News

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


Une messe célébrée à Cana pour commémorer le premier miracle de Jésus

 

6 mars 2021 par LdS

Une messe a été célébrée dimanche 17 janvier au sanctuaire situé à Kafr Kana, près de Nazareth. Le custode de Terre Sainte a demandé de prier spécialement pour les familles et les couples qui traversent une crise et ont besoin du « vin de la joie, de l’amour et du service mutuel ».

« Ici à Cana de Galilée, nous sommes invités à comprendre la pleine valeur de l’amour humain, à partir de l’amour que Dieu a pour son peuple et pour toute l’humanité, semblable à l’amour de l’époux pour l’épouse » : c’est par ces mots que le père Francesco Patton, custode de Terre Sainte, s’est exprimé lors de la messe célébrée dimanche 17 janvier dans le sanctuaire de Cana, situé dans le village arabe de Kafr Kana, le lieu où Jésus accomplit son premier miracle. Comme le rapporte l’Évangile selon saint Jean, Jésus, invité à un banquet de noces, y changea l’eau en vin, encouragé par Marie sa mère, qui s’inquiétait de voir les convives en manquer (Jn 2, 1-11).

Prier pour les familles divisées

Le père Patton a souligné que cet épisode de l’Évangile invite à découvrir que la relation personnelle avec Dieu doit aussi être une relation d’amour, une relation sponsale. Il a rappelé à ce sujet que cette année sera consacrée à la famille, grâce à l’Année spéciale “Amoris Laetitia”, décrétée par le Pape François le 27 décembre dernier, et qui commencera le 19 mars. Le Custode de Terre Sainte a invité à prier particulièrement pour tous les fiancés du monde, pour « les familles et les mariages en crise, traversant des situations dans lesquelles le vin de la joie, de l’amour et du service mutuel fait défaut ». « Nous sommes faits pour l’amour infini. Nous sommes faits pour recevoir l’amour de Dieu et pour lui rendre la pareille dans une relation si intense et si personnelle que nous ne pouvons trouver une similitude que dans l’image du mariage », a poursuivi le père Patton.

En raison des restrictions imposées par la situation sanitaire, seuls les frères franciscains des communautés de Galilée, dont ceux de Nazareth, du Mont Thabor, de Tibériade et de Haïfa, ont participé à la célébration. Chaque année, pendant cette messe, de nombreux couples se pressent dans l’église et renouvellent leurs vœux de mariage. « Elle était célébrée d’une manière particulière », témoigne le curé de la paroisse, le frère Haitham Franso Yalda Hano, de nombreux chrétiens de Galilée venaient renouveler leurs vœux de mariage et la population attendait cela avec impatience ». Cette année, un certificat spécial sera remis aux familles pendant le Carême, lors de la visite faite pour la bénédiction des maisons.

L’église de Cana est un point de référence pour plus de trois mille chrétiens locaux, dont 700 sont catholiques et les autres grecs-orthodoxes et melkites. Actuellement, les messes dominicales sont diffusées sur la page Facebook du sanctuaire, qui est fermée en raison du confinement. Le couvent attenant au sanctuaire compte trois franciscains de la Custodie de Terre Sainte.

Un lieu reconnu depuis le 4e siècle

Depuis l’époque byzantine, divers témoins parlent de Kafr Kana comme du site du premier miracle de Jésus. En 1641, les Franciscains de la Custodie de Terre Sainte ont légalement acquis le lieu saint, mais ce n’est qu’en 1862 qu’ils en deviennent propriétaires. En 1879, sur les ruines d’une ancienne basilique, l’église actuelle est construite, ainsi qu’un couvent, puis elle est agrandie entre 1897 et 1905. L’autel en marbre et les fresques sont l’œuvre d’artistes bavarois. Le curé étant alors originaire de Salzbourg, il s’est inspiré de la cathédrale de sa ville pour la façade. Des fouilles archéologiques, menées en 1969 par le père Stanislao Loffreda et en 1997 par le père Eugenio Alliata, ont mis au jour une cour et les vestiges d’une synagogue avec des mosaïques représentant des grenades et des motifs géométriques. Le lieu de culte a été construit sur les vestiges des habitations précédentes (du 1er au 4e siècle après J.-C.) et possédait un atrium à portique avec une grande citerne au centre, encore conservée aujourd’hui. Sous l’église actuelle se trouvent les restes d’une maison, où le premier miracle de Jésus est supposé avoir eu lieu. Ces restes ont été transformés en une crypte, toujours accessible.

Source : Vatican News Service – TC -

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


Terre Sainte : la fête de la Chaire de Saint Pierre célébrée à Tibériade

 

6 mars 2021 par LdS

Une messe a été célébrée samedi le 20 février en l’église située à l’endroit même où eut lieu la profession de foi de Pierre, rapportée dans l’évangile selon saint Matthieu lu en la fête de la Chaire de Saint Pierre.

Le père Francesco Patton, custode de Terre Sainte, a célébré cette messe samedi 20 février en l’église Saint-Pierre de Tibériade, en soulignant dans son homélie que la « foi catholique est fondée sur la profession de foi de Pierre, il y a deux mille ans, et de cette affirmation est née l’Église elle-même ». En tant que « porte-parole » des disciples et « guidé par le don de grâce du Père par l’Esprit Saint », a expliqué le père Patton, Pierre a répondu : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » à Jésus qui les interrogeait sur son identité. Le Custode de Terre Sainte a ensuite rappelé les paroles de Jésus après la réponse de Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » (Mt 16, 18-19). « Malgré les persécutions internes et extérieures, l’Église a continué à exercer ce ministère pendant des siècles par l’intermédiaire des successeurs de Pierre à qui le Christ a confié les clefs du royaume des cieux, symbole de la tâche de réconciliation confiée à l’Église », a poursuivi le père Patton.

Cette messe de la Chaire de Saint Pierre a été suivie par des consacrés et des paroissiens de Tibériade. La célébration s’est terminée par une prière pour le Pape François, appelé à exercer le ministère de Pierre, devant la statue de l’apôtre placée à l’entrée de l’église.

Tibériade, bâtie sur la rive ouest du lac du même nom – aussi appelé mer de Galilée ou lac de Génésareth dans les Évangiles -, est aujourd’hui la capitale de la Galilée, au nord d’Israël. Elle est pour les chrétiens le lieu d’une grande partie de la vie de Jésus – l’appel des premiers disciples, la pêche miraculeuse –, mais ce site est également chargé de lieux saints pour les juifs.

Rappeler la mission spécifique de l’évêque de Rome

Le 22 février est célébrée la fête de la Chaire de Saint Pierre, cet ancien siège de bois, chef d’œuvre du Bernin, conservé comme relique dans la basilique Saint-Pierre. Elle est l’expression symbolique de l’autorité exercée par l’évêque de Rome, successeur de l’apôtre Pierre. Le ministère singulier et spécifique du Souverain Pontife a été rappelé par le Concile Vatican II : « De là vient aussi l’existence légitime, dans la communion ecclésiastique, des Églises particulières qui jouissent de traditions propres, sans préjudice du primat de la Chaire de Pierre qui préside à toute l’assemblée de la charité (cf. saint Ignace d’Antioche, Ad Rom., Préf.), qui protège les légitimes diversités et, en même temps, veille à ce que les différences ne nuisent point à l’unité, mais la servent » (Lumen gentium, 13).

Afin de rappeler le magistère suprême de Pierre, et l’autorité du Pape, Rome a célébré la Chaire de saint Pierre dès le IVe siècle. À l’origine, la fête était fixée le 18 janvier à Rome et le 22 février à Antioche, avant que cette date ne soit unifiée et fixée au 22 février lors du la réforme du calendrier liturgique de Paul VI.

Source : Vatican News Service - TC

Photo Personelle : Luk De Staercke



 


Terre Sainte : première messe sur le site du baptême du Christ depuis 54 ans

 

26 janvier 2021 par LdS

Dimanche le 9 janvier, les franciscains de la Custodie pourront célébrer le baptême du Christ sur les rives du Jourdain, sur le site présumé de l’événement narré par les Évangiles. Le site de Qasr al-Yahud, devenu un champ de mines après la guerre de 1967, redeviendra donc un lieu de prière. Pour le père Ibrahim Faltas, de la Custodie de Terre Sainte, « c’est un jour historique ».

Amedeo Lomonaco- Cité du Vatican

« L’entrée du lieu où Jésus a reçu le baptême des mains de Jean-Baptiste se trouve sur le rive est du Jourdain, près de Jéricho. Chaque année depuis 1641, les franciscains se rendent en pèlerinage sur le site, connu sous le nom de Qasr al-Yahud (le rocher des Juifs). Mais en 1967, après la guerre des Six jours, toute la région a été fermée aux pèlerins et aux touristes. Elle a été transformée en zone militaire, est devenue un champ de mines de 55 hectares. »

Travail de déminage

Ce n’est qu’en l’an 2000, à l’occasion du pèlerinage jubilaire du saint Pape Jean-Paul II en Terre Sainte, qu’un petit accès au site a été rouvert avant d’être refermé après la deuxième Intifada. Une longue opération de déminage a été menée durant toutes ces années dans la zone de Qasr Al-Yahud. Avec le consentement des autorités israéliennes et palestiniennes, près de 4 000 mines ont été retirées. Ce travail a été réalisé par une organisation humanitaire britannique, “Halo Trust” spécialisée dans ce type d’intervention. Et ainsi, après plus de 50 ans, l’église Saint-Jean-Baptiste a été rendue à la Custodie de Terre Sainte.

Fête du Baptême

Demain, dimanche 10 janvier, la fête du Baptême du Seigneur sera marquée, à partir de 9 heures, par une série d’événements, auxquels seules quelques dizaines de personnes participeront en raison de la pandémie, sous la conduite de la Custodie de Terre Sainte. Après l’arrivée au Jourdain, la procession et la messe solennelle, le programme comprend un pèlerinage au Mont de la Tentation. En ce jour, les paroles de l’Évangile résonneront tout particulièrement : « En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » (Mc 1, 7-11)

« Une journée historique »

Après 54 ans, les franciscains pourront donc commémorer cette fête à l’endroit même où Jésus a été baptisé par Jean-Baptiste. Le père Ibrahim Faltas, de la Custodie de Terre Sainte, souligne l’importance de ce jour :

Les franciscains n’ont jamais oublié les Lieux Saints, même s’ils en ont perdu un à cause de la guerre ou pour d’autres raisons. Il en est de même avec le lieu du baptême. Le couvent, dont la construction a commencé après l’achat du terrain en 1920, s’appelle Saint Jean-Baptiste. Puis, en 1967, les franciscains ont perdu ce couvent à cause de la guerre. Et après 54 ans, nous revenons pour célébrer la première messe. Ce sera un jour historique pour nous. La messe commencera le dimanche à 10 heures. Il sera présidé par le Père Francesco Patton, Custode de Terre Sainte. Le délégué apostolique à Jérusalem et les consuls d’Italie, d’Espagne, de Belgique et de France seront également présents. Et il n’y aura que nous, les frères, qui célébrerons ce jour. Seule une cinquantaine de personnes sera là à cause de la pandémie.

Ce qui a été pendant plusieurs années un champ de mines et une zone militaire redevient aujourd’hui un lieu de paix et de prière...

Il redevient un lieu sacré. De fait, il y aura une bénédiction de ce couvent qui nous été rendu il y a trois mois. C’est un merveilleux couvent, très beau. Dimanche, il y aura cette journée de célébration, de joie pour les franciscains. L’année 2020 a été une année difficile pour tout le monde à cause de la pandémie et de bien d’autres choses. Mais pour nous, franciscains, ce couvent ainsi que le collège d’Alep sont revenus sous notre garde.

Ce dimanche de fête est aussi un jour de renaissance....

Une nouvelle année, un jour de renaissance. C’est la signification du baptême. Vous ne pouvez pas imaginer notre joie, la joie de tous les frères de la Custodie de Terre Sainte. Après la messe, nous aurons la procession du couvent jusqu’au Jourdain, précisément à l’endroit où notre Seigneur Jésus-Christ a été baptisé. C’est vraiment une grande joie de revenir dans ce couvent, si cher au cœur de tous les frères de la Custodie, et aussi pour tous ces frères qui ont donné leur vie pour ces Lieux Saints. Je pense qu’eux aussi au ciel seront heureux de voir que ce couvent nous est revenu.

Que signifie ce retour pour le Moyen-Orient ?

Cela signifie que nous ne devons jamais perdre espoir. Personne ne pensait que ce monastère pourrait revenir sous notre garde. Pour beaucoup, c’était même impossible. Nous avons toujours l’espérance, la confiance que tout va revenir à la normale. Je suis convaincu qu’un jour nous verrons la paix en Terre Sainte. Nous travaillons avec les « pierres vivantes » de la Terre Sainte, c’est-à-dire les chrétiens, en leur donnant l’espérance, le courage de continuer à rester dans les Lieux saints. Et en espérant que l’avenir sera meilleur et qu’il y aura la paix. Ce que tous les peuples du Moyen-Orient veulent, c’est voir la paix se réaliser sur cette terre. Et notre espérance en tant que franciscains est aussi de pouvoir revenir pour garder le couvent du Cénacle. Nous espérons qu’il reviendra, lui aussi, dès que possible, sous notre garde.

Source : Vatican News-



 


Un regard sur 2020 depuis la Terre Sainte

 

26 janvier 2021 par LdS

L’actualité du Patriarcat latin de Jérusalem est marquée par la crise sanitaire liée à la pandémie, avec la nécessité de venir en aide à une communauté catholique durement éprouvée.

Voici quelques extraits de la réflexion de Sami El-Yousef, Administrateur général du Patriarcat latin de Jérusalem, qui retrace les moments forts de ces mois compliqués et les initiatives majeures qui ont permis aux communautés chrétiennes de Terre Sainte d’être soutenues dans les difficultés et de continuer d’être des semeurs d’espérance sur leur terre.

Sur le plan humanitaire, les souffrances ont augmenté de manière exponentielle, et nous avons dû ajuster nos efforts pour agir auprès du plus grand nombre de personnes qui souffraient à cause de la pandémie. Les principaux programmes d’aide se sont poursuivis sans interruption et se sont accrus avec les médicaments, les urgences médicales, le soutien scolaire, l’aide sociale, l’aide aux réfugiés et aux migrants, la création d’emplois à Gaza, et l’aide aux communautés marginalisées de Jérusalem Est. De plus, et grâce à une générosité sans précédent à la suite des deux appels lancés au mois de mai, nous avons pu aider des milliers de familles pour les besoins essentiels et les frais de scolarité.

Quant au volet pédagogique du Patriarcat latin de Jérusalem, le processus d’enseignement et d’apprentissage concernant environ 20 000 jeunes de 44 écoles de Jordanie, de Palestine et d’Israël, s’est poursuivi grâce au dévouement de 1 795 professionnels de l’enseignement qui ont travaillé très dur pour mettre en oeuvre les cours à distance, presque du jour au lendemain et sans beaucoup de préparation, puis revenir à un enseignement en classe adapté, pour basculer à nouveau à une solution d’enseignement mixte.

Les activités pastorales ont continué à différents niveaux en fonction des règlementations gouvernementales qui paraissaient plus strictes en Israël que chez ses voisins de Palestine et de Jordanie où une semi-normalité continuait. Les activités impliquant de grands nombres de personnes ont toutes été limitées, que ce soient les camps d’été, les grandes célébrations pour les fêtes importantes, les mariages, ou encore les funérailles. Pourtant, le contact a été maintenu entre les prêtres et les fidèles, et de nombreuses activités virtuelles ont été organisées, y compris la diffusion des messes.

La fin de l’année approchant, nous avons accueilli avec joie la décision du Saint-Père de nommer Mgr Pizzaballa dixième Patriarche latin de Jérusalem depuis la restauration du Patriarcat latin en 1847. Cette nomination nous assure que le dur labeur des quatre dernières années va se poursuivre sans interruption ni retard, pour asseoir le futur du Patriarcat latin de Jérusalem sur des bases solides d’un point de vue financier et administratif et lui permettre ainsi de relever les nombreux défis restants.

Pour terminer, permettez-moi d’exprimer notre gratitude et notre reconnaissance à nos généreux donateurs du monde entier, et particulièrement à tous ceux qui nous ont aidés de manière si extraordinaire suite aux deux appels ; merci pour votre généreux soutien, moral et financier, sans lequel notre travail n’aurait pas été possible.

Source : Ordre équestre du Saint-Sépulcre de JérusalemGrand Magistère



 


Cadeau du roi de Jordanie à destination du Saint-Sépulcre

 

11 octobre 2020 2020 par LdS

AMMAN - Abdallah II de Jordanie a consacré une partie du montant reçu au titre du prix Templeton pour le Saint-Sépulcre à Jérusalem. Concrétisant encore son engagement dans la protection des lieux saints chrétiens.

« Le don de Sa Majesté est une mise en œuvre concrète de la garde hachémite sur les lieux saints musulmans et chrétiens de Jérusalem et reflète l’engagement personnel du roi à la sécurité et à l’avenir de la ville sainte », a déclaré lundi 6 mai à l’agence de presse jordanienne Petra, le patriarche Théophilos III, confirmant une promesse de don pour la Basilique du Saint-Sépulcre de la part du souverain jordanien faite à l’automne dernier. Pour mémoire, depuis les accords de Wadi-Araba signés en 1994, le Royaume hachémite de Jordanie est en effet garant des lieux saints de Jérusalem, chrétiens et musulmans.

Le chef de l’Eglise grecque-orthodoxe de Jérusalem, dans sa déclaration, faisait référence au don issu de la dotation (une enveloppe de 1 100 000 livres sterling) liée au prix Templeton que le roi a reçu le 13 novembre 2018. La fondation anglaise John Templeton avait décidé d’attribuer son prix (et son montant) au roi de Jordanie Abdallah II pour le féliciter d’avoir « davantage recherché l’harmonie religieuse au sein de l’islam, et entre l’islam et les autres religions que tout autre dirigeant politique vivant. » Le prix décerné au roi reconnaissait également officiellement l’engagement d’Abdallah II à protéger les lieux saints musulmans et chrétiens de Jérusalem.

Dans cette optique, à la réception de ce prix, le roi de Jordanie s’était engagé à consacrer une partie de la somme pour les projets de rénovation du Saint-Sépulcre à Jérusalem. « Une partie du prix Templeton contribuera à la rénovation et à la restauration de sites religieux à Jérusalem, y compris l’église du Saint-Sépulcre. La totalité de la somme restante sera également reversée à des initiatives humanitaires, interconfessionnelles et intra-religieuses, en Jordanie et dans le monde. », avait déclaré à l’automne dernier le souverain hachémite dans son discours.

Ce don, dont le montant n’a pas encore été dévoilé, intervient deux ans après la fin de la restauration du tombeau de Jésus, à laquelle le roi avait déjà participé financièrement en prenant sur sa cassette personnelle. Un édit royal du 10 avril 2016, actant une « makruma » (donation royale de bienfaisance) avait été publié en ce sens et adressé par courrier au patriarche grec-orthodoxe Theophilos III, « patriarche de la ville sainte de Jérusalem, de toute la Palestine et de la Jordanie. » Ce n’était pas la première fois que le roi effectuait un tel geste.Il avait fait précédemment d’autres dons, notamment pour contribuer à la restauration du site du baptême de Jésus, au bord du Jourdain.

Le patriarche Théophilos III en transmettant également ses vœux aux Jordaniens à l’occasion du mois sacré du ramadan, a voulu saluer « les efforts hachémites continus et constants visant à promouvoir les valeurs communes, en particulier entre l’islam et le christianisme. » Des efforts qui ont notamment abouti notamment sur « le message d’Amman » (2004) qui cherche à clarifier la vraie nature de l’islam et qui appelle toutes les nations musulmanes à promouvoir les Droits de l’Homme et les libertés fondamentales ; ou encore sur la lettre intitulée « Une parole commune entre nous et vous » que le prince Ghazi, cousin et conseiller pour les affaires religieuses du roi Abdallah II, avait adressée au pape Benoît XVI en octobre 2007, avec 137 autres personnalités du monde islamique. Elle posait pour principe que le christianisme et l’islam partageaient les mêmes valeurs d’amour de Dieu et d’amour du prochain. Ce dernier document avait d’ailleurs inspiré, en 2008, le premier Forum Catholico-Musulman qui s’était tenu au Vatican. On se souvient aussi de la résolution qu’Abdallah II de Jordanie a proposée en 2010 dans le but d’instaurer la Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle des Nations unies.

Christophe Lafontaine pour www.terresainte.net



 


L’amour qui peut sauver le monde

 

20 novembre 2020 2020 par LdS

JERUSALEM – La communauté franciscaine de Jérusalem et un petit nombre de chrétiens locaux ont célébré, lundi 14 septembre, la solennité de l’Exaltation de la Sainte Croix. La célébration a été précédée par Fr. Dobromir Jasztal, Vicaire custodial.

Le Vicaire custodial, a souligné dans son homélie « De ce lieu resplendit le Mystère de la Croix, depuis le jour où s’est accompli le salut du monde et pour chaque jour de l’histoire ». Il a ensuite rappelé que depuis le IVe siècle, l’Église, tant orientale qu’occidentale, célèbre cette solennité réservée au triomphe de la Croix du Christ. Après la célébration dans la chapelle du Calvaire, lieu de la crucifixion et de la mort de Jésus, toutes les personnes présentes se sont rendues en procession, passant à côté de l’édicule du Saint-Sépulcre, pour rejoindre l’autel dédié à la rencontre de Marie-Madeleine avec Jésus Ressuscité. C’est l’évangile de Saint Jean au chapitre 3 qui a été lu pendant la célébration : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, a que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle ».

Fr. DOBROMIR JASZTAL, ofm
Vicaire custodial

« La fête d’aujourd’hui qui se concentre sur le triomphe du Christ, reprend – comme nous l’avons senti dans les lectures – l’histoire du peuple d’Israël, menacé dans le désert par un danger mortel, qui cherche le salut, le salut immédiat et le trouve dans l’élévation serpent du au désert. Ce serpent, cette élévation, a un sens, une symbologie très particulière : il est le signe de la puissance de Dieu qui sauve, le signe de la sagesse de Dieu qui guide le peuple d’Israël dans le désert, et aujourd’hui, le signe de la croix, surtout en ces jours où l’humanité se sent menacée du danger, il nous est offer comme un symbole de salut. »

Fr. DOBROMIR JASZTAL, ofm
Vicaire custodial

« Le signe n’est pas seulement un symbole, mais un instrument de salut, de tout le genre humain, mais aussi de chacun de nous. Nous recherchons certainement le salut, surtout en ces moments de danger : où pouvons-nous le trouver ? Dans des moyens techniques, dans la médecine, dans le confort de quelqu’un qui nous aide. Nous trouvons toujours le salut dans l’élévation du Christ sur la croix ; le Christ qui réalise le salut ; le Christ qui communique son amour, l’offre, mais qui nous invite aussi à apprendre à le communiquer aux autres. En ce sens, nous pouvons vivre pleinement la vie. Nous ne devons pas seulement la voir comme douleur, comme difficulté, mais aussi comme Triomphe et comme Gloire. »

Chaque jour, les franciscains, gardiens des sanctuaires de la Rédemption, prient pour l’humanité entière.

Fr. SALVADOR ROSAS FLORES, ofm
Président du Couvent du Saint-Sépulcre

« Nous, fraternité franciscaine du Saint-Sépulcre, dix frères du monde entier, prions pour le monde entier. Nous suivons les nouvelles de nos pays, des autres pays que nous connaissons, les nouvelles qui nous arrivent de nos pèlerins et amis, et nous savons que tous souffrent. C’est pourquoi, au niveau personnel et communautaire, la prière s’adresse chaque jour à notre Dieu afin que ce temps soit un temps de purification, mais en même temps qu’il passe vite, que nous puissions tous en sortir sanctifiés afin que nous pouvons tous sanctifier notre monde, notre réalité, les pays pour lesquels nous prions, nos familles. Confiez-vous à notre prière, comme nous nous confions à vous, afin que, dans la communion de prière, le Seigneur nous entende, nous sanctifie, nous montre sa miséricorde. Paix et bien. »

Source : Christian Media Center

Article original : https://www.cmc-terrasanta.com/fr/media/terra-santa-news/20899/l%E2%80%99amour-qui-eut-sauver-le-monde



 


Tombe de Lazare et mosaïques… les chantiers de Béthanie ne s’arrêtent pas

 

23 août 2020 2020 par LdS

BETHANIE - Même en ces temps confus de la pandémie du Covid, les travaux de restauration de la tombe de Lazare à Béthanie se poursuivent sans relâche. De plus, en partie à cause de l’absence de nombreux pèlerins, les restaurateurs sont moins dérangés dans leur travail et de plus en plus de nouveaux éléments voient le jour.

Les chantiers ne s’arrêtent pas à Béthanie… facilités pour ainsi dire par l’absence des pèlerins ces derniers mois. La tombe de Lazare est le cœur du site chrétien de la petite ville palestinienne, lui qui fut ressuscité par Jésus. C’est un lieu qui a subi de nombreuses transformations au cours des siècles, depuis la période romaine jusqu’à nos jours, et qui pourrait révéler encore quelques surprises.

OSAMA HAMDAN

Architecte – Directeur du Mosaic Center

« C’était une chose intéressante d’approfondir la transformation de cette tombe. Nous faisons les travaux de restauration – parce qu’elle se trouvait dans une situation très laide –, mais en même temps, nous cherchons à mieux comprendre comment a été transformée la tombe de Lazare. Des éléments très intéressants émergent. »

Entre temps, la valorisation de toute la zone se poursuit, portée en avant par le Mosaic Center de Jéricho et par l’association “Pro Terra Sancta” avec le soutien de l’Agence Italienne pour la Coopération et le Développement, dans le cadre du projet « Béthanie hospitalière ». Dans le secteur de l’atrium, situé en face de l’église byzantine du quatrième siècle, l’attention des restaurateurs – presque tous locaux – est pointée en particulier sur les précieuses mosaïques.

OSAMA HAMDAN

Architecte restaurateur – Association “Pro Terra Sancta”

« C’était un morceau de mosaïque originale. Nous avons fait une intégration – mais on comprend que c’est une intégration moderne à la mosaïque antique – pour faire comprendre l’espace qui était là. Nous avons vu qu’il y avait des intégrations de la mosaïque originale du IVe siècle, qui remontent au VIe siècle, mais nous avons vu aussi des mosaïques du XIIe siècle, de la période croisée ; cet espace, même s’il a été allongé, a toujours été utilisé au long des siècles. »

Pour mieux comprendre l’histoire du site, une vidéo en 3D a été réalisée par un jeune architecte palestinien. Elle montre la stratification complexe de tous les édifices qui ont été construits à Béthanie au cours des siècles, tandis que sur le site, leurs traces reviennent peu à peu à la lumière.

SHIRA MUSSA SHAFIE

Architecte

« Il a fallu un an et demi de travail pour réaliser la vidéo. Ce projet m’a tant apporté en termes d’expérience et du point de vue technique. Il signifie beaucoup pour moi. »

Source : Christian Media Center – juillet 30, 2020



 


Pierre par pierre : la cartographie du sol de la basilique du Saint-Sépulcre

 

6 août 2020 2020 par LdS

Jérusalem - La basilique du Saint-Sépulcre fait de plus en plus l’objet de recherches archéologiques et historiques, tout comme le sol et le sous-sol de l’église. C’est ainsi que les architectes Andrea Caligaris et Osama Hamdan sont occupés à cartographier leurs recherches au sens propre et figuré.

La cartographie, "pierre par pierre", du sol de la basilique du Saint-Sépulcre a débuté. Chaque jour, des centaines de pèlerins la parcourent et, au cours des siècles, ce sont plusieurs millions de personnes du monde entier qui ont pietéiné sur ses pavés.

Arch. Andrea Caligaris

Caligaris architects

« Je suis architecte et, en ce moment, je dessine les pierres, les unes après les autres. Tout ce travail sera ensuite transporté de cet i-pad à un ordinateur, à partir duquel nous obtiendrons un dessin technique qui sera ensuite croisé avec les informations que les restaurateurs, les géologues et une partie de notre équipe sont en train de reccueillir. Nous pourrons ainsi comprendre l’état de conservation des pierres, la cartographie des dégradations, leur superficie etc...et à partir de cela formuler une hypothèse de projet de restauration. »

Pierre par pierre: la cartographie du sol de la basilique du Saint-Sépulcre

Le projet est mené par le Centre pour la conservation et la restauration du patrimoine culturel de La Venaria Reale (Ccr) de Turin et le Département des antiquités de l’Université La Sapienza de Rome.

Arch. Osama Hamdan

Université Al Qods – Jérusalem

« Nous sommes dans la première phase des travaux. Cette phase arrive après les informations transmises par un balayage laser de tout le sol de la basilique. À partir de ce document, nous pouvons évaluer l’état de conservation, c’est-à-dire la dégradation qu’a subie chaque dalle du sol. Mais dans le même temps, nous étudions également le type de matériau et l’origine, c’est à dire la provenance du matériau avec lequel le sol de la basilique a été fabriqué. »

Pour l’architecte Osama Hamdam, "l’approche du travail est conservatrice même si, à ce stade, on ne sait pas très bien ce qui peut être conservé ou non".

Arch. Osama Hamdan

Université Al Qods – Jérusalem

« Je suis très heureux car nous avons terminé la restauration de l’Édicule et maintenant nous attaquons le sol. Lentement, l’état de la Basilique s’améliore surtout en ce qui concerne la question de la sécurité des visiteurs, et nous constatons qu’ils sont de plus en plus nombreux ! Notre projet prendra en considération la sécurité des pèlerins mais, en même temps, les installations nécessaires à la basilique ainsi que l’aspect esthétique. »

Arch. Andrea Caligaris Caligaris architects

« C’est une émotion particulière parce que nous sommes à l’endroit même, le centre de la chrétienté ; nous sommes vraiment tout proches de l’Édicule de Jésus. C’est une grande émotion, c’est très beau et intéressant car il y a autant de stratifications dans ce sol que de siècles ! Ils sont le fruit des différentes interventions et occupations qui ont eu lieu. Il est donc passionnant de découvrir et voir comment se sont imbriqués tous ces éléments entre eux ; c’est un grand témoignage historique et donc un réel plaisir d’être ici. »

Source : Christian Media Center



 


Béthanie, une histoire de femmes

 

22 juillet 2020 2020 par LdS

Béthanie - Béthanie est bien connue dans l’évangile suite au réveil de Lazare. Il est certain que Marta et Maria, les sœurs de Lazare, aient joué à cet égard un rôle important grâce à leur intercession auprès de Jésus. Mais elles ne sont pas les seules femmes qui ont compté dans la chrétienté à Béthanie au cours des vingt derniers siècles. C’est ce que nous raconte Carla Benelli, historienne à l’Art Association ATS et responsable du projet de restauration du Tombeau de Lazare.

Bienvenue à Al-Azariya, la traduction arabe du latin "Lazarium". Si aujourd’hui encore, comme il a deux mille ans, le tombeau où Jésus a ressuscité son ami Lazare est la principale attraction du lieu, Béthanie est un village largement marqué par la présence féminine. Pour valoriser ce village de Marthe et Marie et son église d’époque byzantijnse, une reine, Mélisande, y fonda un grand monastère bénédictin. De récents travaux de restauration en témoignent.

Carla Benelli

Historienne de l’art association ATS

« Mélisande fit construire une nouvelle église sur l’église byzantine et une autre église sur la tombe de Lazare. Nous parlons donc des troisième et quatrième églises du village de Béthanie. Ce qui nous frappe surtout c’est que Mélisende ait fait construire ce grand couvent. Le travail de restauration que nous sommes en train de réaliser a pour objectif de faire ressurgir cette histoire complex. » Avec la conquête ottomane, l’église fut transformée en mosquée et l’accès au tombeau de Lazare muré. Les franciscains furent autorisés à en ouvrir un autre. On y accède par un escalier raide qui mène encore aujourd’hui au tombeau de Lazare.

Carla Benelli

Historienne de l’art association ATS

« Il s’agit certainement d’un tombeau vénéré depuis longtemps car c’est un tombeau sur lequel figurent de nombreuses interventions qui l’ont enrichi au cours des siècles. » « Le miracle de la Résurrection de Lazare est également rappelé dans le Coran », explique - au-delà du mur - le chef de la mosquée actuelle. Les actuels travaux de restauration sont coordonnés par l’association ATS - Pro Terra Sancta, qui a également formé les jeunes restaurateurs du chantier : tous musulmans, comme la majorité des habitants de Béthanie.

Osama Hamdan

Architecte et restaurateur ATS Pro Terra Sancta

« Nous tentons de créer un sentiment d’appartenance pour que ces jeunes retrouvent leur histoire et leur patrimoine culturel. » La salle de la dernière protagoniste de l’histoire chrétienne de Béthanie est toujours en cours de restauration. CARLA BENELLI Historienne de l’art association ATS « À la fin des années 1800, la noble française Polinde Nicolai a acheté le premier terrain, le cédant à la Custodie franciscaine. La présence actuelle des franciscains dans ces lieux nous la devons - encore une fois - à une figure féminine. »

Source : Christian Media Center



 


Messe Chrismale célébrée à la Basilique de Toutes-Les-Nations à Gethsémani

 

21 juin 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Le jeudi 18 juin 2020, la Messe Chrismale a été célébrée à la Basilique de Toutes-Les-Nations à Gethsémani. L’occasion pour les prêtres de renouveler leurs promesses baptismales et leur vœux d’obéissance à Mgr Pierbattista Pizzaballa, ainsi que leur engagement à servir le peuple de Dieu.

Habituellement, la messe chrismale est célébrée le jeudi Saint, mais en raison de la propagation de COVID-19 et des restrictions et fermetures imposées, la célébration a dû être reportée Au cours de cette messe, les prêtres, les diacres et les représentants de tout le diocèse se rassemblent autour de l’Évêque, qui bénit les Huiles Saintes : Huile des malades, Huile des catéchumènes et Sacré-Christ utilisées dans l’administration des sacrements annuels dans tout le diocèse.

Dans son homélie, Mgr Pizzaballa a commenté la célébration : "Je pense que c’est la première fois depuis des décennies que nous célébrons la Messe Chrismale en dehors de la Semaine Sainte, et même en dehors de la Basilique du Saint Sépulcre. Néanmoins, c’est une occasion providentielle car lors de nos célébrations, quel que soit le lieu où le moment où l’Église se réunit, c’est toujours le Christ qui nous unit : c’est toujours Lui "qui nous aime et nous libère de nos péchés par Son sang, et qui fait de nous un royaume, des prêtres pour Son Dieu et Père. A lui la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen". (Ap 1:5-6)

Et d’ajouter : "Je ne peux pas considérer notre célébration de la Messe Chrismale aujourd’hui comme un simple report imposé par les circonstances. Elle m’apparaît plutôt comme une invitation à un approfondissement ; ou mieux, à un repositionnement. Aujourd’hui, le Seigneur, ici comme alors dans la synagogue de Nazareth, nous demande de prendre une nouvelle position : ouvrir à nouveau le rouleau des Écritures, lire la vérité de notre temps présent et reconsidérer la vie : la vie de chacun d’entre nous, la vie de nos sociétés, la vie de notre Église avec ses attentes, ses espoirs et ses travaux".

La messe s’est conclue par des prières adressées au patriarche Michel Sabbah et à l’évêque Kamal Bathish à l’occasion de leur 65e anniversaire d’ordination sacerdotale, mais aussi au père Aziz Halaweh, au père Rifa’at Bader et à Mgr. Tomasz Grysa pour le jubilé d’argent, ainsi qu’à d’autres prêtres qui ont célébré leur jubilé d’or, comme le père Johnny Mansour, le père Elias Odeh, le père Pietro Fillet et le père Gianmaria Gianazza sdb.

Source : www.lpj.org
Photo : Patriarcat latin (droit réservés)



 


Les anciennes carrières à l’intérieur du Saint-Sépulcre

 

26 janvier 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

JERUSALEM - Une visite avec le Studium Biblicum Franciscanum à certains endroits moins connus de Jérusalem. À l’intérieur de la basilique du Saint-Sépulcre, il y a des traces de plus de deux mille ans.

« Jésus a souffert à l’extérieur de la porte », dit saint Paul dans la lettre aux hébreux. Ou même "Jésus sortit de la ville vers un lieu appelé Calvaire, en hébreu Golgotha", rapporte l’Evangile de Jean. Dans les Saintes Écritures, on peut trouver plusieurs indices géographiques, liés à la passion et à la mort du Christ. On peut trouver certains d’entre eux, encore aujourd’hui, dans le sous-sol de la Basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

En participant à une excursion du Studium Biblicum Franciscanum, dans des lieux parfois inaccessibles aux pèlerins , il est possible de faire un voyage dans le temps. Nous avons ainsi vérifier que les lieux qui seraient ensuite devenus le calvaire et le Saint-Sépulcre faisaient partie à l’origine d’une carrière de pierres de construction qui est encore visible en trois endroits.

Fr. GIANANTONIO URBANI, ofm
Studium Biblicum Franciscanum
« Nous nous trouvons dans la citerne de Sainte-Hélène, propriété des coptes, l’Eglise égyptienne. Ici nous pouvons voir la transformation d’une carrière de pierre avec ses coupes en une citerne d’eau, qui recueille l’eau, évidemment celle d’aujourd’hui ».

La transformation en citerne est l’un des destins possibles des anciennes carrières. Celle-ci, qui remonte vraisemblablement au premier siècle avant JC, montre au moins trois différentes couches de plâtre, une trace de l’interruption des coupes.
Les caractéristiques du lieu (y compris la pénétration continue de l’eau du plafond) garantissent une acoustique exceptionnelle.

En descendant sous la chapelle arménienne de la basilique du Saint-Sépulcre, vous pouvez voir une autre trace de l’ancienne carrière. Le même type de roche affecte toute la région, par conséquent, il est probable que c’est la même roche dans laquelle le tombeau de Jésus a été taillé.

Fr. GIANANTONIO URBANI, ofm
Studium Biblicum Franciscanum
« Nous sommes dans la chapelle de Sainte-Hélène et Saint-Dismas, un des deux larrons qui ont été crucifiés avec Jésus. Au fond, nous avons la chapelle de Saint-Vartan, où l’on trouve une autre zone dédiée à la coupe et à la taille de la pierre. La tradition de l’Eglise a ici de très grands lieux de pèlerinage, dont on trouve des signes de l’époque byzantine tel ce graffiti de ‘Domine ivimus’- un bateau stylisé qui dit d’être arrivé au lieu saint - et avec les croix que l’on trouve le long de l’escalier descendant dans cette zone, où chaque pèlerin a laissé son vœu, confié à la passion du Seigneur ".

La chapelle latine de Sante Hélèna est l’endroit où, selon la tradition, la Sainte Croix a été trouvée. Les bois des crucifix étaient en effet jetés ici. La couleur plus foncée des roches et des traces de fresques sur les murs sont un autre signe de la dévotion qui s’est prolongée au cours des siècles et un indice de l’historicité des évangiles.

Source : www.CMC-terrasanta.org



 


Les fleurs de la mer Morte sont en pleine éclosion

 

7 avril 2019 2019 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

MER MORTE - Grâce aux précipitations supérieures à la moyenne cette année, les plantes sauvages déploient leur beauté et profitent de la pollinisation avant les fortes chaleurs

La région de la mer Morte est située à 1 200 mètres d’altitude plus bas que Jérusalem, depuis le sommet de la plus haute colline de Jérusalem jusqu’au point le plus bas du monde, et le plus chaud d’Israël.

Dans l’un des endroits les plus arides de la planète, les étés torrides laissent la place à des hivers imprévisibles, durant lesquels des tempêtes soudaines peuvent donner lieu à des crues dévastatrices.

La flore de la région a développé de remarquables mécanismes pour supporter la salinité et la sécheresse.

Les acacias ont des racines qui plongent à plusieurs dizaines de mètres sous terre à la recherche de couches humides. Les espèces de tamaris sont capables de rejeter le sel par des glandes sur leurs feuilles. Certaines plantes ont segmenté leur structure pour pouvoir retenir l’eau ou rejeter le sel. D’autres arborent des poils blancs à la surface de leurs feuilles pour limiter la perte d’eau et réfracter les rayons nocifs du soleil.

Grâce aux précipitations supérieures à la moyenne cette année, les plantes sauvages déploient leur beauté et il ne faut pas aller bien loin pour les admirer.

Source : S. Surkes pour TheTimesofIsrael



 


« O croix victorieuse du Christ, notre unique espérance… »

 

10 mai 2020 2020 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

SAINT-SEPULCRE - Les franciscains de la Custodie de Terre Sainte ont célébré au Saint-Sépulcre ce 7 mai 2020 la fête de l’Invention de la Sainte Croix.

Les franciscains de la Custodie de Terre Sainte ont célébré au Saint-Sépulcre la fête de l’Invention de la Sainte Croix. Une dévotion célébrée en souvenir de l’année 327 quand Sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, découvrit dans cette grotte la Croix sur laquelle Jésus fut crucifié. Une dévotion dont ont témoigné au cours des siècles Saint Rufin, Saint Ambroise, la pèlerine Égérie, l’historien Socrate et bien d’autres.

Un escalier de 27 marches conduit à la chapelle des Arméniens, où un tableau représente la scène de l’Invention. Puis, 21 marches de plus descendent jusqu’à la grotte.

Ici, toujours en suivant les instructions utiles pour contrer la diffusion du Coronavirus, ont été célébrées les premières vêpres et, durant la nuit, la vigile de la fête, une demi-heure après minuit.

Le matin du 7 mai, la messe solennelle a été présidée par Fr. Francesco Patton, Custode de Terre Sainte, et concélébrée par le Vicaire Custodial Fr. Dobromir Jasztal, ainsi que par Fr. Salvador Rosas, gardien du couvent franciscain du Saint-Sépulcre, Fr. Ibrahim Faltas et par la communauté franciscaine.

« Cette année – a souligné le Custode dans son homélie – la fête de l’Invention de la Sainte Croix et les lectures que nous avons entendu acquièrent un sens particulier à cause de la pandémie qui afflige le monde entier. »

À la fin de la messe, a eu lieu la procession au lieu de la Résurrection, en accomplissant trois tours autour de l’édicule du Saint-Sépulcre et un dernier tour autour de la Pierre de l’Onction, en passant sous le Calvaire où la Croix nous a donné le Salut.

Au Saint-Sépulcre et dans tous les sanctuaires de Terre Sainte où vit une communauté franciscaine, la prière pour toute l’humanité est constante.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm
Custode de Terre Sainte
« Nos communautés qui se trouvent ici au Sépulcre, à la basilique de la Nativité de Bethléem, à Nazareth, mais aussi dans tous les autres sanctuaires, intensifient, en cette période, le rythme de la prière communautaire. Nous prions de manière particulièrement intensive pour tous les malades, pour ceux qui travaillent dans les hôpitaux et pour ceux qui doivent prendre des décisions pas toujours faciles. »

Fr. Francesco Patton a voulu réfléchir sur un aspect en particulier : le passage de l’expérience de la guérison et de l’expérience du salut.

Fr. FRANCESCO PATTON, ofm
Custode de Terre Sainte
« L´expérience de la guérison est une chose très importante.Nous le savons quand nous sommes malades ; le désir est celui de guérir. Mais l’expérience de la guérison dans la perspective chrétienne est insuffisante ; elle est, en quelque sorte, une espèce d’allusion à une réalité bien plus profonde, qui est la réalité du Salut.

C’est de me rendre compte que ma vie est déjà entre les mains de Dieu, c’est de me rendre compte que la vie de Dieu est déjà semée dans mon existence et dans ma personne ; je suis uni à Jésus-Christ dans une relation profonde. Son Esprit habite en moi et toute la Trinité habite en moi. C’est cela l’expérience du Salut, l’expérience d’une vie avec Dieu qui commence déjà maintenant et qui, un jour, passera à travers l’expérience pascale de la mort pour être pleinement partagées et pour toujours à la vie même de Dieu. »

Près de l’édicule, à l’autel de Marie-Madeleine et dans la chapelle de l’apparition à la Vierge Marie, les frères ont chanté : “Salut o croix, unique espérance / qui apporte la joie pascale”. Et Fr. Francesco Patton a partagé avec tous une prière composée par Saint Jean-Paul II :

« O croix triomphante du Christ,
inspire nous à continuer
la tâche de l’évangélisation !
O croix glorieuse du Christ,
donne nous la force de proclamer
et de vivre l’Évangile du Salut !
O croix victorieuse du Christ,
notre unique espérance,
guide nous vers la joie
et la paix de la résurrection
et de la vie éternelle !
Amen »



 


Antonio Barluzzi : l’architecte qui célèbre les mystères de la vie du Christ

 

21 octobre 2018 2018 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

VIDEO - Au cours d’un pèlerinage sur les sites bibliques, on rencontre de nombreuses églises du XXe siècle, toutes construites par un seul architecte : Antonio Barluzzi. Né d’une famille bourgeoise romaine, depuis toujours au service du Saint-Siège, l’arrière-grand-père était secrétaire de Pie IX, le grand-père était responsable de tous les travaux de la basilique Saint-Pierre, la mère Maria Vici était la descendante d’Antonio Vici , l’un des premiers compagnons de saint François.

Fr. GIUSEPPE GAFFURINI, ofm
Guide spirituel pour les groupes de pèlerins
L’entier dévouement au Saint-Siège et l’amour pour François sont les 2 coordonnées qui guideront et soutiendront tout le travail de Barluzzi. Seule une vocation au service de la gloire de Dieu peut expliquer le travail titanesque de Barluzzi.

L’intention de Barluzzi, cependant, n’est pas d’en rester à une architecture générique, mais son désir est de traduire visuellement dans la matière la substance divine des mystères du Christ ; il souhaitait que les pèlerins éprouvent des sentiments aussi proches que possible du mystère qui y était célébré ; il voulait en quelque sorte dans ses sanctuaires faire ressentir l’expérience vieille de deux mille ans des pèlerins précédents.

Fr. GIUSEPPE GAFFURINI, ofm
Guide spirituel pour les groupes de pèlerins
D’une part, son architecture veut traduire le mystère célébré et d’autre part respecter les traces archéologiques qui témoignent de la fiabilité du lieu où il est célébré. A partir de là il construit le sanctuaire en le connectant avec tout un passé.

40 ans de travail infatigable menant à deux résultats, tous deux négatifs.

Fr. GIUSEPPE GAFFURINI, ofm
Guide spirituel pour les groupes de pèlerins
La basilique du Saint-Sépulcre dans les années 50 ne se présentait pas telle qu’elle est aujourd’hui ... C’était tout un échafaudage, une architrave qui se soutenait. Le délégué apostolique a l’intention de faire une basilique du Saint-Sépulcre qui célèbre le plus grand mystère de la vie de Jésus.

Mais le rêve de sa vie était le sanctuaire de l’Annonciation. Il y a mis toute son énergie spirituelle et a présenté un très beau projet.

Fr. GIUSEPPE GAFFURINI, ofm
Guide spirituel pour les groupes de pèlerins
Malheureusement, c’est le projet de l’ingénieur Muzio qui fut choisi. Pour lui, ce fut une déception amère ... Barluzzi finira sa vie à la délégation romaine de la Custodie... il s’est toujours senti partie intégrante de la Custodie de Terre Sainte

Fr. Virgilio Corbo a écrit : « Antonio Barluzzi, qui considère son activité architecturale en terre sainte comme la mission que le ciel lui a confiée, s’est appliqué de toute son âme d’artiste, cherchant dans les mystères de la rédemption l’inspiration qui permette à l’architecture d’exprimer immédiatement le sens du mystère ».

Fr. GIUSEPPE GAFFURINI, ofm
Guide spirituel pour les groupes de pèlerins
Les pèlerins doivent savoir que c’est grâce aux 40 années de travail infatigable de cet architecte qu’ils peuvent célébrer les mystères de la vie du Christ dans les lieux où il les a vécus.



 


Vous avez dit "arabes chrétiens" ?

 

2 avril 2017 2017 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

TERRE SAINTE - Pour beaucoup de pèlerins, c’est une des découvertes lors de leur séjour : non seulement on peut être arabe et chrétien, mais la plupart des chrétiens locaux revendiquent fièrement cette double identité. Où puise-t-elle ses racines ? Le père Rafiq Khoury dresse un rapide panorama historique pour "Terre Sainte magazine". Propos recueillis par Marie-Armelle Beaulieu et Nizar Halloun

Père, après deux entretiens sur la question de l’identité arabe en général (1), nous abordons celle du christianisme dans la région. Mais à propos des chrétiens d’ici, en Europe on parle d’eux comme des “chrétiens d’Orient”, tandis qu’ici la plupart se présentent comme “arabes chrétiens”. Qu’en pensez-vous ?

Il y a deux tendances, la première c’est celle de l’Occident qui préfère généralement parler de chrétiens d’Orient. Mais c’est un terme très générique. Les orthodoxes russes et les Arméniens sont eux aussi des chrétiens orientaux ! Une des raisons pour laquelle l’Occident préfère probablement parler de chrétiens d’Orient, c’est parce qu’il assimile le plus souvent arabe à musulman. Étant donné l’image négative que l’on a des musulmans en Occident, il est difficile d’imaginer qu’il y ait des chrétiens arabes. Leur nom même traduirait leur appartenance au monde musulman.

L’autre tendance est celle de certains chrétiens du monde arabe. Ils s’inscrivent dans une période de l’Histoire déterminée, celle des six premiers siècles. Et ils la transposent à notre époque en disant : “Nous sommes chrétiens ici avant l’islam et nous n’avons par conséquent rien de commun avec les Arabes et avec les musulmans”. Pour moi, c’est vivre en dehors de l’histoire et de la réalité. Il me semble d’ailleurs que c’est un groupe minoritaire. En réalité, le christianisme arabe d’aujourd’hui a été façonné à travers des siècles d’histoire qu’on ne peut éluder.

Où ce christianisme arabe puise-t-il ses racines ?

Les chrétiens du monde arabe ont été façonnés par l’Esprit saint et par l’Histoire, par l’Esprit saint à travers l’Histoire. En effet, l’Esprit saint s’adresse à notre humanité à travers son Histoire et la façonne à travers son Histoire. D’abord par l’Esprit saint. Pourquoi ? Rappelez-vous les Actes des Apôtres qui mentionnent les Arabes (Act 2, 11). Pour moi, c’est le signe prophétique de ce christianisme qui naîtra petit à petit dans l’histoire, On dirait que l’auteur des Actes des Apôtres a vu dans cette partie de notre humanité le germe d’une Église, et ce germe a évolué à travers l’histoire pour donner ce qu’on appelle aujourd’hui les chrétiens du monde arabe.

Et dans l’histoire ?

Il y a trois périodes principales des chrétiens du monde arabe, ou des chrétiens arabes.

Avant l’islam - c’est la première période - il y avait dans la péninsule arabique des païens, des juifs et des chrétiens. Dès les premiers siècles de notre ère, le christianisme était solidement implanté dans la péninsule. De grandes tribus arabes étaient devenues chrétiennes, comme la tribu Al-Qendi, et les Ghassanides et beaucoup d’autres. Dans le système tribal d’alors, deux figures étaient importantes : le poète qui chantait la gloire de la tribu, et l’orateur qui s’adressait à la communauté. Un certain nombre d’entre d’eux, et des plus importants, étaient des chrétiens. Imrou’l Qays, par exemple, est un chrétien. Il a vécu au IVe siècle et c’est un des plus grands poètes de l’Antiquité arabe. Quant aux orateurs, dont on dit qu’ils ont fondé la rhétorique arabe, on les trouve surtout parmi les évêques d’Arabie. Le christianisme chrétien arabe est une réalité importante avant l’islam dans la péninsule arabe et faisait partie intégrante du tissu politique, social et culturel de cette société.

Puis l’islam a fait son apparition - c’est la deuxième période, qu’on peut qualifier de décisive -. Et il s’est répandu depuis l’Arabie dans cette région du monde qu’on appelle aujourd’hui Moyen-Orient où le christianisme était florissant et varié. On trouvait déjà des chrétiens nestoriens, des byzantins, des jacobites, des syriaques… Devant l’emprise de cette nouvelle religion sur la société, les chrétiens auraient pu choisir de s’isoler et risquer de disparaître mais ils ont choisi d’interagir avec les nouveaux venus et de vivre au cœur de l’islam. Je crois que les chrétiens d’Orient on fait preuve de génie en s’insérant au monde qui se façonnait autour d’eux, et en s’attachant à contribuer à la culture arabo-musulmane d’une manière effective et fondamentale.

Qu’est-ce qui vous permet de dire que les chrétiens se sont ainsi immergés dans ce nouvel environnement ?

Assez tôt et partout dans le Proche-Orient les chrétiens ont adopté la langue arabe, non seulement dans la vie courante mais dans la vie ecclésiale, dans la liturgie comme dans l’administration. On en trouve des traces écrites dès l’an 750.

Plus important que l’adoption de la langue, les chrétiens ont contribué à la formation de la culture arabo-musulmane. Les musulmans arrivant de la péninsule arabique ont été confrontés à une culture nouvelle pour eux, la culture hellénistique. Ce sont les chrétiens qui ont traduit toute cette culture en arabe, soit du grec vers l’arabe, soit du syriaque vers l’arabe. Ils ont permis que les musulmans aient accès aux sciences et à la philosophie. On ne peut pas imaginer la culture musulmane sans la contribution des chrétiens et leur remarquable œuvre de traduction.

Mais les chrétiens ont aussi contribué à la vie culturelle de leur temps. C’étaient les grands médecins, les grands philosophes, les grands scientifiques de cette époque. Ils ont produit des textes, des livres dans tous ces domaines culturels et scientifiques. Ils étaient reconnus par la société islamique comme vraiment partie intégrante de la culture ambiante.

Enfin, les chrétiens ont développé un patrimoine arabe chrétien entre le VIIIe et le XIVe siècle, qu’on appelle justement Le Patrimoine Arabe Chrétien. On redécouvre aujourd’hui ce patrimoine. Il y a au moins 50 000 manuscrits chrétiens arabes, qui traitent de liturgie, de droit, de théologie, d’hagiographie etc. On connaît depuis longtemps la patrologie grecque et latine. Il y quelques années on a découvert la patrologie syriaque. Et aujourd’hui on découvre la patrologie arabe qui commence tout juste à être publiée. Vingt-cinq volumes ont été publiés de cette période-là. En dépit de l’adage “l’arabité ne se christianise pas, et le christianisme ne s’arabise pas”, on voit bien au contraire qu’à cette époque, l’arabité s’est christianisée, et le christianisme s’est arabisé. Pour moi, c’est une période fondamentale qui prévoit déjà l’avenir de cette communauté chrétienne.

Et après le XIVe siècle ?

Il y eut une longue période durant laquelle toute la culture arabe a été mise sous le boisseau. Pendant presque tout l’empire ottoman. Mais au XIXe siècle - et c’est la troisième période d’inculturation du christianisme arabe - quand l’empire ottoman entre en décadence, les Arabes de l’empire ont commencé à s’imaginer un avenir. C’est ainsi qu’est né le mouvement de renaissance arabe : renaissance de la culture arabe, renaissance de la langue et de la littérature arabes, etc. Et les chrétiens ont été des pionniers dans cette renaissance. Dans tous les domaines : littéraire, langue, poésie, sciences, pensée politique. Qu’ils soient en Égypte, Irak, Palestine, Liban, Syrie, et de toutes les Églises : copte, byzantine, syriaque, nestorienne. Ces chrétiens ont été une partie intégrante de ce monde qui revenait sur le devant de la scène de l’Histoire.

Ensuite, durant tout le XXe siècle, le renouveau arabe a poursuivi son évolution. Les chrétiens arabes, là aussi, n’ont pas été des spectateurs passifs, mais des protagonistes effectifs de cette évolution dans tous les domaines.

Vous semblez tenir à cet ancrage dans l’histoire…

Théologiquement parlant, la mission, la vocation et le témoignage des communautés chrétiennes dans le monde sont définis à travers leur Histoire. Si nous sommes là, au milieu du monde arabe, c’est que Dieu nous a voulus là. Une volonté expresse de Dieu pour vivre ici notre mission, notre vocation et notre témoignage. Nous ne sommes pas une Église au milieu de l’islam, et au milieu des Arabes, mais nous sommes une Église pour l’islam et pour le monde arabe, pour que vraiment cette partie du monde fasse partie de l’Histoire du Salut.

Certains chrétiens pourtant plutôt que de se dire Arabes se disent Araméens, une autre culture importante de la région.

Je crains que cette identité ne se construise sur une mythologie du passé. Comme je l’ai dit, ce sont des nostalgies pour fuir la réalité et nous fuir nous-mêmes. L’histoire ne marche pas à reculons, mais va de l’avant. Il faut avoir le courage de l’assumer pour la transformer en vocation et mission, ici et maintenant. Il faut remarquer ici que les chrétiens en Palestine, en Syrie, en Égypte, en Irak, ont accueilli les musulmans comme des libérateurs, puisqu’ils considéraient Byzance comme une puissance étrangère exerçant une domination. Et ils n’ont pas été fâchés de voir les musulmans chasser les byzantins.

Il faut également prendre en considération que les musulmans à leur arrivée à Damas et à Bagdad, n’ayant pas l’habitude d’administrer de si grandes villes, ont fait appel aux chrétiens pour organiser la cité ! Ainsi la famille chrétienne Mansour de Damas (saint Jean Damascène est de cette famille) a tenu des rôles divers dans toute l’administration des califes omeyyades ! Ils étaient responsables de l’armée, des finances de la construction de la flotte etc. Trois générations au moins ont servi l’empire omeyyade. Quand la capitale du monde arabe s’est transportée de Damas à Bagdad, le même phénomène s’est vérifié, surtout dans le domaine culturel, puisque les califes ont confié aux chrétiens la direction des grandes écoles de traduction (la fameuse Dar Al-Hikmah ou Maison de la Sagesse). Les médecins de presque tous les califes furent chrétiens.

Père, n’y a-t-il pas pourtant des tensions entre les chrétiens et les musulmans de cette région ?

Dans l’histoire, quand vous avez plusieurs composantes d’une société, il y a toujours des préjugés, des tensions. Cela se vérifie dans tous les pays du monde. Prenez l’Amérique : il y a des tensions ici ou là entre la communauté noire et la communauté blanche. Mais je pense que les chrétiens - et les musulmans - sont appelés à se libérer de ces préjugés pour se reconnaître dans l’autre, et que l’autre se reconnaisse en lui. C’est un processus culturel, je crois qu’il est important de l’affronter d’une manière courageuse et sincère.

Étant donné la très grande diversité au sein du monde arabe, ne serait-il pas mieux de recourir à une autre appellation que celle de monde arabe ?

L’arabité n’a pas qu’un seul visage, c’est une identité dans laquelle tous peuvent se reconnaître. Chacun contribue à cette arabité avec son caractère propre, les chrétiens comme les Berbères d’Afrique du Nord et les autres. Pour ma part, je suis chrétien palestinien. Quelle est ma contribution à la culture palestinienne comme chrétien ? Je ne peux pas me poser cette question si je ne suis pas solidaire du monde où je vis. C’est pareil pour tous les chrétiens du monde arabe. S’ils n’aiment pas le monde dans lequel ils vivent, ils ne peuvent pas accomplir leur mission de chrétiens, ils ne peuvent être un levain qu’en étant dans la pâte.

Qu’avons-nous à apprendre des chrétiens arabes d’avant l’islam ?

Si nous devons retenir une chose, c’est justement la capacité que ces chrétiens ont eue à vivre leur identité propre au cœur de leurs sociétés telles qu’elles étaient. C’est que ces chrétiens étaient une partie intégrante des sociétés tribales, et ils ont eu le courage de se reconnaître dans ce monde-là. Comme eux nous devons nous aussi nous reconnaître dans le monde dans lequel nous vivons, dans un contexte historique différent. Les chrétiens arabes ont eu le génie de s’intégrer au monde musulman, et ont eu le génie de contribuer au renouveau du monde arabe au XIXe siècle.

L’histoire ne s’est pas arrêtée aux premiers siècles, l’histoire ne s’est pas arrêtée entre le XIIe et le XIVe siècle, l’histoire ne s’est pas arrêtée au XIXe siècle. L’histoire continue. Il faut être capable de savoir discerner les signes des temps pour répondre aux appels de l’histoire et en fin de compte aux appels de Dieu dans l’histoire. Et à mon sens, une nouvelle période d’inculturation s’impose à nous aujourd’hui dans un monde arabe en transformation continuelle.

Malheureusement le monde arabe d’après l’indépendance a été hanté par un projet d’unité sans comprendre que cette unité ne pourrait se réaliser que dans le pluralisme. Mais les choses bougent. On commence à prendre conscience de la variété des sociétés arabes.

Le monde arabe a certainement besoin de naître de nouveau. Et ce nouveau monde arabe devra avoir le génie d’assimiler toutes ses composantes.

Alors toutes les composantes de notre monde arabe pourront être réunies dans ce que j’appelle la Tente arabe. La Tente arabe c’est une tente pour tous, pour les nestoriens, les assyriens, les kurdes, les ismaélites… La Tente arabe est une tente capable d’assumer tous et chacun de nos caractères tous sous le vocable de l’arabité. La générosité et l’hospitalité sont deux valeurs traditionnelles dans la culture et la société arabes.

Propos recueillis par Marie-Armelle Beaulieu et Nizar Halloun pour terrasanta.net

1. Les deux précédents entretiens sont intitulés : De quoi arabe est-il le nom ?, paru dans Terre Sainte Magazine 646 de Novembre-Décembre 2016, et Existe-t-il une identité arabe ?, paru dans le numéro 647 de Janvier-Février 2017.



 


La restauration du toit de Gethsémani

 

29 décembre 2013 2013 par Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem - TD

GETHSEMANI - Aux pieds du Mont des Oliviers travaillent des artisans du Trentin : Adriano et Matteo Plaga, père et fils, avec une poignée de travailleurs ferblantiers, ont restauré le toit de la basilique de Gethsémani.

Les artisans qui ont restauré le toit de la Basilique de Gethsémani, aux pieds du Mont des Oliviers, Adriano et Matteo, sont très fiers de leur travail. La couverture externe de plomb a presque 90 ans, et même si elle semble presque parfaite, elle a besoin de quelques travaux, pour ne pas risquer que les splendides mosaïques internes de l’église des Nations ne souffrent des infiltrations d’eau. Mais ce qui a conduit cette famille du Trentin Val di Non en Terre Sainte est une histoire ancienne.
« Au travail, il m’est arrivé de tomber du toit - nous raconte l’associé principal, Adriano Plaga - j’ai fait une chute de 8 à 15 mètres. Je m’en suis sorti avec seulement une fracture du bras et une blessure à la bouche. Je me suis dit : je dois aller remercier le Seigneur d’être encore là ! »

Adriano fit alors un pèlerinage en Terre Sainte, le bras encore dans le plâtre. C’est alors qu’eut lieu sa rencontre avec le père Michele Piccirillo et cette demande d’aide pour quelques travaux. « Pourquoi pas ? » se dit Adriano, qui à l’époque travaillait encore seul et pensait que cette proposition resterait à Jérusalem et ne se réaliserait jamais. Mais le père Piccirillo le contacta et lui confia la restauration du toit de la petite église du couvent franciscain du Mont Nebo, en Jordanie, puis celle du mémorial accolé au monastère, avant de gagner la Ville Sainte, sur le toit de la Basilique des Nations. C’est une position particulière, de laquelle on peut jouir d’une vue privilégiée sur Jérusalem et le jardin des oliviers ; et Adriano s’en rend compte à tel point que, parlant de son travail, il dit que pour lui « c’est un honneur ».

Depuis 2001, Adriano a décidé de confier la gestion de la petite entreprise à son fils Matteo, mais le responsable actuel n’a pas toujours été dans l’activité familiale. Comme le fils prodigue, il est rentré à la maison après une brève aventure dans les cieux. « J’ai choisi d’être pilote d’avions de ligne, je l’ai fait pendant 3 ou 4 mois, mais... ce n’était pas ma vie - raconte-t-il entre deux coupoles de Gethsémani - Alors je suis rentré et j’ai dit : Papa, je reviens travailler avec toi. Et il a répondu : Très bien ! Ici, du travail, il y en a toujours ! »

Une passion, celle du ciel, qui au fond lui est restée. Travailler sur les toits signifie rester en contact avec le ciel et maintenant, il a le vertige quand il est à terre, nous confie Matteo.
« J’ai suivi les traces de mon père - continue le propriétaire de Plaga Matteo ferblantiers - même si au départ j’avais choisi une autre voie. Pourtant j’ai toujours eu ça dans le sang ! »
Travailler le plomb n’est pas simple, c’est un art qui donne la satisfaction de créer quelque chose, le voir naître et croître, mais qui fait aussi suer. Une fatigue réelle mais qui ne se sent pas, continue le père, Adriano : « Si vous pensez seulement à l’endroit où vous êtes, c’est un honneur d’être ici et de pouvoir s’enfermer dans quelques pensées, quelques prières… On réussit à concilier le travail et la méditation, avec la prière ».
Parfois, il faut prendre de la hauteur, peut-être sur un toit, pour comprendre qu’il en y a encore qui comprennent ce que signifie en latin« Ora et labora » (prie et travaille).

Ces travaux s’inscrivent dans la restauration générale des mosaïques de la basilique commencée il y a un peu plus d’un an (voir article et vidéo ici).
Des travaux financés par la Custodie et soutenus par le projet de son ONG ATS Pro Terra Sancta intitulé « Gethsémani : conserver le passé et former l’avenir ». L’ONG sur son site internet a régulièrement informé les donateurs (voir la liste des articles en bas de page ici). Vous pouvez toujours être de ceux là !

Voir aussi la vidéo du Franciscan Media Center - cliquez ici
La restauration du toit de Gethsémani



 


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