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Le Patriarcat latin célèbre le 150ème anniversaire de ses écoles en Jordanie

JORDANIE - Il y a 150 ans, ouvrait la première école du Patriarcat latin, sur le territoire de l’actuelle Jordanie. La Direction des écoles du Patriarcat dans le pays, forte de 43 maisons, a fêté cet anniversaire le 5 octobre.


En 1869, le Patriarcat latin de Jérusalem – restauré en 1847 – inaugurait sa toute première école à Salt. Dans une maison abandonnée certes, mais avec le zèle d’un missionnaire français, le père Jean Morétain. C’était à l’époque où ce qui correspond à la Jordanie d’aujourd’hui, était une partie de l’empire ottoman. Après Salt, ce fut à Fuheis que le Patriarcat ouvrit une école en 1874, puis à Karak en 1876, à Madaba en 1880, et ainsi de suite jusqu’aux années 2000.

Un siècle et demi après l’ouverture de l’école de Salt, le Patriarcat abrite dans le royaume hachémite 25 écoles et 18 maternelles qui accueillent 11 000 étudiants chrétiens et musulmans. Pays essentiellement musulman, la Jordanie compte 4% de chrétiens selon les chiffres de l’Œuvre d’Orient. Aujourd’hui, en Jordanie, c’est l’article 19 de la Constitution qui stipule que les Eglises « ont le droit de s’établir et d’entretenir leurs propres écoles pour l’éducation de leur propres membres ».

Pour marquer les 150 ans de la présence des écoles catholiques latines dans le pays,la Direction des écoles du Patriarcat latin en Jordanie a organisé le 5 octobre une cérémonie au Centre Notre-Dame de la Paix, à Amman au cours de laquelle ont été données des prestations musicales d’élèves scolarisées dans lesdites écoles. Un film réalisé par le Centre catholique pour les médias et les études en collaboration avec la Direction générale des écoles du Patriarcat latin en Jordanie a également été diffusé (en arabe) retraçant l’aventure des écoles du Patriarcat en Jordanie.

La cérémonie s’est déroulée sous les auspices du vice-Premier ministre (chrétien) Rajai Muasher, en présence du vicaire patriarcal latin pour la Jordanie, Mgr William Shomali, du nonce apostolique de Jordanie, l’archevêque Alberto Ortega Martín, et du patriarche latin émérite Fouad Twal, a fait savoir le site chrétien d’informations arabes, abouna.org.

Le directeur général des écoles du Patriarcat latin en Jordanie, le père Wissam Mansour, a souligné les sacrifices consentis par les prêtres du Patriarcat latin pour offrir jusque dans les zones rurales ou désertiques qui n’avaient jamais vu aucune initiative pastorale catholique, une éducation à la population locale à l’époque, souvent analphabète. Le père Mansour a aussi déclaré que les écoles du Patriarcat latin continuaient de chercher « à renforcer leurs liens étroits avec la patrie et les dirigeants hachémites, de manière à créer une base solide pour la fraternité entre les différentes couches de la société jordanienne, y compris les musulmans et les chrétiens ». Il a également insisté sur le partenariat tissé tout au long de l’aventure du développement des écoles du Patriarcat, avec les sœurs du Rosaire, qui a permis aux filles d’être elles aussi introduites dans le processus éducatif.

Paradigme économique difficile et particulier

Mgr Shomali a quant à lui fait remarquer que les écoles étaient gratuites au milieu du XIXème siècle. De fait, l’enseignement était offert à tous – chrétiens (catholiques bien sûr mais aussi orthodoxes et protestants) ainsi que musulmans – pauvres et riches, tribus du nord et tribus du sud. Le vicaire patriarcal pour la Jordanie a également salué le dévouement des enseignants « qui continuent de travailler dans des conditions économiques difficiles ». Etablissements à but non lucratif, soutenus notamment par les Chevaliers de l’Ordre du Saint-Sépulcre, les écoles du Patriarcat latin souffrent de la situation socio-économique du pays, impacté par l’actualité régionale, l’afflux des réfugiés et le manque de ressources propres. Un fort taux de chômage, la baisse des salaires de la classe moyenne, l’augmentation des prix des produits de base, poussent souvent les familles à demander l’exemption partielle ou totale du paiement des frais de scolarité, ne couvrant pas les coûts de la gestion ordinaire.

Malgré la bienveillance du pouvoir hachémite dont jouissent les écoles chrétiennes, elles ne reçoivent aucun soutien économique direct du gouvernement jordanien (une situation analogue aux autres institutions privées, écoles islamiques comprises). De ce fait, elles n’ont pas été concernées par les grèves de l’enseignement public en Jordanie qui – un mois durant – a fait grève pour demander une augmentation des salaires. Lancé le 8 septembre, le mouvement a paralysé environ 4 000 écoles publiques, où sont inscrits plus d’1,4 million d’élèves jordaniens.

Les écoles du Patriarcat latin comptent parmi les meilleures institutions scolaires du royaume hachémite. Engagées à appliquer des méthodes pédagogiques modernes conformes aux exigences des gouvernements successifs, elles sont régulièrement remerciées pour la contribution qu’elles apportent à la société jordanienne tant pour les valeurs de coexistence que la qualité et la solidité de l’éducation qu’elles dispensent en matière de formation religieuse, morale et intellectuelle.

Un accord entre le Ministère de l’Education et le Secrétariat général pour les instituts d’éducation chrétiens en Jordanie a établi comme jours fériés, pour toutes les écoles chrétiennes, les solennités de Noël, de l’Epiphanie, de Pâques et de l’Ascension.

« Sans ces écoles, des milliers d’enfants chrétiens, vivant dans une communauté à prédominance non chrétienne, seraient obligés de fréquenter les écoles publiques, où l’atmosphère et les mentalités générales sont totalement étrangères à la foi chrétienne », explique sur son site le Patriarcat latin de Jérusalem. A noter que si les écoles publiques dispensent un enseignement religieux obligatoire à tous les étudiants musulmans, les étudiants chrétiens ne sont cependant pas tenus de suivre des cours qui enseignent l’islam. La possibilité d’introduire l’enseignement de la religion chrétienne dans les écoles publiques, a été reconnue – en principe – par le gouvernement depuis 1996. La réalité sur le terrain est différente. Pour l’Eglise catholique, avoir ses propres écoles est le vecteur le plus sûr pour éduquer ses enfants à la foi chrétienne dans un environnement pastoral dédié, vivant et fécond pour les vocations. La qualité de l’enseignement est aussi un gage pour éviter que la tentation de l’exode à l’étranger ne soit trop forte et que les enfants se sentent attachés à leur terre. Toutes « les écoles primaires et secondaires conduisent ensuite les élèves à l’équivalent du baccalauréat, le Tawjihi. En conséquence, les enfants sont accompagnés dès le plus jeune âge jusqu’au début de l’âge adulte », souligne le Patriarcat latin.

Sources : www.lpj.org et www.terresainte.net

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