Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique - Ridderorde van het Heilig Graf–Landscommanderij België
https://ordredusaintsepulcre.be/Le-Cardinal-Danneels-est-decede
      Le Cardinal Danneels est décédé

Le Cardinal Danneels est décédé

MECHELEN - Le Cardinal Godfried Danneels est décédé ce 14 mars 2019. Il était Grand-Prieur d’honneur de notre lieutenance et chevalier Grand-Croix. Evocation.


Ordonné prêtre le 17 août 1957 pour le diocèse de Bruges, peu avant le Concile Vatican II (1962-1965), il a contribué à la mise en œuvre des grands changements issus de ce Concile. D’abord comme professeur au Grand Séminaire de Bruges, comme professeur à la Faculté de Théologie de l’Université catholique de Leuven et enfin comme secrétaire de rédaction de la revue Collationes, publication qui fait autorité en Flandre en matière de théologie.

Godfried Danneels marqua de son empreinte le diocèse d’Anvers, dont il fut nommé évêque le 4 novembre 1977 et consacré le 18 décembre suivant. Deux ans plus tard, le 19 décembre 1979, il devient archevêque de Malines-Bruxelles et primat de Belgique. Il est ainsi le 19e archevêque de Malines et le 2e archevêque de Malines-Bruxelles. En outre, le 15 septembre 1980, il est nommé évêque aux Armées belges. Le 18 janvier 2010, ayant dépassé la limite d’âge, sa démission est acceptée par le pape Benoît XVI.

A la tête d’une Eglise en recherche
Tant comme évêque d’Anvers qu’archevêque de Malines-Bruxelles et président de la Conférence épiscopale de Belgique, Godfried Danneels fut aussi l’avocat, tant au plan national qu’international, des intuitions et des décisions de Vatican II, entre autres en faveur d’une gouvernance ecclésiale plus collégiale et plus synodale, du renouveau liturgique et du dialogue œcuménique et inter-religieux.

Lorsqu’il accéda à la tête de l’Eglise belge, celle-ci connaissait un des plus grands changements de son histoire, dans une société en pleine mutation, notamment sur le plan des mœurs. D’une position majoritaire et évidente, l’Eglise devenait plus minoritaire, en plein questionnement sur son avenir et sur sa place dans la société belge, à la recherche aussi d’une nouvelle manière de se situer en ces temps nouveaux. Grâce à son langage imagé et sa présence apprécié dans les médias, le cardinal Danneels devint pour l’opinion publique la figure de proue de l’Eglise belge.

Un Dieu aimant l’homme
« L’amour de notre Dieu s’est manifesté pour les hommes », telle est la devise épiscopale que Godfried Danneels a choisi lorsqu’il accède à l’épiscopat. Elle est tirée de la lettre de saint Paul à Tite (3,4). Le cardinal y voyait comme un appel pour lui à humaniser le monde. Il préférait Noël à Pâques, l’incarnation à la passion, comme il l’a souvent dit lui-même. Ce qui venait de Dieu, était en même temps pour lui profondément humain, comme en témoignent les nombreuses brochures de Noël et Pâques, brochures fort appréciées, très répandues et traduites en plusieurs langues.

Le cardinal Danneels était aussi un homme de dialogue, soucieux de créer des ponts. « L’opinion la plus dure n’est pour autant la plus intelligente », déclarait-il dans une interview à l’hebdomadaire catholique d’opinion Tertio à l’occasion de son 75e anniversaire. Il était d’ailleurs au moment du changement de millénaire un des initiateurs de cet hebdomadaire prenant à cœur sa mission centrale : être une voix de l’intelligentsia catholique qui puisse se faire entendre au cœur d’une sécularisation très rapide, principalement dans les médias.

Il s’exprima non seulement à propos de thèmes internes à l’Eglise mais aussi sur des questions de société. Il fut un des premiers à dénoncer régulièrement le nationalisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, il demanda aussi plus d’attention à l’égard des migrants et des réfugiés et souligna très tôt l’importance du dialogue interreligieux pour la paix dans le monde.

Sa voix douce raisonna dans plusieurs forums internationaux. Il prit ainsi part à de nombreux synodes d’évêques, il était membre de différentes instances vaticanes, du Conseil Européen des Conférences Episcopales (CCEE), de Pax Christi International, de la Conférence Mondiale des Religions et de la Paix (WCRP) et du Conseil Européen des Leaders religieux (ECRL).

Joies et peines
Les deux visites rendues par le pape saint Jean-Paul II dans notre pays en 1985 et en 1995, le Congrès d’Evangélisation des villes « Bruxelles-Toussaint 2006 », la rencontre de Taizé en 2008 et les élections des souverains pontifes en 2005 (Benoît XVI) et 2013 (François) resteront sans nul doute les grands moments de son long épiscopat.

Mais, le scandale des abus sexuels commis par certains prêtres de son diocèse pèsera très lourd sur lui. A la fin des années 90, il érigea un point de contact et une commission indépendante destinés aux victimes. En 2010, à peine deux mois après sa retraite, l’évêque de Bruges de l’époque, Roger Van Gheluwe, qui fut longtemps son collègue, reconnut avoir lui-même commis de tels abus ; des jours très sombres et très pénibles commencèrent alors pour lui. On dit que le cardinal fut aussi très affecté par la perquisition du juge d’instruction Wim De Troy, dans le cadre de « l’Opération Calice ». Ce dernier avait ordonné des perquisitions au siège de l’archevêché à Malines au moment même où se tenait une réunion de la Conférence des évêques, à la cathédrale Saint-Rombaut où l’on fit ouvrir des tombes et au domicile privé du cardinal Danneels, qui fut par ailleurs interrogé une journée entière.

L’élection du pape François, le 13 mars 2013, ajoute de façon inattendue un nouvel épisode heureux à sa longue et riche existence. Il était visiblement enthousiasmé par ce choix du conclave auquel il avait encore pu prendre part quelques mois avant son quatre-vingtième anniversaire. Il est même apparu au côté du nouveau pontife, au balcon de la basilique Saint-Pierre pour la présentation du nouveau pape aux fidèles rassemblés sur la place. Ce fut une grande joie pour le cardinal de constater que le pape François plaçait son pontificat sous le signe des intuitions du Concile Vatican II dont, par exemple, la collégialité dans le gouvernement central de l’Eglise et la main tendue à tous ceux qui se sentent loin de l’Eglise.

Gratitude
Sa santé se mit à décliner petit à petit. Le calme s’établit autour de lui qui avait connu pendant tant d’années le feu de l’action. Il en était heureux car l’homme Godfried Danneels était de nature discrète. Davantage moine que prêtre, dit-il de lui-même un jour. Qui le rencontrait encore, découvrait un homme simple, plein de gratitude, un être profondément croyant qui se préparait intensément à la rencontre avec son Seigneur au service duquel il a donné toute sa vie.

Au nom de toute la Lieutenance de Belgique de l’Ordre du Saint-Sépulcre, et au delà de celle-ci, de tous ses amis dans l’Ordre, le Lieutenant Jean-Pierre Fierens présente ses condoléances chrétiennes à la famille du cardinal Danneels, à ses amis, à ses anciens confrères dans l’épiscopat ou dans le presbytérat, ses collègues et collaborateurs.

La Lieutenance de Belgique priera pour lui lors de l’Eucharistie qui sera célébrée ce samedi 13 mars 2019 à l’église du Sablon à Bruxelles.

Qu’il repose en paix.

TD avec Cathobel/Kerknet/VaticanNews/LaLibre

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Votre réaction

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



Actualités

Agenda
juin 2019 :

Rien pour ce mois

mai 2019 | juillet 2019

newsletter