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      Homélie du jour par Mgr Kockerols (29/III/20)

Homélie du jour par Mgr Kockerols (29/III/20)

BRUXELLES - Voici l’homélie de notre Grand Prieur en lien avec les textes de ce 5ème dimanche de Carême (Année A)


Homélie pour ce cinquième dimanche du Carême, 29 mars 2020 (Rm 8, 8-11 ; Jean 11, 1-45)

Les lectures de ce dimanche résonnent fort avec ce que nous vivons actuellement, et en particulier le long, très long évangile selon S. Jean. Il y a dans cet évangile une ambiance peu réjouissante, morbide même. Beaucoup de confusion et d’hésitation, même chez Jésus : « j’y vais, j’y vais pas ». Il y a des nouvelles contradictoires sur l’ami Lazare : il est mort, oui, non, il dort. Il y a une série d’allers-venues, d’un côté à l’autre du Jourdain, puis entre la maison de Lazare et son tombeau. On a l’impression que ça part dans tous les sens, qu’on ne sait pas bien où on va. Il y a des reproches de Marthe et de Marie : « ah, Jésus, si tu avais été là ». Il y a la mort et son odeur. Il y a, comme en ce moment dans le monde, des peurs, des angoisses. Sommes-nous face à l’absurde ? Franchement, que de similitudes avec ce que nous vivons. Mais il y a peut-être aussi des appels et des choix sur ce que nous avons à vivre, en chrétiens, à quelques jours de la semaine sainte.

Parce que l’évangile de ce jour, au chapitre 11 de S. Jean, se situe juste avant le début de la Passion de Jésus, avec dans les versets suivants la décision des pharisiens et du grand prêtre Caïphe de faire mourir Jésus et un peu plus loin l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Le récit que nous avons entendu, donne donc en quelque sorte les premières notes pour entrer déjà dans ce qui sera proclamé dimanche prochain : la Passion de Jésus. J’aimerais en souligner trois.

Il y a d’abord le dialogue de Jésus avec Marthe et cette affirmation qui devrait être gravée sur le roc : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ». Quelle promesse qui prend aux tripes ! Une promesse qui explique l’ordre donné par Jésus à Lazare : « Sors ! » Vous connaissez probablement l’icône byzantine de l’anastasis, la résurrection ou plutôt la remontée des enfers. On y voit le Christ empoignant, au sens littéral du terme, prendre par les poignets Adam, l’humain que nous sommes, pour l’extirper de la mort, l’en délivrer à tout jamais. C’est la première consolation, ici aussi au sens le plus fort du terme, l’affirmation qui ne nous laisse pas seuls face à ce qui ressemble à l’absurde : si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts, donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. Oui, Jésus, tu es la vie. Tu continues à distiller la vie dans ce qui a une odeur de mort.

Il y a ensuite cette émotion de Jésus, quand il voit les larmes de Marie et de ceux qui l’entourent. Il est bouleversé ; il se met à pleurer. Arrivé au tombeau, le voilà repris par l’émotion. Jésus pleure. Il sanglote. Sa façon de servir, si humaine, c’est d’abord de rejoindre la peine des hommes, d’être vulnérable. Il ne peut rester à distance, rester indifférent, se voiler la face. Je suis frappé par le nombre de fois que le pape François évoque nos larmes. Nous sommes impuissants devant tant de détresses. Nous avons si peu à faire, si peu à dire. Mais avec Jésus, en son humanité si belle, nous pleurons. C’est la 2ème consolation que nous pouvons offrir. Pleurer avec eux. Avec Marie. Avec Jésus.
Il y a enfin ces réponses de Marthe à Jésus. Elle dit par deux fois je sais. Je sais. Mais lorsque Jésus l’invite à la foi, elle finit par lui dire oui, Seigneur, je crois. Il y a tout ce que nous savons. Et tout ce que nous aimerions savoir et comprendre. Mais au-delà, il y a cette 3ème consolation à offrir : l’acte de foi, qui est aussi un acte d’amour en Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.

Ce que nous vivons est certes un carême « hors normes ». Mais en réalité, nous sommes déjà entrés de plein pied dans la Passion. Nous avons pris un chemin qui est un chemin de croix. Le chemin de Jésus, qui porte la croix de l’humanité aujourd’hui si souffrante. Nous ne pouvons laisser l’humanité seule, nous avons à lui apporter consolation. En nous laissant empoigner par Celui qui veut nous arracher à la puissance des ténèbres et à l’ombre de la mort. En demeurant au pied de la croix, sans paroles, mais partageant les larmes de ceux qui pleurent. En invitant notre monde à la foi et à la confiance. Que l’Esprit Consolateur nous vienne en aide. Amen.

+ Jean Kockerols

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