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Annexion de la Cisjordanie : l’inquiétude des Églises de Terre Sainte

JERUSALEM - Le processus d’annexion d’un tiers de la Cisjordanie d’ici le 1er juillet 2020 par le gouvernement israélien se précise. Une décision aux conséquences catastrophiques pour les chrétiens locaux, explique dans une récente tribune deux responsables chrétiens de Terre Sainte.


Alors que le monde est occupé à combattre le COVID-19, le plan d’annexion du meilleurs tiers de la Cisjordanie par l’Etat israélien se précise et s’accélère. La mesure avait été décidée dans l’accord gouvernemental signé le 20 avril dernier entre B. Netanyahu et B. Gantz. Or, elle provoque depuis quelques jours de vives réactions au sein de la communauté internationale et, à fortiori, des Eglises de Terre Sainte, inquiètes de la concrétisation du projet et de ses répercussions potentielles sur les chrétiens palestiniens.

Depuis deux semaines, l’accord entre les deux leaders politiques était sujet à de nombreux débats en Israël, la légalité de certaines de ses clauses ayant été critiquée par l’opposition. Mais dimanche dernier, la Cour suprême a fini par approuver l’accord et le Parlement israélien a suivi, en donnant à son tour son feu vert hier matin, jeudi 7 mai.

Le nouvel accord gouvernemental fixe deux priorités pour Israël : d’une part, la mise en place d’un gouvernement d’urgence qui doit permettre de faire face à la crise du coronavirus. D’autre part, point cristallisant toutes les inquiétudes, l’annexion d’une partie de la Cisjordanie, notamment la vallée du Jourdain. Une mesure qui, pour rappel, avait été proposée par Donald Trump en janvier dernier, dans son “Plan de paix pour le Moyen-Orient”.

Le nouveau gouvernement israélien, dont B. Netanyahu vient de prendre la tête, peut donc désormais lancer le processus d’annexion d’une partie du territoire palestinien occupé. Un simple « exercice de souveraineté », selon le premier ministre, qu’il souhaite mettre en place d’ici le 1er juillet prochain, en coordination avec les Etats-Unis.

Répercussions sur les chrétiens de Terre Sainte

De nombreuses raisons expliquent pourquoi la « vision » du Moyen-Orient présentée dans le plan de M. Trump ne répond pas aux exigences les plus fondamentales d’une paix juste et durable dans la région. Cependant, peu de commentateurs ont analysé la manière dont le plan Trump traite de l’avenir des chrétiens palestiniens, et comment les plans d’annexion d’Israël affecteraient leur vie.

Une chose est sûre : les principes de base du plan américain contredisent la position officielle des chefs d’Église de Terre Sainte. En Janvier dernier, ces derniers, réunis à Jérusalem, ont publié une déclaration commune au plan de paix. Ils y ont réaffirmé leur “ferme volonté de parvenir à une paix juste et globale au Moyen-Orient, fondée sur la légitimité internationale et les résolutions pertinentes des Nations unies, et d’une manière qui garantisse la sécurité, la paix, la liberté et la dignité à tous les peuples de la région ».

Réactions dans la presse

Alors que Benjamin Netanyahu veut à tout pris accélérer l’annexion et la voir mise en oeuvre sous deux mois, la réaction de divers chefs chrétiens s’est fait connaître ces jours-ci dans la presse.

Le 6 mai dernier, Jamal Khader, directeur des écoles du patriarcat latin de Jérusalem, a tenté d’alerter l’opinion publique sur les graves dangers que représente cette décision pour les chrétiens locaux. Dans une tribune publiée dans le Haaretz (à consulter ICI), et co-écrite avec le révérend Munter Isaac, de la communauté évangélique luthérienne, il écrit ainsi :

Soyons clairs : la mise en œuvre du plan Trump aurait des conséquences catastrophiques sur une potentielle solution politique entre Israéliens et Palestiniens, et en particulier sur le respect des droits du peuple palestinien, y compris des chrétiens palestiniens.

“Malgré les intérêts nationaux partisans de M. Trump et de M. Netanyahu de présenter Israël et la Palestine comme un conflit religieux, avec la tradition judéo-chrétienne d’un côté et l’Islam de l’autre, cela ne représente pas la réalité que nous vivons en tant que chrétiens palestiniens.

Les efforts actuels d’Israël en vue de l’annexion de la Cisjordanie, en mettant en œuvre le plan Trump, consolideront un statu quo qui est totalement préjudiciable à l’avenir du christianisme en Terre Sainte…"

… ont continué les deux hommes.

Reprenant point par point les différentes propositions énoncées dans le plan de paix, le prêtre et le révérend ont par la suite pointé du doigt “l’illusion qu’Abou Dis ou Kufr Aqab puissent être, d’une manière ou d’une autre, transformés en capitale de la Palestine” qui révèle selon eux “soit l’ignorance de notre lien avec la ville, soit simplement le mépris total des droits du peuple palestinien, qu’il soit chrétien ou musulman”.

Et Jamal Khader et Munter Isaac de conclure : “En tant que chrétiens, nous prions et appelons tous ceux qui se soucient de l’égalité, de la liberté et d’une paix juste et durable, à se rassembler pour honorer les droits inaliénables de chacun – y compris du peuple de Palestine”.

Réaction des Eglises chrétiennes

Le 8 mai, les chefs des Eglises chrétiennes en Terre sainte ont publié une déclaration aux termes de laquelle ils enjoignent l’État d’Israël à s’abstenir de toute action unilatérale qui entrainerait « la perte de tout espoir de succès dans le processus de paix » et se tournent vers les États-Unis, la Russie, l’Union européenne et les Nations unies en leur demandant de répondre à ces plans d’annexion par « une initiative de paix limitée dans le temps et échelonnée conformément au droit international et aux résolutions des Nations Unies sur la question », dans le but d’assurer enfin une paix juste et pérenne dans cette région du monde sacrée pour les trois religions abrahamiques.

Un appel final est lancé à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), « seul représentant légitime du peuple palestinien » pour qu’elle résolve ses différends internes et ceux qu’elle peut avoir avec d’autres factions rivales, « afin de présenter un front unifié consacré à la réalisation de la paix et à la construction d’un État viable fondé sur le pluralisme et les valeurs démocratiques ».

Sources : VaticanNews.va/LeMonde.fr/Terresainte.net/TimesofIsrael.com/Haaretz.com

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