Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Vallée de Crémisan - Fadi Kattan

Vallée de Crémisan - Fadi Kattan


Nous nous rendons à Beit Jala, dans la verdoyante vallée de Crémisan. Il s’y est établi en 1891 un monastère de la congrégation des salésiens puis dans les années 50, un couvent de sœurs et une école qui accueille 450 enfants palestiniens. Les moines produisent le seul vin de Palestine, qui a d’ailleurs accompagné certains de nos repas lors de notre pèlerinage. Toutefois, l’objet de notre déplacement à Beit Jala n’est pas tant la visite du Monastère et de ses chais, que la rencontre avec Fadi Kattan, restaurateur à Bethleem et conseiller honoraire auprès du Ministre Palestinien du Tourisme.

En effet, en cet endroit paisible, entre oliviers et pieds de vignes, le Gouvernement israélien a émis voici quelques années le souhait de prolonger le mur de séparation entre l’Etat d’Israël et la Cisjordanie.

Déclaré illégal en 2004 par la Cour internationale de justice de La Haye, ce mur grignote le territoire palestinien, sans respecter les frontières d’avant 1967, reconnues par l’ONU. Ce mur, d’une hauteur de 8 mètres, présente pour l’Etat israélien un coût de construction estimé à 2,5 millions d’euros le kilomètre, pour une longueur totale de 700 kilomètres ; à l’heure actuelle, il n’est construit qu’à 60 %. D’avantage que les chiffres, ce sont les situations personnelles de nombreux palestiniens que Fadi Kattan évoque avec nous. Ainsi, à l’endroit où nous nous rendons, le tracé du mur couperait la vallée de Crémisan en deux. Le mur, frontière franchissable seulement par quelques checkpoints disséminés sur son tracé, séparerait ici les nonnes (qui se retrouveraient côté palestinien) des moines (qui seraient côté israélien, avec les vignes).

Les familles de Beit Jala, ainsi que le monastère et le couvent salésiens (représentés par la Société Saint Yves) ont toutefois saisi la Cour Suprême israélienne. Alors qu’en 2015, les juges avaient rejeté les premiers plans du mur à construire dans cette belle vallée, ils sont revenus sur cette décision en 2016. L’an passé, les premiers oliviers situés sur le tracé ont été arrachés, et la construction du mur a été entamée. Selon la dernière décision de la Cour suprême, le monastère et le couvent de Crémisan resteraient toutefois une seule entité, bénéficiant d’un accès direct mais très réduit aux personnes du district de Bethléem. De nombreux autres propriétaire de Beit Jala, dont une proportion importante de chrétiens, n’ont malheureusement pas eu cette chance, et risquent de voir leurs propriétés (et leurs familles) séparées en deux par le mur dans les prochains mois.

Force est hélas de constater que la pression internationale – notamment celle de l’Union européenne, qui a fermement condamné la construction du mur de séparation de la Vallée de Crémisan –, n’a pas encore eu l’effet escompté.

Après cette visite bouleversante, nous quittons Beit Jala où nous laissons notre guide Fadi Kattan, nous promettant de porter dans nos prières ces familles contraintes à la séparation. Et nous vient à l’esprit la septième béatitude : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! »

Benoît Kohl

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