Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Une nuit de prière et d’adoration dans le Saint-Sépulcre !

Une nuit de prière et d’adoration dans le Saint-Sépulcre !


Alors que bon nombre des jeunes prenant part au pèlerinage foulaient pour la première fois le sol de la Terre Sainte, il leur a été donné de passer une exceptionnelle nuit de veille, enfermés à l’intérieur de l’église du Saint Sépulcre. Pour beaucoup, cette perspective valait à elle seule le voyage, et était attendue avec espoir, impatience et curiosité.

L’arrivée en car dans la Ville Trois fois Sainte s’est faite au chant du Lauda Jerusalem et, après un repas rapide pris au Notre Dame Center, nous avons forcé le pas pour arriver à temps au Saint Sépulcre, avant la fermeture des portes, à 19h00. Bien des touristes se pressent à cette heure devant l’entrée de l’édifice, pour assister à l’immuable processus séculaire de la fermeture. Les sacristains rabattent le battant de l’intérieur, et, de l’extérieur, le représentant de la famille musulmane gardienne des clefs, monte sur une échelle pour accéder à la serrure en hauteur qui lui permet de verrouiller la porte. Une fois cela fait, il transmet l’échelle à l’intérieur, par le biais d’une petite ouverture dans le battant, qui permet juste de la faire passer. Les chevaliers et dames présents ont eu le privilège d’assister à ce cérémonial depuis l’intérieur, avec pour seule compagnie les moines franciscains, grecs orthodoxes, arméniens et coptes ; les dernières images que nous captâmes du monde extérieur ce soir-là, consistèrent une meute de touristes projetant vers nous une batterie de smartphones et d’appareils photos, jusqu’à l’isolement.

On ne mesure réellement le privilège de passer la nuit dans ce lieu très saint que lorsque l’on se retrouve réellement confronté à la solitude. Tout qui a déjà pu visiter l’endroit, sait que sa fréquentation en journée n’a rien à envier à la Place Saint Pierre le jour des Rameaux, ou à la rue Neuve de Bruxelles en période de soldes. Et là, quel luxe que de pouvoir commander le silence ! Pour l’obtenir, il suffisait de se taire. Notre première approche du complexe fut de le découvrir à force de lectures de natures historique et architecturale. Il convenait d’abord de prendre connaissance de l’environnement, d’apprendre son évolution, et d’y repérer ses principaux recoins de vénération. Cette première phase passa en réalité assez rapidement, car le timing de la nuit, que nous souhaitions ardemment consacrer surtout à la prière, ne nous a pas donné l’occasion de la prolonger outre mesure. En effet, sensibilisés par notre hôte franciscain sur le fait que l’accès à l’édicule ne serait possible qu’avant minuit, en raison des différentes liturgies qui s’y rendraient ensuite, nous avons pressé le pas des visites.

Directement ensuite, nous nous sommes succédé, par couples, seuls, par binômes ou trinômes sur le lieu même où le Christ fut déposé. Alors qu’un passage en journée dans l’édicule ne permet que d’y rester quelques secondes, sous la pression du flot incessant des visiteurs suivants, c’est d’un temps de plusieurs dizaines de minutes que chacun a pu disposer, à prier devant le Tombeau vide. Mais en réalité, une fois face au Tombeau, toute notion de temps disparaît, et il me serait impossible de dire exactement combien de temps j’y suis resté. Étant entré seul dans l’édicule, notre bon confrère Benoît m’y a rejoint pour un temps, me laissant de nouveau seul quelques instants, avant que notre cher Lieutenant m’y rejoigne pour un long moment.

D’un côté, l’idée de se retrouver sur le lieu du scandale de la mise à mort et de l’ensevelissement du Christ impressionne et attriste le pèlerin. C’est l’endroit qui concentre toute l’humiliation et la violence dont Jérusalem a pu être capable vis-à-vis du Fils de Dieu. Mais d’un autre côté, l’absence réelle constatable au Sépulcre, preuve de la Résurrection, porte tous les espoirs du monde, et apporte un sentiment de doux apaisement, de confiance et de joie.

Pendant que les uns s’abandonnaient à la prière dans l’édicule, les autres passaient d’une chapelle à l’autre, afin d’approcher au plus près les différents lieux saints. À titre personnel, le lieu du Calvaire m’a fait forte impression. Quelle sensation étrange que de pouvoir approcher l’endroit où la Croix fut plantée, au sommet du Golgotha, dont la roche est apparente ! Et quelle beauté toute orthodoxe que celle de cette chapelle installée à cet emplacement ! Le fragment de la colonne de la flagellation, quelques chapelles plus loin n’a pas manqué de rappeler à mon souvenir la présence d’un autre fragment (manifestement de pierre et de taille différentes) visible à l’église Sainte Praxède de Rome.

D’un avis unanime, nous nous estimons également chanceux d’avoir pu passer cette nuit d’exception en compagnie de notre cher Lieutenant, qui avait préparé pour l’occasion plusieurs lectures et réflexions, autour des thèmes de la souffrance et de la mort. À plusieurs reprises, nous nous donnâmes rendez-vous dans la chapelle de l’Invention de la Vraie Croix, pour nous abreuver de ses sages et pertinentes méditations, qui ont alimenté notre cheminement spirituel nocturne. Assis en rangs dispersés à même le sol, habillés de leurs manteaux blancs ou de leurs robes noires, les disciples entouraient leur maître dans une ecclésiale symbiose de prière toute évangélique.

La seconde partie de la nuit fut l’occasion d’assister, parfois de loin, à des ballets liturgiques divers et variés, de la part des ministres des différentes confessions. Malgré les inévitable tensions propres à la co-utilisation des lieux par les différentes confessions qui transparaissent parfois dans les médias, nous avons pu mesurer le respect réciproque manifesté par les latins, les grecs orthodoxes, les arméniens et les coptes, notamment lorsqu’ils sont venus s’encenser les uns les autres au milieu de leurs liturgies respectives. Ce fut là un bel exemple de rassemblement œcuménique au cœur des lieux qui nous sont les plus saints.

La nuit se termina à 4 heures du matin, comme elle avait commencé, devant l’entrée de l’édifice, où le musulman gardien des clefs nous libéra de notre introspection. Cette fois, plus personne pour nous filmer ou nous photographier sur la place de l’église. Tout le monde dormait. Et il était maintenant temps pour nous de tenter de faire de même, avant d’embrayer sur le programme chargé de la journée.

En termes de veille, nous avons surpassé les Apôtres au jardin de Gethsémané. L’intensité des prières individuelles et des méditations collectives nous a fait traverser la nuit, sans que la course du temps n’impacte notre état de veille. Toutefois, privé d’une nuit de sommeil, le contrecoup s’est manifesté pour moi le lendemain matin sur les rives du Jourdain, où ma présence physique n’était plus en parfaite adéquation avec mon attention intellectuelle… Mais tout cela n’était rien face à l’expérience de cette nuit de veille, qui m’a ouvert les yeux sur la signification profonde de ma qualité de chevalier du Saint Sépulcre.

David Colling

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