Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Un tableau retrouve sa place sur l’édicule du Saint-Sépulcre

Un tableau retrouve sa place sur l’édicule du Saint-Sépulcre

JERUSALEM - Samedi 22 novembre 2014, les pèlerins qui s’étaient faits enfermer au Saint-Sépulcre samedi dernier, dans l’espoir d’y prier tranquillement et en silence dans le Tombeau vide de Jésus, ont été surpris. Ce soir-là, profitant de la petite fermeture hebdomadaire (1), l’Office technique de la Custodie, en accord avec les autres confessions chrétiennes, devait replacer le De Matteis à sa place ...


Nous sommes le 23 septembre 2013, Maurizio Canesso, galeriste, spécialiste de l’art religieux italien du XVe au XVIIIe siècle, est en voyage d’étude à Jérusalem. Il a le généreux projet de faire restaurer un certain nombre des œuvres en possession de la Custodie de Terre Sainte.

Lors de ses précédents voyages en Terre Sainte, son œil expert a déjà repéré plusieurs œuvres. Mais cette fois, il s’est fait accompagner du professeur Nicola Spinosa directeur du musée national de Capodimonte (Naples, Italie). Tous deux sont juchés au sommet d’une échelle, posée devant le Tombeau vide de Jésus au Saint-Sépulcre. A la lumière d’une lampe électrique, ils inspectent de plus près le tableau qui domine sur l’édicule. Une huile sur toile de 1,51 x 1,42 cm.

Elle se trouve là, comme le renseignent les archives de la Custodie, depuis avant 1808, date du grand incendie qui ravagea en partie la basilique de la Résurrection. Restauré en 1860 à Malte, le tableau a depuis à nouveau subi les outrages du temps. L’humidité dans l’église, la poussière mais surtout la fumée des cierges et lampes à huile l’ont à nouveau noirci.

Il suffit pourtant de quelques instants au professeur Spinosa pour identifier d’une voix enthousiaste qui perce le clame de l’église « un De Matteis ». Paolo De Matteis (1662-1728), formé à Naples, il travaillera au service du vice-roi espagnol de Naples. Et d’après le professeur Spinosa, c’est certainement ce tableau qui a inspiré le bas-relief en argent qui se trouve dans la chapelle des Apparitions adjacente à la sacristie.

La décision est prise, si le Statu Quo qui régit le Saint-Sépulcre le permet, l’œuvre devra être descendue en vue de sa restauration. Et le Statu Quo le permit. L’office technique de la Custodie se chargea quelques semaines plus tard de substituer à ce tableau une photocopie sur toile d’une autre résurrection. Car Statu Quo oblige, l’espace ne pouvait rester vacant.

Samedi 22 novembre 2014, les pèlerins qui s’étaient faits enfermer au Saint-Sépulcre samedi dernier, dans l’espoir d’y prier tranquillement et en silence dans le Tombeau vide de Jésus, ont été surpris. Ce soir-là, profitant de la petite fermeture hebdomadaire (1), l’Office technique de la Custodie, en accord avec les autres confessions chrétiennes, devait replacer le De Matteis à sa place.

Un an après, car outre sa restauration qui prit près de trois, il a en effet été exposé à Lugano à l’initiative de M. Canesso, avec d’autres tableaux de la Custodie mais aussi avec le bas-relief du Saint Sépulcre qui lui avait déjà fait l’admiration des visiteurs de l’exposition au Château de Versailles le Trésor du Saint-Sépulcre ».

Il est de retour « à la maison » et reprend son office : Nous rappeler que le Tombeau est vide car le Christ est vraiment ressuscité.

Fort de la première expérience, cette fois-ci, on installa un échafaudage. C’est en gants blancs que les ouvriers de la Custodie, sous la supervision du frère Sergey Loktionov et la conduite de Issa Shaheen, manient le tableau restauré. Il est beaucoup plus pesant que lors de sa descente. Car, pour préserver le travail de restauration réalisé à Paris par les ateliers de Serge Tiers, il est dorénavant protégé au recto d’une plaque de verre spéciale, tandis qu’au recto une plaque de polypropylène alvéolaire permet qu’il respire sans prendre la poussière.

Un moine grec-orthodoxe prête son concours. La représentation en bois doré du Saint Esprit appartenant à son Eglise et fixée à la façade gênant la manœuvre, il la démonte et la remontera lui-même. Coptes et Arméniens passent de temps à autre voir le cours des travaux. Certains pèlerins sont allés trouver un peu de silence au calvaire, d’autres sont restés heureux d’assister à cette parcelle d’histoire de la basilique. Hélène sourit de voir cette vie « profane » de l’édifice et de la tombe elle-même et se réjouit de voir les différentes confessions travailler ensemble et s’entraider.

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