Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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        Troisième dimanche de carême de l’année B

Troisième dimanche de carême de l’année B

Vie spirituelle, Voix des prêtres

JERUSALEM - Pendant ce temps de Carême, nous vous proposons quelques réflexions de prêtres du Patriarcat latin ou de la Custodie franciscaine en lien avec les lectures dominicales.
Nous poursuivons par le Père Madros sur le récit de la colère de Jésus face aux marchands au Temple mais aussi sur le thème malheureusement d’actualité du lien aux images et aux idoles ! (Ex 20, 1-17 ; 1 Cor 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25)


L’éternelle objection judéo-islamo-protestante contre les images sacrées et les statues revient, prenant comme texte-prétexte le verset d’ Exode 20, 4 : « Tu ne te feras aucune image sculptée… tu ne te prosterneras pas devant elles… ». Or, le contexte éclaire le texte et l’explique : entourés de païens idolâtres, les Hébreux sont tentés de se fabriquer des divinités ! Le seul vrai Dieu, jaloux, réagit, en interdisant toute idole. Mais ce même Dieu, au même Moïse, dans le même Livre de l’Exode (et , plus tard, à Salomon) demande de « faire » des images et des sculptures, jusque dans le lieu saint ! Voir Ex 25, 10, 16, 18, 20 ;et 37, 7 ; 1 Rois (=3 R) 6, 2328, 29, 35 ; 1 R (=3 R) 8, 6-7 ; 10, 19-20 ; le serpent d’airain (Nb 21, 7-8).

Contradiction ? Jamais de la vie ! Morale : idoles, non ; illustrations utiles pour la piété, surtout pour les enfants et les analphabètes, oui !
Saint Paul, ex rabbin s’il vous plaît, va plus loin : sans mâcher ses mots, il écrit aux Colossiens que Jésus « est l’image, grec εικων, icône , du Dieu invisible » (Col 1, 15). Donc, que les « chrétiens » ne nous tracassent plus avec l’interdiction des « images ». Alors ils trouvent à redire sur les statues ! Mais le principe de la statue est le même que celui de l’icône : la représentation, mise en bas-relief, d’une image ! Et aujourd’hui, vous avez, au moins, les trois dimensions… Aucun danger d’idolâtrie !

Les idoles contemporaines relèvent d’une tout autre nature, et sont bien plus subtiles et plus venimeuses : l’argent, la domination, la beauté, le corps, la drogue, la télé, le portable (nous ne savons pas où il va nous porter encore !)…

N’empêche que les personnes qui ont gardé cette mentalité primitive du peuple hébreu en Egypte, donnant comme fruit l’adoration d’un veau d’or, n’a aucun équivalent dans nos églises : nous n’adorons que le Seigneur ! Les images et les statues ne sont que des symboles en vénération de nos saints, en illustration de nos dogmes ! Cependant survit la prohibition du Livre de l’Exode dans un iconoclasme irrémédiable, ayant horreur de toute représentation. Nous voici en 2015, à Mossoul, en Irak, et avant en Afghanistan : des islamistes cassent des statues de Bouddha , de Nimrôd etc.

Sans s’en rendre compte, comme M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, ces personnages, de langue arabe ou afghane, de religion musulmane, appliquent la légende d’Abraham démolissant les idoles (Genèse Rabbah, 38, 19 ; Coran 21 : 59 -67 ; Tabari, I, p. 139).

Il ne faut pas manquer l’occasion ici d’interdire aux Musulmans de casser ou de déchirer les images de Jésus et de la Vierge Marie, puisque, dans la biographie de Mahomet, d’après Al –Azraqyy, « Histoire de la Mecque », et Al –Dhahabyy, il aurait ordonné de détruire toutes les images et les idoles de la Kaaba sauf « ce qu’il y avait sous sa main », à savoir une image de la Vierge portant l’Enfant. Maintenant, des « savants » contestent ces récits, alléguant que les Traditions qui les ont produits étaient « faibles », probablement une réaction antichrétienne après coup ! Nous pouvons toujours faire honnêtement état de cet épisode, tout en admettant qu’il n’est pas universellement accepté.

Pas de marchands dans la maison de Dieu !

Jésus n’y va pas de main morte ! Ce n’est pas un Christ trop bon pour être intelligent, trop faible pour être suivi ! Ce n’est pas davantage un être invertébré, efféminé, émasculé, qui laisse dire, laisse faire et ne réagit, comme l’on veut parfois de nous chrétiens, que par un sourire et un silence fort appréciés ! Jésus parle ! Il se fâche ! Il frappe, et pas métaphoriquement ! Les marchands lui tapent sur les nerfs à fleur de peau !

Une fois de plus, il nous commande d’être « avisés comme des serpents, doux comme des colombes » (Mt 10, 16). Il renverse les tables des vendeurs de colombes. Il envoie promener de la maison du Père le Mammon d’iniquité ! Il nous signale que « chrétien » ne signifie pas « crétin ».

Conclusion

Nous devons et pouvons recourir à toute violence morale pour arrêter ou neutraliser les personnes qui marchandent avec la parole de Dieu et les sacrements ! Le fouet des mots et des actions juridiques devrait les remettre en place ! Ainsi, nous pourrons tous mieux suivre le Christ « doux et humble de cœur » qui savait, de temps en temps, montrer ses muscles et châtier ceux qui profanaient la divine sainteté par leur « adoration de l’argent et de l’or », « idoles des païens » (cf Ps 115, 4).

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