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      The Walled Off Hotel - Banksy

The Walled Off Hotel - Banksy


Lors d’un heureux détour à The Walled Off Hotel imaginé et financé par Banksy au pied du mur de séparation à Bethléem, nous avons eu le plaisir de pénétrer l’univers de ce célèbre street artiste dont l’identité est entourée de mystère.

Né à Bristol, capitale du Street Art, en (vers ?) 1974, Banksy envahit l’espace public avec ses peintures au pochoir et ses collages (pour la rapidité d’exécution) dans le but de dénoncer les politiques de guerres pour une « paix à venir ». Son œuvre regorge de situations où l’utilisation de la force est rendue absurde alors qu’elle est confrontée à la désarmante fragilité d’un enfant ou d’un rêve de liberté.

Aussi son combat contre ce « mur de la honte » commence en 2005 quand il y réalise des fresques en territoire palestinien transformant le béton en véritable toile artistique sous l’œil courroucé de l’armée israélienne. Si son œuvre n’est pas vraiment légale, il rétorquerait que ce mur ne l’est pas non plus au regard du droit international. Bravade ! Dénonciation ! Engagement !

Banksy continue son « art militant » en Cisjordanie par la construction de cet hôtel offrant « pire vue du monde ». Situé directement au pied du mur, il a ouvert ses portes à Bethléem en mars dernier. Allusion à la grande chaîne Waldorf, il est une vaste parodie naviguant entre provocation, poésie et fausse naïveté. Dans la pièce d’accueil, on y admire des angelots équipés de masques à oxygène ou une représentation du Christ menacé de mort ciblé au front par un laser. Des caméras de surveillance sont accrochées au mur, telles des trophées de chasse. A côté, un triptyque représente un jeune homme encagoulé lançant de la main droite non pas une grenade mais un bouquet de fleurs. Partout, Banksy dénonce la paix menacée à l’instar de cette colombe au rameau d’olivier portant un gilet pare-balles, nichée au cœur de la ville et se met à rêver à un désarmant monde désarmé.

Cet hôtel, dont le nom rappelle la situation « emmurée » de l’établissement, dispose d’un espace- galerie pour des expositions temporaires avec la contribution d’artistes palestiniens émergents. On y visite également un espace- musée consacré à l’histoire du mur et à la douloureuse réalité palestinienne au travers un petit parcours truffé de témoignages et d’objets relatant l’inégale citoyenneté.

Cherchant à « faire entendre la voix des Palestiniens », il dénonce mais imagine aussi des ponts entre ces deux peuples que tout sépare aujourd’hui. Banksy refuse les étiquettes et rêve d’un vivre- ensemble se défendant de tout parti pris sinon celui de la paix, de concorde et d’avenir radieux.

Au lendemain de notre visite, le fameux street artiste présentait sa dernière œuvre en date à l’occasion du centenaire de la déclaration Balfour où il a orchestré une cérémonie d’excuses So British pour ce document scellant le souhait britannique de créer un foyer national juif en Palestine ouvrant ainsi la voie à la création d’Israël. Au cours de cette anti-fête aux couleurs de l’Union Jack, un nouveau dessin sur le mur a été dévoilé représentant une gravure « Er… SORRY » en référence au monogramme de la Reine Elizabeth II.

Si Banksy ne fait pas l’unanimité, on peut toutefois se féliciter de l’attention médiatique qu’il fait porter à ce mur scandaleux qui ne semble aucunement choquer nos différentes instances nationales.

Florence Otten

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