Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Soutenir Gaza : un défi quotidien

Soutenir Gaza : un défi quotidien

INTERVIEW – Entretien avec Sami El-Yousef, directeur régional de la CNEWA (Catholic Near East Welfare Association) en Palestine et en Israël pour faire le point sur les différents projets de soutien dans la bande de Gaza à la rentrée 2016.


Sami El-Yousef, vous êtes le directeur régional de la CNEWA – Mission pontificale à Jérusalem. Pourriez-vous nous en dire plus sur l’histoire de cette organisation et son action actuelle en Terre Sainte ?

La Mission a été créée en 1949 par le pape Pie XII en tant qu’organisme temporaire pour aider le peuple palestinien, 750.000 Palestiniens étant devenus réfugiés lors de la création de l’Etat d’Israël en 1948. Soulignons que 30% de tous les chrétiens de Terre Sainte sont alors devenus réfugiés. Au cours de ces 20 premières années d’existence, la Mission a été principalement impliquée dans la distribution d’aide humanitaire. Ensuite, quand il est devenu clair que le problème des réfugiés s’installait dans la durée, le mandat a été élargi afin de fournir un soutien durable. L’objectif principal est devenu d’aider les églises locales dans le soutien aux communautés, surtout dans l’éducation, la santé et les services sociaux. D’un point de vue pastoral, la Mission continue également aujourd’hui à jouer un rôle important à travers les églises locales.
Comme en 1949 Rome n’avait pas la possibilité d’administrer la Mission directement, et comme la plus grande partie du soutien financier venait d’Amérique du Nord, il a été demandé à une autre agence papale, la Catholic Near East Welfare Association (CNEWA), fondée en 1926 pour aider les Églises orientales, d’administrer la Mission pontificale.

Cette structure administrative fonctionne encore aujourd’hui. Les deux institutions sont administrées ensemble sous le nom de CNEWA- Mission pontificale, le Président de la Mission pontificale servant également de Secrétaire général de la CNEWA. Nous opérons à travers trois bureaux au Moyen-Orient : le bureau de Jérusalem desservant Israël et la Palestine, le bureau d’Amman desservant la Jordanie et l’Irak et le bureau de Beyrouth desservant le Liban, la Syrie et l’Egypte.

Le mois dernier, vous étiez à Gaza. Quelle est la situation là-bas et comment la Mission Pontificale apporte-t-elle son soutien à la population, notamment en créant des postes de travail ?

Je vais souvent à Gaza, environ 6 visites par an depuis mon arrivée à la Mission en 2009. Notre travail à Gaza consiste à apporter de nombreux services à l’ensemble de la communauté, sans distinction de religion, de couleur, de race ou de genre. Ce travail se fait à travers un certain nombre de partenaires que nous avons à Gaza dont la paroisse latine et ses institutions, notamment l’École de la Sainte-Famille, l’École du Patriarcat latin, et d’autres œuvres des Sœurs du Verbe incarné. Parmi nos partenaires, il y a aussi l’hôpital Ahli Arab, qui est le seul hôpital chrétien à Gaza, le Conseil des Eglises, des dispensaires et des centres de formations professionnels du Proche Orient, l’école des Sœurs du Rosaire et le YMCA, entre autres. La variété du soutien que nous apportons consiste en une aide humanitaire pendant les guerres, la rénovation des locaux, du matériel, des programmes de soutien en cas de besoin, par exemple des programmes de malnutrition et de soutien psycho-social, des bourses d’études, des activités auprès de la jeunesse, des programmes pastoraux, des programmes de formation et la création de nouveaux emplois. Un projet pilote sera lancé prochainement pour fournir à 16 jeunes chômeurs chrétiens un emploi pendant 12 mois dans un de nos établissements partenaires. Cela aidera sans aucun doute notre jeunesse chrétienne à construire son expérience tout en lui apportant un revenu devenu bien nécessaire. Il convient de mentionner que le taux de chômage à Gaza est d’environ 45%, il s’agit du taux de chômage le plus élevé au monde.

Vous avez récemment rencontré la Commission Terre Sainte de l’Ordre du Saint-Sépulcre, quelle est la relation entre la CNEWA – PMP et les Chevaliers et Dames de l’Ordre, surtout en ce qui concerne les projets soutenus par la Réunion des œuvres d’aides aux Eglises Orientales (ROACO) ? Dans votre dernier rapport de Gaza vous avez mentionné, par exemple, l’école des Sœurs du Rosaire. Les travaux de rénovation seront l’un des projets que l’Ordre est en train de financer par le biais de la ROACO. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous avons une merveilleuse relation avec l’Ordre qui nous soutient. Par exemple, le soutien au projet des importants travaux de rénovations de l’Hôpital Saint-Louis à Jérusalem. Notre rôle dans ce cas est de veiller à la bonne exécution du projet, à une saine administration financière, à une évaluation et un suivi régulier et, éventuellement, de fournir des comptes-rendus et des rapports financiers. Nous nous coordonnons également avec des organisations d’aide catholiques locales afin d’assurer une distribution efficace des projets ainsi que d’éviter une mauvaise distribution des fonds. Notre plus grand travail de coordination s’est déroulé lors de la dernière guerre à Gaza en 2014, où les organisations actives à Gaza ont coordonné leurs interventions pour s’assurer que les besoins de tous nos partenaires et ceux de la communauté chrétienne soient correctement pris en compte. Étant donné que certains soutiens viennent d’organismes qui sont en dehors des cercles de la ROACO, alors, dans ce genre de cas, notre rôle devient encore plus important pour assurer un financement adéquat. La CNEWA est un membre fondateur de la ROACO, qui a été, depuis le début, fortement impliqué et entretient des relations de travail cordiales avec tous les membres.
Dans le cas de l’école des Sœurs du Rosaire à Gaza, nous l’avons toujours soutenu avec des dizaines de subventions au cours des sept dernières années. Des financements provenant du monde entier. Ainsi le développement de relations de travail étroites avec les institutions bénéficiaires locales est non seulement important pour la bonne mise en œuvre d’un projet particulier, mais aussi parce que nous devenons des partenaires en identifiant ces besoins et en trouvant les sources de financement pour y répondre. La relation devient si étroite que nous sommes continuellement en train de chercher et de trouver des sources de financement pour les besoins les plus urgents, même lorsque le financement en question va directement à l’école elle-même.

Lors des six dernières années, le Grand Magistère a soutenu certains de nos programmes, en particulier notre programme de développement de la jeunesse à travers lequel plus de 40 institutions de jeunesse ont reçu des subventions qui leurs ont permis d’améliorer leurs capacités, leurs installations et leur équipement et de couvrir les dépenses de certaines de leurs activités. Ils ont également fourni, en cas de besoin, une aide d’urgence pendant les guerres et les crises pour soutenir non seulement les communautés chrétiennes mais aussi aider les institutions à être au service de l’ensemble de la communauté, toujours dans le respect des valeurs chrétiennes.

Source : Site officiel de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre
Traduction du Patriarcat latin de Jérusalem

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