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        Premier dimanche de Carême de l’année B

Premier dimanche de Carême de l’année B

Vie spirituelle, Voix des prêtres

JERUSALEM - Pendant ce temps de Carême, nous vous proposons quelques réflexions de prêtres du Patriarcat latin ou de la Custodie franciscaine en lien avec les lectures dominicales. Nous commençons par le Père Madros sur le thème de l’Alliance avec la nouvelle humanité (Gn 9, 6-15 ; 1 P 3, 18-22 ; Mc 1, 12-15).


Le récit populaire et si instructif de l’arche de Noé (Gn 9, 6-15), qui a des parallèles dans la littérature extrabiblique, paraît-il, ainsi que celui du déluge, ne sauraient relever de la légende ou de la simple piété populaire « simplette » ! Dans la mémoire de peuples divers, dans des continents différents, les souvenirs de grandes inondations restent gravés. Ce qui intéresse notre hagiographe, malgré les détails qu’il donne sur les dimensions de l’arche, c’est l’amère et triste réalité de la malice des hommes, irrémédiable sans un grand choc et un châtiment presque universel. D’après des légendes païennes orientales, le déluge a eu lieu dans un coup de tête des divinités, à bout de patience à cause du bruit des humains qui arrivait incessamment jusqu’à la demeure des dieux, les empêchant ainsi de dormir ! Noé ou Outnapishitm ou Guilgamech ou d’autres personnages : ils symbolisent le petit reste des braves personnes, à la foi pieuses, bonnes, sages et intelligentes. Oui, parfois, des athées ou des agnostiques identifient la foi à la bêtise ou à la stupidité !
L’idée magistrale – et unique dans la Bible – du mal chez les humains est d’une cinglante actualité ! L’arc-en-ciel nous tranquillise ! La promesse du Seigneur tient toujours, malgré tout le péché du monde. Quelqu’un a dit : « Seule l’inutilité du premier déluge empêche Dieu d’envoyer le second ! »

Malgré le déluge : l’alliance !

Avec Adam ; maintenant Noé ! Plus tard, avec Jésus. Saint Pierre (1 P 3, 18-22) nous explique que cette alliance « nouvelle et éternelle », selon les évangiles, se concrétise dans le baptême, arche de salut. C’est dans le sang de Jésus qu’est « coupée » la nouvelle alliance, Jésus « mis à mort selon la chair, vivifié d’après l’Esprit ». Le prince des apôtres veut dire que Jésus a été mis à mort en tant qu’homme, selon les lois de la nature humaine. Il a été non « ressuscité en esprit », expression absurde, brandie par les Témoins de Jéhovah, par exemple : en effet, l’esprit ne peut pas ressusciter puisqu’il ne meurt pas ! Lisons bien et ne nous laissons pas induire en erreur : « vivifié » en tant qu’esprit ou par l’Esprit : c’est-à-dire que l’Esprit en Lui a vivifié le corps crucifié et tué. Interprétation arbitraire inventée par nous pour éluder le problème ? Jamais de la vie ! C’est saint Paul qui nous exprime cette idée, presque littéralement, tout à fait d’accord avec son « collègue » Pierre : « Et si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (i.e. la nature divine qui l’habite) (re)donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous » (Rom 8, 11). Ce texte paulinien interdit à qui que ce soit de conclure que nous, nous ressusciterons avec nos propres corps (surtout les 144 000 qui iraient seuls au ciel) tandis que Jésus ne serait ressuscité « qu’avec un autre corps » (que celui qui a été crucifié). Donc, il ne serait pas du tout ressuscité puisque le corps crucifié n’a pas eu de résurrection (d’après ce qu’ils disent) et le soi-disant autre corps glorieux ne serait pas davantage ressuscité puisqu’il n’est pas mort !
Alliance et baptême (1 P 3, 18- 22)

Une difficulté pourrait surgir d’une mauvaise lecture de la première de saint Pierre : le baptême est « le témoignage d’une bonne conscience » ; donc pas de baptêmes d’enfants qui n’ont conscience d’aucune conscience ! Dans ce texte, l’apôtre fait allusion à la bonne conscience de Noé et de toutes les braves personnes de bonne volonté ! Certes, il ne s’agit pas dans ce texte de baptêmes d’enfants mais d’adultes. Mais ce passage ne saurait exclure ni effacer d’autres textes, à commencer par celui de Jn 3, premier discours, chronologiquement, sur le baptême chrétien : à Nicodème, Jésus le présente comme une « nouvelle naissance, d’en haut » (le grec άνωθεν), « de l’eau et de l’esprit », le plus vite possible après la naissance physiologique. En effet, les enfants non baptisés des chrétiens sont des êtres physiques, corporels seulement : « Celui qui est né de la chair est seulement chair ; celui qui est né de l’Esprit est esprit » (Jn 3, 6). Non, cher Nicodème ou Nicodèmes au pluriel, pas question de rentrer, tout grand, dans le sein de sa mère, mais, si vous voulez (et même si vous ne voulez pas !), par le baptême, devenir enfants de Dieu et, d’une autre façon, de l’Eglise, mère des peuples !

Un presbytérien américain, Scott Hahn, a découvert précisément dans l’Eglise Catholique cette alliance qui commence dans le baptême, ersatz de la circoncision (toujours d’après saint Paul, Gal 3, 27 s). Cette dernière, malgré toute l’ingéniosité des partisans de « l’Ancien Testament », reste cruellement partiale (excluant l’élément féminin) et facilement prétexte de distinction, différence, pour ne pas dire de discrimination.

La tentation de Jésus (Mc 1, 12-15)

D’une manière expéditive, saint Marc, « l’interprète de Pierre » (St. Irénée) liquide en trois mots et demi cette réalité embarrassante mais significative : « Il a été tenté par Satan », l’adversaire, celui qui accuse (d’après le mot cananéen « שטן satan »), celui qui jette le chef d’accusation ou jette tout court (d’après le grec διάβολος), sous-entendu : dans la perdition, l’abîme, la honte…
Jésus « a été tenté (éprouvé) en tout comme nous, sauf dans le péché ». Il n’a pas succombé. Il est comme nous dans notre fragilité ; il est notre modèle dans la résistance au mal !

Conclusion

Le mal et la violence nous inondent à nouveau, surtout au Moyen-Orient. La mort la plus horrible guette des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Au milieu de ce déluge, que le Seigneur nous envoie de nouveaux Noés et que le navire du baptême délivre, non seulement les chrétiens, précisément massacrés parce que chrétiens, mais aussi toute cette pauvre humanité qui a été excessivement « mortifiée dans la chair » !

Père P. Madros

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