Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      #MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome - Jeudi 5 mai 2016 (première (...)

#MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome - Jeudi 5 mai 2016 (première partie)

ROME - Voici la relation du deuxième jour du pèlerinage des jeunes de la lieutenance à l’occasion de l’Ascension dans le cadre de l’année de la Miséricorde. Le jeudi était principalement consacré à l’enseignement du RP Philippe Cochinaux, op, provincial des dominicains de Belgique. Benoît Kohl nous propose quelques impressions de cette première journée de travail.


Jeudi 5 mai 2016 : la Miséricorde sous l’angle de la théologie de l’échec

La retraite des Jeunes de l’Ordre fut l’occasion d’approfondir, pendant une journée de travail, le thème de la miséricorde divine. Pour ouvrir nos esprits et nos cœurs à la richesse de la miséricorde, le père Philippe Cochinaux, provincial des Dominicains de Belgique, nous fit l’honneur de nous accueillir au cœur du Couvent de Sainte Sabine sur la colline de l’Aventin. L’enseignement prodigué durant les trois sessions prévues à cet effet, fut particulièrement intéressant, tant la définition et les contours de la miséricorde peuvent, à première vue, être malaisés à appréhender.

Comme le souligne l’apôtre Paul dans sa Lettre aux Colossiens (cf. Col. 3, 12-14), la miséricorde enveloppe la tendresse et la compassion, la bonté et l’humilité, la douceur et la patience ainsi que le pardon et l’amour. Elle suppose un acte de notre volonté, de telle sorte qu’elle peut être qualifiée à la fois d’humaine et de divine. Les exemples de cette miséricorde foisonnent tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament. Ces exemples démontrent à quel point la miséricorde est un attribut de Dieu : tout au long de l’humanité, Dieu va montrer sa fidélité, non seulement aux chrétiens, mais à tous les être humains sans exception, par le biais de la toute-puissance de sa miséricorde ; elle est donc le signe de l’amitié de Dieu pour toute l’humanité.

L’originalité des propos de Philippe Cochinaux tient au fait que celui-ci s’interroge sur le rôle de la miséricorde face aux situations d’échec que connaît tout être humain : l’un des joyaux de la miséricorde est qu’elle n’enferme jamais l’être humain dans l’échec. Une part substantielle de l’enseignement auquel il nous fut donné le plaisir d’assister, avait précisément pour thème « la miséricorde au cœur de l’échec » : la miséricorde, explique le père Cochinaux, relève l’homme en le libérant de ses erreurs, de ses errances, de ses transgressions. L’échec (et le péché) doivent-ils, en effet, toujours être envisagés comme quelque chose d’uniquement négatif et sans retour ? Il nous est proposé au contraire, après avoir reconnu l’existence d’un échec ou d’un péché, de l’accepter comme une nouvelle chance de vie. Aussi, plutôt que de se laisser emmurer dans l’expérience douloureuse que constitue l’échec ou le péché, peut-être serait-il heureux de transforme le « pourquoi ? » de l’échec en un « pour quoi ? », c’est-à-dire un « pour en faire quoi ? » : comment grandir à partir de cette expérience de l’échec ou du péché.

Philippe Cochinaux recommande donc de laisser une place pour une véritable miséricorde au cœur de l’échec, accueillant l’idée que Dieu ne nous a jamais abandonné et qu’il continue de nous accompagner dans cette traversée de l’échec alors que nous sommes épris d’un terrible sentiment de solitude. Dans de telles circonstances, quoique nous puissions nous sentir esseulés, Dieu est là, bien présent, à nos côtés : Dieu se veut proche et solidaire des hommes dans la traversée de l’échec. Il sait que l’être humain passe parfois par des temps d’erreur, d’errance et de transgression avec tous les côtés aliénants qu’ils peuvent comporter. Par sa miséricorde, il nous témoigne sa proximité, sa bienveillance, son empathie : notre Dieu est un dieu de patience et de confiance, qui nous attend et nous accueille comme un Père aimant chaque fois que nous choisissons de revenir dans l’alliance de laquelle nous nous étions exclus par nos actes, nos gestes ou nos paroles.

Dieu nous invite également à exprimer notre bienveillante compassion et notre sollicitude de la même manière vis-à-vis de nos contemporains : « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36). Le ministère de la miséricorde a également été confié à l’Eglise par le Christ : après avoir reconnu son échec, l’être humain confronté à cette douloureuse réalité peut commencer son chemin de deuil vis-à-vis de l’idéal apostolique qu’il n’a pu atteindre ou vis-à-vis de la propre idée qu’il se faisait de sa vie à réaliser ; par la miséricorde qu’elle accorde, notamment, au travers du sacrement de réconciliation, l’Eglise accueille celles et ceux qui souhaitent revenir à cette alliance dont ils s’étaient exclus. L’Eglise fait ainsi œuvre de miséricorde par son accomplissement bienveillant et par sa compassion auprès des personnes fragilisées par l’échec.

Il est impossible pour l’être humain de se passer de miséricorde : elle est une donnée fondamentale de toute vie humain. Comme le conclut Philippe Cochinaux, « par essence, l’être humain est en devenir. Il participe à l’accomplissement de sa destinée en posant un ensemble de choix. S’il est à souhaiter que la majorité de ceux-ci soient heureux, il peut arriver que l’un ou l’autre conduise à l’épreuve de l’échec. Cette dernière est à traverser. Dieu ne nous enferme pas dans une vaine solitude. Bien au contraire, il marque sa profonde sollicitude par le biais de sa miséricorde. Vraisemblablement, notre terre tournerait plus juste si nous étions capables de vivre de celle-ci. En Dieu, la miséricorde est éternelle ! ».

L’enseignement fut ponctué de temps de réflexion, par la messe célébrée dans la basilique, par une visite approfondie du complexe monumental de Sainte-Sabine en compagnie du Père Vivan Bolland, op, vicaire du Maître général, et se termina par de riches échanges entre le père Cochinaux et les jeunes de la Lieutenance. Au soir de cette journée, ceux-ci étaient donc armés d’un bagage théologique leur permettant de nourrir leurs prières, les enseignements et les échanges qui leur furent proposés pendant les quelques jours de leur retraite et pèlerinage romain.

Benoît Kohl

NB : Le lecteur intéressé par une étude plus approfondie consultera les réflexions de Ph. Cochinaux, La miséricorde, coll. « Que penser de … ? », n° 88, Namur, éd. Fidélité (éd. Jésuites), 2015, sur lesquelles le père Cochinaux s’est appuyé à l’occasion de son enseignement aux jeunes de l’Ordre, et dont les lignes qui précèdent sont, partant, largement inspirées.

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