Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      #MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome - Jeudi 5 mai 2016 (deuxième (...)

#MiséRome : le pèlerinage des jeunes à Rome - Jeudi 5 mai 2016 (deuxième partie)

ROME - Voici la seconde partie de la relation du deuxième jour du pèlerinage des jeunes de la lieutenance à l’occasion de l’Ascension dans le cadre de l’année de la Miséricorde. Quelques-uns d’entre nous ont souhaité rejoindre le Pape François à la Basilique Saint-Pierre pour la Veillée pour sécher les larmes de ceux qui pleurent.
Jean-Bernard Demoulin nous propose quelques impressions de cette veillée.


Essuyer les larmes. Veillee pour ceux qui ont besoin de consolation.

Ce jeudi 5 mai, notre Cérémoniaire laïc Stephan Janssens, mon épouse et moi-même avons eu la grande chance, grâce à l’amabilité de notre Gouverneur General qui nous avait obtenu des invitations, de pouvoir participer à la veillée de prière « pour tous ceux qui ont besoin de consolation », présidée par le Pape François dans la Basilique Saint-Pierre dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde.

Après avoir passé un moment très convivial avec notre Cérémoniaire laïc dans les files d’attente devant les inéluctables portiques de sécurité, nous pouvions enfin assister aux derniers préparatifs du Maître des Célébrations Liturgiques Pontificales et de son équipe, ainsi qu’à l’arrivée de nombreux cardinaux et évêques.

Arriva ensuite le moment tant attendu par les fidèles : l’entrée du Saint-Père dans la Basilique. Le visage grave, il était déjà profondément recueilli alors même qu’il montait l’allée centrale, simplement dans sa soutane blanche, sans ornement liturgique, suivi de 2 cérémoniaires. Le contraste entre le délire de la foule et ce recueillement que le Pape voulait clairement afficher était pour le moins impressionnant. La célébration s’ouvrit par trois témoignages poignants : d’abord d’une famille qui a dû faire face au suicide d’un enfant ; ensuite d’un journaliste pakistanais chrétien forcé à fuir son pays avec son épouse et ses enfants parce qu’ils étaient persécutés en tant que chrétiens ; enfin de frères dont la conversion de l’un amena son jumeau à se convertir lui aussi, le sauvant du suicide auquel il songeait de plus en plus. Ces trois témoignages étaient entrecoupés de chants et de lectures bibliques ou patristiques.

L’évangile choisi pour la célébration était le passage des Béatitudes, l’occasion pour le Pape de développer son homélie autour de la cinquième béatitude (Mt 5, 7 : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde »). Une réflexion profonde qui mérite d’être largement méditée dans nos vies : « Que de tristesse il nous arrive de découvrir sur tant de visages que nous rencontrons. Que de larmes versées à chaque instant dans le monde ; chacune différente de l’autre, et qui forment ensemble comme un océan de désolation qui demande pitié, compassion, consolation […]. Nous avons besoin de miséricorde, de la consolation qui vient du Seigneur. Nous en avons tous besoin ; c’est notre pauvreté mais aussi notre grandeur : invoquer la consolation de Dieu qui, avec sa tendresse, vient essuyer les larmes sur notre visage (cf. Is 25, 8 ; Ap 7, 17 ; 21, 4). Dans cette douleur qui est nôtre, nous ne sommes pas seuls. Jésus aussi sait ce que signifie pleurer la perte d’une personne aimée. C’est une des pages les plus émouvantes de l’Evangile : quand Jésus voit pleurer Marie en raison de la mort de son frère Lazare, il ne parvient pas non plus à retenir ses larmes […]. L’évangéliste Jean a voulu par ce récit montrer la participation de Jésus à la douleur de ses amis, et le partage du découragement. Les larmes de Jésus ont déconcerté beaucoup de théologiens au cours des siècles, mais elles ont surtout lavé beaucoup d’âmes, elles ont adouci beaucoup de blessures […]. Si Dieu a pleuré, je peux moi aussi pleurer, sachant que je suis compris. Les pleurs de Jésus sont l’antidote contre l’indifférence envers la souffrance de mes frères. Ces pleurs m’enseignent à faire mienne la douleur des autres, à participer au malaise et à la souffrance de ceux qui vivent dans les situations les plus douloureuses. Ils me secouent pour me faire percevoir la tristesse et le désespoir de ceux qui se sont vus même soustraire le corps de leurs êtres chers, et qui n’ont même pas un lieu où trouver consolation. Les pleurs de Jésus ne peuvent pas rester sans réponse de la part de celui qui croit en lui. De la manière dont il console, nous sommes appelés, nous aussi, à consoler ».

Après cette très belle méditation du Saint-Père, toute l’assemblée se tourna vers le Seigneur dans une grande prière universelle, invoquant sa consolation pour tous ceux qui souffrent : les chrétiens persécutés, les personnes en danger de mort, torturées, victimes de l’esclavage, de guerre, de terrorisme, de violence, les enfants abusés, les malades, les personnes souffrant d’un handicap, victimes d’injustice, qui sont abandonnées, oubliées, dépressives, désespérées, angoissées, qui souffrent d’une dépendance quelconque, qui ont perdu un enfant avant ou après la naissance, qui ont perdu leur maison, leur travail ou sont séparées de leur famille pour une quelconque raison.

La prière du Seigneur, suivie de la bénédiction apostolique, vinrent conclure cette belle célébration, à l’issue de laquelle le Saint-Père s’en retourna, comme il était arrivé, extrêmement recueilli, les yeux baissés vers le sol alors que tous les fidèles essayaient d’obtenir de lui qui un regard, qui un signe de la main.

Un grand moment dans notre pèlerinage romain, donc, qui nous permit de replacer la notion de miséricorde dans une perspective d’action et contribua, bien entendu, à raffermir notre engagement comme chevaliers du Saint-Sépulcre à toujours faire plus pour soutenir nos frères et sœurs de Terre Sainte.

Jean-Bernard Demoulin

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