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      #MiséRome : Conférence du Cardinal Raymond Burke

#MiséRome : Conférence du Cardinal Raymond Burke

ROME - Samedi 7 mai 2016 - Conférence donnée par S.Em. le Cardinal Raymond Burke au Palais magistral de l’Ordre de Malte


C’est au cœur du Palais magistral de l’Ordre de Malte que S.Em. le cardinal Raymond Burke nous avait donné rendez-vous pour poursuivre notre réflexion.

Après avoir rappelé, à titre d’introduction, le rôle central de la miséricorde dans l’Eglise, le Cardinal Burke, cardinal patron de l’Ordre de Malte et membre de notre Ordre, a replacé l’Année de la Miséricorde dans une perspective historique en insistant sur le fait que, techniquement, il ne s’agissait pas d’une année jubilaire (célébrée tous les 25 ans depuis Boniface VIII en mémoire de l’Incarnation du Sauveur ou de la Passion du Christ), mais d’une « année extraordinaire ». Le Cardinal nous a mis en garde contre le danger de faire de la miséricorde un slogan dont la teneur ne serait pas bien définie. L’Année de la Miséricorde, expliquait-il, est, par essence, une année de repentance et de miséricorde, caractérisée notamment par un pèlerinage dans les lieux saints, principalement à Rome, dans une démarche de repentance afin d’obtenir une indulgence extraordinaire. Ainsi, l’ouverture de la Porte sainte manifeste-t-elle l’entrée dans la miséricorde de Dieu.
 
Le Cardinal a ensuite exposé la différence entre l’indulgence partielle et l’indulgence plénière qui dépend de la disposition de l’âme (v. Paul VI, constitution Indulgentiarum doctrina, Catéchisme n°1471 – 1479, canons 992 – 997 du Code). L’indulgence est la rémission de la peine temporelle - dont la faute est déjà effacée - que le fidèle obtient à certaines conditions par l’action de l’Eglise. L’indulgence peut être appliquée à soi-même ou aux âmes du Purgatoire. Le Cardinal a également distingué le péché mortel (qui nous prive définitivement de Dieu) du péché véniel, insistant sur le fait que la repentance vient en premier, puis la confession, et l’acte de réparation comme le pèlerinage – qui doit « coûter » et non être un voyage d’agrément compte tenu des facilités de la vie moderne, ajoutant « grace isn’t cheap ; it’s costly ». 
 
La miséricorde et la justice sont souvent vues comme opposées, alors qu’elles sont, tant dans l’Ancien Testament (v. la Prière pénitentielle du Prophète Jérémie, le psaume 50), que dans la Tradition de l’Eglise et dans le Magistère intimement liées, la miséricorde n’étant pas compréhensible sans la justice dont l’expression parfaite se trouve dans l’Incarnation rédemptrice du Christ. La miséricorde, selon Benoît XVI, retourne Dieu contre lui-même, c’est-à-dire la miséricorde contre la justice. 
 
Acclamé comme « pape de la miséricorde » par Benoît XVI lors de ses funérailles, Saint Jean-Paul II a réinterprété pour nous le mystère pascal comme mystère de la miséricorde, estime le Cardinal Burke. Plus encore, il a continuement présenté le visage de la miséricorde, notamment en instituant la fête de la Miséricorde comme partie intégrante de la Foi. Dans l’Ancien Testament, l’amour est plus grand que la justice car il est premier et fondamental (voir l’interaction de Dieu avec Israël auquel Dieu est toujours prêt à pardonner). Dans le Nouveau Testament, la parabole du fils prodigue illustre la disposition de Dieu à pardonner chaque perte de la grâce. Le Christ, mort pour nos péchés sur la Croix, incarne la plénitude de la justice, née et accomplie toute entière dans l’amour du Père et du Fils. La miséricorde se manifeste surtout dans l’Eucharistie et la confession, qui sont des rencontres avec le Rédempteur qui pardonne et guérit. Ainsi, le but poursuivi par l’Eglise est d’assurer l’authenticité du pardon dans sa vie et la pastorale, c’est-à-dire le mystère de la miséricorde.
 
La miséricorde ne constitue pas une réponse facile aux demandes faciles du monde mais une réponse qui engage toute notre volonté et notre intelligence, aux demandes fondamentales de justice qui émanent de notre cœur, du Cœur de Jésus.
 
A l’issue de l’enseignement pendant lequel le Cardinal Burke a touché son auditoire par la justesse et la sincérité de son propos, un échange a eu lieu sur différentes questions posées par les pèlerins.

Bernard Charpentier

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