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Mgr Shomali : les évêques de Terre Sainte demandent un « cessez-le-feu immédiat » à Gaza

JERUSALEM - Mgr Shomali, vicaire patriarcal latin à Jérusalem, dans une interview accordée à America Magazine le 24 juillet 2014 appelle à “un cessez le feu immédiat” dans la bande de Gaza et à “la reprise des négociations de paix” au nom de tous les évêques de Terre Sainte.


Après quinze jours de conflit dans la bande de Gaza où 1,8 million de Palestiniens luttent pour survivre, sans pouvoir entrer ni sortir librement en raison de sept ans de blocus, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 660 Palestiniens ont été tués, en grande majorité des civils. Près d’un tiers d’entre eux sont des enfants de moins de 18 ans (environ 50% ont moins de 12 ans) et des femmes. Au moins 4200 personnes ont été blessées, dont beaucoup grièvement. Environ 100.000 personnes ont trouvé refuge dans des écoles gérées par les Nations Unies, dont une d’entre elles a été tragiquement bombardée ce jeudi 24 juillet. Plusieurs milliers de personnes ont perdu leurs maisons, détruites par des missiles ou des bombardements, alors que la plupart de la population lutte pour survivre en raison de problèmes d’accès aux installations d’eau potable et d’assainissement, et vit souvent sans électricité. Les hôpitaux ont été touchés aussi, tuant au moins quatre personnes et blessant plus de 60 personnes.

Côté israélien, 30 militaires et deux civils ont été tués, et un soldat est reporté disparu.

Interview de Gérard O’Connell (Rome) avec Mgr Shomali, palestinien, vicaire patriarcal latin à Jérusalem, au sujet de la détérioration de la situation à Gaza. Traduction par la rédaction de www.lpj.org

Comment voyez-vous la situation actuelle de ce conflit qui fait rage à Gaza ?

Je considère que la situation de violence actuelle est un résultat immédiat de l’échec du processus de paix lancé par le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Il avait neuf mois pour écrire un cadre politique en vue de négociations futures. La date butoir est arrivée, fin avril, sans succès. Cet échec a causé beaucoup de frustration chez les palestiniens, tension et exaspération. Le meurtre des trois jeunes juifs, la détention des palestiniens qui a suivi, la mise à mort du jeune palestinien à Jérusalem et le lancement de roquettes à partir de Gaza ont été les facteurs déclencheurs d’une telle violence.

Où sont les voix en faveur de la paix ? Côté israélien ? Côté palestinien ?

Il y a des voix en faveur de la paix des deux côtés. Je considère que Mahmoud Abbas est l’un d’entre eux.

Il est contre une troisième intifada et contre l’escalade. Il a présenté ses condoléances pour les trois adolescents israéliens, et travaille au cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avec M. Sisi, le président égyptien. Côté israélien, il y a aussi des voix pour la paix : les chefs religieux de Jérusalem (juifs, musulmans, chrétiens et druzes) se sont réunis au Grand Rabbinat il y a quelques jours. Ils ont lancé un appel pour la paix, dans lequel ils ont rappelé que le sang juif et le sang palestinien sont égaux, que la vie est précieuse parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu. Mais malheureusement ces voix-là, comme celle de la gauche (politique) qui a manifesté pour la paix à Tel-Aviv et Haïfa, ne sont pas entendues au milieu des bombardements et des meurtres. Mais il y a toujours des gens qui recherchent la paix et qui prient pour la paix.

Pourquoi ce sont toujours les faucons qui l’emportent lorsque les problèmes surviennent ?

Quand les faucons sont au pouvoir, ce sont eux qui prennent les décisions, donc ce sont eux qui l’emportent. C’est le cas actuellement en Israël avec le parti de droite, et c’est le cas dans la bande de Gaza avec le Hamas aujourd’hui.

Quelle est votre espérance pour le pays ?

Je prie pour un cessez-le-feu immédiat, mais aussi pour des négociations plus sérieuses, selon les résolutions internationales (de l’ONU) et les exigences d’un solution à deux Etats.

Comment cela se passe-t-il pour la petite communauté catholique de Gaza ?

J’ai vu que le Pape leur a envoyé un message d’encouragement le 17 Juillet.
Ils ne sont que deux cents personnes. Le curé argentin, le père Jorge, est un homme courageux. Il aide les gens du mieux qu’il peut. Il a ouvert son école aux sans-abri dont les maisons ont été bombardées ces derniers jours. Les sœurs argentines à Gaza sont parties, mais les sœurs de Mère Teresa sont restées et continuent à prendre soin des enfants handicapés. Dans son e-mail au père Jorge, le Pape lui a dit combien il est proche d’eux et l’a assuré de sa prière pour lui et pour sa communauté. Je crois que c’est un très beau message de soutien que le pape se souvienne du curé de la paroisse de Gaza et de sa communauté.


Quel est le sentiment parmi les chrétiens en Terre Sainte ?

La peur et de la frustration. Ils ne peuvent pas comprendre qu’après la visite du Pape, la situation de la Terre Sainte ne se soit pas améliorée, mais n’a fait au contraire que se détériorer. Ils ne peuvent pas comprendre. Le même sentiment a été noté après la visite de Jean-Paul II en l’an 2000. Six mois plus tard, la deuxième Intifada, sanglante, a commencé. Mais nous savons aussi que c’était une conséquence logique de l’échec de Camp David la même année.

Le pape François a téléphoné aux présidents d’Israël et de la Palestine, le 18 Juillet. Quelle est l’importance de ce geste ?

C’est un beau geste du Pape, qui les considère comme ses amis et comme des hommes de paix. Nous nous attendions à un tel geste surtout après la rencontre de prière dans les Jardins du Vatican, le 8 Juin.

Je crois en l’efficacité de la prière, même si en ce moment même, nous n’en voyons pas les fruits. Mais nous devons continuer sans relâche à prier pour la paix. Les prières seules ne suffisent pas, il faut aussi que soit fourni un effort sérieux pour parvenir à un accord de paix. Nous, évêques de Terre Sainte, nous ne cessons d’appeler à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des négociations de paix.

Source : America Magazine
Traduction : www.lpj.org

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