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Mgr Fouad Twal : "Ce n’est plus une Terre Sainte, ce n’est plus une vie normale"

JERUSALEM – Enlèvements, assassinats, affrontements de rue, envoi de roquettes, riposte aérienne… En quelques jours, la situation en Israël et Palestine s’est dégradée. Les responsables politiques hésitent entre lancer des offensives armées ou des appels à la paix qui restent encore timides. Pour le Patriarcat latin de Jérusalem, l’urgence est la paix et la formation de la jeunesse, souvent en première ligne dans les conflits.


Quelle est l’origine du conflit actuel ? Difficile de le déterminer précisément. Plusieurs facteurs se conjuguent : il y a la menace de l’Etat islamique en Irak et en Syrie, le conflit interminable en Syrie, l’instabilité de l’Egypte. Plus récemment, c’est la fin et l’échec des négociations de paix entre Israël et la Palestine, en raison notamment du refus de la Palestine de reconnaître Israël comme « Etat Juif » et de la poursuite par Israël de la colonisation illégale, qui a entrainé une nouvelle vague de pessimisme et de désolation. La tentative de rapprochement entre le Fatah et le Hamas n’a pas non plus été jugée convaincante par l’Etat d’Israël qui refuse de discuter avec le Hamas, vu comme une organisation terroriste.

La découverte des trois adolescents israéliens morts et l’acte de vengeance qui a suivi, menant à la mort atroce d’un jeune palestinien, ont suffit à allumer une mèche. L’inconnue est la taille du baril de poudre à laquelle cette mèche est reliée. « Nous ne savons pas quand et comment cela se terminera, explique le père David Neuhaus, vicaire patriarcal pour les catholiques hébréophones, sur l’antenne de Radio Vatican. Cette expression récente est très triste parce qu’encore une fois, ce sont les jeunes qui sont victimes et les anciens ne sont pas prêts à bouger leurs positions politiques qui nient les droits de l’autre ».

Des anciens immobiles face à des jeunes prêts à tout ?

Toujours sur les ondes de Radio Vatican, Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem interpelle les parents, les gouvernements et le Ministère de l’éducation : « Quel type d’éducation vont-ils donner à ces jeunes ? C’est la question. Où mène cette éducation ? Personne n’est heureux. Personne. Ni les Israéliens, ni les Palestiniens ».

En effet, ce sont souvent des jeunes entre 15 et 30 ans qui sont en première ligne de ces conflits, encouragés ou endoctrinés par leurs ainés, ou découragés par la vie qu’ils mènent, sans travail et sans avenir clair. « On rencontre aussi la jeunesse qui est contre toute cette violence, tempère David Neuhaus. Il y avait des manifestations contre la violence qui ont rassemblé des Arabes et des Juifs ensemble. Pour dire la vérité, moi, je n’accuse pas les jeunes mais j’accuse nos chefs politiques qui ne sont pas capables de développer un langage qui ouvre l’avenir à autre chose qu’un cycle de violences ».

Alors que des offensives ont été lancées par l’armée israélienne sur la bande de Gaza en riposte à de nombreux tirs de roquettes en direction notamment de Jérusalem ou Tel Aviv, le Patriarche s’assombrit : « Autant nous étions heureux et optimistes lors du passage du Saint-Père et lors de la rencontre de prière pour la paix à Rome, autant nous sommes aujourd’hui mal à l’aise ».Encore une fois, il appelle les différents partis au dialogue, et rappelle aussi le rôle de l’Eglise qui n’est « ni pour l’un ni pour l’autre », mais qui est en faveur du retour de la paix à Jérusalem.

Le père Neuhaus complète en voulant « prendre position avec ceux qui sont pour les valeurs chères à l’Église. Ca ne veut pas dire chercher le côté juif ou chercher le côté palestinien, le côté israélien ou le côté arabe. C’est de chercher là où sont les gens, les Juifs et les Arabes qui veulent autre chose que notre réalité actuelle. Je pense que l’Église cherche à contribuer à un changement et pour cela, il faut être courageux, généreux et créateur, complète le père Neuhaus. La chose à faire, c’est de regarder celui qui est en face et l’appeler « mon frère » parce que nous sommes tous des enfants de Dieu ».

Pierre Loup de Raucourt pour www.lpj.org

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