Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Messe votive de la multiplication des pains et des poissons

Messe votive de la multiplication des pains et des poissons

Pour la seconde fois, nous avons célébré la messe en plain air : sur les bords du lac de Tibériade. Voici l’homélie de Mgr Delville à cette occasion.


Homélie à Tabgha Lac de Tibériade

3 novembre 2017
Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,

Ici, le long du lac de Tibériade, nous commémorons la multiplication des pains que Jésus a faite à proximité de cet endroit. Dans le récit tel qu’il nous transmis dans l’évangile de Jean (Jn 6,1-15), Jésus dit aux disciples : « Où pourrions nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » (dans les évangiles synoptiques, ce sont les disciples qui disent : « Nous sommes dans un endroit désert » et qui se posent à Jésus la question du repas de la foule ; Jésus leur dit de chercher eux-mêmes à manger). Ici, dans l’évangile de Jean, c’est Jésus lui même qui prend l’initiative de poser la question aux disciples. Mais le pessimisme des disciples apparaît ; ils n’ont trouvé qu’ « Un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons ». (Dans les synoptiques, ils sont plus proactifs et disent : « nous avons cinq pains d’orge et deux poissons »). En fait, ils ont un trésor en main et ne le savent pas : les cinq pains, sont le symbole de l’ancienne alliance (car 5 est le chiffre des cinq livres de la Loi) ; et les deux poissons sont le symbole des deux natures du Christ et donc de la Nouvelle Alliance. Il s’agit ici de conjuguer l’ancienne et la nouvelle alliance, ce qui donne 7, le chiffre de la perfection. Jésus produit la perfection, à partir de la fragilité.

Dans les synoptiques, Jésus bénit ces pains et ces poissons, mais ce sons les disciples qui les partagent, après avoir fait asseoir la foule par groupes de cinquante. Dans l’évangile de Jean, Jésus fait asseoir aussi la foule ; il crée l’ordre et la sécurité ; il ouvre les cœurs à la réceptivité. Puis, nous dit l’évangéliste, « il prit les pains et, après avoir rendu grâces, il les leur distribua ». C’est donc Jésus en personne qui distribue. Son geste et sa prière préfigurent l’eucharistie. L’évangéliste ajoute qu’il y eut assez de pain pour tous, il en resta même douze corbeilles, 12, chiffre des tribus d’Israël, chiffre du peuple de Dieu, de l’Eglise que nous formons. Jésus a nourri la foule avec la fragilité des cinq pains et de deux poissons, avec la fragilité des disciples. Ainsi le désert est devenu verte prairie, la faim est remplacée par la joie.

Avant sa passion, Jésus se trouvait dans un autre désert, le désert de la trahison, le désert de l’abandon. Là encore il n’a pas cédé au défaitisme, au désespoir. Il a réuni ses disciples, il leur a donné un repas, dans ce repas, il a partagé son corps, son sang, sa vie. L’évangéliste Jean ne raconte pas la distribution du pain lors de ce repas, mais seulement le lavement des pieds. Cependant il développe à travers le récit de la multiplication des pains le sens profond de l’eucharistie. Car la multiplication des pains est la préfiguration de l’eucharistie. Dans celle-ci Jésus se trouve dans un nouveau désert, le désert de sa mort prochaine, le désert de la trahison des disciples. Il dit, un peu après la multiplication des pains : « Je suis le pain de la vie » (Jn 6,35).
Le miracle de la multiplication des pains est appelé « un signe » par Jésus. Car ce n’est pas le fait que ses adversaires critiquent mais le sens de ce fait ; comme dit Jésus : « Vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés » (Jn 6, 26).

Ainsi, à notre tour, nous sommes invités à découvrir le sens de la multiplication des pains et pas à nous braquer sur le miracle dans son côté matériel. Le sens est donné par le pain de la dernière cène, le pain rompu, partagé ; c’est le corps du Seigneur, qui s’est donné jour après jour dans sa vie publique et qui se donne une fois pour toute par le don de sa vie, par sa mort sur la croix et par sa résurrection. C’est Dieu qui partage le sort de l’humanité, c’est Dieu qui nous donne la piste de l’amour fraternel ; grâce à ce don, voici que l’homme est appelé à partager la vie de Dieu et prendre part à sa vie divine : c’est la communion à son corps et à son sang. De même que Dieu partage notre humanité, nous partageons sa divinité par la communion. Ce fait est inouï et fort de conséquences : il signifie en particulier la dignité de la nature humaine, appelée à participer à la vie divine.

Remercions le Seigneur pour cet espoir qu’il nous donne aujourd’hui : ce pain rompu est pain de vie, est vie partagée. Car tel est le secret : la vraie vie est celle qui se donne, pas celle qui se garde pour soi.

Remercions le Seigneur de nous faire communier à ce mystère de vie partagée. Et soyons-en les artisans autour de nous. Que cet espace merveilleux du lac de Tibériade qui se déploie sous nos yeux nous inspire et garde gravé en nos cœurs le mystère d’amour que Jésus y a déployé.

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