Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
http://ordredusaintsepulcre.be/Messe-de-la-Toussaint
      Messe de la Toussaint

Messe de la Toussaint

Nous avons célébré la fête de Toussaint à l’église Sainte-Anne à Jérusalem. Pour nous permettre de nous recueillir, les Pères blancs avaient mis à notre disposition une très agréable chapelle ouverte sur les jardins. Voici l’homélie prononcée par Mgr Delville à cette occasion.


Homélie Toussaint 2017 Jérusalem, Sainte-Anne

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,

En cette fête de Toussaint, peut-être sommes-nous entrés dans cette église Sainte-Anne avec en tête la mémoire des défunts que nous connaissons, avec le souvenir de personnes précises qui nous tiennent à cœur. Mais la liturgie d’aujourd’hui élargit notre regard : au lieu de nous faire voir des individus, elle nous fait voir des foules.

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, en effet, l’évangéliste nous dit que Jésus, « voyant les foules, gravit la montagne » et se mit à les enseigner en disant : heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5,1-12). Et dans l’Apocalypse, saint Jean écrit (Apocalypse 7,2-14) : « J’ai vu : voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues ».
Ces deux foules sont heureuses : dans son discours sur la montagne, Jésus répète neuf fois le mot « heureux ». Et dans l’Apocalypse, la foule chante la louange de Dieu en disant : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’Agneau ». Cette joie est celle d’appartenir à un peuple sauvé, à un peuple rassemblé : c’est la joie de ne pas être isolé et abandonné, livré à soi-même et aux violences du monde.

Chers Frères et Sœurs, c’est cela que nous célébrons en cette fête de Toussaint : c’est la communion des saints, l’assemblée des saints, l’ecclesia, l’Église. C’est une société réconciliée, malgré les épreuves de la vie. Cette assemblée n’est pas une élite réservée à quelques uns. Elle est composée de tous les peuples de la terre, nous dit l’Apocalypse. Elle se compose de pauvres, nous dit l’évangéliste Matthieu : de pauvres de cœur, de gens qui pleurent, de doux, d’assoiffés et affamés de justice, de miséricordieux, d’artisans de paix, de persécutés divers.

Comment de pareilles gens pourraient-ils former un peuple solide, me direz-vous ? C’est un mélange de paumés et de doux rêveurs, apparemment ! La réponse est dans la lettre de saint Jean : « Bien aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, - et nous le sommes ! » Ce peuple est donc formé d’enfants de Dieu et donc de frères et sœurs. C’est cela sa force. C’est la force d’être aimés par une Dieu Père et de partager fraternellement cet amour.
Dans cette église, nous commémorons sainte Anne, mère de la Vierge Marie. Nous commémorons une femme qui n’a pas pu être chrétienne, mais qui est quand même sainte, par sa disponibilité et par la grâce de son petit-fils Jésus.

La sainteté ne commence donc pas par des vertus personnelles et exceptionnelles ; elle consiste d’abord à se laisser aimer par Dieu comme des enfants qui sont aimés par leurs parents, ou comme des pauvres qui, dans leur pauvreté, sont proclamés heureux, parce qu’ils ont une richesse cachée : ils désirent être aimés.
Face aux peurs qui hantent chacune de nos vies, Jésus a une réponse donnée à chacun de nous personnellement : tu es aimé de Dieu, laisse-toi aimer par Dieu. Chacun de nous a un itinéraire personnel sur ce chemin d’amour. D’abord, nous cherchons à chasser nos peurs et nos faiblesses. C’est ce que nous voyons dans les pratiques d’Halloween : on joue à se faire peur et à faire peur aux autres par des masques les plus laids et les plus noirs possibles. On veut exorciser le mal par le mal. C’est humain. Mais la foi chrétienne nous répond aujourd’hui par une autre image : le vêtement blanc et la marque de Dieu sur notre front.
De l’individu isolé et victime de ses peurs, on passe au peuple des enfants de Dieu, marqués ensemble par l’amour.
De la destinée qui semble limitée à cette vie, on passe à une espérance de vie éternelle en Dieu.
D’une concurrence entre la vie terrestre et les sortilèges de l’au-delà, on passe à une communion entre le présent et l’éternité.
D’une humanité divisée et violente, on passe à un peuple réuni en communion. Telle est la vision qui nous est donnée aujourd’hui.

C’est exactement le sens de ces foules que nous montre la liturgie de ce jour : nous découvrons d’un œil nouveau cette « foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues », de toute confession et de toute Église, ajouterais-je. C’est ce que nous constatons à Jérusalem, dans la multiplicité des églises et des communautés, c’est ce que nous suggère sainte Anne, mère de la Vierge Marie et patronne de cette église.

Alors, soyons unis entre nous, comme cette foule de l’Apocalypse. Nous formons à notre tour dans cette église cette foule rassemblée par Jésus, ce peuple faible mais sauvé. Il nous oriente vers un monde nouveau et nous stimule à y travailler dès maintenant.
La fête de Toussaint nous projette dans le futur, mais elle nous renvoie au présent aussi.
Les saints sauvés par le Christ, c’est déjà chacun de nous !

Bonne fête de Toussaint à tous !

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Votre réaction

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



Actualités

Agenda
décembre 2017 :

Rien pour ce mois

novembre 2017 | janvier 2018

newsletter