Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Méditation de Mgr Pizzaballa sur l’Evangile du deuxième dimanche de (...)

Méditation de Mgr Pizzaballa sur l’Evangile du deuxième dimanche de carême

CAREME - En ce temps de Carême, nous vous proposons des méditations de prêtres du Patriarcat, en lien avec l’Evangile du jour


12 mars 2017 Deuxième dimanche de Carême, année A

Nous avons laissé Jésus dans le désert, où Il a affronté les illusions et les incitations qui peuplent la vie de tout homme, et d’où Il est sorti victorieux.

De là, Il s’est dirigé vers sa mission, une mission où on le voit simplement engagé à faire don de sa vie et à témoigner ainsi de l’immense amour de Son Père.
L’Evangile d’aujourd’hui nous dit qu’une telle vie est d’une beauté extraordinaire.
L’homme qui cède aux tentations de l’égoïsme, l’homme qui se fait Dieu lui-même, paradoxalement se défigure et se perd : nous le voyons dans le jardin, nu et empli de honte (Genèse 3).

L’homme qui entre dans la voie de l’obéissance confiante, resplendit de lumière : l’Evangile d’aujourd’hui dit que même ses vêtements brillent d’un éclat de gloire. Mais cela Jésus le sait bien. La Transfiguration, en réalité, n’est pas pour Lui.

L’Evangile souligne que cet épisode de la vie de Jésus, cette expérience de gloire, n’a pas lieu pour Lui mais pour ses disciples : les protagonistes, ce sont eux.
Matthieu dit que Jésus prit avec Lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena à l’écart (Mt 17, 1). Il dit qu’Il fut transfiguré devant eux (Mt 17, 2), que Moïse et Élie apparurent devant eux (Mt 17, 3), et qu’à eux s’adressa la voix (Mt 17, 5) leur demandant d’écouter le Fils bien-aimé. Ce sont encore eux que Jésus touche en s’approchant pour qu’ils n’aient pas peur (Mt 17, 7) ; et ce sont eux qui à la fin voient Jésus, seul (Mt 17, 8).
Pourquoi les disciples ont-ils besoin de cette expérience ? Que doivent-ils comprendre ?
Nous avons un indice dans le contexte lui-même. L’Évangile nous dit que cet épisode est arrivé « six jours après » (Mt 17, 1). Six jours après quoi ? Dans les versets précédents, nous trouvons Jésus avec les siens à Césarée de Philippe (Mt 16,13 à 28). Il dialogue avec eux au sujet de son identité et commence à annoncer que sa mission devra bientôt faire face à l’expérience de l’échec, de la défaite, du rejet, de la mort violente. Et c’est là que Pierre le prend à part et souhaite le convaincre que cette fin n’est pas possible ni même imaginable : « Dieu t’en garde, Seigneur » (Mt 16, 22). Il n’avait rien compris.
Alors Jésus prend Pierre à part : non pas pour réfuter ce qu’il vient de dire mais pour montrer à ses disciples que la voie de la passion et de la mort est en fait une voie glorieuse. Pour révéler à ses amis intimes que ces deux choses ne peuvent pas être séparées l’une de l’autre et que chaque mystère de l’amour vécu jusqu’au don total de soi est déjà en soi une expérience incroyable de lumière et de vie. Voilà ce que les disciples entrevoient le temps de cette expérience.

Mais ils ne comprennent pas encore tout : six jours avant Pierre avait vu seulement le mystère de la souffrance et s’était scandalisé, ici, il risque de voir seulement le mystère de la gloire et veut s’arrêter là, dresser trois tentes sans descendre plus bas (Mt 17, 4 ), sans aller au-delà.

La difficulté, pour Pierre, pour les disciples, pour nous, est justement de tenir ensemble les deux faces de ce mystère. Et de croire, par la foi, qu’en réalité il s’agit d’un événement unique avec deux parts indissociables, où l’abaissement le plus total ouvre la porte à la véritable élévation. Il s’agit du mystère de Jésus, mais aussi de la vérité de l’homme.

Ils ne comprennent pas encore tout en effet mais ils pourront s’en souvenir lorsque le Seigneur ressuscitera. Ils se rappelleront alors comment ils avaient déjà pu contempler la beauté de cette vie toute orientée vers Jérusalem.

La Passion va mettre à nu leur pauvre foi et révéler la fragilité de leur amitié avec le Seigneur.

Et voilà pourquoi la voix du Père leur dit une seule chose : « Écoutez-le » (Mt 17, 5).
Écoutez-le dans le dialogue avec Moïse et Élie (Mt 17, 3), ou encore regardez toute la Loi et les Prophètes à la lumière de ce Fils bien-aimé, dont l’histoire concentre et récapitule toute l’histoire de l’Alliance.

Ecoutez-le lorsque vous ferez l’expérience de toute votre fragilité, de votre trahison : alors vous comprendrez que ce Fils a donné sa vie pour vous, justement pour vous faire partager le même destin de gloire, la même lumière, la même plénitude de vie.

La Transfiguration n’est rien d’autre qu’une fenêtre qui s’ouvre un instant aux disciples sur le chemin de Jérusalem, une fenêtre qui leur permet de contempler l’événement de Pâques « dans son intégralité ».

Quant à nous, cette fenêtre nous indique la profondeur de la foi, sans laquelle le mystère de Dieu et celui de l’homme reste voilés.

Si l’on regarde à travers elle, nous verrons se révéler, dans le visage défiguré par amour du Fils bien-aimé, l’accomplissement du destin humain.

+Pierbattista

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