Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Méditation de Mgr Pizzaballa pour le premier dimanche de l’Avent

Méditation de Mgr Pizzaballa pour le premier dimanche de l’Avent

AVENT - Pendant ce temps de l’Avent, nous vous proposons chaque dimanche, les méditations de Mgr Pizzaballa sur les lectures dominicales.


27 novembre 2016

Premier dimanche de l’Avent, année A

Lors de ce premier dimanche de l’Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique, durant laquelle nous serons accompagnés par la lecture de l’Evangile de Matthieu.

Le passage que nous avons entendu aujourd’hui est tiré du chapitre 24, et se trouve au cœur du grand discours eschatologique de Jésus, le dernier des cinq discours présents dans Matthieu, celui qui précède directement le récit de la Passion.

Et la liturgie nous offre justement ce passage pour nous introduire dans le temps de l’Avent, un temps qui dirige notre attention sur la venue du Seigneur.

Le Seigneur vient : l’Eglise faisant mémoire de la première venue du Seigneur en cette période de l’Avent et de Noël, nous fait regarder sur sa seconde venue, celle qui marquera l’accomplissement du temps et de l’histoire.

C’est donc un temps d’espérance, d’attente, de vigilance : à plusieurs reprises, les dimanches suivants, nous serons invités à veiller.

Cette parole résonne encore aujourd’hui, celle prononcée par Jésus lui-même : « Veillez donc, car vous ne connaissez pas quel jour votre Seigneur viendra. » (Mt 24,42)
Jésus répète cette phrase à chaque fois qu’Il parle de son retour, à chaque fois que quelqu’un l’interroge sur les derniers temps : personne ne sait quand cela se produira. A un autre moment, Il dira même que ni les anges le savent, et qui Lui-même ne le sait pas non plus, mais seulement le Père, à qui les temps appartiennent (Mt 24,36).

Jésus, en réalité, nous dit que nous ne pouvons pas connaître les temps, et que nous ne devons pas nous ingénier à vouloir le faire, mais qu’il nous faut vivre ce temps d’attente de manière juste. À cet égard, les versets finals de notre passage (v. 42-44) semblent apparemment paradoxaux. Jésus dit que si le maître de maison avait su quand viendrait le voleur, il aurait veillé ; Il ajoute que nous ne savons pas quand le Seigneur viendra ; et Il conclut en disant : « Tenez-vous prêts vous aussi ! » La conclusion semble discordante avec ce qui précède, parce que le fait de veiller semble lié au fait de connaître les temps. Mais il n’en est pas ainsi. Nous veillons non pas parce que nous connaissons les temps, mais parce que nous savons que Sa venue est aussi certaine que celle du voleur ; mais aussi que le temps et l’heure, comme ceux du voleur, sont imprévisibles.

Veiller est précisément l’attitude de celui qui ne connaît pas les temps : si je savais à quelle heure arrivait mon invité, je n’aurais pas à veiller bien longtemps, il ne serait pas nécessaire d’être prêts longtemps avant qu’il n’arrive. Il suffirait de tout préparer, même au dernier moment ; il ne serait pas nécessaire que tout mon temps devienne une attente. Mais c’est justement parce que cet invité peut arriver à tout moment, que nous devons toujours être prêts à l’accueillir.

Mais comment est-ce possible de veiller ainsi, d’être toujours sur le qui-vive, sans jamais baisser la garde ?

Pour expliquer ce que signifie veiller, Jésus prend un exemple : avant le déluge, tandis que Noé construisait son arche, tous les autres avaient continué à vaquer à leurs activités et « ne se doutaient de rien » (v. 39). Personne n’était dans la vigilance, et donc personne ne se doutait de rien. Ils ont continué à manger et à boire, à prendre femme et mari, et tout ceci n’était certainement pas un mal ! L’Evangile de Matthieu est très prudent, quand il le peut, et il nous rappelle que « ce n’est pas en disant Seigneur, Seigneur que nous entrerons dans le Royaume des cieux, mais en faisant la volonté du Père » (Mt 7, 21) ; ou encore que lors du jugement dernier nous serons jugés non pas sur nos bonnes pensées, mais sur les œuvres que nous aurons accomplies par amour envers ceux qui nous entourent (Mt 25, 31).

Attendre ne signifie pas arrêter de faire les choses de la vie, mais veiller en regardant au-delà de la vie, veiller à nos actes.

Il ne s’agit pas de scruter les signes des temps de Son retour, mais de donner de la profondeur au temps dont nous disposons.

On se prépare à Sa venue, en quelques mots, non pas en calculant les signes des temps, mais avec une vie de vigilance constante.

Il nous faut veiller sur nos vies afin que nous puissions apprendre l’art de cette vigilance (v.39), l’art de faire attention : nous faisons tous les mêmes choses, mais ce qui fait la différence est que certains les vivent comme si c’était un tout, tandis que d’autres gardent les yeux ouverts autour d’eux. Ce n’est pas la différence de travail ou de situation de vie qui fait que nous serons séparés les uns des autres, mais la différence se trouve dans notre attitude de vigilance : « deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. » (v. 40-41).

La vigilance chrétienne est l’art du discernement des signes des temps, ce qui signifie : avoir la responsabilité de nous appliquer à comprendre comment ces signes sont un moyen de faire coïncider l’histoire humaine que nous sommes en train de vivre, avec le plan de Dieu, Son Royaume. Nous devons apprendre à être patients, à faire confiance à Dieu, à savoir discerner le bien, en regardant l’histoire, si douloureuse soit-elle, comme une possibilité donnée à notre désir de bénir, d’agir, de poser des actes bons.
Jésus nous rappelle ici que Noé, à la différence des hommes de son temps, attendait le salut, il avait compris que malgré tout le mal qui faisait rage autour de lui, le Seigneur Lui, ouvrirait un chemin de vie.

En conclusion, nous devons apprendre à rester vigilants, à garder à l’esprit que le Seigneur sauve, à attendre et à voir comment et quand cela se produit, dans notre vie, dans notre travail.

C’est une vigilance que nous apprenons en agissant, avec nos œuvres : l’Evangile nous le rappelle en nous présentant uniquement des personnes qui font quelque chose : les gens du temps de Noé, mais aussi les deux hommes aux champs et les deux femmes au moulin, ou encore le maître de maison.

Attendre donc, tout en continuant à faire ce que tous nous avons toujours fait, mais en restant vigilants à ce que ces gestes aient déjà le goût du salut : qu’ils rappellent et révèlent le salut qui nous a déjà été accordé et que nous avons encore à attendre.
Dans cette attente, nous sont présentés en modèle « les justes » (qui ensuite seront appelés « les rachetés ») décrits dans Matthieu 25, en conclusion du passage de l’Evangile d’aujourd’hui : Ce sont ceux qui ont donné à manger, à boire, qui ont accueillis, vêtus et visités leurs frères parce qu’ils étaient vigilants aux besoins de ceux qui étaient à leurs côtés.

Et grande sera leur surprise de voir, quand le Seigneur viendra dans sa gloire, que leur salut viendra de là. Ils se rendront compte alors qu’ils ont veillés.

En étant sans cesse vigilants, et miséricordieux, nous serons – sans le savoir – prêts quand le Seigneur viendra.

+ Pierbattista

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