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        Les chrétiens palestiniens, entre la Terre Sainte et la Diaspora

Les chrétiens palestiniens, entre la Terre Sainte et la Diaspora

JERUSALEM - Au cœur de l’actualité brûlante de la région, les chrétiens palestiniens en Terre Sainte (Israël et Palestine), peuvent se sentir menacés, directement ou indirectement, de plusieurs côtés. Combiens sont ces chrétiens ? Pourquoi ont-ils émigrés autrefois ? Et pourquoi émigrent-t-ils aujourd’hui ? Une tentative de réponse du service de communication du Patriarcat latin.


Ce service de presse précise d’emblée que les informations ne sont pas claires et globales, il ne serait pas prudent de prétendre apporter une réponse tranchante, ou une déclaration officielle à ces questions. Mais il reste possible de revenir sur quelques faits historiques qui font l’unanimité, et de présenter prudemment des chiffres que proposent certains auteurs ou chercheurs.

Des pourcentages et des chiffres approximatifs

Sur la page du site officiel de la visite du Pape François en Terre Sainte, la Commission Média affirme qu’il y a « à peu près » entre 120.000 et 130.000 chrétiens palestiniens qui habitent en Israël (il y a aussi 190.000 chrétiens immigrés ou des chrétiens israéliens d’origine russe ou autre, mais qui n’entrent pas dans le sujet de cet article). Tandis que « à peu près » 50.000 chrétiens habitent en Palestine (38.000 en Cisjordanie, 10.000 à Jérusalem Est et 2.000 à Gaza). Cela signifie que la Terre Sainte abrite à peu près 180.000 chrétiens, qui sont arabes et palestiniens selon leur culture et leur histoire [1].

Les chrétiens palestiniens sont présents aujourd’hui dans beaucoup de pays du monde. Certains se sont installés dans des pays arabes voisins, mais d’autres ont décidé de s’installer en Europe ou même dans des pays de « l’Outre-Mer » à l’ouest.

Certains [2] estiment que le nombre des chrétiens en Terre Sainte aujourd’hui atteindrait les 500.000 personnes, mais ces statistiques semblent peu probables. L’auteur de l’article avançant ces chiffres se met d’accord néanmoins avec l’auteur d’un autre article, paru en espagnol [3], et qui estime que le nombre des chrétiens résidants au Chili seulement s’élèverait entre 300.000 et 500.000, et seraient pour les plupart des chrétiens de la région de Bethléem.

Selon cet article en espagnol, c’est le maire de la ville chrétienne de Beit Jala, M. Naël Salman, qui a visité le Chili en 2013, et qui a déclaré que 400.000 habitants de ce pays latin ont des racines dans sa ville de Beit Jala. Cela voudrait dire qu’ils sont 20 fois plus nombreux que les habitants de Beit Jala aujourd’hui !

Pourquoi les chrétiens ont-t-ils émigrés ?

En schématisant un peu, on peut distinguer deux sortes d’émigration des chrétiens palestiniens : l’une souhaitée et l’autre non-souhaitée. La première a commencé vers la fin du XIXe siècle ou début XXe, c’est-à-dire sous l’Empire Ottoman. Les raisons sont multiples, et ont pu être politiques, religieuses et/ou économiques.

En 1909, les autorités ottomanes ont aboli l’exemption du service militaire accordée jusque-là aux juifs et aux chrétiens. Beaucoup de jeunes chrétiens ont vu dans l’émigration un moyen d’échapper à la conscription, c’est-à-dire aux conflits très meurtriers menés par la Sublime Porte à l’époque. Mais où immigrer ? Vers des pays européens et vers les Amériques. Des pays chrétiens. On voit ici que les raisons politiques se croisent avec des raisons religieuses, car la minorité chrétienne étouffée sous le régime ottoman en Palestine, a trouvé dans les pays chrétiens aussi un lieu « d’exile religieux » comme l’explique cet article en espagnol précédemment cité. Mais ces pays paraissaient aussi très prometteurs au point de vue économique, et surtout l’Amérique du Sud dont les richesses furent plus facilement accessibles à ces nouveaux arrivés.

Nous savons, d’autre part, que l’émigration non souhaitée des chrétiens palestiniens a débuté en 1948, avec Al Nakbah, et la création de l’Etat d’Israël. Entre 780.000 et 800.000 palestiniens (musulmans et chrétiens), ont été obligé de quitter leurs villes et leurs villages, sans jamais pouvoir y retourner. 50.000 à 60.000 d’entre eux étaient des chrétiens. Certains estiment qu’ils représentaient 35% de la chrétienté de Terre Sainte en ce temps-là.

Pourquoi les chrétiens émigrent-t-ils aujourd’hui ?

Les chrétiens ont connu une période plus stable en Palestine, sous le Royaume Hachémite entre 1948 et 1967. Mais depuis l’occupation militaire de la Cisjordanie et de Gaza par les israéliens en 1967, l’émigration des chrétiens est devenue chose commune. Les tensions de la première Intifada, la révélation de la fragilité de l’autorité palestinienne, la deuxième Intifada, la fermeture des territoires par Israël à travers le mur et les check-points permanents ainsi que la radicalisation actuelle de l’Islam, ont épuisé les chrétiens palestiniens, et attise leur désir d’émigrer, surtout parmi les plus jeunes.

Selon le site de la visite du Pape, les chrétiens ont dû représenter à peu près 10% de la population de la Palestine en 1948. Aujourd’hui, ils ne dépassent pas le 2%. Selon l’article en Français, 56% des chrétiens palestiniens, ou d’origine palestinienne, vivraient aujourd’hui en dehors de la Terre Sainte.

L’auteur termine son article en alertant que « l’émigration affaiblit progressivement et durablement la communauté chrétienne toujours présente en Israël et en Cisjordanie ». Et que « l’hypothèse de sa disparition ou de sa marginalisation dans les années à venir n’est pas à écarter ».

Reste la question qui doit éveiller les Chefs des Eglises, les chrétiens du monde mais aussi les musulmans palestiniens : comment préserver et soutenir concrètement la présence chrétienne, pacifique, ouverte et dynamique, en Terre Sainte afin que les chrétiens ne disparaissent pas de la Terre du Christ ?

Firas Abedrabbo pour www.lpj.org

[1] Nous attirons l’attention sur le fait que le Ministre israélien de l’Intérieur encourage l’ajout du qualificatif « araméen » au mot « chrétien », pour remplacer le qualificatif « arabe » qui figure dans les cartes d’identité des chrétiens palestiniens en Israël. Cela a provoqué des vives réactions de la part de ces chrétiens et leurs chefs religieux.

[2] Cf. Un article paru en septembre 2014, en langue française : http://www.lesclesdumoyenorient.com/La-diaspora-chretienne-de.html.

[3] Cf. Un article paru en août 2014, en langue espagnole : http://elcomercio.pe/mundo/latinoamerica/pais-mas-palestinos-fuera-mundo-arabe-israel-noticia-1749810.

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