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        Le Saint-Siège reconnaît "l’Etat de Palestine"

Le Saint-Siège reconnaît "l’Etat de Palestine"

ROME - Un accord bilatéral entre le Saint-Siège et la Palestine conclu le 13 mai 2015 au Vatican reconnaît clairement “l’Etat de Palestine“. Discuté depuis une quinzaine d’années, cet accord concerne principalement l’activité de l’Eglise catholique et sa reconnaissance juridique dans les territoires palestiniens. Le Saint-Siège y réaffirme que la résolution du conflit israélo-palestinien passe par la création de deux Etats indépendants.


Après un premier accord en 2000 avec l’OLP, le Saint-Siège a signé un nouvel accord bilatéral cette fois avec « l’État de Palestine », ce mercredi 13 mai. La référence à l’État de Palestine comme il est affirmé dans l’accord est « en continuité » avec la position du Saint-Siège, a expliqué Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les rapports avec les États au Vatican.

Dans un entretien à l’Osservatore Romano, ce chef de la délégation vaticane, qui a négocié l’accord avec les autorités palestiniennes, rappelle que le Saint-Siège avait déjà accueilli favorablement la résolution de l’assemblée générale des Nations unies du 29 novembre 2012 qui reconnaissait à la Palestine un statut d’État observateur non-membre de l’ONU.

« ÉTAT INDÉPENDANT, SOUVERAIN ET DÉMOCRATIQUE »
Le Vatican espère que le nouvel accord « puisse de quelque façon aider les Palestiniens à voir établi et reconnu un État de Palestine indépendant, souverain et démocratique qui vive en paix et sécurité avec Israël et ses voisins », selon les propos de Mgr Camilleri, qui appuie la solution de deux États pour la paix entre Israël et la Palestine.

Cette position est, de fait, celle constante du Saint-Siège, comme le voyage du pape François en Terre sainte il y a un an l’avait encore illustré. Le pape avait brièvement incliné la tête devant le drapeau palestinien avant une entrevue avec le président Mahmoud Abbas, qu’il doit recevoir au Vatican samedi prochain. L’annonce de l’accord survient en effet à l’approche de la canonisation de deux Palestiniennes au cours d’une messe que célébrera le pape dimanche prochain place Saint-Pierre. Il pourrait être signé à cette occasion.

DÉCISION « DÉCEVANTE » POUR ISRAËL
L’établissement de rapports officiels entre le Saint-Siège et la Palestine fait suite aux accords d’Oslo de 1993. L’année suivante, Jean-Paul II nomma un délégué apostolique à Jérusalem et pour la Palestine, qui dispose d’un ambassadeur près le Saint-Siège.

Les relations diplomatiques avec Israël remontent également à 1994. Depuis 1999, un accord économique est en cours de négociation avec Tel-Aviv, que Mgr Camilleri estime « quasi prêt » et qui, selon lui, « peut être bientôt signé » également.

Mais dès ce 13 mai, Israël estime l’accord conclu entre le Saint-Siège et la Palestine comme une décision « décevante », « qui n’encouragera pas les Palestiniens à reprendre le chemin des négociations », selon un communiqué du ministère des affaires étrangères.

« LIBERTÉ RELIGIEUSE ET DE CONSCIENCE »
Sur le fond, l’accord bilatéral conclu avec les autorités palestiniennes donne à l’Église catholique, toujours selon Mgr Camilleri, une « liberté d’action », un statut juridique sur le territoire palestinien et y règle également les questions fiscales et de propriété.

Le Saint-Siège met en avant que cet accord conclu avec un pays à majorité musulmane, de surcroît « terre où est né le christianisme », reconnaît « la liberté religieuse et de conscience, de manière élaborée et détaillée ». Cela peut être « suivi des autres pays à majorité musulmane », espère Mgr Camilleri : « Il montre qu’une telle reconnaissance n’est pas incompatible avec le fait qu’une majorité de la population du pays appartienne à une autre religion ».

Dans l’Union européenne, huit États parmi les Vingt-huit ont à ce jour accordé le statut d’État à la Palestine : la Bulgarie, Chypre, la République tchèque, la Hongrie, Malte, la Pologne, la Roumanie et dernièrement la Suède en 2014. Les pays d’Europe de l’Est avaient procédé à cette reconnaissance avant d’adhérer à l’Union.

Sébastien Maillard (à Rome)
Source :La Croix

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