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      L’Institut "Magnificat" de Jérusalem fête ses 20 ans

L’Institut "Magnificat" de Jérusalem fête ses 20 ans

JERUSALEM - Ce 7 juin, l’Institut "Magnificat", la très célèbre école de musique de la Custodie fête ses 20 ans. Une de ses particularités est que les 200 élèves que compte aujourd’hui l’école - pour la plupart palestiniens et majoritairement chrétiens - ont en face d’eux un corps enseignant (22 professeurs) majoritairement juifs et issus de l’ancien bloc soviétique !


Nous sommes vendredi, un visiteur arrive dans la cour du couvent Saint-Sauveur de Jérusalem. Il s’arrête, tend l’oreille et commente amusé : « Il y a un frère qui apprend le violon ? » Son hôte sourit. « Suis moi ». Le visiteur passe sous la pancarte un peu défraichie « Istituto Magnificat ».

Dans le sous-sol, le son du violon se fait plus clair. « Regarde ». Par la petite fenêtre qui perce la porte, le visiteur aperçoit un enfant. Il manie de son mieux l’archet sous l’œil attentif de son professeur. Et le visiteur de découvrir que tout au long de ce long couloir, de chaque côté, sont aménagées des classes semblables. Ici c’est le son du piano, là celui d’un violoncelle, là encore celui de la guitare. Bienvenue dans l’école de musique de la Custodie de Terre Sainte.

Créé par le frère italien Armando Pierucciofm, l’Institut Magnificat s’apprête à fêter en ce mois de juin 2015 ses 20 ans. Depuis septembre 2014, il a un nouveau directeur : le franciscain canadien David Grenier. « Voilà des années que je suis à Saint-Sauveur. Je me suis rendu à de nombreux concerts de l’Institut mais je dois avouer que c’est seulement depuis que le Discrétoire de la Custodie m’a confié cette mission que je découvre l’ampleur du travail réalisé par frère Armando et toute l’équipe qu’il avait mise en place, comme aussi tous les bienfaiteurs qu’il a su mobiliser. »

Modeste à ses débuts, abritée dans des locaux de fortune, c’est pied à pied que le Magnificat a grandi. Frère David veut résolument s’inscrire dans cette tradition et mener à leur terme un certain nombre de projets que frère Armando appelait de ses vœux pour son école bien-aimée.

Frère Armando -aujourd’hui retourné dans sa provincefranciscaine après plus de 25 ans de service en Terre Sainte - a créé le Magnificat non seulement parce qu’il était lui-même un grand musicien, organiste et compositeur, mais parce qu’il y a vu un moyen de servir la population locale. Il y a 50 ans encore, le couvent Saint-Sauveur hébergeait une cordonnerie, un atelier de menuiserie, une ferronnerie parce qu’à l’époque, il était encore d’actualité de servir les pierres vivantes de ce pays que sont les chrétiens locaux en leur donnant l’opportunité d’apprendre un métier. Toutes sortes d’écoles ont pris le relais pour offrir ces qualifications. Frère Armando est de ceux qui ont su innover et proposer une autre voie : l’ouverture à l’art et à la beauté.

Un visiteur italien, auquel frère David faisait visiter l’école, s’exclama : « Comme c’est beau de voir un enfant jouer avec autre chose qu’un pistolet en plastique ». Et frère David de confirmer cette vocation que l’école a rempli durant les années passées et jusqu’à aujourd’hui d’être « une respiration dans une situation politique qui demeure tendue. Certains parents témoignent combien l’apprentissage de la musique aide leurs enfants dans leur développement personnel. »

Non seulement la musique transporte leurs rêves et leurs espoirs, mais elle unit et réunit. Car les presque 200 élèves que compte aujourd’hui l’école - pour la plupart palestiniens et majoritairement chrétiens - ont en face d’eux un corps enseignant (22 professeurs) majoritairement juifs et issus de l’ancien bloc soviétique.

« Nous avons quelques élèves juifs et d’autres musulmans. C’est partie intégrante de notre vocation franciscaine de permettre que la musique soit ce pont capable de réunir nos différences » poursuit frère David. Dans une jolie métaphore il parle de la musique comme susceptible de faire l’harmonie entre les peuples de ce pays.

C’est encore le frère Armando qui a travaillé à la reconnaissance des diplômes décernés au Magnificat au niveau européen grâce à la signature d’un partenariat avec le Conservatoire A. Pedrollode Vicenza.

Partie des leçons privées de piano que donnait le maître italien, l’école s’est diversifiée et offre aujourd’hui la possibilité d’apprendre piano, orgue, violon, viole, violoncelle, flute, trompette, chant, guitare et basson, et potentiellement clarinette et hautbois « encore que nous n’ayons pas d’élèves inscrits pour ces instruments cette année », précise frère David.

Depuis quelques années aussi s’est constitué un orchestre. Ou plutôt plusieurs orchestres selon les âges. Car comme dans toute école de musique, il faut composer avec les niveaux. Le cycle d’étude qui comprend, en plus de l’instrument, les classes de solfège et de théorie, couvre en tout dix années. Et l’on commence à en mesurer les fruits avec ceux des anciens élèves qui enseignent au Magnificat ou dans les écoles chrétiennes de Jérusalem, une fierté pour l’institut. Des anciens élèves se rendent aussi régulièrement à l’étranger pour donner des récitals de piano ou orgue.

L’école en plus des instruments compte aussi trois chœurs. Un chœur d’enfants, un chœur d’adolescents et un chœur international composé d’élèves mais aussi de volontaires ou expatriés internationaux qui partagent la même passion pour la musique et le chant. C’est ce chœur qui accompagne certaines solennités de l’Eglise latine à Jérusalem, tant au Saint-Sépulcre qu’à la paroisse, ainsi que dans les différents sanctuaires de Terre Sainte.

Toutes ces activités, on le devine, demandent des moyens. « Le Magnificat est l’école de musique dans laquelle les coûts d’inscription sont les moins élevés à Jérusalem. Et nous faisons en sorte que l’argent ne soit pas un obstacle dans l’apprentissage de la musique. » Comme le père Armando en son temps, frère David va se faire pèlerin pour susciter de nouveaux soutiens dans le monde. Si beaucoup sont venus d’Italie et de Suisse, il envisage de faire mieux encore connaître le travail de l’école en Europe mais aussi en Amérique du Nord.

D’autant que les projets ne manquent pas. « Nous avons besoin de nous agrandir. Nous avons besoin notamment d’une vraie salle de concert. Nous avons déjà le terrain, reste à construire de nouveaux locaux et une salle avec une acoustique digne de ce nom. Elle pourra aussi servir à d’autres pour des représentations théâtrales ou autres. »

Le Magnificat a 20 ans, l’occasion de s’arrêter sur ce qui a déjà été accompli, et celle de se dire qu’il a encore la vie devant lui. Pour fêter les 20 ans, rendez-vous à Saint-Sauveur le 7 juin à 18h autour du festival « MagicLamp ».

Pour suivre les activités du Magnificat voir son site interner en cliquant ici

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