Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Jérusalem by night

Jérusalem by night


Partir à la découverte de Jérusalem peut s’apparenter à une entreprise titanesque lorsqu’on s’y rend pour la première fois, tant l’enchevêtrement des époques, des religions, des quartiers ou des atmosphères donne une impression de citadelle inaccessible. Le programme du pèlerinage proposé en journée nous a certes permis d’appréhender les principaux lieux saints chrétiens de la ville. Toutefois, les organisateurs du voyage ont aussi subtilement perçu l’intérêt d’offrir une déambulation vespérale dans la Vieille Ville, pour aller notamment à la rencontre des lieux saints de nos pères dans la foi, pour reprendre les propos du pape Benoît XVI dans son livre « Lumière du monde ».

Ainsi, après le repas du soir, partant de la porte de Damas, près de laquelle se trouvait notre hostellerie, nous avons cheminé dans les souks déjà désertés par les camelots et les touristes pour atteindre le Mur des Lamentations. Tout qui a déjà pu s’y rendre une fois le soleil couché a certainement pu admirer la grandiose majesté de cet imposant bout de muraille, héritée de l’Antiquité. Mais tout sublime qu’il soit, ce théâtre architectural n’est en réalité rien à côté de la dévotion qu’il attire à lui, de jour comme de nuit. La piété des hommes et des femmes qui s’y présentent force le respect par son intensité et son expressivité. De ces deux genres, le masculin est favorisé, tant par un plus grand espace de dévotion, que par un accès à une bibliothèque où sont conservés les sefarim et d’autres livres de prière.

De prime abord, la multitude des hommes priant en se balançant plus ou moins rapidement d’avant en arrière, a de quoi désarçonner, au point de nous faire demander si nous sommes bien à notre place au milieu de cette foule. Mais passé ce premier moment d’observation, l’on s’imprègne rapidement de l’ambiance et l’on se surprend à, nous aussi, nous approcher du mur, pour y poser une main, s’y recueillir, et y formuler sagement une prière au fond de son cœur. Nous ne doutons cependant pas un instant que notre comportement hésitant trahit notre méconnaissance des usages, malgré notre kippa, au milieu de tous ces hommes. Notre confrère Rolf m’a d’ailleurs rapporté qu’un jeune juif, décelant chez nous la nature de goï, est venu sympathiquement à sa rencontre pour l’assurer malicieusement qu’une prière formulée par un non-juif au mur occidental était réputée être exaucée immédiatement, privilège non accordé aux juifs, même les plus observants. C’est donc empli d’assurance, et confiant dans la démarche que certains d’entre nous n’ont pas hésité à poser une main sur l’antique mur, le moment d’un recueillement et d’une prière particulièrement prenants.

Ayant quelque peine à quitter ce lieu à la forte charge symbolique, nous avons pris un peu de hauteur, afin de profiter de la vue sur le mur et l’esplanade des mosquées, depuis le square Rabinovich, sur lequel nous avons pu admirer une gigantesque menora en or, présentée comme la réplique de la menora du Second Temple, détruit par les Romains en 70 apr. J.-C. Cette menora fait partie d’un ensemble de reconstitutions de vaisselle liturgique, destinée à intégrer un futur Temple de Jérusalem, que certaines factions de la population d’Israël souhaiteraient voir reconstruit à son emplacement d’origine. Cet espoir formulé par des fondamentalistes n’est probablement pas prêt de se concrétiser, et ne pourrait se concevoir sans de graves affrontements avec le monde musulman, puisque ce temple prendrait place sur l’actuelle esplanade des mosquées.

Les quelques rares gouttes de pluie que nous avons rencontrées durant notre séjour, sont tombées quelques minutes durant, en quittant ce square, lorsque nous prîmes la direction de notre hostellerie, non sans longer les vestiges de l’antique cardo, ancienne voie principale de la ville, remontant à l’époque romaine ; antiques pavements et colonnades d’origine étaient toujours bien là pour attester de son ancienneté. Voilà donc comment, par la visite de quelques lieux, nous fûmes projetés quelques 1950 ans plus tôt, à l’époque de Flavius Josèphe, historien juif passé à la cause romaine, et qui raconta la Guerre des Juifs et la destruction du Temple de Jérusalem.

David Colling

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