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      Interview du nouveau vicaire patriarcal à Jérusalem et en Palestine

Interview du nouveau vicaire patriarcal à Jérusalem et en Palestine

INTERVIEW – Le 24 juin 2017, Mgr Pierbattista Pizzaballa a nommé Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo au poste de Vicaire patriarcal à Jérusalem et en Palestine, succédant à Mgr William Shomali. A la veille de sa messe d’action de grâce, le samedi 23 septembre, à Nazareth, le bureau des médias du Patriarcat latin a interrogé Mgr Marcuzzo sur sa nouvelle mission et sur les défis qui l’attendent.


Comment avez-vous été nommé évêque de Jérusalem et de la Palestine ? Cela vous a-t-il surpris ?

Les changements au Patriarcat latin ? Je m’attendais à en faire partie. La situation est différente ici à Jérusalem et en Palestine, mais nous devons être prêts à accepter les changements qui viennent des dirigeants de l’Église, car nous voyons en eux la Volonté de Dieu et de l’Église, et c’est ce que nous voulons et acceptons.

Quels sont les défis qui vous attendent en tant que Vicaire patriarcal à Jérusalem et en Palestine ? Votre mission sera-t-elle différente de celle que vous avez accomplie en Galilée ?

Les défis à Jérusalem et en Palestine diffèrent de ceux de la Galilée. Les chrétiens sont les mêmes, tout comme leur langue et les défis pastoraux de la famille et des jeunes. Cependant, il existe des différences de mentalité, de culture et d’administration entre les deux régions. Cela nécessite l’adoption d’un autre style de travail apostolique et pastoral dans la famille et la jeunesse.

En Israël, la plupart des familles vivent dans un environnement occidental et non conservateur, tandis que les familles de Jérusalem et de Palestine conservent leurs traditions, leur mode de vie et leur unité. Les jeunes en Israël découvrent encore leur identité alors qu’en Palestine, ils savent exactement qui ils sont mais n’ont pas les moyens de vivre cette identité. En Galilée, j’ai travaillé avec les jeunes pour leur permettre de répondre aux questions « Qui suis-je ? » et « Comment un chrétien arabe en Galilée peut-il vivre son identité chrétienne et arabe et appartenir à la société ? ».

Or, cette question diffère complètement à Jérusalem et en Palestine. Il s’agit ici de trouver une façon de vivre l’identité chrétienne sans hésitation, en utilisant la Bible comme guide face aux défis et aux circonstances difficiles.

Pour cela, il est nécessaire que les prêtres maintiennent leur amour fraternel les uns pour les autres, non seulement dans le travail mais aussi dans la vie. Les premiers Patriarches voulaient un Patriarcat dont les prêtres se comportent comme une famille. Le clergé doit maintenir son unité avec le peuple chrétien, vivre avec lui et le servir, afin de renforcer nos liens et réussir notre travail pastoral.

Les défis auxquels font face la famille, la jeunesse et le travail pastoral dans la paroisse et dans le diocèse existent dans toutes les Églises. La jeunesse est l’avenir de l’Église et c’est pourquoi nous devons lui consacrer notre temps et nos efforts. Pour les familles d’ici, elles jouissent encore de vertus admirables comme l’unité et l’affiliation. Néanmoins, certaines mentalités et idées se frayent un chemin jusqu’à nos cœurs et nos esprits et ont un impact sur l’esprit de la famille et son mode de vie. Parfois, nous nous demandons : « Les membres des familles chrétiennes prient-ils ensemble dans notre pays ? Ont-ils assez d’enfants ? » Ici, je vois une grande différence entre les villages et les villes. L’impact de ces mentalités est beaucoup plus grand en milieu urbain.

Quels conseils aimeriez-vous donner au père Hanna Kildani, qui exercera son ministère pour la première fois hors de Jordanie ?

Le père Hanna Kildani a une vaste expérience de l’histoire et du travail pastoral et connaît le Patriarcat, le Moyen-Orient et les besoins de l’Église. Comme je l’ai déjà mentionné, il existe des différences de mentalité, de culture et d’administration entre la Palestine, Israël et la Jordanie. Si je devais conseiller le P. Hanna Kildani sur son nouveau ministère en Galilée, je lui demanderais d’être patient, d’écouter et d’observer son entourage. Avec le temps, je suis sûr qu’il s’attaquera à tous les domaines de son travail en prenant des décisions judicieuses et en prenant les mesures qui s’imposent.

En Galilée, il faut prendre soin de l’Église locale mais aussi des pèlerins afin de laisser une bonne impression de ce que nous avons et faisons. Nous sommes la seule Église au monde qui veille sur les Lieux Saints, avec leurs dimensions historiques, géographiques, théologiques et pastorales.

Autre conseil : dans les années 90, les Eglises locales ont organisé un synode pastoral qui a abouti à un plan pastoral général. J’encourage le P. Kildani à continuer à mettre en œuvre cette expérience parce qu’elle reflète une vision claire de nos engagements et de notre présence.

Entretien réalisé par Saher Kawas pour www.lpj.org

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