Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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        Homélie de Noël 2014 de Sa Béatitude le Patriarche Twal

Homélie de Noël 2014 de Sa Béatitude le Patriarche Twal

BETHLEEM - Vous trouverez ci-dessous l’homélie de la Messe de la nuit de Noël, prononcée par le Patriarche à la Basilique de la Nativité.


(Après des mots de bienvenue au Président de la Palestine, au premier ministre, aux consuls généraux et aux fidèles, sa Béatitude poursuit avec l’homélie)

Chers frères et sœurs,

A Bethléem, les anges annoncèrent à de simples bergers cette nouvelle bouleversante : « Il vous est né aujourd’hui dans la ville de David un Sauveur qui est le Christ Seigneur » (Lc 2 : 11). Le verset nous révèle un Sauveur dont nous avons tellement besoin, et un salut qui embrasse tous les domaines de la vie, un salut qui nous fait sortir d’une situation difficile et pénible. Les malades veulent guérir, les détenus voudraient voir la lumière, les sans-emploi désirent trouver du travail, les réfugiés n’attendent que l’heure de retourner chez eux. Les persécutés à cause de leur race, couleur ou religion, désirent se libérer de l’oppression et de l’injustice, les peuples opprimés aspirent à l’indépendance. En bref, l’humanité gémit et aspire à une situation meilleure. Jésus possède les qualités d’un sauveur car il a réalisé la prophétie d’Isaïe : « les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (Mt 11, 5).

Il est vrai que l’on peut parler d’un salut économique, d’un salut politique et d’un salut social. Mais il faut surtout parler d’un salut spirituel et moral, qui est le fondement de tout progrès humain. En effet, nos péchés et transgressions sont la cause de nos souffrances et des souffrances des autres, avec toutes les répercussions sociales et politiques. Nous sommes souvent victimes de l’égoïsme, de l’orgueil, des passions, du mensonge des autres et vice versa… Le salut se trouve dans le repentir, dans la demande du pardon, dans l’obtention de ce pardon et enfin dans la conversion. Qui plus que Jésus a annoncé la miséricorde du Père et sa disponibilité à pardonner.

– Dieu veut nous guérir de nos blessures et surtout de l’arrogance humaine, source de tous les conflits et de toutes les guerres. C’est Lui qui nous a enseigné : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.… ». (Mt 23, 11-12) Le remède que l’Enfant nous apporte est celui de l’humilité et de la douceur. De ces deux vertus, jaillit une béatitude importante : « Bienheureux les doux, car ils recevront la terre en héritage » (Mt, 5,5).

– En plus de l’humilité, l’Enfant de Bethléem nous rappelle la valeur de la vie humaine, créée à l’image de Dieu et à sa ressemblance. C’est une véritable douleur de savoir que des millions d’enfants souffrent dans le monde, surtout en Syrie, en Iraq, au Soudan Sud, en Afrique Centrale, au Nigeria et en Afghanistan, sans oublier les enfants de Gaza. Ils souffrent pour des raisons absurdes alors qu’ils ont droit à la dignité, à une vie normale, à être nourris et logés dignement, à l’éducation, à une famille qui les aime et qui les soutient.

– Cet Enfant merveilleux est né au sein d’une famille unie et heureuse pour nous dire combien est importante l’institution de la famille, première cellule de la société et première école où l’on apprend à connaitre Dieu et à pratiquer les vertus. Saint Paul a décrit brièvement les vertus domestiques : « Frères, je vous encourage, (…) à mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu : en toute humilité, douceur et patience, vous supportant les uns les autres avec charité, appliquez-vous à conserver l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. » (Eph 4, 1-3). Le dernier synode sur la famille, tenu à Rome en octobre dernier, a réaffirmé l’unité et l’indissolubilité du mariage. Pourquoi ? Pour le bien du couple, de la société toute entière et surtout de l’enfant qui a droit à une croissance affective et psychologique normale.

Frères et sœurs,

Devant le Mystère du Verbe Incarné, qui a voulu habiter parmi nous, réfléchissons sur notre situation en Terre Sainte, sur laquelle est braqué aujourd’hui le regard du monde. Le bon Dieu a réuni ici les fidèles des trois religions et les appelle à vivre en harmonie. Aucune force ne saura nier une mémoire biblique, commencée par Dieu sur cette Terre. Tous ces fidèles – Juifs, musulmans et chrétiens – devraient vivre ensemble dans l’égalité et le respect mutuel. Jérusalem a une vocation universelle à la paix et au bonheur. » Appelez la paix sur Jérusalem… ! Advienne la paix dans tes murs, repos en tes palais. Pour l’amour de mes frères, laissez-moi dire paix sur toi » (Ps 122, 6-9).

Par ailleurs, cette terre sainte est devenue une terre de conflit. Nous avons vécu, il y a quatre mois, une troisième guerre consécutive sur Gaza qui a laissé des deux côtés des milliers de victimes. Pire encore, tous ces sacrifices semblent inutiles, n’ayant rien changé au fond du problème : le peuple israélien continue à vivre dans la crainte, et l’insécurité, tandis que le peuple palestinien continue à réclamer son indépendance et sa liberté, et Gaza attend d’être reconstruite pour la troisième fois. Cette guerre a approfondi la haine et la méfiance entre les deux peuples et les a faits entrer dans un cercle vicieux de violence et de représailles. Dernièrement, la violence a atteint les lieux de culte. Le tourbillon de la mort continue à tourner et à écraser !

De ce lieu, je voudrais faire deux appels. Le premier pour la reconstruction de Gaza et l’humanisation des conditions de vie de ses habitants. Le deuxième, toujours de nature humanitaire, concerne la vallée de Crémisan, menacée d’être engloutie par le tracé d’un mur qui risque de séparer de leurs terrains 58 familles palestiniennes chrétiennes de Beit Jala. Ces familles perdront l’accès direct à leurs propriétés. Au nom de la justice et de l’éthique, je demande aux responsables politiques d’empêcher ce mur.

Lors de son dernier pèlerinage, Sa Sainteté le Pape François fit une halte devant le mur entre Bethléem et Jérusalem ; il s’y inclina et pria. Le monde pourrait oublier tous les discours de Sa Sainteté pendant son séjour parmi nous, mais il ne pourra pas oublier la courte halte devant le mur. Par sa prière, Sa Sainteté a souhaité faire chuter aussi les murs immatériels, incrustés dans les cœurs et les esprits : les murs de haine, de crainte et d’arrogance.

Frères et sœurs,

En cette nuit de Noël, il ne suffit pas de parler de paix mais il faut surtout prier pour la paix. Prions pour la paix du monde entier, pour la réconciliation au Moyen Orient, pour les prisonniers politiques et les détenus, prions pour les réfugiés, accueillis dans les pays voisins, en Jordanie et au Liban. Prions pour les pauvres et les persécutés à cause de leur foi et de leur race. Prions enfin pour nos chefs politiques afin que le Seigneur leur accorde la sagesse et la force. Prions les uns pour les autres.

Bonne fête de Noël à vous tous.

† Patriarche Fouad Twal

Source : www.lpj.org

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