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        Deux sœurs chez les Bédouins

Deux sœurs chez les Bédouins

JERUSALEM – Retour sur la visite de l’école maternelle d’un campement bédouin du désert de Judée avec les sœurs comboniennes : une réalité dramatique, souvent oubliée, en marge de la société.


Le rendez-vous était fixé près de la colonie de Maale Adumim, sur la route qui descend de Jérusalem à Jéricho. Sœur Azezet et Sœur Agnès sont venues en jeep, seul moyen pour circuler facilement dans le désert, pour embarquer le petit groupe formé d’Andrea et Lorenzo, tous deux frères de la Famille de la Visitation, d’Henrique Abreu, responsable des projets du Patriarcat Latin et de la nièce de sœur Azezet.

Après Maale Adumim et la colonie de Kedar, il pénètrent dans le désert de Judée près du célèbre mont Mountar, non loin du monastère de Mar Saba, là où le paysage de collines est enchanteur, et où les dunes se marient avec les vieilles pierres, les épines et les jeunes pousses sauvages. Arrivés à destination ils découvrent un amas de tentes, de cabanes, d’enclos pour les moutons : c’est là où habitent les Bédouins. Et c’est là aussi que les sœurs ont ouvert leur école maternelle.

Les familles d’ici sont originaires des sept communautés bédouines qui vivaient sur les collines à l’est de Jérusalem, région désertique dont l’unique richesse consistait en sept fontaines d’eau. C’est là que dans les années soixante, la colonie de Maale Adumim fut construite de façon illégale (derrière la Ligne Verte). Elle compte aujourd’hui plus de 50 000 habitants. Ces sept communautés bédouines furent alors chassées et commencèrent à pérégriner dans les vallées voisines. Aujourd’hui, les communautés sont dispersées sur une dizaine de camps et vivent dans des conditions matérielles, sociales et de travail, très précaires.

Il y a quelques temps, après des années de batailles juridiques, la Cour Suprême a reconnu la gravité de l’usurpation des sept fontaines appartenant à ces communautés. Malgré cette décision en leur faveur, elles restent en marge, des deux colonies qui veulent les chasser toujours plus loin, et de la société palestinienne qui les marginalise rendant leur intégration très difficile.

Il y a cinq ans, les sœurs comboniennes ont décider d’explorer cette réalité. Elles retournèrent habiter dans le village d’Azareyah, dans un appartement proche de la tombe de Lazare que le mur de séparation, terminé il y a quelques années, a séparé de leur couvent de Béthanie, quant à lui resté dans la partie de Jérusalem. Elles collaborent depuis avec les Rabbins pour les Droits de l’Homme et avec l’ONG Vent de Terre en rendant visite aux communautés bédouines les plus isolées.Commença alors un travail de patience avec de nombreuses visites pour se connaître, nouer des amitiés et ainsi découvrir les besoins de ces personnes.

Les sœurs sont depuis devenues des membres à part entière de la famille bédouine. Elles se sont concentrées sur deux aspects primordiaux : la santé et l’éducation. Une clinique mobile liée au Ministère de la Santé palestinien, se rend de village en village pour soigner les malades, vacciner les enfants et suivre les femmes enceintes. Quelques femmes bédouines sont devenues assistantes infirmières et trois d’entre elles ont été engagées par le Ministère de la Santé Palestinien pour travailler dans la clinique régulière basée à Azareyah.

En ce qui concerne l’éducation, les sœurs se sont appuyées sur les femmes des villages. Elles ont assuré la formation de quelques-unes pour en faire des maîtresses d’écoles pour leurs enfants, trois pour chaque école construite. Il y a désormais sept écoles qui accueillent environ 25 enfants chacune dans les villages de Al Muntar, Tabana, Anata, Abu Hindi, Al Jabal, Abu Nawar I et Abu Nawar II et dans lesquelles environ quarante-cinq femmes bédouines sont employées comme maîtresses. Douze nouvelles jeunes filles ont d’ailleurs fini leur formation le 31 mai 2015.

Les écoles permettent d’ouvrir ces femmes et leurs enfants à monde nouveau et inconnu : jeux, formations, cours d’apprentissage, actualités, soins personnels, hygiène, rencontres avec des personnes qualifiées… Et le dénominateur commun de cette spirale positive ce sont les sœurs. Les maitresses sont unanimes pour le dire : “Ces sœurs chrétiennes, nos amies, nous ont sauvé la vie en nous tirant vers le haut. En nous impliquant, elles ont changé notre quotidien et nous leurs en sommes très reconnaissantes !”
La visite s’est terminée par un déjeuner sous la tente du chef du village, celui que sœur Azezet et sœur Agnès appellent affectueusement Abraham, surnom que l’on comprend aisément en voyant sa belle barbe blanche et son sens de l’hospitalité.

A cette « périphérie de la périphérie » de la Terre Sainte, ces personnes victimes d’une injustice constante et cachée ont reçu beaucoup de ces sœurs comboniennes que rien n’arrêtent. Rien ne saurait les faire renoncer. Elles ont tellement de projets en tête pour apporter et améliorer leur aide à ces femmes, qu’elles ont désormais besoin de personnes, de contributions, de bienfaiteurs, et, bien sûr, de l’Eglise.

Photos, vidéos et article de Andres Bergamini pour www.lpj.org

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