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      Conférence islamo-chrétienne au Caire sur Jérusalem

Conférence islamo-chrétienne au Caire sur Jérusalem

CAIRE - La « Conférence internationale al-Azhar pour le soutien de Jérusalem » a réunit au Caire du 17 au 18 janvier 2018, de hauts dignitaires politiques et religieux. Une initiative interreligieuse de grande ampleur. Décryptage par Christophe Lafontaine pour Terrasanta.net.


« Chrétiens et musulmans, consolidons l’identité et le message de Jérusalem », a déclaré l’ancien Premier ministre libanais Fouad Siniora. Ces propos, relayés par L’Orient-Le Jour, ont été tenus à l’occasion de la conférence internationale organisée par l’université al-Azhar en réponse à la décision du président américain, le 6 décembre dernier, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. A la consternation des Palestiniens, du monde arabe (chrétien et musulman) ainsi que de la communauté internationale.
Promue par l’Université cairote - l’emblématique centre académique qui fait autorité dans le monde de l’islam sunnite - cette conférence internationale prévue sur deux jours, à Nasr City à l’est du Caire, a débuté ses travaux le 17 janvier. Son but ? Rétablir la sensibilisation à la question de Jérusalem au centre de l’attention régionale et internationale, mettre en relief l’identité palestinienne et arabe de la ville, et discuter concrètement de l’évolution de la question palestinienne et les mesures concrètes à apporter.

Sous les auspices du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi elle se veut internationale et interreligieuse rassemblant leaders politiques, représentants laïcs, dignitaires chrétiens et musulmans de pas moins de 86 pays, selon le site d’information égyptien ahramonline. La conférence a notamment réuni le cheikh d’al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, le patriarche de l’Eglise copte-orthodoxe Tawadros II, le patriarche de l’Eglise maronite, le Cardinal Bechara Raï, le Catholicos arménien, Aram I, ainsi que le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises. Le pape François était représenté par le nonce apostolique en Egypte et par son secrétaire personnel, Mgr Yoannis Gaid, qui est copte. Côté politique, sont bien sûr comptés présents le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique et le secrétaire général de la Ligue arabe.

Tirer la sonnette d’alarme

« Al-Azhar a appelé à une conférence sur Jérusalem, afin de "tirer à nouveau la sonnette d’alarme" sur la nécessité de contrer les agissements outrageux d’Israël vis-à-vis de Jérusalem et des Territoires palestiniens », a déclaré Ahmed el-Tayeb, comme le rapporte l’agence de presse turque Anadolu. Et le dirigeant de l’université islamique cairote de rajouter : « la décision injuste du président américain Donald Trump doit être contrée par une nouvelle et sérieuse approche arabe et islamique, centrée sur l’affirmation de l’arabité de Jérusalem et le caractère sacré des lieux saints musulmans et chrétiens. »

C’est à ce titre que l’imam a proposé dans son discours mercredi 17 janvier de déclarer l’année 2018 « Année de Jérusalem » et demandé qu’elle soit marquée par plusieurs initiatives et activités visant à promouvoir la ville et mettre la lumière sur sa réalité, à travers, entre autres, une action culturelle et médiatique continue. Le cheikh d’al-Azhar a également appelé à multiplier les efforts pour sensibiliser les gens à la cause palestinienne en général et à celle de Jérusalem en particulier. « Alors que nos efforts en matière d’éducation ne sont plus capables de sensibiliser à cette cause, l’occupation sioniste consacre l’hostilité envers les Palestiniens dans ses programmes d’éducation destinés aux jeunes générations », a-t-il noté.

Appel à la solidarité interreligieuse

Pour sa part, le patriarche Béchara Raï avant de se rendre au Caire, avait souligné mardi que personne ne pouvait tolérer la judaïsation de la ville sainte, a indiqué L’Orient-Le Jour. « Jérusalem est une ville ouverte aux trois religions (chrétienne, juive et musulmane), personne ne peut accepter qu’on lui donne une seule couleur, surtout qu’aujourd’hui, cette couleur est juive, ou judaïsante. », a-t-il lancé à l’instar de Tawadros II qui s’est exprimé dans les mêmes termes. Le lendemain, précise L’Orient-Le Jour, le prélat libanais a appelé à « la prière commune, la solidarité interreligieuse islamo-chrétienne sur toute l’étendue du monde arabe, l’appui à la présence démographique palestinienne par la fondation de familles, l’attachement à la propriété des biens immobiliers et le gel de tout exode ou mouvement migratoire, le renforcement du sentiment de l’appartenance et l’éducation à l’amour de la Ville sainte dans les foyers, les écoles et les lieux de culte, un usage intelligent des médias, enfin un lobbying persistant et de longue haleine. »

Dans un discours prononcé en arabe par son envoyé spécial, l’Egyptien Mgr Yoannis Gaid, à la séance d’ouverture de la Conférence internationale, le Pape François (qui a visité al-Azhar en avril 2017), a souligné – a annoncé un communiqué du Saint-Siège -, qu’il n’arrêtera pas d’ « invoquer Dieu pour la paix, une paix véritable, réelle. » Il a expliqué que Jérusalem a une identité particulière et un appel unique en tant que lieu de paix, et souligné sa valeur universelle. Rappelant « avec urgence la nécessité d’une reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens pour une solution négociée », le souverain pontife a aussi fait rappeler la nécessité d’ « un statut spécial internationalement garanti », a indiqué le communiqué du Vatican. Pour rappel, le Saint-Siège ne reconnaît pas l’annexion de Jérusalem-Est par Israël, s’en tenant à la résolution du 20 août 1980 du Conseil de sécurité de l’Onu condamnant la proclamation par Israël de Jérusalem comme capitale « une et indivisible ».

Abbas demande le soutien des musulmans et des chrétiens du monde entier

Quant au président palestinien Mahmoud Abbas, il a déclaré, rapporte l’agence turque Anadolu, que « toutes les options pour faire valoir les droits des Palestiniens sur Jérusalem étaient sur la table ». Et d’ajouter : « Jérusalem est la porte de la paix et de la guerre– Trump doit choisir. » Privilégiant la voie de la diplomatie, il a toutefois précisé que les Palestiniens « n’opteront pas pour la violence ou le terrorisme. » Affirmant que les Etats-Unis ont renoncé à leur rôle de médiateur historique, le leader palestinien a dit vouloir « trouver des garants plus neutres dans le conflit avec l’occupation ». Selon le Times of Israel, il a aussi exhorté les musulmans et les chrétiens du monde entier à « défendre » Jérusalem, et a encouragé les membres des deux religions à se rendre à Jérusalem, soulignant que de telles visites ne constituaient pas une « normalisation » avec Israël. « Nous avons besoin de votre soutien, et que vous nous aidiez », a-t-il martelé. La chaîne de télévision israélienne i24news a quant à elle indiqué que le vieux raïs a par ailleurs affirmé que la présence palestinienne à Jérusalem précédait celle des Juifs. Les Palestiniens « sont les premiers cananéens », a-t-il dit, en référence au terme biblique utilisé pour qualifier la terre promise des Hébreux.

De son côté, lors de la même conférence, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit a fustigé le gel partiel des fonds américains à l’agence de l’Onu pour les réfugiés palestiniens, qui estime-t-il « vise à liquider la question de (ces) réfugiés. »L’Unrwa a été établi après la guerre qui a abouti à la création de l’Etat d’Israël en 1948 et la fuite de 700 000 Palestiniens de leur foyer pour la plupart vers des pays voisins. L’organe fournit une aide éducative, sanitaire et financière à une grande partie des Palestiniens et leurs descendants, soit plus de cinq millions de personnes vivant essentiellement dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie et au Liban.

Christophe Lafontaine pour Terrasanta.net

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