Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Commémoration des défunts de la Lieutenance

Commémoration des défunts de la Lieutenance

BRUXELLES - Ce 18 mars 2017, la Lieutenance de Belgique faisait mémoire de ses membres décédés au cours de l’année écoulée, au cours d’une messe en l’église capitulaire du Sablon présidée par Mgr Jean Kockerols, grand-prieur de la Lieutenance. Nous vous proposons le texte de son homélie.


Homélie pour les défunts de l’Ordre 18 mars 2017 (sur Mt 25)

Nous avons entendu l’évangile faire allusion au jugement dernier. Cet évangile est souvent mal compris. Un Dieu qui sépare les bons et les mauvais : pour les gens du Moyen-âge, il s’agissait d’une réalité effrayante. Ils en ont garni les frontons des cathédrales, avec des monstres en tous genres et les flammes de l’enfer. A la cathédrale de Bruxelles, c’est le motif représenté sur le grand vitrail du fond. A droite du Christ (et donc à gauche sur le vitrail), vous voyez les bons. De l’autre côté, les mauvais. Deux camps et il s’agit d’être dans le bon si on ne veut pas finir grillé dans les flammes éternelles. Essayons de mieux comprendre ce que l’évangile signifie, à l’heure où nous faisons mémoire des défunts de notre Lieutenance.

Faire mémoire des défunts… il y a tant de façons de faire mémoire. Une des plus évidentes est la mémoire de l’Histoire, des historiens et de la société. On fait mémoire de leurs exploits, on juge leurs hauts faits, on soupèse ce qui a été exceptionnel. C’est le poids de la gloire, ce sont les statues qu’on érige. C’est une façon de faire. Elle est utile.
Mais il y a une autre de faire mémoire des défunts. C’est la mémoire des proches, de la famille, des intimes. On fait mémoire de leur façon de vivre. On se souvient de leur caractère, de leurs attitudes. On juge de quelques paroles retenues, de certains regards. C’est le poids plus intime de la sympathie, du cœur. C’est une autre façon, elle est nécessaire.

Mais il y encore une autre façon de faire mémoire des défunts. C’est la mémoire… de Dieu. Il fait mémoire de ce qui dans nos vies se passe de façon anonyme, cachée, mystérieuse même : la rencontre des autres. Dieu fait mémoire de la façon avec laquelle nous nous faisons proches de celui qui a faim, de celui qui est sans papiers ou sans logement, de celui qui est triste, perdu, seul ou en prison. Voilà ce qui, aux yeux de Dieu, représente le vrai jugement de nos vies et dont il fait mémoire.

(1) L’évangile nous signale que nous serons plus que probablement surpris, le jour venu, d’apprendre et de découvrir ce qui a vraiment compté dans notre parcours terrestre (en néerlandais : « per slot van rekening » ), ce qui lui a vraiment donné du poids, de la densité. Nous serons surpris par ce jugement qui se réfère à bien d’autres critères que ceux qui nous sont habituels. Le cœur de Dieu juge autrement, avec une toute autre logique. Pour Dieu qui est amour, ce qui a été fait dans l’amour a valeur d’éternité et demeure. Ce qui a été fait sans amour pour l’autre, est sans consistance et voué à disparaître. Lorsque nous faisons mémoire des défunts, nous ne pourrions l’oublier.

(2) Ensuite, l’évangile nous montre ce qui donne sens à notre existence, ce qui donne vraiment vie : c’est mon engagement, ma responsabilité à l’égard des autres. L’autre est celui qui appelle au bord du chemin et dont je me fais proche, sans me détourner. L’évangile en appelle à une responsabilité, ici et maintenant. L’évangile du jugement dernier en Mt25 n’est pas la boule de cristal d’un prophète ou d’un diseur de bonne aventure bien inspiré. Le jugement dernier, c’est le jugement sur le fond, le fond de ce qui se vit aujourd’hui. Le jugement dernier, c’est le poteau indicateur de nos vraies priorités à vivre aujourd’hui.

(3) Enfin, il y a ce secret révélé par l’évangile, ce mystère de la rencontre avec Dieu présent lui-même dans celui qui a faim, de celui qui est lâché de tous, de celui est en prison. Dieu caché, si caché qu’il faudra attendre qu’il nous le dise lui-même un jour, lorsque nous serons réunis avec nos défunts, de tous ceux qui nous précèdent auprès de Dieu : « ce qui tu as fait à l’un de ces petits qui sont mes frères c’est à moi que tu l’as fait ». Telle est la mémoire de Dieu. C’est à cette mémoire de Dieu que nous confions aujourd’hui les défunts de notre Lieutenance. Amen.

+ J. Kockerols,
Grand prieur

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