Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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        Cinquième dimanche de carême de l’année B

Cinquième dimanche de carême de l’année B

JERUSALEM - Pendant ce temps de Carême, nous vous proposons quelques réflexions de prêtres du Patriarcat latin ou de la Custodie franciscaine en lien avec les lectures dominicales.


Ministres et bénéficiaires d’un « Pacte Nouveau » ! (Jr 31, 31 s ; Hé 5, 7-9 ; Jn 12, 22-33)

Le pauvre Jérémie, après des jérémiades sur l’exil, conséquence des infidélités du peuple, perçoit et transmet une promesse divine : une prophétie sur une « nouvelle alliance » (Jr 31,31), toujours avec les Hébreux et, apparemment, eux seuls. Décidément, jusqu’ici au moins, Yahvé tient à son peuple qu’Il ne laisse pas tomber. Or, « eux », comme souligne la prophétie, ne se sont pas gênés de « rompre l’Alliance » (expression qui revient 20 fois dans l’Ancien Testament hébreu). Ils ont rompu, si vous voulez : « ils ont coupé » son Alliance, devenant ainsi coupables, unilatéralement ! Là, nous remarquons l’ingrate vengeance : Yahvé a unilatéralement « coupé ou entrepris une alliance כרת ברית » avec son peuple d’alors, sans le consulter, et voici le peuple qui riposte par une « coupure » vilainement unilatérale ! N’est-ce pas comme cela que nous « traitons » le Seigneur parfois ? Nous serions même capables de le blâmer pour nous avoir « gâtés », embarrassés, affligés par le poids de ses faveurs et de ses grâces !

Vous avez bien lu « une nouvelle alliance » ou Alliance.

On nous dégonfle un peu en nous signalant que Jésus n’a pas inventé cette formule, alléguant des analogies, surtout à Qumran : dans le « Document de Damas » B, col. I33-34, et le commentaire qumrânien d’Habbaquq (I Q Hab II, 3). Là aussi, le caractère restreint de cette « nouveauté » saute aux yeux : il s’agit de personnes ou de groupes « du pays de Damas », probablement métaphore pour souligner les puritains qui partent en exil (encore !), soit le paradis de la perfection. Qui dit « nouveau » implique en même temps discontinuité et continuité. A propos de « Damas », celle d’aujourd’hui, qui est dans de beaux draps, l’on pourrait citer ici un auteur Syrien, né Musulman. Il décrit le Christianisme comme « une fille rebelle du Judaïsme » (en arabe « almasyhyyah » المسيحيّة est féminin). Cette évolution-révolution par Jésus se manifeste en ce qu’elle est universelle et éternelle. Il s’agit bien non d’une mais de la nouvelle alliance, dans un sang « versé pour la multitude » πολλων, שגיא, aramaïsme pour dire « tous » (Mt 26, 26 s), y compris les détestables « goyîm », païens !

L’universalité de « l’Alliance nouvelle » et éternelle reflète en quelque sorte celle de l’amour divin, « cause de bonté dans les créatures » (St Thomas d’Aquin). Le « Dieu de Jacob » – cet ancêtre-patriarche qui a eu l’audace de combattre le Seigneur et de Le vaincre (en songe, bien sûr !), étant le Créateur « du ciel et de la terre » est le Père éternel et universel. En Christ et par lui, même les païens oseront l’appeler « notre Père », un titre et une invocation jalousement gardés par le peuple de l’Alliance antique.

Pendant vingt siècles, le monde, civilisé par Jésus et l’Evangile, écrira « la charte universelle des droits de l’homme ». Que les Nations-Unies le reconnaissent ou pas, les bases de cette charte ne se trouvent que dans « le Nouveau Testament » : pas de discrimination à cause du sexe (aujourd’hui nous sommes déroutés par les alternatives et les nuances entre « gender » etc…) ; pas davantage discrimination à cause de la religion. Et, puisque l’homme moderne a appris de Descartes et d’autres le doute systématique, et qu’il est fort capable de contester ce fait, à savoir l’influence déterminante de la Nouvelle Alliance sur les droits de l’homme et la société internationale, même non chrétienne, il suffit de lire d’autres Livres que d’autres religions considèrent saints pour voir la différence, toujours avec respect.

Une partie de la révolution : l’élévation par la croix ! (Jn 12, 32)

Le Nazaréen crucifié donne, par son exemple et ses paroles, une nouvelle idée du Messie ou plutôt approfondit et incarne des prophéties que d’aucuns auraient préféré ignorer, par exemple le Ps 22 et Isaïe 53 sur le Serviteur souffrant. Messie glorieux, oui, mais par l’humiliation ! Sauveur royal, oui, mais dans l’obéissance et la piété (Hé 5, 7-9), non dans la désobéissance et l’impiété, simultanément Messie davidique et sacerdotal (Rom. 1, 3 ; Hé 5, 1 s).

Conclusion

Prions que la souffrance et le martyre de centaines de Chrétiens contemporains « attire tout le monde » au Christ (Jn 12, 32) ! Que les « Grecs », i.e. les païens les plus sophistiqués, et les « zélés de la Loi-charia », à la Saül de Tarse, eux aussi « demandent à voir Jésus » !
Père P. Madros

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