Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem-Lieutenance de Belgique
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      Césarée maritime

Césarée maritime


À ne pas confondre avec Césarée de Philippe, située sur le territoire du Golan, Césarée maritime se trouve dans le district de Haifa, le long de la côte méditerranéenne. Site archéologique comportant d’imposants vestiges, Césarée semble avoir été spécifiquement programmée le dernier jour de notre voyage, afin d’adoucir dans le cœur d’historien de votre serviteur, le déchirement du départ de la Terre Sainte.

De tout notre séjour, nous n’avons visité plus bel ensemble archéologique, de surplus sous un soleil radieux. Bien souvent, il m’a été donné de constater qu’à travers l’histoire, plus un état dispose à la fois d’une forte identité et d’un pouvoir puissant, plus les moyens déployés dans les recherches archéologiques sont importants. L’arrière-pensée politique est alors fréquemment de rechercher les plus anciennes attestations de l’occupation du sol par le peuple qui y vit au moment des fouilles. Ici, les plus anciennes traces remontent à l’époque perse, au VIe siècle av. J.-C. Mais ce sont surtout les vestiges des époques ultérieures, grecque, mais surtout romaine, byzantine et croisée qui sont aujourd’hui encore apparentes.

Passant rapidement à côté des quartiers de l’époque croisée, en pleins travaux de consolidations, nous avons gagné les quartiers hérités de l’époque antique. Il m’a fallu plus d’une fois me faire violence pour rester solidaire du groupe, pourtant guidé de main de maître par Sœur Rebecca, dont les explications claires et éclairées apportaient les clefs de lecture nécessaires à la compréhension de l’enchevêtrement des ruines nous entourant. Mais le site était trop grand, et le temps consacré à sa visite trop court, et je dois confesser quelques fugues qui m’ont permis de rapidement traverser quelques zones que le groupe n’avait pas eu le temps de parcourir. Lorsque mon retard sur le groupe commença à devenir trop grand, j’amorçai de rattraper le peloton au pas de course en traversant le meilleur endroit pour ce faire : l’hippodrome situé en bord de mer, long d’environ 250 mètres. À peine freiné dans ma course par le terrain sablonneux, le raccord fut opéré à hauteur de l’emplacement du Palais d’Hérode Ier, offrant de son promontoire une vue magnifique, tant sur le site que sur la mer. À cet endroit, il nous a été donné de voir une copie de la seule attestation épigraphique connue évoquant Ponce Pilate, que les Évangiles présentent erronément comme procurateur de Judée, mais que la pierre renseigne comme préfet de Judée. En effet, ce n’est que sous l’empereur Claude que les gouverneurs de Judée sont passés du rang de préfet à celui de procurateur, et l’erreur des Évangiles est donc à mettre sur le compte des recopiages ultérieurs.

Notre visite de Césarée a terminé en apothéose par la découverte du théâtre datant de l’époque d’Hérode Ier. C’est notre confrère Peter, maître dans l’art du chant lyrique, qui nous a révélé les richesses acoustiques de cet édifice, qui n’a rien à envier à ce niveau au théâtre d’Epidaure. Prenant place au centre de la scène, il a gratifié notre petite assistance ayant pris place dans les gradins, d’une interprétation de « Lascia ch’io piangia », extrait de l’opéra « Rinaldo » de Haendel. Doux moment de grâce, que nous aurions volontiers prolongé indéfiniment, si la crainte de louper notre avion ne nous avait pas pressé. Risquant d’être atteint par le syndrome de Stendhal par la vision et l’audition de tant de beautés, je quittai les charmes de cet endroit, non sans ressentir monter quelques larmes de contentement.

Il ne nous restait plus alors qu’à prendre la route vers l’aéroport de Tel Aviv. Le trajet fut adéquatement mis à profit par notre brillant organisateur Thibault Denotte, et notre très cher prédicateur Mgr Jean-Pierre Delville, afin de faire le bilan de notre pèlerinage, et surtout pour remercier très chaleureusement notre guide, Sœur Rebecca. Les qualificatifs « imperturbable », « incollable », « infatigable » et « incomparable » lui furent très pertinemment décernés par notre prédicateur, et ce ne fut pas sans peine que nous prîmes congé d’elle, non sans la remercier très chaleureusement pour l’encadrement et l’enseignement parfaits qu’elle nous a prodigués durant 10 jours. Au Patriarcat latin de Jérusalem, Mgr Marcuzzo nous lançait malicieusement « Mais qui êtes-vous donc pour vous offrir les services d’une guide d’une telle qualité ? ». Il avait mille fois raison : nous aurions difficilement pu être mieux accompagnés. Bien loin de constituer une simple guide touristique, Sœur Rebecca a su donner une ampleur spirituelle inespérée à notre pèlerinage, avec simplicité, sympathie et amitié.

Le souvenir de ce voyage restera inévitablement et heureusement marqué par son efficace implication. Merci Sœur Rebecca ! Merci Mgr Delville ! Merci Thibault ! Et merci à tous les pèlerins pour la chaleureuse ambiance qui a régné sans discontinuité durant tout le séjour !

David Colling

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