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      Attaques du “ Prix à payer ” : décryptage

Attaques du “ Prix à payer ” : décryptage

JERUSALEM – Retour sur les dernières attaques du « Prix à payer » (Tag Mehir en hébreu) et portrait-robot d’un groupe inquiétant qui sévit dans l’ombre pour semer tensions et malaise.


L’accélération ces dernières semaines des actes de vandalisme et des agressions, et ce à une quinzaine de jours désormais de la visite papale, inquiète l’Eglise locale et commence à susciter l’émoi sur la scène internationale. Le site officiel du patriarcat latin de Jérusalem propose un décryptage qui est reproduit ci-dessous.

Israéliens extrémistes, activistes d’extrême-droite, Juifs ultra religieux. Qui sont-ils ?

Sous le nom vindicatif du « Prix à payer », ils se livrent à des agressions, à des menaces et à des actes de vandalisme en tous genres, à l’encontre des lieux de culte chrétiens et musulmans, des villages palestiniens ou arabes israéliens. Et pas seulement. Ils se sont aussi attaqués à des militants pacifistes israéliens de gauche, comme l’organisation Eretz Shalom par exemple, et même à l’armée. Un éventail assez large qui en fait un groupe assez disparate et difficile à cerner.

Les menaces farouchement taguées sont néanmoins toujours plus ou moins explicite du mot d’ordre qui dicte leurs actions : ils sévissent « œil pour œil, dent pour dent » en réaction à des actes attribués à des Palestiniens, et à des décisions gouvernementales qu’ils considèrent illégitimes, notamment toute action jugée hostile aux implantations comme le démantèlement par l’armée israélienne d’avant-postes illégaux en Territoires Palestiniens. Néanmoins, i24 va plus loin : « Aujourd’hui, ces agressions et actes de vandalisme ne recherchent même plus le prétexte d’actions commises par des Palestiniens ». Ils sévissent en effet de manière encore plus épidémique, violente et gratuite.

Ils s’attaquent à chaque fois à des symboles et à des institutions : Ces deux derniers mois, les attaques ont particulièrement visé la communauté chrétienne, alors que cette dernière se prépare activement à recevoir le Pape François, homme de Paix et de Dialogue. A Tabgha, au bord du lac de Tibériade, c’est le symbole sacré de la croix, ainsi que l’autel qui ont été profané. A Jérusalem, l’édifice de Notre Dame, propriété du Saint-Siège, et plus précisément la sortie du bureau de l’Assemblée des Evêques, a été taguée. Sur une mosquée située au nord d’Israël, ils ont tagués « Fermez les mosquées et ouvrez des yeshivot » (séminaire d’études juives en hébreu). Mais dans quelles yeshivot est-il enseigné un fondamentalisme religieux aussi sectaire et inquiétant ? Selon, le P. Peter Madros, prêtre du Patriarcat Latin, « ces actes témoignent d’une mentalité qui puise à des sources que gardent scrupuleusement quelques fils de l’Ancienne Alliance ». Notamment, certains écrits rabbiniques, ou même des pamphlets anciens comme le livre appelé « Toledot Yeshou », parodie blasphématoire de la vie du Christ, encore véhiculés dans certains milieux ultra-religieux restreints.

Ces crimes sont-ils le fait d’une simple minorité extrémiste qui veut faire parler d’elle ? Pourquoi alors est-elle si difficile à cerner et à éradiquer ?

La signature du « Prix à payer » est apparue pour la première fois en 2008. Et c’est là le malaise. Difficile d’avoir les chiffres exacts pour un sujet aussi sensible, mais sur les 788 actes signés par le groupe et recensés chronologiquement et géographiquement par Wikipédia, et uniquement pour la période de janvier 2012 à juin 2013, on peut lire qu’ils n’ont fait l’objet que de 276 arrestations, et de 154 accusations. Le filet n’est pas gros.

Ce qui ne fait nul doute, c’est que se cache derrière ces crimes une idéologie fanatique et fondamentaliste, plus religieuse que politique.

Dans la lettre de menaces adressée dimanche 27 avril au vicaire patriarcal pour la Galilée, Mgr Marcuzzo, signée d’un certain « Messie, Fils de David », les chrétiens sommés d’être tués s’ils ne quittaient pas la Terre Sainte avant le 5 mai, sont tenus pour des « idolâtres » qui se vouent à des « cultes païens ».

Absence de réactivité sur la scène politique israélienne et de prise au sérieux :

Suite aux récentes attaques, la police israélienne a annoncé mardi 29 avril l’arrestation du suspect ayant menacé de mort l’évêque de Nazareth et ses fidèles. Sept juifs mineurs, âgés de 13 à 15 ans, ont également été arrêtés lundi 7 mai suite à des tags racistes sur un village arabe situé à l’ouest de Jérusalem. Face à ces vandalismes répétés qui font désordre, la police commencerait-elle à agir sérieusement ? Mais quid des politiques ?

La ministre de Justice, Tzipi Livni, est pour l’instant la seule à avoir réagi et dénoncé ces crimes qu’elle a qualifié de « terrorisme ». et a même ajouté sur son compte Facebook, « ceux qui ont fait ça ne peuvent pas appartenir à mon peuple ».

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovitch, a de son côté indiqué que son gouvernement avait “l’intention de recourir à la détention administrative” contre les personnes commettant ce type d’attaques. Un type de détention jusque là uniquement utilisé contre les Palestiniens, qui permet d’emprisonner les suspects rapidement car sans jugement, sur ordre d’une cour militaire, pour des périodes de six mois renouvelables. Le Ministre, dans ce contexte de crise, est d’ailleurs invité ce samedi 10 mai en fin de journée sur un des plus grands plateaux de télévision israélienne pour répondre à ces questions. Pourquoi la plupart de ces crimes sont-ils restés impunis ? La police doit-elle songer à revoir ses moyens pour prévenir ces criminels d’agir ? Faut-il développer de nouvelles technologies pour filtrer les réseaux sociaux afin d’arrêter ces extrémistes avant qu’ils ne passent à l’acte ? Pour un pays qui se targue sans cesse de vouloir, à n’importe quel prix, assurer la sécurité de ses résidents, cette récente escalade de violence fait tache. Et que dire de l’amère absence de message de solidarité auprès des chrétiens qui s’apprêtent à recevoir le Pape dans quelques jours ?

Comment la société israélienne a-t-elle pu engendrer de tels extrémistes ?

« Dans quelles écoles ont-ils été éduqués ? » demandait le Patriarche de Jérusalem Fouad Twal, face au graffitis tagués sur les murs du monastère de Deir Rafat le 1er avril dernier. i24 rapporte que « les responsables de la sécurité estiment que près de 100 personnes ont participé à cette récente vague d’agressions. La plupart des coupables ont été identifiés comme des militants d’extrême-droite venant de l’implantation de Yitzhar ou d’implantations au nord de Ramallah et au sud de Hébron en Cisjordanie. » Telle une gangrène qui ne cesse de contaminer le processus de Paix, les colonies et le fanatisme qu’elles engendrent sont sans nul doute un des premiers maux à éradiquer pour pouvoir prétendre un jour chercher et trouver une solution pour tous.

Myriam Ambroselli pour www.lpj.org

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